
Les variations de pression atmosphérique, surtout une baisse rapide avant la pluie ou un orage, peuvent déclencher une crise de migraine chez certaines personnes déjà sensibles. Ce n’est pas une maladie distincte : le tableau est presque toujours celui d’une migraine, parfois prise à tort pour une « céphalée de sinus ».
Le scénario est banal. Le ciel se charge, le baromètre descend, et une douleur pulsatile s’installe avec une gêne à la lumière. Une méta-analyse de 2025 portant sur 31 études a trouvé une association statistiquement significative entre pression ambiante et crises (rapport de cotes 1,07) et une association un peu plus nette avec la température (1,15), alors que l’humidité n’était pas significative.
Le lien reste modeste et très inégal d’une personne à l’autre. Au Royaume-Uni, le guide NICE CG150, amendé en 2025, propose en crise un triptan oral associé à un anti-inflammatoire non stéroïdien ou au paracétamol, et déconseille opioïdes et ergotés. Une douleur qui explose en quelques minutes, une fièvre, un déficit neurologique ou une confusion relèvent du 15 ou du 112.
Qu’est-ce qu’un mal de tête lié à la pression barométrique ?
C’est un nom de tous les jours pour une douleur de tête qui semble arriver avec un changement de temps, en particulier une variation de la pression de l’air. L’étiquette peut induire en erreur, soulignent des cliniciens de la Cleveland Clinic : beaucoup de patients parlent de « sinus » ou de « baromètre » alors que l’histoire correspond à une migraine.
La pression barométrique, ou pression atmosphérique, est le poids de l’air sur une surface. Elle baisse souvent à l’approche d’une dépression, d’un front pluvieux ou d’un orage, et elle monte sous un anticyclone. Ces mouvements s’accompagnent de vent, d’humidité, de lumière changeante et parfois de pollution. Isoler un seul paramètre dans la vie réelle est donc difficile.
La classification internationale des céphalées décrit une céphalée d’altitude, bilatérale, aggravée par l’effort au-dessus de 2 500 m et qui s’apaise en 24 heures après la descente, d’après la revue de Denney, Lee et Joshi publiée en 2024. Pour les simples variations de temps au niveau de la mer, il n’existe pas de diagnostic séparé. On classe plutôt la crise comme migraine, céphalée de tension ou, plus rarement, autre céphalée primaire.
Toute personne peut avoir mal à la tête un jour de tempête. Le terrain compte davantage que le thermomètre. Aux États-Unis, la prévalence annuelle de la migraine atteint 18 % chez les femmes et 6 % chez les hommes dans le Merck Manual révisé en 2025. MedlinePlus indique qu’environ 12 % des Américains sont concernés et que les femmes sont trois fois plus touchées que les hommes. L’OMS, dans sa fiche d’octobre 2025, estime que les céphalées concernaient environ 40 % de la population mondiale en 2021, soit 3,1 milliards de personnes. Un antécédent familial est fréquent, sans prouver que votre prochaine crise sera « due au temps ».

La météo déclenche-t-elle vraiment les migraines ?
Chez une partie des patients, oui, le temps apparaît comme un facteur déclenchant, sans que l’on puisse parler de cause unique. Les changements de pression barométrique figurent parmi les facteurs météo possibles recensés par la Mayo Clinic, aux côtés du soleil vif, de la chaleur ou du froid extrêmes, de l’humidité, de l’air sec et du vent. Beaucoup de personnes le disent. Le démontrer sur des relevés météo objectifs est autre chose.
Trente et une études publiées jusqu’en décembre 2024 ont été regroupées par Li, Liu, Ma, Fang et He. Quand le temps était rapporté comme facteur déclenchant, la différence de risque regroupée était de 0,47 (intervalle de confiance à 95 % 0,40-0,54). Pour les mesures instrumentales, le rapport de cotes était de 1,15 pour la température et de 1,07 pour la pression ambiante. L’humidité (1,04) n’atteignait pas le seuil de significativité. Les polluants (particules fines, dioxyde d’azote, ozone) étaient liés à davantage de consultations pour migraine.
