
Une infection à levures, appelée aussi mycose vaginale ou candidose vulvo-vaginale, est une inflammation du vagin et de la vulve provoquée par une levure du genre Candida, le plus souvent Candida albicans. Elle entraîne des démangeaisons, des brûlures et parfois des pertes épaisses, blanches, peu odorantes, et se soigne en général par un antifongique local ou une prise unique de fluconazole.
Beaucoup de femmes reconnaissent ce tableau et se tournent vers un ovule en pharmacie. D’après l’Office on Women’s Health des États-Unis (page mise à jour en 2025), environ deux acheteuses sur trois d’un traitement « anti-mycose » n’ont pas une infection à levures. Une vaginose bactérienne ou une infection sexuellement transmissible peut imiter les mêmes signes, et un azolé pris par erreur retarde le bon soin.
Les CDC estiment qu’environ 75 % des femmes auront au moins un épisode, et 40 à 45 % au moins deux. Un azolé mené à terme soulage et négative les cultures dans 80 à 90 % des mycoses simples. Pendant la grossesse, les recommandations IST de 2021 des CDC demandent un azolé local pendant 7 jours et déconseillent le fluconazole oral. Un premier épisode, un échec, ou un retour des signes en moins de deux mois justifie un examen plutôt qu’une nouvelle boîte sans ordonnance.
Qu’est-ce qu’une infection à levures
C’est une mycose des muqueuses génitales, pas le signe d’un manque d’hygiène. Candida vit souvent dans le vagin, la bouche et le tube digestif sans provoquer de gêne. Les lactobacilles de la flore vaginale limitent d’ordinaire sa croissance. Quand cet équilibre bascule, la levure se multiplie ou pénètre plus profondément dans l’épithélium, et l’inflammation apparaît.
Candida albicans cause la grande majorité des épisodes. D’autres espèces, dont Candida glabrata, interviennent surtout dans les formes qui reviennent ou qui répondent mal aux azolés. Les CDC distinguent une forme non compliquée (épisode rare, signes légers à modérés, femme sans immunodépression, levure habituellement C. albicans) et une forme compliquée (récidives, signes intenses, espèce inhabituelle, grossesse, diabète mal équilibré, VIH ou corticoïdes). Environ 10 à 20 % des cas relèvent de ce second groupe et demandent un diagnostic plus précis et un traitement plus long.
La mycose est surtout fréquente après la puberté et avant la ménopause, période où les œstrogènes soutiennent un milieu vaginal favorable à Candida. Elle devient plus rare après la ménopause, sauf sous hormonothérapie. Jusqu’à trois femmes sur quatre en auront au moins une dans leur vie, d’après les CDC et la Cleveland Clinic. Les démangeaisons et la douleur peuvent malgré tout gêner le sommeil, les rapports et le quotidien.
Chez l’homme, la même levure peut irriter le gland et le prépuce (balanite), avec rougeur, prurit et parfois un enduit blanchâtre. Le NHS précise que le champignon peut aussi toucher des plis cutanés chauds et humides. Un partenaire qui a des signes a donc intérêt à consulter de son côté.

Quels symptômes évoquent une mycose vaginale
Le signe le plus fréquent est un prurit intense de la vulve et de l’entrée du vagin, souvent associé à une brûlure. Les CDC rappellent qu’aucun de ces signes n’est spécifique. Une autre infection, une dermatose ou une irritation aux savons parfumés peut donner un tableau voisin. L’automédication n’est raisonnable que si un épisode semblable a déjà été confirmé.
Parmi les signes habituels, la Mayo Clinic et MedlinePlus retiennent
- un prurit ou une irritation de la vulve et du vagin, parfois plus marqués avant les règles ;
- une brûlure pendant les rapports ou en urinant, liée au contact de l’urine sur une peau déjà à vif ;
- une rougeur et un gonflement vulvaires, plus difficiles à voir sur une peau foncée ;
- des pertes épaisses, blanches, grumeleuses, d’aspect lait caillé, avec peu ou pas d’odeur ;
- une douleur ou une simple gêne vaginale, sans fièvre dans une mycose isolée.
Certaines femmes n’ont presque pas de pertes. MedlinePlus décrit aussi un écoulement simplement aqueux. L’absence d’écoulement n’élimine donc pas le diagnostic. À l’inverse, des pertes jaunes, verdâtres ou franchement malodorantes orientent plutôt vers une vaginose bactérienne ou une trichomonase, qui ne se soignent pas avec un ovule antifongique.
