Bursite trochantérienne : symptômes et traitements

Bursite trochantérienne : symptômes et traitements

La bursite trochantérienne est une douleur localisée sur le côté de la hanche, au niveau du grand trochanter, la saillie osseuse du haut du fémur. Les Clinical Knowledge Summaries du NICE, révisées en septembre 2023, préfèrent le nom de greater trochanteric pain syndrome, car la bourse n’est souvent pas le tissu principal et les tendons du moyen et du petit fessier sont plus souvent en cause.

La nuit, se tourner sur le côté atteint réveille souvent d’un coup, comme si un point précis sous la peau ne supportait plus le poids du corps. Le Merck Manual, mis à jour en juillet 2025, écrit que la bursite isolée de cette région est désormais considérée comme rare.

Plus de 90 % des personnes récupèrent avec des mesures conservatrices, selon le NICE 2023. Dans l’essai randomisé de Mellor, Bennell et Grimaldi publié dans le British Medical Journal, un programme d’éducation et d’exercices a donné un succès global chez 51 participants sur 66 à huit semaines, contre 20 sur 68 dans le groupe qui attendait. Une douleur inchangée après une à deux semaines, ou une fièvre avec impossibilité d’appui, change la conduite.

Qu’est-ce que la bursite trochantérienne aujourd’hui

Le nom usuel désigne encore une inflammation de la bourse située contre le grand trochanter, mais ce n’est plus le cadre que retiennent les guides récents. Le NICE 2023 parle d’un syndrome douloureux régional, intermittent, autour de cette saillie osseuse, et abandonne le terme unique de bursite parce que l’inflammation de la bourse n’est pas constante.

Le Merck Manual 2025 va plus loin. La bursite isolée y est présentée comme rare, et la douleur latérale vient le plus souvent d’une tendinopathie du moyen et du petit fessier, parfois associée à une irritation de la bourse. En français, on dit aussi syndrome douloureux du grand trochanter ou tendinopathie du moyen fessier. Ces trois libellés décrivent le même territoire, pas trois maladies séparées.

La fiche StatPearls, actualisée le 25 février 2024, estime la prévalence à environ 15 % chez les femmes et 8 % chez les hommes. Les mêmes auteurs, comme le NICE, situent le pic entre 40 et 60 ans. Ce n’est pas une atteinte réservée aux sportifs. Une femme d’âge moyen qui marche, monte des escaliers et dort sur le côté peut présenter le même tableau qu’une coureuse.

La bourse reste utile à connaître. C’est un petit sac de glissement entre l’os et les tendons. Quand elle s’irrite, elle peut ajouter une douleur à la pression. Elle n’explique plus, à elle seule, la majorité des cas. Le changement de nom a une conséquence concrète, car le traitement vise d’abord à soulager la charge sur les tendons fessiers, pas seulement à « calmer une poche de liquide ».

Personne souffrant de bursite trochantérienne, assise sur le lit en tenant leur hanche.

Quels symptômes reconnaît-on à la face externe de la hanche

Le signe le plus fiable est une douleur nette sur le côté de la hanche, au toucher du grand trochanter, souvent plus vive la nuit ou en appui sur le côté atteint. L’OrthoInfo de l’American Academy of Orthopaedic Surgeons, mise à jour en 2023, décrit une douleur d’abord vive, puis plus sourde, qui s’étend parfois vers la face externe de la cuisse.

Les mêmes pages, ainsi que MedlinePlus (révisé le 7 novembre 2024), relient l’aggravation à des gestes banals comme se lever d’une chaise, marcher longtemps, monter des escaliers ou s’accroupir. Se coucher sur la hanche douloureuse réveille. Se tenir longtemps debout, surtout en chargeant plus un côté, peut entretenir le malaise. La Cleveland Clinic, mise à jour le 6 juillet 2023, ajoute une gêne en se relevant après une position assise.

Près de 40 % des personnes concernées décrivent un sommeil perturbé, d’après StatPearls 2024. Ce n’est pas un détail, car les nuits coupées fatiguent, diminuent la tolérance à la douleur le lendemain et rendent plus difficile le programme d’exercices. La douleur reste en général latérale. Une douleur profonde dans l’aine oriente plutôt vers l’articulation elle-même, comme le rappelle la Mayo Clinic dans sa fiche sur la douleur de hanche du 22 décembre 2025.

