Hypogonadisme masculin : symptômes et traitement

Hypogonadisme masculin : symptômes et traitement

L’hypogonadisme masculin est un déficit de testostérone, de spermatozoïdes, ou des deux, parce que les testicules ne répondent plus ou parce que l’axe hypothalamo-hypophysaire ne les stimule plus assez. Le diagnostic ne repose pas sur un chiffre isolé. Il faut des signes compatibles et une testostérone basse, mesurée le matin à jeun et confirmée sur un second prélèvement.

Beaucoup d’hommes attribuent une fatigue, une libido en berne ou des érections moins fiables à une « andropause » inévitable. L’étiquette est trompeuse. Le NHS rappelle que la testostérone baisse d’environ 1 % par an à partir de 30-40 ans, une pente trop lente pour expliquer à elle seule un tableau franc, tandis que l’hypogonadisme d’apparition tardive, véritable déficit hormonal, reste une affection peu fréquente.

Deux dosages matinaux, un seuil américain souvent voisin de 3,0 ng/mL (300 ng/dL), et une discussion des contre-indications précèdent tout traitement. L’essai TRAVERSE, publié en 2023, a montré que le gel n’augmentait pas les infarctus et accidents vasculaires cérébraux majeurs (7,0 % contre 7,3 %), tout en signalant davantage d’embolies pulmonaires. La fertilité, elle, n’est pas restaurée par la testostérone de substitution.

Qu’est-ce que l’hypogonadisme masculin ?

C’est une production insuffisante de testostérone, de spermatozoïdes, ou des deux, par les testicules. La Mayo Clinic distingue un hypogonadisme primaire, où le testicule lui-même est en cause, et un hypogonadisme secondaire, où l’hypothalamus ou l’hypophyse n’envoient plus les bons signaux.

L’hypothalamus libère la gonadolibérine (GnRH). L’hypophyse répond par l’hormone lutéinisante (LH), qui stimule les cellules de Leydig à fabriquer la testostérone, et par l’hormone folliculo-stimulante (FSH), qui soutient la spermatogenèse. Si le testicule est atteint, LH et FSH montent souvent. Si le cerveau ne stimule plus, ces gonadotrophines restent basses ou trop basses pour le niveau de testostérone, ce que le Merck Manual appelle un profil inapproprié.

La testostérone n’est pas seulement l’hormone du désir. Chez l’homme, elle participe à la masse musculaire, à l’hématopoïèse, à la densité osseuse, à la pilosité et à l’énergie. Un déficit durable peut donc se lire sur le corps autant que dans la vie sexuelle. À l’inverse, un taux un peu bas sans symptôme n’autorise pas, à lui seul, le diagnostic.

Congénital ou acquis, le trouble peut commencer in utero, avant la puberté ou à l’âge adulte. Cette date d’apparition gouverne le tableau. On ne traite pas un chiffre, on traite un homme qui a à la fois des signes et une biologie concordante. L’Endocrine Society, dans sa recommandation de 2018, déconseille le dépistage systématique dans la population générale.

Un homme assis au bord du lit, l'air déprimé.

Quels symptômes selon l’âge d’apparition ?

Les signes dépendent du moment où le déficit s’installe, de son intensité et de sa durée. Avant la naissance, un manque de testostérone peut altérer le développement des organes génitaux externes, jusqu’à un aspect ambigu ou incomplètement masculin, décrit par la Mayo Clinic.

Avant et pendant la puberté, le tableau est celui d’un retard. La voix reste aiguë, la pilosité tarde, le pénis et les testicules restent petits, la masse musculaire se développe mal. Les membres peuvent s’allonger plus que le tronc, parce que les cartilages de croissance fusionnent tard, et une gynécomastie n’est pas rare.

À l’âge adulte, les premiers indices sont souvent une baisse du désir, une énergie moindre et une humeur plus sombre. Avec le temps peuvent s’ajouter des troubles de l’érection, une infertilité, une pilosité plus clairsemée, une perte de muscle, une gynécomastie, une ostéoporose. Quand le déficit est profond, certains hommes décrivent des bouffées de chaleur et une difficulté à se concentrer, un tableau que la Mayo Clinic compare, sans l’égaler, à celui d’une ménopause.