Ces chiffres disent une association faible à modérée, pas une fatalité. La revue de 2024 dans Current Pain and Headache Reports rappelle qu’aucune relation causale n’est établie, que l’effet du temps tourne autour de 20 % dans plusieurs travaux, et que le mélange temps plus sommeil, hormones ou stress pèse davantage qu’un paramètre isolé. Dans une cohorte bostonienne de 98 patients citée par ces auteurs, 49 % incriminaient le temps, alors que ni la température ni la pression n’étaient associées au début de crise.
Les orages illustrent ce flou. Une étude reprise dans la même revue a trouvé davantage de crises les jours avec foudre (31 % contre 28 %) et 23 % de crises de novo. La foudre emporte pression, vent et lumière. Si vos crises reviennent souvent avant la pluie, le temps fait partie de votre terrain, sans être le seul levier.
Baisse ou hausse de pression, que montrent les études ?
Les baisses rapides et les fluctuations sont les situations le plus souvent associées aux crises, mais les résultats se contredisent d’une étude à l’autre. Certains patients réagissent à une chute de pression, d’autres à une hausse brutale de température, le plus souvent autour d’un orage, observent des spécialistes de Cleveland.
Une petite série japonaise de 2015, 34 patients migraineux suivis pendant le passage d’un typhon, a situé le plus grand nombre de crises lorsque la pression tombait de 6 à 10 hectopascals sous la valeur standard de 1 013 hPa, surtout dans la fourchette 1 003-1 007 hPa. Les céphalées de tension du groupe témoin étaient nettement moins liées à ces baisses. L’échantillon est restreint, la période courte : c’est une observation ancienne, pas une loi physique.
Des travaux plus récents, repris dans la revue de 2024, ne retrouvent pas toujours ce signal. D’autres lient plutôt une pression déjà basse, une chute dans les six heures précédentes, l’humidité ou la pluie. Une hausse marquée a parfois été associée à moins de crises. Impossible d’en tirer un seuil unique du type « en dessous de telle valeur, la crise est certaine ».
Le baromètre de votre téléphone n’est donc pas un test diagnostique. Il peut, en revanche, aider à relire un agenda. Si, sur plusieurs semaines, les crises s’alignent sur les mêmes types de fronts, vous tenez un indice personnel. S’il n’y a pas de motif, chercher ailleurs (sommeil, repas sautés, règles, médicaments trop fréquents) reste plus rentable que de surveiller la pression heure par heure.
Quels mécanismes sont évoqués dans la recherche ?
Aucun mécanisme n’est démontré chez l’humain. Les hypothèses actuelles portent sur le système trigéminovasculaire et l’oreille interne, plus que sur une simple dilatation des vaisseaux du cerveau. La migraine y est décrite, dans le Merck Manual, comme un syndrome neurovasculaire : hyperexcitabilité corticale, dépression corticale envahissante, libération de neuropeptides dont le peptide relié au gène de la calcitonine (CGRP), inflammation douloureuse des vaisseaux crâniens et de la dure-mère.
Pour le temps, un possible déséquilibre de messagers cérébraux, dont la sérotonine, pourrait à la fois lancer une crise et aggraver une douleur déjà amorcée par un autre facteur, d’après la Mayo Clinic. Les cavités nasales et sinusiennes sont des espaces remplis d’air. Une chute de pression extérieure pourrait, selon des cliniciens de Cleveland, modifier l’équilibre des fluides dans ces tissus et donner une sensation de visage « bouché ». Cela n’en fait pas une sinusite.
Chez l’animal, une baisse de pression a augmenté l’activité de neurones trigéminaux ; des lésions de l’oreille interne abolissaient une partie de la réponse douloureuse. Cela éclaire une douleur orbitaire ou une oreille pleine, sans prouver le même circuit chez vous.
Une théorie plus ancienne attribuait la douleur à la compression ou à la dilatation des vaisseaux par la charge de l’air. Elle n’est plus le cadre de référence. Le CGRP et les médicaments qui le visent ont déplacé l’attention vers les voies de la douleur. Le temps resterait un modulateur de seuil, plus facile à franchir quand le sommeil, les hormones ou le jeûne ont déjà baissé la garde.
Quels symptômes accompagnent une crise liée au temps ?
Les symptômes sont ceux de la migraine, parfois avec une douleur du visage qui fait penser aux sinus. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de « prouver » le rôle du baromètre. Chez l’adulte, une crise dure en général 4 à 72 heures. La douleur est souvent unilatérale et pulsatile, aggravée par l’effort habituel, associée à une intolérance à la lumière ou au bruit, à des nausées ou à des vomissements, d’après le tableau diagnostique du NICE et les fiches NHS et MedlinePlus.