Quelques points aident à reconnaître le tableau au quotidien.

  • La pression d’un doigt sur la pointe osseuse du côté de la hanche réveille la douleur habituelle.
  • Monter un escalier ou marcher en côte augmente souvent la gêne en quelques minutes.
  • Rester allongé sur le côté atteint réveille ou empêche de se rendormir.
  • Se lever d’un siège bas après un long moment assis relance une douleur vive.

Une faiblesse nette pour écarter la jambe, ou un bassin qui bascule à la marche, n’appartient pas au tableau simple. Elle peut indiquer une atteinte plus marquée des tendons fessiers et justifie un examen médical sans attendre plusieurs semaines de soins seuls.

Quelles causes et quels facteurs de risque

La douleur naît surtout d’une surcharge répétée sur les tendons qui s’insèrent sur le grand trochanter, parfois après un choc, plus rarement d’une bursite isolée. Le Merck Manual 2025 place la tendinopathie du moyen et du petit fessier au premier plan. La Cleveland Clinic 2023 relie les poussées à des gestes répétés, à une chute ou un coup sur la hanche, et à une chirurgie de hanche antérieure.

Le consensus de physiothérapie de l’International Society for Hip Preservation (ISHA), publié le 2 janvier 2023, insiste sur la compression. Croiser les jambes, dormir sans oreiller entre les genoux ou rester en appui unipodal prolongé plaque les tendons contre l’os. Le traitement commence donc par enlever ces compressions, avant d’ajouter des exercices.

Les femmes de 40 à 60 ans sont plus souvent concernées, d’après le NICE 2023 et StatPearls 2024. L’écart s’explique surtout par la géométrie du bassin et par des charges répétées sur les abducteurs, pas par une « fragilité » générale. Une reprise trop rapide de la marche, de la course ou des escaliers après une période calme suffit parfois à déclencher les symptômes.

Un métier ou un sport qui répète les mêmes appuis sur la hanche entre dans le même cadre de surcharge que décrit la Cleveland Clinic 2023. Ces éléments n’imposent pas un diagnostic à eux seuls. Ils aident le médecin à comprendre pourquoi la hanche a saturé et quels gestes réduire en premier.

Comment le diagnostic se pose-t-il

Le diagnostic repose d’abord sur l’entretien et l’examen, avec une douleur latérale, un point douloureux sur le grand trochanter et la reproduction de la gêne quand les tendons fessiers sont mis en tension. Le NICE 2023 affirme clairement que le diagnostic est clinique. Aucune radio n’est obligatoire si le tableau est typique et s’il n’y a pas de signe d’alerte.

Le médecin vous demandera où la douleur a commencé, ce qui l’aggrave, si une chute l’a précédée, et s’il existe une fièvre ou une raideur d’aine. Il palpe le grand trochanter, compare les deux hanches, observe la marche et teste l’écartement de la cuisse. Une douleur reproduite au bon endroit, sans blocage articulaire profond, oriente vers ce syndrome.

Une radiographie, une échographie ou une IRM peuvent servir à écarter une autre cause, indiquent la Cleveland Clinic 2023 et MedlinePlus 2024. La radio cherche surtout une fracture, une coxarthrose visible ou une calcification. L’échographie et l’IRM montrent tendons et bourses. Ces images ne remplacent pas l’examen, car des anomalies de tendons existent aussi chez des personnes sans douleur.

Une ostéodensitométrie n’appartient pas à ce bilan de première intention. Elle évalue le capital osseux, pas une douleur latérale de hanche. Si le médecin la propose, c’est en général pour une autre question (fracture, ostéoporose), pas pour confirmer une bursite.

En France, le médecin traitant pose le plus souvent le diagnostic et décide s’il faut une imagerie ou un avis de rhumatologie ou d’orthopédie. Les seuils d’examen peuvent différer des usages américains ou britanniques ; le pharmacien et le médecin appliquent la pratique locale.

Que faire à la maison les premières semaines

Les premières mesures consistent à réduire les gestes qui compriment le grand trochanter, à appliquer de la glace et, si votre médecin ou votre pharmacien l’estime possible, à prendre un antalgique adapté. Le NICE 2023 conseille d’éviter les mouvements répétitifs de hanche et de ne pas dormir sur le côté atteint, et indique qu’une poche de glace de 10 à 20 minutes, plusieurs fois par jour, peut soulager.

