
La déshydratation apparaît lorsque le corps perd plus de liquides qu’il n’en absorbe, au point que le sang, les cellules et les reins ne travaillent plus normalement. Une forme légère se corrige souvent en buvant de l’eau ou une solution de réhydratation orale (SRO) ; une forme grave, avec confusion ou peau froide et marbrée, est une urgence.
Une urine jaune foncé, une bouche pâteuse et un vertige en se levant du canapé sont souvent les premiers signes chez l’adulte, tels que les décrit le NHS. La soif n’est pas un bon garde-fou, et la Mayo Clinic rappelle que beaucoup de personnes, surtout âgées, n’ont soif qu’une fois déjà en déficit hydrique.
Chez l’enfant, le NICE britannique recommande une SRO de faible osmolarité, à raison de 50 ml/kg en 4 heures en cas de déshydratation clinique. Une fièvre à 38,9 °C ou plus, une diarrhée qui dure 24 heures ou l’impossibilité de garder les liquides justifient un avis médical, d’après la Mayo Clinic. Si la personne devient confuse, difficile à réveiller ou a la peau froide et marbrée, il faut appeler le 15 ou le 112.
Comment reconnaître une déshydratation chez l’adulte
Chez l’adulte, les premiers signes utiles sont la soif, des urines plus rares et plus foncées, une bouche sèche, une fatigue et des vertiges, surtout en passant de la position assise à la position debout. MedlinePlus classe aussi parmi les formes légères à modérées les crampes musculaires, les maux de tête et une peau sèche et fraîche au toucher. L’eau représente plus des deux tiers du poids du corps chez l’adulte, d’après la même encyclopédie, une part qui varie avec l’âge et la masse grasse.
La couleur des urines reste un repère simple. Le NHS et les CDC décrivent une urine jaune pâle ou claire comme un indice d’apport suffisant, et une urine jaune foncé, à odeur forte, comme un signal d’alerte. Ce test n’est pas un diagnostic, car certains médicaments, des aliments et une infection urinaire colorent aussi les urines. Il oriente toutefois vers un verre d’eau avant que la tête ne tourne.
Quand le déficit s’aggrave, le tableau change. MedlinePlus cite l’absence d’urine ou une urine ambrée, une peau ridée, une irritabilité ou une confusion, un pouls rapide, une respiration rapide, des yeux enfoncés, une apathie, un choc et une perte de connaissance. Le Merck Manual insiste sur un point souvent négligé. À un stade avancé, la soif peut diminuer, alors que la pression artérielle chute et que le malaise en se levant (hypotension orthostatique) devient franc.
Le pli cutané, obtenu en pinçant doucement la peau du dos de la main ou de l’abdomen, renseigne sur l’élasticité des tissus. S’il persiste au lieu de s’effacer tout de suite, la Mayo Clinic et MedlinePlus le retiennent comme un signe clinique. Chez les personnes très âgées, ce geste est moins fiable, parce que la peau perd de l’élasticité avec l’âge.
La confusion reste, pour le Merck Manual, l’un des meilleurs marqueurs d’une forme déjà grave, car les cellules du cerveau supportent mal le manque d’eau et les à-coups de sodium. Un adulte qui délire, qui ne sait plus où il est ou qui s’endort en plein jour n’est plus dans le registre « boire un verre et attendre ».

Quels signes surveiller chez le bébé et l’enfant
Chez le nourrisson et le jeune enfant, la diarrhée et les vomissements sont la cause la plus fréquente, selon la Mayo Clinic, et les réserves d’eau sont petites par rapport au poids. L’enfant ne dit pas qu’il a soif. Les signes à chercher sont donc concrets. On compte moins de couches mouillées, ou aucune depuis trois heures, une bouche sèche, l’absence de larmes, un pouls rapide, des yeux, des joues ou la fontanelle enfoncés, une irritabilité ou, au contraire, une apathie, et une peau qui ne se remet pas en place après un pincement.
