
Les types de contraception regroupent des méthodes réversibles de longue durée (dispositif intra-utérin, implant), des hormones à prise courte (pilule, patch, anneau, injection), des barrières (préservatifs), des méthodes d’observation du cycle et la stérilisation. Aucune n’évite la grossesse à coup sûr, et seuls les préservatifs, utilisés à chaque rapport, réduisent aussi le risque d’infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH.
Les critères américains de 2024 (U.S. Medical Eligibility Criteria, CDC) ont remplacé le document de 2016, et l’OMS a publié en novembre 2025 la 6e édition de ses critères d’éligibilité. Une pilule d’urgence peut y être reprise dans le même cycle, et les méthodes hormonales restent utilisables pendant une prophylaxie pré-exposition (PrEP) contre le VIH.
En usage courant, l’implant échoue chez 0,1 personne sur 100 la première année, la pilule chez 7, le préservatif externe chez 13. Le stérilet au cuivre, posé dans les cinq jours, reste la contraception d’urgence la plus efficace. Un antécédent de caillot, une migraine avec aura ou un tabagisme après 35 ans font reculer les hormones combinées, que le médecin adaptera à la pratique locale.
Quelles méthodes de contraception existent
On classe d’abord les moyens selon qu’ils demandent un geste à chaque rapport, une prise régulière, ou une pose unique pour plusieurs années. Les dispositifs intra-utérins (DIU, souvent appelés stérilets) et l’implant sous-cutané forment la contraception réversible de longue durée. Les hormones combinées (pilule œstroprogestative, patch, anneau) et les progestatifs seuls (pilule microprogestative, injection, implant, DIU hormonal) bloquent ou perturbent l’ovulation et épaississent la glaire du col. Les barrières empêchent les spermatozoïdes d’atteindre l’ovule. La stérilisation coupe le trajet des gamètes de façon permanente.
L’efficacité se mesure en usage courant, c’est-à-dire avec les oublis et les erreurs de la vie réelle, et non seulement en usage parfait. Les chiffres ci-dessous viennent des CDC, qui s’appuient sur Contraceptive Technology (22e éd., 2023). Sans aucun moyen, environ 85 femmes sur 100 sexuellement actives peuvent concevoir en un an, selon la Food and Drug Administration américaine.
| Méthode | Grossesses pour 100 utilisatrices (1re année, usage courant) | Réduit aussi les IST |
|---|---|---|
| Implant | 0,1 | Non |
| DIU hormonal | 0,1 à 0,4 | Non |
| Vasectomie | 0,15 | Non |
| Ligature des trompes | 0,5 | Non |
| DIU au cuivre | 0,8 | Non |
| Injection de progestatif | 4 | Non |
| Pilule, patch ou anneau | 7 | Non |
| Préservatif externe | 13 | Oui, si latex |
Un moyen « toujours en place » échoue moins souvent qu’un comprimé quotidien ou qu’une gaine à dérouler au bon moment. Le choix dépend aussi du désir d’enfant, des maladies associées, de la tolérance aux saignements irréguliers et du besoin de se protéger des infections. Le médecin ou le pharmacien indiquera ce qui est disponible en France et selon quelles règles locales.

Le DIU et l’implant, contraception de longue durée
Le DIU et l’implant sont les méthodes réversibles les plus efficaces. Moins d’une utilisatrice sur 100 conçoit la première année, et l’American College of Obstetricians and Gynecologists estime qu’à long terme ces dispositifs sont environ 20 fois plus fiables que la pilule, le patch ou l’anneau. La fertilité reprend en général dès le cycle qui suit le retrait.
Deux familles de stérilets existent. Le modèle au cuivre, sans hormone, reste en place jusqu’à 10 ans dans les fiches des CDC, durée que l’ACOG retient aussi. Le cuivre perturbe la mobilité des spermatozoïdes et empêche la fécondation. Le DIU hormonal libère un progestatif (lévonorgestrel) dans l’utérus. Selon le modèle, l’autorisation d’usage va de 3 à 8 ans. Il épaissit la glaire cervicale, amincit la muqueuse et, avec le temps, allège souvent les règles. La revue de Teal et Edelman dans le JAMA (2021) rapporte une aménorrhée chez jusqu’à 20 % des utilisatrices à 12 mois et 40 % à 24 mois pour les systèmes à 52 mg.