Une glace trois à quatre fois par jour pendant les deux ou trois premiers jours, et un oreiller entre les genoux pour limiter l’adduction, figurent aussi dans MedlinePlus 2024. Le consensus ISHA 2023 ajoute de s’asseoir pour enfiler pantalon ou chaussettes, afin d’éviter un long appui sur une seule jambe. Croiser les jambes en position assise ou debout reproduit la même compression.

Le NICE 2023 propose le paracétamol ou un anti-inflammatoire non stéroïdien tel que l’ibuprofène, si besoin. La Cleveland Clinic 2023 demande de ne pas prendre d’antalgiques en vente libre plus de dix jours d’affilée sans en parler à un professionnel. Cette limite vaut surtout pour l’usage en automédication. Un médecin peut décider autrement, notamment si vous avez un estomac fragile, une maladie rénale, un traitement anticoagulant ou un âge avancé.

L’OrthoInfo 2023 accepte une canne ou des béquilles pendant une semaine ou plus, le temps de diminuer la charge. Ce n’est pas un aveu d’échec. C’est un moyen temporaire de marcher sans entretenir l’irritation. La reprise se fait ensuite par étapes, pas par un arrêt total prolongé qui affaiblit les muscles fessiers.

Gestes utiles les premiers jours, si la douleur le permet.

  • Placez un oreiller entre les genoux dès que vous vous couchez sur le côté opposé.
  • Réduisez escaliers, courses et stations debout prolongées, sans rester alité toute la journée.
  • Appliquez de la glace enveloppée dans un linge, par séances de 10 à 20 minutes.
  • Demandez au pharmacien si le paracétamol ou l’ibuprofène vous convient, et pour combien de jours.

Si la gêne diminue, le NICE 2023 rappelle que plus de 90 % des personnes récupèrent grâce aux soins conservateurs. StatPearls 2024 rappelle toutefois qu’il faut souvent trois mois ou plus pour un vrai apaisement. Un mieux à deux semaines n’annule pas le travail de renforcement qui suit.

Kinésithérapie et exercices qui aident vraiment

Un programme d’éducation à la charge et d’exercices ciblés sur les muscles fessiers est aujourd’hui le traitement de fond le mieux étayé, devant l’infiltration seule. L’essai de Mellor, Bennell, Grimaldi et leurs collègues, publié le 2 mai 2018 dans le BMJ, a comparé 14 séances de kinésithérapie sur huit semaines, une infiltration de corticoïde et une simple surveillance chez 204 personnes.

À huit semaines, 51 participants sur 66 du groupe éducation et exercices déclaraient un succès global, contre 38 sur 65 après infiltration et 20 sur 68 dans le groupe qui attendait. Cet essai a plus de sept ans et reste l’étude de référence que les revues de 2025 continuent de citer. La méta-analyse en réseau de Wang, Guo, Liu et leurs collègues, parue le 31 janvier 2025 dans le Journal of Orthopaedic Surgery and Research, a repris 19 essais randomisés (1 701 personnes) et a classé l’exercice comme l’option la plus efficace sur la douleur mesurée par l’échelle numérique et sur la fonction mesurée par le score VISA-G.

La revue narrative de Gill, Neal-Smith, Saed et leurs collègues, publiée le 12 juin 2025 dans Cureus, place la kinésithérapie et les exercices à domicile en première ligne. Le bénéfice n’est pas immédiat. Les auteurs soulignent qu’il faut du temps, et que l’infiltration, si elle est utilisée, sert surtout à passer un cap douloureux pour pouvoir s’entraîner.

Le consensus ISHA 2023 décrit le contenu habituel, qui consiste à renforcer les abducteurs, contrôler le bassin, éviter les postures d’adduction, puis progresser vers des appuis unipodaux. Les étirements qui compriment encore le tendon contre le trochanter sont malvenus au début. Un kinésithérapeute adapte la charge à la douleur des 24 heures suivantes, car le tendon réagit souvent le lendemain, pas pendant la séance.

En France, c’est le médecin qui prescrit les séances ; le kinésithérapeute construit le programme. Il n’existe pas, dans les sources anglophones citées, de protocole unique imposé. L’idée commune reste simple, avec moins de compression, plus de force des fessiers et une reprise progressive de la marche et des escaliers.