Les symptômes les plus spécifiques restent sexuels. La Cleveland Clinic met en avant la baisse de libido, la disparition des érections matinales et la difficulté à obtenir ou à maintenir une érection. Moins parlants, le manque d’entrain, la graisse abdominale ou un sommeil fragmenté ont beaucoup d’autres origines, de la dépression à l’apnée du sommeil. L’érection dépend aussi des artères, des nerfs et du psychisme, d’où un diagnostic biologique après l’interrogatoire, et non l’inverse.

  • Une libido durablement basse, sans autre explication évidente, justifie un dosage plutôt qu’un complément en ligne.
  • Des testicules petits et fermes, surtout chez un homme jeune, font chercher un syndrome de Klinefelter.
  • Une gynécomastie récente ou une pilosité qui recule élargit le bilan au-delà de la seule sexualité.
  • Chez un garçon, un développement pubertaire absent vers quatorze ans mérite un avis spécialisé sans délai.

Causes primaires et secondaires

L’hypogonadisme primaire naît dans le testicule. Le secondaire naît dans le cerveau (hypothalamus ou hypophyse). Les deux peuvent être présents dès la naissance ou acquis plus tard, et ils coexistent parfois, notamment avec l’âge, l’alcool ou une maladie générale, comme le souligne le Merck Manual.

Côté testicule, le syndrome de Klinefelter (caryotype 47,XXY le plus souvent) est la cause génétique la plus fréquente. Les testicules sont petits, la spermatogenèse est très altérée, la testostérone souvent basse. Une cryptorchidie non corrigée dans l’enfance, une orchite ourlienne à l’adolescence ou à l’âge adulte, un traumatisme bilatéral, une chimiothérapie ou une radiothérapie pelvienne peuvent aboutir au même résultat. L’hémochromatose surcharge le fer et peut léser à la fois le testicule et l’hypophyse.

Côté axe, le syndrome de Kallmann associe un déficit en GnRH et, souvent, une anosmie. Une tumeur hypophysaire, une chirurgie ou une irradiation de la région sellaire, une hyperprolactinémie, une maladie inflammatoire (sarcoïdose, tuberculose) coupent le signal. Le VIH, l’obésité, l’apnée obstructive du sommeil non traitée, une maladie aiguë, les opioïdes et certains corticoïdes abaissent aussi la testostérone en agissant surtout sur l’axe.

Opioïdes, glucocorticoïdes au long cours, antiandrogènes, kétoconazole ou stéroïdes anabolisants peuvent chacun faire chuter le taux. Arrêter la cause, quand c’est possible, suffit parfois à récupérer une fonction, ce que la Mayo Clinic décrit comme une voie réversible, à discuter avec le prescripteur et jamais seul.

L’obésité et le diabète de type 2 occupent une place à part. Chez beaucoup d’hommes, le testicule et l’hypophyse sont structurellement intacts. C’est le terrain métabolique qui étouffe l’axe. D’après la Cleveland Clinic, la majorité des hommes symptomatiques n’ont ni tumeur ni testicule détruit. Traiter seulement le chiffre sans parler de poids, de sommeil et de glucose laisse alors le mécanisme en place.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le diagnostic associe un tableau clinique et une testostérone totale basse, confirmée. L’Endocrine Society recommande un dosage matinal à jeun, avec une méthode fiable, puis un second prélèvement un autre matin. Un seul résultat, surtout s’il a été pris l’après-midi ou en pleine infection, ne tranche pas.

Les laboratoires n’utilisent pas tous la même technique ni la même population de référence. Pour les dosages raccordés au programme américain de standardisation (CDC), l’Endocrine Society retient une borne basse harmonisée à 264 ng/dL, soit 2,64 ng/mL ou 9,2 nmol/L, chez l’homme jeune non obèse. Dans la pratique clinique américaine, un seuil de 300 ng/dL (3,0 ng/mL, environ 10,4 nmol/L) reste largement employé, y compris par la Cleveland Clinic. Ni l’un ni l’autre n’est un décret français. Le médecin s’appuie sur les normes du laboratoire, le tableau clinique et les recommandations qu’il applique.

