Combien d’eau boire par jour selon vos besoins

Combien d'eau boire par jour selon vos besoins

Il n’existe pas de volume unique d’eau à viser chaque jour. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) retient un apport adéquat d’eau totale, boissons et aliments compris, de 2,0 L par jour chez les femmes et de 2,5 L chez les hommes, alors que les National Academies américaines (NASEM) s’appuient sur 2,7 L et 3,7 L, des médianes d’enquête et non un minimum obligatoire.

La consigne des « huit verres » n’a pas de fondement scientifique clair. Une revue de 18 essais randomisés, parue dans JAMA Network Open en novembre 2024, le rappelle, et une revue de cadrage pour les Nordic Nutrition Recommendations 2023 juge même qu’un chiffre exact valable pour toutes les personnes en bonne santé est pratiquement hors d’atteinte, tant les besoins varient avec la masse corporelle, l’effort et le climat.

Une urine d’un jaune pâle, un surplus d’eau par forte chaleur, à l’effort ou en cas de fièvre, et un appel au 15 ou au 112 si la confusion, un malaise ou l’arrêt des urines s’installent, cadrent mieux le quotidien qu’une règle unique.

Combien d’eau boire par jour selon l’âge et le sexe

Les volumes cités par les autorités concernent l’eau totale, pas seulement l’eau du robinet. L’avis de l’EFSA de 2010 (2,0 L chez la femme, 2,5 L chez l’homme) vaut pour un climat et une activité modérés. MedlinePlus (page revue en 2025) et la Mayo Clinic (janvier 2026) reprennent les 2,7 L et 3,7 L des National Academies, médianes des enquêtes alimentaires américaines.

Ces chiffres ne sont pas des doses à atteindre à tout prix. La revue nordique de 2023, signée Iversen et Fogelholm, souligne que les besoins varient fortement d’une personne à l’autre, et que la NASEM n’a pas fixé d’apport nutritionnel recommandé au sens strict, faute de preuve suffisante pour lier un volume d’eau à la prévention des maladies chroniques. Un adulte en bonne santé qui boit un peu en dessous du repère n’est donc pas, à lui seul, en danger, tant que la soif reste discrète et que les urines restent claires.

Les boissons fournissent la plus grande part. L’EFSA indique que les liquides représentent souvent jusqu’à 80 % de l’eau totale, ce qui, pour les apports européens, correspond à peu près à 1,6 L de boissons chez la femme et 2,0 L chez l’homme, le reste venant des aliments. Du côté américain, la NASEM, citée dans la même revue nordique, attribue environ 2,2 L de liquides aux femmes et 3,0 L aux hommes, soit près de 81 % du total, et environ 19 % aux aliments. Au Royaume-Uni, le guide alimentaire Eatwell Guide du NHS (page revue le 17 mai 2023) propose un autre repère encore, 6 à 8 tasses ou verres de liquide par jour, avec l’urine d’un jaune pâle comme boussole.

Chez l’enfant, les deux institutions donnent des paliers, pas une dose unique. Le tableau ci-dessous reprend les volumes d’eau totale ; le médecin qui suit l’enfant les adapte au climat, au sport et aux maladies.

Groupe Eau totale, EFSA (2010) Eau totale, NASEM (via NNR 2023)
Femmes adultes 2,0 L 2,7 L
Hommes adultes 2,5 L 3,7 L
Enfants de 4 à 8 ans 1,6 L 1,7 L
Garçons de 9 à 13 ans 2,1 L 2,4 L
Filles de 9 à 13 ans 1,9 L 2,1 L
Grossesse 2,0 L plus 0,3 L 3,0 L
Allaitement apport adulte plus 0,7 L 3,8 L

Les deux colonnes ne se superposent pas. L’EFSA ajoute 0,3 L à l’apport féminin pendant la grossesse, alors que la NASEM donne un total de 3,0 L ; l’allaitement suit la même logique, +0,7 L en Europe contre 3,8 L au total aux États-Unis. Il ne faut pas faire la moyenne. En France, le médecin ou le pharmacien applique la recommandation locale, que les textes anglophones cités ici ne reproduisent pas.

La règle des huit verres a-t-elle une base scientifique ?