Homme à vélo sur la route.

Infiltrations et plasma riche en plaquettes

Une infiltration péri-trochantérienne de corticoïde peut soulager à court terme, surtout si la douleur empêche de commencer les exercices, mais elle n’est pas le traitement de fond. Le NICE 2023 la propose, avec un recours à la kinésithérapie, lorsque les mesures initiales ne suffisent pas. Gill et ses collègues (2025) confirment un effet surtout transitoire, plus utile associé à la rééducation que seul.

Le Merck Manual 2025 décrit, dans la pratique américaine, une injection d’anesthésique local souvent mélangé à un corticoïde-dépôt. Le produit exact, le volume et le guidage échographique relèvent du médecin qui vous suit. En France, le choix du produit et l’indication suivent la pratique locale, pas une posologie recopiée d’un manuel américain.

L’OrthoInfo 2023 prévient qu’il faut limiter le nombre d’injections, car des piqûres répétées de corticoïde peuvent abîmer les tissus voisins. Le consensus ISHA 2023 demande de reprendre la kinésithérapie dès que la douleur le permet après l’infiltration, car le geste ne corrige ni la faiblesse des abducteurs ni les habitudes de compression.

Le plasma riche en plaquettes (PRP) reste, selon Gill 2025, un sujet sans conclusion solide. Certaines études le comparent au corticoïde, d’autres non ; les protocoles de préparation varient. Ce n’est pas un soin de première intention, et il n’est pas toujours proposé ni remboursé de la même façon selon les pays.

D’autres techniques physiques existent ; Gill 2025 et Wang 2025 gardent l’exercice comme base, et le PRP hors des soins de première intention. Si un médecin propose un geste complémentaire, demandez ce qu’il ajoute à un programme de kinésithérapie déjà bien suivi, plutôt que d’en faire un soin isolé.

Quand la chirurgie entre-t-elle en discussion

La chirurgie n’est envisagée que si la douleur reste invalidante après un traitement conservateur bien conduit, et elle reste rare. La Cleveland Clinic 2023 situe ce recours après plus de six mois de symptômes malgré les autres soins, et précise qu’il s’agit le plus souvent d’une résection de la bourse. L’OrthoInfo 2023 confirme que l’opération est rarement nécessaire.

Le NICE 2023 réserve l’urgence aux signes d’infection, à une chute ou à une impossibilité soudaine de prendre appui. Une douleur chronique gênante mais stable suit un autre chemin, et le médecin traitant juge s’il faut un avis de rhumatologie ou d’orthopédie.

Le geste dépend de ce que l’imagerie et l’examen montrent, une bourse irritée, un tendon fessier fissuré ou une bandelette ilio-tibiale trop tendue. Une bursectomie n’a de sens que si la bourse est réellement en cause. Une réparation de tendon s’adresse à une déchirure documentée, pas à une simple douleur à la pression. Ces décisions se prennent en consultation d’orthopédie, pas à partir d’une radio isolée.

Les études citées ne promettent pas une hanche « comme avant » après l’opération. Le message utile est l’inverse. La grande majorité des personnes n’en arrivent pas là si la charge, la glace, les antalgiques adaptés et la kinésithérapie sont tenus assez longtemps.

Douleur latérale de hanche, quand voir le médecin

Consultez le médecin traitant si la douleur latérale de hanche gêne le sommeil, la marche ou le travail, ou si elle ne s’améliore pas après une à deux semaines de mesures simples. La Cleveland Clinic 2023 et MedlinePlus 2024 retiennent ce délai d’une à deux semaines. Plus tôt s’impose si la douleur est d’emblée violente, s’il y a eu une chute, ou si vous ne pouvez plus prendre appui.

Le NICE 2023 demande une orientation en urgence en cas de signes généraux, de suspicion d’infection, de chute, ou d’impossibilité soudaine de porter le poids du corps. La Mayo Clinic (22 décembre 2025) ajoute une hanche déformée, une jambe qui paraît plus courte, un gonflement soudain, de la fièvre, des frissons ou un changement de couleur de la peau. En France, ces tableaux relèvent du 15 (SAMU) ou du 112.

