20 minutes d’exercice intense : effets sur la mémoire

20 minutes d'exercice intense : effets sur la mémoire

Vingt minutes d’exercice intense peuvent améliorer un type précis de mémoire, celle qui distingue des souvenirs trop semblables, surtout si l’effort se répète pendant plusieurs semaines. Ce n’est pas une garantie de « super-mémoire » ni un traitement de la démence.

L’image d’une unique séance héroïque qui répare le cerveau ne tient pas. Sur 133 revues et 258 279 participants, Singh et ses collègues (2025) mesurent un bénéfice mémoire modeste (différence moyenne standardisée 0,26) et des effets souvent plus nets à intensité faible ou modérée qu’au sprint maximal.

Les volumes de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) 2020 parlent de 75 à 150 minutes d’aérobie vigoureuse par semaine. Chez 95 jeunes adultes, six semaines d’entraînement ont fait progresser la mémoire d’interférence, pas la reconnaissance globale. La Mayo Clinic, page revue le 21 janvier 2026, demande un avis médical si les oublis gênent le quotidien ou s’aggravent.

L’exercice intense de 20 minutes améliore-t-il vraiment la mémoire ?

Chez des jeunes adultes en bonne santé, un programme de quelques semaines d’effort intense a amélioré la mémoire d’interférence, pas toutes les formes de souvenir. Heisz et ses collègues, dans le Journal of Cognitive Neuroscience de novembre 2017, ont suivi 95 personnes réparties entre entraînement physique, entraînement physique plus exercices cognitifs, ou aucune intervention.

Au bout de six semaines, les deux groupes actifs ont mieux réussi une tâche où il fallait reconnaître des visages très proches. Le groupe témoin n’a pas progressé. La reconnaissance générale, plus simple, n’a pas bougé. L’effet porte donc sur la capacité à séparer des traces trop similaires, une fonction souvent liée à l’hippocampe, plutôt que sur un score mémoire unique.

Le détail du fractionné de 20 minutes n’apparaît pas dans le résumé de 2017. La même équipe a toutefois publié l’année précédente, dans PLOS ONE, un protocole utilisé chez des jeunes sédentaires : dix intervalles d’une minute autour de 90 à 95 % de la fréquence cardiaque de pic, une minute de récupération, plus un échauffement de trois minutes et un retour au calme de deux minutes, trois séances par semaine pendant six semaines. C’est ce format, pas une séance quotidienne, qui sert de référence concrète pour « 20 minutes ».

Tous les participants n’ont pas réagi de la même façon. Ceux dont la condition physique a le plus augmenté, dits forts répondeurs, ont aussi montré les plus fortes hausses de BDNF (facteur neurotrophique dérivé du cerveau) et d’IGF-1 (facteur de croissance insulinomimétique de type 1) dans le sang. Chez eux, ajouter un entraînement cognitif a encore amélioré la tâche d’interférence. Présenter le BDNF comme un résultat automatique de chaque séance serait donc trop large.

Cerveau en activité pendant l'exercice physique

Comment reconnaître une intensité vigoureuse

Une intensité vigoureuse se reconnaît sans cardiofréquencemètre : vous ne pouvez plus dire que quelques mots sans reprendre votre souffle. Les CDC américains, page du 6 décembre 2023, opposent ce test à l’effort modéré, où l’on parle encore mais l’on ne chante plus. La course, la nage en longueur, le vélo rapide ou en côte et le basketball figurent parmi leurs exemples vigoureux.

Pour les adultes, les lignes directrices 2020 de l’OMS, résumées par Bull et ses collègues, fixent 150 à 300 minutes d’aérobie d’intensité modérée, ou 75 à 150 minutes d’intensité vigoureuse, ou un mélange des deux, plus un renforcement musculaire au moins deux jours par semaine. Ces volumes remplacent les recommandations OMS de 2010, qui exigeaient des blocs d’au moins dix minutes : désormais, toute durée compte. Le médecin ou le pharmacien en France applique le cadre local ; les chiffres ci-dessous viennent des textes internationaux.

Les mêmes fourchettes figurent dans les Physical Activity Guidelines for Americans présentées par les CDC le 20 décembre 2023, avec la règle 1 minute vigoureuse ≈ 2 minutes modérées. Trois séances de 20 minutes vraiment vigoureuses font 60 minutes, encore sous le plancher de 75 minutes, mais déjà utiles : les deux institutions répètent qu’un peu d’activité vaut mieux que rien.