Une forme plus intense associe un érythème étendu, un œdème, des fissures ou des excoriations. Quatre épisodes ou plus dans l’année, une grossesse, un diabète mal contrôlé ou une immunodépression font aussi classer l’épisode comme compliqué, d’après la Mayo Clinic. Les CDC parlent de candidose récidivante dès trois épisodes symptomatiques en moins d’un an. Dans le doute, le médecin tranche souvent après un prélèvement.
Causes et facteurs de risque
La cause immédiate est un excès de Candida, pas un microbe « attrapé dehors » dans la plupart des cas. Les antibiotiques à large spectre tuent une partie des bactéries vaginales protectrices et laissent le champ libre à la levure. La grossesse, une pilule ou une hormonothérapie qui élève les œstrogènes, un diabète mal équilibré et une immunité affaiblie (VIH, corticoïdes, chimiothérapie) favorisent aussi cette prolifération, d’après la Mayo Clinic et MedlinePlus.
La plupart des femmes en bonne santé qui font une mycose simple n’ont pourtant aucun facteur déclenchant identifiable, écrivent les CDC. Chercher une cause n’est pas obligatoire à chaque épisode isolé. Des récidives rapides après un traitement bien pris justifient en revanche de revoir la glycémie, les médicaments en cours et, parfois, l’espèce de levure.
Les douches vaginales chassent une partie des lactobacilles. Les savons parfumés, tampons déodorants et sprays dits d’hygiène intime irritent la muqueuse. Les vêtements serrés en tissu synthétique et les maillots laissés humides entretiennent chaleur et humidité. Ces gestes figurent dans les conseils de la Mayo Clinic et de MedlinePlus. Ils n’équivalent pas à une preuve de négligence.
Le sucre alimentaire n’est pas, à lui seul, une cause démontrée dans les recommandations des CDC. Chez une personne diabétique, c’est le contrôle de la glycémie qui compte. Une alimentation « anti-levure » restrictive n’a pas de schéma validé dans ces sources.
L’infection à levures est-elle une IST
Non. On peut en faire sans aucun rapport sexuel, et les CDC comme le NHS ne la classent pas parmi les infections sexuellement transmissibles. Les données ne justifient pas de traiter le partenaire d’une mycose simple. Une minorité d’hommes développent une balanite (zones rouges du gland, prurit ou irritation) et tirent alors bénéfice d’un antifongique local, uniquement pour leurs propres symptômes.
Cela n’empêche pas la sexualité de jouer un rôle de déclencheur. Le NHS note que les rapports peuvent irriter la muqueuse ou, plus rarement, transmettre la levure. La Mayo Clinic lie certains épisodes aux rapports oro-génitaux et observe un risque plus élevé au début de la vie sexuelle. La même agence américaine de la santé des femmes estime qu’environ 15 % des hommes présentent une éruption prurigineuse du pénis après un rapport non protégé avec une femme qui a une mycose. Le risque est plus élevé en l’absence de circoncision et en cas de diabète.
Si votre partenaire est une femme et qu’elle a des symptômes, elle a intérêt à se faire examiner. Les préservatifs et les digues dentaires peuvent réduire le passage de levures, sans le garantir. Pendant un traitement par crème ou ovule, les azolés gras peuvent fragiliser le latex des préservatifs et des diaphragmes. Les CDC demandent de lire l’étiquetage du préservatif. Beaucoup de couples attendent la fin du traitement si les rapports sont douloureux.
Une chlamydiose, une gonococcie ou une trichomonase non traitées exposent à d’autres infections et, pour certaines, à des complications obstétricales. Un premier épisode, des signes atypiques ou une exposition sexuelle récente méritent donc un vrai diagnostic plutôt qu’une crème achetée « au cas où ».
Comment le diagnostic se pose
Le diagnostic repose sur les symptômes plus un examen, pas sur l’intuition seule. Le médecin interroge sur les épisodes passés, les antibiotiques récents, la grossesse, le diabète, l’immunité et les produits d’hygiène. Un examen pelvien cherche un érythème, un œdème, des fissures, des excoriations et des pertes épaisses adhérentes. Le col est en général d’aspect normal dans une mycose isolée.
Au cabinet, un prélèvement de pertes examiné au microscope (préparation saline et hydroxyde de potassium à 10 %) peut montrer des levures bourgeonnantes, des hyphes ou des pseudo-hyphes. Le pH vaginal reste habituellement inférieur à 4,5, ce qui aide à les distinguer d’une vaginose ou d’une trichomonase, souvent plus alcalines. Les CDC considèrent encore la culture mycologique comme la référence, surtout si le microscope est négatif alors que les signes sont là, ou si les épisodes se répètent.