Le NICE, dans sa recommandation CG84 destinée aux moins de 5 ans, distingue l’enfant sans signe clinique, l’enfant avec déshydratation clinique et l’enfant en choc. Les signes d’alerte de cette table comprennent un enfant qui « a l’air malade » ou qui s’aggrave, une réactivité altérée (irritabilité, léthargie), des yeux enfoncés, une tachycardie, une respiration trop rapide et une peau qui garde le pli. Le choc s’accompagne d’une conscience diminuée, d’une peau pâle ou marbrée, d’extrémités froides, d’un pouls faible, d’un temps de recoloration allongé et, au stade tardif, d’une hypotension.
Le même guide britannique dresse la liste des enfants les plus exposés pendant une gastro-entérite. Figurent notamment les moins d’un an, surtout moins de 6 mois, le petit poids de naissance, plus de cinq selles diarrhéiques en 24 heures, plus de deux vomissements en 24 heures, des liquides supplémentaires non proposés ou non tolérés, un allaitement interrompu pendant la maladie, et des signes de malnutrition. Ces critères ne remplacent pas l’examen d’un médecin, mais ils aident à ne pas attendre « pour voir ».
Le NHS ajoute, pour le bébé, une fontanelle qui s’enfonce, des yeux creux, peu ou pas de larmes, moins de couches mouillées, une somnolence ou une irritabilité. Si l’enfant respire trop vite, a le cœur très rapide, ou si le point mou du crâne se creuse, un avis urgent s’impose. La conduite locale, en France, appartient au médecin traitant, au pédiatre ou au 15.
Quelles causes font perdre trop d’eau
Le mécanisme est toujours le même. Trop de sorties, pas assez d’entrées, ou les deux. La Mayo Clinic place en tête la diarrhée brutale, qui emporte en peu de temps l’eau et les électrolytes (sodium, potassium, chlorure) que le côlon n’a plus le temps d’absorber. Les vomissements ajoutent une perte et rendent le remplacement par la bouche difficile. Une fièvre élève encore les pertes ; plus elle est haute, plus le déficit peut être marqué, surtout si diarrhée et vomissements coexistent.
Même sans fièvre, un rhume ou un mal de gorge réduit l’envie de boire et de manger. La transpiration, elle, devient le problème principal par temps chaud et humide, pendant un effort intense ou au travail en extérieur. Les CDC rappellent que la chaleur peut rendre malade n’importe qui, et davantage les personnes enceintes, les enfants et adolescents asthmatiques, et les personnes qui ont une maladie cardiaque.
Les médicaments qui font uriner, notamment les diurétiques et certains antihypertenseurs, figurent parmi les causes fréquentes. Un diabète non diagnostiqué ou mal contrôlé augmente le volume d’urine, donc les pertes. Le Merck Manual ajoute le déficit en arginine-vasopressine et la maladie d’Addison, qui peuvent aussi faire uriner trop. L’alcool, diurétique, n’apporte pas d’eau nette à l’organisme, précise MedlinePlus.
Les brûlures étendues font fuir du plasma vers les tissus. Un apport insuffisant, plus banal, suffit parfois, qu’il s’agisse d’une journée trop chargée, d’une randonnée sans point d’eau, d’une nausée, d’aphtes ou d’une gorge douloureuse. Chez la personne âgée, le Merck Manual décrit un autre piège, celui de boire moins pour éviter de se lever la nuit ou par crainte de fuites urinaires.
Qui est le plus exposé
Tout le monde peut manquer d’eau, mais le risque n’est pas le même à tous les âges. Les nourrissons et les jeunes enfants cumulent des gastro-entérites fréquentes, une fièvre qui fait transpirer, l’incapacité de demander à boire et des réserves petites. Les adultes de 65 ans et plus partent avec une réserve d’eau plus faible, une soif moins nette et, souvent, des maladies ou des comprimés qui font uriner, d’après la Mayo Clinic.