Intensité Test de la parole (CDC) Volume hebdomadaire (OMS 2020) Exemples
Modérée Vous parlez, vous ne chantez pas 150 à 300 minutes Marche rapide, vélo sur le plat
Vigoureuse Quelques mots seulement 75 à 150 minutes Course, HIIT, nage soutenue
Mixte Selon l’effort du moment 1 min vigoureuse ≈ 2 min modérée Alternance marche et fractionné

Le HIIT (entraînement par intervalles à haute intensité) n’est qu’une façon d’atteindre cette zone. Marcher très vite en côte peut suffire. L’intensité se juge à votre capacité du jour, pas à un chiffre magique identique pour tout le monde.

Une seule séance ou plusieurs semaines ?

Une séance isolée peut aiguiser surtout les fonctions exécutives ; le gain de mémoire le plus solide apparaît après des semaines de pratique. La méta-analyse de Liu et ses collègues, publiée le 30 décembre 2024 dans Scientific Reports, regroupe 20 essais randomisés et 981 participants. Le HIIT améliore le traitement de l’information (SMD 0,33), les fonctions exécutives (SMD 0,38) et la mémoire (SMD 0,21).

Les sous-groupes précisent le calendrier. Un HIIT aigu, c’est-à-dire une séance, a surtout fait progresser les fonctions exécutives. Un programme de huit semaines ou moins a amélioré fonctions exécutives et mémoire. Au-delà de huit semaines, les trois domaines (traitement, exécutif, mémoire) ont bougé. La mémoire, dans cette synthèse, ressortait surtout entre 30 et 60 ans.

Chez douze jeunes hommes, Li et ses collègues ont comparé une séance de 20 minutes et une de 30 minutes de HIIT sur vélo (intervalles d’une minute à 85 % de la VO2 de pic). Seule la séance de 20 minutes a élevé le BDNF sérique tout de suite après l’effort et a amélioré l’empan de chiffres et le temps de réponse au Stroop. Le BDNF était revenu au niveau de départ trente minutes plus tard. L’échantillon est trop petit pour en faire une règle de prescription ; il montre seulement qu’allonger la séance n’augmente pas forcément le signal biologique.

La synthèse de Singh de 2025 va dans le même sens temporel : les programmes de un à trois mois ont les plus grands effets sur la cognition générale et la mémoire. Six semaines, comme dans l’essai de Heisz, tombent dans cette fenêtre. Attendre un an avant de juger n’est donc pas nécessaire, mais une unique sortie de 20 minutes ne remplace pas un rythme hebdomadaire.

BDNF, hippocampe et mémoire d’interférence

Le BDNF est une protéine qui soutient la survie et la plasticité des neurones ; son taux sanguin peut monter après un effort intense, sans prouver à lui seul que la mémoire s’améliore. Dans l’essai de 2017, seuls les forts répondeurs à l’entraînement voyaient BDNF et IGF-1 augmenter clairement. Chez les seniors de Kovacevic, la mémoire d’interférence a progressé après le HIIT alors que le BDNF sanguin ne différait pas entre les groupes.

La mémoire d’interférence sert à garder distincts deux souvenirs proches : les clés d’hier et celles d’aujourd’hui, deux visages de la même famille, deux voitures du même modèle. Elle dépend beaucoup du gyrus denté de l’hippocampe, une région sensible au vieillissement. C’est pourquoi les protocoles de McMaster ont choisi une tâche de visages très similaires plutôt qu’une liste de mots quelconque.

Le mécanisme souvent proposé, rappelé par Liu et ses collègues, est que l’effort accélérerait la synthèse de BDNF et activerait des voies de plasticité dans l’hippocampe. Les données humaines restent indirectes. Le BDNF mesuré dans le sang n’est pas le BDNF du tissu cérébral. Li a vu le pic disparaître en une demi-heure. Kovacevic n’a pas trouvé de lien entre la variation de BDNF et celle de la mémoire (coefficient proche de zéro). Le lactate, le cortisol, le débit sanguin cérébral et le sommeil jouent aussi.