Environ 10 à 20 % des femmes hébergent Candida sans aucun signe. Une culture positive sans symptômes n’est pas une indication de traitement. À l’inverse, C. glabrata ne forme pas d’hyphes et passe facilement inaperçue au microscope. En cas de forme compliquée, les CDC demandent une culture ou un test moléculaire pour confirmer l’espèce. La plupart des PCR « levures » n’ont pas d’autorisation de la FDA, précisent-ils. Le clinicien doit connaître les performances du test qu’il utilise.
Les tests ne sont pas toujours indispensables pour un tableau typique déjà connu. MedlinePlus indique qu’un auto-traitement peut se discuter si les signes sont légers, que ce n’est pas le premier épisode, que vous n’êtes pas enceinte et que vous ne craignez pas une IST récente. Dès que le doute s’installe, le prélèvement évite d’empiler les azolés sur une autre cause.
Traitement d’une mycose non compliquée
Pour un épisode simple, un azolé de courte durée suffit le plus souvent. Les recommandations IST 2021 des CDC listent des crèmes ou ovules de clotrimazole, miconazole, tioconazole, butoconazole ou terconazole, sur 1 à 14 jours selon la concentration, et une alternative orale. Nyirjesy et coll., dans la revue de 2022 qui a préparé ces textes, confirment que les azolés restent le traitement de première intention. Le fluconazole 150 mg en une seule prise a une efficacité comparable, avec parfois nausées, douleurs abdominales ou céphalées. Les azolés oraux ont rarement élevé les enzymes hépatiques et peuvent interagir avec d’autres médicaments.
Les schémas vaginaux en vente libre aux États-Unis ne correspondent pas mot pour mot à ce que délivre une pharmacie française. Le pharmacien ou le médecin indiquera la spécialité et la durée disponibles ici, souvent un ovule unique à libération prolongée ou un traitement de quelques jours, parfois associé à une crème vulvaire. Il faut aller au bout de la durée prévue, même si le prurit cède dès le deuxième jour. Un schéma d’un ou trois jours peut encore mettre jusqu’à une semaine à éteindre tous les signes.
Les crèmes et ovules gras peuvent affaiblir le latex. Une irritation locale transitoire arrive. Si les brûlures s’aggravent nettement sous crème, une intolérance au véhicule est possible. Le suivi n’est pas nécessaire quand tout rentre dans l’ordre. Des signes qui persistent après un produit sans ordonnance, ou qui réapparaissent dans les huit semaines, demandent un examen et des tests.
| Situation | Traitement (CDC, 2021) | Point d’attention |
|---|---|---|
| Mycose simple | Azolé vaginal 1 à 14 jours, ou fluconazole 150 mg une fois | 80 à 90 % de soulagement si le traitement est achevé |
| Signes intenses (fissures, œdème) | Azolé local 7 à 14 jours, ou fluconazole 150 mg répété 72 h plus tard | Les cures très courtes marchent moins bien |
| Récidives documentées | Induction puis fluconazole hebdomadaire 6 mois | Contrôle fréquent, guérison durable rare |
| Grossesse | Azolé local pendant 7 jours | Pas de fluconazole oral |
| Espèce non albicans | Autre azolé 7 à 14 jours ; si échec, acide borique 600 mg/j, 3 semaines | Toxique avalé ; évité pendant la grossesse |
Le médecin choisit la voie (ovule, crème, comprimé) selon la grossesse, les interactions, le coût et votre préférence. Empiler les boîtes sans diagnostic augmente le risque de manquer une autre vaginite et, à la longue, de sélectionner des levures moins sensibles aux azolés.
Mycose récidivante ou compliquée
Dès que les épisodes s’enchaînent, le traitement change de logique. Les CDC définissent la candidose récidivante comme au moins trois épisodes symptomatiques en moins d’un an. Elle touche moins de 5 % des femmes, pour un fardeau pourtant lourd. Une revue dans PLOS Pathogens (2023) rappelle des estimations mondiales de l’ordre de 138 millions de femmes concernées chaque année par cette forme, avec un impact sur la douleur, l’anxiété et l’activité. La Mayo Clinic et l’agence américaine déjà citée parlent souvent de quatre épisodes ou plus. Ce qui compte, c’est de documenter de vrais épisodes à Candida, pas d’enchaîner les ovules sur un prurit d’une autre nature.
