Épinards : valeur nutritive, bienfaits et précautions

Épinards : valeur nutritive, bienfaits et précautions

L’épinard (Spinacia oleracea) est un légume-feuille pauvre en calories et dense en vitamine K, en folates, en caroténoïdes et en nitrates alimentaires. Il peut enrichir une alimentation déjà riche en légumes, mais il ne soigne ni le diabète, ni le cancer, ni l’asthme à lui seul, et son fer végétal s’absorbe mal.

Le dessin animé a longtemps fait passer ce légume pour une source exceptionnelle de fer. Une portion de 100 g crus fournit pourtant 23 kcal et environ 2,7 mg de fer, d’après le profil nutritionnel repris par la Cleveland Clinic, alors que l’Office of Dietary Supplements des NIH souligne une biodisponibilité basse à cause des polyphénols. L’acide alpha-lipoïque, souvent invoqué pour le glucose, n’atteint pas dans l’assiette les doses des essais de compléments.

Une tasse de feuilles crues apporte 145 µg de vitamine K, soit davantage que l’apport adéquat quotidien retenu pour les adultes aux États-Unis. Une demi-tasse cuite fournit 3 mg de fer, 131 µg de folates et 123 mg de calcium, dont seulement 5 % environ sont absorbés. Les personnes sous warfarine, celles qui forment des calculs d’oxalate de calcium et celles dont les reins retiennent le potassium ont des consignes particulières, détaillées plus bas.

Ce que 100 g d’épinards apportent vraiment

Pour 100 g de feuilles crues, le profil le plus souvent cité à partir des tables USDA est celui-ci, tel que le résume la Cleveland Clinic en 2024. On y trouve 23 kcal, environ 3 g de protéines, 3,6 g de glucides, près de 2 g de fibres, 483 µg de vitamine K, 469 µg d’équivalent rétinol de vitamine A, 194 µg de folates, 28 mg de vitamine C, 79 mg de magnésium, 2,7 mg de fer et 558 mg de potassium. Ce n’est pas un aliment « miracle ». C’est un légume très peu calorique qui concentre plusieurs micronutriments à la fois.

Les portions du quotidien ne pèsent pas 100 g. Une tasse de feuilles crues pèse près de 30 g. Les fiches professionnelles des NIH donnent donc des teneurs par portion réelle, plus utiles pour comparer un saladier et une poêlée. Une tasse crue fournit 145 µg de phylloquinone (vitamine K1), soit 121 % de la valeur quotidienne américaine de 120 µg. Une demi-tasse bouillie et égouttée apporte 3 mg de fer (17 % de la valeur quotidienne de 18 mg) et 131 µg d’équivalent folate alimentaire. Deux tasses crues n’apportent que 334 mg de potassium, loin de l’objectif élevé du plan DASH.

Le tableau ci-dessous rassemble des portions NIH, pas des pourcentages français, que le médecin ou le pharmacien saura relier aux références locales.

Nutriment Portion (NIH ODS) Teneur Repère FDA (valeur quotidienne)
Vitamine K (phylloquinone) 1 tasse crue 145 µg 121 %
Folates ½ tasse bouillie 131 µg EFA 33 %
Folates 1 tasse crue 58 µg EFA 15 %
Fer ½ tasse bouillie égouttée 3 mg 17 %
Calcium ½ tasse bouillie égouttée 123 mg 9 %
Magnésium ½ tasse bouillie 78 mg 19 %
Potassium 2 tasses crues 334 mg 7 %
Vitamine A ½ tasse surgelée bouillie 573 µg ER 64 %

Ces chiffres ne disent pas ce que l’intestin absorbe. La phylloquinone des feuilles est liée aux chloroplastes. Les NIH estiment que l’organisme n’en retient que 4 à 17 % par rapport à un comprimé. Un filet d’huile améliore un peu cette absorption, sans la porter au niveau d’une huile végétale. Le même écart vaut pour le fer et le calcium, traités plus loin.

