
La roséole, aussi appelée sixième maladie ou exanthème subit, est une infection virale fréquente du nourrisson, due le plus souvent à l’herpèsvirus humain 6B. Elle se manifeste par une fièvre soudaine et élevée pendant trois à cinq jours, puis, chez une minorité d’enfants seulement, par de petites taches rosées qui apparaissent quand la température redescend.
Un bébé de dix mois peut afficher 40 °C au thermomètre, rester étonnamment alerte et jouer, puis se couvrir le thorax de taches roses dès que la fièvre cède. Ce décalage entre la chaleur du corps et l’état général, suivi d’une éruption « après coup », est le tableau décrit par les synthèses cliniques. L’infection à HHV-6 expliquerait 10 à 45 % des fièvres du nourrisson aux États-Unis, d’après la revue StatPearls mise à jour en 2026.
L’éruption classique n’apparaît que dans 23 à 31 % des primo-infections à HHV-6. Les convulsions fébriles concernent environ 10 à 15 % des enfants dans les séries de services d’urgences. Le Red Book 2024-2027 de l’American Academy of Pediatrics et le guide britannique NICE NG143, réexaminé en 2025, cadrent les soins autour de l’hydratation, du paracétamol ou de l’ibuprofène si l’enfant est inconfortable, sans bain tiède systématique, et d’un avis médical selon l’âge. Le médecin ou le pharmacien applique la conduite locale en France.
Qu’est-ce que la roséole infantile ?
La roséole infantile est une maladie virale bénigne dans la grande majorité des cas, liée surtout au HHV-6B et plus rarement au HHV-7, deux virus de la famille des herpèsvirus distincts de ceux des boutons de fièvre ou de l’herpès génital. Elle touche surtout les enfants de 6 mois à 2 ans. La synthèse StatPearls de 2026 indique que 90 % des cas surviennent avant l’âge de 2 ans, avec un pic souvent situé entre 6 et 15 mois selon la Mayo Clinic (page de 2025). Les nouveau-nés restent un temps protégés par les anticorps transmis pendant la grossesse. Cette protection s’estompe, alors que l’enfant n’a pas encore fabriqué les siens.
Le nom de « sixième maladie » vient d’une ancienne numérotation des éruptions fébriles de l’enfance. « Exanthème subit » décrit une éruption qui surgit d’un coup, une fois la fièvre tombée. La Cleveland Clinic (2023) rappelle que presque tous les enfants rencontrent le virus avant leur deuxième anniversaire, souvent sans que l’épisode soit identifié. Une étude de population de 2005, encore citée comme observation de long cours dans StatPearls, estimait qu’environ 40 % des enfants avaient déjà contracté le HHV-6 à 12 mois et 77 % à 24 mois.
Après l’épisode aigu, le virus reste à l’état latent dans l’organisme, comme les autres herpèsvirus. Chez l’enfant en bonne santé, cette latence n’empêche pas un retour rapide à l’état habituel. Le NHS, dont la page a été révisée le 24 septembre 2026, indique que l’infection passe en général en une semaine, avec des soins à la maison. Les formes graves concernent surtout les personnes dont l’immunité est affaiblie.

Quels symptômes permettent de reconnaître la roséole ?
Le signe le plus constant est une fièvre qui monte d’un coup, souvent au-dessus de 39,4 °C, parfois jusqu’à 39,5 à 40,5 °C selon le Merck Manual (révision d’octobre 2026). Elle dure en général trois à cinq jours, parfois jusqu’à sept jours d’après le NHS et le même manuel. Pendant cette phase, l’enfant est souvent alerte et actif malgré le thermomètre. Ce contraste déconcerte les parents et oriente déjà vers cette infection plutôt que vers une infection bactérienne localisée.
L’éruption, quand elle existe, apparaît au moment où la fièvre chute, parfois dans les 24 heures. Elle commence sur le thorax, le ventre et le dos, puis gagne le cou et les bras, plus rarement le visage et les jambes. Les taches sont roses ou rougeâtres sur peau claire, plus difficiles à voir sur peau foncée, plates ou légèrement en relief, souvent séparées les unes des autres. Elles blanchissent à la pression, ne démangent en général pas, et s’estompent en quelques heures à quelques jours selon le NHS, la Cleveland Clinic et la Mayo Clinic.