Non, les huit verres d’eau plate ne sont pas une exigence démontrée. Hakam, Guzman Fuentes et leurs collègues, dans la revue de JAMA Network Open du 4 novembre 2024, écrivent que cette consigne publique reste courante alors que les preuves qui la soutiennent manquent de clarté. La Mayo Clinic, dans sa mise à jour de janvier 2026, la juge facile à retenir et utile comme objectif pour certaines personnes, tout en rappelant que d’autres ont besoin de moins, ou de nettement plus.

L’origine souvent citée est une formulation ancienne sur l’eau totale, aliments compris, et non un protocole d’essais. MedlinePlus précise, pour l’adulte, qu’il n’existe pas de recommandation spécifique sur le seul volume d’eau à boire. Si vous prenez des liquides aux repas et lorsque la soif se fait sentir, l’hydratation de base est en général au rendez-vous, sous réserve de maladie, de chaleur ou d’effort inhabituel.

Vouloir coller à huit verres peut donc manquer la cible dans les deux sens. Une personne petite, sédentaire, par temps frais, n’a pas le même bilan qu’un homme de forte masse musculaire qui travaille dehors en été. La revue nordique de 2023 rappelle que la soif, chez l’adulte en bonne santé, suffit le plus souvent à maintenir l’équilibre, parce que le cerveau règle le volume d’eau du corps dans une fourchette étroite.

Le café, le thé et les aliments comptent-ils ?

Oui, le café, le thé, le lait et la plupart des autres liquides entrent dans le compte, et les aliments y ajoutent une part nette. La Mayo Clinic estime qu’environ 20 % de l’eau quotidienne vient de la nourriture. La revue nordique de 2023 situe plutôt cette part entre 20 % et 30 %, les fruits, légumes, soupes et plats cuits à l’eau pesant lourd dans ce total.

La caféine fait uriner un peu plus, mais le liquide du café ou du thé compense cet effet aux doses habituelles. La Mayo Clinic, dans une réponse d’août 2025, conclut que les boissons caféinées peuvent contribuer aux besoins, surtout chez les consommateurs réguliers. Un pic de caféine d’un coup, chez une personne peu habituée, peut augmenter le volume d’urine. L’eau reste le choix le plus simple, sans calorie ni stimulant.

Les CDC, dans leur page de mars 2026, retiennent jusqu’à 400 mg de caféine par jour pour la plupart des adultes, soit environ 2 à 3 tasses de café nature. Pendant la grossesse, le médecin ou la sage-femme indiquera le plafond local. Les boissons énergétiques, souvent très caféinées et sucrées, n’ont pas vocation à devenir la boisson principale.

L’alcool est un mauvais outil d’hydratation. MedlinePlus souligne qu’il accélère la perte d’eau par les urines. Le NHS déconseille caféine et alcool lorsqu’on cherche à corriger un manque de liquide. Les sodas, jus et boissons sucrées apportent de l’eau, mais aussi des calories et du sucre. Les CDC recommandent de les remplacer, autant que possible, par de l’eau, du café ou du thé nature, de l’eau pétillante, ou, dans la limite des calories, du lait et un peu de jus à 100 %.

La pastèque, les fraises, le melon, le chou et la courge, presque entièrement constitués d’eau, aident à compléter le total, d’après la Mayo Clinic. Cela ne remplace pas un verre d’eau quand la fièvre ou la transpiration vident déjà le corps.

Chaleur, sport et maladie, quand les besoins augmentent

Dès que vous transpirez plus, que vous avez de la fièvre, des vomissements ou de la diarrhée, le volume de référence ne suffit plus. Les CDC citent le climat chaud, l’activité physique accrue, la fièvre, la diarrhée et les vomissements. La Mayo Clinic y ajoute l’altitude, qui peut favoriser la déshydratation, sans fixer de seuil en mètres. Il n’existe pas, dans ces sources, de surplus unique du type « une tasse et demie de plus à l’entraînement ».

Les pertes peuvent être brutales. Lors d’un effort vigoureux par forte chaleur, la sueur peut dépasser 2 000 mL par heure, d’après la revue nordique de 2023. L’eau seule ne couvre pas toujours les sels perdus. La Mayo Clinic évoque alors l’eau, le bouillon ou des solutions de réhydratation contenant des minéraux. MedlinePlus déconseille les comprimés de sel, qui peuvent provoquer des complications.