Les apports adéquats de vitamine K retenus aux États-Unis sont de 90 µg par jour chez la femme et de 120 µg chez l’homme à partir de 19 ans. Une tasse crue dépasse déjà ces ordres de grandeur. Cela explique à la fois l’intérêt du légume dans un régime varié et la vigilance demandée si un anticoagulant antagonise précisément cette vitamine.

feuilles d'épinard fraîches et nutritives

Cru, cuit ou surgelé, ce qui change dans l’assiette

Les deux formes restent utiles. La cuisson réduit fortement le volume des feuilles, donc une assiette cuite correspond à davantage de matière première qu’une poignée crue. D’après la diététicienne citée par la Cleveland Clinic, la version cuite concentre davantage de calcium, de vitamine A, de caroténoïdes, de fer, de protéines et de zinc par portion consommée. La version crue conserve davantage de folates, de lutéine et de vitamine C, plus sensibles à la chaleur.

Le surgelé n’est pas un produit « pauvre ». Les feuilles sont en général blanchies peu après la récolte. Une demi-tasse d’épinards surgelés bouillis reste une source élevée de vitamine A (573 µg d’équivalent rétinol dans la fiche NIH). Pour le plan DASH, une portion de légumes verts feuilles vaut 1 tasse crue ; une demi-tasse de légumes cuits compte aussi pour une portion. Une poêlée d’épinards tombés pèse donc davantage qu’une mince couche dans un sandwich.

La matière grasse du repas change le sort des caroténoïdes. Vitamine A, lutéine et zéaxanthine sont liposolubles. Un filet d’huile d’olive, des noix ou un poisson gras dans le même plat aide l’absorption, point souligné par la Cleveland Clinic. À l’inverse, un smoothie uniquement aqueux laisse ces pigments moins disponibles.

Quelques choix concrets, sans hiérarchie morale entre cru et cuit.

  • Une salade de jeunes pousses garde vitamine C et folates, au prix d’un volume important pour peu de potassium.
  • Une poêlée courte avec un peu d’huile augmente la densité en vitamine A, en fer et en calcium par assiette.
  • Un sachet surgelé nature, sans crème ni sel ajouté, reste une option de semaine fidèle aux tables USDA.
  • L’eau de cuisson emporte une partie des composés hydrosolubles, folates compris, si l’on égoutte les feuilles.

Le vrai levier n’est pas le mode de cuisson. C’est la régularité dans une assiette déjà riche en légumes de couleurs différentes, plutôt qu’une portion exceptionnelle un soir de « détox ».

Fer et calcium, une richesse en trompe-l’œil

L’épinard contient du fer, ce n’est pas une légende. Une demi-tasse bouillie et égouttée en apporte 3 mg, autant que la même portion de lentilles dans le tableau des NIH. Ce fer est non héminique. Les mêmes fiches rappellent qu’une alimentation mixte riche en viande, poisson et vitamine C en absorbe environ 14 à 18 %, contre 5 à 12 % pour un régime végétarien. Les épinards figurent parmi les végétaux dont la biodisponibilité est basse, à cause de polyphénols qui freinent l’absorption.

La vitamine C du repas peut améliorer ce passage. Un filet de citron, des tomates ou un poivron dans le même plat va dans ce sens, toujours d’après les NIH. Le calcium du repas, lui, peut réduire l’absorption du fer héminique comme du non héminique. Ce n’est pas une raison d’éliminer les laitages. C’est une raison de ne pas compter sur les épinards seuls pour corriger une anémie. Un dosage de ferritine, prescrit par le médecin, dit si un déficit existe. Le légume n’en tient pas lieu.

Le calcium pose un écart plus net encore. Une demi-tasse cuite affiche 123 mg, soit 9 % de la valeur quotidienne américaine. Les NIH précisent que seulement 5 % environ de ce calcium sont absorbés, contre 27 % pour le lait. L’acide oxalique forme des sels peu digestibles. Le brocoli, le chou et le chou frisé, moins riches en oxalate, ont une biodisponibilité proche de celle du lait, même si la quantité par portion est plus faible. Dans une alimentation variée, cet effet a peu de conséquences pour la plupart des gens. Il en a pour qui cherche du calcium dans les feuilles d’épinard comme on en cherche dans un yaourt.

L’image du marin aux biceps d’acier mélange donc une teneur réelle et une absorption médiocre. Pour une personne qui mange peu de viande, lentilles, tofu, haricots et céréales enrichies restent des apports plus prévisibles. L’épinard complète. Il ne porte pas à lui seul le statut en fer.

