Douleur interne de la cuisse : causes et traitement

Douleur interne de la cuisse : causes et traitement

Une douleur à la face interne de la cuisse vient le plus souvent d’une lésion des muscles adducteurs, ceux qui ramènent la cuisse vers l’axe du corps. D’autres origines, hanche, hernie de l’aine, calcul urinaire ou bassin de grossesse, se distinguent par le contexte, les signes associés et le rythme de la gêne.

Le geste qui la révèle est souvent banal. Écarter les genoux pour monter en voiture, donner un coup de pied, changer de direction en courant ou se retourner dans le lit suffit à réveiller la zone. Dans les cabinets de médecine du sport aux États-Unis, environ une consultation sur dix concerne une douleur de l’aine, d’après la Cleveland Clinic (page de 2023).

L’American Academy of Family Physicians place en 2025 la kinésithérapie active et supervisée en première ligne pour une douleur d’aine liée aux adducteurs. Une cohorte de 2020 à Doha a vu les lésions partielles reprendre l’entraînement collectif en médiane à 18 jours, contre 78 jours pour une rupture complète. Une hernie étranglée, une douleur en vagues avec sang dans les urines ou un testicule douloureux relèvent du 15 ou du 112.

Comment se reconnaît une douleur médiale de cuisse

Le siège et le déclencheur orientent déjà le diagnostic. Une douleur née au moment d’un sprint, d’un écartement brusque ou d’un coup de pied, puis reproduite quand on serre les cuisses, pointe vers les adducteurs. Une gêne profonde à l’aine, plus marquée le matin ou après une station assise, évoque plutôt l’articulation de la hanche. Une boule au pli de l’aine, une douleur en colique avec nausées, ou une irradiation depuis le bas du dos racontent une autre histoire.

La région est étroite. L’aine, le pubis, la hanche, le bas-ventre et le haut de la cuisse se touchent, et les messages douloureux se recouvrent. La Cleveland Clinic décrit un claquage comme un tiraillement ou une déchirure au moment du geste, puis une douleur tenace à l’effort. Une hernie tend à s’aggraver dans la journée, à s’apaiser allongé, et à réveiller la zone à la toux. Une arthrose de hanche donne souvent une douleur sourde, plus forte le matin et le soir, qui cède un peu au mouvement léger et revient à l’effort soutenu.

Raideur, amplitude limitée, gonflement, bleu ou grincement ne sont pas spécifiques, mais ils aident à classer la gêne. La classification de Doha, rappelée par l’AAFP en 2025, sépare chez le sportif quatre entités cliniques (adducteurs, iliopsoas, aine sans hernie palpable, pubis), la douleur de hanche, et les causes non musculosquelettiques. Chez une personne qui ne fait pas de sport, la même grille évite de coller trop vite une étiquette musculaire.

Le médecin palpe l’insertion des adducteurs, fait serrer les genoux contre résistance, teste la hanche, cherche une hernie debout à la toux, et observe la marche. L’imagerie n’est pas automatique. L’AAFP réserve l’IRM du bassin aux douleurs d’adducteurs dont le diagnostic reste incertain ou qui n’avancent pas, l’échographie dynamique à la recherche d’une vraie hernie, et la radio plus l’IRM quand le psoas ou la hanche sont suspectés.

Homme musclé souffrant de douleur interne à la cuisse.

Claquages, élongations et tendinopathies des adducteurs

Un claquage des adducteurs est la cause la plus fréquente de douleur médiale de cuisse et d’aine, surtout après un changement de direction, un sprint ou un coup de pied. La revue StatPearls (mise à jour en décembre 2025) situe le long adducteur (adductor longus) dans 62 % à 90 % des lésions de ce groupe. Les hommes sont touchés environ deux à trois fois plus souvent, en lien avec la pratique de sports à risque.

Le muscle est étiré alors qu’il se contracte, souvent jambe en rotation externe et en abduction. Au football, un coup de l’intérieur du pied qui rencontre une résistance peut suffire. Chez les rugbymen, un rapport de force adducteurs/abducteurs inférieur à 80 % multiplie par 17 le risque de lésion, d’après StatPearls. Un antécédent de hanche ou d’aine reste le facteur le plus lourd, devant la fatigue et la reprise trop rapide.

