Sillons nasogéniens : causes et traitements

Sillons nasogéniens : causes et traitements

Les sillons nasogéniens, aussi appelés plis nasolabiaux, sont des plis naturels qui relient l’aile du nez au coin de la bouche. Ils appartiennent à l’anatomie du visage et n’imposent aucun traitement médical. Avec les années, la perte de collagène, le recul du support osseux et le déplacement de la graisse des joues les rendent plus profonds, y compris lorsque le visage est au repos.

Le sourire s’efface et le pli reste. Chez les femmes caucasiennes, ces sillons ont été mesurés comme plus marqués, en moyenne, que chez les femmes afro-américaines et asiatiques, d’après une revue d’anatomie esthétique publiée en 2021. Ce relief n’est pas une maladie. Sa profondeur dépend de l’os, de la graisse, du soleil et du tabac autant que du calendrier.

Les injections d’acide hyaluronique restent l’option la plus étudiée. Dans une méta-analyse portant sur 4 097 personnes, le score moyen de sévérité sur l’échelle WSRS (Wrinkle Severity Rating Scale) passait de 3,23 à 1,79 un mois après le geste, avec un effet encore mesurable à douze mois. Un écran solaire large spectre d’indice 30, renouvelé toutes les deux heures en extérieur, ralentit le photo-vieillissement. Le sillon nasogénien figure aussi parmi les sites d’injection associés à des cas rares de cécité ; une douleur inhabituelle, un blanchiment de la peau ou un trouble visuel pendant ou juste après une injection relèvent de l’urgence (15 ou 112).

Qu’est-ce qu’un sillon nasogénien ?

Un sillon nasogénien est un pli cutané qui part de chaque côté du nez et rejoint le coin de la bouche. La Cleveland Clinic le décrit aussi comme « smile line » ou « laugh line », ce que l’on nomme en français pli du sourire. Presque tout le monde en a, femmes et hommes, quelle que soit la couleur de peau. Le pli n’est pas un diagnostic et aucun examen de laboratoire ne le confirme.

Chez l’enfant et l’adulte jeune, le sillon apparaît surtout pendant le rire, puis s’efface quand le visage se détend. Plus tard, le même trait peut rester gravé au repos. Les deux côtés sont souvent voisins, mais une légère asymétrie est fréquente, parce que l’on sourit davantage d’un côté ou que l’on dort plus souvent sur la même joue.

Le sillon n’est pas une ride isolée de la surface. Pendant le sourire, les muscles élévateurs de la lèvre se contractent et poussent le coussinet graisseux superficiel de cette région ; le pli se dessine à la frontière entre ce coussinet mobile et la peau plus ancrée près de la lèvre. Traiter uniquement « la ligne », comme un trait de crayon sur une feuille tendue, ignore ce mécanisme.

Le vocabulaire voisin prête à confusion. Les ridules verticales de la lèvre supérieure, les plis d’amertume qui descendent vers le menton, et le sillon lui-même n’ont pas la même anatomie. Un produit utile sur une ridule fine n’a pas le même effet sur un creux lié à la descente de la joue.

Illustration des plis naso-labiaux. Crédit d'image: Mikael Häggström, d'après l'original de Sue Campbell / U.S. Force aérienne, (2011, 4 mars)

Pourquoi ces plis se creusent-ils avec l’âge ?

Le sillon se creuse parce que plusieurs étages du visage changent ensemble, et non parce qu’un muscle manquerait d’exercice. La peau perd du collagène et de l’élastine, la graisse profonde des joues s’amenuise ou se déplace, l’os du maxillaire recule un peu, et les ligaments qui tiennent les tissus se relâchent. Le résultat visible est un pli plus profond, parfois associé à une joue moins projetée.

Le vieillissement se lit « de l’intérieur vers l’extérieur », selon la revue de Swift et coll. (2021). Le socle osseux se remodèle ; les compartiments graisseux, superficiels et profonds, ne vieillissent pas comme une masse unique ; la peau amincie suit ensuite ces mouvements. La synthèse d’élastine commence à chuter nettement entre 40 et 50 ans. Beaucoup de personnes découvrent alors que le sillon ne disparaît plus après un sourire.