Avant, pendant et après l’effort, boire un peu à la fois reste plus sûr que d’avaler un litre d’un coup. La Cleveland Clinic, dans sa page sur l’intoxication à l’eau (mise à jour le 17 septembre 2024), juge qu’au-delà d’environ un litre par heure, le rythme est probablement trop élevé pour beaucoup d’adultes. Pendant un effort long, une boisson de l’effort avec sodium, ou un aliment salé, peut limiter la dilution du sang, point que la Mayo Clinic reprend aussi pour les épreuves d’endurance.

Maladie et médicaments pèsent autant que le thermomètre. Un diabète mal contrôlé, des diurétiques, une gastro-entérite ou une fièvre accélèrent les pertes, d’après MedlinePlus. Les personnes âgées et les jeunes enfants, moins autonomes pour boire, méritent une attention particulière dès les premières selles liquides. Le pharmacien peut proposer une solution de réhydratation orale ; le NHS en fait même un motif de passage à l’officine lorsque vomissements et diarrhée vident le corps trop vite.

Grossesse, allaitement et personnes âgées

Grossesse et allaitement élèvent l’eau totale, mais pas de la même façon selon le document. L’EFSA ajoute 0,3 L par jour pendant la grossesse et 0,7 L pendant l’allaitement, par-dessus l’apport de la femme non enceinte. La NASEM, citée par Iversen et Fogelholm en 2023, retient 3,0 L d’eau totale par jour chez la femme enceinte et 3,8 L pendant l’allaitement. La Mayo Clinic se contente de dire que les besoins augmentent, sans chiffre. Le suivi de grossesse, en France, reste le lieu où l’on fixe un objectif réaliste, surtout en cas de nausées qui réduisent la prise de liquide.

Avec l’âge, le signal de soif s’émousse. La revue nordique de 2023 décrit, après 65 ans, une soif moins nette, une capacité moindre à concentrer les urines, et une moins bonne élimination d’une charge d’eau. MedlinePlus ajoute que la sensation de soif change en vieillissant, et qu’il faut donc boire à intervalles réguliers, y compris sans attendre une envie franche. Les CDC et le NHS insistent sur le même point pour les personnes âgées, plus exposées à la déshydratation.

Certaines maladies du cœur, du foie ou des reins, et certains médicaments, imposent au contraire de ne pas boire sans consigne. La Cleveland Clinic rappelle que l’insuffisance cardiaque, la cirrhose ou l’insuffisance rénale peuvent déjà diluer le sodium. Dans ces situations, un objectif « le plus d’eau possible » serait un mauvais réflexe. Demandez au médecin traitant s’il existe un volume maximal, un volume minimal, ou si la soif reste le seul guide.

Comment savoir si vous êtes assez hydraté

Une soif rare et des urines d’un jaune pâle, couleur paille ou limonade claire, sont les deux signes pratiques que retiennent la Mayo Clinic et la Cleveland Clinic. Le NHS formule le même objectif, boire assez pour que l’urine soit d’un jaune pâle. Une urine très foncée, peu fréquente, ou une bouche collante, plaident pour boire davantage. Une urine totalement incolore, surtout si nausées, ballonnement ou maux de tête s’y ajoutent, peut au contraire signaler un excès.

La soif n’est pas un capteur parfait. D’après la revue nordique de 2023, elle se déclenche en général après une perte d’eau de 1 à 2 % du poids du corps. Chez l’adulte jeune en bonne santé, cela reste un bon guide. Chez le nourrisson, la personne âgée, ou en pleine canicule, attendre ce signal fait perdre du temps. Boire aux repas, emporter une bouteille, et proposer souvent de l’eau à un enfant occupé à jouer, compensent ce décalage.

Maux de tête, fatigue, moins bonne endurance à l’effort et urine foncée sont, pour la Mayo Clinic, des indices d’un apport insuffisant. La confusion et les vertiges n’appartiennent plus à ce registre bénin. Ils relèvent de la déshydratation grave ou, à l’inverse, d’une hyponatrémie, deux urgences qui se ressemblent assez pour justifier un appel au 15 plutôt qu’un nouveau litre d’eau « pour voir ».

Déshydratation, signes d’alerte et quand consulter

La déshydratation, c’est un bilan où les sorties d’eau dépassent les entrées. MedlinePlus (page revue le 1er juillet 2025) décrit un manque léger à modéré par la soif, la bouche sèche ou collante, des urines rares et plus foncées, une peau sèche et fraîche, des maux de tête et des crampes. Le NHS y ajoute des urines à l’odeur forte, des lèvres et une langue sèches, des yeux cernés, une fatigue et des étourdissements.