Quelques points tiennent debout sans surinterpréter le dosage :

  • La mémoire d’interférence a bougé là où la reconnaissance globale restait plate, ce qui oriente vers l’hippocampe plutôt que vers un effet placebo diffus.
  • Les plus gros gains de forme allaient, chez les jeunes, avec plus de BDNF et une meilleure tâche d’interférence.
  • Chez les plus de 60 ans, le gain de VO2 de pic corrélait avec le gain de mémoire (rs = 0,27), pas avec le BDNF.
  • Un BDNF plus haut juste après 20 minutes de HIIT, chez douze hommes, ne préjuge ni de la consolidation à 24 heures ni d’un bénéfice à six semaines.

Le message utile est donc mécanique et limité : l’effort intense est un stimulus biologique, pas un médicament dont on titrerait la dose en nanogrammes de BDNF.

Chez les personnes âgées, le même effet ?

Le HIIT peut améliorer la mémoire d’interférence après 60 ans, mais l’essai qui le montre n’utilisait pas des séances de 20 minutes. Kovacevic, Fenesi, Paolucci et Heisz ont publié en 2020, dans Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism, un programme de douze semaines chez des adultes sédentaires de plus de 60 ans, sans trouble cognitif diagnostiqué, à raison de trois séances supervisées par semaine.

Le groupe HIIT marchait sur tapis : échauffement, puis quatre intervalles de quatre minutes à 90–95 % de la fréquence cardiaque de pic, séparés par trois minutes de récupération, pour environ 43 minutes au total. Le groupe continu marchait 47 minutes à 70–75 % de la fréquence de pic. Le contrôle faisait des étirements. Après ajustement sur l’âge (moyenne du modèle : 72 ans) et le score de départ, le HIIT dépassait le continu (d de Cohen 1,2) et les étirements (d 1,1) sur la mémoire d’interférence. Continu et étirements ne différaient pas.

La forme physique a augmenté dans les deux groupes aérobies. Plus la VO2 de pic prédite montait, plus la mémoire progressait (rs = 0,27). Les fonctions exécutives (Go/No-go, Flanker) montraient des tendances moins nettes, cohérentes avec l’idée d’une courbe en U inversé : un stress trop fort peut moins aider le cortex préfrontal qu’un effort moyen.

L’enthousiasme pour le fractionné après 60 ans doit être lu avec la synthèse de Singh (2025). Les gains de mémoire et de fonctions exécutives liés à l’exercice y sont plus marqués chez les enfants et les adolescents que chez les adultes et les personnes âgées. L’exercice, même léger, reste associé à un bénéfice. Vendre le HIIT de 20 minutes comme la seule option après 60 ans irait contre cette synthèse et contre le protocole réellement testé chez les seniors de McMaster.

Les personnes peu actives ont souvent besoin d’une montée progressive. L’équipe de Heisz, déjà en 2016, ajustait la charge pour rester dans la zone de fréquence cardiaque cible. Commencer trop haut fatigue, décourage, et peut faire monter le cortisol au point de contrarier le signal neurotrophique. Le médecin traitant, en France, décidera s’il faut une épreuve d’effort ou un autre avis avant un fractionné à 90 % de la fréquence maximale.

Trouble cognitif léger et démence

L’exercice régulier fait partie de la prise en charge du trouble cognitif léger (TCL) dans d’anciennes recommandations américaines ; une fois la démence installée, le bénéfice cognitif n’est pas démontré de façon claire. L’American Academy of Neurology, dans sa mise à jour du 16 janvier 2018 (Petersen et al.), recommandait un exercice régulier deux fois par semaine (niveau B) sur la base d’essais de six mois. Cette ligne directrice est aujourd’hui retirée et ne doit plus être lue comme un texte en vigueur. La Mayo Clinic, en 2026, continue de conseiller 150 minutes d’aérobie modérée ou 75 minutes vigoureuses par semaine pour « garder la mémoire plus vive », tout en écrivant qu’il n’existe aucune garantie contre la perte de mémoire ou la démence.

Dix-sept essais et 1 067 personnes vivant avec une démence ont été analysés dans la revue Cochrane de Forbes et ses collègues, mise à jour le 15 avril 2015. Pour la cognition, la différence standardisée était de 0,43 (intervalle de confiance de −0,05 à 0,92), donc non concluante, avec une hétérogénéité très élevée et une qualité de preuves jugée très basse. Un bénéfice possible apparaissait sur les activités de la vie quotidienne (SMD 0,68), là encore avec beaucoup d’hétérogénéité. L’exercice n’a pas montré d’effet net sur les symptômes psycho-comportementaux ni sur la dépression.

