Scan HIDA : indications, préparation et résultats

Scan HIDA : indications, préparation et résultats

Le scan HIDA, ou scintigraphie hépatobiliaire, est un examen de médecine nucléaire qui suit un traceur radioactif le long du trajet de la bile, du foie vers la vésicule, les canaux biliaires puis l’intestin grêle. Il renseigne sur le fonctionnement de ce circuit, pas seulement sur sa forme, et sert surtout à chercher une cholécystite, une fuite de bile, une atrésie des voies biliaires chez le nouveau-né, ou à mesurer la fraction d’éjection de la vésicule.

Ce n’est plus l’examen de première intention pour une douleur sous les côtes droites. Les critères d’imagerie de l’American College of Radiology (mise à jour 2022, publication 2023) placent l’échographie abdominale en tête lorsqu’une maladie biliaire est soupçonnée. La scintigraphie devient habituellement appropriée après une échographie négative ou douteuse, surtout en cas de fièvre et de globules blancs élevés, ou lorsqu’on craint une cholécystite sans calcul.

L’adulte jeûne au minimum quatre heures et pas plus de vingt-quatre, selon le paramètre de pratique ACR–ACNM–SNMMI–SPR révisé en 2026. Une fraction d’éjection inférieure à 38 % après perfusion de sincalide sur soixante minutes est considérée comme anormale. L’acquisition dure souvent une à quatre heures, parfois jusqu’à vingt-quatre heures si la vésicule ou l’intestin n’apparaissent pas.

Qu’est-ce qu’un scan HIDA

Un scan HIDA (hepatobiliary iminodiacetic acid) consiste à injecter dans une veine un analogue de l’acide iminodiacétique marqué au technétium 99m, le plus souvent de la mébrofénine ou de la disofénine. Les hépatocytes extraient ce traceur du sang et le sécrètent dans la bile sans le conjuguer, ce qui permet à une gamma-caméra de filmer le flux jusqu’à l’intestin. La Mayo Clinic décrit aussi l’examen sous les noms de choléscintigraphie et de scintigraphie hépatobiliaire.

La notice DailyMed de la mébrofénine (Choletec, mise à jour en 2025) précise la cinétique lorsque le foie fonctionne. Le foie se dessine vers 5 minutes, le pic d’activité hépatique vers 11 minutes, le canal hépatique et la vésicule entre 10 et 15 minutes, et l’activité intestinale entre 30 et 60 minutes. Moins de 2 % de la dose partent dans les urines des trois premières heures si la bilirubine est normale. Lorsque la bilirubine s’élève, l’élimination rénale augmente et les images s’appauvrissent.

Le paramètre ACR 2026 fixe l’activité adulte habituelle entre 111 et 185 MBq (3 à 5 mCi). La notice DailyMed retient 74 à 185 MBq sans ictère, et 111 à 370 MBq si la bilirubine dépasse 1,5 mg/dL. La mébrofénine est préférée lorsque le foie est déjà fatigué. Chez l’enfant, l’ACR recommande 1,85 MBq/kg, avec un minimum de 18,5 MBq, et parfois 37 MBq chez le nouveau-né ictérique imagé jusqu’à 24 heures. Le protocole appliqué en France est celui du service qui vous reçoit. Le technétium 99m a une demi-vie physique de 6,02 heures. L’essentiel de la radioactivité disparaît en un à deux jours, d’après MedlinePlus.

Caméra gamma pour scanner Hida

Dans quels cas l’examen est prescrit

La scintigraphie est demandée lorsque le médecin a besoin de savoir si la bile circule, pas seulement si un calcul est visible. La Mayo Clinic et le paramètre ACR 2026 dressent une liste proche. Les indications les plus fréquentes concernent la vésicule, les canaux, les suites opératoires et, chez le nourrisson, l’ictère cholestatique.

La cholécystite aiguë reste le motif le plus cité. La Cleveland Clinic (2022) estime qu’environ 90 % des cholécystites aiguës s’accompagnent de calculs qui bouchent le canal cystique. Le traceur n’entre alors pas dans la vésicule. Une douleur brutale sous les côtes droites, parfois avec fièvre, conduit souvent à l’imagerie. L’examen aide aussi à distinguer une obstruction du cholédoque d’une cholestase d’origine hépatocellulaire, à chercher une fuite après cholécystectomie, traumatisme ou greffe, et à contrôler un greffon hépatique.