Les CDC listent, pour les jours de chaleur, les personnes de 65 ans ou plus, les nourrissons et jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes qui travaillent ou s’entraînent dehors, et celles qui ont de l’asthme ou une maladie cardiaque. Un voisin isolé, sans climatisation, appartient à ce cercle de vigilance. Il faut passer le voir, et ne pas se fier à l’absence de plainte.
Les maladies chroniques pèsent aussi. Un diabète mal équilibré, une maladie rénale, une insuffisance cardiaque, une démence ou une mobilité réduite rendent le déficit plus probable et plus dangereux. Le Merck Manual souligne que la graisse contient moins d’eau que le muscle, si bien qu’avec l’âge, la part d’eau du corps tend à baisser. Les sportifs d’endurance et les ouvriers exposés à la chaleur perdent de grands volumes par la sueur ; chez eux, le sodium perdu compte autant que l’eau.
Les personnes qui dépendent d’autrui pour un verre d’eau, en institution ou à domicile, forment un groupe à part. Un verre posé trop loin, une paille oubliée, une consigne trop vague (« buvez si vous avez soif ») suffisent à laisser s’installer un déficit. Le NHS conseille d’offrir à boire aux repas, d’en faire un moment social et de proposer des aliments riches en eau, soupe, fruits, yaourt, plutôt que d’attendre une demande.
Que boire en cas de déshydratation
Le traitement consiste à rendre l’eau et les sels perdus. La voie, le volume et le type de liquide dépendent de l’âge, de la gravité et de la cause. Pour une forme légère chez un adulte, de l’eau ou d’autres liquides, à petites gorgées si la nausée est là, suffisent souvent, selon la Mayo Clinic et le NHS. Caféine et alcool sont à écarter pendant l’épisode, parce qu’ils entretiennent les pertes.
Dès qu’il y a diarrhée ou vomissements, l’eau seule ne remplace pas le sodium et le potassium. Le pharmacien, indique le NHS, peut proposer une SRO, poudre à diluer dans de l’eau, dosée pour être absorbée dans l’intestin même pendant une diarrhée. L’OMS recommande cette SRO (eau, sucre, sel) pour la diarrhée, et, chez l’enfant, un complément de zinc pendant 10 à 14 jours ; le zinc raccourcirait la durée d’environ 25 % et le volume des selles d’environ 30 %, d’après la fiche 2024. En France, le médecin ou le pharmacien applique la conduite locale ; on ne copie pas un protocole étranger sans avis.
Le NICE, pour les moins de 5 ans avec déshydratation clinique, demande une SRO de faible osmolarité (240–250 mOsm/l), 50 ml/kg pour le déficit en 4 heures, plus l’entretien, en petites quantités fréquentes. Si l’enfant refuse et n’a pas de signe d’alerte, on peut ajouter le lait habituel ou de l’eau, mais pas les jus de fruits ni les sodas. Après réhydratation, 5 ml/kg de SRO après chaque grosse selle liquide sont proposés aux enfants à haut risque. La perfusion n’intervient qu’en cas de choc, d’aggravation malgré la SRO, ou de vomissements persistants.
Les boissons pour sportifs ne sont pas l’équivalent d’une SRO, et le Merck Manual indique qu’elles n’ont pas forcément assez d’électrolytes. La Mayo Clinic accepte, chez l’enfant plus grand, une boisson de sport diluée moitié-moitié avec de l’eau, et, chez l’adulte à l’effort par chaleur, une boisson qui apporte électrolytes et glucides. Jus purs et sodas, non dilués, peuvent aggraver la diarrhée. MedlinePlus déconseille les comprimés de sel, capables de provoquer des complications.
- Proposez une SRO du commerce, diluée selon la notice, plutôt qu’un mélange improvisé au hasard.
- Continuez l’allaitement ; le NICE et le NHS demandent de ne pas allonger les formules infantiles.
