
Le gombo, fruit d’Abelmoschus esculentus vendu comme légume, est pauvre en énergie et relativement riche en fibres et en vitamine K. Pour 100 g de gousses crues, la fiche USDA SR Legacy 169260, reprise par Medical News Today en décembre 2025, indique 33 kcal, 3,2 g de fibres, 31,3 µg de vitamine K et 60 µg de folates.
Ce n’est pas une solanacée. Classé parmi les Malvacées, comme le cacao, par la Cleveland Clinic en 2026, il n’expose pas, à portion ordinaire, à la solanine des morelles. Les extraits et poudres testés chez des adultes prédiabétiques ou diabétiques de type 2 ont, eux, fait l’objet de méta-analyses en 2023 et 2024, distinctes d’une garniture de sauce.
Neuf essais randomisés, synthétisés en décembre 2024 dans Frontiers in Nutrition, ont observé une baisse moyenne d’environ 40 mg/dL de glucose à jeun et d’environ 0,5 point d’hémoglobine glyquée (HbA1c). Cent grammes crus couvrent un peu plus du tiers de l’apport adéquat féminin en vitamine K aux États-Unis (90 µg). Les 400 µg d’acide folique demandés par les CDC pour limiter les anomalies du tube neural ne se trouvent pas dans le légume.
Qu’est-ce que le gombo ?
Le gombo est le fruit immature d’une plante tropicale de la famille des Malvacées, consommé comme légume, à la saveur douce et un peu herbacée. En France, on dit surtout gombo, parfois doigts de dame ; « okra » reste un nom anglais, et « gumbo » désigne plutôt un ragoût du sud des États-Unis qui peut en contenir.
La gousse, pentagonale, porte un duvet fin et des graines comestibles. Coupée ou chauffée, elle libère un gel visqueux, le mucilage, mélange de fibres solubles de type pectine. Ce gel épaissit sauces et soupes ; il agace aussi les palais qui n’aiment pas le filant. Il existe des variétés vertes et rouges ; la Cleveland Clinic note que la couleur rouge pâlit à la cuisson.
Kwok et coll. (2025) situent l’origine en Afrique et la culture actuelle dans les tropiques, l’Asie, les Amériques et les zones chaudes d’Europe. Feuilles et graines existent dans certaines cuisines ; les tables nutritionnelles portent presque toujours sur la gousse immature. En France, on le trouve frais l’été, sinon surgelé nature. Sauces d’Afrique de l’Ouest, currys et ragoûts créoles l’emploient ; la friture n’est pas le geste que les sources nutritionnelles mettent en avant.

Que contient 100 g de gombo cru ?
Pour 100 g de gombo cru, la base USDA (enregistrement 169260, 2019) décrit un aliment très aqueux, à 33 kcal, 1,93 g de protéines, 0,19 g de lipides, 7,45 g de glucides, 3,2 g de fibres et 1,48 g de sucres. Le sodium reste bas (7 mg), le potassium à 299 mg, le magnésium à 57 mg et le calcium à 82 mg.
Côté vitamines, la même fiche donne 31,3 µg de phylloquinone (vitamine K), 23 mg de vitamine C, 60 µg de folates alimentaires, 0,2 mg de thiamine, 0,215 mg de vitamine B6 et 36 µg d’équivalent rétinol de vitamine A, avec 0,788 mg de manganèse. Medical News Today relie ces chiffres à une tasse d’environ 100 g, soit un ordre de grandeur d’une portion généreuse plutôt que d’une simple garniture.
La Cleveland Clinic, en juin 2026, publie des valeurs pour une demi-tasse cuite, utiles pour comparer mais distinctes du cru. Elle indique environ 2 g de fibres, 32 µg de vitamine K, 13 mg de vitamine C et 8 µg de folates pour ce volume. Les deux colonnes ne se recouvrent pas gramme pour gramme, parce que l’eau, le sel de cuisson et le poids de la portion changent.
| Nutriment | Teneur pour 100 g cru | Unité |
|---|---|---|
| Énergie | 33 | kcal |
| Protéines | 1,93 | g |
| Lipides | 0,19 | g |
| Glucides | 7,45 | g |
| Fibres | 3,2 | g |
| Sucres | 1,48 | g |
| Vitamine K | 31,3 | µg |
| Folates | 60 | µg |
| Vitamine C | 23 | mg |
| Potassium | 299 | mg |
Un objectif fibre souvent cité aux États-Unis tourne autour de 28 g par jour, d’après un article de l’American Heart Association (2022) qui reprend Joanne Slavin ; 3,2 g dans 100 g de gombo cru n’en sont qu’une fraction. L’apport adéquat en vitamine K fixé par le Food and Nutrition Board, repris par le NIH ODS, est de 90 µg par jour chez la femme adulte et de 120 µg chez l’homme. Le gombo contribue, il ne « couvre » pas à lui seul ces cibles.
