
Un antimoustique efficace pour la peau contient du DEET, de l’icaridine, de l’IR3535 ou du citriodiol (PMD), à une concentration qui protège plusieurs heures. La citronnelle, les huiles essentielles non évaluées, les bracelets imprégnés et les appareils à ultrasons ne remplacent pas ces répulsifs.
Au 7 octobre 2026, les pays de l’Union européenne avaient déclaré 1 715 infections humaines autochtones par le virus du Nil occidental, le plus haut total jamais enregistré. La France figure parmi les pays qui ont atteint leur record annuel, d’après le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Choisir un répulsif n’est plus seulement une affaire de démangeaisons de terrasse.
Le Yellow Book 2026 des CDC indique que l’effet du DEET plafonne vers 50 % et qu’en dessous de 10 % de principe actif, la protection dure souvent 1 à 2 heures. Les mêmes CDC déconseillent l’OLE et le PMD avant l’âge de 3 ans. Une méta-analyse de laboratoire a mesuré, pour la citronnelle contre les moustiques Aedes, une protection plus courte de 253 minutes que celle du DEET.
Quels principes actifs tiennent vraiment plusieurs heures ?
Les répulsifs cutanés dont l’efficacité a été évaluée reposent sur une courte liste de molécules, pas sur le marketing du flacon. Les CDC retiennent le DEET, l’icaridine (picaridin aux États-Unis, KBR 3023), l’IR3535, l’huile d’eucalyptus citronné (OLE), le para-menthane-diol (PMD, citriodiol) et le 2-undécanone. Utilisés selon l’étiquette, ces produits enregistrés par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) sont considérés comme efficaces contre les piqûres, y compris pendant la grossesse et l’allaitement.
La durée ne se lit pas sur le nom commercial. Le Yellow Book 2026 souligne qu’elle varie selon l’espèce de moustique, la chaleur, la transpiration, le contact avec l’eau et le frottement des vêtements. Une concentration plus élevée allonge en général le temps de protection, quel que soit le principe actif. Une formule à libération prolongée peut durer plus longtemps qu’une lotion classique à même dosage.
Les produits non enregistrés, y compris une partie des « naturels », n’ont pas d’efficacité démontrée contre les moustiques vecteurs de maladies, écrivent les CDC. Au Royaume-Uni, le groupe d’experts sur le paludisme (UKMEAG, recommandations 2026) ne retient que quatre actifs pour les voyageurs, le DEET, l’icaridine, le citriodiol et l’IR3535. Tout le reste, mélanges d’huiles volatiles compris, est jugé trop bref ou trop mal documenté pour s’y fier.
Le 2-undécanone figure sur la liste américaine, mais il est moins souvent proposé en pharmacie européenne. En France, le pharmacien s’appuie sur l’autorisation de mise sur le marché du produit et sur l’étiquette, qui précisent l’âge, le nombre d’applications et la durée revendiquée. Ces mentions locales peuvent différer des fourchettes américaines ou britanniques.
| Principe actif | Durée, ordre de grandeur | Usage | Limite souvent citée |
|---|---|---|---|
| DEET | Plafond utile vers 50 % ; sous 10 %, souvent 1 à 2 h (CDC, 2026) | Peau exposée ; abîme certains plastiques | Mayo et UKMEAG, pas avant 2 mois |
| Icaridine | À 20 %, durée comparable au DEET 20 % (UKMEAG, 2026) | Peau ; n’attaque pas les plastiques | Mayo, pas avant 6 mois |
| IR3535 | Souvent plus court que le DEET à même concentration (UKMEAG) | Peau | CDC et EPA, pas de plancher d’âge propre |
| Citriodiol (OLE ou PMD) | Longue durée si formulé ; à réappliquer plus tôt que le DEET (UKMEAG) | Peau ; pas l’huile essentielle « pure » | CDC, en général pas avant 3 ans |
| Citronnelle | 253 min de moins que le DEET contre Aedes (Kongkaew, 2011) | Peau, effet bref | UKMEAG, non recommandé |

Quelle concentration de DEET choisir
Le pourcentage inscrit sur le flacon mesure surtout la durée, pas une « force » qui ferait fuir davantage de moustiques à la minute. D’après le Yellow Book 2026 des CDC, l’efficacité du DEET tend à plafonner vers 50 %. Au-delà, le temps de protection n’augmente plus de façon nette. Les formules à moins de 10 % de principe actif ne tiennent souvent que 1 à 2 heures, trop peu pour une soirée entière ou une randonnée.