Beaucoup d’infections à HHV-6 ne produisent pas ce tableau en deux temps. StatPearls chiffre l’éruption typique à 23 à 31 % des primo-infections. La Mayo Clinic parle d’environ un quart des personnes. Une fièvre isolée, bien tolérée, chez un nourrisson de 6 à 18 mois, peut donc être une roséole sans que personne ne le sache. Une éruption sans fièvre préalable est possible, mais moins caractéristique.
D’autres signes, inconstants, peuvent précéder ou accompagner la fièvre.
- Un nez qui coule, une toux légère ou une gorge irritée peuvent évoquer un simple rhume.
- Les paupières ou le contour des yeux peuvent gonfler de façon transitoire.
- Des ganglions du cou ou derrière les oreilles sont souvent palpables.
- L’appétit diminue, parfois avec une diarrhée ou des vomissements discrets.
- Des taches rouges du palais et de la luette, dites de Nagayama, se voient chez environ deux tiers des enfants.
Aucun de ces signes n’est obligatoire. Ce qui compte, pour le parent, est la chronologie. Une forte fièvre sans foyer évident, un enfant encore relativement en forme, puis des taches rosées au moment de la défervescence, forment le fil conducteur. Tant que l’éruption n’est pas là, le médecin élimine d’abord d’autres causes de fièvre du nourrisson.
Comment se transmet le virus et combien de temps est-il contagieux ?
Le virus circule surtout par la salive et les gouttelettes respiratoires, y compris chez des adultes ou des frères et sœurs qui n’ont aucun symptôme. La revue de Leung et coll. (Current Pediatric Reviews, 2024) insiste sur ce point. La source habituelle n’est pas un autre bébé couvert de taches, mais un proche qui excrète le virus dans la salive sans le savoir. Partager une tasse, une sucette ou des couverts, toucher un jouet mouillé de salive puis porter la main à la bouche, suffisent.
L’incubation dure souvent 9 à 10 jours d’après la Mayo Clinic et le Merck Manual. MedlinePlus (révision du 1er juillet 2025) retient une fourchette plus large, de 5 à 15 jours. Pendant cette période silencieuse, et pendant la phase fébrile, l’enfant peut transmettre l’infection. Contrairement à la varicelle ou à la rougeole, la roséole déclenche rarement une épidémie de quartier. La Mayo Clinic souligne que les foyers communautaires restent inhabituels.
La période contagieuse utile pour la crèche n’est pas la période d’éruption. Une fois la fièvre absente depuis 24 heures, la Mayo Clinic, la Cleveland Clinic et l’American Academy of Pediatrics (HealthyChildren, 23 septembre 2025) considèrent que l’enfant n’est plus contagieux, même s’il reste des taches. Le NHS formule la même idée autrement. Tant que la température est élevée, l’enfant reste à la maison. Ensuite, s’il se sent assez bien, il peut retourner en collectivité sans attendre la disparition de l’éruption.
Ces repères de vie quotidienne ne signifient pas que le virus a quitté l’organisme. Après la primo-infection, le HHV-6 persiste et peut être excrété par intermittence dans la salive, ce qui explique que presque tous les enfants finissent par le rencontrer. Le lavage des mains, surtout après s’être mouché ou avoir changé une couche, reste le geste le plus utile, sans garantir l’absence d’infection.
Comment la distinguer de la rougeole et d’autres éruptions ?
La confusion la plus fréquente porte sur la rougeole, parce que les deux maladies associent fièvre et taches. La Mayo Clinic donne un critère simple. L’éruption de roséole part du thorax et du dos, celle de la rougeole part de la tête. La Cleveland Clinic ajoute que les taches de roséole restent souvent séparées, alors que celles de la rougeole tendent à confluer. La peau ne desquame pas à la fin d’une roséole, contrairement à ce qui se voit parfois après une rougeole. La rougeole s’accompagne d’un rhume franc, d’une conjonctivite et d’une toux, et elle est devenue rare chez l’enfant vacciné.
Le diagnostic différentiel de StatPearls (2026) cite aussi la rubéole, les entérovirus, l’adénovirus, le parvovirus B19 (cinquième maladie, joues souffletées), la scarlatine, une réaction médicamenteuse, et deux urgences à ne pas manquer, un purpura d’infection invasive à méningocoque et une maladie de Kawasaki. Le Kawasaki se discute surtout si la fièvre dure cinq jours ou plus, seuil que le NICE NG143 rappelle explicitement. Une éruption qui ne s’efface pas quand on roule un verre dessus n’est pas le comportement habituel des taches de roséole, qui blanchissent. Le NHS classe ce signe parmi ceux qui imposent un appel immédiat aux secours, car il oriente vers une méningococcémie.