La revue de 2025 cite aussi des polyphénols, dont des dérivés de quercétine. Ce sont des constituants mesurés en laboratoire, pas la preuve qu’une poêlée prévient une maladie. La densité du légume tient surtout à l’eau, aux fibres et à quelques micronutriments, pour un coût calorique bas.
Le gombo fait-il baisser la glycémie ?
Des préparations de gombo ont abaissé la glycémie à jeun dans plusieurs essais chez des adultes prédiabétiques ou diabétiques de type 2, sans remplacer un médicament. L’ampleur du signal dépend de l’année de la synthèse, du nombre d’essais et, surtout, de la forme utilisée, souvent une poudre en gélules plutôt que des gousses dans l’assiette.
En avril 2023, Mokgalaboni, Lebelo et coll. ont regroupé huit études (331 personnes) dans Frontiers in Pharmacology. Le glucose à jeun baissait en moyenne de 14,63 mg/dL par rapport au placebo ; l’HbA1c, elle, ne différait pas de façon significative (différence moyenne 0,01 %). Les auteurs jugeaient la certitude modérée pour le glucose à jeun et signalaient l’hétérogénéité des extraits, des doses et des durées.
En décembre 2024, Bahari et coll. ont élargi le fichier à neuf essais randomisés, recherche menée jusqu’en mai 2024. Ils rapportent une baisse moyenne du glucose à jeun de 39,58 mg/dL (intervalle de confiance 95 % −61,60 à −17,56) et de l’HbA1c d’environ 0,5 point (intervalle −0,8 à −0,1 dans l’analyse détaillée). Cholestérol total et LDL diminuaient aussi ; triglycérides, HDL, insuline, indice d’insulinorésistance HOMA-IR, tension et poids ne bougeaient pas de façon nette dans l’effet global. La certitude GRADE du glucose à jeun était basse, à cause de l’incohérence entre essais.
Les deux synthèses ne s’annulent pas. La plus récente ajoute des essais et un signal d’HbA1c, avec une certitude encore limitée. Kwok et coll. (2025) rappellent que les protocoles tournent souvent autour de 1 000 mg de poudre, parfois plusieurs fois par jour, ou près de 3 g par jour. Une poêlée de gousses n’équivaut pas à ces doses.
Chez le rat, une fraction hydrosoluble donnée en même temps que la metformine a presque annulé l’effet du médicament, toujours d’après cette revue. L’essai de Saatchi et coll. (2022), chez des patients déjà sous antidiabétiques oraux, n’a pas signalé d’interaction clinique avec 1 000 mg toutes les six heures pendant huit semaines. On n’improvise donc pas une « cure » de mucilage le jour de la prise, et on signale un changement franc de portions.
Rien n’autorise à baisser un traitement prescrit. Le gombo peut entrer dans une assiette de légumes ; le suivi de la glycémie reste celui que votre équipe a fixé.
Fibres, cholestérol et santé cardiovasculaire
Le gombo s’inscrit dans une alimentation riche en légumes, dont l’American Heart Association a réaffirmé l’intérêt cardiovasculaire dans sa déclaration scientifique de 2021. Lichtenstein, Appel, Vadiveloo et coll. demandent de manger beaucoup de fruits et légumes, sous formes variées, plutôt que de chasser un aliment miracle. Les fibres des végétaux sont liées, dans cette synthèse, à un risque plus bas de syndrome métabolique et de maladie cardiovasculaire.