Une aura précède ou accompagne la crise chez environ 25 % des patients, selon le Merck. Elle dure 5 à 60 minutes, est entièrement réversible, et touche surtout la vision (zigzags, scintillements, tache aveugle). Des fourmillements ou un trouble de parole sont moins fréquents. Au-delà d’une heure, le NHS demande un avis médical urgent. Une aura atypique (faiblesse motrice, vision double, un seul œil, trouble de l’équilibre, baisse de conscience) justifie des examens, d’après le NICE.
Avant la douleur, un prodrome peut durer des heures, avec bâillements, envie d’uriner, raideur de nuque, fringales ou changement d’humeur. Après la crise, un épuisement peut durer un ou deux jours. Rien de tout cela n’est spécifique au temps. Une gêne autour des sinus, un écoulement postérieur ou des larmes, décrits à la Cleveland Clinic, se voient aussi dans la migraine ordinaire.
Quelques repères concrets aident à décrire la crise au médecin :
- La douleur pulsatile de l’adulte dure le plus souvent de quatre heures à trois jours.
- Nausées, vomissements, photophobie ou phonophobie orientent vers une migraine plutôt que vers une simple tension.
- Une aura visuelle réversible de cinq à soixante minutes appartient au tableau migraineux classique.
- Une gêne du visage et des larmes n’excluent pas la migraine, même par temps d’orage.
- Un besoin d’uriner, des bâillements ou une raideur de nuque peuvent précéder la douleur de plusieurs heures.
Sinus ou migraine, comment les distinguer ?
La plupart des « sinusites météo » sans fièvre ni pus franc sont des migraines. La confusion figure parmi les erreurs diagnostiques les plus fréquentes dans le Merck Manual : symptômes autonomes et visuels absents, douleur du visage, et le patient comme le médecin parlent d’emblée de sinus. Une « sinusite » répétée avec examen neurologique normal peut tout simplement être une migraine, rappelle l’American Academy of Family Physicians.
Une sinusite bactérienne aiguë s’accompagne en général d’écoulement coloré, de fièvre, d’une douleur localisée qui s’aggrave en penchant la tête, et dure au-delà d’un rhume banal. La migraine, elle, amène nausées, besoin d’obscurité, aggravation au mouvement, parfois aura. Pendant un orage, la pression change dans les fosses nasales chez tout le monde. Seuls certains y ajoutent le cortège migraineux.
Le traitement de la sinusite (décongestionnant prolongé, antibiotique « au cas où ») n’aide pas la migraine et peut l’entretenir. À l’inverse, un triptan pris tôt soulage souvent ces crises « de visage », ce qui n’est pas un test de certitude : un triptan peut aussi calmer une céphalée secondaire, prévient le même manuel. Le bon réflexe est l’histoire complète, pas le scanner des sinus en première intention.
Allergie, rhume des foins et migraine peuvent coexister. Un jour d’orage polarise l’attention sur le baromètre alors que le pollen, le manque de sommeil et un repas sauté sont déjà là. Réduire les facteurs que l’on contrôle reste plus utile que d’acheter un appareil « anti-pression » sans preuve.

Comment le diagnostic est-il posé ?
Il n’existe pas de test pour un « mal de tête barométrique ». Le diagnostic est clinique, fondé sur l’histoire des crises, un examen neurologique normal et l’exclusion des signes d’alerte. Un agenda d’au moins huit semaines, recommandé par le NICE, note fréquence, durée, intensité, symptômes associés, médicaments, facteurs précipitants et lien avec les règles. Y ajouter la météo du jour (pression, orage, chaleur) transforme un ressenti en motif visible.
Sans drapeau rouge ni anomalie à l’examen, l’imagerie n’est pas indiquée « pour rassurer ». C’est la position du NICE, de l’American Headache Society reprise par l’AAFP, et du Merck. Un scanner ou une IRM se discute si la céphalée est nouvelle après 50 ans, si le schéma habituel change, s’il existe un cancer, une immunodépression, un œdème papillaire, un déficit focal persistant ou une douleur en coup de tonnerre.
