Taches blanches sur les mamelons : causes et signes d’alerte

Taches blanches sur les mamelons : causes et signes d'alerte

Les taches blanches sur les mamelons et l’aréole correspondent le plus souvent à des glandes normales, les tubercules de Montgomery, ou, pendant l’allaitement, à une ampoule de lait liée à une inflammation des canaux. Ces lésions restent en général bénignes. Un point douloureux, une peau qui desquame d’un seul côté, une fièvre ou un écoulement sanglant demandent toutefois un avis médical.

Pendant une tétée, un point blanc de la taille d’une tête d’épingle peut donner l’impression qu’un « bouchon de lait » bloque le mamelon et qu’il faudrait le percer. Le protocole clinique n° 36 de l’Academy of Breastfeeding Medicine, publié en 2022, décrit au contraire cette ampoule comme le dépôt en surface de cellules inflammatoires. Percer la lésion avec une aiguille risque d’aggraver le rétrécissement du canal.

Les tubercules de Montgomery s’élargissent dès le premier trimestre chez certaines femmes, d’après la page d’anatomie de la Cleveland Clinic mise à jour en 2026. Une mastite aiguë se complique d’abcès dans 3 à 11 % des cas selon le même protocole de 2022. La maladie de Paget du mamelon représente environ 1 à 3 % des cancers du sein, chiffre repris par le National Cancer Institute en 2025.

Causes des taches blanches sur les mamelons et l’aréole

Plusieurs lésions très différentes peuvent paraître « blanches » au même endroit. Le siège, la douleur et le contexte (grossesse, tétée, un seul sein) orientent déjà le raisonnement avant tout examen.

Sur l’aréole, les bosses les plus fréquentes sont les tubercules de Montgomery, glandes sébacées normales qui deviennent plus visibles quand les hormones changent. Sur le mamelon lui-même, pendant l’allaitement, un point blanc, jaune ou translucide correspond souvent à une ampoule de lait. La Cleveland Clinic, dans sa fiche de 2024, insiste sur le fait que cette ampoule n’est ni un cancer ni le signe d’une mycose.

D’autres causes existent, plus rares. Une infection herpétique donne des cloques groupées, douloureuses, qui croûtent. Un vitiligo efface le pigment sans former de « tête » de bouton. La maladie de Paget imite un eczéma unilatéral, avec squames, croûtes ou suintement. Un abcès sous-aréolaire, parfois après une mastite, se présente plutôt comme une masse chaude que comme un simple point.

Le tableau ci-dessous résume les trois tableaux que les lectrices confondent le plus souvent.

Élément Tubercules de Montgomery Ampoule de lait Maladie de Paget
Siège habituel Aréole, parfois base du mamelon Surface du mamelon, orifice d’un canal Mamelon d’abord, puis aréole d’un seul sein
Aspect Petites bosses couleur chair, parfois tête blanc-jaune Point blanc, jaune ou translucide, taille d’une tête d’épingle Peau squameuse, croûteuse, suintante, qui s’étend lentement
Douleur Souvent absente Vive à la tétée, parfois en profondeur dans le sein Démangeaison, brûlure, parfois écoulement
Contexte Grossesse, cycle, lactation, parfois hors grossesse Allaitement, parfois surproduction de lait Adulte, un seul sein, ne cède pas comme un eczéma banal
Conduite Ne pas presser les glandes Ne pas percer ; avis si douleur, fièvre ou sein dur Consulter pour examen, biopsie et imagerie du sein

Une lésion isolée, souple, connue depuis des années et identique des deux côtés rassure souvent. Une nouveauté unilatérale, une croûte qui saigne ou une fièvre change la priorité. Le médecin traitant, une sage-femme ou un consultant en lactation départagent ces tableaux.

Femme enceinte montrant son ventre exposé avec une plante en arrière-plan.