Après une infiltration, une douleur qui augmente sans relâche pendant plusieurs heures, ou qui persiste au-delà de 48 heures, doit être réévaluée pour écarter une infection, selon le Merck Manual 2025. Ce n’est pas le simple réveil douloureux des premières heures, souvent transitoire ; c’est une aggravation continue.

Situation Signes d’orientation Conduite
Soins à domicile possibles Douleur latérale, appui conservé, pas de fièvre Glace, repos relatif, antalgique selon avis
Médecin traitant Gêne après 1 à 2 semaines, nuits coupées, escaliers difficiles Examen clinique, kinésithérapie, parfois infiltration
Avis spécialisé Douleur persistante malgré kiné et infiltration, doute diagnostique Imagerie ciblée, rhumatologie ou orthopédie
Urgence (15 ou 112) Chute, appui impossible, fièvre, hanche déformée, gonflement soudain Appeler le 15 ou le 112
Après une infiltration Douleur qui augmente sans pause, ou qui dure plus de 48 heures Revoir le médecin pour écarter une infection

Une douleur qui descend dans toute la jambe avec une faiblesse franche n’est plus le tableau de cette bursite. Le NICE 2023 demande déjà d’écarter une atteinte de racine lombaire ; le médecin traitant décide alors s’il faut un avis plus rapide.

Comment la distinguer d’une arthrose ou d’une sciatique

La douleur de ce syndrome reste latérale et reproductible à la pression du grand trochanter, alors qu’une coxarthrose se manifeste plus souvent dans l’aine et qu’une sciatique suit souvent le trajet du nerf depuis le bas du dos. La Mayo Clinic 2025 oppose clairement la douleur externe (tendons, ligaments, muscles, bourses) et la douleur interne ou inguinale (articulation).

Enfiler une chaussette ou nouer un lacet devient parfois difficile en cas d’arthrose, parce que la rotation et la flexion de hanche sont limitées. Ici, l’amplitude articulaire est souvent conservée, et c’est l’appui sur le côté ou la montée d’escalier qui fait mal. Le NICE 2023 demande d’écarter aussi une compression d’une racine lombaire, une infection de bourse et d’autres douleurs de hanche atypiques.

Une déchirure des tendons fessiers peut mimer le même point douloureux. La différence se joue sur la force. Écarter la jambe contre résistance devient nettement plus faible, et la marche peut se faire en « bascule » du bassin. Ce n’est plus un simple syndrome douloureux. Le médecin peut alors demander une échographie ou une IRM, déjà citées par la Cleveland Clinic 2023 comme examens d’appoint.

La fibromyalgie, une fracture de fatigue ou une douleur projetée du rachis restent des diagnostics d’élimination. Ils n’ont de place qu’après un examen qui n’a pas trouvé le point trochantérien typique, ou qui a trouvé trop d’autres signes. Empiler les examens « au cas où » n’accélère pas la guérison ; un bon examen clinique le fait plus souvent.

Questions fréquentes

Peut-on continuer à marcher avec une bursite trochantérienne ?

Oui, dans la plupart des cas, à condition de raccourcir les distances, d’éviter les pentes et de s’arrêter avant que la douleur ne monte franchement. Un arrêt total prolongé affaiblit les muscles fessiers que la kinésithérapie cherche à renforcer. Une canne pendant une semaine ou plus, comme le prévoit l’OrthoInfo 2023, permet parfois de marcher sans entretenir l’irritation.

Combien de temps dure une bursite trochantérienne ?

La Cleveland Clinic 2023 situe souvent l’amélioration en quelques semaines à quelques mois ; StatPearls 2024 parle fréquemment de trois mois ou plus. Le NICE 2023 rappelle que plus de 90 % des personnes récupèrent avec un traitement conservateur. Une douleur qui dure n’est pas, à elle seule, le signe d’une hanche « abîmée de l’intérieur ».

Faut-il une infiltration de cortisone dès le début ?

Non. Le NICE 2023 la réserve aux situations où le repos relatif, la glace, les antalgiques adaptés et les conseils initiaux n’ont pas suffi, et il l’associe à la kinésithérapie. L’essai de Mellor 2018 a montré un moins bon succès global de l’infiltration seule que du programme d’exercices à huit semaines. Elle peut aider à passer un cap, elle ne remplace pas le travail des tendons.

Comment dormir sans réveiller la hanche ?