L’implant est une tige souple insérée sous la peau du bras. Les CDC indiquent une libération de progestatif sur 3 ans (taux d’échec 0,1 %). L’ACOG, dans une fiche actualisée en 2026, précise que le dispositif est autorisé jusqu’à 5 ans. Il arrête surtout l’ovulation. Les saignements deviennent imprévisibles. Jusqu’à 11 % des utilisatrices le font retirer la première année pour ce motif, d’après la même revue du JAMA.
La pose d’un DIU peut se faire à tout moment du cycle s’il est raisonnablement certain qu’il n’y a pas de grossesse. Le cuivre protège tout de suite. Un DIU hormonal posé plus de 7 jours après le début des règles demande une barrière pendant 7 jours. La perforation utérine est rare, de l’ordre d’une pose sur 1 000. L’expulsion est plus fréquente chez les adolescentes, en cas de règles très abondantes, ou juste après un accouchement. Une infection pelvienne après la pose reste exceptionnelle. Elle concerne surtout les personnes qui avaient déjà une IST non traitée. Les critères américains de 2024, comme la fiche ACOG actualisée en 2026, tiennent le DIU pour utilisable chez les adolescentes et chez celles qui n’ont jamais accouché.
Certains signes, après la pose, doivent faire revoir le médecin sans attendre.
- Une douleur pelvienne intense, une fièvre sans autre explication ou des pertes inhabituelles imposent un examen le jour même.
- Le fil du stérilet devenu introuvable, ou le dispositif perçu dans le vagin, justifie une consultation et une barrière en attendant.
- Un test de grossesse positif sous DIU demande un avis urgent, car une grossesse extra-utérine est alors plus probable.
Pilule, patch, anneau et injection hormonale
Pilule combinée, patch et anneau libèrent un œstrogène et un progestatif. En usage courant, environ 7 utilisatrices sur 100 conçoivent la première année, d’après les CDC. L’écart avec un usage sans oubli vient surtout des retards de patch, des anneaux retirés trop longtemps et des comprimés manqués. La revue du JAMA situe le risque annuel de grossesse sous pilule entre 4 et 7 pour 100.
Ces trois voies se prennent en général 21 à 24 jours d’affilée, puis 4 à 7 jours sans hormone, parfois en continu pour espacer les saignements de privation. Si le traitement commence dans les 5 jours qui suivent le début des règles, aucune barrière n’est nécessaire. Au-delà, les CDC demandent d’éviter les rapports non protégés pendant 7 jours. Un oubli, des vomissements ou une diarrhée grave réduisent la couverture. Le médecin expliquera la conduite à tenir selon la spécialité délivrée en pharmacie.
La pilule progestative seule convient souvent quand l’œstrogène est déconseillé. Son efficacité en usage courant rejoint celle de la pilule combinée (7 % d’échecs). Elle se prend à heure fixe. L’injection de progestatif, tous les trois mois, échoue chez 4 utilisatrices sur 100 en usage courant. C’est le seul moyen hormonal qui peut retarder le retour de la fertilité jusqu’à 12 mois après la dernière dose, d’après Teal et Edelman. Les CDC décrivent une injection intramusculaire ou sous-cutanée, éventuellement auto-injectée. Les indications et la disponibilité varient d’un pays à l’autre. En France, le médecin ou le pharmacien appliquera la recommandation locale.
Les hormones combinées n’offrent aucune protection contre les IST. Un préservatif reste utile tant que le statut infectieux des partenaires n’est pas connu. Elles peuvent en revanche régulariser le cycle, alléger les règles et améliorer l’acné chez certaines personnes. Ces effets n’ont rien d’automatique et ne justifient pas de poursuivre un traitement mal toléré.
Préservatifs et autres méthodes barrières
Le préservatif externe en latex est le seul moyen de contraception qui, utilisé correctement à chaque rapport, réduit à la fois le risque de grossesse et celui de nombreuses IST, y compris le VIH. Les CDC rappellent que les modèles en boyau naturel (« lambskin ») peuvent empêcher une grossesse sans protéger contre le VIH. En usage courant, 13 femmes sur 100 dont le partenaire utilise un préservatif externe conçoivent la première année. Un modèle interne (parfois appelé préservatif féminin) se place dans le vagin jusqu’à 8 heures avant le rapport. Son taux d’échec courant est de 21 %. Les données de protection vis-à-vis des IST y sont plus limitées, mais Mayo Clinic comme les CDC les classent parmi les barrières utiles contre les infections.
