Cinq Maladies Non Transmissibles : Un Fardeau Économique Mondial

Selon une étude récente publiée par le Forum économique mondial, le coût global de cinq maladies non transmissibles (MNT) pourrait atteindre 47 trillions de dollars au cours des deux prochaines décennies. Ces maladies englobent les maladies cardiovasculaires, le diabète, les troubles mentaux, les maladies respiratoires chroniques, et le cancer. Les auteurs du rapport soulignent que 70% des pertes de productivité liées aux MNT proviennent principalement des maladies mentales et cardiovasculaires.

Les maladies cardiovasculaires englobent un large éventail de conditions touchant le cœur et les vaisseaux sanguins. Cela inclut les cardiopathies congénitales, les troubles vasculaires périphériques, les maladies de l’aorte, l’endocardite, l’hypertension, l’insuffisance cardiaque, l’arythmie, ainsi que les maladies coronariennes, notamment l’artériosclérose.

Le rapport intitulé « Le fardeau économique mondial des maladies non transmissibles » analyse les répercussions économiques de ces maladies sur l’économie mondiale. Les chercheurs estiment que la perte cumulée de production due à ces maladies au cours des deux prochaines décennies pourrait représenter environ 4% du produit intérieur brut (PIB) mondial annuel.

Les troubles de santé mentale représentent à eux seuls plus de 16 trillions de dollars de ce total, soit environ un tiers des dépenses anticipées pour les MNT.

Le professeur Klaus Schwab, fondateur et président exécutif du Forum économique mondial, a déclaré :

« Imaginez ce qui pourrait être accompli si ces ressources étaient investies de manière productive dans des domaines tels que l’éducation. Il est crucial d’agir immédiatement pour l’avenir de l’économie mondiale. Les MNT sont responsables de plus de 60% des décès dans le monde, soit environ 36 millions par an. Un nombre disproportionné – environ 80% – de ces décès survient dans des pays à revenu faible et intermédiaire. Comme beaucoup de ceux qui décèdent sont en âge de travailler, l’impact économique est considérable. À mesure que les populations des pays en développement augmentent, elles subissent une part de plus en plus importante de ce fardeau financier.

D’ici 2050, le nombre de personnes de plus de 60 ans dans le monde devrait probablement doubler, ce qui, combiné à une urbanisation croissante, entraînera une forte hausse des taux de MNT. Les auteurs concluent que les coûts cumulés liés à ces maladies dans les pays en développement pourraient dépasser 7 000 milliards de dollars entre 2011 et 2025, soit près de 500 milliards de dollars par an.

Olivier Raynaud, directeur principal de la santé au Forum économique mondial, a déclaré :

« Jusqu’à présent, il a été difficile d’évaluer ce que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie de « plus grands tueurs du monde ». Cette étude met en lumière le fait que les familles, les nations et les économies perdent des individus au cours de leurs années les plus productives. Les données indiquent que les MNT peuvent non seulement mettre à mal les systèmes de santé, mais également freiner l’économie mondiale, d’où la nécessité d’une action collective de tous les acteurs des secteurs public et privé. « 
Les maladies cardiovasculaires et les troubles de santé mentale représentent près de 70% de la productivité mondiale perdue. L’année dernière, le coût direct et indirect des maladies cardiovasculaires à l’échelle mondiale était d’environ 863 milliards de dollars, et il devrait augmenter de 22% pour atteindre 1 044 milliards de dollars d’ici 2030.

Sur son site, le Forum économique mondial a noté :

« En somme, le coût des maladies cardiovasculaires pourrait atteindre 20 trillions de dollars au cours des 20 prochaines années. En ce qui concerne les troubles de santé mentale, les coûts mondiaux en 2010 étaient d’environ 2,5 trillions de dollars, avec une prévision de 6 trillions de dollars d’ici 2030. « 
Une augmentation continue des pertes liées aux MNT est attendue jusqu’en 2030, suivie d’une forte hausse. La valeur de la vie perdue, y compris les dépenses liées à ces maladies et la perte de revenus, devrait doubler au cours des deux prochaines décennies.

David Bloom, auteur de l’étude et membre du Conseil consultatif sur la santé mondiale du Forum économique mondial, ainsi que professeur à l’École de santé publique de Harvard, a souligné :

« Le défi des MNT ne se limite pas aux ministères de la santé. Les décideurs doivent réaliser que ces maladies représentent une menace significative pour le bien-être et le progrès tant personnel qu’économique. Les MNT entravent la productivité et entraînent des pertes. Ces coûts sont insupportables et nécessitent clairement des solutions innovantes ainsi qu’une approche sociétale intégrée, avec des partenariats solides entre le gouvernement, le secteur privé et la société civile. « 
Les maladies non transmissibles sont largement causées par :

  • La consommation de tabac
  • L’abus d’alcool
  • Des habitudes alimentaires malsaines
  • Un manque d’activité physique

Une étude complémentaire publiée par l’OMS examine diverses stratégies pour lutter contre ces facteurs de risque.

Les maladies non transmissibles

Une MNT, ou maladie non transmissible, est une maladie ou un trouble médical non infectieux. Ces maladies tendent à être chroniques, avec une progression lente.

Parmi les exemples de MNT, on trouve :

  • La maladie d’Alzheimer
  • L’asthme
  • Les cataractes
  • La maladie rénale chronique
  • La maladie pulmonaire chronique
  • Le diabète
  • La fibromyalgie
  • Les maladies cardiaques
  • L’hypertension artérielle
  • L’obésité
  • L’ostéoporose
  • Les accidents vasculaires cérébraux
  • Le cancer
  • Plusieurs autres maladies cardiovasculaires

Il est important de noter que les maladies transmissibles peuvent se propager d’un individu à un autre. Certaines maladies transmissibles peuvent également être chroniques, comme le VIH/sida.

Écrit par Christian Nordqvist

Les Dernières Recherches sur les MNT

Pour rester à jour sur les défis posés par les maladies non transmissibles, plusieurs études récentes ont mis en lumière des stratégies novatrices. Par exemple, une étude de 2023 a révélé que l’intégration de programmes de santé mentale dans les soins primaires pourrait réduire considérablement les coûts associés aux troubles mentaux. En outre, des recherches ont montré que des interventions communautaires ciblées sur l’alimentation et l’exercice physique peuvent diminuer le risque de développer des maladies cardiovasculaires et le diabète.

Des statistiques récentes indiquent que les maladies cardio-métaboliques, qui incluent le diabète et les maladies cardiaques, pourraient représenter 30% des dépenses de santé mondiales d’ici 2025. Un accent accru sur la prévention et l’éducation pourrait réduire ce fardeau. Le rapport de l’OMS de 2023 souligne qu’en investissant dans des campagnes de sensibilisation, les pays pourraient améliorer significativement la qualité de vie de leurs citoyens tout en allégeant la pression sur leurs systèmes de santé.

En conclusion, les maladies non transmissibles constituent un défi majeur pour la santé publique mondiale. Cependant, avec des stratégies d’intervention appropriées et un engagement collectif, il est possible de réduire leur impact à la fois sur la société et sur l’économie.

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