
La trichomonase est une infection sexuellement transmissible (IST) due au protozoaire Trichomonas vaginalis. Le parasite se transmet surtout par contact génital, passe souvent inaperçu, et un nitro-imidazole oral permet le plus souvent de l’éliminer si les partenaires sont traités en même temps.
Chez la femme, le schéma de 500 mg de métronidazole deux fois par jour pendant 7 jours a remplacé, dans les STI Treatment Guidelines des CDC de 2021, la prise unique de 2 g encore préférée en 2015 pour les femmes sans VIH. Un essai randomisé de 623 femmes, publié dans The Lancet Infectious Diseases, a montré 11 % de tests encore positifs à un mois après 7 jours de traitement, contre 19 % après 2 g en une fois.
L’OMS estime 156 millions de nouveaux cas en 2020 chez les 15 à 49 ans. Entre 70 et 85 % des personnes n’ont que peu ou pas de signes. L’examen microscopique à l’état frais n’en détecte que 44 à 68 %, alors qu’un test d’amplification des acides nucléiques (TAAN) dépasse 95 % de sensibilité chez la femme. Environ une personne sur cinq se réinfecte dans les trois mois, d’où un nouveau test chez la femme à cet horizon.
Qu’est-ce que la trichomonase et comment se transmet-elle ?
La trichomonase est l’IST non virale la plus fréquente dans le monde, causée par un protozoaire flagellé qui infecte l’épithélium génital. Chez la femme, le parasite se loge surtout dans le vagin, la vulve, le col et l’urètre. Chez l’homme, il siège le plus souvent dans l’urètre, parfois dans la prostate.
Le passage se fait principalement d’un pénis à un vagin, d’un vagin à un pénis, ou d’un vagin à un autre vagin, y compris par les sécrétions. Le NHS ajoute le partage de jouets sexuels et le contact peau contre peau au niveau génital. Une personne sans aucun signe peut transmettre l’infection. Sans traitement, le parasite persiste des mois, parfois des années, surtout chez la femme ; la durée semble plus courte chez l’homme.
Les localisations extra-génitales (bouche, rectum, mains) existent mais restent rares. Le guide américain de 2021 ne recommande pas de tests oral ou rectal, aucun de ces prélèvements n’étant homologué aux États-Unis pour cet usage. La transmission par la bouche, l’anus ou les mains n’équivaut pas, d’après ces données, à un rapport génital.
Le préservatif, utilisé du début à la fin du rapport, réduit le risque sur la zone qu’il recouvre, sans l’annuler, car le parasite peut encore passer au contact des muqueuses non protégées. Les douches vaginales n’apportent aucune protection et peuvent au contraire favoriser les infections vaginales, trichomonase comprise. L’abstinence de rapports vaginaux, anaux et oraux reste le seul moyen d’éliminer complètement le risque d’IST. Pour la plupart des lecteurs, les deux leviers utiles restent le préservatif et le dépistage en cas de nouveau partenaire ou de signes.

Quels sont les symptômes chez la femme et chez l’homme ?
La majorité des infections restent silencieuses. Entre 70 et 85 % des personnes n’ont que des signes minimes, voire aucun. Quand des symptômes apparaissent, ils surviennent parfois entre 5 et 28 jours après le contact, parfois plus tard, et peuvent aller et venir.
Chez la femme, le tableau le plus parlant est une vaginite. Les pertes peuvent être abondantes, minces ou mousseuses, claires, blanches, jaunes ou verdâtres, souvent nauséabondes, parfois d’odeur de poisson. S’y ajoutent prurit, brûlures, rougeur ou sensibilité de la vulve, gêne en urinant et douleur pendant les rapports. Une douleur du bas-ventre est possible. Le col peut prendre un aspect « framboisé » par petites hémorragies punctiformes. Cet aspect n’est visible que chez environ 5 % des femmes à l’examen simple, et beaucoup plus souvent en colposcopie.