Le diaphragme et la cape cervicale se posent avant le rapport, avec un spermicide, et restent en place au moins 6 heures après. Les CDC indiquent 17 échecs pour 100 utilisatrices de diaphragme et 22 pour la cape. L’éponge imprégnée de spermicide échoue chez 17 utilisatrices sur 100. La FDA précise que le taux grimpe à 27 chez les femmes qui ont déjà accouché, car le col et le vagin sont plus distendus. Ces dispositifs n’existent pas partout sous la même forme. Le pharmacien indiquera ce qui est commercialisé.
Les spermicides seuls (mousse, gel, ovule) tuent ou ralentissent les spermatozoïdes. Leur taux d’échec courant atteint 21 % chez les CDC, et 21 à 28 % sur la page grand public de la FDA. Les produits à base de nonoxynol-9 peuvent irriter la muqueuse et, d’après la FDA, augmenter le risque d’acquérir le VIH en cas de partenaire infecté. Un modulateur de pH vaginal figure dans les critères américains de 2024. Il n’est pas forcément disponible en France. Demandez au pharmacien s’il existe un équivalent local.
Associer un préservatif à un DIU, un implant ou une pilule ajoute une protection contre les IST sans affaiblir la contraception hormonale ou intra-utérine. Un préservatif neuf à chaque rapport reste la règle, y compris si un autre moyen est déjà en place.
Méthodes naturelles, retrait et allaitement
Les méthodes d’auto-observation reposent sur le repérage des jours fertiles (température au réveil, glaire cervicale, calendrier). Les CDC estiment qu’un cycle régulier comporte environ neuf jours fertiles ou plus. Le taux d’échec en usage courant s’étale de 2 à 23 % selon le protocole et la rigueur du suivi. La revue du JAMA cite une méta-analyse de cohortes de meilleure qualité avec 22 grossesses pour 100 femmes-années. Ces chiffres dépendent de l’enseignement reçu, de la régularité du cycle et de la capacité à s’abstenir ou à utiliser une barrière aux jours à risque.
Le retrait (coït interrompu) consiste à sortir le pénis avant l’éjaculation. Du sperme peut déjà être présent dans le liquide pré-éjaculatoire, et la méthode n’arrête pas les IST. MedlinePlus souligne qu’elle échoue souvent, car un peu de sperme suffit parfois à féconder.
L’allaitement peut servir de contraception temporaire, sous le nom de méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA), seulement si trois conditions sont réunies en même temps.
- Les règles n’ont pas repris depuis l’accouchement.
- L’allaitement est exclusif ou presque exclusif (au moins 85 % des tétées).
- Moins de six mois se sont écoulés depuis la naissance.
Dès qu’une de ces conditions tombe, un autre moyen devient nécessaire. Allaiter sans remplir ces trois critères ne protège pas d’une grossesse. Les douches vaginales après le rapport n’empêchent pas non plus la conception. MedlinePlus indique que des spermatozoïdes peuvent franchir le col en 90 secondes, et que les douches exposent en plus à des infections utérines et tubaires.
Que faire après un rapport non protégé
La contraception d’urgence sert après un rapport non protégé, un préservatif cassé ou un oubli de pilule. Elle n’est pas un moyen régulier et ne protège pas des IST. Les recommandations américaines de pratique (U.S. SPR, 2024) décrivent le stérilet au cuivre et trois schémas de comprimés.
Le DIU au cuivre, posé dans les cinq jours après le premier rapport à risque, est la plus efficace. L’ACOG la présente comme la méthode d’urgence de référence. Dans la revue du JAMA, le risque de grossesse tombe alors autour de 0,1 %. Une fois en place, le dispositif peut rester comme contraception de fond. Les CDC autorisent même une pose au-delà de cinq jours si le jour d’ovulation est connu et que l’insertion a lieu au plus tard cinq jours après l’ovulation.
Les comprimés d’urgence se prennent le plus tôt possible, dans les cinq jours. Le lévonorgestrel 1,5 mg (souvent appelé pilule du lendemain) agit surtout en retardant l’ovulation. La FDA le recommande de préférence dans les 72 heures. Une large étude a observé que 7 femmes sur 8 qui auraient conçu ne l’ont pas fait. D’autres travaux ont trouvé des taux plus bas. L’ulipristal acétate 30 mg (souvent appelé pilule du surlendemain) reste utile jusqu’à 120 heures. Les CDC le jugent plus efficace que le lévonorgestrel entre le 3e et le 5e jour, et éventuellement chez les personnes en situation d’obésité. Deux grandes études citées par la FDA ont évité 60 à 66 % des grossesses attendues. Un schéma combiné œstrogène-progestatif (dit de Yuzpe) existe encore. Il provoque davantage de nausées et échoue plus souvent.
