Hoquet : causes, traitements et quand consulter

Hoquet : causes, traitements et quand consulter

Le hoquet est un spasme involontaire du diaphragme et des muscles inspiratoires, aussitôt interrompu par la fermeture de la glotte, d’où le « hic ». La plupart des épisodes s’arrêtent en quelques minutes, sans médicament ni rendez-vous.

Après un repas trop copieux, un verre de soda ou un fou rire, le phénomène est banal. Ce qui compte pour décider, c’est le calendrier. Au-delà de 48 heures, les classifications cliniques parlent de hoquet persistant. Dans une revue hospitalière reprise en 2015, on ne trouvait qu’environ 55 diagnostics pour 100 000 passages, une rareté qui justifie pourtant un vrai bilan.

Les formes qui durent un mois ou plus concernent surtout les hommes, avec un odds ratio d’environ 2,4 selon la synthèse StatPearls de 2025. Jusqu’à 10 % des personnes suivies pour un reflux gastro-œsophagien décrivent des hoquets récurrents, contre environ 3 % des témoins. Deux petits essais randomisés ont évalué le baclofène et le métoclopramide ; la notice américaine de la chlorpromazine conserve une indication pour le hoquet rebelle, avec des précautions lourdes.

Qu’est-ce que le hoquet et combien de temps dure-t-il ?

Le hoquet, nommé singultus en langage médical, est un spasme répété du diaphragme (et souvent des muscles intercostaux) suivi d’une fermeture brusque de la glotte. Le son n’est pas un « blocage d’air » isolé. L’air entre, puis les cordes vocales claquent en quelques millisecondes. La Cleveland Clinic classe aussi des épisodes transitoires de quelques secondes ou minutes, distincts des formes qui durent des jours.

La durée oriente toute la suite. Un accès aigu reste sous le seuil de 48 heures. On parle de hoquet persistant au-delà de deux jours, et de hoquet rebelle (intractable dans les textes anglais) lorsqu’il dépasse un mois, d’après la revue de Steger, Schneemann et Fox (2015) et la mise à jour StatPearls de Cole et Plewa (2025). Des accès qui reviennent souvent, chacun plus long que quelques minutes, sont dits récurrents. Cette grille n’est pas une maladie à part. C’est un langage commun pour savoir quand chercher une cause.

Le rythme d’un même accès est souvent stable, entre 4 et 60 « hic » par minute selon la revue de 2015. Presque tout le monde en fait l’expérience un jour ou l’autre, y compris le fœtus à l’échographie, où l’on suppose un entraînement des muscles respiratoires. En revanche, la fréquence des formes persistantes dans la population générale n’a pas été mesurée. À l’hôpital, un diagnostic principal de hoquet a été porté chez environ 55 patients sur 100 000.

Les hommes sont nettement plus représentés dès que l’épisode s’allonge, observation reprise par la Mayo Clinic (2023) et le Merck Manual professionnel (révision 2026). L’odds ratio voisin de 2,4 pour les formes rebelles, cité par StatPearls, concerne surtout les hommes plus âgés. Chez le nourrisson, MedlinePlus rappelle que le hoquet est courant et habituellement sans gravité. Un accès de quelques minutes n’est donc pas un diagnostic ; un accès qui traverse deux nuits en est déjà un motif de consultation.

Illustration des causes du hoquet

Comment le « hic » se produit-il ?

Chaque accès emprunte un arc réflexe, pas un caprice du hasard. Des fibres afférentes voyagent par le nerf vague, le nerf phrénique et des filets sympathiques thoraciques (à peu près T6 à T12). Un « centre » mal délimité, dans le tronc cérébral et la moelle cervicale haute (C3 à C5), intègre le signal. La réponse part surtout par le nerf phrénique vers le diaphragme, avec les intercostaux, puis le nerf laryngé récurrent ferme la glotte. Sans cette fermeture, un patient trachéotomisé hyperventilerait.