Ces chiffres interdisent deux slogans. Le premier, « 20 minutes de HIIT soignent Alzheimer », n’a aucun appui. Le second, « l’exercice ne sert à rien une fois le diagnostic posé », ignore le possible maintien des gestes quotidiens et les effets cardiovasculaires. Le programme se discute avec le médecin, le kinésithérapeute ou l’équipe de la consultation mémoire. L’intensité, la supervision et le risque de chute pèsent autant que l’espoir cognitif.

Si les oublis gênent les courses, les rendez-vous ou la gestion des médicaments, si un proche s’inquiète, ou si la courbe s’aggrave, la Mayo Clinic demande un rendez-vous. L’examen cherche aussi des causes traitables : médicaments, sommeil, dépression, audition. Ce n’est pas le rôle d’un protocole HIIT de faire ce tri.

Faut-il ajouter un entraînement de mémoire

Combiner sport et exercices cognitifs n’a dépassé l’exercice seul que chez les personnes dont la forme et les facteurs neurotrophiques avaient clairement augmenté. Dans l’essai de 2017, le groupe mixte et le groupe exercice seul ont progressé de façon comparable sur la tâche d’interférence, à l’échelle de tout l’échantillon. L’avantage du duo n’apparaissait que chez les forts répondeurs.

Le texte de 2018 de l’Académie américaine de neurologie, aujourd’hui retiré, n’accordait à l’entraînement cognitif qu’un niveau C, plus faible que celui de l’exercice. Lecture, jeux, instrument ou bénévolat restent des habitudes utiles selon la Mayo Clinic, au même titre que le lien social et le sommeil de 7 à 9 heures, sans remplacer l’activité physique.

La hiérarchie suivante se discute avec le soignant, sans ordre figé pour tout le monde.

  • Tenir d’abord un volume d’aérobie dans les fourchettes OMS ou CDC, même à intensité modérée.
  • Ajouter deux jours de renforcement des grands groupes musculaires, comme le demandent ces mêmes textes.
  • Garder un sommeil suffisant, car la Mayo Clinic lie manque de sommeil et troubles de mémoire.
  • Si la forme progresse et que l’envie est là, un travail de mémoire ciblé peut s’ajouter, sans promesse de synergie chez tout le monde.

Les applications d’entraînement cérébral n’ont pas, dans ces sources, le statut d’un traitement. Elles ne remplacent ni la marche rapide quotidienne ni le rendez-vous médical quand la mémoire change.

Exercice intense, quand demander un avis médical

Un effort vigoureux se prépare si vous êtes sédentaire ou si une maladie chronique est déjà connue ; certains signes pendant l’effort relèvent de l’urgence. Les CDC conseillent de parler à un médecin avant de monter en intensité en cas d’antécédent de maladie chronique. L’OMS 2020 vise aussi les personnes vivant avec une affection de longue durée, tout en répétant que le volume se construit progressivement.

La douleur thoracique, un essoufflement hors de proportion, un malaise, des palpitations nouvelles ou une faiblesse brutale d’un côté du corps ne se « gèrent » pas en finissant la série d’intervalles. En France, le 15 (SAMU) ou le 112 prennent ces tableaux. Ce n’est pas propre au HIIT : c’est le même seuil que pour tout effort violent inhabituel.

Situation Conduite raisonnable
Sédentarité et projet de HIIT à 90 % de la fréquence maximale Demandez d’abord l’avis du médecin traitant
Cœur, diabète ou maladie rénale déjà connus Ne commencez pas le vigoureux sans feu vert médical
Douleur de poitrine, malaise ou essoufflement brutal à l’effort Arrêtez et appelez le 15 ou le 112
Oublis qui gênent le quotidien ou qui s’aggravent Prenez rendez-vous, hors urgence, avec le médecin
Proche inquiet pour votre mémoire Le signal du proche suffit à justifier une consultation

Médicaments qui brouillent la mémoire, pression artérielle, diabète, dépression, surdité ou obésité figurent aussi sur la liste de la Mayo Clinic (2026). Intensifier le sport sans revoir ces points, c’est rater la cause parfois la plus simple d’un oubli.