Après l’ulipristal, les hormones régulières ne doivent pas reprendre avant 5 jours, car elles peuvent contrarier le retard d’ovulation. Une barrière reste nécessaire 7 jours. Après le lévonorgestrel, n’importe quelle méthode peut reprendre tout de suite, avec la même barrière de 7 jours. L’OMS, dans la 6e édition des critères d’éligibilité (novembre 2025), classe la reprise d’une pilule d’urgence dans le même cycle en catégorie 1, c’est-à-dire sans restriction médicale. Cela n’en fait pas un substitut à une contraception régulière. Si les règles n’arrivent pas dans les trois semaines, un test de grossesse s’impose, d’après les CDC. En cas de vomissements dans les 3 heures qui suivent la prise, un nouveau comprimé est indiqué.
La délivrance sans ordonnance, la gratuité et les lieux d’accès relèvent du droit français. Le pharmacien, un centre de santé sexuelle ou le médecin indiqueront la marche à suivre sur place.

Ligature des trompes et vasectomie
La stérilisation s’adresse aux personnes certaines de ne plus vouloir d’enfant. Chez la femme, le chirurgien sectionne, lie ou obture les trompes afin que l’ovule et les spermatozoïdes ne se rencontrent plus. Les CDC indiquent un taux d’échec de 0,5 pour 100 en usage courant, avec une efficacité immédiate. Mayo Clinic rappelle que l’intervention ne change pas le cycle menstruel et qu’une tentative de réparation est une chirurgie lourde, sans garantie. Le retrait complet des trompes peut aussi abaisser le risque de cancer de l’ovaire, maladie qui naît souvent dans le pavillon tubaire.
Chez l’homme, la vasectomie interrompt les canaux déférents. Le sperme éjaculé ne contient plus de spermatozoïdes une fois le réservoir vidé. Les CDC demandent un contrôle du compte spermatique, en général autour de 12 semaines, et un autre moyen jusque-là. Le taux d’échec courant est de 0,15 pour 100. La FDA comme Mayo Clinic soulignent qu’une reprise chirurgicale est possible mais incertaine, et d’autant moins fiable que le délai depuis l’opération s’allonge. Rien n’indique que l’intervention, ni une tentative de réversion, provoque des malformations chez un enfant ultérieur. Cette idée, parfois colportée, n’a pas de base dans les documents cités.
Les implants tubaires hystéroscopiques du type Essure ne sont plus implantables. La FDA indique que Bayer a cessé la vente aux États-Unis le 31 décembre 2018 et que les stocks non posés devaient être renvoyés avant la fin de 2019. Les personnes déjà porteuses du dispositif peuvent le conserver si tout va bien. Toute nouvelle stérilisation féminine se discute aujourd’hui comme une chirurgie des trompes, selon les techniques offertes localement.
Ni la ligature ni la vasectomie ne réduisent les IST. Un préservatif reste indiqué tant que le couple n’a pas un statut infectieux connu.
Hormones combinées, caillots et contre-indications
Les comprimés, patchs et anneaux qui contiennent un œstrogène activent la coagulation. Teal et Edelman estiment que le risque de thrombose veineuse passe d’environ 2 à 10 événements pour 10 000 femmes-années sans ces hormones à environ 7 à 10 sous traitement. Le risque reste très inférieur à celui de la grossesse et du post-partum. Une étude britannique reprise dans la même revue situait la thrombose autour de 20 pour 100 000 hors grossesse, 114 au troisième trimestre et 421 dans les trois premières semaines après l’accouchement. L’accident vasculaire cérébral ischémique, rare à cet âge, passerait d’environ 5 à 7 pour 100 000 femmes-années.
Les CDC déconseillent formellement les hormones combinées dans les 21 jours qui suivent un accouchement (catégorie 4 des critères américains), période où le risque de caillot est déjà élevé. Entre 21 et 42 jours, la décision dépend de l’allaitement et des autres facteurs (obésité, immobilisation, hémorragie, césarienne, pré-éclampsie, tabac). Après 42 jours, l’usage redevient en général possible. Les critères américains de 2024 ont aussi révisé les lignes sur l’obésité, les thrombophilies, le lupus, la maladie rénale chronique et les interactions avec les antirétroviraux. L’OMS, dans l’édition de novembre 2025, autorise sans restriction les méthodes hormonales chez les femmes sous PrEP (catégorie 1).