Tubercules de Montgomery, bosses normales de l’aréole

Les tubercules de Montgomery sont des glandes sébacées de l’aréole, présentes chez les femmes et chez les hommes. Ils libèrent en continu une substance huileuse qui lubrifie la peau fragile du mamelon. Pendant la grossesse et l’allaitement, ils grossissent. C’est ce relief, parfois pris pour des « boutons blancs », que beaucoup de femmes découvrent au premier trimestre.

La sécrétion n’est pas du lait au sens strict, même si un peu de lait peut aussi s’écouler par ces orifices. Elle maintient un pH plutôt acide, ce qui défavorise les bactéries et les levures à la surface. Des travaux cités par la Cleveland Clinic suggèrent que l’odeur de ce fluide aide le nouveau-né à repérer le mamelon. Le nombre et la taille varient beaucoup d’une personne à l’autre.

Ces glandes se remarquent aussi hors grossesse, au froid, pendant les règles ou sous hormonothérapie de la ménopause. Les prendre pour un signe exclusif de grossesse serait excessif. Un test urinaire reste l’outil adapté si les règles retardent.

Un tubercule peut se boucher et devenir ferme, un peu blanc ou jaune, à la manière d’un comédon. La Cleveland Clinic conseille une compresse tiède et déconseille de le presser, car le geste pousse des bactéries sous la peau. Si la zone rougit, chauffe et fait mal, un avis médical s’impose. Un kyste rétro-aréolaire, dit kyste de Montgomery, reste rare. Il se traduit par une masse derrière l’aréole, le plus souvent bénigne, parfois infectée. Les baumes très gras laissés en permanence peuvent favoriser l’obstruction. Essuyer la peau une partie de la journée et changer souvent les coussinets d’allaitement réduit ce risque.

  • Les tubercules de Montgomery sont des glandes normales, pas des grains de lait coincés sous la peau.
  • Leur agrandissement au premier trimestre est fréquent, sans être un test de grossesse à lui seul.
  • Une glande bouchée se soigne par la chaleur douce, jamais par un pincement énergique.
  • Rougeur, chaleur et douleur locale justifient un examen, car une infection reste possible.

Ampoule de lait et inflammation des canaux lactifères

L’ampoule de lait est un point blanc, jaune ou clair qui se forme à la surface du mamelon chez une personne qui allaite. Elle peut siéger sur un seul orifice ou sur plusieurs, d’un côté ou des deux. La douleur est souvent disproportionnée par rapport à la taille de la lésion. Elle pique ou irradie dans le sein pendant et après la tétée.

La fiche 2024 de la Cleveland Clinic et le protocole de 2022 décrivent le même mécanisme. L’ampoule n’est pas un bouchon de lait qu’on pourrait extraire comme un comédon. Elle traduit une inflammation de la paroi des canaux. Des cellules et de la fibrine remontent jusqu’à l’orifice et s’y déposent. Mitchell et Johnson, dans une mise au point de 2020, parlent de lésions fibrineuses qui peuvent fermer un orifice et favoriser une mastite.

Le langage de « canal bouché » reste répandu. Anatomiquement, les canaux sont nombreux et s’anastomosent. Le protocole de 2022 rappelle qu’un unique « bouchon » macroscopique n’est pas une explication crédible. Ce que l’on sent comme une corde ou une plaque ferme est plutôt un œdème autour de canaux rétrécis. Téter soulage parfois un moment. Multiplier tétées ou séances de tire-lait sur le sein douloureux pour « vider le bouchon » augmente au contraire production et inflammation.

Une surproduction de lait, un pompage exclusif fréquent et un déséquilibre du microbiote mammaire sont des facteurs associés. Une mauvaise prise du sein n’est plus vue comme la cause unique. Si le flux est trop fort, le bébé peut se jeter en arrière. Le mauvais accrochage et l’ampoule relèvent alors du même problème de volume.