Les personnes déjà actives, sans symptôme et sans maladie concernée, peuvent selon les textes américains progresser vers le vigoureux. « Commencer bas et monter lentement » reste la formule des CDC. Trois semaines de marche soutenue avant le premier intervalle de 60 secondes valent mieux qu’un premier jour à 95 % de la fréquence de pic.

Comment placer 20 minutes dans une semaine

Trois séances de 20 minutes vraiment vigoureuses approchent le plancher OMS de 75 minutes ; quatre à cinq les atteignent. Le format McMaster de 2016 (dix fois une minute dur, une minute facile, trois jours par semaine) est un canevas, pas une ordonnance. Il se fait souvent sur vélo, ce qui limite les chocs articulaires. La course en côte, la corde à sauter ou la nage fractionnée peuvent jouer le même rôle si le test de la parole reste dans la zone vigoureuse.

Répartir les séances (lundi, mercredi, vendredi, par exemple) laisse un jour de récupération. Les CDC rappellent qu’on n’est pas obligé de tout faire d’un seul bloc. Un échauffement de quelques minutes et un retour au calme, comme dans le protocole Heisz 2016, réduisent la brutalité du premier et du dernier intervalle.

Si 20 minutes à haute intensité restent hors de portée, la synthèse de Singh de 2025 est rassurante : l’intensité faible ou modérée a souvent donné de plus grands effets cognitifs dans les revues poolées. La Mayo Clinic accepte des marches plus courtes réparties dans la journée. Vingt minutes de marche rapide, cinq jours par semaine, font déjà 100 minutes, encore sous 150, mais dans le bon sens.

Le renforcement deux fois par semaine (squats au poids du corps, bandes, charges) complète l’aérobie. Ce n’est pas un détail cosmétique : OMS et CDC le mettent au même niveau que le volume d’endurance. Pour la mémoire, il n’existe pas, dans ces sources, de preuve que les pompes battent le fractionné. Elles aident à tenir debout, à porter, à moins chuter, ce qui compte après 60 ans autant qu’un dixième de point sur une tâche de visages.

Le pharmacien ou le médecin adaptera le plan si vous prenez un bêtabloquant (la fréquence cardiaque ment), un anticoagulant, ou si une articulation limite le choix du sport. L’objectif n’est pas de recopier l’essai de laboratoire. C’est d’accumuler, chaque semaine, un volume d’effort que vous pouvez répéter sans vous blesser.

Questions fréquentes

20 minutes d’exercice intense suffisent-elles pour la mémoire ?

Elles peuvent suffire à faire bouger la mémoire d’interférence si les séances se répètent plusieurs semaines, comme dans l’essai de six semaines chez 95 jeunes adultes. Une seule séance de 20 minutes a surtout des données sur les fonctions exécutives et, dans un petit essai, sur un pic bref de BDNF. Pour coller aux volumes OMS 2020, il faut plutôt 75 à 150 minutes vigoureuses sur la semaine, pas une unique parenthèse.

Le HIIT est-il meilleur qu’une marche rapide pour se souvenir ?

Pas de façon générale. Chez les seniors de Kovacevic, le HIIT a battu la marche continue sur la mémoire d’interférence, avec des séances d’environ 43 minutes. Chez l’ensemble des populations, Singh 2025 trouve des effets cognitifs souvent plus grands à intensité faible ou modérée. La marche rapide reste donc une option solide, surtout si le fractionné est mal toléré.

Peut-on faire du fractionné intense après 60 ans ?

Oui, dans les essais, des adultes sédentaires de plus de 60 ans ont suivi un HIIT supervisé trois fois par semaine pendant douze semaines, après un test d’effort chez leur médecin. Ce n’était pas le format de 20 minutes des jeunes. Un avis médical préalable est prudent, surtout en cas de maladie cardiaque, de diabète ou de longue inactivité.

Faut-il s’entraîner tous les jours à haute intensité ?

Non. Le protocole de 20 minutes publié par la même équipe en 2016 tenait sur trois séances hebdomadaires, pas sur un fractionné quotidien. Les CDC et l’OMS demandent de répartir l’aérobie sur la semaine et d’ajouter du renforcement, pas de viser l’épuisement chaque matin.