- Offrez de petites gorgées fréquentes, puis augmentez si l’estomac les tolère.
- Évitez café, alcool, sodas et jus concentrés tant que la diarrhée n’est pas close.
Comment le médecin pose le diagnostic
Le diagnostic est d’abord clinique, à partir des symptômes, du contexte (chaleur, gastro-entérite, médicaments) et de l’examen. La Mayo Clinic note que, chez l’enfant, la variation de poids par rapport à un poids récent est un bon indice. MedlinePlus décrit ce que le médecin cherche, une pression basse, une chute de pression en se levant, un pouls rapide, une peau peu élastique, un lit unguéal qui se recolore trop lentement.
Les analyses ne sont pas automatiques. Le NICE, chez l’enfant, déconseille le bilan sanguin de routine et le réserve à la perfusion ou à une suspicion d’hypernatrémie. Chez l’adulte plus grave, la Mayo Clinic et MedlinePlus citent l’ionogramme (surtout sodium et potassium), la fonction rénale et, parfois, un examen d’urine, utile aussi pour dépister une infection. Un sodium élevé traduit souvent une perte d’eau supérieure à la perte de sel, explique le Merck Manual.
Aucun test unique ne « prouve » à lui seul le déficit chez la personne âgée. L’osmolarité sérique, le rapport urée/créatinine, le poids, l’état mental et les urines se lisent ensemble. Une glycémie a sa place si un diabète est possible. L’essentiel, pour le lecteur, est d’apporter au rendez-vous une chronologie, avec le début des selles ou des vomissements, les volumes approximatifs, la dernière urine, la fièvre, les médicaments et un voyage récent. Ces éléments orientent plus vite que n’importe quel test isolé.

Quand consulter pour une déshydratation
Il faut consulter lorsque les signes ne s’améliorent pas malgré les liquides, ou dès qu’un nourrisson, un jeune enfant ou une personne âgée montre un tableau évocateur. La Mayo Clinic demande un avis si la diarrhée dure 24 heures ou plus, si la personne est confuse ou irritable, plus somnolente ou moins active, si elle ne garde pas les liquides, si les selles sont sanglantes ou noires, ou si la fièvre atteint 38,9 °C (102 °F) ou plus. MedlinePlus abaisse le seuil de fièvre à 38,8 °C pour un appel d’urgence, et y ajoute la perte de connaissance, les convulsions et l’aggravation malgré le traitement.
Le NHS, de son côté, décrit deux niveaux. Un avis urgent (médecin, service comparable au 111 britannique) se justifie en cas de fatigue inhabituelle ou de somnolence chez l’enfant, de vertige persistant en se levant, d’urines très foncées ou trop rares, de respiration ou de pouls trop rapides, de larmes absentes, ou de fontanelle creuse. L’urgence vitale, assimilable en France au 15 ou au 112, correspond aux signes de choc. On y trouve une peau, des lèvres ou une langue bleues, grises, pâles ou marbrées (plus visibles sur les paumes et les plantes si la peau est foncée), une peau froide, une gêne respiratoire ou une polypnée, une confusion, un sommeil excessif ou un réveil difficile.
| Situation | Signes habituels | Conduite |
|---|---|---|
| Adulte, forme légère à modérée | Soif, bouche sèche, urines foncées, crampes, maux de tête | Boire ; SRO si diarrhée ou vomissements |
| Enfant, déshydratation clinique | Moins d’urines, muqueuses sèches, yeux enfoncés, pli cutané | SRO en petites quantités ; avis médical |
| Nourrisson | Couche sèche depuis 3 heures, pas de larmes, fontanelle creuse | Consulter sans attendre |
| Fièvre ou diarrhée prolongée | Fièvre ≥ 38,9 °C, diarrhée ≥ 24 h, liquides non gardés | Appeler le médecin traitant |
| Signes de choc | Peau marbrée et froide, confusion, réveil difficile, polypnée | Appeler le 15 ou le 112 |
Chez l’enfant, le NICE ajoute d’autres motifs d’alerte qui ne sont pas de la « simple gastro », notamment une fièvre à 38 °C avant 3 mois ou à 39 °C après, une raideur de nuque, une fontanelle bombée, une éruption qui ne s’efface pas à la vitropression, du sang ou des glaires dans les selles, un vomissement vert, une douleur abdominale localisée. Ces signes imposent un examen médical rapide, indépendamment du volume d’eau bu.