La douleur est en général brutale, à l’aine ou sur le bord médial, et s’aggrave à l’effort. Un bleu peut apparaître. Le test de serrage des genoux (squeeze test), hanches fléchies, est présenté comme le plus sensible. Une douleur d’apparition progressive, sans geste franc, oriente davantage vers une tendinopathie d’insertion, près du pubis.

Les grades d’IRM vont de l’œdème sans rupture à la déchirure partielle, puis à la rupture ou à l’avulsion. La plupart des lésions se soignent sans opération. StatPearls retient encore 4 à 8 semaines pour les formes aiguës. La cohorte de 81 sportifs hommes publiée en 2020 par Serner et ses collègues à Doha donne des délais plus fins. Pour les grades 0 à 2, la médiane pour redevenir indolore cliniquement était de 13 jours, et de 18 jours pour reprendre l’entraînement collectif. Pour un grade 3, ces médianes passaient à 55 et 78 jours. Le taux de nouvelle lésion à un an était de 8 %, et de 5 % chez ceux qui avaient d’abord atteint les critères « indolore clinique », contre 21 % chez les autres.

Environ 20 % des sportifs se blessent à nouveau, parfois de l’autre côté, selon StatPearls. L’opération se discute surtout en cas d’avulsion nette, de paroi abdominale associée, ou d’échec d’un programme actif.

Quand la hanche irradie vers l’aine et la cuisse

Une douleur sentie à l’intérieur de la hanche ou à l’aine évoque d’abord l’articulation elle-même, pas le muscle de la face externe. La Mayo Clinic le rappelle dans sa fiche de 2025. La gêne peut descendre vers la cuisse, la fesse ou le genou. On la croit parfois musculaire alors que le cartilage, le labrum ou un conflit de forme sont en cause.

L’arthrose de hanche s’installe souvent lentement après 50 ans, parfois plus tôt après un traumatisme, une dysplasie ou un conflit. La raideur matinale, la difficulté à se chausser, à se lever d’une chaise ou à marcher, le grincement et la boiterie font partie du tableau. La Cleveland Clinic décrit une douleur sourde, plus vive le matin et le soir, qui s’apaise un peu au mouvement léger et revient à l’effort. Aucun traitement ne reconstitue le cartilage. La prise en charge vise à réduire la charge douloureuse, à entretenir la force et l’amplitude, et à soulager.

Le conflit fémoro-acétabulaire, cité par StatPearls, correspond à un contact anormal entre la tête fémorale et le cotyle. Il peut précéder une arthrose. La douleur naît souvent à la flexion, en voiture ou en s’asseyant longtemps. Une déchirure du labrum donne une douleur profonde, parfois un claquement. Ces tableaux demandent un examen de hanche et, si besoin, une radio puis une IRM.

Les premiers leviers sont concrets.

  • Réduire les escaliers et les sports à impact allège la contrainte à chaque pas.
  • Perdre du poids, si l’articulation est trop chargée, diminue la force appliquée au cartilage.
  • Une canne du côté opposé à la hanche douloureuse réduit la charge sans arrêter la marche.
  • Un kinésithérapeute entretient force et amplitude, ce que le repos seul n’obtient pas.

Chaleur pour la raideur, froid pour une poussée inflammatoire. Le paracétamol et, si le pharmacien l’estime adapté, un anti-inflammatoire, peuvent aider. Une infiltration ou une prothèse se discutent quand la gêne quotidienne reste majeure. Le chirurgien applique les indications françaises, qui peuvent différer des pratiques américaines.

Une douleur de hanche brutale, l’impossibilité de s’appuyer, une jambe plus courte ou une déformation relèvent des urgences. Après une chute chez une personne âgée, une fracture du col n’attend pas. Fièvre ou rougeur locale font chercher une infection articulaire.

Hernie inguinale, boule et signes d’étranglement

Une hernie inguinale apparaît quand du tissu, souvent de la graisse ou une anse d’intestin, passe par un point faible du bas de la paroi abdominale. La douleur peut irradier vers le haut de la cuisse, avec une sensation de brûlure, de pesanteur ou de tiraillement. Le signe le plus discriminant reste une voussure d’un côté du pubis, plus visible debout, à la toux ou à l’effort, parfois dans le scrotum chez l’homme.