C. glabrata et d’autres espèces non albicans apparaissent dans 10 à 20 % de ces récidives et répondent moins bien aux azolés classiques. Après une phase d’attaque (azolé local 7 à 14 jours, ou fluconazole 100, 150 ou 200 mg les jours 1, 4 et 7), le schéma d’entretien retenu par les CDC est un fluconazole oral hebdomadaire pendant 6 mois. Des azolés locaux intermittents sont une option si la voie orale n’est pas possible. Ce traitement contrôle souvent les symptômes pendant la prise. Il guérit rarement à long terme.
Quand un azolé ne suffit plus, la Mayo Clinic mentionne deux médicaments oraux autorisés aux États-Unis. L’ibrexafungerp peut convenir à des mycoses qui échappent aux traitements habituels. L’otéséconazole (Vivjoa), autorisé par la FDA le 26 avril 2022, vise à réduire les récidives chez les femmes qui n’ont plus de potentiel reproductif (ménopause ou stérilisation permanente), en raison d’un risque pour l’embryon et d’une demi-vie très longue. Leur disponibilité en France relève du médecin et du pharmacien, pas d’un achat d’imitation en ligne.
Une mycose grave (érythème étendu, œdème, fissures) se traite plus longtemps, même si c’est le premier épisode. Les CDC recommandent 7 à 14 jours d’azolé local ou deux prises de fluconazole 150 mg à 72 heures d’intervalle. En cas d’échec malgré un schéma bien suivi, une culture avec, si possible, un antifungigramme oriente vers une espèce résistante ou une autre dermatose.

Grossesse, diabète et immunité affaiblie
Pendant la grossesse, la mycose est fréquente car les hormones modifient le pH et le glycogène vaginal. Le traitement retenu par les CDC est uniquement un azolé local pendant 7 jours. Le fluconazole oral, y compris à 150 mg en une prise, n’est pas recommandé. Des études épidémiologiques l’ont associé à un risque de fausse couche et d’anomalies congénitales. La Mayo Clinic déconseille aussi les antifongiques oraux, surtout au premier trimestre, et rappelle que clotrimazole et miconazole locaux n’ont pas ce signal. Dites au prescripteur que vous êtes enceinte, ou que vous pourriez l’être, avant toute ordonnance.
Un diabète mal contrôlé nourrit la levure et rend les récidives plus tenaces. Équilibrer la glycémie fait partie du traitement autant que l’ovule. MedlinePlus conseille de parler au médecin d’un dépistage du diabète ou d’un déficit immunitaire si l’infection revient tout de suite ou résiste. Chez une femme vivant avec le VIH, colonisation et mycoses symptomatiques sont plus fréquentes à mesure que l’immunodépression s’aggrave. Les CDC appliquent pourtant les mêmes schémas que hors VIH. Un fluconazole hebdomadaire au long cours n’est pas recommandé en l’absence de forme compliquée.
Les corticoïdes systémiques, la chimiothérapie et d’autres immunosuppresseurs allongent souvent la durée utile du traitement (7 à 14 jours plutôt qu’une prise unique). Corriger ce qui peut l’être (glycémie, antibiotique inutile, douche vaginale) compte autant que changer de molécule. L’allaitement n’interdit pas tous les antifongiques, mais le choix se fait avec le médecin ou le pharmacien. En cas de fièvre, de douleur pelvienne intense ou d’un état général qui bascule, il ne s’agit plus d’une simple mycose. Appelez le 15 ou le 112.
Acide borique, yaourt et probiotiques
L’acide borique n’est pas un soin de premier recours pour une mycose à C. albicans sensible aux azolés. Les CDC le réservent aux récidives d’espèces non albicans, à la posologie de 600 mg dans une gélule vaginale, une fois par jour pendant 3 semaines, avec environ 70 % d’éradication clinique et mycologique dans les séries qu’ils citent. Avalé, il peut être mortel. Il n’a pas sa place pendant la grossesse. La revue de 2023 dans PLOS Pathogens ajoute que l’Union européenne en restreint l’usage à des cas exceptionnels. En France, c’est une affaire de prescription et de préparation, pas un produit à improviser.
Le yaourt vaginal ou oral et l’ail intra-vaginal n’ont pas démontré d’efficacité dans les sources cliniques de référence. Les CDC écrivent qu’il n’existe pas de preuves consistantes pour les probiotiques ni pour les préparations homéopathiques. Une revue Cochrane de 2017 (10 essais, 1 656 femmes non enceintes, preuves de faible ou très faible certitude) a observé un possible gain à court terme quand un probiotique était ajouté à un antifongique, sans bénéfice clair à un ou trois mois. Les auteurs concluent que les données ne suffisent pas à recommander les probiotiques, seuls ou en appoint.