Quelles complications peut-elle entraîner
Non traitée, une forme grave peut basculer vers des atteintes d’organes. La Mayo Clinic retient quatre familles. D’abord le coup de chaleur, des crampes jusqu’à l’insolation mortelle. Ensuite les infections urinaires, les calculs et, à l’extrême, l’insuffisance rénale. Puis les convulsions liées à un déséquilibre du sodium ou du potassium. Enfin le choc hypovolémique, quand le volume de sang chute, que la pression s’effondre et que l’oxygène n’arrive plus aux tissus.
Le Merck Manual décrit le même enchaînement, moins de sueur, moins d’urine, puis dessèchement des tissus, cellules qui se ratatinent, confusion, coma. MedlinePlus ajoute le risque de lésion cérébrale permanente et de décès si le choc n’est pas corrigé. Ces formules ne visent pas à faire peur ; elles expliquent pourquoi un adulte confus ou un nourrisson apathique n’est plus un cas « à la maison ».
À l’effort, le manque d’eau empêche le corps d’évacuer la chaleur par la sueur. Les CDC listent crampes, sueurs inhabituelles, essoufflement, vertiges, maux de tête, faiblesse et nausée comme signaux d’un organisme trop chaud. Une peau rouge, chaude et sèche, l’arrêt de la sueur, des convulsions ou un propos incohérent basculent vers l’urgence.
Une méta-analyse de 2018 (Wittbrodt et Millard-Stafford, 33 études) trouve un effet défavorable petit mais réel sur la cognition, plus net au-delà de 2 % de perte de masse corporelle, surtout pour l’attention, les fonctions exécutives et la coordination. Les auteurs soulignent l’hétérogénéité des protocoles. Ce n’est pas une « perte de mémoire à 2 % » garantie ; c’est une raison de ne pas attendre d’être étourdi pour boire pendant un effort ou une maladie.
Comment prévenir une déshydratation
La prévention tient en une habitude, celle de boire régulièrement, surtout quand on est malade, qu’il fait chaud ou que l’on transpire, sans attendre d’avoir soif. Les CDC conseillent d’emporter une bouteille, de la remplir, et de viser une urine jaune pâle. Ils suggèrent de limiter les boissons très sucrées, très salées, caféinées et alcoolisées par forte chaleur. L’eau reste le choix par défaut ; une boisson avec électrolytes peut aider si l’on sue pendant plusieurs heures.
MedlinePlus, s’appuyant sur les apports de référence des National Academies, situe l’apport total d’eau des adultes entre 2,7 L et 3,7 L par jour, aliments compris. Il n’existe pas de consigne séparée pour l’eau du robinet seule. Boire à la soif et aux repas suffit souvent, chez une personne en bonne santé. Les besoins montent avec la chaleur, l’effort, la fièvre, la diarrhée et l’altitude. Un cœur ou un rein fragile impose de demander au médecin le volume autorisé, plutôt que d’appliquer un slogan de « huit verres ».
Le NHS propose, pour réduire le risque, de l’eau ou une boisson diluée sans sucre ajouté, et d’augmenter les apports dès les premiers vomissements, dès une sueur abondante ou dès une diarrhée. Chez l’enfant de moins de 5 ans, on poursuit le lait habituel ; on n’affaiblit pas les biberons ; on n’offre ni jus ni sodas. Le NICE, après une gastro-entérite, déconseille aussi jus et boissons gazeuses jusqu’à l’arrêt de la diarrhée, et rappelle le lavage des mains au savon, eau tiède, essuyage soigneux.