Les hommes sont 8 à 10 fois plus exposés, selon la Mayo Clinic (fiche de septembre 2025). Le NIDDK estime le risque au cours de la vie à environ 27 % chez les hommes et 3 % chez les femmes. L’âge, un parent déjà opéré, une toux chronique, une constipation, la grossesse et un travail de portage augmentent le risque. Une hernie ne se referme pas toute seule. Chez l’homme peu symptomatique, une surveillance est parfois possible. Environ 70 % des hommes qui reportent l’opération finissent par en avoir besoin dans les cinq ans, d’après le NIDDK (synthèse de 2019, appuyée notamment sur HerniaSurge 2018).

Chez l’enfant, chez la femme, et dès que la hernie est douloureuse ou s’agrandit, la chirurgie se discute plus tôt. Le chirurgien choisit une voie ouverte ou cœlioscopique, le plus souvent avec un renfort de paroi. En attendant, éviter de forcer en retenant son souffle, traiter une constipation et une toux, et ne pas « rentrer » une hernie douloureuse à la maison.

L’étranglement est une urgence. Si la boule ne rentre plus, devient rouge, violette ou sombre, si la douleur s’emballe, si des nausées, une fièvre, un arrêt des gaz ou des selles s’ajoutent, il faut appeler le 15 ou le 112. Une anse privée de sang peut se nécroser.

Une douleur d’aine sans boule, aggravée par les abdominaux, la toux ou l’éternuement, peut correspondre à l’entité « inguinale » de Doha. L’AAFP recommande alors une échographie dynamique, puis une rééducation du tronc si la paroi est simplement faible. L’échec justifie un avis chirurgical.

Calcul urinaire et autres causes viscérales

Un calcul qui migre dans l’uretère peut projeter une douleur vive vers l’aine et, parfois, vers le haut de la cuisse, alors que le muscle est intact. La Mayo Clinic décrit une douleur brutale du flanc et du dos, sous les côtes, qui gagne le bas-ventre et l’aine, par vagues, souvent avec nausées. Brûlures mictionnelles, envies fréquentes, urines roses, rouges ou brunes, urines troubles ou malodorantes complètent le tableau. On se tortille pour trouver une position, à l’inverse d’un abdomen chirurgical qui impose l’immobilité.

Ces signes imposent un avis rapide, et le 15 ou le 112 si la douleur empêche de tenir en place, si des vomissements, de la fièvre, des frissons, du sang visible ou une impossibilité d’uriner s’y ajoutent. Fièvre et colique ensemble font craindre un rein infecté et obstrué. Aux États-Unis, le scanner sans injection est fréquent. En France, le médecin choisit souvent d’abord l’échographie, surtout chez la femme jeune. Boire beaucoup n’est pas un traitement de la crise. L’hydratation et le régime se discutent ensuite pour limiter les récidives.

D’autres organes projettent vers l’aine. Appendicite, kyste ovarien tordu, grossesse extra-utérine, torsion du testicule. La Cleveland Clinic range aussi ces causes parmi les motifs de douleur d’aine. Une douleur testiculaire brutale, un scrotum gonflé, des nausées, sont une urgence. Une douleur pelvienne avec retard de règles, malaise ou saignement, aussi. Une sciatique donne plutôt un éclair le long de la jambe. Une cruralgie peut descendre à la face antérieure de la cuisse.

Grossesse, pelvis et douleurs gynécologiques

Pendant la grossesse, une douleur du pubis qui descend vers les cuisses n’est pas un claquage. Le Royal College of Obstetricians and Gynaecologists décrit la douleur de la ceinture pelvienne, ancien « dysfonctionnement de la symphyse pubienne ». Elle touche une femme enceinte sur cinq, plus souvent en fin de grossesse, et peut persister chez une femme sur dix après l’accouchement. Elle n’est pas dangereuse pour le bébé. Elle gêne la marche, les escaliers, l’appui unipodal, l’écartement des genoux et le retournement au lit. Un cliquetis du bassin est possible.

Le RCOG (information de 2015) insiste pour qu’on n’attende pas l’accouchement. Sage-femme ou médecin traitant orientent vers une kinésithérapeute formée au pelvis obstétrical. Positions, rythme d’activité, renforcement du plancher pelvien et du tronc, ceinture, béquilles, chaleur ou glace font partie des outils. Le paracétamol est présenté comme l’antalgique de premier recours pendant la grossesse. L’ibuprofène est à éviter sauf avis médical, d’après le NHS. Une césarienne n’est pas indiquée pour cette douleur. La majorité des femmes peuvent accoucher par voie basse, genoux soutenus, parfois dans l’eau.