Le manque grave change de tableau. MedlinePlus liste alors l’absence d’urines ou une urine ambrée, une peau flétrie, l’irritabilité ou la confusion, des vertiges, un pouls et une respiration rapides, des yeux enfoncés, un état de choc ou une perte de connaissance. Les CDC résument les conséquences d’un manque non corrigé par des idées moins claires, un changement d’humeur, une surchauffe, de la constipation et des calculs rénaux. Confusion, malaise, impossibilité d’uriner, pouls ou respiration rapides demandent une aide médicale rapide.

Chez le nourrisson, les repères sont spécifiques. MedlinePlus et le NHS citent une fontanelle creusée, des yeux enfoncés, peu ou pas de larmes, des couches sèches plus longtemps que d’habitude, une somnolence ou une irritabilité inhabituelle. Un enfant de moins de cinq ans et une personne âgée déshydratent plus vite. Il ne faut pas attendre que le pli cutané reste marqué pour chercher de l’aide.

Le traitement d’un manque encore léger tient souvent en de petites gorgées d’eau, de glaçons fondus, ou d’une solution de réhydratation. MedlinePlus déconseille les comprimés de sel. Si vomissements et diarrhée persistent, le pharmacien oriente vers une poudre à diluer. Un manque grave se corrige à l’hôpital, souvent par perfusion. Appelez le 15 ou le 112 si la personne perd connaissance, est confuse, convulse, a une fièvre au-delà de 38,8 °C avec un état qui s’aggrave, ou présente un pouls et une respiration rapides comme dans un coup de chaleur, seuils repris de MedlinePlus et à traiter comme une urgence locale.

Signes Lecture probable Conduite
Soif, bouche sèche, urines foncées, maux de tête Manque léger à modéré Boire de l’eau, du bouillon ou une solution de réhydratation
Confusion, malaise, plus d’urines, pouls ou respiration rapides Déshydratation grave Appeler le 15 ou le 112
Confusion, convulsions, vomissements importants après un effort long Hyponatrémie possible Appeler le 15 ou le 112, ne pas forcer l’eau seule
Fièvre au-delà de 38,8 °C avec signes de manque qui s’aggravent Risque d’urgence thermique Avis médical urgent, 15 ou 112 si l’état se dégrade

Trop d’eau, hyponatrémie et intoxication

Boire trop d’eau est rare chez l’adulte aux reins sains, mais le sodium du sang peut alors chuter. Lorsque l’apport dépasse la capacité des reins à éliminer l’eau, on parle d’hyponatrémie en dessous de 135 mEq/L, d’après la Cleveland Clinic (page du 27 novembre 2024). L’eau entre alors dans les cellules, y compris celles du cerveau, qui gonflent.

Les signes précoces, nausées, vomissements, ballonnement, maux de tête, somnolence, crampes, mains ou pieds gonflés, figurent sur la page de la Cleveland Clinic consacrée à l’intoxication à l’eau. Confusion, crises convulsives, difficulté à se réveiller et vomissements importants relèvent des urgences. Ces symptômes recoupent ceux d’un manque d’eau, ce qui rend dangereux le réflexe de « noyer » le malaise sous encore plus d’eau plate pendant un marathon.

Le rythme compte autant que le total. Chez certaines personnes, 3 à 4 L d’eau en une ou deux heures ont suffi à faire apparaître des signes d’intoxication, toujours selon la Cleveland Clinic, qui juge aussi qu’au-delà d’environ un litre par heure le rythme est probablement trop élevé. Avaler des litres d’un trait reste un geste dangereux.

Les profils à risque ne se limitent pas aux coureurs. Endurance, travail par forte chaleur, faible masse corporelle, nourrissons (le lait ou le lait infantile suffit en général), MDMA (ecstasy), certains antidépresseurs, maladies rénales, cardiaques ou hépatiques, et polydipsie psychiatrique figurent parmi les situations où l’eau « en plus » peut nuire. La soif, une fois étanchée, est un signal d’arrêt plus sûr qu’un objectif de litres à cocher.