La contraction diaphragmatique est souvent unilatérale, plus fréquemment à gauche, note la fiche StatPearls de 2025. Dopamine, GABA et sérotonine moduleraient ce circuit, ce qui explique que des médicaments très différents (myorelaxant GABAergique, neuroleptique, prokinétique) puissent parfois l’interrompre. Une hausse du gaz carbonique dans le sang tend à calmer le réflexe, d’où l’idée, jamais prouvée par un grand essai, de retenir sa respiration ou de respirer dans un sac en papier.

Chez l’adulte, on ne lui connaît pas de fonction utile. Chez le fœtus, l’hypothèse d’un apprentissage inspiratoire reste la plus citée. N’importe quel point de l’arc peut le déclencher, qu’il s’agisse d’un estomac distendu, d’une irritation du nerf vague dans le cou ou le thorax, d’une lésion du tronc cérébral, d’un trouble métabolique ou d’un médicament. C’est pourquoi un hoquet qui dure n’est pas « psychologique » par défaut. S’il continue pendant le sommeil, StatPearls considère même qu’une origine purement psychogène devient peu plausible.

Le reflux gastro-œsophagien illustre la boucle. Il peut irriter l’œsophage et lancer le réflexe. À l’inverse, le hoquet lui-même inhibe le péristaltisme, abaisse la pression du sphincter inférieur et favorise le reflux, comme l’ont montré des tracés de manométrie cités par Steger et coll. Traiter l’acide peut donc aider, mais présenter le RGO comme seule cause, ou comme simple conséquence, serait trop simple.

Quelles causes déclenchent un hoquet de quelques minutes ?

Un hoquet bref n’a souvent aucune explication nette. Les déclencheurs les plus cités par la Mayo Clinic, le NHS et MedlinePlus restent des irritants mécaniques ou chimiques de l’estomac et du diaphragme.

  • Un repas trop copieux, trop vite avalé ou très épicé distend ou irrite l’estomac et le bas de l’œsophage.
  • Les boissons gazeuses, l’alcool et les liquides très chauds ou très froids augmentent le volume ou l’irritation gastrique.
  • Avaler de l’air en parlant, en mâchant un chewing-gum ou en fumant gonfle l’estomac sous le diaphragme.
  • Un stress, une excitation ou un fou rire s’accompagnent souvent d’hyperventilation et d’aérophagie.
  • Un changement brusque de température, signalé par la Mayo Clinic, est un déclencheur fréquent rapporté par les patients.

Ces facteurs n’impliquent pas une maladie sous-jacente. L’accès s’arrête quand la distension diminue, quand le taux de CO₂ remonte, ou tout simplement tout seul. Le NHS conseille, pour limiter les récidives banales, d’éviter l’enchaînement très froid puis très chaud, les sodas, l’alcool, les plats épicés et les repas avalés à toute vitesse.

Un médicament pris le jour même peut déjà être en cause, même si les listes les plus longues concernent surtout les formes prolongées. Benzodiazépines à faible dose, corticoïdes, opioïdes et certains anesthésiques figurent parmi les suspects habituels. Si le hoquet a commencé le jour d’un nouveau comprimé, notez le nom et l’heure. Ce détail aide le médecin, sans que vous arrêtiez le traitement de vous-même.

Pourquoi un hoquet persiste-t-il au-delà de 48 heures ?

Un épisode de plus de deux jours n’est plus un incident de table. Il signale souvent une irritation durable de l’arc réflexe. Les causes digestives viennent en tête. Jusqu’à 10 % des personnes qui ont un RGO se plaignent de hoquets récurrents, contre environ 3 % des témoins, d’après Steger et coll. StatPearls rattache jusqu’à 80 % des formes persistantes à un reflux, ce qui justifie un essai d’antiacide ou d’inhibiteur de la pompe à protons en l’absence d’autre piste. Hernie hiatale, gastrite, ulcère, pancréatite, pathologies biliaires ou tumeur de l’œsophage font partie du tableau du Merck Manual. Dans une série de cancers de l’œsophage citée en 2015, plus d’un quart des patients avaient déjà eu au moins un accès de plus de 48 heures.

