
Le sildénafil (Viagra), le tadalafil (Cialis) et le vardénafil (Levitra) appartiennent à la même famille, les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (IPDE5). Ils ont une efficacité comparable chez la plupart des hommes ; le choix repose surtout sur la durée d’action, le rythme des rapports, l’effet des repas, d’éventuels symptômes prostatiques et les contre-indications, au premier rang desquelles les dérivés nitrés.
Les génériques des trois molécules sont désormais disponibles, précise la Mayo Clinic en 2026, et le nom de marque n’est plus le critère utile. Les recommandations de l’Association européenne d’urologie (EAU, 2026) placent les IPDE5 en première ligne et rappellent qu’une mauvaise prise explique une grande part des échecs apparents.
La dose de départ du sildénafil vaut souvent 50 mg, celle du tadalafil à la demande 10 mg, avec une fenêtre pouvant aller jusqu’à 36 heures. Une érection qui dure plus de quatre heures impose d’appeler le 15 ou le 112.
Comment agissent le sildénafil, le tadalafil et le vardénafil
Ces trois comprimés n’allument pas une érection à eux seuls. Ils bloquent l’enzyme phosphodiestérase de type 5, ce qui prolonge l’action du monoxyde d’azote et du GMP cyclique libérés pendant l’excitation sexuelle. Les muscles lisses des corps caverneux se relâchent, le sang entre plus facilement dans la verge, et l’érection peut se maintenir si la stimulation continue. Sans désir ni stimulation, le comprimé reste sans effet clinique utile, point souligné par MedlinePlus pour le sildénafil comme pour le tadalafil.
Le même mécanisme vaut pour les quatre IPDE5 oraux autorisés aux États-Unis, avanafil compris, selon la Mayo Clinic. L’EAU, s’appuyant sur les autorisations de l’Agence européenne des médicaments, confirme que les quatre ont une efficacité établie dans presque tous les sous-groupes. L’objectif n’est pas une rigidité permanente, mais une rigidité suffisante pour un rapport jugé satisfaisant.
Le médicament ne corrige pas la cause vasculaire, neurologique, hormonale ou psychogène du trouble. Il n’augmente pas le désir et n’aide ni l’éjaculation précoce ni l’orgasme isolé, rappelle Harvard Health Publishing en 2024. Après chirurgie de prostate, diabète ou maladie cardiovasculaire, la réponse est souvent plus faible.

Délai d’action, durée et effet des repas
Le sildénafil et le vardénafil agissent en général en trente à soixante minutes et restent utiles environ quatre à cinq heures. Le tadalafil peut rester utile jusqu’à 36 heures, avec un pic d’effet vers deux heures. Ces durées, résumées par la Mayo Clinic en 2026, décrivent la fenêtre pendant laquelle une érection reste possible en cas de stimulation. Elles ne décrivent pas la durée de l’érection elle-même.
Les résumés européens repris par l’EAU donnent les mêmes ordres de grandeur. Pour 100 mg de sildénafil à jeun, le pic plasmatique médian survient en 0,8 à 1 heure, avec une demi-vie de 2,6 à 3,7 heures. Pour 20 mg de tadalafil, le pic se situe vers 2 heures et la demi-vie autour de 17,5 heures. Pour 20 mg de vardénafil, le pic est proche de 0,9 heure, la demi-vie d’environ 3,9 heures. L’EAU cite aussi, chez certains hommes, une fenêtre du sildénafil pouvant aller jusqu’à 12 heures.