Référence Seuil de testostérone totale Lecture clinique
Endocrine Society (2018), gamme CDC 2,64 ng/mL (9,2 nmol/L) Borne basse chez l’homme jeune non obèse
Cleveland Clinic (2026), usage US courant 3,0 ng/mL (300 ng/dL) Souvent exigé sur deux dosages matinaux
EMAS, Wu et al. (2010) 3,2 ng/mL (11 nmol/L) et testostérone libre basse 2,1 % d’hommes de 40-79 ans si au moins trois symptômes sexuels
Merck Manual 3,0 à 10 ng/mL (300 à 1 000 ng/dL) Intervalle « usuel » de beaucoup de laboratoires, à interpréter selon l’âge et la SHBG

Quand la testostérone totale est limite, ou quand la globuline de liaison des hormones sexuelles (SHBG) est altérée (obésité, vieillissement, hyperthyroïdie, certains traitements), l’Endocrine Society demande une testostérone libre par dialyse à l’équilibre, ou un calcul fiable. Les kits analogiques de testostérone libre sont souvent trompeurs, prévient le Merck Manual.

LH et FSH classent ensuite le mécanisme. Élevées, elles parlent d’un testicule défaillant. Basses ou inadaptées, elles parlent de l’axe. On dose aussi la prolactine (piste d’adénome), parfois le fer, et l’on discute une IRM hypophysaire si la testostérone est très basse (sous 2,0 ng/mL, soit 200 ng/dL), si la prolactine est élevée, s’il existe des céphalées ou un trouble visuel, ou si l’homme a moins de 60 ans sans cause identifiée. Un spermogramme s’impose dès que le projet d’enfant est sur la table.

La Mayo Clinic situe le prélèvement le plus souvent entre 8 h et 10 h, parce que le taux est alors plus haut. Une maladie fébrile, un jeûne extrême, un exercice épuisant ou certains médicaments le font chuter transitoirement. On ne conclut pas sur ce fond-là. Le dépistage de masse n’a pas sa place, selon la recommandation de 2018, chez l’homme sans signe.

Andropause, vieillissement et baisse de testostérone

Le mot andropause laisse croire à une chute brutale, calquée sur la ménopause. Le NHS juge l’étiquette peu utile. La baisse liée à l’âge est progressive, de l’ordre de 1 % par an à partir de 30 ou 40 ans, et elle ne produit pas, à elle seule, le tableau d’un hypogonadisme franc.

L’étude européenne EMAS, observation de long terme publiée en 2010, l’a chiffré autrement. Si l’on exige au moins trois symptômes sexuels plus une testostérone totale sous 11 nmol/L (environ 3,2 ng/mL) et une testostérone libre basse, la prévalence n’était que de 2,1 % chez les hommes de 40 à 79 ans, de 0,1 % entre 40 et 49 ans et de 5,1 % entre 70 et 79 ans. Beaucoup plus d’hommes ont un taux simplement bas, sans le syndrome.

Obésité, diabète de type 2, maladies chroniques et médicaments expliquent une grande part de cette baisse « d’âge ». L’Endocrine Society déconseille de prescrire de la testostérone à tous les hommes de 65 ans ou plus au seul motif d’un taux bas. Chez ceux qui ont des signes évocateurs (libido basse, anémie inexpliquée) et des dosages matinaux clairement bas, la discussion se fait au cas par cas, après exposé des incertitudes.

Aux États-Unis, le cadre réglementaire a bougé. En février 2025, la FDA maintenait encore une mention limitant l’usage dans l’hypogonadisme lié à l’âge. En juin 2026, elle a demandé de retirer cette limitation d’emploi, tout en gardant l’indication pour les hommes qui ont un taux bas associé à une affection identifiée. Cela n’équivaut pas à un traitement anti-âge. Le médecin français applique les règles locales de prescription. Ni la FDA ni l’Endocrine Society ne se substituent à l’autorisation de mise sur le marché, ni à l’avis de l’endocrinologue ou de l’urologue que vous consultez.

Stress, alcool, sommeil court, dépression et « crise de la cinquantaine » imitent le même tableau. Chercher d’abord ces causes évite de coller une étiquette hormonale sur un problème qui n’en est pas un.

Traitement substitutif par testostérone

Le traitement substitutif vise, chez l’homme hypogonadique, à retrouver des caractères sexuels secondaires et à soulager les symptômes du déficit, après discussion des bénéfices, des risques et du suivi. L’Endocrine Society le recommande dans cette indication, pas pour améliorer la performance sportive ni pour « rester jeune ».

