
L’huile de coco n’est pas une matière grasse à placer au menu chaque jour pour « améliorer » la santé. Elle apporte 82 g de graisses saturées pour 100 g et, dans les essais contrôlés, elle fait monter le cholestérol LDL davantage que les huiles végétales non tropicales.
Beaucoup de rayons l’ont pourtant présentée comme un aliment presque médical. L’avis présidentiel de l’American Heart Association (AHA) de 2017 rappelait qu’une enquête avait trouvé 72 % du public américain convaincu qu’elle était « saine », contre 37 % des nutritionnistes, un écart attribué surtout au marketing. Les auteurs ont déconseillé son usage régulier parce qu’elle élève le LDL sans bénéfice cardiovasculaire compensateur connu.
Une seule cuillère à soupe fournit déjà plus de 11 g de saturés, presque le plafond de 13 g par jour que l’AHA retient pour un apport de 2 000 kcal. Face aux huiles non tropicales, une méta-analyse parue en 2020 dans Circulation a mesuré une hausse moyenne du LDL de 10,47 mg/dL. Une revue d’essais de 2025 n’a pas trouvé de perte de poids cliniquement utile, même à des doses de 10 à 50 g par jour.
Que contient vraiment une cuillère d’huile de coco
Cette huile est presque uniquement de la graisse. L’avis AHA de 2017 inscrit, dans son tableau, 82 g de saturés, 6 g de mono-insaturés et 2 g de polyinsaturés pour 100 g, soit plus que le beurre (63 g de saturés) et beaucoup plus que l’huile d’olive (14 g). Walter Willett, dans Harvard Health Publishing en 2018, parle d’environ 90 % de saturés. La British Heart Foundation retient plutôt 86 %, un tiers de plus que le beurre à 52 % dans ses propres chiffres. Ces écarts de quelques points viennent d’arrondis différents. Ils ne changent pas le message. Une cuillère à soupe, d’après la base nationale de nutriments citée par l’AHA, dépasse déjà 11 g de saturés, presque toute la ration de 13 g fixée pour 2 000 kcal.
Comme toute matière grasse, elle fournit beaucoup d’énergie. La BHF estime qu’une fourchette de 10 à 50 g par jour représente déjà environ 90 à 450 kcal. Deux cuillères fondues dans le café du matin ne sont donc pas un geste énergétique neutre, même sans sucre ajouté. Le produit n’apporte ni protéines, ni fibres, ni un cocktail de vitamines qui compenserait cette charge.
Le profil n’est pas celui du beurre. Environ la moitié des saturés est de l’acide laurique (12 atomes de carbone). Le reste se partage surtout entre acides myristique, palmitique, stéarique et quelques chaînes plus courtes. Cette composition explique la texture ferme à température ambiante, le goût sucré de coco, et une partie du débat sur les triglycérides à chaîne moyenne. Elle n’efface pas le fait que le bocal reste une graisse saturée solide.
| Matière grasse | Saturés (g/100 g) | Mono-insaturés (g/100 g) | Polyinsaturés (g/100 g) |
|---|---|---|---|
| Huile de coco | 82 | 6 | 2 |
| Beurre | 63 | 26 | 4 |
| Huile de palme | 49 | 37 | 9 |
| Saindoux | 39 | 45 | 11 |
| Huile d’olive | 14 | 73 | 10 |
| Huile de colza (canola) | 7 | 63 | 28 |
Les valeurs viennent de l’avis AHA de 2017. L’huile de colza y figure sous le nom anglais « canola ». En cuisine française, c’est l’équivalent courant à privilégier au quotidien, avec l’olive.

L’huile de coco fait-elle monter le cholestérol
Oui, davantage que les huiles d’olive, de tournesol, de carthame ou de colza. L’avis AHA de 2017 a passé en revue sept essais contrôlés comparant l’huile de coco à des huiles riches en insaturés. Le LDL a augmenté dans les sept, de façon significative dans six. Les auteurs n’ont pas trouvé d’écart clair avec d’autres graisses saturées comme le beurre, le gras de bœuf ou l’huile de palme. Aucun essai n’avait alors mesuré infarctus ou AVC comme critère principal. Le raisonnement retenu est celui du LDL, cause de l’athérosclérose, sans effet favorable connu qui viendrait compenser.