Pression artérielle, nitrates et plan DASH

Les épinards peuvent participer à une baisse de la pression artérielle dans le cadre d’un régime riche en légumes, pas comme un comprimé vert. Ils apportent du potassium, du magnésium, des folates et des nitrates alimentaires, qui alimentent la voie nitrate-nitrite-monoxyde d’azote. Le plan DASH du National Heart, Lung, and Blood Institute vise 4 à 5 portions de légumes par jour pour un apport de 2 000 kcal, avec un sodium limité à 2 300 mg, 1 500 mg abaissant encore davantage la pression.

Les essais sur l’épinard lui-même sont petits et courts. Un essai croisé de 2012 chez 30 adultes en bonne santé a montré qu’un repas riche en épinards élevait le statut en monoxyde d’azote, améliorait la dilatation artérielle médiée par le flux et abaissait la pression systolique, sans effet net sur la diastolique. En 2015, une équipe de Toronto a comparé pendant sept jours, chez 27 adultes, une soupe d’épinards (environ 845 mg de nitrate par jour) à une soupe d’asperges très pauvre en nitrate. La soupe d’épinards a réduit la pression systolique centrale d’environ 3 mmHg et la pression brachiale d’un ordre de grandeur voisin, après une semaine.

Ces chiffres ne se transposent pas tels quels à l’hypertension installée. Un essai australien de la même année, chez des personnes à pression haute-normale, a testé un régime de sept jours enrichi en verdure nitrate (objectif d’au moins 300 mg de nitrate par jour, en pratique près de 400 mg). La pression ambulatoire, la pression au domicile et la rigidité artérielle n’ont pas différé du régime pauvre en nitrate. Un effet aigu existe chez des volontaires sains. Il n’est pas démontré comme stratégie de sept jours chez ceux qui approchent déjà le seuil de l’hypertension.

Le potassium des feuilles aide les reins à éliminer le sodium, mécanisme rappelé par la Cleveland Clinic. Deux tasses crues n’apportent pourtant que 334 mg, une fraction modeste d’un objectif alimentaire élevé. La pomme de terre, le yaourt, les haricots blancs et de nombreux fruits pèsent davantage sur ce poste. L’épinard compte surtout comme verdure du plan DASH, aux côtés d’autres légumes, de fruits, de produits laitiers maigres et d’une réduction du sel, plutôt que comme « aliment anti-hypertension » isolé.

Cœur et cancer, ce que montrent les revues

Aucun essai n’a montré que l’épinard, à lui seul, prévient un infarctus ou un cancer. Les données solides portent sur les fruits et légumes en tant que groupe. Une méta-analyse de 2017 (95 études prospectives) a estimé, pour chaque 200 g par jour de fruits et légumes combinés, un risque relatif de 0,92 pour la maladie coronaire, 0,84 pour l’accident vasculaire cérébral, 0,92 pour les maladies cardiovasculaires, 0,97 pour l’ensemble des cancers et 0,90 pour la mortalité toutes causes. Les baisses se poursuivaient jusqu’à environ 800 g par jour, sauf pour le cancer, où le plateau se situait plutôt vers 600 g.

Le World Cancer Research Fund recommande au moins 400 g par jour d’une variété de légumes non féculents et de fruits, soit cinq portions. Les feuilles vertes, épinards compris, font partie des légumes non féculents. Le rapport classe comme « probable » la protection d’un tel régime contre plusieurs cancers des voies aérodigestives. L’American Institute for Cancer Research, qui reprend le même corpus, range l’épinard dans cette logique de motif alimentaire. Les liens plus étroits avec un cancer particulier (sein RH-négatif, poumon via les caroténoïdes, côlon via la vitamine C) restent au niveau « limité, suggestif ».

La chlorophylle qui « bloquerait » les amines hétérocycliques de la viande grillée relève surtout de travaux de laboratoire et d’animaux. Ce n’est pas une recommandation clinique. Le fil conducteur reste la dose totale de végétaux. Quatre cents grammes de verdure, de carottes, de légumineuses et de fruits pèsent davantage qu’une poignée d’épinards posée sur un plat déjà pauvre en fibres.

Vitamine K, os et lutéine pour les yeux

La vitamine K sert de cofacteur à des protéines de la coagulation et à l’ostéocalcine osseuse. Les NIH rappellent que les essais de supplémentation sur la densité minérale et les fractures donnent des résultats contrastés. L’intérêt, pour un lecteur en France, reste celui d’un aliment qui aide à couvrir l’apport, pas celui d’un traitement de l’ostéoporose. Calcium bien absorbé et vitamine D restent les piliers cités par les mêmes fiches. Compter sur une poêlée pour « solidifier le squelette » dépasse les données.