Sans traitement de la cause, l’ampoule peut durer des semaines. La Cleveland Clinic indique que beaucoup s’améliorent en quelques semaines, d’autres en un ou deux mois. Percer la lésion soulage parfois une heure, puis laisse croûte, saignement et récidives. C’est ce que le protocole de 2022 demande d’éviter.

Soins à la maison pendant l’allaitement

Le premier geste utile est de ne pas ouvrir le point blanc. Ni aiguille, ni ongle, ni serviette abrasive. Le protocole de 2022 et la Cleveland Clinic s’accordent sur ce point, alors que la page DermNet, mise à jour en 2021, décrit encore un dégagement à l’aiguille stérile. Le document le plus récent des sociétés d’allaitement l’emporte. Le médecin français appliquera la conduite locale.

Le NHS, dans sa page sur la mastite revue en 2023, recommande de continuer à allaiter à la demande, sans extraire plus de lait que l’enfant n’en boit. Une compresse froide, par exemple un linge trempé dans l’eau froide, peut rester 10 minutes par heure. Le protocole américain de 2022 privilégie aussi la glace, éventuellement toutes les heures, et les anti-inflammatoires. La chaleur dilate les vaisseaux. Elle soulage certaines femmes, mais elle peut augmenter l’œdème. Les douches chaudes n’ont pas amélioré l’évolution de la mastite dans un essai cité par ce protocole.

Le paracétamol et l’ibuprofène sont nommés par le NHS et par l’Academy of Breastfeeding Medicine. L’aspirine est à écarter d’après le NHS. Les doses du protocole américain (ibuprofène 800 mg toutes les 8 heures, paracétamol 1 000 mg toutes les 8 heures en phase aiguë) correspondent à une pratique des États-Unis. En France, le pharmacien ou le médecin indiquent la posologie adaptée. Un massage profond, un appareil de massage électrique ou une brosse à dents électrique sur le sein sont déconseillés. Ils aggravent l’œdème. Un lissage très léger de la peau, proche d’un drainage lymphatique, est la seule manœuvre que le protocole juge acceptable.

Sur prescription, une crème de triamcinolone à 0,1 % peut être appliquée sur le mamelon pour calmer l’inflammation de surface, puis essuyée avec un mouchoir avant la tétée. Les crèmes d’hydrocortisone vendues sans ordonnance sont jugées trop faibles dans la fiche de 2024. Certaines équipes américaines proposent aussi de la lécithine de tournesol ou de soja, 5 à 10 g par jour par voie orale, pour fluidifier le lait et limiter l’inflammation des canaux. Ce n’est pas un médicament. L’intérêt se discute avec le médecin ou le pharmacien, car le niveau de preuve de cette suggestion reste limité.

  • Allaitez à la demande, sans imposer un « vidage complet » du sein douloureux à chaque fois.
  • Posez une compresse froide par intermittence plutôt que de frotter le mamelon sous l’eau brûlante.
  • Demandez au pharmacien la dose de paracétamol ou d’ibuprofène compatible avec l’allaitement.
  • Gardez l’aiguille, le sel d’Epsom et le violet de gentiane hors du mamelon, car ces gestes traumatisent la peau.

Si une plaque du sein devient chaude, rouge et douloureuse, avec fièvre ou frissons, le NHS demande de revoir un médecin si rien ne s’améliore en 12 à 24 heures. Continuer à donner le sein du côté atteint reste la règle en cas de mastite, sauf avis contraire (herpès, voir plus bas). S’arrêter brutalement augmente l’engorgement.

Infections du mamelon, herpès et mycose surdiagnostiquée

Un point blanc n’est pas, à lui seul, le signe d’une infection. Quand une infection existe, le tableau dépasse en général la simple tache. La peau se fend, suinte, se couvre de cloques, ou le sein entier devient chaud et douloureux.