Chez le nouveau-né, le test entre dans le bilan d’une atrésie des voies biliaires. Le Manuel Merck (révision 2025) rappelle que l’apparition du traceur dans l’intestin écarte ce diagnostic, alors que l’absence d’excrétion n’est pas suffisante, car une hépatite néonatale grave peut donner le même aspect. Le diagnostic définitif repose sur la biopsie et la cholangiographie peropératoire. Une jaunisse cholestatique à deux semaines de vie justifie déjà un bilan. L’ACR ajoute les malformations (kystes du cholédoque), la perméabilité d’une anastomose après Kasai, le syndrome post-cholécystectomie, le dysfonctionnement du sphincter d’Oddi et l’évaluation du foie restant avant une grande résection. La Cleveland Clinic mentionne aussi le contrôle d’une prothèse biliaire.

  • Une douleur vive sous les côtes droites, surtout avec fièvre, oriente d’abord vers une échographie, puis parfois vers le HIDA.
  • Une fièvre ou une douleur après chirurgie de la vésicule, du tube digestif haut ou après greffe du foie justifie de chercher une fuite.
  • Un ictère grave du nouveau-né entre dans le bilan d’atrésie, sans que le seul scan ne pose le diagnostic.

Échographie, scanner ou IRM : quelle place pour le HIDA

Pour une douleur de l’hypochondre droit d’origine inconnue, l’échographie et le scanner abdominal injecté sont habituellement appropriés d’emblée. La scintigraphie de la vésicule ne l’est pas à ce stade, d’après les critères ACR 2022. Lorsque la maladie biliaire est déjà soupçonnée, l’échographie reste l’examen de départ. Le HIDA n’est alors qu’une option possible, comme l’IRM avec cholangio-IRM (CPIRM) ou le scanner.

Le tableau change après une échographie négative ou douteuse. S’il existe une fièvre et une hyperleucocytose, la scintigraphie redevient habituellement appropriée, au même rang que l’IRM avec injection et le scanner injecté. Sans fièvre ni globules blancs élevés, l’IRM et le scanner passent devant. En cas de suspicion de cholécystite alithiasique après échographie non concluante, le HIDA est l’examen habituellement retenu par les experts ACR.

La performance chiffrée a bougé. Une méta-analyse de Kiewiet et coll. (2012), fondée sur des études jusqu’en 2011, attribuait à la choléscintigraphie une sensibilité de 96 % et une spécificité de 90 % pour la cholécystite aiguë. Une méta-analyse de Childs et coll. (Abdominal Radiology, février 2024, études 2000–2021) dresse un autre portrait. Pour le HIDA, la sensibilité groupée reste haute à 91 % (86–94 %), mais la spécificité tombe à 63 % (51–74 %). L’échographie affiche 69 % et 79 %, le scanner 78 % et 81 %, l’IRM 91 % et 93 % (cette dernière encore peu étudiée). En comparaison directe, la scintigraphie détecte plus de cholécystites que l’échographie, mais l’échographie se trompe moins souvent en déclarant l’organe malade.

Le Manuel Merck (mise à jour mars 2026) écrit que l’utilité du HIDA a nettement diminué avec la diffusion de la CPIRM, et que la choléscintigraphie est rarement nécessaire pour poser une cholécystite aiguë lithiasique. Ces textes américains ne remplacent pas la pratique française. Votre médecin choisit la modalité selon la clinique, la disponibilité et les recommandations locales.

Situation clinique Examen souvent retenu en premier Place du HIDA (ACR 2022)
Douleur de l’hypochondre droit, cause inconnue Échographie ou scanner injecté Habituellement non approprié d’emblée
Maladie biliaire soupçonnée, bilan initial Échographie abdominale Peut être approprié
Échographie douteuse, fièvre et globules blancs élevés IRM, HIDA ou scanner injecté Habituellement approprié
Cholécystite alithiasique soupçonnée, échographie non concluante Scintigraphie hépatobiliaire Habituellement approprié
Anatomie des canaux, calculs du cholédoque CPIRM (IRM) Rôle secondaire selon le Merck Manual

Comment se préparer

Chez l’adulte qui a encore sa vésicule, le jeûne minimum est de quatre heures et le maximum de vingt-quatre heures avant l’injection, d’après l’ACR 2026. Un jeûne trop court laisse la vésicule contractée par le repas. Un jeûne trop long épaissit la bile et peut empêcher le traceur d’entrer, ce qui mime une cholécystite. La notice DailyMed retient quatre heures comme durée préférée. MedlinePlus ajoute qu’il faut tout de même avoir mangé dans les vingt-quatre heures qui précèdent.