Évitez de vous coucher sur le côté douloureux et placez un oreiller entre les genoux si vous êtes sur l’autre côté, comme le conseillent MedlinePlus 2024 et le consensus ISHA 2023. Dormir sur le dos, éventuellement avec un coussin sous les genoux, réduit aussi l’adduction. Ces habitudes n’agissent pas en une nuit, mais elles diminuent la compression qui relance la douleur à chaque retournement.

Le sport est-il interdit tant que la hanche fait mal ?

Le sport à impact et les séances qui reproduisent la douleur (course en descente, squats profonds, longues sorties) doivent être réduits le temps que la charge redevienne tolérable. Le NICE 2023 demande d’éviter les mouvements répétitifs qui aggravent. La marche sur terrain plat, puis les exercices guidés, reprennent avant la course. Un kinésithérapeute fixe souvent comme seuil une douleur acceptable pendant l’effort, qui redescend dans les 24 heures.

Une perte de poids soulage-t-elle toujours cette douleur ?

Pas de façon automatique. StatPearls 2024 et le NICE 2023 insistent surtout sur le sexe et la tranche 40-60 ans comme terrains fréquents. Le levier le plus constant reste la réduction des compressions et le renforcement des fessiers, quel que soit le poids. Le médecin ou le pharmacien pourra discuter un objectif de poids s’il est utile dans votre cas.

Médecins examinant une radiographie du bassin.

Conclusion

La douleur latérale de hanche que l’on appelle encore bursite trochantérienne est, dans la plupart des cas, un syndrome de tendons fessiers trop chargés, parfois associé à une bourse irritée. Les guides de 2023 à 2025, du NICE au Merck Manual, ont déplacé l’accent vers moins d’attente magique envers une infiltration et plus d’éducation à la charge et d’exercices.

Si vous reconnaissez le point douloureux sur le grand trochanter, commencez par les mesures simples déjà citées (glace, oreiller, moins d’adduction, antalgique adapté), puis demandez au médecin traitant une prescription de kinésithérapie si la gêne dépasse une à deux semaines. Préparez la consultation en notant ce qui réveille la nuit, ce qui bloque les escaliers, et si une faiblesse à l’écartement de la jambe est apparue.

Appelez le 15 ou le 112 si la hanche ne porte plus, si une fièvre s’associe à la douleur, ou si une chute vient de se produire. Pour tous les autres cas, le prochain geste utile est un examen clinique, pas une opération, et rarement une image de première intention.

Sources

  1. NICE : Greater trochanteric pain syndrome. NICE Clinical Knowledge Summaries, révisé en septembre 2023.
  2. Villa-Forte A : How To Inject a Trochanteric Bursa. Merck Manual Professional Edition, juillet 2025.
  3. Trochanteric Bursitis: Symptoms, Causes & Treatments. Cleveland Clinic, 6 juillet 2023.
  4. Pumarejo Gomez L, Li D, Childress JM : Greater Trochanteric Pain Syndrome (Greater Trochanteric Bursitis). StatPearls, 25 février 2024.
  5. Hip Bursitis – OrthoInfo. OrthoInfo, American Academy of Orthopaedic Surgeons, mis à jour en 2023.
  6. Greater trochanteric pain syndrome. MedlinePlus, 7 novembre 2024.
  7. Hip pain – Causes and definition. Mayo Clinic, 22 décembre 2025.
  8. Mellor R, Bennell K et al. : Education plus exercise versus corticosteroid injection use versus a wait and see approach on global outcome and pain from gluteal tendinopathy: prospective, single blinded, randomised clinical trial. British Medical Journal, 2 mai 2018.
  9. Wang SQ, Guo NY et al. : Effect of conservative treatment on greater trochanteric pain syndrome: a systematic review and network meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of Orthopaedic Surgery and Research, 31 janvier 2025.
  10. Gill JK, Neal-Smith G et al. : Management of Greater Trochanteric Pain Syndrome: A Narrative Review. Cureus, 12 juin 2025.
  11. Disantis A, Andrade AJ et al. : The 2022 International Society for Hip Preservation (ISHA) physiotherapy agreement on assessment and treatment of greater trochanteric pain syndrome (GTPS): an international consensus statement. Journal of Hip Preservation Surgery, 2 janvier 2023.
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