L’herpès du mamelon est le cas où la conduite change vraiment pour le bébé. DermNet le décrit comme une éruption vésiculeuse douloureuse du mamelon ou de l’aréole, transmissible à l’enfant. Les Centers for Disease Control and Prevention, dans leur mise à jour de 2025, demandent d’interrompre temporairement la tétée et le don de lait tiré du sein atteint tant que les lésions ne sont pas cicatrisées. Le lait de ce côté se jette. L’autre sein peut servir si les lésions sont entièrement couvertes et les mains lavées. L’aciclovir, compatible avec l’allaitement d’après cette page, se discute avec le médecin. Une lésion douteuse, prise pour un impétigo ou un eczéma, justifie un prélèvement rapide. Fièvre, léthargie ou cloques chez le nourrisson relèvent du 15 ou du 112.

Les infections bactériennes du mamelon, souvent à Staphylococcus aureus selon DermNet, surviennent surtout sur une crevasse qui ne cicatrise pas. Elles peuvent précéder une mastite ou un abcès. Le NHS rappelle que les personnes qui n’allaitent pas peuvent aussi faire une mastite, notamment en cas de tabagisme, de piercing, d’eczéma, d’implant ou de diabète. Une masse fluctuante, la peau rouge et tendue après une mastite, oriente vers un abcès. Le protocole de 2022 estime qu’environ 3 à 11 % des mastites aiguës se compliquent ainsi. Le drainage se fait par un professionnel.

La « mycose du mamelon » a longtemps servi d’étiquette fourre-tout pour une douleur brûlante et des squames blanches. Betts, Johnson, Eglash et Mitchell ont revu, en 2021, 25 femmes adressées pour un « muguet » résistant aux antifongiques. Aucune n’avait une candidose confirmée. Les diagnostics retenus étaient une mastite subaiguë, une ampoule, une dermite, un vasospasme, une croûte de lait, une surproduction ou une dépression du post-partum. Les symptômes ont cédé en 2 à 42 jours une fois le diagnostic corrigé. Le protocole de 2022 affirme qu’il n’existe pas de preuve scientifique d’une « mastite à candida ». La fiche de la Cleveland Clinic, mise à jour en 2024, déconseille les antifongiques sur le mamelon. Un vrai muguet buccal du nourrisson reste une autre question, que le pédiatre tranche.

Vitiligo du mamelon et taches de dépigmentation

Le vitiligo n’est pas un bouton. C’est une perte de mélanocytes qui laisse des macules ou des plaques nettement délimitées, souvent symétriques. Le Merck Manual (revue d’août 2024) note que les mamelons figurent parmi les sièges habituels, avec le visage, les mains, les plis et la région génitale. La maladie touche jusqu’à 2 % de la population dans cette synthèse.

La tache est plane. Elle ne suppure pas, ne forme pas de croûte de lait et ne fait pas mal à la tétée. Les poils de la zone peuvent blanchir. Le diagnostic est clinique, parfois aidé d’une lumière de Wood. Cette dépigmentation n’est pas un cancer. Elle peut coexister avec des maladies auto-immunes, notamment thyroïdiennes, ce que le médecin explorera si l’interrogatoire le suggère.

Le traitement n’est pas obligatoire. Il vise l’apparence. Corticoïdes locaux, inhibiteurs de la calcineurine, photothérapie UVB à bande étroite, parfois greffes ou tatouage des mamelons dans les formes stables, sont des options de dermatologie. L’enjeu immédiat est de ne pas confondre une décoloration mate, nette, sans inflammation, avec une ampoule ou avec une peau squameuse unilatérale. Le soleil brûle plus facilement une zone dépigmentée. Un vêtement ou un écran solaire sur l’aréole exposée limite ce risque.

Médecin ou gynécologue écoutant avec sympathie une patiente au premier plan.