Les liquides clairs sont souvent autorisés. Le service vous le confirmera. L’alimentation entérale se coupe quatre heures. La nutrition parentérale totale, comme l’absence de repas contenant au moins 10 g de graisse dans les dernières vingt-quatre heures, peut justifier une prémédication par sincalide ou repas gras pour vider la vésicule avant les clichés. Après cholécystectomie, le jeûne n’est pas nécessaire.

Les opioïdes (morphine, codéine et apparentés) ferment le sphincter d’Oddi et retardent le passage du traceur vers l’intestin. La Cleveland Clinic demande de les interrompre au moins six heures avant. L’ACR conseille d’attendre au moins quatre demi-vies du produit, et note qu’une douleur qui impose des injections fréquentes peut rendre l’examen ininterprétable. Apportez la liste complète des médicaments et des compléments. N’arrêtez rien de votre propre chef.

Les enfants qui ont encore une vésicule jeûnent deux à quatre heures. Les nourrissons évalués pour une atrésie n’ont en général pas besoin de jeûner, car voir la vésicule n’est pas le critère décisif. Avant ce bilan, l’ACR prévoit souvent du phénobarbital oral, 5 mg/kg par jour en deux prises, pendant au moins trois jours et de préférence cinq, afin de stimuler le flux biliaire. Un taux sérique d’environ 14 à 15 µg/mL est visé. Cette prémédication et les doses exactes relèvent du pédiatre et du médecin nucléaire.

  • Signalez une grossesse possible, un allaitement, une allergie aux sulfites ou à un médicament de l’examen.
  • Retirez bijoux et objets métalliques de l’abdomen. Une blouse d’hôpital peut être proposée.
  • Évitez de venir avec un enfant en bas âge ou une personne enceinte, afin de limiter leur exposition.

Comment se déroule l’examen

Vous êtes allongé sur le dos. Un cathéter veineux est posé au bras ou à la main, puis le traceur est injecté. Une sensation de froid ou une brève pression est possible. La caméra se place tout près de l’abdomen, ouverte sur les côtés, sans vous enfermer. Rester immobile améliore les images. La Cleveland Clinic indique que l’examen lui-même n’est pas douloureux, mais que la maladie recherchée peut déjà faire mal, et que les antalgiques opioïdes sont souvent coupés pour ne pas fausser le test.

L’acquisition de base dure environ une heure. Si la vésicule et l’intestin proximal sont clairement vus, l’examen peut s’arrêter là, sauf si une fraction d’éjection a été demandée. Sinon, des clichés retardés sont obtenus à deux, quatre, parfois vingt-quatre heures. MedlinePlus situe la durée habituelle autour d’une heure, jusqu’à quatre heures. La Mayo Clinic et la Cleveland Clinic confirment qu’un retour le lendemain est parfois nécessaire.

Des incidences obliques ou latérales aident à séparer la vésicule du duodénum. Lorsque le plan reste douteux, une tomographie (SPECT), couplée ou non au scanner, distingue une anse digestive superposée d’une vraie vésicule, ou localise une fuite après chirurgie. L’ACR 2026 considère que ces coupes peuvent éviter certains clichés tardifs.

Après les images, la plupart des personnes reprennent leurs activités. Buvez abondamment pendant vingt-quatre heures. La Cleveland Clinic conseille de tirer la chasse immédiatement et de bien se laver les mains. Le compte-rendu est en général disponible en moins de vingt-quatre heures.

Sincalide et morphine pendant le test

Deux médicaments, aux rôles opposés, peuvent s’ajouter au traceur. Le sincalide (analogue de la cholécystokinine, commercialisé aux États-Unis sous le nom Kinevac) contracte la vésicule. La morphine resserre le sphincter d’Oddi pour pousser la bile vers la vésicule lorsque celle-ci reste invisible.