Une otite, une infection urinaire ou une autre virose peuvent donner la même fièvre isolée avant l’éruption. C’est pourquoi le diagnostic de roséole n’est souvent posé qu’après coup, quand les taches apparaissent. Tant que la fièvre dure, le médecin examine l’enfant pour chercher un foyer, et peut demander une bandelette urinaire si l’âge et le tableau l’imposent. Une observation japonaise de 2013, encore citée dans StatPearls, avait trouvé une pyurie stérile chez environ 13 % des enfants atteints, c’est-à-dire des globules blancs dans les urines sans infection urinaire vraie, source possible d’antibiotiques inutiles.
La vaccination rougeole-oreillons-rubéole ne protège pas contre la roséole, et l’inverse est vrai aussi. Un enfant vacciné peut très bien faire une sixième maladie. Chez un enfant non vacciné, surtout s’il a un contact rougeole, une éruption fébrile ne doit pas être classée « roséole » par habitude. Le médecin tranchera.
Quelles complications surveiller chez l’enfant ?
La complication la plus fréquente n’est pas l’éruption, c’est la convulsion fébrile, en général le premier jour de fièvre. La Cleveland Clinic estime qu’elle concerne 10 à 15 % des enfants de 6 à 18 mois atteints de roséole, surtout dans les séries d’urgences. StatPearls rappelle qu’une cohorte de population (Zerr et coll., 2005) n’en avait observé aucune parmi 81 primo-infections bien documentées. Les chiffres divergent donc selon le lieu de recrutement, plus élevés à l’hôpital, plus bas en population générale. Dans tous les cas, la crise est brève le plus souvent, dure 2 à 3 minutes d’après le NHS, rarement plus de 10 minutes, et ne signifie pas que l’enfant a une épilepsie.
Pendant la crise, le corps peut se raidir, trembler, les yeux peuvent révulser, l’enfant peut perdre les urines ou les selles. Le NHS (page roséole, 2026) demande un avis d’urgence pour une première convulsion, par précaution. La Cleveland Clinic dit la même chose pour une première crise, et pour toute crise qui dure cinq minutes ou plus. En France, cela correspond à appeler le 15 ou le 112. On allonge l’enfant, on protège sa tête, on écarte les objets durs, on note l’heure de début. On ne met rien dans la bouche et on ne tente pas de le maintenir de force.
Les antipyrétiques (paracétamol, ibuprofène) n’empêchent pas ces crises. C’est un point net du guide NICE NG143. Ils ne doivent pas être donnés dans le seul but de prévenir une convulsion. Les donner en surplus, « au cas où », expose à une toxicité hépatique (paracétamol) ou rénale et digestive (ibuprofène), comme le souligne la Cleveland Clinic. Ils restent utiles si l’enfant est inconfortable, pas comme un bouclier anti-crise.
Les autres complications sont rares chez l’enfant immunocompétent. On a décrit des méningites aseptiques, des encéphalites, des hépatites, des pneumonies, plus des observations isolées (myocardite, baisse des plaquettes, fontanelle bombée). Chez la personne immunodéprimée (greffe de moelle ou d’organe, chimiothérapie, VIH avancé), le virus peut se réactiver et donner des formes graves, notamment une encéphalite limbique après greffe, de pronostic nettement plus sombre. Un contact avec un cas de roséole dans un foyer où vit une telle personne justifie un appel au médecin, sans attendre les taches.
Comment soulager la fièvre et l’inconfort à la maison ?
Il n’existe pas de médicament qui « soigne » la roséole chez l’enfant en bonne santé. Les antibiotiques n’agissent pas sur les virus. Les crèmes n’apportent rien à une éruption qui ne gratte pas. Le NHS et la Mayo Clinic (page diagnostic et traitement, 30 avril 2025) décrivent des soins de confort. L’enfant se repose s’il le souhaite, boit souvent, porte des vêtements légers, et un antipyrétique pédiatrique se discute si la fièvre le fait souffrir.