Un repas très gras retarde l’absorption du sildénafil, du vardénafil et de l’avanafil. Pour le sildénafil, la notice américaine précise une baisse d’environ 29 % de la concentration maximale et un retard d’environ une heure du pic. Le tadalafil peut se prendre avec ou sans aliment. L’alcool en grande quantité n’est pas un accélérateur. MedlinePlus indique qu’avec le tadalafil, plus de cinq verres peuvent majorer vertiges, maux de tête, accélération du cœur et baisse de tension.
| Molécule (DCI) | Délai habituel | Durée d’effet | Repas gras | Dose de départ citée |
|---|---|---|---|---|
| Sildénafil | 30 à 60 min | environ 4 à 5 h | retarde l’absorption | 50 mg à la demande |
| Tadalafil | 30 min, pic vers 2 h | jusqu’à 36 h | peu d’effet | 10 mg à la demande, ou 2,5 à 5 mg par jour |
| Vardénafil | dès 30 min | environ 4 à 5 h | retarde l’absorption | 10 mg à la demande |
Le vardénafil existe aussi en comprimé orodispersible. La Mayo Clinic note que cette forme peut agir plus vite que le comprimé avalé, sans que l’EAU y voie un gain d’efficacité par rapport à la forme classique.
Quel médicament selon la fréquence des rapports
Le bon choix dépend surtout de la fréquence des rapports et de l’expérience de l’homme, écrit l’EAU. Si les rapports sont peu nombreux et peuvent être anticipés, un IPDE5 à la demande de durée moyenne, sildénafil ou vardénafil, suffit souvent. Si vous souhaitez une fenêtre large sur un week-end, ou des rapports plus spontanés, le tadalafil à la demande (jusqu’à 36 heures) ou le tadalafil quotidien à faible dose correspondent mieux à ce rythme.
Deux méta-analyses citées par l’EAU suggèrent un arbitrage de départ. Les hommes qui veulent maximiser l’efficacité pourraient commencer par le sildénafil 50 mg. Ceux qui veulent d’abord limiter les effets indésirables pourraient commencer par le tadalafil 10 mg. Ce n’est pas une hiérarchie définitive. L’EAU conclut, avec un niveau de preuve élevé, qu’il n’existe pas de différence d’efficacité démontrée entre les IPDE5 aux doses recommandées.
Une revue en réseau publiée en 2013 dans European Urology par Yuan et ses collègues, à partir de 118 essais et 31 195 participants, avait classé le tadalafil puis le vardénafil en tête sur certains scores, avec une tolérance proche. L’EAU de 2026 ne retient pas un vainqueur unique. Du côté américain, Harvard Health Publishing indique que beaucoup de médecins commencent par le sildénafil, qui a le recul le plus long.
Le diabète et les suites de prostatectomie pèsent plus que le nom du comprimé. L’American Urological Association (AUA, 2018) souligne que ces hommes ont souvent un trouble plus marqué au départ et une réponse moins nette. Une revue Cochrane de 2007, observation de long cours, avait déjà montré que les IPDE5 améliorent les scores d’érection chez les hommes diabétiques par rapport au placebo, au prix d’effets indésirables plus fréquents (risque relatif d’environ 4,8 pour tout événement).
Tadalafil quotidien et hyperplasie de la prostate
Parmi ces trois molécules, seul le tadalafil a une autorisation pour traiter à la fois la dysfonction érectile et les signes d’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP). La notice américaine DailyMed (mai 2024) fixe 5 mg une fois par jour, à peu près à la même heure, pour la HBP et pour l’association érection plus HBP. Pour la seule dysfonction érectile en prise quotidienne, la dose de départ américaine est 2,5 mg, pouvant passer à 5 mg. L’EAU, s’appuyant sur l’EMA, recommande le plus souvent 5 mg par jour lorsque le schéma continu est choisi.
Cette prise quotidienne décroche le comprimé de l’horloge du rapport. L’EAU ne trouve pas de différence clinique nette entre tadalafil quotidien et tadalafil à la demande. Le schéma continu peut aussi aider certains hommes qui n’ont qu’une réponse partielle aux prises ponctuelles. L’intérêt du traitement quotidien doit être réévalué de temps en temps.