Un tabagisme après 35 ans, un antécédent de thrombose, une migraine avec aura, un cancer du sein évolutif ou une hypertension non contrôlée font reculer l’œstrogène. Les CDC demandent de mesurer la tension avant de commencer une contraception combinée. Les progestatifs seuls et les méthodes sans hormone n’augmentent pas le risque thrombotique de la même façon. Le médecin choisira avec vous, à partir de vos antécédents, un moyen compatible. Les notices françaises et les contre-indications de l’ANSM peuvent différer du cadre américain. C’est la recommandation locale qui s’applique.
Une interaction existe avec certains antiépileptiques (carbamazépine, phénytoïne) et avec la rifampicine, qui accélèrent la dégradation des hormones. Les antibiotiques courants, hors rifampicine, n’ont pas démontré de perte d’efficacité contraceptive dans les études de pharmacocinétique reprises par le JAMA. Signalez tout traitement au prescripteur, y compris le millepertuis.
Quand consulter pour choisir ou changer de contraception
Un rendez-vous chez le médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme sert d’abord à croiser votre projet (grossesse bientôt, plus tard, ou plus du tout), vos maladies et vos contraintes du quotidien. Apportez la liste des médicaments, le statut tabagique, le détail des migraines (avec ou sans aura) et, si vous en avez une, une mesure récente de tension. Les CDC n’exigent ni frottis ni examen mammaire avant une pilule combinée chez une personne en bonne santé. Un test de grossesse urinaire seul ne suffit pas toujours à écarter une conception très récente.
Changez de méthode, ou faites revoir le dispositif, dans les situations suivantes.
- Une douleur pelvienne brutale, une fièvre, des pertes malodorantes ou un DIU qui s’est déplacé demandent un avis le jour même.
- Un mollet gonflé, une douleur thoracique, un essoufflement soudain ou un déficit neurologique sous hormones combinées relèvent du 15 ou du 112.
- Des règles absentes plus de trois semaines après une pilule d’urgence, ou un test positif sous DIU ou implant, imposent un examen sans attendre.
- Des saignements très abondants, une prise de poids gênante ou une acné nouvelle sous progestatif justifient d’en reparler, sans obligation de « tenir » un moyen mal vécu.
Après un rapport à risque d’IST, un dépistage s’ajoute à la discussion contraceptive. La PrEP, lorsqu’elle est indiquée, se combine aux hormones d’après l’OMS 2025. Le préservatif reste le complément le plus simple contre les infections, même si un implant ou un stérilet est déjà en place.
Idées reçues sur la contraception
On peut concevoir pendant les règles. La fertilité y est plus basse, mais des spermatozoïdes survivent plusieurs jours, et une ovulation précoce n’est pas rare. MedlinePlus et les CDC rappellent qu’il existe une fenêtre fertile large, pas un jour unique.
Uriner, se laver ou se doucher après un rapport n’arrête pas une grossesse. Le liquide séminal a déjà pu franchir le col. Les douches vaginales exposent en plus à des infections hautes.
L’allaitement, hors des trois critères de la MAMA, ne suffit pas. Une ovulation peut précéder le retour des règles. De même, l’absence d’éjaculation visible n’élimine pas le risque si le pénis a pénétré le vagin.
Le stérilet n’est pas réservé aux femmes qui ont déjà des enfants. Les critères américains l’ouvrent aux adolescentes et aux nullipares, de même que la fiche ACOG. Il n’entraîne pas de stérilité tubaire ultérieure. Une étude classique, citée dans la revue du JAMA, n’a pas montré d’infertilité tubaire liée au cuivre chez des femmes n’ayant jamais été enceintes.
Un préservatif se met avant tout contact et se retire avant la perte d’érection. Enfin, une contraception hormonale n’interrompt pas une grossesse déjà en cours. Les pilules d’urgence agissent avant l’ovulation, pas sur un œuf implanté.
Questions fréquentes
Quelle contraception est la plus efficace ?
L’implant et les DIU, hormonaux ou au cuivre, échouent chez moins d’une utilisatrice sur 100 la première année, au même ordre de grandeur que la stérilisation. La pilule, le patch et l’anneau se situent autour de 7 échecs pour 100 en usage courant. Le préservatif externe se situe autour de 13. L’efficacité réelle dépend surtout de la pose correcte ou de la prise sans oubli, pas seulement du chiffre théorique.
Peut-on poser un stérilet sans avoir eu d’enfant ?