Calculs rénaux, poids et limites des études

Augmenter l’eau n’est pas un remède universel, mais quelques essais montrent des bénéfices ciblés. Dans la revue de Hakam et collègues (2024), un essai chez des personnes après un premier calcul calcique visait un volume d’urine d’au moins 2,0 L par jour et aboutissait à environ 15 événements de moins pour 100 personnes sur cinq ans. La Mayo Clinic et les CDC citent aussi les calculs et, pour les CDC, la constipation parmi les ennuis liés à un manque chronique.

Le poids donne un tableau plus mêlé. Plusieurs essais de la revue de 2024, souvent associés à un régime hypocalorique, trouvaient une perte de poids plus marquée lorsque les participants buvaient de l’eau avant les repas, avec des écarts rapportés de 44 % à 100 % par rapport au témoin. La méta-analyse de Chen, Khil et Keum, parue le 27 mars 2024 dans Nutrients, sur huit essais chez des personnes en surpoids ou obèses, n’a pas montré d’effet global significatif sur le poids (différence moyenne −0,33 kg, intervalle de confiance qui inclut l’absence d’effet). Remplacer des boissons sucrées par de l’eau tendait vers une petite perte (−0,81 kg), là encore sans certitude statistique. Ces résultats ne se confondent pas. L’eau peut aider dans un régime déjà en déficit calorique, elle ne « fait pas maigrir » à elle seule.

D’autres pistes restent minces. Un essai chez des femmes préménopausées sujettes aux cystites, dans la même revue de 2024, liait 1,5 L d’eau supplémentaire à moins de récidives. Des études isolées évoquent migraines, glycémie, tension basse, sans atteindre un niveau de preuve solide, concluent Hakam et Breyer. La Mayo Clinic reprend cette prudence pour les maux de tête, la migraine, le diabète, l’obésité et l’hypotension, des pistes, pas des certitudes.

La NASEM, citée en 2023, jugeait les données insuffisantes pour fonder les apports d’eau sur la prévention des maladies de longue durée. Boire assez reste utile pour le confort, les urines et, probablement, le risque de calculs, sans protéger du diabète ni du déclin cognitif.

Gestes simples pour boire assez au quotidien

Le plus efficace, au quotidien, est d’avoir de l’eau sous la main et de la choisir plus souvent que le soda. Les CDC et la Mayo Clinic se rejoignent sur quelques gestes concrets.

  • Vous emportez une bouteille d’eau et vous la remplissez chaque fois qu’elle se vide, au bureau comme en déplacement.
  • Vous servez de l’eau à chaque repas et vous la préférez aux sodas lorsque vous commandez un plat.
  • Vous buvez un verre d’eau avant, pendant et après un effort qui fait transpirer, sans avaler un litre d’un trait.
  • Vous ajoutez citron, citron vert ou un peu d’eau pétillante si l’eau plate vous ennuie, plutôt que du sirop sucré.
  • Vous augmentez les liquides dès une fièvre, une diarrhée ou une canicule.
  • Vous demandez une solution de réhydratation au pharmacien si l’estomac refuse l’eau.

L’eau du robinet, là où elle est potable, reste la boisson de référence des guides anglophones, bon marché et sans calorie. Si une maladie impose une restriction, le médecin traitant fixe le plafond. Si vous peinez à atteindre un jaune pâle d’urine malgré une carafe à portée, ou si un traitement vous fait uriner beaucoup, une consultation permet d’écarter un diabète, une infection ou un effet médicamenteux, plutôt que de courir après un chiffre magique.

Questions fréquentes

Le café et le thé comptent-ils pour s’hydrater ?

Oui, aux doses habituelles, café et thé contribuent à l’apport de liquide, d’après la Mayo Clinic en 2025. L’effet diurétique de la caféine est en général compensé par l’eau de la tasse. Les CDC retiennent jusqu’à 400 mg de caféine par jour, soit environ 2 à 3 tasses de café, pour la plupart des adultes.

Faut-il boire avant d’avoir soif ?

Chez l’adulte jeune en bonne santé, la soif suffit le plus souvent, comme le rappelle la revue nordique de 2023. Après 65 ans, en canicule, à l’effort, chez le nourrisson ou en cas de fièvre, attendre la soif laisse un déficit s’installer, parce que le signal s’émousse ou arrive tard. Boire aux repas et à intervalles réguliers, sans se forcer au-delà de la satiété, est alors plus prudent.