Des données reprises par l’EAU indiquent qu’environ 40 % des hommes de plus de 45 ans étaient à la fois répondeurs sur l’érection et sur les symptômes urinaires du bas appareil après 12 semaines de tadalafil 5 mg par jour. Le sildénafil et le vardénafil n’ont pas cette indication urinaire.
La notice américaine déconseille d’associer le tadalafil quotidien à un alpha-bloquant lorsque l’objectif est la HBP, parce que l’efficacité de la combinaison n’a pas été assez étudiée et que les deux classes baissent la tension. L’EAU, plus récente, estime qu’il n’y a plus de limitation actuelle à l’usage simultané des alpha-bloquants et des IPDE5, tout en rappelant un effet additif possible sur la pression. Ces deux positions ne se recouvrent pas. Le médecin français appliquera la notice du produit délivré et votre liste de traitements, plutôt qu’une règle unique importée d’un pays.
Doses recommandées et règles de prise
Les doses de départ les plus souvent citées viennent des notices américaines et des données EMA reprises par l’EAU. Pour le sildénafil, 50 mg à la demande, environ une heure avant le rapport, avec une fourchette de 25 à 100 mg selon l’effet et la tolérance, et pas plus d’une prise par jour. La notice Viagra autorise la prise entre 30 minutes et 4 heures avant l’activité sexuelle. Une dose de 25 mg est à envisager après 65 ans, en cas d’insuffisance rénale grave, d’atteinte hépatique, ou avec certains inhibiteurs du CYP3A4.
Pour le tadalafil à la demande, 10 mg avant l’activité prévue, puis 20 mg ou 5 mg selon la réponse, sans dépasser une prise par jour dans la plupart des cas. Pour le vardénafil, 10 mg environ 60 minutes avant, puis 20 mg ou 5 mg. Après 65 ans, la notice américaine du vardénafil propose 5 mg en départ. Ces milligrammes ne se comparent pas d’une molécule à l’autre. 20 mg de tadalafil ne « valent » pas 20 mg de sildénafil.
Les consignes de prise et l’ajustement de la dose figurent parmi les recommandations de l’AUA. Une part importante des échecs vient d’un comprimé avalé trop tôt ou trop tard, sans stimulation, ou après un repas copieux. L’EAU ajoute que le produit doit être un médicament autorisé, pas une copie douteuse. Plusieurs essais avec le même comprimé sont souvent nécessaires avant de conclure à un échec.
- Une stimulation sexuelle reste indispensable, car le comprimé n’ouvre pas les vaisseaux à lui seul.
- Une seule prise par vingt-quatre heures s’applique dans la plupart des schémas, sauf consigne écrite du prescripteur.
- Un repas très gras recule l’effet du sildénafil et du vardénafil, parfois d’une heure environ.
- L’heure de la dernière prise doit pouvoir être dite aux secours en cas de douleur thoracique.
Avec le ritonavir, la notice Viagra limite le sildénafil à 25 mg et à une prise sur 48 heures, car l’exposition plasmatique peut être multipliée par onze. Pour le tadalafil et un inhibiteur puissant du CYP3A4, DailyMed plafonne à 10 mg toutes les 72 heures en prise à la demande, ou 2,5 mg en prise quotidienne. Ces chiffres américains illustrent le principe. Le pharmacien français relira la notice du générique délivré.
Effets indésirables des trois comprimés
Les effets les plus fréquents sont les maux de tête, les rougeurs du visage, la congestion nasale, les troubles digestifs et les vertiges. L’EAU, d’après les résumés EMA, cite des céphalées chez environ 12,8 % des hommes sous sildénafil, 14,5 % sous tadalafil et 16 % sous vardénafil. Les rougeurs sont plus souvent rapportées avec le sildénafil (10,4 %) et le vardénafil (12 %) qu’avec le tadalafil (4,1 %). La dyspepsie et les douleurs du dos ou des muscles sont plus marquées avec le tadalafil (12,3 % de dyspepsie, 6,5 % de lombalgie, 5,7 % de myalgies). Une vision anormale, souvent une teinte bleutée ou une gêne à distinguer le bleu et le vert, concerne environ 1,9 % des hommes sous sildénafil. Ce n’est pas un daltonisme installé. MedlinePlus décrit une teinte bleue transitoire.