Les formes utiles sont le gel cutané quotidien, l’injection intramusculaire toutes les une à deux semaines (ou une forme retard en milieu de soins), le patch, le gel nasal, les implants sous-cutanés, les comprimés buccaux et, aux États-Unis, la testostérone undécanoate orale absorbée par voie lymphatique. La Mayo Clinic rappelle que les anciennes formes orales exposaient le foie. L’undécanoate oral, absorbé par voie lymphatique, n’emprunte pas la même voie. Les spécialités réellement disponibles en France, leurs noms et leurs schémas relèvent de la prescription locale, pas d’une liste américaine recopiée.

Le gel est simple d’emploi mais il peut contaminer un partenaire ou un enfant tant qu’il n’est pas sec. On couvre la zone, on se lave les mains, on évite le contact peau à peau immédiat. Les injections donnent des pics et des creux. Les implants tiennent plusieurs mois mais demandent un geste chirurgical mineur. L’objectif biologique, pour l’Endocrine Society, est une testostérone en milieu de fourchette d’homme jeune.

Les bénéfices possibles portent sur le désir, la masse maigre, la densité osseuse, l’humeur et l’énergie. Ils ne sont pas garantis. Si les symptômes ne bougent pas alors que le taux est corrigé, la Cleveland Clinic invite à revoir le diagnostic plutôt qu’à monter la dose. Avant la première prescription, le bilan cherche un cancer de prostate non évalué, un hématocrite déjà haut, une insuffisance cardiaque non contrôlée, une apnée grave non traitée, un projet d’enfant.

Image illustrant l'anatomie uro-génitale masculine.

Risques cardiaques, prostate et suivi

La grande peur des années 2010 était l’infarctus. TRAVERSE, essai randomisé chez 5 246 hommes de 45 à 80 ans déjà malades du cœur ou à haut risque, avec deux testostérones à jeun sous 300 ng/dL, a comparé un gel à 1,62 % au placebo. Après un traitement moyen de 22 mois, un événement majeur (décès cardiovasculaire, infarctus ou AVC non fatal) est survenu chez 7,0 % des hommes sous gel et 7,3 % sous placebo (rapport de risques 0,96, intervalle de confiance 0,78-1,17), ce qui établissait la non-infériorité pour ce critère.

Ce résultat ne ferme pas tous les dossiers. L’embolie pulmonaire a été plus fréquente sous testostérone (0,9 % contre 0,5 %), de même que la fibrillation auriculaire et l’insuffisance rénale aiguë. La FDA, le 28 février 2025, a recommandé de retirer l’encadré d’alerte sur les événements cardiovasculaires indésirables, d’ajouter les résultats de TRAVERSE, et d’introduire un avertissement sur l’augmentation de la pression artérielle, documentée par des études ambulatoires. En juin 2026, elle a aussi demandé de revoir les mentions relatives à la prostate.

La prostate reste un sujet de surveillance, pas une preuve que la substitution crée un cancer. L’Endocrine Society contre-indique le traitement en cas de cancer du sein ou de la prostate, de nodule palpable, de PSA supérieur à 4 ng/mL (ou 3 ng/mL chez un homme à risque élevé) sans avis urologique, d’hématocrite déjà élevé, d’apnée obstructive grave non traitée, de symptômes urinaires obstructifs importants, d’insuffisance cardiaque non contrôlée, d’infarctus ou d’AVC de moins de six mois, ou de thrombophilie. Un avis urologique s’impose si le PSA grimpe de plus de 1,4 ng/mL au-dessus du départ pendant la première année, ou s’il dépasse 4,0 ng/mL.

L’effet indésirable le plus net des essais est l’épaississement du sang. La méta-analyse de Ponce et coll., commandée pour la recommandation de 2018, trouvait un risque relatif d’érythrocytose (hématocrite supérieur à 54 %) de 8,14 par rapport au placebo. On arrête alors le traitement jusqu’à ce que l’hématocrite redescende, on cherche une apnée ou une hypoxie, on reprend à dose plus basse, parfois après une saignée, selon le Merck Manual et l’Endocrine Society.

Le suivi type mesure la testostérone et l’hématocrite à 3-6 mois, à 12 mois, puis chaque année, avec un examen clinique et, selon l’âge et le risque, un PSA. Acné, rétention d’eau, gynécomastie, testicules plus petits et baisse du spermogramme font partie des effets possibles.