Le thorax et le cou peuvent irriter le nerf phrénique ou le nerf vague (pneumonie, pleurésie, embolie pulmonaire, péricardite, tumeur médiastinale, goitre, pharyngite, ou un simple poil contre le tympan, exemple souvent repris par la Mayo Clinic). Après une anesthésie générale, une endoscopie avec insufflation gastrique ou une chirurgie abdominale haute, l’épisode n’est pas rare. La Cleveland Clinic ajoute dexaméthasone, azithromycine, agonistes dopaminergiques, benzodiazépines à faible dose et certains cytotoxiques. Avec cisplatine plus dexaméthasone, des séries oncologiques rapportent des taux très élevés (de l’ordre de 40 % dans une étude citée par StatPearls).

Côté système nerveux, accident vasculaire du tronc (notamment syndrome de Wallenberg), tumeur de la fosse postérieure, sclérose en plaques, maladie de Parkinson (jusqu’à 20 % de hoquets récurrents dans la revue de 2015), méningite ou encéphalite peuvent entretenir le réflexe. Dans le cancer avancé, la prévalence rapportée tourne autour de 4 %. Troubles métaboliques (urémie, hyponatrémie, hypokaliémie, hypocalcémie, diabète) et alcool complètent la liste. Une origine psychogène n’est retenue qu’après avoir cherché le reste, surtout si les spasmes se poursuivent la nuit.

Comment faire passer un hoquet à la maison ?

Pour un accès de quelques minutes, aucune manœuvre n’a de preuve solide. D’après la page Mayo Clinic de 2023, il n’existe pas de méthode certaine. MedlinePlus et le NHS ajoutent que ces gestes ne sont pas démontrés pour tout le monde, mais qu’ils sont en général sans danger s’ils restent simples. Deux logiques reviennent. La première vise à faire monter le CO₂ (apnée brève, respiration dans un sac en papier). La seconde vise à stimuler le nerf vague dans la gorge (eau glacée, sucre, citron, vinaigre).

  • Retenir sa respiration une dizaine de secondes, puis souffler lentement, peut élever le CO₂ et calmer le diaphragme.
  • Le NHS propose de respirer dans un sac en papier, jamais sur la tête et jamais en plastique.
  • Siroter de l’eau très froide, se gargariser ou avaler de la glace pilée stimule le pharynx.
  • Avaler une cuillerée de sucre en grains ou mordre un citron est une stimulation vagale anecdotique, parfois utile.
  • Ramener les genoux à la poitrine et se pencher en avant comprime le thorax.

D’autres recettes circulent (tirer la langue, provoquer le réflexe nauséeux, masser les globes oculaires, comprimer le sinus carotidien). Le Merck Manual les mentionne comme folklore ou stimulation vagale. Le massage carotidien, en particulier, ne se fait pas soi-même. MedlinePlus le réserve au professionnel, à cause du risque cardiaque. Frotter les yeux n’est pas un geste sans risque non plus. Mieux vaut s’en tenir aux manœuvres respiratoires et buccales.

Ces astuces visent l’accès aigu. Sur un hoquet de plusieurs jours, elles déçoivent presque toujours. Le guide palliatif écossais (mise à jour 2019) les place pourtant en première ligne, y compris glace et stimulation du voile du palais avec un écouvillon, avant d’ouvrir l’ordonnance. Si une méthode vous a déjà arrêté un accès, elle reste raisonnable à réessayer. Si rien n’y fait au-delà de deux jours, le sujet n’est plus le sucre, c’est la cause.

Quand voir le médecin pour un hoquet ?

Consultez votre médecin traitant si le hoquet dure plus de 48 heures, s’il revient très souvent, ou s’il empêche de manger, de dormir ou de parler, seuil partagé par la Mayo Clinic et le NHS (page revue le 23 juin 2023). Le Merck Manual situe la consultation vers deux ou trois jours en l’absence de signe d’alarme. Nul besoin d’attendre un mois, c’est déjà la définition du hoquet persistant.