Ces chiffres décrivent des fréquences d’essais, pas votre soirée. La plupart des effets restent légers et passagers. Ils augmentent souvent avec la dose. Harvard Health Publishing insiste sur ce point. Atteindre la dose maximale puis en avaler davantage n’améliore pas l’érection. Cela augmente surtout les maux de tête et les rougeurs.
Certains signaux imposent d’arrêter le médicament et de consulter sans délai. Une érection qui dure plus de quatre heures, douloureuse ou non, est une urgence. La notice DailyMed du tadalafil parle de priapisme au-delà de six heures. Sans traitement rapide, le tissu érectile peut être lésé de façon durable. Une baisse brutale de la vision d’un œil ou des deux, parfois liée à une neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique, et une baisse brutale de l’audition, parfois avec acouphènes, figurent sur les notices. Le lien de cause n’est pas toujours établi. La conduite reste la même. Il faut arrêter l’IPDE5 et consulter sans délai.
Ces médicaments peuvent ne pas convenir après un infarctus, un accident vasculaire cérébral ou un trouble du rythme grave dans les six mois, en cas de tension trop basse ou trop haute non contrôlée, d’atteinte grave du foie, de dialyse, ou de maladie héréditaire de la rétine, précise la Mayo Clinic. L’EAU rappelle qu’aucun essai n’a montré une hausse des infarctus attribuable aux IPDE5 chez des hommes bien sélectionnés. Le risque cardiaque du rapport lui-même existe. C’est pourquoi l’évaluation cardiovasculaire précède souvent la prescription.

Associations dangereuses avec les IPDE5
Aucun IPDE5 ne doit être associé à un dérivé nitré, qu’il soit pris tous les jours ou de temps en temps. Nitroglycérine, dinitrate ou mononitrate d’isosorbide, sprays, patchs et pommades sont concernés, tout comme les « poppers » (nitrite d’amyle ou de butyle). L’EAU y ajoute le nicorandil, donneur de monoxyde d’azote utilisé dans l’angor. La combinaison fait chuter la tension de façon imprévisible. MedlinePlus le classe comme un interdit, pas comme une précaution légère.
Si une douleur thoracique survient après la prise, il faut le dire immédiatement aux secours. Les dérivés nitrés, traitement habituel de l’angor, deviennent dangereux. La notice DailyMed du tadalafil demande d’attendre au moins 48 heures après la dernière prise avant d’envisager des nitrates, et seulement sous surveillance. Pour le sildénafil, la notice Viagra indique que l’on ignore encore à partir de quel délai les nitrates redeviennent sûrs, même si le taux plasmatique a beaucoup baissé à 24 heures.
Le riociguat, stimulateur de la guanylate cyclase, est une autre contre-indication de classe. Les alpha-bloquants (tamsulosine, alfuzosine, doxazosine, térazosine, silodosine) et les autres antihypertenseurs peuvent additionner leur effet vasodilatateur. La notice Viagra propose de commencer le sildénafil à 25 mg chez un homme déjà stable sous alpha-bloquant. Harvard Health Publishing conseille d’écarter d’au moins quatre heures la prise d’un alpha-bloquant et celle d’un IPDE5. L’EAU, on l’a vu, est moins restrictive sur la combinaison, sans nier l’effet tensionnel.
Le pamplemousse et le jus de pamplemousse inhibent le CYP3A4 intestinal, voie principale d’élimination de ces molécules. MedlinePlus demande d’en parler au médecin avant d’en consommer avec le sildénafil ou le tadalafil. Les antifongiques azolés (kétoconazole, itraconazole), certains macrolides (érythromycine) et des antiviraux du VIH (ritonavir) élèvent fortement les taux. Le millepertuis et la rifampicine peuvent au contraire les abaisser. On ne cumule pas deux IPDE5, ni un IPDE5 d’érection avec un sildénafil ou un tadalafil prescrit pour l’hypertension pulmonaire.