Pour les yeux, l’épinard est l’une des feuilles les plus riches en lutéine et en zéaxanthine, pigments qui s’accumulent dans la macula. Le National Eye Institute indique que l’alimentation, y compris les légumes-feuilles verts et le poisson, fait partie des habitudes associées à un moindre risque de dégénérescence maculaire liée à l’âge, avec l’arrêt du tabac, l’activité physique et le contrôle de la pression et du cholestérol. Les formules AREDS2 sont des compléments dosés, destinés à des stades précis, pas un saladier. Une poêlée contribue à un apport alimentaire de lutéine que beaucoup d’adultes n’atteignent pas. Elle n’équivaut pas à ces gélules.

La vitamine A préformée est absente des feuilles. L’organisme convertit le bêta-carotène. Une demi-tasse d’épinards surgelés bouillis fournit 573 µg d’équivalent rétinol, 64 % de la valeur quotidienne américaine. C’est un apport réel pour la vision crépusculaire et le renouvellement des épithéliums, sans promesse sur les cheveux ou le sébum.

soupe crémeuse aux épinards

Diabète et acide alpha-lipoïque, ce que les essais mesurent

L’épinard n’est pas un traitement du diabète. L’idée vient d’une confusion entre l’aliment et l’acide alpha-lipoïque en flacon ou en gélule. Le National Center for Complementary and Integrative Health résume une revue de 2019 portant sur 10 études et 553 participants. L’acide alpha-lipoïque n’y faisait pas mieux que le placebo pour le glucose, le cholestérol ou les triglycérides. Les données sur la neuropathie diabétique restent hétérogènes. Une revue de 2022 a trouvé un possible effet sur la douleur. Une autre, la même année, n’a pas montré d’amélioration de la fonction rénale.

Le Linus Pauling Institute (Oregon State University) ajoute un point décisif pour l’assiette. L’acide lipoïque lié aux protéines des aliments n’élève pas, dans les mesures disponibles, l’acide lipoïque libre du plasma. Les compléments à partir de 50 mg, et souvent 600 mg, dépassent d’un facteur voisin de 1 000 ce que l’alimentation peut fournir. L’épinard, le brocoli, le foie et la pomme de terre en contiennent des traces. Ce n’est pas la dose des essais.

Les légumes-feuilles peuvent malgré tout entrer dans la stratégie alimentaire du diabète de type 2, comme le reste des légumes non féculents. Ils apportent du volume, des fibres et peu de calories. Le plan DASH et les recommandations américaines sur les légumes visent un motif alimentaire, pas un nutriment isolé. Un lecteur traité par insuline ou par un antidiabétique oral ajuste ses glucides avec son médecin ou son diététicien. Il ne remplace pas un médicament par une poêlée.

La fibre des feuilles, surtout insoluble, peut aider le transit. Près de 2 g pour 100 g crus, ce n’est pas le blé complet. C’est un appoint, à condition de boire assez et d’augmenter les fibres progressivement si l’intestin est irritable.

Warfarine, calculs et potassium, qui doit adapter

Trois situations demandent un réglage, pas une panique. Les NIH demandent aux personnes sous warfarine (et sous antivitamines K proches, comme le phenprocoumone ou l’acénocoumarol utilisés dans certains pays européens) de garder un apport de vitamine K à peu près stable. Une brusque augmentation peut réduire l’effet anticoagulant. Une brusque diminution peut l’augmenter et faire saigner. Il n’est pas demandé d’éliminer les épinards. Il est demandé d’éviter de passer, sans en parler au prescripteur, d’une portion rare à une poêlée quotidienne, ou l’inverse. Le pharmacien saura relier cette consigne à la molécule réellement prescrite en France.

Les calculs d’oxalate de calcium sont l’autre point net. Le NIDDK range l’épinard, avec la rhubarbe, le son de blé et les fruits à coque, parmi les aliments à limiter après ce type de calcul. Une portion de 50 à 100 g peut apporter de l’ordre de 500 à 1 000 mg d’oxalate alimentaire, charge capable d’élever l’oxalurie. Le même institut insiste sur un calcium alimentaire suffisant au moment des repas, parce que le calcium intestinal capte une partie de l’oxalate. Couper les laitages « pour le calcium des calculs » va souvent dans le mauvais sens. La quantité d’eau, le sodium et les protéines animales pèsent autant, sinon plus, que la feuille verte. Un diététicien formé à la lithiase lit le recueil urinaire des 24 heures avant de construire une liste d’exclusions.