Neelakantan, Seah et van Dam ont ensuite regroupé 16 essais d’au moins deux semaines. Par rapport aux huiles végétales non tropicales, l’huile de coco a augmenté le LDL de 10,47 mg/dL (intervalle de confiance à 95 %, 3,01 à 17,94) et le HDL de 4,00 mg/dL (2,26 à 5,73). L’hétérogénéité était élevée. Le résultat sur le LDL restait significatif après exclusion des essais non randomisés ou de faible qualité. Glycémie, inflammation et adiposité n’ont pas bougé de façon significative. La hausse du HDL, souvent mise en avant sur les emballages, ne permet plus, selon l’AHA, d’inférer une protection cardiaque. Les traitements qui montent le HDL n’ont pas réduit les événements de façon fiable.
Le beurre n’est pas un meilleur étalon. Plusieurs synthèses notent que l’huile de coco peut faire moins monter le LDL que le beurre, tout en le faisant plus monter que les huiles insaturées. Pour le cœur, la comparaison utile est donc celle avec l’olive, le colza, le tournesol ou le soja. Willett le dit autrement. L’effet HDL peut rendre cette huile « moins mauvaise » que son taux de saturés ne le suggère, sans en faire un bon choix pour réduire le risque cardiaque.
Remplacer les saturés par des polyinsaturés a réduit les événements cardiovasculaires d’environ 30 % dans les essais analysés par l’AHA, un ordre de grandeur comparable à celui des statines dans ce texte de 2017. Remplacer les saturés par des glucides raffinés n’a pas montré le même bénéfice. Le geste utile n’est pas d’ajouter de la coco « en plus », mais de substituer, quand on change de matière grasse, vers une huile liquide végétale.
Les pays ne fixent pas le même plafond. L’AHA vise moins de 6 % de l’énergie sous forme de saturés, soit environ 13 g pour 2 000 kcal, un objectif surtout pertinent en cas de LDL élevé. D’autres guides américains, résumés par la Mayo Clinic, restent sous 10 % de l’énergie, soit 22 g pour le même apport. Au Royaume-Uni, le NHS indique au plus 30 g par jour pour un homme et 20 g pour une femme. En France, le médecin traitant ou le pharmacien appliquera la recommandation locale. Une cuillère de coco peut déjà occuper la majeure partie du budget saturés d’une journée « cœur », avant même le fromage ou la charcuterie.
TCM et acide laurique, la confusion avec l’huile MCT
Les messages « brûle-graisse » reposent surtout sur des essais d’huile de triglycérides à chaîne moyenne purifiée, pas sur le bocal du supermarché. Marie-Pierre St-Onge, dont les travaux sur les TCM ont été beaucoup cités, a précisé à l’AHA que l’huile de ses études était un produit formulé à 100 % de TCM. L’huile de coco courante n’en contient qu’environ 13 à 14 %. Pour viser les doses de TCM de ces protocoles, il faudrait selon elle avaler de l’ordre de 150 g, soit 10 cuillères à soupe, ce que personne ne devrait faire.
Les TCM « vrais » des études, surtout les acides caprylique (C8) et caprique (C10), passent en grande partie par la veine porte vers le foie et peuvent être oxydés plus vite que les triglycérides à longue chaîne. L’acide laurique a 12 carbones. Chimiquement, on le classe parfois parmi les chaînes moyennes. La BHF souligne qu’il se comporte dans l’organisme davantage comme une graisse saturée à longue chaîne. Il demande une digestion classique et, comme les autres saturés, il fait monter le LDL. Les résultats obtenus avec une huile MCT de laboratoire ne se transposent donc pas au produit de cuisine.
L’effet HDL inhabituel est probablement lié à cette forte part d’acide laurique, écrit Willett. L’AHA rappelle toutefois que, lorsque l’acide laurique remplace des glucides, le LDL monte aussi, environ deux fois moins que les acides myristique et palmitique, mais il monte. Le rapport LDL/HDL peut légèrement s’améliorer sur le papier. Ce rapport n’efface pas l’augmentation du LDL, le critère que l’avis de 2017 demande de regarder pour le risque d’athérosclérose.
Les points suivants aident à lire une étiquette sans mélanger les produits.
- L’huile de coco du rayon est une graisse saturée solide, pas un complément de TCM dosé en C8 et C10.
- Une huile MCT vendue à part est un ingrédient fractionné, souvent liquide, au profil lipidique différent.
- Dix cuillères à soupe par jour pour copier un essai de TCM dépasseraient très largement les plafonds de saturés.