Pour un séjour en zone de paludisme, l’UKMEAG (2026) place un répulsif à 50 % de DEET en premier choix, s’il est disponible et toléré. Le groupe britannique rappelle qu’il n’y a pas de gain de durée au-delà de cette concentration. Cette cible concerne le voyage vers des régions où Anopheles transmet Plasmodium, pas automatiquement une soirée dans un jardin de métropole. Le pharmacien pourra proposer un dosage adapté au lieu, à la durée d’exposition et à l’âge.
Le DEET est utilisé depuis plus de cinquante ans. L’UKMEAG estime qu’environ 200 millions de personnes y recourent chaque année dans le monde, avec un risque d’effets indésirables faible lorsque l’étiquette est respectée. La texture peut être grasse. Le produit peut détériorer les montres en plastique, les branches de lunettes et les fibres synthétiques. Il faut l’éloigner de ces surfaces.
La Mayo Clinic (2024) note que le DEET peut offrir une protection plus longue que d’autres actifs, et qu’une nouvelle application est parfois nécessaire au bout de 6 à 8 heures si les moustiques restent présents. Réappliquer dès que les insectes se posent à nouveau, sans dépasser la fréquence maximale du flacon, est aussi le conseil du Yellow Book.
Icaridine, IR3535 et citriodiol, pour qui
L’icaridine (picaridin aux États-Unis) est une alternative de premier plan lorsque le DEET est mal toléré ou qu’on veut éviter l’effet sur les plastiques. L’UKMEAG (2026) indique qu’à 20 %, sa durée de protection est comparable à celle du DEET à 20 %, et conseille cette concentration si le voyageur la choisit. Les effets indésirables sont peu fréquents et surtout cutanés. Certaines études, à des dosages plus bas, ont rapporté moins d’irritations qu’avec le DEET.
L’IR3535 reste un répulsif sûr et efficace, en usage depuis plus de vingt-cinq ans selon le même groupe britannique. À concentration égale, plusieurs travaux lui ont trouvé une durée plus courte que le DEET, d’où des réapplications plus fréquentes. L’exposition accidentelle à l’œil peut irriter. Le geste habituel (pulvériser dans les mains, puis étaler en évitant les yeux et la bouche) limite ce risque.
Le citriodiol, ou PMD, est la version extraite ou synthétisée de cet eucalyptus à odeur de citron. Les CDC le classent parmi les répulsifs de longue durée, à condition d’acheter une formule enregistrée, pas une huile essentielle « pure » vendue pour l’aromathérapie. Cette huile brute n’a pas passé les tests de sécurité et d’efficacité de l’EPA. L’UKMEAG en fait le seul actif d’origine végétale qu’il recommande, tout en prévenant qu’il demande souvent une réapplication plus précoce que le DEET. Un contact oculaire peut endommager la cornée.
Ces trois molécules ne se valent pas pour tous les usages. Contre les tiques, les CDC retiennent aussi DEET, icaridine, IR3535, OLE, PMD et 2-undécanone. Pour une randonnée en herbes hautes, un répulsif cutané ne suffit pas à lui seul. Vêtements longs et perméthrine sur le tissu complètent le geste, comme le détaillent les sections suivantes.
Citronnelle, bracelets et ultrasons, que valent-ils ?
La citronnelle repousse les moustiques, mais beaucoup moins longtemps que le DEET. La revue systématique de Kongkaew et coll. (2011), onze essais de laboratoire, a trouvé une protection contre les Aedes plus courte de 253 minutes (intervalle de confiance à 95 %, 169 à 336) par rapport au DEET. L’ajout de vanilline peut allonger un peu l’effet. L’UKMEAG (2026) juge ces huiles trop brèves pour s’y fier et précise que la citronnelle a été retirée du marché européen.
Les CDC écrivent noir sur blanc que l’efficacité des répulsifs non enregistrés, y compris certains produits dits naturels, n’est pas connue. Pour se protéger des agents pathogènes transmis par les moustiques, ils recommandent un répulsif enregistré. Un parfum d’agrumes sur la peau n’est pas un critère d’efficacité. La durée inscrite sur l’emballage d’un produit évalué l’est davantage.