Le mucilage appartient aux fibres visqueuses. Sur le plan mécanique, un gel peut entraver une partie de l’absorption du cholestérol et des acides biliaires dans l’intestin ; c’est un mécanisme discuté pour plusieurs pectines, pas une démonstration propre au gombo chez l’humain. Les chiffres les plus concrets restent ceux de Bahari et coll. (2024) ; cholestérol total −14,4 mg/dL et LDL −7,9 mg/dL en moyenne dans les bras « gombo » par rapport aux témoins, avec une certitude GRADE élevée pour ces deux lipides, sur un petit nombre d’essais.
La même méta-analyse n’a pas montré d’effet global sur les triglycérides ni sur le HDL, sauf dans des sous-groupes (poudre ≤ 3 000 mg/jour, certaines durées). Un sous-groupe n’est pas une posologie maison. La Cleveland Clinic relie ces baisses à une consommation quotidienne dans ces essais, tout en parlant d’un légume dans un régime déjà orienté cœur, pas d’un substitut aux statines.
Beaucoup d’adultes américains restent près de 14 g de fibres alors que 28 g sont souvent cités, d’après l’AHA (2022). Le repère français n’est pas dans ces pages ; 3,2 g pour 100 g de gombo cru ne pèsent que si le reste de la journée est déjà végétal. La Cleveland Clinic juge la friture moins intéressante sur le plan lipidique que la poêlée, le rôti ou le ragoût à la tomate.
Folates, grossesse et vitamine K
Le gombo apporte des folates alimentaires, pas l’acide folique des comprimés, et 100 g cru (60 µg) restent loin des 400 µg d’acide folique demandés par les CDC. Les CDC, page mise à jour le 18 septembre 2026, recommandent 400 µg d’acide folique par jour à toute personne susceptible d’être enceinte, parce que cette forme a fait la preuve, dans des essais, d’une baisse des anomalies du tube neural (spina bifida, anencéphalie). Les folates des légumes aident le statut global ; ils ne remplacent pas le complément.
Le NIH ODS (fiche folate, 2022) fixe 400 µg d’équivalents folates alimentaires chez l’adulte, 600 µg pendant la grossesse et 500 µg pendant l’allaitement. L’acide folique des aliments enrichis et des comprimés est mieux absorbé que le folate natif, d’où la formule américaine de 400 µg d’acide folique en plus d’une alimentation variée. En France, le schéma (comprimé, dose, moment) est celui que votre médecin ou votre pharmacien applique.
La vitamine K du gombo sert d’abord aux facteurs de coagulation II, VII, IX et X, et le NIH ODS y ajoute des protéines osseuses et vasculaires. L’apport adéquat adulte est de 90 µg chez la femme et 120 µg chez l’homme. La Cleveland Clinic relie calcium et vitamine K au renouvellement osseux ; les essais sur la fracture portent surtout sur la vitamine K2 des aliments fermentés, pas sur la phylloquinone d’une gousse.
Pendant la grossesse, le gombo reste un légume possible, cuit jusqu’à tendreté. La question utile porte sur le comprimé d’acide folique, commencé si possible avant la conception, et sur d’éventuels anticoagulants, plus que sur le nombre de gousses. Sous warfarine ou acénocoumarol, AVK encore prescrits en Europe selon le NIH ODS, la vitamine K n’est pas un poison, c’est une variable à tenir stable.
Pourquoi le gombo est-il gluant ?
Le filant vient du mucilage, un gel de polysaccharides qui se libère dès que les parois cellulaires rencontrent l’eau ou la chaleur. Ce n’est pas une altération ; c’est la fibre soluble du fruit, proche des pectines, que la Cleveland Clinic décrit aussi comme un prébiotique susceptible de nourrir une partie du microbiote.
Deux cuisines opposées en tirent parti. Pour une sauce, on coupe et on mijote ; le gel lie le plat, usage des sauces gombo d’Afrique de l’Ouest et du gumbo louisianais. Pour une texture nette, on saisit les gousses entières à feu vif et on ajoute un acide (tomate, citron) en fin de cuisson. Medical News Today conseille de cuire vite les gousses entières si le visqueux déplaît. Les graines se mangent ; les laver seulement au moment de tailler limite le contact avec l’eau.
L’« eau de gombo » (gousses infusées 8 à 24 heures) a gagné les réseaux. MD Anderson (avril 2026) juge les allégations anecdotiques. Le liquide emporte surtout la fibre soluble et laisse la fibre insoluble des parois, alors que les deux types aident le transit. Boire ce gel n’équivaut pas à manger le légume. Chez les personnes sensibles aux fructanes, gaz et ballonnements peuvent suivre ; réduire la portion ou éviter l’infusion suffit souvent.