- Un café additionné de coco ajoute des saturés et des calories sans preuve d’un bénéfice cardiaque.
La Mayo Clinic classe l’huile de coco parmi les graisses saturées à limiter, même chez une personne en bonne santé, et recommande de la remplacer par des huiles végétales issues de fruits, graines ou noix.
L’huile de coco fait-elle maigrir
Les essais disponibles ne montrent pas de perte de poids cliniquement utile. Gaeini, Bahadoran, Malmir et Mirmiran ont publié en juin 2025 dans BMC Nutrition une méta-analyse dose-réponse de 15 essais, 620 adultes, avec des doses quotidiennes allant de 5 ml à 60 ml. Pour chaque palier de 5 ml, la différence moyenne de poids était de 0,04 kg, statistiquement détectable, très loin du seuil de 4 kg retenu par les auteurs comme différence minimale cliniquement importante. L’indice de masse corporelle suivait la même logique. Le tour de taille n’a pas bougé. Dans le sous-groupe des essais de plus de quatre semaines, le poids tendait même légèrement à augmenter.
La BHF a repris cette littérature pour le grand public. Sur la fourchette de 10 à 50 g par jour, soit à peu près 1 à 3,5 cuillères à soupe, il n’y avait pas de baisse de poids, d’IMC ni de tour de taille. Ces quantités apportent déjà environ 90 à 450 kcal, un surplus facile à sous-estimer quand l’huile est fondue dans un curry ou un granola. Neelakantan et collègues n’avaient pas non plus trouvé d’effet sur le poids, le pourcentage de masse grasse ou le tour de taille par rapport aux huiles non tropicales.
La satiété souvent promise n’est pas un résultat stable. Une partie des textes promotionnels extrapole des protocoles de TCM purifiés, parfois dans le cadre d’un régime déjà hypocalorique. L’huile de coco, elle, reste aussi calorique que n’importe quelle autre huile. L’ajouter sans retirer une autre source d’énergie ne crée pas de déficit. La remplacer par une huile insaturée ne fait pas maigrir à elle seule, mais elle change le type de graisse, ce qui est l’objectif cardiaque.
Si l’objectif est le poids, les leviers documentés restent le déficit énergétique et l’activité physique. Les auteurs de la revue de 2025 concluent qu’il n’y a pas lieu de recommander cette huile pour les personnes en surpoids.
Alzheimer et mémoire, que disent les essais
Cette huile ne constitue pas un traitement de la maladie d’Alzheimer. Le National Center for Complementary and Integrative Health (NCCIH), dans sa synthèse destinée aux soignants mise à jour en juillet 2022, indique que de petits essais seulement ont été menés et qu’aucune donnée clinique large et rigoureuse ne soutient cet usage pour prévenir ou traiter la maladie. L’idée vient du métabolisme cérébral. Le glucose est mal utilisé dans certaines démences, alors que les corps cétoniques peuvent encore servir de carburant. Les TCM, en se transformant en cétones, ont donc été testés, surtout sous forme d’huile MCT, pas comme simple bocal de coco.
Les revues sur les acides gras à chaîne moyenne et les cétones exogènes trouvent des résultats cognitifs hétérogènes, parfois nuls, parfois limités à des sous-groupes, par exemple selon le statut APOE ε4. Ce n’est pas une base pour remplacer un suivi neurologique ou un traitement autorisé. Le NCCIH précise que des compléments d’huile de coco semblent bien tolérés à court terme, à raison de 10 ml deux ou trois fois par jour pendant jusqu’à 12 semaines. Cette fourchette décrit la sécurité observée, pas une posologie à copier pour « soigner la mémoire ».
Avaler 20 à 30 ml par jour pendant des mois, en plus de l’alimentation habituelle, reviendrait à ajouter une dose importante de saturés chez des personnes souvent âgées, parfois déjà exposées à un risque vasculaire. Le cerveau a aussi besoin d’artères perméables. Faire monter le LDL n’est pas un geste anodin dans ce contexte. Toute décision de tester un complément, y compris une huile MCT dans un protocole, appartient au médecin qui suit le patient. Contrôler la pression, le tabac, le diabète et le LDL reste un cadre plus solide qu’un café gras du matin.