Bracelets imprégnés, ingestion de vitamine B ou d’ail, et appareils qui émettent un son n’ont pas d’effet démontré, selon le Yellow Book 2026. L’UKMEAG va plus loin pour les « buzzers » électroniques, jugés complètement inefficaces, ainsi que pour les applications pour téléphone censées éloigner les moustiques. Les remèdes homéopathiques et les « recettes » à base de plantes n’ont pas été testés pour prévenir le paludisme.
Les répulsifs d’ambiance (spirales, plaquettes chauffantes, aérosols de pièce) peuvent réduire le nombre de moustiques dans un volume limité. Le Yellow Book souligne qu’ils n’ont pas encore été assez évalués, dans des études relues par des pairs, pour prévenir les maladies vectorielles. Ils viennent en complément d’un produit sur la peau ou les vêtements, et d’une moustiquaire là où le risque existe. Les spirales se brûlent à l’extérieur, pas dans une chambre fermée, d’après l’UKMEAG.
Comment appliquer un répulsif avec la crème solaire
Une couche mince sur la peau découverte suffit. Les CDC, l’EPA et le Yellow Book demandent de n’appliquer le produit que sur les zones exposées, jamais sous les vêtements, jamais sur une plaie, un coup de soleil ou une peau irritée. Pulvériser d’abord dans les mains, puis étaler sur le visage, loin des yeux et de la bouche. Se laver les mains ensuite évite d’en porter aux muqueuses. Au retour à l’intérieur, un lavage à l’eau et au savon retire le film.
La crème solaire se met en premier, le répulsif ensuite. Les CDC le formulent ainsi, sans délai chiffré. La Mayo Clinic (2024) propose d’attendre environ 20 minutes. L’encyclopédie MedlinePlus (2025) parle de 30 minutes. Les deux textes américains s’accordent sur l’ordre et sur l’intérêt de deux produits séparés. Un spray combiné oblige souvent à réappliquer la protection solaire plus souvent que le répulsif, donc à trop exposer la peau au DEET ou à l’icaridine.
Le DEET peut réduire le facteur de protection solaire d’environ un tiers lorsque le répulsif est passé par-dessus, d’après le Yellow Book 2026. L’UKMEAG conseille alors une crème d’indice 30 à 50 pour compenser, et de remettre du répulsif par-dessus si l’on renouvelle seulement la crème. La nuit, la crème solaire n’est plus nécessaire. Le répulsif, lui, reste utile tant que les moustiques piquent.
Quelques gestes concrets, repris des CDC, de l’EPA et du Yellow Book, évitent les erreurs les plus fréquentes.
- Lisez la durée et le nombre maximal d’applications du flacon avant la première utilisation, puis respectez-les.
- Étalez une couche continue sur les zones nues, sans saturations inutiles ni produit sous les manches.
- Pulvérisez à l’air libre, loin des aliments, et jamais en spray direct vers les yeux ou la bouche.
- Lavez la peau traitée au savon une fois rentrés, surtout si le répulsif est utilisé tous les jours.
- Changez de molécule et consultez si une éruption, un gonflement ou une démangeaison intense apparaissent après l’application.
Vêtements, perméthrine et moustiquaire
Le tissu fait barrage si les manches et les jambes sont longues, amples, et si chaussettes et chapeau ferment les accès. Les moustiques peuvent piquer à travers un tissu fin. Les CDC recommandent donc des vêtements amples à manches longues, et un traitement à la perméthrine sur le linge et le matériel (chapeaux, tentes, chaussures), jamais sur la peau. La perméthrine est un insecticide et un répulsif de contact. Elle tue ou éloigne l’insecte qui se pose sur le tissu.
Le Yellow Book 2026 décrit un traitement à 0,5 % sur les vêtements, à faire 24 à 48 heures avant le départ pour laisser sécher. Les articles préimprégnés conservent une activité après de nombreux lavages, selon l’étiquette. La Mayo Clinic (2024) indique qu’un vêtement pulvérisé par l’utilisateur peut rester protecteur pendant deux lavages et jusqu’à deux semaines. La lumière du soleil et le lavage répété d’une moustiquaire imprégnée dégradent la molécule. Il ne faut ni la laver à contre-emploi ni la faire sécher au soleil.