Appelez le 15 ou le 112 si le hoquet s’accompagne de signes d’accident vasculaire cérébral ou d’embolie pulmonaire, consigne de la Cleveland Clinic (mise à jour 2024). En cas de déficit brutal d’un côté, de visage asymétrique, de parole empâtée, de perte d’un champ visuel, de maux de tête en coup de tonnerre, de douleur thoracique, d’essoufflement soudain ou de malaises, le hoquet n’est alors qu’un détail. StatPearls rappelle qu’il est très rare qu’un AVC se présente par un hoquet isolé, mais la rareté n’autorise pas à ignorer un déficit neurologique.

D’autres signes demandent une consultation rapide, sans forcément le SAMU. Fièvre, vomissements répétés, douleur abdominale, difficulté à avaler, amaigrissement, ou hoquet apparu avec un nouveau médicament (chimiothérapie, corticoïde, benzodiazépine) suffisent à avancer le rendez-vous. Apportez la liste des traitements, l’heure de début, et ce que vous avez déjà tenté. Le médecin cherchera d’abord une cause réversible plutôt qu’un « calmant du diaphragme ».

Situation Conduite
Accès de quelques minutes, sans autre symptôme Manœuvres simples à domicile, sans urgence
Durée supérieure à 48 heures, ou retentissement sur l’alimentation ou le sommeil Médecin traitant dans les jours qui viennent
Hoquet fréquent qui gâche la vie, même si chaque accès est court Médecin traitant, comme le recommande le NHS
Hoquet plus déficit neurologique brutal (parole, visage, force, vision) 15 ou 112, crainte d’un accident vasculaire
Hoquet plus douleur thoracique ou essoufflement brutal 15 ou 112, notamment si embolie ou problème cardiaque possible
Fièvre, vomissements, douleur du ventre, gêne pour avaler Consultation rapide, sans attendre la fin de la semaine

Quels examens recherchent une cause ?

Un hoquet de quelques minutes, chez une personne sans autre plainte, ne justifie aucun prélèvement. Le Merck Manual est net. Si l’histoire et l’examen sont rassurants, on n’ajoute pas d’imagerie « au cas où ». L’examen physique, en revanche, n’est pas optionnel dès que l’épisode s’allonge. Il comprend oreilles (corps étranger contre le tympan), cou, gorge, thorax, abdomen et un examen neurologique (réflexes, force, marche, vision, sensibilité), liste proche de celle de la Mayo Clinic.

Lorsque le hoquet dure et qu’aucune cause évidente n’apparaît, le bilan de base rassemble ionogramme, urée et créatinine, radiographie du thorax et électrocardiogramme. Ces quatre examens cherchent une insuffisance rénale, un trouble du sodium ou du potassium, une pneumopathie, une masse thoracique ou un problème cardiaque. Une endoscopie digestive haute, parfois associée à une pH-métrie, vise le reflux et les lésions œsophagiennes. Si cette première ligne est normale, le Merck Manual envisage une IRM cérébrale et un scanner thoracique, même sans symptôme focal évident, parce que l’arc réflexe est long.

La Mayo Clinic décrit le même éventail, avec des analyses (diabète, infection, rein), une imagerie (radio, scanner, IRM) et un endoscope pour l’œsophage. La Cleveland Clinic y ajoute parfois un scanner abdominal. En France, l’ordre exact des examens dépend du tableau et des recommandations locales. Le médecin traitant, éventuellement avec un gastro-entérologue ou un neurologue, choisit la séquence. Un hoquet isolé n’impose pas une IRM d’emblée. Un hoquet plus céphalées, ataxie ou syndrome de Wallenberg la rend prioritaire.

Quels médicaments pour un hoquet qui s’éternise ?

Le bon traitement est celui de la cause. Un inhibiteur de la pompe à protons pour un reflux, l’arrêt (décidé par le prescripteur) d’un corticoïde ou d’une benzodiazépine, la correction d’une urémie ou d’un sodium bas font souvent plus qu’un « anti-hoquet ». Le guide palliatif écossais le place en tête. Il s’agit de traiter ce qui est réversible, de n’introduire un médicament que si l’épisode persiste, et de revoir l’ordonnance au bout de trois jours s’il n’y a pas d’amélioration.