Peau et cheveux, ce que montrent les études
Sur la peau du corps, l’huile de coco peut hydrater. La Cleveland Clinic explique qu’elle réduit la perte insensible d’eau et que l’acide laurique, environ 49 % du produit, a une activité antimicrobienne en laboratoire. Cela peut aider une peau sèche, des coudes rèches ou de petites lésions superficielles du type irritation de rasage. Cela ne remplace pas un soin de plaie, un antibiotique local prescrit ou un dermocorticoïde lorsque l’indication est une dermatite grave.
Un essai randomisé de 2008, mené aux Philippines chez des adultes atteints de dermatite atopique, a comparé l’huile vierge à l’huile d’olive vierge, deux applications par jour pendant quatre semaines sur des zones non infectées. Parmi les personnes colonisées par Staphylococcus aureus au départ, 5 % l’étaient encore avec l’huile de coco contre 50 % avec l’olive. Le score de sévérité a baissé dans les deux groupes, davantage avec la coco. L’échantillon était petit (26 personnes par bras). C’est une observation ancienne, utile comme piste d’émollient, pas comme traitement unique de l’eczéma.
Le visage est un autre terrain. L’huile y est jugée très comédogène par la Cleveland Clinic. Sur une peau grasse ou sujette à l’acné, elle peut boucher les pores, favoriser points noirs, microkystes et milium, surtout sous les yeux où la peau est fine. Même prudence sur le décolleté, les épaules et le dos si vous avez déjà des boutons. Pour démaquiller, une petite quantité est possible à condition de laver ensuite avec un nettoyant aqueux. L’huile non raffinée, pressée à froid, est celle que la clinique recommande si l’on veut un produit peu transformé pour le corps.
Sur les cheveux, les données portent surtout sur la casse et l’hydratation des fibres, pas sur une pousse démontrée. La Cleveland Clinic conseille d’en mettre surtout sur les longueurs, une noisette sur cheveux secs, puis de rincer. Les cheveux secs, épais et très bouclés en tirent souvent plus que les cheveux fins, que le produit alourdit. Huiler le cuir chevelu peut aggraver une dermatite séborrhéique. En cas de pellicules, mieux vaut éviter les huiles sur la peau du crâne et en parler à un dermatologue ou au médecin traitant.
Vierge, raffinée ou hydrogénée
Pour le cholestérol, le mode d’extraction change peu le problème central, la charge en saturés. L’huile vierge, souvent pressée à froid à partir de la chair fraîche, garde l’arôme de coco et des composés mineurs (tocophérols, polyphénols) que le raffinage réduit. L’huile raffinée, blanchie et désodorisée, a un goût plus neutre et supporte mieux la chaleur. Aucun de ces deux formats n’a, dans l’avis AHA, d’effet cardiovasculaire favorable qui contrebalancerait la hausse du LDL. Willett accepte un usage occasionnel pour la saveur, y compris en pâtisserie à la place d’une matière grasse végétale solide, tout en préférant olive et soja au quotidien.
L’huile partiellement hydrogénée est une autre catégorie. L’hydrogénation partielle des huiles végétales crée des acides gras trans industriels, qui montent le LDL et baissent le HDL, explique la Mayo Clinic. Aux États-Unis, ces graisses trans ajoutées ne peuvent plus entrer dans la fabrication des aliments. Ailleurs, des produits transformés peuvent encore en contenir. Sur une liste d’ingrédients, la mention « partiellement hydrogéné » reste un signal d’évitement, que l’huile de départ soit de coco, de palme ou de tournesol. L’huile de coco non hydrogénée n’est pas une source majeure de trans, mais elle reste saturée.
Le lait de coco et la crème de coco, que le NHS range parmi les aliments riches en saturés, pèsent aussi dans un curry. Ce n’est pas « l’huile », mais c’est la même famille botanique, avec un apport liquide souvent versé sans mesurer. Une recette thaïe n’est pas interdite. En manger la sauce jusqu’à la dernière cuillère, plusieurs fois par semaine, peut faire dépasser le budget saturés aussi sûrement qu’un filet dans la poêle.
Choisir vierge pour le goût ou pour un usage cutané est raisonnable. En faire un argument « non raffiné donc bon pour le cœur » ne l’est pas. Le raffinage enlève surtout l’odeur et une partie des micronutriments. Il n’enlève pas les 82 g de saturés pour 100 g.
Quelle quantité au quotidien et par quoi la remplacer
Il n’existe pas de ration « santé » officielle d’huile de coco à viser. L’AHA déconseille de l’utiliser comme huile habituelle. Willett, à Harvard, écrit qu’il l’emploierait avec parcimonie, pour un plat thaï ou une pâte qui a besoin d’une graisse solide, pas comme substitut quotidien de l’olive. Une petite quantité de temps en temps n’aura probablement pas un gros effet négatif. En consommer pour améliorer sa santé n’est pas une bonne idée.