Maladie de Paget, un cancer rare du mamelon

Il s’agit d’un cancer rare de la peau du mamelon, le plus souvent associé à un cancer du sein sous-jacent. Le National Cancer Institute, page mise à jour le 2 décembre 2025, l’estime à environ 1 à 3 % de l’ensemble des cancers du sein. La Mayo Clinic, dans sa fiche du 12 septembre 2025, décrit une peau squameuse ou croûteuse du mamelon, qui gagne parfois l’aréole. Démangeaison, brûlure, écoulement jaunâtre ou sanglant, mamelon rentré vers l’intérieur ou masse dans le sein peuvent s’y ajouter. Les symptômes touchent presque toujours un seul sein et commencent au mamelon.

Ce tableau ressemble à un eczéma. Une crème corticoïde peut calmer un vrai eczéma en quelques jours et laisser croire, à tort, que le problème est clos. Une lésion unilatérale qui persiste, s’ulcère, saigne ou s’accompagne d’une masse n’est pas un « bouton blanc » de grossesse. Le NHS, page revue en avril 2023, indique qu’environ la moitié des femmes concernées ont une masse derrière le mamelon, et que dans 9 cas sur 10 cette masse correspond à un cancer invasif. En l’absence de masse, il s’agit plus souvent d’un carcinome canalaire in situ. Ces proportions britanniques ne se transposent pas comme une statistique française officielle, mais elles justifient de ne pas attendre.

Le diagnostic repose sur un examen clinique, une biopsie de peau du mamelon, puis une mammographie, une échographie ou une IRM s’il faut chercher un foyer plus profond. Le NCI rappelle que l’imagerie peut être normale alors que des cellules de Paget sont déjà dans l’épiderme. Le traitement suit celui du cancer associé, avec chirurgie, parfois radiothérapie et traitements médicamenteux. Le pronostic dépend de la présence d’une tumeur, de son caractère in situ ou invasif, et du stade. Hommes et femmes peuvent être concernés, les hommes de façon exceptionnelle d’après le NHS. Toute nouveauté unilatérale du mamelon chez l’adulte mérite d’être vue.

Quand ces lésions du mamelon justifient un avis médical

La plupart des tubercules de Montgomery et beaucoup d’ampoules de lait se gèrent avec des soins doux. Certains signes ne doivent pas attendre.

Une fièvre, des frissons, un sein chaud, rouge et douloureux qui n’a pas bougé en 12 à 24 heures correspondent au seuil du NHS pour revoir un médecin. Un malaise brutal, une confusion ou un nourrisson hypotonique relèvent du 15 ou du 112. Des cloques groupées sur un mamelon, surtout si vous allaitez un très jeune nourrisson, font craindre un herpès. Dans ce cas, on évite le contact de l’enfant avec la lésion et on consulte le jour même.

Une desquamation, des croûtes ou un suintement d’un seul mamelon, une rétraction nouvelle, un écoulement sanglant ou une masse dans le sein justifient un rendez-vous avec le médecin traitant, même sans fièvre. L’objectif est de ne pas traiter pendant des mois un eczéma qui n’en est pas un. Une ampoule très douloureuse qui empêche d’alimenter l’enfant, ou qui revient dès qu’on croit l’avoir « vidée », relève d’une sage-femme, d’un consultant en lactation ou d’un médecin formé à l’allaitement, plutôt que d’une nouvelle tentative de percement.

Situation observée Conduite proposée
Fièvre, frissons, sein chaud et douloureux depuis 12 à 24 heures Médecin le jour même ; 15 ou 112 si malaise brutal
Cloques groupées, très douloureuses, sur un mamelon Pas de tétée de ce côté ; avis urgent, herpès possible
Peau squameuse ou croûteuse d’un seul mamelon qui ne s’améliore pas Médecin traitant, biopsie si le doute d’une maladie de Paget persiste
Masse fluctuante, peau rouge et tendue après une mastite Avis rapide, un abcès peut devoir être drainé
Écoulement sanglant, mamelon qui rentre, peau qui s’épaissit Consultation sans attendre, même sans fièvre
Nourrisson fébrile, abattu ou couvert de cloques 15 ou 112, possible herpès néonatal

Hors urgence, notez depuis quand la lésion existe, si elle est d’un seul côté, si elle change après les tétées, et si une crème l’a déjà modifiée. Une photo datée aide le clinicien. N’apportez pas un diagnostic tout fait (« c’est du muguet », « c’est un bouchon »). Les cohortes récentes montrent que cette étiquette retarde souvent le bon traitement.