La revue Cochrane de Moretto, Wee, Wiffen et Murchison (2013) n’a retenu aucun essai médicamenteux de qualité suffisante ; les quatre études incluses portaient sur l’acupuncture, avec un risque de biais élevé. Deux ans plus tard, Steger, Schneemann et Fox ont rassemblé 341 patients dans 15 publications. Ils proposent le baclofène et la gabapentine en première ligne, le métoclopramide et la chlorpromazine en réserve, faute d’essais de grande taille. StatPearls (2025) confirme cette hiérarchie pour un usage prolongé, les neuroleptiques étant plutôt réservés au court terme à cause de la sédation, de l’hypotension et des mouvements anormaux.

Un essai chinois sur 30 patients après AVC, détaillé dans la revue de 2015, a vu le hoquet cesser chez 14 des 15 personnes sous baclofène (10 mg trois fois par jour) contre 2 des 15 sous placebo. Un autre petit essai randomisé sur le métoclopramide a montré une efficacité globale de 65 % contre 24 % sous placebo, avec peu d’arrêts complets. Jeon, Kearney et Baker (2018) distinguent les causes centrales (baclofène d’abord) et périphériques (métoclopramide d’abord). Le guide écossais cite aussi, en soins palliatifs, siméticone, halopéridol, lévomépromazine et, si tumeur compressive, une courte corticothérapie, en évitant d’associer menthe poivrée et prokinétique.

La notice DailyMed de la chlorpromazine (révisée en août 2022) conserve l’indication « relief of intractable hiccups », à la posologie orale de 25 à 50 mg trois ou quatre fois par jour, avec relais injectable si l’échec dure deux ou trois jours. C’est une autorisation américaine, pas une règle française. Le NHS mentionne encore la chlorpromazine comme option possible chez le généraliste, « sans garantir le succès ». Les doses ci-dessous viennent de documents étrangers ; en France, le médecin et le pharmacien appliquent l’AMM et les précautions locales.

Médicament Rôle dans les revues récentes Doses citées (documents étrangers)
Baclofène Souvent proposé en première intention, surtout si cause neurologique 5 à 20 mg jusqu’à toutes les 8 h (guide écossais 2019) ; 10 mg × 3 dans un essai après AVC
Gabapentine Alternative mieux tolérée au long cours que les neuroleptiques Pas d’AMM pour le hoquet ; séries en cancérologie et après AVC
Métoclopramide Utile surtout si cause digestive, plutôt en courte durée 10 mg toutes les 8 h par voie orale (guide écossais 2019)
Chlorpromazine Seule molécule encore indiquée aux États-Unis pour le hoquet rebelle 25 à 50 mg 3 ou 4 fois par jour (DailyMed, 2022)
Inhibiteur de la pompe à protons Essai empirique fréquent si reflux possible Posologie du reflux, pas une dose spécifique « anti-hoquet »

Aucun de ces produits n’efface le hoquet à coup sûr. Le baclofène ne se coupe pas d’un coup (sevrage). Le métoclopramide et la chlorpromazine exposent à des effets extra-pyramidaux ; la chlorpromazine expose aussi à une hypotension, une sédation et, chez la personne âgée atteinte de démence, à une surmortalité rappelée par la notice. Si les médicaments échouent, Mayo Clinic et Merck décrivent le bloc anesthésique du nerf phrénique (aujourd’hui souvent sous échographie) et la stimulation du nerf vague. Même une phrénicotomie bilatérale ne guérit pas tous les cas, souligne le Merck Manual. Hypnose et acupuncture restent des adjuvants à la preuve faible.

Quelles complications en cas de hoquet rebelle ?