Pour mesurer la fraction d’éjection, un groupe interdisciplinaire a recommandé en 2011 une perfusion unique de 0,02 µg/kg de sincalide sur soixante minutes, avec une valeur normale définie à 38 % ou plus (DiBaise et coll., Clinical Gastroenterology and Hepatology). L’ACR 2026 reprend ce seuil. Les perfusions trop courtes augmentent la variabilité, les faux positifs et les effets indésirables. Si le sincalide n’est pas disponible, un repas gras standardisé peut servir. L’ACR retient alors un seuil inférieur à 33 % après 237 mL d’un complément riche en lipides, et inférieur à 44 % après 250 mL de lait.

La notice FDA de Kinevac (octobre 2023) décrit encore une injection rapide de 0,02 µg/kg en 30 à 60 secondes, ou une perfusion de 0,12 µg/kg sur 50 minutes pour limiter les nausées. Les effets digestifs (gêne abdominale, nausée) concernent au moins 20 % des personnes. Le produit contient du métabisulfite de sodium. Une anaphylaxie est possible. Les contre-indications sont l’hypersensibilité aux sulfites ou au sincalide, et une occlusion intestinale. Chez la femme enceinte, un risque d’accouchement prématuré ou de fausse couche est signalé. En France, le médecin nucléaire utilise le protocole et la spécialité disponibles localement.

Lorsque la vésicule n’est pas vue à 60 minutes alors que l’intestin l’est déjà, l’ACR autorise 0,04 mg/kg de sulfate de morphine par voie veineuse, sans dépasser 4 mg, puis au moins 30 minutes d’images. Si le canal cystique est libre, la vésicule se remplit. Une hypertension intracrânienne chez l’enfant, une dépression respiratoire chez un patient non ventilé et une allergie sont des contre-indications absolues. Une pancréatite aiguë documentée est une contre-indication relative. MedlinePlus prévient que la morphine peut provoquer une somnolence. Ces deux produits ne se mélangent pas dans un protocole de fraction d’éjection. La morphine fausse la vidange.

Une ligne IV

Comment interpréter les résultats

Un examen normal montre une clairance rapide du sang, une extraction hépatique, puis l’activité dans les canaux, la vésicule et le haut de l’intestin grêle, le tout en moins d’une heure. L’ACR 2026 ajoute une nuance. Après une prémédication par sincalide, la bile peut préférer la vésicule. L’intestin peut alors rester muet plus d’une heure chez une personne saine. Une souffrance hépatocellulaire grave retarde aussi le transit.

La Mayo Clinic et la Cleveland Clinic classent les comptes-rendus en quelques familles. Un transit lent évoque une obstruction ou un foie qui excrète mal. Une vésicule invisible oriente vers une cholécystite aiguë par obstacle cystique. Une fraction d’éjection basse oriente vers une inflammation chronique ou un trouble fonctionnel. Une activité hors des voies (loge vésiculaire, gouttière pariéto-colique, pourtour du foie) évoque une fuite. Aucun de ces aspects ne se lit isolément. Un jeûne trop long, des opioïdes, une obstruction d’aval ou une cholécystite chronique grave peuvent rendre la vésicule invisible sans urgence chirurgicale.

L’ACR formule un point utile. Le remplissage de la vésicule, quel que soit le moment, écarte une cholécystite aiguë avec un haut degré de certitude, car il prouve que le canal cystique est perméable. Un remplissage qui dépasse une heure, si le foie fonctionne, évoque plutôt une forme chronique. Les faux négatifs existent. Une anse digestive superposée, une cholécystite alithiasique, un canal cystique dilaté ou une vésicule mal située peuvent masquer le diagnostic. Le SPECT/CT aide alors.

Pour une obstruction haute du cholédoque, le foie capte souvent le traceur mais n’excrète rien dans les canaux. Une obstruction partielle laisse les voies se dessiner, puis stagne en amont. Dans le bilan d’atrésie, l’absence d’activité intestinale à 24 heures est évocatrice mais non définitive. Une excrétion intestinale écarte l’atrésie, d’après le Manuel Merck 2025.