Fertilité et alternatives à la testostérone

La testostérone de substitution n’est pas un traitement de l’infertilité masculine. Elle freine LH et FSH, donc la spermatogenèse, et peut conduire à une azoospermie. L’Endocrine Society, la Mayo Clinic et le Merck Manual s’accordent sur ce point. Si un enfant est souhaité à brève échéance, on ne commence pas ce traitement.

Dans l’hypogonadisme secondaire, les testicules sont souvent encore capables de répondre. On peut alors stimuler l’axe avec des gonadotrophines, d’abord la gonadotrophine chorionique (hCG) puis, si besoin, de la FSH recombinante, sous surveillance d’un spermogramme et des taux hormonaux. Le Merck Manual indique que beaucoup d’hommes concernés retrouvent une fertilité, même si le compte de spermatozoïdes reste modeste. Dans l’hypogonadisme primaire, cette voie marche rarement. Quelques spermatozoïdes intra-testiculaires peuvent parfois être prélevés pour une assistance médicale à la procréation.

Le citrate de clomifène, modulateur des récepteurs des œstrogènes, est parfois proposé chez l’homme pour pousser l’hypophyse à relancer LH et FSH. La Cleveland Clinic le range parmi les options si un enfant est encore souhaité. Ce n’est pas un produit à commencer sans suivi, ni un substitut du gel.

Avant une chimiothérapie gonadotoxique, la Mayo Clinic rappelle l’intérêt de congeler du sperme. Après un traitement substitutif déjà en cours, récupérer une spermatogenèse peut prendre des mois une fois le produit arrêté, sans garantie de revenir au niveau d’avant. La question d’un enfant biologique doit donc précéder la première ordonnance, pas la suivre.

Mesures de mode de vie

Chez beaucoup d’hommes, surtout en surcharge pondérale ou diabétiques, le premier levier n’est pas une ampoule. La Cleveland Clinic place l’alimentation, l’activité physique et le sommeil en première ligne, et propose de réévaluer après six à douze mois si les symptômes restent gênants, sauf tableau déjà franc.

Perdre de la graisse viscérale peut faire remonter une testostérone basse dite fonctionnelle, parce que le tissu adipeux aromatise les androgènes et pèse sur l’axe. Un entraînement contre résistance aide la masse musculaire, que le déficit a souvent érodée. Sept heures de sommeil et le traitement d’une apnée, quand elle est documentée, ôtent un obstacle mécanique autant qu’hormonal. L’alcool excessif figure parmi les causes acquises du Merck Manual, et le NHS cite le tabac parmi les facteurs qui imitent le même tableau.

Ces mesures n’équivalent pas à une substitution quand le testicule est détruit ou que l’hypophyse ne sécrète plus. Elles restent utiles en parallèle, y compris sous gel, parce que l’obésité, le glucose et le sommeil continuent de peser sur le cœur et les érections. La Cleveland Clinic déconseille de remplacer une consultation par des compléments vendus sans ordonnance. Un homme sous opioïdes, corticoïdes ou traitement du cancer de la prostate a une cause médicamenteuse possible, à discuter avec le prescripteur plutôt que d’ajouter une hormone par-dessus.

Quand voir un médecin pour un déficit de testostérone

Des symptômes qui durent et gênent la vie quotidienne, surtout s’ils s’associent (désir en berne, érections moins fiables, fatigue inexpliquée, perte de force), justifient un rendez-vous avec le médecin traitant. Il fera le tri entre un déficit hormonal, une dépression, une apnée, un effet indésirable médicamenteux ou une maladie chronique, puis décidera d’un dosage matinal.

Chez l’enfant et l’adolescent, l’absence de signes de puberté vers quatorze ans, des testicules non descendus, ou un développement clairement en retard par rapport aux pairs, relèvent du pédiatre ou de l’endocrinologue. Plus tôt le mécanisme est identifié, plus on limite les séquelles sur la taille, l’os et la fertilité future.

Certains tableaux ne doivent pas attendre le créneau du généraliste. Une douleur thoracique brutale, un essoufflement soudain, un mollet chaud et gonflé sous traitement substitutif font craindre un caillot. On appelle alors le 15 ou le 112. Des céphalées persistantes avec un champ visuel qui se rétrécit évoquent une lésion de la région hypophysaire et demandent un avis rapide, parfois une imagerie, comme le prévoit le Merck Manual.