Un accès de trois minutes n’entraîne pas de complication. Un accès qui dure des jours peut empêcher d’avaler, de parler et de dormir. Perte de poids, déshydratation, épuisement et humeur dépressive sont les conséquences les plus souvent citées par MedlinePlus, la Cleveland Clinic et StatPearls. La douleur d’une autre maladie, par exemple après une opération, peut aussi être réveillée à chaque spasme.

En réanimation, le hoquet désynchronise le ventilateur et peut faire chuter la pression artérielle. Après une chirurgie thoracique ou abdominale, les à-coups fatiguent une suture. Des observations isolées lient des accès très violents à une bradycardie, un pneumothorax ou une hypotension par baisse du retour veineux. Ces événements sont rares ; ils expliquent pourquoi l’on ne laisse pas un hoquet rebelle « s’user » sans bilan.

Le reflux entre dans les deux colonnes. Il figure parmi les causes. Il figure aussi parmi les conséquences, parce que le spasme dérègle la jonction œso-gastrique. Traiter seulement le « hic » sans regarder l’œsophage, ou l’inverse, laisse souvent le problème en place. Dans le cancer avancé, le guide écossais insiste sur le retentissement social. Manger en public, dormir, parler au téléphone deviennent une épreuve. L’objectif n’est pas toujours l’arrêt total, mais plutôt de récupérer ces fonctions.

Comment limiter les épisodes ?

On ne prévient pas tous les hoquets, surtout s’ils tiennent à un AVC, une urémie ou un médicament indispensable. Pour les accès brefs liés aux repas, les conseils du NHS, de la Mayo Clinic et de la Cleveland Clinic se recoupent et restent modestes.

  • Manger plus lentement, en portions plus petites, réduit la distension gastrique sous le diaphragme.
  • Limiter sodas et alcool diminue à la fois le volume gazeux et l’irritation de l’œsophage.
  • Éviter l’enchaînement brûlant puis glacé, et les plats très épicés si vous les reconnaissez comme déclencheurs.
  • Renoncer au chewing-gum et à la cigarette pendant un repas limite l’air avalé.
  • Noter l’heure, le repas et les comprimés du jour aide à voir un schéma avant la prochaine consultation.

Si un traitement (dexaméthasone, platine, benzodiazépine) coïncide avec le début des spasmes, n’interrompez rien sans avis médical. StatPearls décrit des substitutions (par exemple méthylprednisolone à la place de la dexaméthasone) qui ont tari des accès médicamenteux. C’est une décision de prescripteur. Pour le reste, dormir la tête un peu surélevée et éviter de se coucher juste après un repas copieux relèvent du bon sens anti-reflux, utile si les brûlures d’estomac accompagnent le hoquet.

Questions fréquentes

Combien de temps un hoquet peut-il durer ?

Le plus souvent quelques minutes, parfois une ou deux heures, puis il s’arrête. Au-delà de 48 heures, on parle de hoquet persistant, au-delà d’un mois de hoquet rebelle, d’après les classifications reprises par Steger (2015) et StatPearls (2025). Des accès très longs existent, mais ils sont exceptionnels et imposent un bilan plutôt qu’une attente.

Le hoquet du nourrisson est-il banal ?

Oui, chez le nouveau-né et le nourrisson, il est fréquent et en général sans gravité, rappelle MedlinePlus. Il tient souvent à l’air avalé pendant la tétée. En revanche, s’il s’accompagne de toux, de régurgitations abondantes ou d’une mauvaise prise de poids, la Cleveland Clinic conseille d’en parler au pédiatre, car un reflux peut alors entrer en jeu.

Un médicament peut-il provoquer le hoquet ?

Oui. Corticoïdes (surtout dexaméthasone), benzodiazépines à faible dose, opioïdes, certains antibiotiques (azithromycine), agonistes dopaminergiques et chimiothérapies à base de platine reviennent souvent dans les listes de la Cleveland Clinic et de StatPearls. Il ne faut pas interrompre un traitement prescrit sans avis. Donnez le calendrier au médecin, qui pourra ajuster ou remplacer la molécule.

Le hoquet est-il un signe d’AVC ?