Chez l’homme, l’infection se manifeste le plus souvent par rien du tout. Les signes, quand ils existent, évoquent une urétrite discrète, avec irritation ou prurit dans le pénis, brûlure après la miction ou l’éjaculation, écoulement clair ou purulent, envie fréquente d’uriner. L’épididymite et la prostatite sont plus rares. L’homme asymptomatique reste un réservoir important. Sans traitement, il peut réinfecter sa partenaire après qu’elle a terminé ses comprimés.
Rien ne permet de distinguer la trichomonase d’une vaginose, d’une candidose ou d’une urétrite à chlamydia sur les seuls symptômes. Un écoulement verdâtre n’est pas un diagnostic. Inversement, un frottis de dépistage du cancer du col rassurant n’écarte pas le parasite. La conduite utile, en présence de pertes inhabituelles, de brûlures ou d’un partenaire diagnostiqué, est un prélèvement ciblé, pas une automédication par ovule antifongique.
Qui est le plus exposé et comment se protéger ?
L’infection est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, et les femmes plus âgées sont plus souvent concernées que les plus jeunes, à l’inverse de la chlamydia. Aux États-Unis, la prévalence en population a été estimée à 2,1 % chez les femmes et 0,5 % chez les hommes ; les CDC retiennent plus de 2 millions d’infections pour l’année 2018. L’OMS place l’essentiel du fardeau mondial dans la Région africaine, puis dans les Amériques.
Le risque augmente avec des rapports sans préservatif, plusieurs partenaires, un antécédent d’IST ou de trichomonase, et les douches vaginales. La co-infection avec une vaginose bactérienne est fréquente. Chez les hommes ayant des rapports avec des hommes, la prévalence rapportée reste basse. Ces chiffres décrivent des populations américaines et mondiales. Ils ne se transposent pas tels quels à la France, où le médecin s’appuie sur le tableau clinique et le laboratoire local.
Pour réduire le risque au quotidien, trois gestes tiennent la route.
- Un préservatif externe ou interne se met dès le premier contact génital.
- Les douches vaginales perturbent la flore et n’éliminent pas le parasite.
- Un test se discute en cas de signes, de nouveau partenaire ou de diagnostic chez l’un des deux.
Un préservatif mal mis, mis trop tard ou retiré trop tôt laisse une fenêtre de transmission. Le traitement d’un épisode n’immunise pas, et une nouvelle exposition peut réinfecter. Le dépistage n’est pas un réflexe annuel pour toute la population dans le guide américain ; il est en revanche recommandé chaque année chez les femmes vivant avec le VIH, et peut se discuter dans des contextes de forte prévalence.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Le diagnostic ne se fait pas « à l’œil ». Le médecin s’appuie sur l’examen et, surtout, sur un test de laboratoire. Chez la femme qui consulte pour des pertes, un prélèvement vaginal est l’échantillon de référence. Chez l’homme, on utilise plutôt le premier jet d’urine ou un écouvillon urétral, selon les tests disponibles.
L’examen à l’état frais, lame et microscope au cabinet, reste répandu parce qu’il est rapide et bon marché. Sa sensibilité n’est que de 44 à 68 % par rapport à la culture, et elle chute vers 20 % si la lame attend une heure. Un résultat négatif n’écarte donc pas l’infection.
Les TAAN, qui amplifient l’ARN ou l’ADN du parasite, détectent beaucoup plus de cas. Pour le test Aptima chez la femme, la sensibilité rapportée va de 95,3 à 100 %. Certains de ces tests partent d’un écouvillon vaginal, y compris auto-prélevé, d’une urine ou d’un milieu de frottis liquide. Ils ne remplacent pas le frottis de dépistage du cancer du col, et l’inverse n’est pas vrai non plus.