La graisse du visage est compartimentée. On observe souvent une atrophie de la graisse profonde de la joue et un glissement du coussinet nasolabial superficiel, autrefois appelé graisse malaire. Moins de soutien en profondeur, plus de tissu au-dessus de la ligne, et le contraste d’épaisseur creuse le sillon. La gravité n’agit pas seule ; elle s’exerce sur des tissus déjà moins retenus.

Chaque sourire grave un sillon microscopique sous la surface. Tant que la peau reprend sa forme, le trait s’efface. Quand l’élasticité baisse, il devient une caractéristique du visage au repos. L’hérédité pèse sur la texture et la forme des pommettes. Les ultraviolets cassent collagène et fibres élastiques ; tabac et pollution accélèrent le même processus.

Soleil, tabac et poids, que peut-on changer ?

On ne peut pas empêcher un sillon d’exister, parce qu’il apparaît déjà chez l’enfant qui sourit. On peut en revanche ralentir son installation permanente. Un écran solaire large spectre, résistant à l’eau, d’indice 30 ou plus, tous les jours sur les zones non couvertes par les vêtements, est la recommandation de l’American Academy of Dermatology. Pour le visage, compter au moins une cuillère à café. En extérieur, renouveler l’application toutes les deux heures, et après la baignade ou une transpiration abondante.

Les UVA, parfois surnommés rayons du vieillissement, traversent le verre des fenêtres et contribuent aux rides et aux taches. Même par temps nuageux, jusqu’à 80 % des UV nocifs passent encore, d’après les fiches de l’AAD mises à jour en 2025. Chercher l’ombre entre 10 h et 14 h, porter un chapeau à bords larges et éviter les cabines UV complètent la crème solaire sans la remplacer.

Le tabac détruit collagène et élastine. Arrêter, même après des années, reste l’un des leviers les plus concrets pour la peau du visage. Les produits qui piquent ou brûlent sans prescription rendent au contraire les signes d’âge plus visibles, souligne la Cleveland Clinic. Un nettoyage doux et une crème hydratante, deux fois par jour, aident la peau sèche à moins casser la lumière sur les ridules.

Les variations de poids marquent aussi le sillon. Une perte importante laisse un excès de peau molle ; une prise de poids gonfle les joues et peut creuser le contraste avec le pli. Dormir sur le dos, plutôt que toujours du même côté, est proposé par la Cleveland Clinic comme geste simple contre l’appui répété. Ces mesures ne lissent pas un sillon déjà profond. Elles réduisent la vitesse à laquelle il s’aggrave. Sans protection solaire, un laser ou un rétinoïde perdent une partie de leur bénéfice, parce que l’exposition continue à abîmer le collagène que l’on cherche à stimuler.

Faut-il traiter un sillon nasogénien ?

Non, pas pour des raisons de santé. Le sillon n’abîme pas le cœur, ne déforme pas une articulation et n’annonce pas, à lui seul, une pathologie. La décision est esthétique et personnelle. Certaines personnes le trouvent vivant, d’autres le vivent comme un air fatigué qu’elles n’ont pas. Personne d’autre que vous, avec un dermatologue ou un chirurgien plasticien, ne peut trancher.

Le bon geste dépend de ce qui creuse le pli chez vous. Un sillon surtout dynamique, qui n’existe que lors du sourire, n’appelle pas la même stratégie qu’un sillon statique, profond au repos, avec une joue affaissée. Un médecin examine le visage de face et de profil, au repos et en mouvement, puis discute de la texture, du volume du tiers moyen et du relâchement. Cette distinction évite d’injecter « dans la ligne » alors que le problème vient d’une pommette qui a perdu son soutien.