À lui seul, presque jamais. StatPearls souligne qu’il est rare comme unique symptôme d’une maladie du système nerveux. Associé à une faiblesse d’un côté, un trouble de la parole, une déviation du visage ou un trouble visuel, il devient un motif d’appel du 15 ou du 112. Les infarctus du bulbe (latéral) sont les plus classiques dans cette association.

Le citron ou le sucre marchent-ils vraiment ?

Parfois, de façon anecdotique, en stimulant le pharynx. Mayo Clinic, NHS et MedlinePlus s’accordent. Aucune de ces recettes n’est prouvée, aucune n’est obligatoire, et elles ne remplacent pas une consultation si l’épisode dépasse deux jours. Elles restent acceptables pour un accès bref si elles ne comportent pas de geste dangereux (sac plastique, massage du cou).

L’acupuncture peut-elle arrêter un hoquet rebelle ?

La revue Cochrane de 2013 n’a pas trouvé de preuve fiable. Les essais inclus étaient biaisés et sans vrai placebo. Des séries ultérieures, surtout après AVC, restent de faible niveau. Le guide écossais la mentionne comme option possible. Elle ne dispense ni du bilan de cause, ni d’un traitement médicamenteux si le retentissement est important.

Conclusion

Un hoquet de table se juge à la montre, pas à l’inquiétude. S’il s’éteint en quelques minutes, les manœuvres simples suffisent, sans ordonnance. S’il traverse quarante-huit heures, s’il revient sans cesse ou s’il coupe faim et sommeil, le bon réflexe est une consultation chez le médecin traitant, avec la liste des médicaments et l’heure de début, pour chercher reflux, effet indésirable ou, plus rarement, une cause nerveuse, pulmonaire ou métabolique.

Les revues des années 2010 et la synthèse StatPearls de 2025 ont déplacé le curseur. On ne commence plus systématiquement par un neuroleptique. Baclofène et gabapentine sont souvent discutés en premier lorsque la cause n’est pas corrigible, tandis que la chlorpromazine reste l’unique molécule encore indiquée aux États-Unis pour le hoquet rebelle, au prix d’effets indésirables qui limitent sa durée. Les doses et le choix exact relèvent du prescripteur français, pas d’une notice américaine recopiée.

Gardez le 15 ou le 112 pour le hoquet collé à un déficit neurologique brutal, une douleur thoracique ou un essoufflement soudain. Pour tout le reste, la question utile au cabinet n’est pas « quel truc miracle ? », c’est « qu’est-ce qui irrite encore ce réflexe, et de quoi ai-je besoin pour manger et dormir cette semaine ? ».

Sources

  1. Hiccups – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 2 mars 2023.
  2. Hiccups – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 2 mars 2023.
  3. Hiccups, Causes & Treatment. Cleveland Clinic, 17 avril 2024.
  4. Hiccups: MedlinePlus Medical Encyclopedia. MedlinePlus, 1er janvier 2025.
  5. Gotfried J : Hiccups (Hiccough; Singultus). Merck Manual Professional Edition, avril 2026.
  6. Hiccups – NHS. National Health Service, 23 juin 2023.
  7. Hiccups | Scottish Palliative Care Guidelines. Scottish Palliative Care Guidelines, mise à jour partielle en 2019.
  8. Steger M, Schneemann M, Fox M : Systemic review: the pathogenesis and pharmacological treatment of hiccups. Alimentary Pharmacology & Therapeutics, novembre 2015.
  9. Moretto EN, Wee B, Wiffen PJ et al. : Interventions for treating persistent and intractable hiccups in adults. Cochrane Database of Systematic Reviews, 31 janvier 2013.
  10. Cole JA, Plewa MC : Singultus – StatPearls. StatPearls, 9 août 2025.
  11. CHLORPROMAZINE tablet. DailyMed, août 2022.
  12. Jeon YS, Kearney AM, Baker PG : Management of hiccups in palliative care patients. BMJ Supportive & Palliative Care, 2018.
FrMedBook