Les règles douloureuses irradient parfois vers les cuisses. La Cleveland Clinic cite l’endométriose parmi les causes gynécologiques de douleur d’aine. Une douleur cyclique intense, des rapports douloureux, des règles très abondantes justifient un avis, sans poser soi-même le diagnostic d’une lésion d’adducteurs.

Après un accouchement, la douleur pelvienne qui ne cède pas au-delà de quelques semaines mérite d’être revue. Un antécédent augmente le risque lors d’une grossesse suivante. Renforcer abdomen et plancher pelvien avant une nouvelle grossesse peut aider, selon le RCOG.

Calculs rénaux sur une règle.

Premiers soins les jours qui suivent une blessure

Pour un claquage franc, les premières 24 à 72 heures visent à ne pas aggraver la lésion, pas à immobiliser la jambe au lit. L’éditorial PEACE and LOVE de Dubois et Esculier, publié en 2020 dans le British Journal of Sports Medicine, limite la protection à un à trois jours, guidée par la douleur. Le repos prolongé affaiblit le tissu. On élève la jambe si elle gonfle. Une contention souple peut limiter l’œdème, sans serrer au point de faire fourmiller le pied.

La glace n’est plus un réflexe automatique. Dubois et Esculier soulignent l’absence de preuves solides. Si le froid calme une douleur aiguë, on l’applique brièvement, linge entre la peau et la poche. Les anti-inflammatoires soulagent, mais ils peuvent, à dose élevée, gêner la réparation. StatPearls mentionne encore repos, glace, compression, paracétamol et AINS. Pour un usage courant, le paracétamol est l’option la plus simple à discuter avec le pharmacien.

Selon le NHS (page revue le 24 mars 2026), un adulte prend en général 1 ou 2 comprimés de paracétamol à 500 mg, en laissant au moins 4 heures entre les prises, sans dépasser 8 comprimés par 24 heures, et sans dépasser 3 jours sans avis médical. On ne l’associe pas à un médicament contre le rhume qui contient déjà du paracétamol. L’ibuprofène, si le pharmacien l’estime adapté, se prend de préférence au cours d’un repas. Pour des comprimés à 200 mg, le NHS indique 1 ou 2 comprimés jusqu’à 3 fois par jour, au maximum 6 par 24 heures. Les comprimés à 400 mg se limitent à 3 par 24 heures. La plus petite dose utile, le plus court temps utile, pas plus de 10 jours de comprimés sans médecin. Ulcère, asthme, cœur, rein, grossesse et anticoagulants contre-indiquent souvent l’ibuprofène. Le gel est une option locale. En France, le pharmacien confirme la posologie de la boîte.

Dès que la douleur le permet, on marche à petits pas et on évite les écartements forcés. Un bain tiède peut détendre un muscle déjà passé le pic aigu. Une boule, une fièvre, des urines sanglantes ou une jambe qui ne porte plus changent toute la conduite.

Kinésithérapie et reprise de l’activité

La reprise se gagne par un travail actif, pas par l’attente. L’AAFP s’appuie encore, en 2025, sur l’essai randomisé de Hölmich (1999) pour placer un programme supervisé en première ligne dans la douleur d’aine liée aux adducteurs. L’objectif est de restaurer force, endurance et contrôle, surtout le rapport adducteurs/abducteurs, puis les appuis, les changements de direction et le geste sportif.

Le protocole de Serner (2020) offre une trame concrète, même si l’étude portait sur des sportifs hommes suivis à Doha. Les exercices d’aine se faisaient à la répétition maximale contrôlée par la douleur. Douleur à 2 sur 10, on tient. À 1 ou moins, on charge. À 3 ou plus, on allège. Pas d’antalgique pour franchir un palier. Les AINS n’étaient pas prescrits. Les critères pour se déclarer cliniquement indolore incluaient une palpation indolore, une adduction isométrique maximale, un étirement passif, un exercice élastique et l’exercice de Copenhague, plus un sprint à intensité perçue maximale. Ceux qui remplissaient ces critères avaient moins de récidives à un an.

Un kinésithérapeute en ville adapte cette logique.

  • Les contractions isométriques en course courte viennent d’abord, dès que la marche est possible.
  • Le travail concentrique puis excentrique en course longue prépare le muscle au sprint.
  • L’exercice de Copenhague se place en fin de progression, pas le lendemain du claquage.
  • Course et changements de direction ne reprennent que si la douleur à l’effort reste faible.