Avant un effort long, la Mayo Clinic suggère de commencer à boire dès la veille, et de juger l’hydratation à des urines claires et abondantes. Pendant l’activité, des prises régulières valent mieux qu’un litre d’un coup. Après, on continue. Les personnes cardiaques ou rénales doivent faire valider cette stratégie, précise le Merck Manual, parce qu’un excès d’eau mal compensé peut être aussi dangereux qu’un manque.
- Buvez à heures fixes si vous sentez peu la soif, notamment après 65 ans.
- Ajoutez un verre à chaque repas et un verre entre les repas par temps chaud.
- Gardez des sachets de SRO à la maison pendant la saison des gastro-entérites.
- Demandez au médecin un volume cible si vous prenez un diurétique.
Pourquoi la soif ne suffit pas après 65 ans
Chez la personne âgée, la soif arrive tard et faiblement, ce qui explique des tableaux déjà graves au moment du premier verre. Le Merck Manual décrit un centre de la soif moins réactif, une graisse plus abondante (donc moins d’eau corporelle), des reins qui concentrent moins l’urine, et des maladies ou des comprimés qui font perdre du liquide. Une consigne du type « buvez si vous avez soif » laisse donc passer le déficit.
Les signes sont souvent atypiques. Une perte d’appétit, une fatigue nouvelle, une somnolence, un propos confus, une petite fièvre, une constipation, un malaise ou une chute peuvent précéder la soif. D’après la Mayo Clinic, une bronchite, une grippe ou une cystite, « bénignes » sur le papier, suffisent à déshydrater un parent âgé. Il faut offrir des liquides pendant la maladie, pas seulement quand les lèvres collent.
Les CDC rappellent que de nombreux médicaments augmentent le risque de manquer d’eau ou de trop chauffer, et qu’il ne faut ni les arrêter ni les modifier sans avis. Si le médecin a limité les boissons, par exemple en insuffisance cardiaque, le volume des jours de canicule se discute avec lui, pas seul devant le robinet. Un passage au moins quotidien auprès d’une personne isolée, un verre à chaque visite, des aliments riches en eau (soupe, fruit, yaourt) réduisent le trou entre la soif et le besoin réel.
L’excès inverse existe aussi. Les reins âgés éliminent moins bien un trop-plein ; le Merck Manual note que l’hyperhydratation s’installe plus facilement qu’à 30 ans. L’objectif n’est donc pas d’avaler des litres « pour faire bien », mais d’éviter le déficit sans noyer un cœur fragile. Le bon volume, ici, est une question clinique, pas un slogan.
Questions fréquentes
Peut-on être déshydraté sans avoir soif ?
Oui. La Mayo Clinic souligne que la soif n’est pas un bon indicateur, surtout après 65 ans, et que beaucoup de personnes n’ont soif qu’une fois déjà en déficit. Chez le nourrisson, la soif ne se dit pas, ce sont les couches, les larmes et le comportement qui parlent. Boire à heures régulières pendant une maladie ou une canicule a plus de sens que d’attendre une sensation.
L’eau plate suffit-elle pendant une gastro-entérite ?
Chez un adulte peu atteint, l’eau aide, mais une diarrhée ou des vomissements emportent aussi des sels. Le NHS oriente alors vers une SRO conseillée par le pharmacien. Chez l’enfant, le NICE place la SRO de faible osmolarité au centre, et écarte jus et sodas. L’eau peut compléter si l’enfant refuse la SRO et n’a pas de signe d’alerte.
Combien de liquide faut-il boire chaque jour ?
MedlinePlus retient un apport total de 2,7 L à 3,7 L par jour pour les adultes, nourriture comprise, sans quota séparé pour l’eau seule. La soif et les boissons aux repas suffisent souvent. Chaleur, effort, fièvre et diarrhée augmentent le besoin ; un avis médical s’impose si le cœur ou les reins limitent les liquides.