Réduire le risque de récidive pendant l’allaitement

On ne « prévient » pas un tubercule de Montgomery. Il fait partie de l’aréole. On peut limiter les ampoules liées à l’inflammation et les mastites qui les accompagnent.

Le protocole de 2022 insiste sur une lactation physiologique. L’enfant tète à la demande. On n’ajoute pas des séances de tire-lait « pour vider » un sein déjà inflammatoire, sauf séparation ou indication médicale. Les mères qui pompent uniquement veilleront à n’extraire que le volume que l’enfant boit, d’après le NHS comme d’après l’Academy of Breastfeeding Medicine. Un soutien-gorge de la bonne taille, sans compression douloureuse, limite l’œdème de déclive.

Corriger la position reste utile quand le mamelon se crevasse. DermNet rappelle que la douleur des premiers jours culmine souvent entre le 3e et le 6e jour, puis doit s’atténuer. Une crevasse qui s’aggrave au-delà oriente vers un problème de prise du sein. Une sage-femme ou un consultant en lactation le voit plus vite en consultation. Cela n’enlève rien à l’idée que l’ampoule elle-même vient surtout de l’inflammation des canaux.

Stériliser tire-lait, tétines et jouets « pour tuer le candida » n’est pas recommandé par le protocole de 2022. La mastite n’est pas une maladie contagieuse du foyer. Un lavage des mains avant l’expression et un nettoyage habituel des pièces du tire-lait suffisent. Les trempages salins, l’huile de ricin et autres cataplasmes n’ont pas de place dans une inflammation profonde et peuvent abîmer la peau.

Si les ampoules reviennent au même orifice, le clinicien cherchera une surproduction, une dysbiose ou une mastite subaiguë, plutôt qu’un nouveau « bouchon » à chasser. Le temps de disparition se compte en semaines. Un objectif de disparition en 48 heures par des manœuvres agressives n’est pas réaliste et expose à la cicatrice.

Questions fréquentes

Les tubercules de Montgomery sont-ils un signe de grossesse ?

Ils peuvent le devenir, car ils s’élargissent souvent dès le premier trimestre, mais beaucoup de femmes enceintes n’en voient pas davantage, et d’autres les remarquent pendant les règles ou sous hormonothérapie. Ce n’est donc pas un test. Si les règles retardent, un test urinaire et, au besoin, un avis médical restent les démarches adaptées.

Peut-on percer un point blanc sur le mamelon ?

Non, pas à domicile, et le protocole de 2022 déconseille aussi d’ouvrir l’ampoule en consultation de routine. Le geste soulage parfois une heure, puis inflamme davantage le canal et peut cicatriser l’orifice. Une crème anti-inflammatoire prescrite, la glace, le repos relatif du sein et le traitement d’une surproduction visent la cause, pas la « croûte » de surface.

Une ampoule de lait empêche-t-elle d’allaiter ?

Elle rend souvent la tétée très douloureuse, sans interdire l’allaitement. On continue à la demande si la douleur reste gérable. Si elle ne l’est plus, une expression manuelle douce du volume dont l’enfant a besoin, puis un avis spécialisé, valent mieux qu’un sevrage brutal, qui engorge le sein.

Le muguet du mamelon est-il fréquent ?

Les travaux récents le jugent rare et souvent porté à tort. Dans la cohorte de 2021 de Betts et collègues, aucune des 25 femmes envoyées pour une levure n’avait une candidose confirmée. Douleur, squames et point blanc orientent d’abord vers une ampoule, une dermite ou une inflammation des canaux. Un antifongique d’épreuve n’est plus la première réponse que ces sources soutiennent.