Situation Conduite
Baisse durable de libido, fatigue, érections moins fiables Médecin traitant, deux dosages matinaux à jeun
Pas de signes de puberté vers quatorze ans Pédiatre ou endocrinologue, sans reporter d’une année
Céphalées avec troubles visuels, testostérone très basse Avis spécialisé, imagerie hypophysaire possible
Douleur thoracique, essoufflement brutal, jambe chaude sous traitement Appeler le 15 ou le 112
Projet d’enfant alors qu’un gel ou des injections sont déjà en cours Arrêt à discuter avec l’andrologue avant toute nouvelle dose

Apporter la liste des médicaments, le carnet de poids, et si possible deux résultats plutôt qu’un, accélère la consultation. Le bon interlocuteur est souvent le médecin traitant d’abord, puis l’endocrinologue ou l’urologue si le diagnostic se confirme ou si une substitution est envisagée.

Questions fréquentes

Un seul dosage de testostérone bas suffit-il à poser le diagnostic ?

Non. L’Endocrine Society exige des signes compatibles et une testostérone totale basse, confirmée par un second dosage matinal à jeun. Un prélèvement de fin de journée, ou fait pendant une grippe, peut être faussement bas.

Faut-il doser la testostérone chez tous les hommes après 50 ans ?

Non. La même société déconseille le dépistage de masse chez l’homme asymptomatique. On dose devant des signes, ou dans des situations à risque (opioïdes au long cours, chimiothérapie, infertilité, anémie inexpliquée, perte osseuse).

Les gels de testostérone peuvent-ils passer sur un partenaire ou un enfant ?

Oui, tant que la peau n’est pas sèche. La Mayo Clinic demande d’éviter le contact cutané immédiat, de se laver les mains et de couvrir la zone. Un enfant exposé de façon répétée peut viriliser.

Peut-on arrêter le traitement une fois commencé ?

Oui. Les taux reviennent alors vers le niveau de départ, le temps que l’axe se réveille, ce qui n’est pas immédiat. On arrête aussi si les symptômes n’ont pas bougé, si l’hématocrite dépasse 54 %, ou si une contre-indication apparaît.

L’obésité peut-elle faire baisser la testostérone sans maladie testiculaire ?

Oui. C’est même le scénario le plus fréquent chez les hommes d’âge mûr, selon la Cleveland Clinic. Maigrir, bouger et traiter une apnée peuvent remonter le taux. Une tumeur n’est pas la première hypothèse.

Le traitement substitutif règle-t-il toujours les troubles de l’érection ?

Non. Il peut aider le désir plus que la mécanique vasculaire de l’érection. Diabète, tabac, artères et psychisme restent des causes fréquentes, et un inhibiteur de phosphodiestérase se discute à part, avec le médecin.

Un homme assis, affichant un sourire joyeux.

Conclusion

L’hypogonadisme masculin n’est ni une fatalité de la cinquantaine ni un chiffre à corriger hors circuit. C’est un diagnostic à deux clés. Il faut un tableau clinique, souvent sexuel, et une testostérone basse confirmée le matin. Les seuils américains (2,64 ou 3,0 ng/mL selon les textes) aident à lire un compte-rendu. Ils ne remplacent pas les normes du laboratoire français ni l’avis de celui qui vous suit.

Depuis TRAVERSE (2023) et les révisions de la FDA (2025-2026), le risque d’infarctus lié à un gel bien indiqué n’apparaît plus comme le danger principal. L’hématocrite, la tension, les caillots veineux et la fertilité pèsent davantage. Un homme qui veut encore un enfant n’a pas la même ordonnance qu’un homme dont les testicules ne produisent plus rien.

Si les symptômes collent, le geste utile est de prendre rendez-vous avec le médecin traitant, d’arriver à jeun un matin pour un premier dosage, de noter opioïdes, corticoïdes et poids, et de demander si un second prélèvement plus une LH, une FSH et une prolactine sont déjà indiqués. Cette séquence, plutôt qu’un complément miracle, sépare un vrai déficit d’une fausse andropause.

Sources

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  2. Male hypogonadism – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 20 septembre 2024.
  3. Bhasin S, Brito JP, Cunningham GR et al. : Testosterone Therapy in Men With Hypogonadism: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline. The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 1er mai 2018.
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  10. The ‘male menopause’. National Health Service, 13 octobre 2022.
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