Le potassium devient un sujet si les reins n’éliminent plus assez, ou si certains médicaments (inhibiteurs de l’enzyme de conversion, sartans, suppléments) élèvent la kaliémie. La National Kidney Foundation rappelle qu’une hyperkaliémie brutale avec palpitations, douleur thoracique, essoufflement ou faiblesse musculaire brutale est une urgence. En France, le 15 (SAMU) ou le 112 s’imposent alors. Pour le quotidien, les fruits et légumes restent souvent souhaitables, y compris en maladie rénale, tant que la kaliémie le permet. La restriction ne se décide pas sur un article.

Situation Conduite, d’après les sources citées
Antivitamine K (warfarine et apparentés) Garder des portions comparables d’un jour à l’autre, sans suppression d’office
Calculs d’oxalate de calcium déjà identifiés Limiter l’épinard, garder un calcium alimentaire aux repas, hydratation
Maladie rénale avancée ou kaliémie haute Ajuster avec le néphrologue ou le diététicien, ne pas couper tous les végétaux
Palpitations, douleur thoracique, faiblesse brutale Appeler le 15 ou le 112, surtout si une maladie rénale est déjà connue
Anémie ferriprive suspectée Faire doser le fer, ne pas compter sur l’épinard comme seul traitement

Un malaise isolé après une poêlée n’est pas une urgence. Une douleur lombaire en colique, des nausées et du sang dans les urines justifient un avis médical rapide, le 15 si la douleur est intolérable ou s’accompagne de fièvre.

Quelle place dans les repas de la semaine

Les Dietary Guidelines for Americans, 2020-2025 retiennent, pour 2 000 kcal, 2,5 tasses-équivalent de légumes par jour, dont 1,5 tasse-équivalent de légumes vert foncé sur la semaine. Le plan DASH vise 4 à 5 portions de légumes par jour. Une tasse de feuilles crues compte pour une portion. L’épinard peut occuper une partie de ce quota. Il n’a pas à l’occuper tout entier.

Une poêlée un soir, une poignée dans une omelette un matin et un sachet surgelé dans une soupe suffisent à faire le compte d’une semaine sans transformer chaque plat. La Cleveland Clinic estime la consommation moyenne aux États-Unis à environ 1,5 livre par an, soit près de 680 g. C’est peu au regard des 400 g quotidiens de fruits et légumes non féculents recommandés par le WCRF. Le gisement n’est pas « plus d’épinards à tout prix ». C’est plus de végétaux, dont des feuilles.

Quelques appuis de semaine, à adapter au goût et aux contre-indications ci-dessus.

  • Une poignée crue sous des œufs ou dans des pâtes déjà chaudes fait tomber le volume sans longue cuisson.
  • Des sacs surgelés nature restent utiles si le frais se fane avant d’être mangé.
  • Une source de vitamine C dans le même repas aide lorsque le fer végétal vous intéresse.
  • La même fréquence d’une semaine à l’autre compte si vous prenez une antivitamine K.

Le médecin traitant reste l’interlocuteur si un traitement anticoagulant, une lithiase ou une maladie rénale entre dans le tableau. Le pharmacien peut confirmer si l’anticoagulant prescrit en France se comporte comme la warfarine vis-à-vis de la vitamine K. Ces points aident à poser des questions précises, portions et analyses à l’appui.

Questions fréquentes

Les épinards suffisent-ils à corriger une anémie par manque de fer ?

Non. Une demi-tasse cuite apporte 3 mg de fer non héminique, mal absorbé. Les NIH rappellent que la vitamine C du repas peut aider, sans transformer ce légume en traitement. Un dosage prescrit par le médecin dit si une carence existe et quel fer médicamenteux, le cas échéant, est indiqué.

Peut-on en manger tous les jours si l’on n’a pas de calcul ni d’anticoagulant ?

Oui, dans le cadre d’une alimentation variée. Les guides américains parlent de légumes vert foncé plusieurs fois par semaine, pas d’une unique verdure. Alterner avec d’autres feuilles réduit l’exposition répétée à l’oxalate tout en gardant vitamine K, folates et lutéine.

Les jeunes pousses valent-elles les feuilles plus épaisses ?