Le gombo a-t-il un effet anticancer ?
Aucune donnée humaine n’établit que manger du gombo prévient ou traite un cancer. Une lectine purifiée de graines (AEL) a inhibé de 63 % la croissance de cellules MCF7 de cancer du sein en culture, et la mort cellulaire observée passait surtout par l’apoptose (72 % des événements), d’après le travail de Monte et coll. (2014) résumé dans la revue Foods de 2025. C’est une protéine isolée, en boîte de Petri, pas une poêlée.
Kwok et coll. classent ces résultats parmi des effets précliniques et notent que les études liant la consommation alimentaire à une moindre progression tumorale restent rares. Traduire 63 % et 72 % en « le gombo soigne le cancer du sein » est un saut de catégorie.
La Cleveland Clinic rappelle qu’un apport élevé en fibres est associé à un risque plus bas de cancer colorectal ; une demi-tasse cuite n’apporte que 2 g, donc un appoint parmi d’autres végétaux. Une portion de gombo n’entre pas dans les doses d’acide folique discutées par l’ODS pour d’autres questions de cancer. Le légume peut rester dans l’assiette pendant un traitement oncologique ; il n’en devient pas une thérapie. Toute poudre concentrée se discute avec l’oncologue, à cause de la vitamine K et des fibres visqueuses.
Comment choisir, conserver et cuisiner le gombo
Les gousses fermes, d’un vert ou d’un rouge franc, sans bouts ramollis ni taches brunes, sont celles à retenir. Medical News Today écarte les gousses flétries ou noircies aux extrémités et conseille de les garder au sec, trois à quatre jours, sac papier ou plastique. L’université du Massachusetts parle d’un sac en papier, non lavé, jusqu’à trois jours. Au-delà, le légume ramollit.
On le lave juste avant de le tailler, puis on l’essuie. Le pédoncule se coupe sans ouvrir la gousse si l’on veut moins de gel. Huit gousses d’environ 8 cm, ou une demi-tasse, correspondent à une portion dans la fiche UMass. La Cleveland Clinic préfère le frais et le surgelé nature aux conserves souvent plus salées.
Quelques gestes de cuisine, chacun une phrase complète, suffisent à orienter la texture.
- Une saisie à feu vif, au four ou au grill, limite le filant et dore un peu la peau.
- Un mijotage avec tomates, oignons et épices profite du mucilage pour lier une sauce sans farine.
- Un trempage court dans un milieu acide, citron ou vinaigre, avant une poêlée, réduit souvent le côté baveux.
- Les graines grillées puis moulues ont servi de succédané de café, sans caféine, dans certaines régions.
- Une friture profonde ajoute beaucoup de matière grasse, loin d’un objectif lipidique.
Ajouté en fin de cuisson d’un ragoût, il épaissit sans se défaire. Pour un jeune enfant, une cuisson jusqu’à tendreté puis des morceaux adaptés suffisent. Aucune de ces sources n’impose une dose quotidienne ; l’intérêt reste celui d’un légume de plus dans la semaine.
Warfarine, oxalates et digestion
Trois précautions reviennent, d’inégale solidité. La vitamine K concerne les anticoagulants de type AVK, les oxalates les personnes sujettes aux calculs, et les fermentescibles les intestins irritables. Aucune n’interdit le légume à la population générale.
Sous warfarine, acénocoumarol ou molécules proches, le NIH ODS (fiche mise à jour le 22 octobre 2026) demande un apport de vitamine K stable, parce qu’un à-coup peut monter ou baisser l’INR. La Mayo Clinic (4 juin 2024) fixe les apports de référence à 90 µg par jour chez la femme et 120 µg chez l’homme, et liste surtout les feuilles vertes très riches (épinards, kale, blettes). Le gombo, à 31 µg les 100 g crus ou 32 µg la demi-tasse cuite, se situe plutôt dans un registre moyen. L’erreur n’est pas d’en manger, c’est d’en manger beaucoup une semaine et plus du tout la suivante. Les anticoagulants oraux directs ne suivent pas la même logique vitamine K ; le pharmacien départage les classes.