Aucun produit de comblement n’efface le sillon comme on gomme un trait. Les essais mesurent une atténuation, pas une disparition. Les effets s’estompent. Une intervention chirurgicale déplace des tissus, laisse des cicatrices et n’arrête pas le vieillissement. Les soins topiques aident surtout les ridules et le teint. Mélanger ces familles sans le dire produit de la déception, pas de la « résistance » du sillon.

Les procédures d’apparence relèvent d’un acte médical. Aux États-Unis, la FDA insiste pour qu’elles soient réalisées par un professionnel formé, avec un produit autorisé, et non acheté en ligne. En France, le dermatologue, le médecin formé aux injections ou le chirurgien plasticien appliquent les règles locales et les dispositifs disponibles. Demandez le nom exact du produit, le plan d’injection et la conduite à tenir en cas d’incident.

Que peut-on attendre des injections d’acide hyaluronique ?

L’acide hyaluronique injectable est le produit de comblement le plus utilisé pour les plis du visage. C’est un sucre déjà présent dans la peau, capable de retenir l’eau et de repulper un creux. La Mayo Clinic indique que l’effet dure en général 6 à 12 mois. La FDA américaine autorise les comblements résorbables pour les plis faciaux modérés à très marqués, dont les sillons nasogéniens, chez l’adulte de 22 ans et plus. Cette limite d’âge est celle du régulateur américain, pas une norme française.

Une méta-analyse de 2021 a regroupé des essais randomisés chez 4 097 personnes traitées dans la région du sillon. Le score WSRS moyen valait 3,23 au départ, 1,79 à un mois, 2,02 à six mois et 2,46 à douze mois. Le pli s’atténue de façon mesurable, puis remonte progressivement vers sa profondeur initiale, sans y revenir tout à fait à un an dans ces séries. L’amélioration n’est donc ni magique ni éternelle.

Le geste se fait le plus souvent au cabinet, en moins d’une heure, après une anesthésie locale ou grâce à un gel déjà mélangé à un anesthésique. Une retouche quelques semaines plus tard est parfois proposée une fois l’œdème parti. Le médecin peut injecter dans le sillon lui-même, dans la pommette pour rétablir un soutien, ou combiner les deux. Injecter seulement le pli, sur un visage dont le tiers moyen s’est vidé, peut créer un bourrelet sans rajeunir le regard d’ensemble.

D’autres matériaux existent. L’hydroxylapatite de calcium sert aux plis plus profonds et aux contours ; la Mayo Clinic situe sa durée autour d’un an pour le modelage et jusqu’à trois ans lorsqu’elle comble des plis. L’acide poly-L-lactique stimule le collagène ; il faut souvent deux ou trois séances, avec un effet qui peut aller jusqu’à deux ans. La graisse prélevée sur une autre zone du corps peut être réinjectée, avec un résultat parfois durable un à deux ans. Les produits permanents à microbilles de polyméthacrylate de méthyle (PMMA) sont, aux États-Unis, réservés notamment aux sillons nasogéniens et aux cicatrices d’acné des joues. La Mayo Clinic déconseille d’en faire un premier traitement.

Les effets indésirables fréquents des essais compilés en 2021 étaient les irrégularités ou « grumeaux » (43 %), la sensibilité (41 %), le gonflement (34 %) et les bleus (29 %). L’incidence regroupée de tout événement indésirable atteignait 0,58, ce qui inclut surtout des réactions locales transitoires. Un bleu pendant quelques jours n’a rien d’exceptionnel. Un nodule dur, une peau blanche ou une douleur disproportionnée n’appartiennent pas à cette catégorie.

Quels risques comportent les produits de comblement ?

Le risque le plus grave n’est pas le bleu. C’est l’injection accidentelle dans un vaisseau, qui peut priver un territoire de sang. La FDA décrit nécrose cutanée, anomalies visuelles jusqu’à la cécité, et accident vasculaire cérébral. La probabilité est faible, mais les séquelles peuvent être définitives. Le sillon nasogénien n’est pas une zone banale ; l’artère faciale et ses anastomoses avec le réseau ophtalmique passent à proximité.