Que faire si le traitement oral ne suffit pas
Un échec apparent est souvent un échec de méthode. L’EAU et l’AUA insistent sur le même tri. Il faut un médicament authentique, une dose adaptée, un délai respecté, une stimulation sexuelle et, pour le sildénafil ou le vardénafil, un repas trop gras évité. Après ces corrections, beaucoup d’hommes répondent à une nouvelle tentative. Passer d’une molécule à une autre, malgré un mode d’action identique, n’a pas de preuve solide dans les essais randomisés cités par l’EAU. Harvard Health Publishing aboutit au même constat. Une fois la dose maximale atteinte sans succès, changer de nom commercial ne change en général pas grand-chose.
Un déficit en testostérone associé peut réduire la réponse. L’EAU envisage alors un traitement hormonal chez les hommes qui remplissent les critères d’hypogonadisme, plutôt que d’empiler les comprimés. L’activité physique, la perte de poids et le contrôle de la tension, du sucre et du tabac restent la première recommandation forte de l’EAU, avant ou pendant le comprimé.
Si l’IPDE5 bien pris ne suffit pas, d’autres options existent, à discuter avec un urologue ou le médecin traitant. L’alprostadil intra-urétral ou en crème, les injections intra-caverneuses d’alprostadil, le vacuum (dispositif à dépression) et, plus tard, une prothèse pénienne figurent dans l’algorithme européen. Les injections ont des taux d’efficacité élevés, souvent au-dessus de 70 %, au prix d’une technique à apprendre et d’un risque de douleur, de fibrose ou, rarement, de priapisme.
Les ondes de choc de faible intensité occupent une place plus modeste. L’EAU leur accorde une recommandation faible dans la dysfonction érectile vasculaire légère, ou en appoint chez de mauvais répondeurs aux IPDE5. L’effet décrit est souvent léger et peut s’estomper. Le plasma riche en plaquettes, les cellules souches et la toxine botulique intra-caverneuse restent du domaine des essais. L’EAU ne les recommande pas en routine.
Quand voir un médecin pour des troubles de l’érection
Des troubles de l’érection qui se répètent justifient une consultation, indique le NHS (page révisée en juillet 2023). Un échec isolé après alcool, fatigue ou stress n’est pas une maladie. Quand la difficulté revient, elle peut signaler une hypertension, un cholestérol élevé, un diabète, une dépression, un problème hormonal ou un médicament en cause. L’EAU rappelle que la dysfonction érectile partage les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires et peut précéder un événement cardiaque, surtout chez les hommes plus jeunes.
Le bilan de base européen comprend une histoire médicale et sexuelle, un examen ciblé, une glycémie ou une hémoglobine glyquée, un bilan lipidique et une testostérone totale matinale à jeun si elle n’a pas été faite récemment. La tension et le tour de taille font partie de cette première visite, où un diabète méconnu ou une HBP associée peuvent apparaître.
Certains signes ne relèvent plus du rendez-vous différé. Une douleur thoracique, un malaise, un essoufflement brutal ou des nausées pendant un rapport imposent d’arrêter l’activité et d’appeler le SAMU au 15, ou le 112. Les soignants doivent savoir quel IPDE5 a été pris et à quelle heure, pour ne pas donner de dérivés nitrés. Une érection de plus de quatre heures, une perte brutale de vision ou d’audition relèvent de la même urgence.