Le médecin cherche aussi un abus médicamenteux. On parle de céphalée par abus, dans le guide NICE, si depuis au moins trois mois les triptans, opioïdes, ergotés ou associations sont pris dix jours par mois ou plus, ou si paracétamol, aspirine ou AINS le sont quinze jours par mois ou plus. Un temps instable peut pousser à enchaîner les comprimés. Le piège, alors, n’est plus le baromètre, c’est le calendrier des prises.
En France, le médecin traitant applique les recommandations locales. Le NICE est un guide britannique, utile pour comprendre la logique, pas un protocole à copier. Le pharmacien peut préciser les spécialités disponibles. Aucun laboratoire ni aucun « test météo » ne remplace cet entretien.
Que prendre pendant une crise liée au temps ?
Le traitement d’une crise coïncidant avec le temps est celui de la migraine, pris dès le début de la douleur. Le NICE propose d’associer un triptan oral à un AINS ou au paracétamol. Qui ne veut qu’un seul médicament peut recevoir un triptan, un AINS, de l’aspirine (900 mg dans le schéma britannique, hors moins de 16 ans à cause du syndrome de Reye) ou du paracétamol. Si un triptan échoue de façon répétée, on en essaie un autre.
Les opioïdes et les ergotés ne sont pas proposés pour la crise migraineuse dans ce guide. Un antiémétique peut être ajouté même sans nausée franche. Les formes non orales aident quand les vomissements empêchent d’avaler. Les gépants oraux (rimegepant, atogepant) y sont réservés, en crise, aux adultes chez qui au moins deux triptans ont échoué, ou qui ne peuvent pas les prendre, après échec des AINS et du paracétamol. Ces critères sont britanniques. En France, le médecin indiquera ce qui est accessible.
Pièce sombre et calme, froid sur le front, boire : des gestes simples rappelés par le NHS et MedlinePlus. Les jours de mauvais temps, mieux vaut avoir le traitement de secours à portée de main, plutôt que d’attendre que la douleur soit à son sommet, conseillent des cliniciens de Cleveland. Prendre l’antalgique plus de deux jours par semaine, prévient le NHS, favorise d’autres céphalées et rend la migraine plus difficile à traiter.
Quelques limites concrètes évitent de transformer l’orage en engrenage :
- Le paracétamol ou l’ibuprofène seuls aident souvent une crise légère, pas toujours une migraine installée.
- Un triptan se prend au début de la douleur, pas au début d’une aura isolée.
- Les triptans et la dihydroergotamine sont contre-indiqués en cas de maladie coronaire ou d’hypertension non contrôlée.
- Un gépant peut être discuté quand un vasoconstricteur est trop risqué, sous avis médical.
- Dépasser dix jours de triptans ou quinze jours d’AINS par mois pendant trois mois ouvre la porte à l’abus médicamenteux.
Le pharmacien reste le bon interlocuteur pour les doses et les interactions en vente libre. Une « prophylaxie d’orage » avec un AINS la veille d’un front n’a de sens que si elle a été prescrite : le NICE ne prévoit une mini-prophylaxie par certain triptan que pour une migraine menstruelle prévisible, pas pour la météo.
Comment limiter les crises quand le temps change ?
On ne commande pas le baromètre. On réduit les autres facteurs le jour où le temps se gâte, on traite tôt, et on discute d’un fond si les crises sont fréquentes. Un agenda (date, durée, causes possibles), éviter si possible le froid ou le vent quand ils vous lancent, prendre le traitement dès les premiers signes, et soigner sommeil, hydratation, repas et stress : voilà la base proposée par la Mayo Clinic.
Les jours d’orage, écartez les aliments déjà identifiés comme déclenchants chez vous, gardez le traitement de secours à jour, dormez assez sans faire la grasse matinée trop longue, et buvez davantage par forte chaleur, conseille la Cleveland Clinic. L’anxiété d’un front qui arrive peut elle-même lancer la crise. Des lunettes de soleil aident si l’éclat du ciel, plus que la pression, est votre facteur. Un traitement hormonal peut déclencher ou aggraver la migraine, précise le Merck. Le NICE ne propose pas en routine une contraception oestroprogestative en cas de migraine avec aura.