Au-delà de six à huit semaines, un nouveau diagnostic s’impose. Pubalgie, hanche, paroi, pubis. L’AAFP oriente alors vers l’IRM de bassin si ce n’est pas déjà fait. Reprendre le jogging parce que « ça va mieux au repos » est le piège classique. La force au sprint et à l’écartement compte davantage que le calendrier. StatPearls cite un programme de six semaines en pré-saison chez des joueurs de hockey NHL à adducteurs faibles, qui a fait passer l’incidence de 3,2 à 0,71 lésions pour 1 000 expositions-match. Le chiffre illustre qu’un déficit de force se travaille.

Les injections et la chirurgie restent des recours après échec d’un programme actif, pas un raccourci.

Quels signes imposent un avis médical

La plupart des claquages d’adducteurs s’améliorent en quelques semaines avec un travail progressif. Certains tableaux ne doivent pas attendre. La Mayo Clinic, la Cleveland Clinic et le NIDDK dressent des seuils concrets.

Signe ou contexte Orientation possible Conduite
Boule à l’aine devenue dure, rouge, violette, irréductible, avec nausées ou fièvre Hernie étranglée Appeler le 15 ou le 112
Douleur en vagues du flanc vers l’aine, vomissements, fièvre, sang dans les urines, anurie Colique néphrétique, parfois infectée Avis urgent, 15 ou 112 si fièvre ou douleur intenable
Testicule douloureux et gonflé d’un seul côté, nausées Torsion ou infection aiguë Urgences
Chute, jambe déformée, impossibilité d’appuyer, fièvre sur une hanche Fracture, infection articulaire Urgences
Douleur d’aine persistante au-delà d’une semaine de soins simples, ou qui revient à chaque reprise Lésion d’adducteurs, hanche, paroi Médecin traitant, éventuellement kinésithérapeute ou médecin du sport
Gros bleu, trou palpable dans le muscle, faiblesse franche Déchirure importante, parfois avulsion Avis médical rapide, imagerie selon l’examen

Une douleur nocturne, une fièvre inexpliquée, un amaigrissement ou une masse osseuse sortent du cadre du claquage. Ces signes rares font chercher une autre maladie, y compris osseuse. Ils n’en font pas une cause habituelle de gêne médiale de cuisse.

Le médecin traitant est le bon premier contact. Il élimine l’urgence, examine aine, hanche, abdomen, dos et, selon le sexe, organes génitaux, puis oriente. Le pharmacien aide pour l’antalgique des premiers jours. Le kinésithérapeute conduit la reprise. Le chirurgien entre en jeu pour une hernie, une rupture complète, une hanche usée. En France, les examens et les médicaments suivent l’ordonnance et le conseil du professionnel qui vous voit, pas une posologie copiée d’un protocole américain.

Comment réduire le risque de récidive

On ne prévient pas toutes les causes. Une hernie liée à un canal resté ouvert, un calcul, une arthrose déjà là ne disparaissent pas par un échauffement. Pour les adducteurs, le levier le plus solide reste la force et la charge progressive.

StatPearls insiste sur le rapport de force avec les abducteurs et sur l’antécédent comme premier facteur. Un échauffement avant le sport, une montée douce des volumes, un jour de récupération quand la zone est déjà sensible, des chaussures adaptées et des surfaces moins dures réduisent les à-coups. Les adducteurs aiment le travail rapproché, par exemple serrer un ballon entre les genoux, puis, plus tard, le travail en écartement contrôlé. S’arrêter des semaines dès qu’une courbature apparaît n’aide pas. Ignorer une douleur nette à chaque changement de direction non plus.

Côté hanche, la charge compte. Un surplus de poids augmente la contrainte. Passer d’un sport à impact à un sport plus souple soulage souvent. Côté hernie, on limite les efforts en apnée, on traite constipation et toux, on lève en fléchissant les genoux. Côté calculs, la Mayo Clinic met l’eau en tête, une fois le diagnostic posé, avec un objectif souvent proche de 2 litres d’urine par jour chez les personnes déjà lithiasiques, à adapter avec le médecin. Un régime pauvre en calcium n’est pas la consigne. Le calcium alimentaire reste en général utile.