Entre janvier 2015 et septembre 2018, 48 nouveaux cas publiés de perte visuelle partielle ou complète après un produit de comblement ont été recensés par Beleznay et coll. (2019). Les sites les plus souvent en cause étaient le nez (56,3 %), la glabelle (27,1 %), le front (18,8 %) et le sillon nasogénien (14,6 %). L’acide hyaluronique représentait 81,3 % de ces cas, ce qui reflète surtout sa fréquence d’usage. Une récupération visuelle complète n’était rapportée que dans 20,8 % des dossiers. Des signes cutanés apparaissaient dans 43,8 % des cas, et des complications du système nerveux central dans 18,8 %.

Pendant ou juste après le geste, les signes qui imposent d’arrêter et d’appeler le 15 ou le 112 sont une douleur inhabituelle, un changement de vision, un aspect blanc, gris ou bleu de la peau près du point d’injection, ou des symptômes d’accident vasculaire (faiblesse, trouble de la parole, visage tombant, céphalée brutale, confusion). Ces critères figurent dans les mises en garde de la FDA destinées aux patients.

Des réactions plus tardives existent. Un gonflement près du produit peut survenir après une infection, une vaccination ou des soins dentaires, parfois des mois plus tard. Nodules, infection, migration du produit et allergie font partie des risques listés. Les produits d’origine animale peuvent justifier des tests d’allergie. La grossesse, l’allaitement et l’âge inférieur à 22 ans n’ont pas de données de sécurité contrôlées dans le dossier américain.

Acheter un produit de comblement en vente directe, s’injecter soi-même ou utiliser des stylos sans aiguille est déconseillé par la FDA. Ces dispositifs n’offrent pas le contrôle du plan d’injection et ont été liés à des lésions graves. Demandez à voir l’emballage scellé et le nom commercial. Conservez-le ; en cas d’incident, l’équipe soignante en a besoin.

La toxine botulique n’est pas un comblement. Elle réduit la contraction de certains muscles, surtout les rides du lion, du front et de la patte d’oie, pour quelques mois. La Cleveland Clinic mentionne qu’elle peut parfois affaiblir un muscle qui participe au sillon, mais ce n’est pas le traitement de référence d’un pli statique. L’usage combiné de comblement et de toxine n’a pas été évalué dans un essai contrôlé au dossier FDA.

Consultation esthétique avec une femme.

Crèmes, rétinoïdes, lasers et peelings, quelle place ?

Les crèmes hydratantes peuvent rendre les ridules moins visibles en retenant l’eau, parfois dès l’application. Elles ne comblent pas un sillon profond. L’AAD rappelle que la plupart des actifs anti-âge demandent au moins six semaines, parfois trois mois, avant un jugement honnête, et qu’un produit cher n’est pas forcément plus efficace. Tester une noisette sur l’avant-bras pendant quatre à cinq jours réduit le risque d’allergie au visage.

Les rétinoïdes dérivés de la vitamine A (trétinoïne, tazarotène, adapalène) visent les ridules et les taches. La Mayo Clinic indique qu’il faut souvent des semaines ou des mois, que l’irritation (rougeur, dessèchement, brûlure) est fréquente, et que ces produits ne se prescrivent pas pendant la grossesse. Ils photosensibilisent ; on les applique plutôt le soir, avec un écran solaire d’indice 30 le jour. Sur un sillon creusé par la descente de la joue, leur effet reste limité.

Le resurfaçage laser stimule le collagène. Le laser ablatif détruit la couche superficielle et chauffe le derme ; la récupération moyenne est de 7 à 10 jours. Le laser non ablatif est plus doux, avec un résultat plus discret. Les modes fractionnés laissent des îlots de peau intacte, ce qui raccourcit les suites. Le laser n’a pas d’effet sur le relâchement, rappelle la Mayo Clinic. Un sillon dû à une joue tombante ne se resserre pas par la lumière.