Aspect scintigraphique Lecture habituelle Limite à connaître
Vésicule et intestin visibles en moins d’une heure Transit compatible avec un circuit perméable Une prémédication par sincalide peut retarder l’intestin
Vésicule invisible, intestin visible Cholécystite aiguë possible (canal cystique fermé) Jeûne de plus de 24 h, opioïdes, foie très altéré
Vésicule qui se remplit, même tard Canal cystique perméable, cholécystite aiguë peu probable Un remplissage après 1 h oriente vers une forme chronique
Traceur hors des voies Fuite ou fistule SPECT/CT utile après chirurgie
Pas d’activité intestinale à 24 h (nourrisson) Atrésie possible Une hépatite néonatale peut donner le même silence

Fraction d’éjection : le seuil de 38 %

La fraction d’éjection mesure la part d’activité qui quitte la vésicule après stimulation. Le calcul compare le signal maximal et le signal minimal, après soustraction du fond. Elle n’a de sens que si la vésicule s’est d’abord remplie. Elle ne nécessite pas que l’intestin soit déjà vu.

Le consensus de 2011 et l’ACR 2026 retiennent 38 % comme limite inférieure après sincalide en soixante minutes. Une valeur plus basse est compatible avec une dyskinésie vésiculaire ou une cholécystite alithiasique chronique, chez une personne bien sélectionnée. Les symptômes seuls sont peu fiables. Une échographie sans calcul et un bilan biologique précèdent en pratique l’examen. Une grande étude prospective manquait encore, en 2011, pour lier fermement le chiffre à la décision d’opérer.

La Cleveland Clinic, dans sa fiche de 2022, cite encore une normalité au-dessus de 30 à 35 %. Cette fourchette d’encyclopédie clinique ne remplace pas le protocole standardisé à 38 %. Si l’on vous communique un résultat, demandez selon quel protocole il a été obtenu (durée de perfusion, dose, repas gras). Un chiffre isolé, mesuré après une injection rapide, n’a pas la même valeur qu’une courbe de soixante minutes.

Plusieurs pièges abaissent artificiellement la fraction, en premier lieu les opioïdes, mais aussi une vidange gastrique lente si l’on a choisi un repas gras. Le groupe de 2011 déconseillait le test en phase aiguë, à l’hôpital. Une valeur basse n’impose pas à elle seule une opération. Elle s’inscrit dans l’histoire douloureuse, l’imagerie anatomique et l’avis du chirurgien ou du gastro-entérologue.

Avant une grande résection hépatique, un autre chiffre entre en jeu. La recommandation conjointe EANM/SNMMI/IHPBA (HPB, 2023) propose un seuil de fonction du foie restant de 2,7 %/min/m², en complément de la volumétrie. Ce protocole SPECT/CT n’a rien à voir avec la fraction d’éjection vésiculaire du quotidien.

Rayonnements, grossesse et allaitement

L’exposition liée à un HIDA habituel est faible, mais réelle. La Cleveland Clinic la compare à la dose de fond qu’une personne moyenne reçoit en un an. La Mayo Clinic parle d’une exposition petite, d’un risque d’ecchymose au point d’injection et, rarement, d’une réaction allergique au traceur. MedlinePlus situe la radioactivité résiduelle à un ou deux jours. Pour 370 MBq (plus que la dose usuelle sans ictère), DailyMed indique 13,7 mGy à la paroi vésiculaire chez le sujet normal. Votre service indiquera l’activité réellement injectée.

La grossesse change le calcul. Mayo Clinic, Cleveland Clinic et MedlinePlus s’accordent. Les examens de médecine nucléaire, dont le HIDA, ne se font en général pas pendant la grossesse, en raison du risque pour le fœtus, sauf nécessité claire. DailyMed indique que les études de reproduction animale manquent pour la mébrofénine et que le produit ne doit être donné à une femme enceinte que si le bénéfice attendu l’emporte nettement. Le sincalide porte une alerte de travail prématuré. Signalez tout retard de règles avant de prendre rendez-vous.

Pendant l’allaitement, le technétium 99m passe dans le lait. La notice DailyMed demande de remplacer les tétées par une préparation pour nourrissons. La Cleveland Clinic, plus précise sur la durée, demande d’éliminer le lait tiré pendant vingt-quatre heures et de s’être constitué un stock à l’avance. Ces deux sources américaines ne fixent pas la règle française. Le service de médecine nucléaire vous indiquera la durée d’interruption adaptée au traceur et à l’activité. Tirez et jetez le lait pendant cette fenêtre, ou utilisez un lait conservé avant l’injection.