Une moustiquaire de lit, de préférence imprégnée d’un pyréthrinoïde à longue durée d’action, reste le geste de nuit en zone de paludisme. L’UKMEAG rappelle que tous les voyageurs vers ces régions devraient dormir sous moustiquaire, sauf si la chambre a des ouvertures grillagées ou une climatisation qui empêche les insectes d’entrer. L’efficacité protectrice estimée pour les voyageurs tourne autour de 50 %, chiffre du même document britannique, et ne remplace ni le répulsif du soir ni, le cas échéant, le médicament préventif prescrit.
Couleur et densité du tissu ont un rôle secondaire. Une étude de terrain citée par l’UKMEAG a trouvé Anopheles gambiae plus attiré par des cibles noires que par des cibles claires par nuit claire. Le groupe britannique recommande des vêtements clairs. Les CDC insistent surtout sur les vêtements couvrants, amples et traités. Un répulsif cutané reste nécessaire sur le visage, les mains et les chevilles découvertes, même si le pantalon a été traité.

Enfants, grossesse et allaitement
Sur un enfant, un adulte applique toujours le répulsif. Les CDC et l’EPA interdisent de laisser l’enfant manipuler le flacon et de lui en mettre sur les mains, les yeux, la bouche, une plaie ou une peau irritée. On dépose le produit sur les mains de l’adulte, puis on l’étale sur les zones nues de l’enfant. Au retour, on lave peau et vêtements à l’eau savonneuse, ou on lui donne un bain. Pour les tout-petits, vêtements longs et moustiquaire sur landau ou siège restent le premier rempart.
Les textes de référence ne disent pas exactement la même chose sur l’âge minimal, et il faut nommer l’écart. L’EPA, reprise par le Yellow Book 2026, n’ajoute pas de plancher d’âge pour le DEET, l’icaridine, l’IR3535 et le 2-undécanone. La Mayo Clinic (2024) déconseille le DEET avant 2 mois et l’icaridine avant 6 mois. L’UKMEAG (2026) s’aligne sur le seuil de 2 mois pour le DEET et accepte jusqu’à 50 % ensuite, y compris chez l’enfant. L’OLE et le PMD restent, selon la règle retenue par les CDC, hors limite avant 3 ans, sauf étiquette d’un produit OLE à 30 % ou moins qui le permet. En France, l’étiquette du produit autorisé et le pharmacien tranchent.
MedlinePlus (2025) ajoute deux précautions plus restrictives que l’EPA. Pas de répulsif cutané avant 2 mois. Chez l’enfant de 2 mois à 2 ans, pas plus d’une application cutanée par 24 heures. Le texte propose aussi un DEET inférieur à 30 % chez la femme enceinte et le jeune enfant. Ce n’est pas la position de l’UKMEAG, qui autorise le DEET jusqu’à 50 % pendant la grossesse, premier trimestre inclus, lorsque le paludisme est en jeu, en s’appuyant sur un suivi d’enfants exposés in utero à 20 % de DEET.
Les CDC considèrent les répulsifs enregistrés comme utilisables pendant la grossesse et l’allaitement, à condition de suivre l’étiquette. Le paludisme grave chez la mère justifie, pour l’UKMEAG, de ne pas sous-doser le DEET par crainte théorique. Hors zone d’endémie, le médecin traitant ou le pharmacien indiquera le produit et la concentration prévus par l’autorisation française. Ni les huiles essentielles « brutes » ni les bracelets ne sont une solution de repli documentée pour une femme enceinte.
Dengue, chikungunya et virus du Nil occidental en Europe
Seules les femelles piquent. Elles prennent un peu de sang pour fabriquer leurs œufs, et injectent de la salive qui déclenche la bosse prurigineuse, expliquent la Mayo Clinic et MedlinePlus. Cette salive peut aussi transporter un virus ou un parasite. Paludisme, dengue, chikungunya, Zika, fièvre jaune et virus du Nil occidental figurent parmi les maladies concernées. Le risque dépend du lieu, de la saison et de l’espèce.
En Europe, cette arbovirose n’est plus un événement rare. Au 7 octobre 2026, l’ECDC dénombrait 1 715 cas humains autochtones dans l’Union, un record, avec 130 décès. L’Italie restait le pays le plus touché (748 cas). La Grèce et la France ont déclaré leurs totaux humains les plus élevés à ce jour. La circulation s’étend plus au nord, avec des infections humaines autochtones désormais rapportées en Belgique et aux Pays-Bas. L’ECDC rappelle que les personnes âgées et immunodéprimées risquent davantage une forme neurologique, et que le répulsif, les vêtements amples le soir et les moustiquaires de fenêtres réduisent l’exposition.