Les risques du laser comprennent une inflammation prolongée, une poussée d’herpès, une infection, une cicatrice et, surtout, un changement de couleur. Les peaux mates et foncées ont un risque plus élevé de taches durables. Un opérateur habitué à régler l’appareil selon le phototype réduit ce risque ; il ne l’annule pas. Les peelings chimiques visent aussi la texture et les ridules, pas le volume perdu.

Option Effet possible Durée habituelle Limite principale
Acide hyaluronique injectable Repulpe le sillon ou le tiers moyen Environ 6 à 12 mois Risque vasculaire rare, séances à répéter
Hydroxylapatite de calcium Comble des plis plus profonds Jusqu’à 3 ans pour les plis (Mayo Clinic) Ne replace pas une joue très relâchée
Acide poly-L-lactique Stimule le collagène progressivement Jusqu’à 2 ans, souvent 2 ou 3 séances Résultat différé, pas un comblement immédiat
Graisse autologue Transfert de graisse du patient 1 à 2 ans possibles Liposuccion, reprise variable du greffon
Rétinoïdes topiques Atténuent ridules et taches Usage continu Irritation, contre-indiqués pendant la grossesse
Laser (resurfaçage) Améliore texture et ridules Plusieurs années si protection solaire Ne corrige pas le relâchement
Rhytidectomie (lifting) Remonte les tissus du bas du visage Plusieurs années, pas à vie Chirurgie, hématome, cicatrices

Lifting et graisse autologue, pour quels sillons ?

Quand le sillon vient surtout d’une descente des tissus, un produit injectable comble un creux sans remettre la joue à sa place. Le lifting (rhytidectomie) soulève la peau, retend les tissus profonds et retire l’excès. La Mayo Clinic indique qu’il peut améliorer les plis profonds qui vont des ailes du nez aux coins de la bouche, le relâchement des joues et l’ovale. Il ne traite pas les ridules du soleil, les taches, ni les petits plis autour du nez et de la lèvre supérieure.

L’intervention dure le plus souvent 3 à 6 heures, sous anesthésie locale avec sédation ou sous anesthésie générale. L’hématome est la complication la plus fréquente, souvent dans les 24 premières heures. Une douleur brutale d’un seul côté du visage ou du cou dans ce délai justifie un appel immédiat à l’équipe chirurgicale. Cicatrices, atteinte nerveuse rare, perte de cheveux localisée et, exceptionnellement, souffrance cutanée font partie des risques. Le tabac augmente nettement les problèmes de cicatrisation.

Le résultat n’est pas définitif. Le visage continue de vieillir. Certaines personnes choisissent une nouvelle intervention des années plus tard. Les anticoagulants, un diabète mal équilibré, une hypertension non contrôlée et les variations répétées de poids pèsent sur la décision. Le chirurgien plasticien, et non un tutoriel, fixe l’indication.

La greffe de graisse combine un prélèvement par liposuccion et une réinjection. Elle vise un volume plus durable qu’un gel, parfois un à deux ans. Une partie de la graisse ne prend pas ; le volume final est moins prévisible qu’une seringue de hyaluronique. Ni la subcision isolée ni l’excision directe de la bande de peau du sillon n’apparaissent comme traitements de première ligne dans les encyclopédies cliniques récentes. Le débat actuel porte sur le volume du tiers moyen, la qualité de peau et, si besoin, le redrapage chirurgical.

Les exercices du visage changent-ils ces plis ?

Les exercices du visage n’ont pas démontré, avec le même niveau de preuve que les gels injectables, qu’ils creusent moins le sillon. La Cleveland Clinic propose tout de même un geste simple à la maison, tirant les commissures vers l’arrière pendant une dizaine de secondes, à répéter 10 à 25 fois. Elle le présente comme un essai possible, pas comme un substitut aux traitements de cabinet.

Renforcer un muscle d’expression n’efface pas un déficit de graisse profonde ni un recul osseux. Dans certains visages, une hyperactivité musculaire sur une peau déjà relâchée peut même accuser le pli, selon la logique du « désaccord dynamique » décrite dans la revue anatomique de 2021. Sourire reste souhaitable pour la vie sociale. Personne ne devrait figer son visage pour protéger un sillon.