Une urticaire a rarement été rapportée avec la mébrofénine. Toute gêne respiratoire pendant une perfusion de sincalide doit faire interrompre le produit.

Douleur sous les côtes droites : quand consulter

Une douleur brutale sous les côtes droites, une fièvre, des frissons, un ictère d’apparition rapide, des vomissements incoercibles ou une grande faiblesse ne se gèrent pas en attendant un rendez-vous de scintigraphie. Appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Ces signes peuvent correspondre à une cholécystite aiguë, une angiocholite ou une autre urgence abdominale. L’échographie, parfois le scanner, passent avant le HIDA dans ce contexte, conformément aux critères ACR 2022.

Après une cholécystectomie, une greffe du foie ou une chirurgie des voies biliaires, une fièvre, une douleur croissante ou un écoulement anormal du drain justifient de revoir sans délai le chirurgien ou les urgences. MedlinePlus rappelle que le HIDA est utile pour une fuite ou une complication de greffe, et que certains patients passent de l’imagerie au bloc.

Chez le nourrisson, des selles décolorées, des urines foncées et un ictère qui persiste au-delà de deux semaines demandent un avis pédiatrique rapide. Le Manuel Merck insiste sur la fenêtre étroite de l’intervention de Kasai. Le pronostic avec le foie natif est meilleur si l’opération a lieu dans le premier mois de vie, et nettement moins bon à partir de 60 jours. Attendre le « bon moment » pour un scan, sans bilan parallèle, fait perdre cette fenêtre.

Pour une douleur chronique, après les repas, sans fièvre, le parcours est différent. L’échographie cherche d’abord des calculs. Si elle est normale et que les douleurs évoquent vraiment la vésicule, le HIDA avec fraction d’éjection peut être discuté en ambulatoire, une fois les opioïdes arrêtés et le jeûne respecté. Le médecin traitant, le gastro-entérologue ou le chirurgien viscéral cadrent cette indication.

Situation Conduite
Douleur brutale sous les côtes droites avec fièvre, ictère ou vomissements incoercibles Appelez le 15 ou le 112
Fièvre ou douleur après chirurgie de la vésicule, des voies biliaires ou greffe Urgences ou chirurgien sans attendre le seul rendez-vous de scan
Ictère du nourrisson après 2 semaines, selles décolorées, urines foncées Avis pédiatrique rapide (fenêtre du Kasai)
Douleurs après les repas, échographie sans calcul, pas de fièvre Discussion d’un HIDA ambulatoire avec fraction d’éjection
Grossesse possible ou allaitement, examen déjà programmé Prévenez le service de médecine nucléaire avant de vous déplacer

Questions fréquentes

Combien de temps dure un scan HIDA ?

La plupart des examens durent une à quatre heures, le temps que le traceur quitte le foie et remplisse la vésicule puis l’intestin. Des clichés supplémentaires jusqu’à 24 heures sont parfois nécessaires si ces structures restent invisibles ou si l’on cherche une petite fuite. Prévoyez une demi-journée, et un possible retour le lendemain.

Faut-il être à jeun avant une scintigraphie hépatobiliaire ?

Oui, en général quatre heures au minimum chez l’adulte qui a encore sa vésicule, et pas plus de vingt-quatre heures, d’après l’ACR 2026. Un repas trop proche contracte l’organe. Un jeûne trop long épaissit la bile et peut la rendre invisible. Après ablation de la vésicule, le jeûne n’est pas requis. Suivez la consigne écrite de votre service.

Le scan HIDA est-il douloureux ?

L’injection ressemble à une prise de sang. La caméra ne touche pas. Une crampe de l’hypochondre droit peut survenir si l’on perfuse du sincalide pour vider la vésicule. La morphine, si elle est donnée, peut endormir un peu. La douleur liée à une cholécystite, elle, est déjà là avant l’examen.

Peut-on passer l’examen pendant la grossesse ou l’allaitement ?

Pendant la grossesse, les équipes évitent en principe la médecine nucléaire, sauf bénéfice clairement supérieur au risque fœtal. Pendant l’allaitement, le technétium passe dans le lait. La notice américaine demande de substituer une préparation, et la Cleveland Clinic de jeter le lait tiré pendant 24 heures. Le service français vous donnera la durée exacte d’interruption.