Un Trichomonas vu par hasard sur un frottis n’est pas un diagnostic définitif. Le guide des CDC demande un test sensible de confirmation avant de traiter sur ce seul constat. La culture, moins sensible que le TAAN, garde un intérêt si l’infection résiste et qu’on cherche une résistance aux nitro-imidazoles. En cas de résultat positif, un bilan des autres IST (VIH, syphilis, gonocoque, chlamydia) fait partie de la même consultation. Les tests exacts proposés en France, leur délai et leur remboursement relèvent du laboratoire et du médecin qui vous suit, pas d’un barème américain recopié.
Quel traitement pour la trichomonase ?
Seuls les nitro-imidazoles oraux ont une efficacité clinique démontrée contre T. vaginalis. Le gel vaginal de métronidazole n’atteint pas des concentrations utiles dans l’urètre et les glandes péri-vaginales, et n’est donc pas recommandé. Chez la femme, le schéma préféré des CDC depuis 2021 est le métronidazole 500 mg par voie orale deux fois par jour pendant 7 jours. Chez l’homme, faute d’essai comparatif équivalent, la recommandation américaine reste 2 g de métronidazole en une prise. Le tinidazole 2 g en une prise est une alternative dans les deux sexes.
Cette distinction femme/homme n’est pas universelle. Les recommandations OMS de 2024 proposent 400 ou 500 mg de métronidazole deux fois par jour pendant 7 jours pour les adultes et les adolescents, y compris pendant la grossesse, et réservent la prise unique de 2 g (métronidazole ou tinidazole) aux situations où l’observance d’un schéma long paraît très incertaine ; le tinidazole n’y figure pas pendant la grossesse. En France, le médecin ou le pharmacien applique la recommandation locale et le RCP du médicament délivré, sans recopier un tableau américain.
| Situation | Schéma préféré (CDC 2021) | Alternative citée |
|---|---|---|
| Femmes | Métronidazole 500 mg × 2/j pendant 7 jours | Tinidazole 2 g en une prise |
| Hommes | Métronidazole 2 g en une prise | Tinidazole 2 g en une prise |
| Femmes vivant avec le VIH | Métronidazole 500 mg × 2/j pendant 7 jours | Même logique que chez les autres femmes |
| Grossesse symptomatique | Métronidazole 500 mg × 2/j pendant 7 jours | Tinidazole à éviter |
Dans l’essai de Kissinger et coll. (2018), le schéma de 7 jours a presque divisé par deux la proportion de femmes encore positives à quatre semaines. Les taux de disparition du parasite dans les essais de métronidazole se situent autour de 84 à 98 % ; pour le tinidazole, autour de 92 à 100 %. Ces chiffres ne sont pas une garantie individuelle. Les nausées ont touché 23 % des participantes de cet essai, devant les céphalées (7 %) et les vomissements (4 %). Un goût métallique est fréquent.
Éviter l’alcool pendant le traitement et 72 heures après le métronidazole ou le tinidazole (48 heures après le secnidazole, lorsqu’il est prescrit) est le conseil publié par la Mayo Clinic en 2025. Le pharmacien confirmera la consigne du RCP français. Le secnidazole en granulés à 2 g apparaît dans le Merck Manual comme option supplémentaire hors grossesse. Sa place exacte, son remboursement et ses contre-indications se discutent avec le prescripteur. En cas d’allergie vraie aux nitro-imidazoles, le recours est une désensibilisation encadrée, pas un ovule de substitution pris sans avis.
Trois règles limitent la réinfection, au-delà du choix du comprimé.
- Tous les partenaires actuels reçoivent un traitement en même temps, même sans symptômes.
- Les rapports s’interrompent jusqu’à la fin des deux cures et la disparition des signes.
- Un nouveau test est prévu chez la femme vers le troisième mois.
Quels risques pendant la grossesse ?
Chez la femme enceinte, l’infection est associée à un risque environ 1,4 fois plus élevé d’accouchement prématuré, de rupture prématurée des membranes et d’enfant hypotrophe. Les CDC décrivent aussi un poids de naissance inférieur à 2,5 kg comme issue plus fréquente. La transmission au nouveau-né au passage de la filière est possible, sous forme d’infection respiratoire ou génitale, mais elle reste peu courante.