La page américaine de 2025 évoque encore des travaux anciens sur le yaourt à ferments vivants, tout en demandant davantage d’études. Ce n’est pas une contradiction à trancher par une moyenne. La recommandation actuelle des CDC (2021) et la revue Cochrane restent prudentes. Un yaourt dans l’alimentation n’a rien de dangereux pour la plupart des gens. S’en servir comme traitement d’une mycose confirmée, ou à la place d’un azolé, n’est pas étayé. Les gélules « détox levure » n’apparaissent pas non plus dans ces schémas.
Quand consulter pour une mycose vaginale
Consultez si c’est le premier épisode, si vous n’êtes pas sûre du diagnostic, si les signes résistent à un traitement sans ordonnance, ou s’ils réapparaissent rapidement. C’est le seuil retenu par la Mayo Clinic et les CDC. Le NHS y ajoute un âge de moins de 16 ans ou de plus de 60 ans, une grossesse ou un allaitement, un terrain immunodéprimé, et plus de quatre épisodes en douze mois. En France, le médecin traitant, le gynécologue ou, pour un conseil de produit déjà connu, le pharmacien sont les interlocuteurs habituels.
Voici des repères concrets, tirés de ces sources.
- Premier épisode, pertes malodorantes, fièvre ou douleur pelvienne. Prenez rendez-vous, n’ouvrez pas une boîte « au cas où ».
- Échec d’un ovule ou d’une crème, ou signes qui reviennent tout de suite après. Il faut un examen et souvent un prélèvement.
- Trois ou quatre épisodes dans l’année, selon la définition retenue. Demandez une culture et un regard sur le diabète et l’immunité.
- Grossesse, diabète mal équilibré, VIH, chimiothérapie. L’automédication n’est pas le bon réflexe.
- Malaise brutal, fièvre élevée, douleur pelvienne très intense. Orientez-vous vers les urgences. Composez le 15 ou le 112 si l’état s’aggrave vite.
Utiliser un azolé sur une vaginose ou une IST laisse l’autre infection progresser et peut rendre une vraie mycose plus difficile à traiter plus tard. Le chiffre déjà cité (deux achats sur trois sans levure) explique pourquoi un prélèvement n’est pas un luxe. Des fissures et un grattage prolongé ouvrent aussi la porte à une surinfection cutanée, note MedlinePlus. Apportez la liste des antibiotiques récents, des traitements hormonaux et des produits intimes, et dites si une grossesse est possible.
Gestes qui réduisent le risque de récidive
Aucune méthode ne supprime le risque à coup sûr, et les CDC n’ont pas de preuves solides pour les probiotiques. Quelques habitudes réduisent toutefois le terrain favorable, d’après la Mayo Clinic, MedlinePlus et le NHS. Elles ne remplacent pas un antifongique quand la mycose est là.
- Portez des sous-vêtements à entrejambe de coton, plutôt amples, et évitez collants et jeans très serrés.
- Changez dès que possible un maillot mouillé ou un vêtement de sport encore humide.
- Lavez la zone génitale à l’eau, sans savon parfumé, spray, douche vaginale ni tampon déodorant.
- N’utilisez un antibiotique que s’il est indiqué. Un rhume viral n’en justifie pas un.
- Si vous avez un diabète, visez l’équilibre glycémique habituel, pas un régime d’exclusion improvisé.
Garder la vulve sèche après la toilette et préférer un émollient au savon, comme le suggère le NHS, calme souvent l’irritation même avant que l’antifongique n’agisse. Les rapports peuvent attendre si la douleur est franche. Un lubrifiant à base d’eau, cité par la Cleveland Clinic, irrite moins qu’un produit parfumé.
Ces habitudes n’empêchent pas toute mycose. Une femme sans facteur de risque peut encore en faire une. Si les épisodes s’accumulent malgré cela, le levier n’est plus le coton du slip. C’est un schéma d’entretien discuté avec le médecin, après identification de l’espèce.
Questions fréquentes
Peut-on soigner une mycose sans ordonnance ?
Oui, si un épisode semblable a déjà été confirmé, que les signes sont typiques et légers, et que vous n’êtes pas enceinte. Le pharmacien peut proposer un ovule ou une crème antifongique. Dès le premier épisode, en cas de doute, d’échec ou de terrain particulier, un médecin doit d’abord confirmer qu’il s’agit bien d’une levure.