Le café et le thé aggravent-ils une déshydratation ?
Pendant un épisode, le NHS et la Mayo Clinic demandent d’éviter les boissons caféinées et l’alcool, qui entretiennent les pertes. Les CDC, par forte chaleur, conseillent aussi de limiter caféine, alcool et boissons très sucrées. Au quotidien, chez une personne bien portante, le thé et le café comptent dans l’eau totale, mais ce ne sont pas les meilleurs choix pour se réhydrater.
Une urine foncée signifie-t-elle toujours un manque d’eau ?
Non, mais c’est un signal fréquent. Le NHS et les CDC lient une urine jaune pâle à un apport souvent suffisant, et une urine foncée à un possible déficit. Certains médicaments, des aliments et une infection urinaire colorent aussi les urines. Si la couleur s’accompagne de soif, de vertiges ou d’un volume très faible, il faut boire et, si besoin, consulter.
Faut-il une SRO chez l’adulte aussi ?
Oui, dès que diarrhée ou vomissements font perdre sels et eau, le pharmacien peut proposer une SRO, indique le NHS. L’eau reste adaptée à une forme légère sans grande perte digestive. Les boissons de sport ne remplacent pas toujours une SRO, d’après le Merck Manual. En cas de vomissements répétés, de confusion ou d’impossibilité de boire, la perfusion à l’hôpital devient le recours.
Conclusion
Manquer d’eau n’est pas un détail de confort. C’est un déséquilibre entre ce qui sort (selles, vomissements, sueur, urine, respiration) et ce qui entre. Les signes utiles tiennent en peu de mots. Soif, urines foncées, bouche sèche, vertiges, couches trop sèches, fontanelle creuse, et, plus loin, confusion ou peau marbrée. La soif, surtout après 65 ans, arrive trop tard pour servir de seul guide.
La réponse, tant que l’on peut boire, est de rendre eau et sels, avec une SRO quand une gastro-entérite vide l’intestin, et avec de l’eau quand la chaleur ou l’effort a surtout fait transpirer. Le NICE britannique chiffre la SRO de l’enfant à 50 ml/kg en 4 heures ; l’OMS rappelle que cette solution, avec le zinc chez l’enfant, reste le traitement de la diarrhée dans le monde. Le médecin ou le pharmacien, en France, adapte ces repères à la pratique locale et aux autres maladies.
Le geste concret, aujourd’hui, est de regarder la couleur des urines, de poser une bouteille à portée, et, s’il y a diarrhée à la maison, d’acheter une SRO en pharmacie avant la nuit. Pour un nourrisson trop calme, un parent âgé confus ou une peau froide et marbrée, le numéro à composer est le 15 ou le 112, sans attendre que la soif « revienne ».
Sources
- Dehydration – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 2 mai 2025.
- Dehydration – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 2 mai 2025.
- Dehydration – NHS. National Health Service, mis à jour en 2026.
- About Heat and Your Health. Centers for Disease Control and Prevention, 20 juillet 2026.
- Diarrhoea and vomiting caused by gastroenteritis in under 5s: diagnosis and management. National Institute for Health and Care Excellence, 22 avril 2009.
- Diarrhoeal disease. World Health Organization, 7 mars 2024.
- Wittbrodt MT, Millard-Stafford M : Dehydration Impairs Cognitive Performance: A Meta-analysis. Medicine & Science in Sports & Exercise, novembre 2018.
- Singh H, Tripathi AK : Adult Dehydration. StatPearls, 17 août 2026.
- Dehydration: MedlinePlus Medical Encyclopedia. MedlinePlus, 1er juillet 2025.
- Water in diet: MedlinePlus Medical Encyclopedia. MedlinePlus, 9 juillet 2025.
- Lewis JL : Dehydration – Kidney Disorders – Merck Manual Consumer Version. Merck Manual Consumer Version, juin 2026.