L’exercice intense soigne-t-il la maladie d’Alzheimer ?

Aucun des textes cités ne le prétend. La revue Cochrane de 2015 n’a pas trouvé de bénéfice cognitif clair de l’exercice une fois la démence diagnostiquée, avec des preuves de très basse qualité. Un possible maintien des actes de la vie quotidienne ne vaut pas un effet sur la maladie elle-même.

Quand consulter pour des troubles de la mémoire ?

Quand les oublis gênent la vie quotidienne, quand ils s’aggravent, ou quand un proche s’en alarme, selon la Mayo Clinic (2026). Le médecin cherche aussi sommeil, médicaments et maladies associées. Une douleur de poitrine ou un malaise à l’effort relèvent du 15 ou du 112, pas d’un rendez-vous différé.

Conclusion

Vingt minutes d’effort vraiment vigoureux peuvent soutenir la mémoire d’interférence, surtout si elles reviennent plusieurs fois par semaine pendant un à trois mois. L’effet mesuré dans les grandes synthèses reste de taille petite à moyenne. Il ne se limite pas au HIIT et n’efface pas le besoin d’un volume hebdomadaire du type 75 à 150 minutes vigoureuses, ou 150 à 300 minutes modérées, fixé par l’OMS en 2020.

Le BDNF n’est pas un trophée sanguin à chasser. Il monte surtout chez ceux dont la forme progresse, et parfois pas du tout alors que la mémoire, elle, avance. Chez les plus de 60 ans, le protocole publié qui a fait la différence durait près de trois quarts d’heure, pas vingt minutes. Chez les personnes vivant avec une démence, la Cochrane de 2015 n’autorise aucune promesse cognitive.

Si vous voulez un geste concret, notez cette semaine le nombre de minutes où vous ne pouvez plus parler que par bribes, puis comparez-le à 75. Si vous partez de zéro, commencez par la marche qui coupe le chant, et demandez au médecin traitant si un fractionné à 90 % de votre fréquence maximale a sa place, surtout après 60 ans ou en cas de maladie chronique. Si la mémoire elle-même change, ce rendez-vous précède le chronomètre.

Sources

  1. Heisz JJ, Clark IB, Bonin K et al. : The Effects of Physical Exercise and Cognitive Training on Memory and Neurotrophic Factors. Journal of Cognitive Neuroscience, 12 juillet 2017.
  2. Heisz JJ, Tejada MGM, Paolucci EM et al. : Enjoyment for High-Intensity Interval Exercise Increases during the First Six Weeks of Training: Implications for Promoting Exercise Adherence in Sedentary Adults. PLOS ONE, 14 décembre 2016.
  3. Kovacevic A, Fenesi B, Paolucci E et al. : The effects of aerobic exercise intensity on memory in older adults. Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism, 30 octobre 2019.
  4. Singh B, Bennett H, Miatke A et al. : Effectiveness of exercise for improving cognition, memory and executive function: a systematic umbrella review and meta-meta-analysis. British Journal of Sports Medicine, 6 mars 2025.
  5. Liu K, Zhao W, Li C et al. : The effects of high-intensity interval training on cognitive performance: a systematic review and meta-analysis. Scientific Reports, 30 décembre 2024.
  6. Bull FC, Al-Ansari SS, Biddle S et al. : World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour. British Journal of Sports Medicine, 25 novembre 2020.
  7. Adult Activity: An Overview. Centers for Disease Control and Prevention, 20 décembre 2023.
  8. What Counts as Physical Activity for Adults. Centers for Disease Control and Prevention, 6 décembre 2023.
  9. Memory loss: 7 tips to improve your memory. Mayo Clinic, 21 janvier 2026.
  10. Forbes D, Forbes SC, Blake CM et al. : Exercise programs for people with dementia. Cochrane Database of Systematic Reviews, 15 avril 2015.
  11. Petersen RC, Lopez O, Armstrong MJ et al. : Practice guideline update summary: Mild cognitive impairment. Neurology, 16 janvier 2018.
  12. Li Q, Zhang L, Zhang Z et al. : A Shorter-Bout of HIIT Is More Effective to Promote Serum BDNF and VEGF-A Levels and Improve Cognitive Function in Healthy Young Men. Frontiers in Physiology, 29 juin 2022.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.