Oui. Un DIU peut être posé chez une personne nullipare ou adolescente, d’après les critères américains et la fiche ACOG, s’il n’y a pas d’infection en cours. La fertilité reprend en général dès le retrait. Une pose juste après un accouchement est possible, avec un risque d’expulsion un peu plus élevé.
La pilule du lendemain interrompt-elle une grossesse ?
Non. Le lévonorgestrel et l’ulipristal retardent surtout l’ovulation. Ils n’agissent pas comme une interruption de grossesse une fois l’œuf implanté. Plus la prise est précoce, mieux le comprimé fonctionne. Le stérilet au cuivre, posé dans les cinq jours, reste plus efficace que les comprimés.
Faut-il un préservatif en plus de la pilule ?
Oui dès qu’il existe un risque d’IST, c’est-à-dire un nouveau partenaire, des partenaires multiples, ou un statut infectieux inconnu. La pilule, l’implant et le DIU n’arrêtent pas le VIH, la chlamydia ou la gonococcie. Un préservatif en latex, à chaque rapport, ajoute cette protection. Il ne diminue pas l’effet des hormones.
Combien de temps après une vasectomie un autre moyen reste-t-il nécessaire ?
Jusqu’à ce qu’un examen confirme l’absence de spermatozoïdes, en pratique autour de 12 semaines d’après les CDC. Avant ce contrôle, le liquide éjaculé peut encore en contenir. La vasectomie ne protège pas des IST.
Un oubli de pilule impose-t-il une contraception d’urgence ?
Cela dépend du type de pilule, du rang du comprimé oublié et des rapports depuis l’oubli. Une barrière est souvent nécessaire en attendant de reprendre le schéma. Si un rapport à risque a eu lieu, une pilule d’urgence ou un DIU au cuivre se discute sans délai. Le pharmacien ou le médecin trancheront selon la spécialité que vous prenez.

Conclusion
Choisir un type de contraception, c’est d’abord fixer le niveau d’échec que vous acceptez, le besoin de vous protéger des infections, et les maladies qui ferment certaines hormones. Les chiffres actualisés des CDC (2023) placent l’implant et les stérilets très au-dessus de la pilule en usage réel, et le préservatif latex comme seul moyen à double effet grossesse et IST. Les documents de 2024 (CDC) et de 2025 (OMS) ont élargi l’accès après l’accouchement, sous PrEP, et pour une deuxième pilule d’urgence dans le même cycle, sans en faire un mode de vie.
Si un rapport vient d’avoir lieu sans protection, le geste le plus efficace reste la pose d’un DIU au cuivre dans les cinq jours. À défaut, un comprimé d’ulipristal ou de lévonorgestrel se prend le plus tôt possible. Pour un projet de plusieurs années sans y penser chaque matin, l’implant ou un stérilet se discute en consultation, y compris si vous n’avez jamais accouché.
Préparez la prochaine visite avec trois éléments concrets. La date approximative à laquelle une grossesse serait acceptable, la liste des traitements et migraines, et une mesure de tension si des hormones combinées sont envisagées. En cas de douleur pelvienne fébrile, de mollet gonflé ou d’essoufflement brutal, appelez le 15 ou le 112. Le reste se décide avec le médecin ou la sage-femme, selon les produits réellement disponibles près de chez vous.
Sources
- Contraception and Birth Control Methods. Centers for Disease Control and Prevention, mis à jour en 2023.
- Nguyen AT, Curtis KM, Tepper NK et al. : U.S. Medical Eligibility Criteria for Contraceptive Use, 2024. MMWR Recommendations and Reports, 8 août 2024.
- Emergency Contraception. Centers for Disease Control and Prevention, 8 août 2024.
- Combined Hormonal Contraceptives. Centers for Disease Control and Prevention, 8 août 2024.
- Medical eligibility criteria for contraceptive use, 6th ed.. World Health Organization, 3 novembre 2025.
- Long-Acting Reversible Contraception (LARC): Intrauterine Device (IUD) and Implant. American College of Obstetricians and Gynecologists, mis à jour en août 2026.
- Teal SB, Edelman AB : Contraception Selection, Effectiveness, and Adverse Effects: A Review. JAMA, 28 décembre 2021.
- Birth control options: Things to consider. Mayo Clinic, 28 janvier 2025.
- Birth control and family planning. MedlinePlus, 17 mars 2026.
- Birth Control | FDA. U.S. Food and Drug Administration, mis à jour en 2023.
- Essure Permanent Birth Control. U.S. Food and Drug Administration, 31 décembre 2019.