Elles se mangent surtout crues, donc avec davantage de vitamine C et de folates par gramme de matière encore « vivante », et moins de densité minérale par assiette. Une poêlée de feuilles adultes pèse plus lourd en fer, calcium et vitamine A. Les deux formes restent des épinards.

Faut-il en manger davantage pendant la grossesse pour les folates ?

Une demi-tasse cuite fournit 131 µg d’équivalent folate, un appoint utile. Les NIH retiennent 600 µg par jour pendant la grossesse, objectif que l’alimentation seule n’atteint pas toujours. La supplémentation en acide folique se discute avec le médecin ou la sage-femme, selon la pratique locale. L’épinard ne la remplace pas.

Un smoothie d’épinards remplace-t-il une portion de légumes ?

Il peut compter dans le volume végétal du jour s’il contient une vraie poignée de feuilles, pas trois brins. Sans matière grasse, lutéine et vitamine A s’absorbent moins. Avec beaucoup de fruit, la charge en sucres libres monte. Une poêlée ou une salade reste plus simple à doser.

Les épinards en bocal ou en conserve gardent-ils un intérêt ?

Ils restent une source de vitamine K, de minéraux et de fibres, souvent plus salés. Le plan DASH pousse vers les versions nature, peu de sodium ajouté. Lire l’étiquette et rincer si besoin rapproche le produit des tables USDA utilisées plus haut.

Conclusion

L’épinard mérite une place dans l’assiette parce qu’il est peu calorique et dense en vitamine K, en folates, en caroténoïdes et en nitrates, pas parce qu’il soignerait le diabète, l’asthme ou le cancer. Les chiffres utiles sont ceux des portions NIH. Une tasse crue dépasse déjà l’apport adéquat de vitamine K. Une demi-tasse cuite apporte 3 mg d’un fer mal absorbé et 123 mg d’un calcium dont 5 % seulement passent la barrière intestinale. Les méta-analyses portent sur 400 à 800 g de fruits et légumes par jour, pas sur une feuille isolée.

Si vous prenez une antivitamine K, notez votre fréquence actuelle d’épinards et demandez au prescripteur avant de la changer. Si vous avez déjà fait un calcul d’oxalate de calcium, parlez de ce légume avec le médecin ou le diététicien plutôt que de l’éliminer au hasard ou de le manger en grandes salades. Une kaliémie haute se discute avec le néphrologue. Pour les autres, une poêlée ou une poignée crue, plusieurs fois dans la semaine, s’inscrit sans peine dans les 4 à 5 portions de légumes du plan DASH.

Le geste le plus utile, à la prochaine course, est d’acheter un sachet que vous mangerez vraiment, frais ou surgelé, et de le croiser avec d’autres légumes. L’épinard fait alors ce qu’un légume-feuille peut faire. Il n’a pas à faire le reste.

Sources

  1. 7 Health Benefits of Spinach. Cleveland Clinic, 16 février 2024.
  2. Vitamin K – Health Professional Fact Sheet. National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements, 22 octobre 2026.
  3. Iron – Health Professional Fact Sheet. National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements, 4 septembre 2025.
  4. Calcium – Health Professional Fact Sheet. National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements, 22 juin 2026.
  5. Folate – Health Professional Fact Sheet. National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements, 30 novembre 2022.
  6. Eating, Diet, & Nutrition for Kidney Stones. National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases, mai 2017.
  7. DASH Eating Plan. National Heart, Lung, and Blood Institute, 25 février 2026.
  8. Eat a diet rich in wholegrains, vegetables, fruit and beans. World Cancer Research Fund, 2018.
  9. Aune D, Giovannucci E, Boffetta P et al. : Fruit and vegetable intake and the risk of cardiovascular disease, total cancer and all-cause mortality—a systematic review and dose-response meta-analysis of prospective studies. International Journal of Epidemiology, 1 juin 2017.
  10. Bondonno CP, Yang X, Croft KD et al. : Flavonoid-rich apples and nitrate-rich spinach augment nitric oxide status and improve endothelial function in healthy men and women: a randomized controlled trial. Free Radical Biology and Medicine, 1er janvier 2012.
  11. Diabetes and Dietary Supplements: What You Need To Know. National Center for Complementary and Integrative Health, novembre 2023.
  12. Dietary Guidelines for Americans, 2020-2025. U.S. Department of Agriculture and U.S. Department of Health and Human Services, décembre 2020.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.