| Signal | Conduite |
|---|---|
| Érection douloureuse ou qui dure plus de 4 heures | Appelez le SAMU (15) ou le 112 sans attendre |
| Douleur thoracique, malaise ou essoufflement pendant un rapport | Arrêtez l’activité, appelez le 15, signalez la prise d’IPDE5 |
| Baisse brutale de la vision ou de l’audition | Arrêtez le médicament et consultez en urgence |
Les consensus de Princeton IV (2024), adaptés par l’EAU, classent le risque cardiaque lié à l’activité sexuelle. Un homme stable, revascularisé, avec une hypertension contrôlée, peut souvent reprendre une vie sexuelle. Un angor instable, une insuffisance cardiaque décompensée, un infarctus très récent ou un trouble du rythme non contrôlé font partie des situations où le rapport, donc l’IPDE5, n’est pas d’actualité. Le cardiologue ou le médecin traitant tranche selon le dossier, pas selon une publicité.
Génériques, achat en ligne et autres options
Des versions génériques du sildénafil, du tadalafil et du vardénafil existent, indique la Mayo Clinic en 2026. Harvard Health Publishing ajoute qu’elles coûtent souvent nettement moins cher que la marque. L’équivalence visée par les agences porte sur le principe actif, le dosage et la biodisponibilité. La disponibilité en pharmacie française, le prix et le remboursement relèvent du pharmacien et des règles locales.
Les sites qui vendent des faux médicaments sont un piège décrit à la fois par le NHS et par la Mayo Clinic. Une pharmacie en ligne sans adresse, sans téléphone, sans pharmacien joignable, ou qui promet une délivrance sans ordonnance là où la loi l’exige, n’est pas un circuit sûr. Les « Viagra à base de plantes » ne sont pas une alternative validée. Certains lots ont contenu des IPDE5 cachés ou d’autres substances.
Au Royaume-Uni, le sildénafil peut s’obtenir en pharmacie selon les règles locales du NHS, tandis que le tadalafil, le vardénafil et l’avanafil restent sur ordonnance. En France, c’est le médecin ou le pharmacien qui applique les règles de délivrance en vigueur.
Le comprimé n’est pas le seul levier. Arrêter le tabac, bouger, perdre du poids si besoin et limiter l’alcool (le NHS cite 14 unités par semaine comme plafond britannique, à transposer localement) peuvent améliorer l’érection et le cœur. Une thérapie sexuelle ou cognitivo-comportementale, seule ou associée au médicament, a une place lorsque l’anxiété de performance ou le couple pèsent lourd. L’EAU la recommande fortement, partenaire compris, quand elle est indiquée.
Questions fréquentes
Le sildénafil et le tadalafil ont-ils la même efficacité ?
Chez la plupart des hommes, oui, aux doses recommandées. L’EAU de 2026 ne retient pas de différence d’efficacité démontrée entre les IPDE5. Une méta-analyse en réseau de 2013 avait classé le tadalafil un peu plus haut sur certains scores, sans écart majeur de sécurité. Le vrai écart utile au quotidien reste la durée, 4 à 5 heures contre jusqu’à 36 heures, et la possibilité d’une prise quotidienne pour le tadalafil.
Une stimulation sexuelle est-elle indispensable ?
Oui. MedlinePlus le précise pour le sildénafil comme pour le tadalafil. Le comprimé prolonge un signal que le corps produit pendant l’excitation. Sans ce signal, le sang n’afflue pas davantage. C’est aussi une cause fréquente d’échec lorsque le comprimé est avalé « pour voir », sans désir ni préliminaires.
Peut-on associer un IPDE5 et un alpha-bloquant pour la prostate ?
Parfois, avec prudence, et jamais sans l’avis du prescripteur. La notice américaine du tadalafil déconseille la combinaison lorsque l’objectif est la HBP. L’EAU, plus récente, n’interdit plus l’association, tout en reconnaissant un effet additif sur la tension. Le sildénafil se commence souvent à 25 mg chez un homme déjà stable sous alpha-bloquant, selon la notice Viagra. Apportez la liste complète des médicaments.