Quand les crises gênent malgré le traitement de crise, un fond se discute. Propranolol, topiramate ou amitriptyline sont les trois options que le NICE fait envisager en premier, après un échange sur bénéfices, risques et contre-indications. Le topiramate n’est pas utilisé pour prévenir la migraine pendant la grossesse, ni chez les femmes susceptibles d’être enceintes hors programme de prévention de la grossesse, d’après l’avis britannique MHRA repris par ce guide. La gabapentine n’est pas proposée. Si ces trois options échouent, un cycle d’acupuncture (jusqu’à dix séances) peut être envisagé. La riboflavine (vitamine B2) à 400 mg une fois par jour, en complément alimentaire, « peut être efficace » pour réduire fréquence et intensité chez certaines personnes.
Les inhibiteurs du CGRP (atogepant, rimegepant, anticorps injectables) sont, dans le parcours NICE, une option chez l’adulte à partir de quatre jours de migraine par mois, seulement après échec, intolérance ou contre-indication d’au moins trois préventifs. On les arrête à 12 semaines si la fréquence ne baisse pas d’au moins 50 % (forme épisodique) ou 30 % (forme chronique). La toxine botulinique de type A est réservée à la migraine chronique, dans les mêmes conditions d’échec. Aux États-Unis, la recommandation AAN/AHS 2026 citée par le Merck place les CGRP parmi les options de plus grande efficacité dès quatre jours par mois. Les deux pays ne rangent pas les molécules dans le même ordre. Le neurologue qui vous suit appliquera le cadre local.
Magnésium et coenzyme Q10 sont cités comme pistes par MedlinePlus et des cliniciens de Cleveland. Le seul complément dont le NICE fixe une dose dans ce guide est la riboflavine à 400 mg. Demandez conseil avant tout complément, surtout en cas de grossesse ou de maladie rénale.
Maux de tête météo, quand voir un médecin ?
Une céphalée en coup de tonnerre, un déficit neurologique, une fièvre avec raideur de nuque ou une confusion ne sont pas « un orage qui passe » : il faut le 15 ou le 112. Le NICE demande d’évaluer toute céphalée qui atteint son maximum en moins de cinq minutes, qui s’aggrave avec de la fièvre, qui s’accompagne d’un déficit neurologique nouveau, d’un trouble cognitif, d’une altération de conscience, d’un traumatisme crânien récent, ou dont le caractère habituel change nettement.
Même chez un migraineux connu, une douleur maximale en quelques secondes, un début après 50 ans, une intensification sur des semaines, un cancer, une immunodépression ou un déficit focal persistant doivent faire chercher autre chose, précise le Merck. Une nouvelle céphalée après 50 ans fait aussi discuter une artérite à cellules géantes, selon l’AAFP. En France, le 15 ou le 112 remplacent le 999 britannique, sans prendre le volant.
| Situation | Conduite | Document |
|---|---|---|
| Douleur maximale en moins de cinq minutes | Appeler le 15 ou le 112 | NICE CG150 |
| Fièvre, raideur de nuque, confusion ou crise convulsive | Appeler le 15 ou le 112 | NICE, NHS, Merck 2025 |
| Faiblesse, trouble de parole ou perte de vision persistante | Appeler le 15 ou le 112 | NHS, Merck 2025 |
| Céphalée nouvelle après 50 ans, ou schéma habituel qui change | Voir le médecin sans attendre | Merck 2025, AAFP 2022 |
| Crises plus d’une fois par semaine, plus longues ou plus intenses | Prendre rendez-vous avec le médecin traitant | NHS |
| Aura qui dure plus d’une heure, ou crise au-delà de 72 heures | Avis médical rapide | NHS |
Une migraine qui reste gérable, toujours la même, sans drapeau rouge, se discute au cabinet, avec agenda, traitement de crise et éventuellement un fond. Ce n’est pas une urgence. Ce n’est pas non plus une fatalité météorologique.
Questions fréquentes
Un orage déclenche-t-il forcément une crise ?
Non. Beaucoup de personnes migraineuses traversent des orages sans douleur, et beaucoup de crises arrivent par temps calme. La revue de 2024 souligne l’absence de lien causal et le rôle plus net du temps combiné à d’autres facteurs. Si vos crises reviennent souvent les jours de foudre, notez-le, sans en faire une règle.
Faut-il anticiper le traitement avant la pluie ?
Pas de façon systématique. Le traitement de crise se prend au début de la douleur, d’après le NICE et le NHS. Une prise « au cas où » avant chaque front expose à l’abus médicamenteux. Une mini-prophylaxie n’est prévue par le NICE que pour certaines migraines menstruelles prévisibles, avec un triptan précis, pas pour la météo.