Une cuillère à soupe dépasse 11 g de saturés. Deux cuillères, dans un café et une pâtisserie, saturent déjà le plafond AHA de 13 g avant le reste du repas. Le NHS conseille de mesurer l’huile à la cuillère plutôt que de verser à la bouteille, de privilégier grillade, vapeur et four, et de regarder les étiquettes. Un aliment est riche en saturés au Royaume-Uni au-delà de 5 g pour 100 g. L’huile de coco, à 82 g, est dans le rouge dès la première ligne.
Pour le quotidien, les huiles liquides végétales insaturées sont le remplacement documenté. Olive, colza, tournesol, soja, maïs. Poissons gras, noix, graines et avocat apportent aussi des insaturés. L’AHA insiste sur le schéma global, type DASH ou méditerranéen, pas sur un seul flacon. Remplacer le beurre par de la coco n’est qu’un échange de saturés contre d’autres saturés. Remplacer la coco par de l’olive change le LDL dans le bon sens, d’après les essais comparatifs.
Les usages culinaires où la coco reste défendable sont étroits.
- Un curry ou un gâteau où le goût de coco fait partie de la recette, en petite quantité mesurée.
- Une pâtisserie végétalienne qui a besoin d’une graisse solide à la place du beurre, sans en faire l’huile de tous les jours.
- Un usage cutané sur le corps, en évitant le visage si la peau est grasse ou acnéique.
Le pharmacien peut aider à lire une étiquette d’aliment transformé. Le médecin traitant peut dire si, avec votre LDL et vos antécédents, même l’usage « festif » doit être plus rare. Les recommandations françaises ne sont pas celles de l’AHA ou du NHS mot pour mot. C’est précisément pour cela qu’un conseil local vaut mieux qu’une dose copiée sur un site américain.
Cholestérol élevé, quand consulter
Un LDL déjà haut, un antécédent d’infarctus, d’AVC ou de stent, une hypercholestérolémie familiale ou un diabète changent la donne. Dans ces situations, l’AHA vise 5 à 6 % de l’énergie en saturés. Ajouter chaque matin une cuillère de coco dans le café va à l’encontre de cet objectif. Le bon réflexe n’est pas d’attendre un symptôme. C’est d’en parler au médecin traitant et de faire doser le bilan lipidique si vous en consommez souvent et que vous n’avez pas de chiffres récents.
Une douleur thoracique brutale, un essoufflement soudain, une faiblesse d’un côté du corps ou un trouble de la parole ne se règlent pas en changeant d’huile. Ce sont des signes d’urgence. En France, on appelle le 15 (SAMU) ou le 112. À ces doses culinaires, ce n’est pas un poison aigu. Le risque dont parlent les cardiologues est celui d’un LDL trop haut pendant des années.
Le tableau ci-dessous relie des situations fréquentes à une conduite simple, avec les plafonds américains et britanniques comme repères à discuter en consultation.
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Douleur de poitrine, essoufflement brutal, signes d’AVC | Appelez le 15 ou le 112, sans attendre |
| LDL déjà élevé, infarctus, AVC, diabète | Parlez de l’huile de coco au médecin traitant avant d’en ajouter |
| Usage quotidien (café, pâtisserie, curry) | Faites doser un bilan lipidique si les chiffres datent |
| Peau du visage qui se bouche, boutons, milium | Arrêtez l’application sur le visage et voyez un dermatologue si cela dure |
| Pellicules, plaques du cuir chevelu après huilage | Cessez d’huiler le crâne et demandez un avis médical |
Les enfants, selon le NHS, doivent recevoir moins de saturés que les adultes. Le NHS n’indique aucune dose pédiatrique de cette huile. Pour un enfant suivi pour une maladie de peau, seul le médecin qui le connaît peut dire si un émollient à base de coco a une place.
Questions fréquentes
L’huile de coco est-elle un choix sain pour cuisiner tous les jours ?
Non. L’AHA déconseille d’en faire l’huile habituelle parce qu’elle élève le LDL sans bénéfice cardiaque connu. Vous pouvez la garder pour un plat où son goût compte vraiment, puis revenir à l’olive ou au colza le reste de la semaine.