Les oxalates sont l’autre dossier. La Cleveland Clinic classe le gombo parmi les aliments riches, avec 56 mg pour une demi-tasse cuite, et conseille de limiter si vous formez des calculs. Le NIDDK (dernière revue en 2017) cite, pour les calculs d’oxalate de calcium, épinards, rhubarbe, noix, arachides et son de blé, sans nommer le gombo. Une étude ancienne de Brinkley, Gregory et Pak (1990) a trouvé 264 mg d’oxalate dans une grosse portion, mais seulement 0,28 mg biodisponible chez neuf adultes sains ; la teneur brute ne préjuge pas de l’oxalurie. En cas d’antécédent, c’est la liste de votre néphrologue ou de votre diététicien qui prime, avec l’eau, le sodium et le calcium alimentaire, bien plus que l’éviction d’un seul légume.
Les fructanes, signalés par MD Anderson, peuvent fermenter. Une montée brutale de fibres donne aussi gaz et ballonnements, même sans FODMAP particuliers, ce que la Cleveland Clinic décrit pour le gombo. On élève les portions sur plusieurs jours, on boit, on cuit. Une douleur lombaire en colique, une hématurie ou une fièvre ne se règlent pas au régime ; elles relèvent des urgences.
| Situation | Point établi | Conduite d’après les sources |
|---|---|---|
| AVK (warfarine, acénocoumarol) | La vitamine K antagonise l’effet des AVK (NIH ODS, 2026) | Garder des portions régulières ; prévenir l’équipe avant un changement franc (Mayo, 2024) |
| Calculs d’oxalate de calcium | 56 mg d’oxalates par 1/2 tasse cuite (Cleveland Clinic, 2026) | Suivre la liste individuelle ; le NIDDK ne cite pas le gombo dans son noyau d’aliments |
| Intestin irritable, gaz | Fructanes et fibres visqueuses (MD Anderson, 2026) | Réduire la portion ou l’eau de gombo si l’inconfort monte |
| Diabète traité | Poudres actives sur le glucose dans des essais 2023-2024 | Ne pas remplacer le traitement ; signaler un changement alimentaire net |
La « solanine » parfois invoquée pour des douleurs articulaires ne repose, pour ce fruit de Malvacées, sur aucune des sources cliniques relues ici. Confondre gombo et tomate ou pomme de terre est une erreur de botanique, pas une contre-indication.
Gombo et traitements : quand voir un médecin
Voyez votre médecin traitant ou votre pharmacien avant d’avaler des gélules de poudre ou un « jus » concentré si vous prenez un AVK, un antidiabétique, ou si vous avez déjà fait des calculs. Un légume dans l’assiette n’a pas le même statut qu’un complément à 1 à 4 g par jour, calibre fréquent des essais repris par Kwok et coll. (2025).
Un saignement inhabituel, des hématomes étendus, des selles noires ou des urines rouges sous AVK, une faiblesse brutale d’un côté, une parole brouillée ou une douleur thoracique relèvent du 15 ou du 112. Une colique néphrétique fébrile ou une impossibilité d’uriner relèvent aussi de ces numéros. Le légume n’est alors qu’un détail d’anamnèse.
Trois questions aident le rendez-vous. Quelle est ma cible d’INR et mes portions habituelles de légumes verts ? Ma dernière HbA1c reste-t-elle stable si j’ajoute une poudre ? Ai-je une consigne écrite sur les oxalates ? En cas de vomissements répétés ou de diarrhée prolongée sous AVK, la Mayo Clinic demande d’appeler l’équipe, parce qu’une alimentation instable dérègle l’INR autant qu’un changement de menu.
Questions fréquentes
Peut-on manger le gombo cru ?
Oui, les gousses jeunes et fermes se mangent crues, en salade, une fois lavées. Le mucilage y est déjà présent, plus discret que dans un long mijotage. La vitamine C tient mieux à cru ; la tolérance digestive, elle, est souvent meilleure après une cuisson courte.
L’eau de gombo a-t-elle les mêmes effets que le légume ?
Non. MD Anderson souligne que les bienfaits prêtés à cette infusion restent anecdotiques, et que le liquide n’emporte pas la fibre insoluble des parois. Vous absorbez surtout un gel sucré-visqueux, plus les mêmes précautions vitamine K, oxalates et fructanes. Manger la gousse reste l’usage le mieux étayé.