Le NICE NG143, dont les recommandations sur la fièvre du moins de 5 ans ont été réexaminées en avril 2025 sans modification de ce chapitre, est plus précis que beaucoup de pages grand public américaines. Le paracétamol ou l’ibuprofène se discutent chez l’enfant qui paraît inconfortable, pas dans le seul but de faire baisser le chiffre du thermomètre. On ne donne pas les deux en même temps. On n’alterne que si la gêne persiste ou revient avant la dose suivante, et on arrête dès que l’enfant va mieux. Le NHS ajoute des bornes d’âge britanniques, pas de paracétamol avant 2 mois, pas d’ibuprofène avant 3 mois, ni en dessous de 5 kg, ni chez l’enfant asthmatique selon cette fiche. En France, la posologie et les contre-indications relèvent du médecin ou du pharmacien, qui suivent l’autorisation locale et le poids de l’enfant.
L’aspirine n’a pas sa place. Le NHS l’écarte avant 16 ans, à cause du syndrome de Reye, affection rare mais grave du foie et du cerveau. La Cleveland Clinic retient un seuil de 17 ans. Les deux messages convergent. Aucun comprimé d’adulte « pour faire tomber la fièvre » n’a sa place dans le tiroir à couches.
Le bain spongé tiède, encore proposé par la Mayo Clinic comme geste de confort, n’est pas recommandé par le NICE pour traiter la fièvre. Un linge frais sur le front reste un geste de confort, à condition de ne pas utiliser d’eau glacée, qui fait frissonner. On n’emmaillote pas l’enfant sous des couvertures lourdes, et on ne le découvre pas non plus jusqu’à le faire trembler. Le NICE demande d’éviter aussi bien le surhabillage que le déshabillage excessif.
Pour boire, le lait maternel reste le liquide de premier choix chez le nourrisson allaité, d’après le NICE. Sinon, de l’eau, du lait infantile, un bouillon clair ou une solution de réhydratation orale conseillée en pharmacie. Les boissons sucrées gazeuses et les boissons de sport figurent encore sur des pages américaines. Elles ne sont pas le premier réflexe pour un nourrisson. Les signes de déshydratation à surveiller, listés par le NICE et le NHS, sont une fontanelle creuse, une bouche sèche, des yeux cernés, l’absence de larmes, des couches peu mouillées et un enfant dont l’aspect général inquiète.

Quand consulter un médecin pour une roséole ?
Une fièvre élevée chez un nourrisson n’est jamais un détail de calendrier. Le NHS demande un avis médical urgent pour tout bébé fébrile, avec des seuils d’autant plus bas que l’enfant est jeune. Ces chiffres viennent d’une fiche britannique. Le médecin français appliquera les repères locaux, souvent proches, surtout avant 3 mois. L’état général pèse autant que le thermomètre. Un enfant de 14 mois à 39,5 °C qui joue et boit n’est pas le même tableau qu’un nourrisson somnolent qui refuse le sein.
Le tableau ci-dessous rassemble des seuils tirés du NHS (roséole, 2026), du NICE NG143 et de la Mayo Clinic. Ce ne sont pas des normes françaises publiées ici, mais des critères internationaux utiles pour décider d’un appel.
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Moins de 3 mois et température à 38 °C ou plus | Avis médical urgent (repère NHS 2026) |
| De 3 à 6 mois et température à 39 °C ou plus | Avis médical urgent (repère NHS 2026) |
| Fièvre depuis 5 jours ou plus | Consulter. Le NICE fait aussi chercher un Kawasaki |
| Fièvre au-dessus de 39,4 °C, ou qui ne cède pas | Appeler le médecin (seuil Mayo 2025 / NHS) |
| Première convulsion, ou crise de plus de 5 minutes | Appeler le 15 ou le 112 |
| Éruption qui ne s’efface pas sous un verre | Appeler le 15 ou le 112 (repère NHS) |
| Respiration difficile, enfant gris, somnolent, difficile à réveiller | Appeler le 15 ou le 112 |
D’autres motifs, moins spectaculaires, justifient aussi un rendez-vous. L’enfant refuse de boire, les couches restent sèches, la fièvre revient après 24 heures sans température, l’éruption persiste au-delà de trois jours avec un nouvel accès fébrile (Mayo Clinic), ou quelqu’un au foyer a une immunité affaiblie. Un cri faible et persistant, très différent du cri habituel, figure parmi les signes d’action immédiate du NHS.
La nuit, le NICE conseille de revoir l’enfant fébrile au moins une fois. Ce n’est pas pour « attraper » une roséole, c’est pour voir s’il se réveille, s’il boit, s’il n’a pas une éruption qui ne blanchit pas. Si vous êtes plus inquiet qu’au moment où vous avez déjà eu un avis, ce seul changement est, dans le guide britannique, une raison de recontacter un professionnel.