Les bouchons d’oreille contre la pression aident-ils ?
Aucun essai solide ne permet aujourd’hui de recommander un bouchon commercial « anti-pression ». Le levier documenté reste le traitement de la migraine, l’agenda et la réduction des autres facteurs. Méfiez-vous des promesses d’appareil vendu pour « égaliser » l’oreille moyenne.
La pollution de l’air joue-t-elle un rôle ?
Elle peut s’ajouter au temps. La méta-analyse de 2025 a lié plusieurs polluants (particules fines, dioxyde d’azote, ozone) à davantage de consultations pour migraine. Un jour d’orage urbain mélange pression, chaleur et air chargé. Réduire l’effort intense dehors lors d’un pic de pollution est un geste raisonnable, sans garantie sur la prochaine crise.
Combien de jours d’antalgiques par mois faut-il ne pas dépasser ?
Le NICE alerte dès dix jours par mois de triptans (ou d’opioïdes, ergotés, associations) pendant trois mois, et dès quinze jours de paracétamol, aspirine ou AINS. Le NHS conseille de ne pas dépasser deux jours d’antalgiques par semaine. Un mois orageux n’autorise pas à enchaîner les plaquettes.
Un enfant peut-il avoir mal à la tête quand le temps change ?
Oui, la migraine existe chez l’enfant, souvent plus courte, avec davantage de signes digestifs, rappelle l’OMS. Le NICE couvre le diagnostic dès 12 ans. Les doses, les triptans et l’aspirine ne se copient pas sur l’adulte (aspirine évitée avant 16 ans). Le pédiatre ou le médecin traitant pose le cadre.

Conclusion
Le baromètre n’invente pas une maladie nouvelle. Il module, chez une minorité de personnes déjà migraineuses, un seuil de crise déjà travaillé par le sommeil, les hormones, les repas et les médicaments. Les synthèses de 2024 et 2025 montrent une association réelle mais petite, surtout avec les baisses de pression et la température, et un rôle possible de la pollution. Elles infirment l’idée d’un « mal de tête barométrique » autonome et d’un mécanisme vasculaire simple.
Tenez huit semaines un agenda qui note heure de début, intensité, nausées, météo du jour, règles et prises de comprimés. Apportez-le au médecin traitant si les crises reviennent plus d’une fois par semaine, durent plus longtemps, ou si le paracétamol ne suffit plus. Demandez explicitement si un triptan, un fond (bêtabloquant, amitriptyline, topiramate) ou, en cas d’échecs répétés, une option ciblant le CGRP a un sens dans votre situation, selon les règles françaises.
Gardez le traitement de crise à portée les jours de dépression annoncée, sans le prendre « en prévention d’orage ». Le 15 ou le 112 s’imposent si la douleur explose en quelques minutes, si un côté du corps lâche, si la parole ou la vision se brouillent de façon inhabituelle, ou si la fièvre et la nuque raide s’en mêlent. Le reste se gère au calme, pièce sombre, verre d’eau, et un plan écrit plutôt qu’un œil rivé au baromètre.
Sources
- Migraines: Are they triggered by weather changes?. Mayo Clinic, 10 mai 2019.
- Barometric Pressure Headache: Can Weather Trigger Headaches or Migraines?. Cleveland Clinic, 15 juillet 2022.
- Li S, Liu Q, Ma M et al. : Association between weather conditions and migraine: a systematic review and meta-analysis. Journal of Neurology, 17 avril 2025.
- Denney DE, Lee J, Joshi S : Whether Weather Matters with Migraine. Current Pain and Headache Reports, 15 février 2024.
- Headaches in over 12s: diagnosis and management. National Institute for Health and Care Excellence, mis à jour le 23 septembre 2026.
- Silberstein SD : Migraine. Merck Manual Professional Edition, février 2025.
- Migraine. MedlinePlus, mis à jour en 2025.
- Migraine. National Health Service, mis à jour en 2026.
- Viera AJ, Antono B : Acute Headache in Adults: A Diagnostic Approach. American Family Physician, septembre 2022.
- Migraine and other headache disorders. World Health Organization, 24 octobre 2025.
- Okuma H, Okuma Y, Kitagawa Y : Examination of fluctuations in atmospheric pressure related to migraine. SpringerPlus, 2015.