Un vitiligo du mamelon est-il dangereux ?

Le vitiligo n’est pas une tumeur et n’infecte pas le lait. Il décolore la peau, parfois de façon très visible, et peut peser sur l’image de soi. Un dermatologue confirme le diagnostic et discute, si vous le souhaitez, des traitements de repigmentation. Une plaque inflammatoire, croûteuse ou unilatérale n’est pas un vitiligo typique.

Une tache blanche unique d’un seul côté peut-elle être un cancer ?

Un simple point blanc d’allaitement n’est pas un cancer. En revanche, une peau squameuse, croûteuse ou suintante d’un seul mamelon, surtout si elle s’étend à l’aréole ou s’accompagne d’une masse, peut correspondre à une maladie de Paget, qui représente 1 à 3 % des cancers du sein. Ce n’est pas le scénario le plus fréquent, mais c’est celui qui justifie une biopsie plutôt qu’une nouvelle crème « pour eczéma ».

Femme avec un foulard sur la tête à cause de la chimiothérapie pour un cancer, l'air triste.

Conclusion

Un point blanc sur le mamelon n’a pas une seule cause. Sur l’aréole, les tubercules de Montgomery font partie de l’anatomie et s’accentuent avec les hormones. Pendant l’allaitement, l’ampoule de lait dit surtout que les canaux sont inflammatoires, pas qu’un bouchon attend d’être chassé à l’aiguille. La glace, un allaitement à la demande sans pompage excessif, le paracétamol ou l’ibuprofène selon l’avis du pharmacien, et, si besoin, une crème de triamcinolone prescrite, ont remplacé les massages profonds et les ouvertures à l’aiguille que des textes plus anciens décrivaient encore.

Les infections vraies se reconnaissent à d’autres signes. Des cloques imposent d’écarter l’herpès et de protéger le nourrisson. Une fièvre avec sein chaud depuis 12 à 24 heures se voit le jour même. Une mycose n’est plus l’explication par défaut d’une douleur brûlante.

Si la lésion est nouvelle, unilatérale, squameuse ou associée à un écoulement, prenez rendez-vous avec le médecin traitant en apportant la date d’apparition et, si possible, une photo. La question utile n’est pas « comment percer ce point ». C’est de savoir s’il s’agit d’une glande normale, d’une ampoule de lactation, ou d’une peau de mamelon qui doit être biopsiée.

Sources

  1. Milk Bleb: Blister, Causes, Symptoms & Treatment. Cleveland Clinic, 25 janvier 2024.
  2. Montgomery Glands: What They Are & Function During Pregnancy. Cleveland Clinic, 10 février 2026.
  3. Mitchell KB, Johnson HM, Rodríguez JM et al. : Academy of Breastfeeding Medicine Clinical Protocol #36: The Mastitis Spectrum, Revised 2022. Breastfeeding Medicine, mai 2022.
  4. Mastitis – NHS. National Health Service, 17 mars 2023.
  5. Herpes Simplex Virus and Breastfeeding. Centers for Disease Control and Prevention, 23 septembre 2025.
  6. Paget Disease of the Breast. National Cancer Institute, 2 décembre 2025.
  7. Paget’s disease of the breast – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 12 septembre 2025.
  8. Lactation and nipple problems. DermNet, juillet 2021.
  9. Vitiligo – Dermatology – Merck Manual Professional Edition. Merck Manual, août 2024.
  10. Betts RC, Johnson HM, Eglash A et al. : It’s Not Yeast: Retrospective Cohort Study of Lactating Women with Persistent Nipple and Breast Pain. Breastfeeding Medicine, avril 2021.
  11. Mitchell KB, Johnson HM : Breast Pathology That Contributes to Dysfunction of Human Lactation: a Spotlight on Nipple Blebs. Journal of Mammary Gland Biology and Neoplasia, juin 2020.
  12. Paget’s disease of the nipple – NHS. National Health Service, 6 avril 2023.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.