Comment le diagnostic se pose-t-il ?
Le diagnostic est clinique. Le médecin s’appuie sur l’âge, la fièvre sans foyer, l’enfant encore relativement en forme, puis, s’il est là, le moment où l’éruption apparaît. Les laboratoires ne sont pas utiles dans le cas typique. Ni la Mayo Clinic, ni le Merck Manual, ni l’AAP n’en font un examen de routine. Une prise de sang n’identifie pas la cause de chaque fièvre de nourrisson, et un test PCR HHV-6 est difficile à interpréter.
Cette difficulté a une base biologique, rappelée par le Merck Manual en citant le Red Book 2024-2027. Après la primo-infection, le virus reste latent. Chez environ 1 % des personnes, le génome viral est intégré aux chromosomes et transmis, ce qui donne des PCR positives à vie sans maladie active. Une PCR positive isolée, hors contexte de greffe ou d’encéphalite, ne confirme donc pas grand-chose.
Chez le très jeune nourrisson fébrile, les protocoles de fièvre du nourrisson restent prioritaires. StatPearls cite le rapport AAP 2021 sur les 8-60 jours. On n’étiquette pas une fièvre de 5 semaines « sixième maladie » pour éviter une évaluation. Chez l’enfant de 6 mois à 3 ans au tableau classique, l’examen clinique suffit en général. Le médecin peut malgré tout chercher une otite, palper l’abdomen, regarder la peau et, selon l’âge, vérifier les urines. Si le tableau sort du cadre, fièvre qui s’éternise, éruption atypique, enfant qui ne va pas mieux une fois la température normale, c’est le moment de revoir le médecin, pas de multiplier les PCR.
Prévention, crèche, récidive et personnes immunodéprimées
Aucun vaccin n’existe contre le HHV-6 ou le HHV-7, rappellent la Mayo Clinic, StatPearls et la Cleveland Clinic. Presque tous les enfants rencontreront le virus, le plus souvent avant l’école. La prévention utile se limite à laver les mains, à ne pas partager les objets qui vont à la bouche, à garder l’enfant à la maison tant qu’il a de la fièvre, et à protéger les personnes dont l’immunité est basse.
Le retour en crèche suit le thermomètre, pas les taches. L’AAP (HealthyChildren, 2025) autorise la collectivité après 24 heures sans fièvre, éruption encore visible. Le NHS n’exige pas non plus d’attendre la disparition des taches, dès lors que l’enfant se sent assez bien. Ces règles anglophones sont des repères. Le règlement de l’établissement et l’avis du médecin traitant priment en France. Un enfant sans fièvre, qui joue et boit, n’a pas de raison médicale d’être isolé jusqu’à la dernière tache.
Attraper deux fois la maladie est possible mais rare. La Cleveland Clinic l’explique par l’immunité habituelle après la primo-infection, et par l’exception des personnes immunodéprimées, chez qui une réactivation ou une nouvelle infection symptomatique peut survenir. Un adulte en bonne santé fait exceptionnellement un tableau de roséole. S’il a de la fièvre et une éruption, d’autres diagnostics passent devant. Le virus n’est pas celui de l’herpès orolabial ou génital. Appartenir à la même famille virale n’équivaut pas à la même maladie.
Chez l’enfant greffé, sous chimiothérapie ou vivant avec un déficit immunitaire, la conduite change. Le Merck Manual, s’appuyant sur le Red Book 2024-2027, mentionne le foscarnet ou le ganciclovir dans des formes graves, surtout une encéphalite, tout en soulignant l’absence d’essais contrôlés. Ce n’est pas un traitement de la roséole banale du nourrisson. Toute fièvre dans ce contexte, et tout contact connu avec un cas, se discute avec l’équipe qui suit l’enfant, sans improviser un antiviral à la maison.
Questions fréquentes
La roséole est-elle grave pour un bébé en bonne santé ?
Non, chez l’enfant immunocompétent, elle est presque toujours bénigne et se résout en une semaine environ, d’après le NHS (2026) et la Mayo Clinic (2025). Les soins visent le confort, pas une éradication du virus. Les points de vigilance restent la convulsion fébrile, la déshydratation et, avant 3 mois, toute fièvre, qui impose un avis médical rapide.
Peut-on retourner à la crèche s’il reste des taches rosées ?