Le gombo convient-il en cas de calculs rénaux ?
Pas automatiquement. La Cleveland Clinic le classe riche en oxalates (56 mg par demi-tasse cuite), alors que le NIDDK ne le met pas dans sa liste courte. Brinkley et coll. (1990) ont même mesuré une biodisponibilité très basse chez des adultes sains. La conduite se décide sur votre type de calcul et la liste remise par l’équipe, pas sur un interdit universel.
Faut-il couper le gombo avant de le cuire ?
Seulement si vous voulez du gel. Couper multiplie les surfaces et libère le mucilage, utile pour lier une sauce. Les gousses entières, saisies vite, restent plus nettes. Le pédoncule se rabat sans ouvrir le fruit si vous cherchez moins de filant.
Les graines de gombo se mangent-elles ?
Oui. La Cleveland Clinic indique qu’il est inutile de les retirer. Elles apportent une part des fibres et des protéines de la gousse. Grillées et moulues, elles ont servi de boisson type café dans certaines régions, sans caféine ; ce n’est ni un médicament ni un substitut nutritionnel complet.
Une portion de gombo suffit-elle à couvrir les besoins en folates ?
Non. Cent grammes crus fournissent 60 µg de folates alimentaires, loin des 400 µg d’acide folique retenus par les CDC pour la prévention des anomalies du tube neural. Le légume compte dans une alimentation variée ; le comprimé, lui, reste le geste de prévention documenté, selon le schéma que votre médecin vous aura indiqué.
Conclusion
Le gombo mérite sa place dans une assiette de légumes ; 33 kcal, 3,2 g de fibres et 31 µg de vitamine K pour 100 g cru, un mucilage qui lie les sauces, et des essais 2023-2024 qui, sur des poudres, dessinent un signal glycémique encore fragile. Il ne soigne pas un cancer, ne remplace pas 400 µg d’acide folique, et n’est pas une solanacée.
Le point de vigilance, c’est le contexte. Sous AVK, on stabilise les portions plutôt qu’on les bannit. Après des calculs d’oxalate, on suit la liste écrite. Avec un diabète traité, on n’empile pas les gélules d’extrait sans le dire, surtout le jour de la metformine. Si vous n’en avez jamais mangé, une poêlée courte ou un ragoût à la tomate, gousses fermes ou surgelé nature, suffit pour tester la texture. Au cabinet, demandez si votre liste (INR, oxalates, FODMAP) doit citer le gombo nommément. C’est une affaire de portion et de régularité.
Sources
- Okra: What It Is, Benefits and Side Effects. Cleveland Clinic, 3 juin 2026.
- About Folic Acid. Centers for Disease Control and Prevention, 18 septembre 2026.
- Warfarin diet: What foods should I avoid?. Mayo Clinic, 4 juin 2024.
- Mokgalaboni K, Lebelo SL et al. : Okra ameliorates hyperglycaemia in pre-diabetic and type 2 diabetic patients: A systematic review and meta-analysis of the clinical evidence. Frontiers in Pharmacology, 3 avril 2023.
- Bahari H, Shahraki Jazinaki M et al. : The cardiometabolic benefits of okra-based treatment in prediabetes and diabetes: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Frontiers in Nutrition, 12 décembre 2024.
- Kwok CTK, Ng YF et al. : An Overview of the Current Scientific Evidence on the Biological Properties of Abelmoschus esculentus (L.) Moench (Okra). Foods, 8 janvier 2025.
- Vitamin K – Health Professional Fact Sheet. National Institutes of Health Office of Dietary Supplements, 22 octobre 2026.
- Eating, Diet, & Nutrition for Kidney Stones. National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases, mai 2017.
- Ware M : Okra: Nutrition, benefits, and cooking tips. Medical News Today, 18 décembre 2025.
- Lichtenstein AH, Appel LJ et al. : 2021 Dietary Guidance to Improve Cardiovascular Health: A Scientific Statement From the American Heart Association. Circulation, 2 novembre 2021.
- Murphy R : Okra water: Should you be drinking it?. MD Anderson Cancer Center, 9 avril 2026.
- Brinkley LJ, Gregory J, Pak CY : A further study of oxalate bioavailability in foods. The Journal of Urology, juillet 1990.