Faut-il préférer l’huile vierge si l’on a le cholestérol haut ?
Pas pour le cœur. Vierge ou raffinée, la charge en saturés reste du même ordre. La version vierge a plus d’arôme et, pour la peau, davantage de composés mineurs. Elle ne corrige pas la hausse du LDL observée dans les essais.
Peut-on remplacer le beurre par l’huile de coco ?
On peut le faire pour la texture d’une pâte, surtout en pâtisserie végétalienne. Ce n’est pas un échange « santé ». Les deux sont riches en saturés. L’olive, le colza ou une margarine non hydrogénée à base d’huiles insaturées restent plus cohérents avec les guides cardiaques.
Le café à l’huile de coco aide-t-il à maigrir ?
Rien dans les méta-analyses d’huile de coco n’étaye une perte de poids utile. Une à trois cuillères ajoutent déjà 90 à 450 kcal environ, d’après la BHF. Si le café devient un repas de saturés, le LDL et la balance en font les frais.
L’huile de coco protège-t-elle vraiment de la maladie d’Alzheimer ?
Non, pas au vu des données actuelles. Le NCCIH indique que seuls de petits essais existent et qu’aucun corpus large et rigoureux ne soutient cet usage. Un complément n’a pas vocation à remplacer le suivi médical d’un trouble de mémoire.
Le lait de coco pose-t-il le même problème que l’huile ?
Il est moins concentré, mais le NHS le classe, avec la crème de coco, parmi les aliments riches en saturés. Une sauce de curry n’est pas interdite. En absorber une grande assiettée plusieurs fois par semaine pèse sur le même budget de saturés que l’huile.
Conclusion
L’huile de coco a un goût que beaucoup aiment, une texture pratique en pâtisserie et un vrai usage d’émollient sur une peau sèche. Sur le cholestérol LDL, les essais et les avis cardiologiques convergent. Elle se comporte comme une graisse saturée tropicale, pas comme l’olive. La hausse du HDL ne rachète pas cette hausse du LDL. Les promesses de minceur reposent sur une confusion avec l’huile MCT. Celles qui concernent Alzheimer n’ont pas de base clinique solide.
Le geste le plus utile, si vous en consommez souvent, est de faire le point sur vos chiffres. Demandez à votre médecin traitant un bilan lipidique récent, dites-lui combien de cuillères partent dans le café, les gâteaux ou les currys, et voyez avec lui si ce volume a encore une place. Le pharmacien peut vous aider à repérer l’huile de coco et l’huile de palme dans les listes d’ingrédients.
Gardez un petit bocal pour les recettes où la coco est le goût recherché. Pour la poêle du quotidien, une huile liquide insaturée fait le travail avec un profil lipidique plus favorable. Si une douleur thoracique ou un signe d’AVC apparaît, le numéro à composer n’est pas celui du magasin bio. C’est le 15 ou le 112.
Sources
- Sacks FM, Lichtenstein AH et al. : Dietary Fats and Cardiovascular Disease: A Presidential Advisory From the American Heart Association. Circulation, 15 juin 2017.
- Neelakantan N, Seah JYH, van Dam RM : The Effect of Coconut Oil Consumption on Cardiovascular Risk Factors: A Systematic Review and Meta-Analysis of Clinical Trials. Circulation, 10 mars 2020.
- Saturated Fats | American Heart Association. American Heart Association, 23 août 2024.
- Saturated fats: Why all the hubbub over coconuts?. American Heart Association, 21 juin 2017.
- Willett WC : Ask the doctor: Coconut oil and health. Harvard Health Publishing, 22 août 2018.
- Dietary fat: Know which to choose. Mayo Clinic, 16 avril 2026.
- How to eat less saturated fat. National Health Service, 19 juin 2023.
- Is coconut oil good for you?. British Heart Foundation, 23 avril 2026.
- Should You Use Coconut Oil on Your Skin?. Cleveland Clinic, 29 décembre 2022.
- Dietary Supplements and Cognitive Function, Dementia, and Alzheimer’s Disease: What the Science Says. National Center for Complementary and Integrative Health, juillet 2022.
- Gaeini Z, Bahadoran Z et al. : Dose-dependent effect of coconut oil supplementation on obesity indices: a systematic review and dose-response meta-analysis of clinical trials. BMC Nutrition, 6 juin 2025.
- Hair Oiling: Should You Try It?. Cleveland Clinic, 31 août 2022.