Le métronidazole traverse le placenta. Les études de cohortes rassemblées par le guide de 2021 n’ont pas montré d’effet tératogène ou mutagène aux schémas habituels, en prise unique comme en prises répétées. Le tinidazole, moins bien documenté chez l’humain et associé à un signal animal, est à éviter pendant la grossesse. Le secnidazole n’a pas non plus de place établie dans ce contexte.
Traiter une femme symptomatique, quel que soit le terme, soulage les pertes et réduit la transmission au partenaire. Le bénéfice d’un dépistage systématique chez les femmes enceintes asymptomatiques n’est pas établi. Une revue Cochrane de 2022, fondée sur deux essais anciens (842 femmes), a constaté que le métronidazole éliminait le parasite dans environ 90 % des cas, mais n’a pas montré de bénéfice obstétrical. L’un des essais, interrompu tôt, utilisait un schéma atypique (deux prises de 2 g à 48 heures d’intervalle) et a même observé davantage de naissances avant terme. Les CDC soulignent les limites de cet essai et continuent de traiter les formes symptomatiques. La conduite en France se décide avec le médecin qui suit la grossesse, sans recopier un protocole d’essai américain.
Pendant l’allaitement, le métronidazole passe dans le lait à des concentrations inférieures aux doses pédiatriques. Certains cliniciens proposent de différer les tétées 12 à 24 heures après une prise ; après tinidazole, le délai souvent cité est de 72 heures. Ces durées viennent de sources américaines. Le pharmacien et le médecin adapteront la consigne au schéma prescrit.
Quelles complications en dehors de la grossesse ?
Le parasite n’est pas un simple désagrément vaginal. L’inflammation locale, les microhémorragies de la muqueuse et le déséquilibre de la flore rendent l’acquisition d’autres IST plus facile, VIH compris. Une méta-analyse reprise dans la revue de Kissinger et coll. (2022) pour le guide des CDC estime le risque d’acquérir le VIH à environ 1,5 fois celui des personnes non infectées.
Chez les femmes vivant avec le VIH et non contrôlées sur le plan viral, traiter la trichomonase s’accompagne souvent d’une baisse de l’excrétion génitale du VIH. L’infection à T. vaginalis est aussi associée, dans ce groupe, à un risque plus élevé de maladie inflammatoire pelvienne, d’où un dépistage au moins annuel.
Une méta-analyse citée par les CDC a trouvé une association avec un risque 2,1 fois plus élevé de cancer du col. Il s’agit d’une association, pas d’une preuve que le parasite provoque à lui seul un cancer. Le papillomavirus reste le moteur principal, et la trichomonase peut coexister avec d’autres IST. Le lien avec le cancer de la prostate, examiné dans une autre méta-analyse de six études, n’est pas statistiquement démontré.
Sans traitement, l’infection ne s’éteint pas d’elle-même. Elle peut entretenir une vaginite chronique, une urétrite, plus rarement une prostatite ou une épididymite. La maladie pelvienne, si elle survient, se manifeste par une douleur basse, de la fièvre, des rapports douloureux. Ce n’est plus le tableau d’une simple leucorrhée, et il justifie un avis médical rapide. Rien de tout cela n’autorise à parler de « stérilité garantie » ni à relativiser l’infection comme une mycose banale.
Pourquoi l’infection revient-elle et faut-il un nouveau test ?
Environ une personne sur cinq se retrouve de nouveau infectée dans les trois mois qui suivent le traitement. La cause la plus fréquente n’est pas une résistance, mais un partenaire non traité ou une nouvelle exposition. La résistance au métronidazole existe (de l’ordre de 4 à 10 % des trichomonases vaginales dans les séries américaines) ; celle au tinidazole est moins étudiée et paraît plus rare. Avant d’incriminer le médicament, on vérifie l’observance et le statut des partenaires.