Les massages et rouleaux peuvent donner une sensation de tonus ou un léger dégonflement transitoire. Ils n’ont pas la durée d’effet, ni la mesure d’échelle WSRS, des gels d’acide hyaluronique. S’ils ne blessent pas la peau, ils restent un confort, pas une stratégie.

Si vous tenez à un programme d’exercices, fixez un délai de quelques semaines et des photos au repos, dans la même lumière. L’absence de changement n’est pas un échec personnel. C’est l’occasion de parler avec un dermatologue de ce qui creuse réellement le sillon.

Sillon aplati d’un seul côté, quand voir un médecin ?

Un sillon qui s’efface soudainement d’un seul côté, avec une commissure tombante, n’est plus une question de vieillissement. C’est un signe de faiblesse des muscles de la face. La Mayo Clinic demande d’obtenir un avis médical sans délai devant toute paralysie faciale, parce qu’un accident vasculaire cérébral peut en prendre le masque. Appelez le 15 ou le 112 si le visage tombe d’un coup, si la parole se brouille, si un bras s’affaiblit ou si la céphalée est brutale.

La paralysie de Bell, ou paralysie faciale périphérique aiguë, provoque souvent, en quelques heures ou jours, une faiblesse d’un hémiface, une difficulté à fermer l’œil, un sourire asymétrique et un affaissement du sillon du même côté. La récupération commence fréquemment en quelques semaines et se complète, chez beaucoup de personnes, en environ six mois. Seul un médecin distingue cette atteinte du nerf facial d’une urgence vasculaire.

Après une injection, le calendrier est différent. Les signes vasculaires (peau blanche ou livide, douleur hors norme, baisse de vision) se jouent en minutes. Les bleus et l’œdème banals se jouent en jours. Un gonflement retardé après des soins dentaires ou une vaccination se joue en semaines ou mois. Revoir l’injecteur, un dermatologue ou les urgences selon la gravité évite de laisser une ischémie sans prise en charge.

Hors urgence, une consultation se justifie si le sillon vous gêne, si vous envisagez un produit de comblement, si la peau se tache ou se relâche de façon récente, ou si un côté change sans photo ancienne pour l’expliquer. Apportez des clichés au repos et en souriant. Demandez quel étage du visage est en cause (peau, graisse, os, relâchement) avant de parler de marque de seringue.

  • Une paralysie d’apparition brutale, avec œil qui ne ferme plus ou parole altérée, relève du 15 ou du 112.
  • Une douleur atypique, un blanchiment ou un trouble visuel pendant l’injection imposent d’alerter les secours.
  • Un nodule douloureux, un écoulement ou de la fièvre après une injection se discute le jour même avec l’injecteur.
  • Un sillon qui se creuse lentement, sans signe neurologique, se discute en consultation de dermatologie.
  • Un projet d’injection pendant une grossesse, un allaitement ou une infection cutanée du visage se reporte jusqu’à l’avis du médecin.

Questions fréquentes

Peut-on faire disparaître définitivement les sillons nasogéniens ?

Non. Aucun traitement n’arrête le vieillissement du visage ni n’efface le pli de façon permanente. Les gels d’acide hyaluronique atténuent le creux pendant des mois, les rétinoïdes et les lasers travaillent surtout la surface, et un lifting déplace des tissus pour plusieurs années sans geler l’âge. Le sillon fait partie du visage ; on peut le rendre moins profond, pas l’abolir.

Combien de temps dure l’acide hyaluronique sur cette zone ?

Chez la plupart des personnes, l’effet se situe autour de 6 à 12 mois, selon la Mayo Clinic et les dossiers de produits résorbables. Dans la méta-analyse de 2021, le bénéfice mesuré sur l’échelle WSRS restait visible à douze mois, tout en s’atténuant par rapport au premier mois. Une séance de rappel est souvent nécessaire pour maintenir le résultat.

Les crèmes anti-rides suffisent-elles sur un sillon creusé ?