Que signifie une fraction d’éjection basse ?

Après sincalide en soixante minutes, une valeur sous 38 % est anormale selon le consensus de 2011 et l’ACR 2026. Elle peut accompagner une dyskinésie ou une cholécystite chronique alithiasique, chez une personne dont les douleurs sont typiques et l’échographie normale. Elle n’ordonne pas à elle seule une cholécystectomie. Demandez le protocole utilisé, car une injection rapide n’est pas équivalente à une perfusion d’une heure.

Quelle est la différence avec une échographie de la vésicule ?

L’échographie montre les calculs, l’épaisseur de paroi, le liquide autour de l’organe. Elle ne filme pas le flux de bile. Le HIDA teste si le canal cystique est ouvert et si la vésicule se vide. Les deux examens se complètent. Pour une douleur biliaire récente, l’échographie passe presque toujours en premier.

Conclusion

Le scan HIDA reste un outil de fonction. Il répond à des questions que l’échographie et même la CPIRM ne tranchent pas toujours, par exemple si la vésicule se remplit, si la bile fuit, si l’intestin du nouveau-né reçoit le traceur à 24 heures, ou si la vidange stimulée de façon standardisée dépasse 38 %. Les documents récents ont recadré sa place. L’échographie ouvre le bilan des douleurs de l’hypochondre droit. La spécificité du HIDA pour la cholécystite aiguë, dans les séries des deux dernières décennies, est plus basse qu’on ne le lisait dans les synthèses plus anciennes.

Avant de vous allonger sous la caméra, deux vérifications changent la qualité du dossier. La première est logistique. Quatre à vingt-quatre heures de jeûne, opioïdes coupés selon la consigne, liste des médicaments à jour, grossesse et allaitement déclarés. La seconde est clinique. Demandez au prescripteur ce qu’il attend précisément (vésicule invisible, fuite, fraction d’éjection, bilan d’ictère néonatal) et selon quel protocole le sincalide sera donné, si une vidange est prévue.

Si la douleur est brutale, fébrile ou associée à un ictère, le chemin passe par le 15 ou le 112, pas par un créneau de médecine nucléaire. Pour une douleur chronique sans calcul, le chiffre de fraction d’éjection n’a de poids que lu avec vos symptômes et le reste du bilan. C’est cette lecture d’ensemble, et non l’image seule, qui oriente ensuite le traitement.

Sources

  1. HIDA scan (hepatobiliary iminodiacetic acid). Mayo Clinic, 17 juin 2025.
  2. HIDA Scan: What It Is, Purpose, Procedure & Results. Cleveland Clinic, 10 mai 2022.
  3. Gallbladder radionuclide scan. MedlinePlus, 1er janvier 2025.
  4. Imaging Tests of the Liver and Gallbladder. Merck Manual Professional Edition, mis à jour en mars 2026.
  5. ACR–ACNM–SNMMI–SPR Practice Parameter for the Performance of Hepatobiliary Scintigraphy. American College of Radiology, 2026.
  6. ACR Appropriateness Criteria® Right Upper Quadrant Pain: 2022 Update. American College of Radiology, mai 2023.
  7. Childs DD, Lalwani N, Craven T et al. : A meta-analysis of the performance of ultrasound, hepatobiliary scintigraphy, CT and MRI in the diagnosis of acute cholecystitis. Abdominal Radiology, février 2024.
  8. DiBaise JK, Richmond BK, Ziessman HH et al. : Cholecystokinin-cholescintigraphy in adults: consensus recommendations of an interdisciplinary panel. Clinical Gastroenterology and Hepatology, mai 2011.
  9. KINEVAC (sincalide for injection). U.S. Food and Drug Administration, octobre 2023.
  10. CHOLETEC- mebrofenin injection, powder, lyophilized, for solution. DailyMed, U.S. National Library of Medicine, 29 novembre 2025.
  11. Biliary Atresia. Merck Manual Professional Edition, septembre 2025.
  12. Arntz PJW, Deroose CM, Marcus C et al. : Joint EANM/SNMMI/IHPBA procedure guideline for 99mTc-mebrofenin hepatobiliary scintigraphy SPECT/CT in the quantitative assessment of the future liver remnant function. HPB: The Official Journal of the International Hepato-Pancreato-Biliary Association, octobre 2023.
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