Un nouveau test vers trois mois est recommandé pour toutes les femmes sexuellement actives, qu’elles croient ou non leurs partenaires traités, d’après le guide américain de 2021. Si ce rendez-vous est manqué, le rattrapage reste utile dans l’année. Les données ne suffisent pas à recommander le même retest systématique chez l’homme, sauf symptômes. Un TAAN trop précoce, avant trois semaines, peut encore détecter de l’acide nucléique résiduel sans infection active.
Si les signes persistent alors que le partenaire a bien été traité, le médecin peut reprendre le même schéma de 7 jours, puis, en l’absence de réexposition, passer à une dose plus élevée de métronidazole ou de tinidazole pendant une semaine. Les cas vraiment résistants relèvent d’un avis spécialisé ; aux États-Unis, un kit de sensibilité est disponible via les CDC. En France, c’est le prescripteur qui oriente vers le laboratoire ou le service compétent. Continuer les rapports « pour voir » pendant cette période est le moyen le plus sûr de recommencer à zéro.
Quand consulter un médecin pour une trichomonase ?
Toute perte inhabituelle, toute brûlure persistante en urinant, tout prurit vulvaire ou tout écoulement urétral justifie une consultation, chez le médecin traitant, un gynécologue ou un centre de santé sexuelle. Il en va de même si un partenaire vient d’être diagnostiqué, même si vous n’avez aucun signe. Pendant une grossesse, des pertes nauséabondes ou un prurit ne se règlent pas par un ovule « au cas où ». Un prélèvement oriente le traitement.
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Pertes verdâtres, prurit, brûlures, écoulement urétral | Consulter pour un prélèvement, sans attendre que cela « passe » |
| Partenaire traité pour trichomonase | Consulter même sans symptômes, pour un traitement conjoint |
| Grossesse et signes de vaginite | Voir le médecin ou la sage-femme sans délai |
| Signes qui persistent après la fin des comprimés | Revoir le prescripteur, ne pas reprendre un 2 g de vous-même |
| Fièvre, douleur pelvienne intense, malaise | Appeler le 15 ou le 112, une infection haute est possible |
La douleur pelvienne aiguë avec fièvre n’est plus une trichomonase « simple ». Elle peut traduire une atteinte haute, parfois une urgence. Le 15 (SAMU) ou le 112 sert alors, plutôt qu’un second ovule pris dans l’attente. Pour le reste, le rendez-vous utile n’est pas spectaculaire. Il s’agit d’un prélèvement, d’un traitement oral, de l’information des partenaires, puis d’un contrôle chez la femme vers trois mois.
Questions fréquentes
La trichomonase se transmet-elle sans pénétration vaginale ?
Oui, le contact génital peau contre peau et le partage de jouets sexuels suffisent, d’après le NHS et la Mayo Clinic. Le passage d’un vagin à un autre est documenté. La contamination par les mains, la bouche ou l’anus reste en revanche peu fréquente, et les tests extra-génitaux ne sont pas recommandés par les CDC.
Le partenaire sans aucun symptôme doit-il être traité ?
Oui. Un traitement présomptif des partenaires actuels est indispensable pour éviter de se réinfecter. Un prélèvement négatif chez l’homme n’écarte pas toujours le parasite, surtout si le test n’est pas un TAAN. L’abstention de rapports tient jusqu’à la fin des deux traitements et la disparition des signes.
Un frottis cervico-utérin normal écarte-t-il la trichomonase ?
Non. Le frottis cherche surtout des cellules anormales du col, pas ce parasite. Un Trichomonas vu par hasard sur la lame doit être confirmé par un test sensible. Un frottis « normal » n’a donc aucune valeur de dépistage de la trichomonase.
La trichomonase peut-elle disparaître sans médicament ?
Non, pas de façon fiable. Sans nitro-imidazole oral, l’infection peut durer des mois ou des années et rester contagieuse. Les crèmes antifongiques, les ovules « mycose » et les douches n’éliminent pas le protozoaire.