Le partenaire doit-il prendre un traitement ?
Pas de façon systématique. Les CDC ne recommandent pas de traiter le partenaire d’une mycose simple. Un homme qui a une rougeur prurigineuse du gland a intérêt à consulter pour un antifongique local. Une partenaire femme symptomatique se fait examiner de son côté.
Une mycose peut-elle revenir après un bon traitement ?
Oui. Le schéma d’entretien (souvent fluconazole hebdomadaire six mois) contrôle les récidives pendant la prise, mais les CDC notent qu’il guérit rarement à long terme. Une rechute après l’arrêt n’est pas un échec personnel. Elle justifie de revérifier l’espèce et le terrain.
Les ovules antifongiques abîment-ils le préservatif ?
Les crèmes et ovules gras peuvent fragiliser le latex des préservatifs et des diaphragmes, écrivent les CDC. Lisez la notice des deux produits. Si les rapports sont douloureux, attendre la fin du traitement est souvent plus simple.
Le fluconazole est-il possible pendant la grossesse ?
Les CDC déconseillent le fluconazole oral chez la femme enceinte, y compris en dose unique de 150 mg, et recommandent un azolé local pendant 7 jours. Signalez une grossesse possible avant toute prise. Le pharmacien ou le médecin indiquera la spécialité locale adaptée.
Faut-il un examen à chaque mycose ?
Pas forcément, si le tableau est identique à un épisode déjà documenté et que le traitement précédent a suffi. Un examen et un prélèvement s’imposent au premier épisode, en cas d’échec, de retour rapide, de signes atypiques ou de récidives fréquentes.

Conclusion
Une mycose vaginale est fréquente, souvent mal étiquetée, et bien soignée quand on vise la bonne cause. Les chiffres des CDC (75 % de femmes concernées au moins une fois, 80 à 90 % de succès des azolés sur une forme simple) n’autorisent pas à traiter à l’aveugle. Deux boîtes sur trois achetées pour une levure le seraient pour autre chose. Le premier réflexe utile est donc de faire confirmer le diagnostic une première fois, puis de reconnaître ce qui sort du tableau habituel.
Si les signes correspondent à une mycose déjà connue, un ovule ou une crème conseillés en pharmacie, ou un fluconazole 150 mg prescrit hors grossesse, suffisent le plus souvent. Des fissures, une grossesse, un diabète, un VIH ou des épisodes qui s’enchaînent changent la durée et parfois la molécule. L’acide borique, les nouveaux oraux américains et un schéma de six mois se discutent après une culture.
Avant d’ouvrir une nouvelle boîte, notez la date du dernier épisode, les antibiotiques des semaines précédentes et la possibilité d’une grossesse, puis posez la question au pharmacien ou au médecin traitant. Si les signes réapparaissent avant deux mois, demandez un prélèvement plutôt qu’un troisième azolé. Ce geste, plus que n’importe quel yaourt, est celui qui évite de soigner la mauvaise vaginite.
Sources
- Vulvovaginal Candidiasis – STI Treatment Guidelines. Centers for Disease Control and Prevention, 22 juillet 2021.
- Yeast infection (vaginal) – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 19 novembre 2024.
- Yeast infection (vaginal) – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 19 novembre 2024.
- Vaginal Yeast Infection: Causes, Symptoms & Treatment. Cleveland Clinic, 20 mai 2025.
- Vaginal yeast infection. MedlinePlus, 18 août 2025.
- Xie HY, Feng D, Wei DM et al. : Probiotics for vulvovaginal candidiasis in non-pregnant women. Cochrane Database of Systematic Reviews, 23 novembre 2017.
- Nyirjesy P, Brookhart C, Lazenby G et al. : Vulvovaginal Candidiasis: A Review of the Evidence for the 2021 Centers for Disease Control and Prevention of Sexually Transmitted Infections Treatment Guidelines. Clinical Infectious Diseases, 13 avril 2022.
- San Juan Galán J, Poliquin V, Gerstein AC : Insights and advances in recurrent vulvovaginal candidiasis. PLOS Pathogens, 10 novembre 2023.
- Drug Trials Snapshots: VIVJOA. U.S. Food and Drug Administration, 26 avril 2022.
- Vaginal yeast infections. Office on Women’s Health, 24 octobre 2025.
- Thrush in men and women. National Health Service, 28 juillet 2023.