Elles hydratent et peuvent estomper de fines ridules, surtout avec un rétinoïde prescrit et un écran solaire d’indice 30. Elles ne restaurent ni la graisse profonde ni le support osseux qui creusent un vrai sillon. Si le pli reste marqué au repos après trois mois de soin bien suivi, le dermatologue discute d’autres options plutôt que d’empiler les sérums.

Faut-il injecter dans le sillon ou d’abord dans les pommettes ?

Cela dépend de la cause. Un creux local, sur un tiers moyen encore projeté, peut se traiter dans le pli. Un sillon lié à une joue qui a perdu du volume se discute souvent en restaurant d’abord le soutien. L’examen au repos et en souriant tranche davantage que la mode du moment. Le médecin explique le plan avant d’ouvrir la seringue.

Les sillons nasogéniens sont-ils un signe de maladie ?

En eux-mêmes, non. Ils sont banals et s’accentuent avec l’âge, le soleil et le tabac. Un sillon qui s’efface soudainement d’un seul côté, avec une commissure molle ou un œil qui ne ferme plus, n’est plus un sillon de vieillissement ; c’est un déficit moteur qui impose un avis urgent. Le contraste entre les deux situations évite à la fois l’inquiétude inutile et le retard dangereux.

La toxine botulique est-elle utile ici ?

Elle est surtout utile pour les rides dynamiques du haut du visage. Sur un sillon nasogénien statique, elle n’est pas le traitement de première intention. Un médecin peut parfois l’utiliser sur un muscle qui aggrave le pli, pour quelques mois, mais cela ne remplace pas un comblement ni un geste sur le volume de la joue.

Homme mûr inspectant ses plis nasolabiaux dans le miroir.

Conclusion

Le sillon nasogénien raconte l’histoire du tiers moyen ; os, graisse, ligaments et peau, plus le soleil et la cigarette. Le traiter n’est jamais obligatoire. Quand on le souhaite, l’acide hyaluronique a derrière lui le plus grand volume d’essais, avec une atténuation mesurable pendant des mois, et un risque vasculaire rare qu’il faut connaître avant, pas après. Les crèmes et les lasers travaillent la surface. Le lifting s’adresse au relâchement, pas aux taches.

Avant un rendez-vous, prenez deux photos de face, une au repos et une en souriant, dans la même lumière. Notez ce qui vous gêne réellement, la profondeur au repos, l’ombre ou la dissymétrie. Demandez au médecin quel étage il juge responsable, quel produit il compte utiliser, combien de temps l’effet est attendu, et quelle est sa conduite si la peau blanchit ou si la vision change.

Si le visage tombe d’un seul coup, n’attendez pas une crème. Le 15 et le 112 existent pour cela. Pour un sillon qui se creuse à bas bruit, le bon interlocuteur est un dermatologue ou un chirurgien plasticien, avec un produit identifié, et non un stylo acheté en ligne.

Sources

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  3. Dermal Filler Do’s and Don’ts for Wrinkles, Lips and More. U.S. Food and Drug Administration, mis à jour en 2023.
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  5. Facial fillers for wrinkles. Mayo Clinic, 15 juillet 2025.
  6. Wrinkles – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 12 décembre 2023.
  7. Face-lift (rhytidectomy). Mayo Clinic, 28 mars 2026.
  8. Sunscreen FAQs and UV protection. American Academy of Dermatology, 11 février 2025.
  9. Stefura T, Kacprzyk A, Droś J et al. : Tissue Fillers for the Nasolabial Fold Area: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Clinical Trials. Aesthetic Plastic Surgery, octobre 2021.
  10. Beleznay K, Carruthers JDA, Humphrey S et al. : Update on Avoiding and Treating Blindness From Fillers: A Recent Review of the World Literature. Aesthetic Surgery Journal, 16 mai 2019.
  11. Swift A, Liew S, Weinkle S et al. : The Facial Aging Process From the « Inside Out ». Aesthetic Surgery Journal, 14 septembre 2021.
  12. Bell’s palsy – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 15 mars 2024.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.