Peut-on l’attraper plusieurs fois ?
Oui. Le traitement d’un épisode n’immunise pas. Environ une personne sur cinq est de nouveau infectée dans les trois mois, le plus souvent par un partenaire non traité. Un nouveau test chez la femme vers trois mois permet de le voir.
Faut-il arrêter l’alcool pendant le métronidazole ?
Oui, pendant le traitement et 72 heures après le métronidazole ou le tinidazole, d’après la fiche Mayo Clinic, en raison de nausées et de vomissements possibles. Le pharmacien vous dira ce que prévoit le RCP du médicament délivré en France, qui peut différer d’une notice américaine.
Les hommes doivent-ils prendre le traitement 7 jours comme les femmes ?
Pas selon les CDC de 2021, qui gardent 2 g en une prise chez l’homme faute d’essai comparatif. L’OMS (2024) propose au contraire 7 jours pour tous les adultes lorsque l’observance le permet. C’est le prescripteur français qui tranche.
Conclusion
La trichomonase doit sa discrétion à un parasite souvent silencieux et à un test microscopique trop peu sensible. Derrière des pertes verdâtres ou une urétrite banale, on trouve l’IST non virale la plus répandue au monde, un risque accru d’acquisition du VIH, et, chez la femme enceinte, un surrisque d’accouchement prématuré. Le changement de schéma chez la femme, passé de 2 g unique à 7 jours de métronidazole dans le guide américain de 2021, est le point concret à connaître si l’on vous propose encore « un comprimé unique pour tout le monde ».
Le geste utile, dès les premiers signes ou dès le diagnostic d’un partenaire, est un prélèvement (idéalement un TAAN) plutôt qu’un ovule pris au hasard. Demandez explicitement si le laboratoire cherche T. vaginalis, car ce n’est pas le même examen qu’un frottis de dépistage. Faites traiter les partenaires en même temps, interrompez les rapports jusqu’à la fin des deux cures, et, si vous êtes une femme, planifiez un contrôle vers trois mois. C’est à cet horizon qu’une réinfection sur cinq se révèle.
Pendant une grossesse, signalez les pertes et le prurit sans attendre. Le métronidazole oral reste l’option documentée pour les formes symptomatiques ; le tinidazole n’a pas cette place. Les doses, la durée et l’allaitement se règlent avec le médecin et le pharmacien, selon la pratique française, pas d’après un tableau copié d’un guide étranger.
Sources
- About Trichomoniasis. Centers for Disease Control and Prevention, 31 janvier 2025.
- Trichomoniasis – STI Treatment Guidelines. Centers for Disease Control and Prevention, 21 septembre 2022.
- Trichomoniasis. World Health Organization, 21 novembre 2025.
- Recommendations for the treatment of Trichomonas vaginalis, Mycoplasma genitalium, Candida albicans, bacterial vaginosis and human papillomavirus (anogenital warts). World Health Organization, 2024.
- Trichomoniasis – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 16 décembre 2025.
- Trichomoniasis – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 16 décembre 2025.
- Morris SR : Trichomoniasis – Infectious Disease. Merck Manual Professional Edition, août 2025.
- Trichomoniasis – NHS. National Health Service, 16 juillet 2025.
- Kissinger PJ, Gaydos CA et al. : Diagnosis and Management of Trichomonas vaginalis: Summary of Evidence Reviewed for the 2021 Centers for Disease Control and Prevention Sexually Transmitted Infections Treatment Guidelines. Clinical Infectious Diseases, 13 avril 2022.
- Kissinger P, Muzny CA et al. : Single-dose versus 7-day-dose metronidazole for the treatment of trichomoniasis in women: an open-label, randomised controlled trial. The Lancet Infectious Diseases, novembre 2018.
- Gülmezoglu AM, Azhar M : Interventions for trichomoniasis in pregnancy. Cochrane Database of Systematic Reviews, 1er avril 2022.