Pendant la grossesse, s’asseoir pour s’habiller, garder les genoux rapprochés pour sortir de voiture, répartir l’appui, limiter les escaliers inutiles et poser un oreiller entre les genoux la nuit sont des gestes du RCOG. Ils n’éliminent pas la douleur. Ils évitent de réveiller le bassin à chaque mouvement.

Questions fréquentes

Combien de temps dure un claquage des adducteurs ?

Une lésion partielle, dans la cohorte de Serner (2020), redevenait cliniquement indolore en médiane en 13 jours, avec une reprise collective vers 18 jours. Une rupture complète demandait plutôt deux à trois mois. StatPearls retient encore 4 à 8 semaines pour beaucoup de formes aiguës.

Comment distinguer une hernie d’une douleur d’adducteurs ?

La hernie s’accompagne souvent d’une boule au pli de l’aine, plus nette debout et à la toux, avec une pesanteur qui s’aggrave dans la journée. Le claquage naît en général d’un geste, se reproduit en serrant les cuisses, et n’entraîne pas de voussure. Sans boule, seul l’examen, parfois une échographie, tranche. Une boule irréductible et très douloureuse est une urgence.

La glace est-elle encore conseillée après un claquage ?

Elle peut calmer une douleur très aiguë, quelques minutes, linge sur la peau. Dubois et Esculier (2020) contestent son usage de routine, faute de preuves solides et par crainte de ralentir la réparation. Le froid n’est plus le pilier du traitement. La reprise du mouvement dans une douleur faible l’est davantage.

Peut-on marcher malgré une douleur au bord médial de la cuisse ?

Oui, souvent, dès que l’appui est possible sans boiterie majeure, à petits pas, en évitant les grands écarts. L’impossibilité d’appuyer, une déformation ou une douleur d’emblée intolérable changent la règle et justifient un avis urgent. Marcher un peu n’équivaut pas à reprendre le sport.

Une douleur de cuisse pendant les règles est-elle banale ?

Des crampes qui irradient vers les cuisses arrivent. Une douleur cyclique intense, des rapports douloureux ou des règles très hémorragiques méritent un avis, car une endométriose ou une autre affection pelvienne peut projeter vers l’aine. Ce n’est pas un claquage.

Faut-il une IRM d’emblée ?

Non. L’examen clinique suffit souvent pour un claquage typique. L’AAFP (2025) réserve l’IRM du bassin aux diagnostics flous et aux échecs du traitement conservateur. Une radio de hanche, une échographie de paroi ou un bilan urinaire se choisissent selon les signes, pas pour voir « au cas où ».

Femme âgée dans la salle de gym s'exerçant sur une machine de fitness.

Conclusion

Cette région n’est pas un diagnostic, c’est une adresse. Le plus souvent, les adducteurs ont cédé sur un geste trop vif, trop répété, ou trop tôt après une première alerte. Parfois la hanche, la paroi, l’uretère ou le bassin de grossesse parlent à la même place. Le contexte, la boule, les urines, la fièvre et le test de serrage des genoux séparent déjà une grande partie des cas.

Le changement utile tient en deux points documentés. La kinésithérapie active supervisée est le traitement de première intention de la douleur d’aine liée aux adducteurs pour l’AAFP en 2025, pas l’arrêt prolongé. PEACE and LOVE (2020) limite la protection à quelques jours et retire les AINS et la glace du protocole par défaut. Les délais de Serner (2020) donnent un ordre de grandeur, pas une garantie.

Si la douleur est née d’un geste, commencez par du paracétamol selon la notice, une marche prudente et un rendez-vous de kinésithérapie dès que le médecin a écarté une hernie et une cause viscérale. Si une boule, des urines sanglantes, une fièvre ou un testicule douloureux s’ajoutent, composez le 15 ou le 112. En consultation, demandez l’origine exacte, adducteur, hanche, hernie ou autre, et les critères qui autoriseront de recharger.

Sources

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  10. Paracetamol for adults: painkiller for pain and high temperature. National Health Service, 24 mars 2026.
  11. Ibuprofen for adults: painkiller that also treats inflammation. National Health Service, 2026.
  12. Serner A, Weir A et al. : Return to Sport After Criteria-Based Rehabilitation of Acute Adductor Injuries in Male Athletes: A Prospective Cohort Study. Orthopaedic Journal of Sports Medicine, 29 janvier 2020.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.