Que faire si l’érection dure trop longtemps ?
Appelez le SAMU (15) ou, à défaut, le 112 si l’érection dépasse quatre heures, même sans douleur intense. Les notices DailyMed parlent d’une urgence dès ce seuil, et de priapisme au-delà de six heures. Un traitement trop tardif peut endommager le tissu érectile. N’attendez pas le matin « pour voir si ça passe ».
Les ondes de choc peuvent-elles remplacer le comprimé ?
Pas en traitement standard. L’EAU leur donne une recommandation faible dans la dysfonction érectile vasculaire légère, avec un bénéfice souvent modeste. Elles peuvent s’ajouter à un IPDE5 chez certains hommes mal répondeurs. Elles ne dispensent ni du bilan cardiaque ni des règles de sécurité des comprimés.
Faut-il un bilan cardiaque avant de commencer ?
Souvent oui, surtout s’il existe des facteurs de risque, une douleur d’effort ou plus de deux facteurs cardiovasculaires. L’EAU s’appuie sur les consensus de Princeton IV (2024) pour évaluer le risque lié au rapport sexuel. Le NHS conseille déjà de consulter si le trouble se répète, car il peut révéler un diabète ou une maladie vasculaire. Le comprimé vient après cette lecture, pas à la place.

Conclusion
Le « meilleur » comprimé n’existe pas en dehors de votre rythme de vie, de votre cœur et de votre ordonnance. Les deux molécules à action courte couvrent plutôt une soirée. Le tadalafil couvre jusqu’à un jour et demi, ou une prise quotidienne à 5 mg lorsqu’il y a aussi des symptômes prostatiques. Les trois restent interdits avec les dérivés nitrés, les poppers, le nicorandil et le riociguat.
Avant la prochaine consultation, notez la fréquence réelle des rapports, l’effet des repas, les maux de tête ou les rougeurs déjà ressentis, et surtout la liste des traitements, y compris les sprays d’angor et les produits à base de plantes. Demandez si une dose de 50 mg de sildénafil à la demande, 10 mg de tadalafil, ou 5 mg de tadalafil chaque matin colle à ce que vous vivez, plutôt que de changer de marque au hasard.
Si une érection dépasse quatre heures, si la vision ou l’audition chute d’un coup, ou si une douleur d’effort apparaît pendant un rapport, le numéro utile est le 15 ou le 112. Le reste se discute au calme, avec un générique authentique et une notice lue jusqu’aux contre-indications.
Sources
- Management of Erectile Dysfunction – EAU Guidelines on Sexual and Reproductive Health. European Association of Urology, 2026.
- Erectile dysfunction: Viagra and other oral medications. Mayo Clinic, 21 janvier 2026.
- TADALAFIL tablets, for oral use. DailyMed, U.S. National Library of Medicine, mis à jour en mai 2024.
- VIAGRA (sildenafil citrate) tablets, for oral use. DailyMed, U.S. National Library of Medicine, décembre 2017.
- Yuan JQ, Zhang RJ, Yang ZY et al. : Comparative effectiveness and safety of oral phosphodiesterase type 5 inhibitors for erectile dysfunction: a systematic review and network meta-analysis. European Urology, mai 2013.
- Sildenafil: MedlinePlus Drug Information. MedlinePlus, 15 août 2023.
- Tadalafil: MedlinePlus Drug Information. MedlinePlus, 15 avril 2023.
- Solan M : Choosing erectile dysfunction drugs. Harvard Health Publishing, 1er septembre 2024.
- Erectile dysfunction (impotence). National Health Service, 28 juillet 2023.
- Burnett AL, Nehra A, Breau RH et al. : Erectile Dysfunction: AUA Guideline. The Journal of Urology, septembre 2018.
- Vardi M, Nini A : Phosphodiesterase inhibitors for erectile dysfunction in patients with diabetes mellitus. Cochrane Database of Systematic Reviews, 24 janvier 2007.