L’eau gazeuse hydrate-t-elle autant que l’eau plate ?

Oui, l’eau pétillante non sucrée compte comme de l’eau. Les CDC la classent parmi les boissons à peu ou pas de calories, avec le café et le thé nature. Si elle provoque des ballonnements, alternez avec de l’eau plate. Les eaux aromatisées sucrées, elles, se rapprochent des sodas.

Peut-on boire trop d’eau en une journée ?

Oui, surtout en forçant un grand volume en peu de temps. La Cleveland Clinic situe un rythme d’environ un litre par heure comme probablement trop élevé, et décrit des signes après 3 à 4 L en une ou deux heures chez certaines personnes. Nausées, maux de tête, confusion ou urines totalement incolores doivent faire arrêter l’eau et, si l’état s’aggrave, appeler le 15 ou le 112.

Les sodas et les jus remplacent-ils un verre d’eau ?

Ils apportent de l’eau, donc ils hydratent, mais ils ajoutent sucre et calories. Les CDC et le NHS recommandent de les limiter et de préférer l’eau. Le NHS britannique plafonne jus et smoothies à un petit verre de 150 mL par jour, à prendre au repas. Un soda « zéro » hydrate sans sucre, sans pour autant devenir la boisson principale.

Un enfant a-t-il besoin d’autant d’eau qu’un adulte ?

Non, les apports adéquats sont plus bas et montent avec l’âge, de 1,6 à 1,7 L d’eau totale vers 4 à 8 ans jusqu’aux valeurs adultes à l’adolescence, selon l’EFSA et la NASEM. Le NHS désigne l’eau et le lait comme meilleures boissons chez l’enfant, et déconseille sodas et jus sucrés au quotidien. Le pédiatre ajuste en cas de gastro-entérite, de chaleur ou de sport intensif.

Conclusion

Le volume d’eau « juste » n’est pas un chiffre universel, c’est un équilibre entre ce que vous perdez et ce que vous reprenez, aliments compris. L’EFSA en 2010 et les National Academies, lues via les textes de 2023 à 2026, donnent des ordres de grandeur différents, 2,0 à 2,5 L d’eau totale en Europe, 2,7 à 3,7 L aux États-Unis, et s’accordent pour adapter l’apport à la chaleur, à l’effort, à l’âge et à la maladie, plutôt que de coller à huit verres.

Regardez vos urines sur deux ou trois jours ordinaires. Un jaune pâle, une soif discrète et l’absence de maux de tête en fin de journée indiquent que le rythme convient. Si les urines restent foncées, si une canicule ou un entraînement allonge les journées, augmentez l’eau et les aliments juteux, et demandez une solution de réhydratation au pharmacien dès que vomissements ou diarrhée s’en mêlent.

Si vous vivez avec une maladie du cœur, des reins ou du foie, ou si vous prenez un diurétique, posez au médecin traitant la question du volume maximal et du volume minimal, plutôt que d’appliquer un slogan. Confusion, malaise, convulsion ou arrêt des urines ne se gèrent pas à la carafe. Appelez le 15 ou le 112 tout de suite.

Sources

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  2. Water: How much should you drink every day?. Mayo Clinic, 21 janvier 2026.
  3. About Water and Healthier Drinks. Centers for Disease Control and Prevention, 5 mars 2026.
  4. Water in diet. MedlinePlus, 9 juillet 2025.
  5. Dehydration. MedlinePlus, 1er juillet 2025.
  6. Water, drinks and hydration. National Health Service, 17 mai 2023.
  7. Hakam N, Guzman Fuentes JL, Nabavizadeh B et al. : Outcomes in Randomized Clinical Trials Testing Changes in Daily Water Intake: A Systematic Review. JAMA Network Open, 4 novembre 2024.
  8. Iversen PO, Fogelholm M : Fluid and water balance: a scoping review for the Nordic Nutrition Recommendations 2023. Food & Nutrition Research, 13 novembre 2023.
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  10. Water Intoxication: Toxicity, Symptoms & Treatment. Cleveland Clinic, 17 septembre 2024.
  11. Hyponatremia: Causes, Symptoms, Diagnosis & Treatment. Cleveland Clinic, 27 novembre 2024.
  12. Chen QY, Khil J, Keum N : Water Intake and Adiposity Outcomes among Overweight and Obese Individuals: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Nutrients, 27 mars 2024.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.