Oui, une fois la fièvre absente depuis 24 heures et si l’enfant se sent assez bien, selon l’AAP (2025), la Mayo Clinic (2025) et le NHS (2026). L’éruption n’est pas la phase contagieuse utile pour la collectivité. Le règlement de la crèche et l’avis du médecin restent les références sur place.
Un adulte peut-il attraper la sixième maladie ?
C’est rare, parce que la plupart des gens ont déjà rencontré le virus dans la petite enfance. La Cleveland Clinic (2023) le décrit comme inhabituel chez l’enfant plus grand et chez l’adulte, sauf immunodépression. Une fièvre avec éruption chez un adulte se fait d’abord explorer pour d’autres causes.
Les antibiotiques accélèrent-ils la guérison ?
Non, ils n’ont aucun effet sur le HHV-6 ni sur le HHV-7. Les donner « pour la fièvre » n’abrège pas l’épisode et expose à des effets indésirables. Ils n’ont leur place que si le médecin identifie une infection bactérienne associée, ce qui n’est pas le scénario habituel.
Faut-il mettre une crème sur les taches ?
Non, l’éruption de roséole ne gratte en général pas et s’en va seule en un à quelques jours. Ni la Mayo Clinic ni le NHS ne recommandent de topique. Une éruption qui démange, qui fait mal, ou qui se transforme en cloques sort du cadre et justifie un avis.
L’aspirine est-elle utile pour faire baisser la fièvre ?
Non, et elle est à écarter chez l’enfant et l’adolescent. Le NHS l’interdit avant 16 ans à cause du syndrome de Reye. La Cleveland Clinic retient 17 ans. Le paracétamol ou l’ibuprofène pédiatriques, à la dose indiquée par le pharmacien ou le médecin, sont les options discutées si l’enfant est inconfortable.

Conclusion
La sixième maladie est d’abord une fièvre de nourrisson, parfois spectaculaire au thermomètre, souvent mieux supportée que ne le laisse croire le chiffre, et seulement ensuite une affaire de taches. Celles-ci manquent chez la majorité des primo-infections à HHV-6. Le virus se transmet par la salive des proches, y compris sans symptômes, et il n’existe pas de vaccin. Une fois la température normale depuis 24 heures, l’enfant n’a plus, pour les sources américaines et britanniques citées, de raison médicale de rester à l’écart de la crèche à cause de l’éruption.
Les soins à la maison tiennent dans peu de gestes. On fait boire, on habille légèrement, on donne un antipyrétique seulement si l’enfant est gêné, et on ne compte pas sur un bain tiède pour faire baisser la fièvre, le NICE ne le recommandant pas. Les antibiotiques et l’aspirine n’ont pas leur place dans ce tableau banal. Une première convulsion, une éruption qui ne blanchit pas sous un verre, une difficulté à respirer ou un nourrisson de moins de 3 mois fébrile relèvent du 15 ou d’un avis immédiat, pas d’une attente que les boutons sortent pour confirmer.
Le geste le plus utile, dès ce soir, est concret. Notez l’heure de début de la fièvre, ce que l’enfant a bu, le nombre de couches mouillées, et si quelqu’un au foyer a une immunité fragile. Ces quatre éléments, plus l’âge en mois, sont ce que le médecin a besoin d’entendre pour séparer une roséole probable d’une autre fièvre du nourrisson, et pour dire si la crèche peut reprendre après une nuit sans température.
Sources
- Roseola – NHS. National Health Service, 24 septembre 2026.
- Fever in under 5s: assessment and initial management. National Institute for Health and Care Excellence, 26 novembre 2021.
- Roseola – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 30 avril 2025.
- Roseola – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 30 avril 2025.
- Roseola (Sixth Disease) Symptoms & Causes. Cleveland Clinic, 12 juin 2023.
- Roseola Infantum. Merck Manual Professional Edition, octobre 2026.
- Mullins TB, Daley SF, Krishnamurthy K : Roseola Infantum. StatPearls, 2 janvier 2026.
- Leung AK, Lam JM, Barankin B et al. : Roseola Infantum: An Updated Review. Current Pediatric Reviews, 2024.
- Roseola: MedlinePlus Medical Encyclopedia. MedlinePlus, 1er juillet 2025.
- Roseola in Babies and Toddlers: Symptoms, Causes & When to Call the Doctor. American Academy of Pediatrics, 23 septembre 2025.