Les Aedes (dont le moustique tigre, Aedes albopictus) piquent surtout à l’aube et au crépuscule. Ils peuvent transmettre dengue, chikungunya et Zika. Les Culex, vecteurs habituels du Nil occidental, sont plus actifs en soirée. Les Anopheles du paludisme piquent surtout la nuit. Le Yellow Book 2026 en déduit qu’en zone à risque il faut se protéger le jour comme la nuit, parce que les horaires se chevauchent. Une protection seulement « après dîner » laisse passer les Aedes de fin d’après-midi.
Un répulsif cutané réduit les piqûres. Il ne remplace pas, à l’échelle d’une population, les moustiquaires imprégnées et les pulvérisations intradomiciliaires là où le paludisme circule. La revue Cochrane de Gabaldón Figueira et coll. (2023), plus de 60 000 participants, a trouvé que les répulsifs topiques peuvent légèrement diminuer l’incidence et la prévalence à Plasmodium falciparum (rapport de taux 0,74, intervalle 0,56 à 0,98) surtout dans des camps de réfugiés peu équipés. Là où les moustiquaires sont déjà en place, le bénéfice supplémentaire est incertain (preuve de faible certitude). Pour un voyageur, l’UKMEAG continue de placer l’évitement des piqûres en première ligne, avec ou sans médicament préventif.
Avant un départ, les CDC conseillent une consultation de médecine des voyages 4 à 6 semaines à l’avance. Des vaccins existent pour la fièvre jaune, l’encéphalite japonaise et, pour certains voyageurs, le chikungunya. Le paludisme se prévient aussi par un médicament prescrit. Au retour d’une zone de dengue, chikungunya ou Zika, ils demandent encore d’éviter les piqûres pendant 3 semaines, pour ne pas infecter des moustiques locaux.
Piqûre de moustique, quand voir un médecin
La plupart des piqûres restent une bosse qui démange et s’estompe en quelques jours. La Mayo Clinic (2024) décrit aussi des réactions plus amples, douloureuses et inflammatoires, plus fréquentes chez l’enfant, parfois appelées skeeter syndrome en anglais. Gratter peut surinfecter la peau. Une anaphylaxie généralisée reste rare, d’après MedlinePlus, mais c’est une urgence. Dans ce cas, en France, on appelle le 15 (SAMU) ou le 112.
Consultez un médecin si les piqûres s’accompagnent de signes d’une maladie plus grave. La Mayo Clinic cite une fièvre élevée, des céphalées intenses, des courbatures et des signes d’infection locale. Après un voyage, les CDC demandent de consulter sans délai en cas de fièvre, de maux de tête, de douleurs musculaires ou articulaires ou d’éruption, en précisant l’itinéraire. Le Zika, souvent pauvre en symptômes chez l’adulte, peut gravement atteindre le fœtus. Une femme enceinte piquée en zone à risque doit en parler à son médecin.
Le tableau ci-dessous résume des seuils tirés de ces sources, sans en faire une alarme permanente.
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Fièvre élevée, céphalées intenses, courbatures (Mayo, 2024) | Prendre rendez-vous avec un médecin |
| Rougeur chaude, pus, douleur croissante autour d’une piqûre (Mayo) | Faire voir la peau, possible surinfection |
| Fièvre, douleurs articulaires ou éruption au retour de voyage (CDC, 2024) | Consulter vite et décrire le séjour |
| Détresse respiratoire, gonflement du visage, malaise brutal (MedlinePlus) | Appeler le 15 ou le 112 |
| Grossesse et séjour en zone Zika, dengue ou paludisme (CDC) | En parler au médecin, même si les symptômes sont discrets |
| Éruption après le répulsif lui-même (Yellow Book, 2026) | Laver au savon, arrêter le produit, emporter le flacon en consultation |
Autour de la maison, vider chaque semaine les seaux, les soucoupes, les pneus, les gouttières et les bains d’oiseaux coupe le cycle des larves, recommandent les CDC. Réparer les moustiquaires de fenêtres et de portes empêche les moustiques adultes d’entrer. Ces gestes ne dispensent pas d’un répulsif le soir d’un pique-nique, surtout si ce flavivirus circule dans la région.
Questions fréquentes
Le DEET est-il dangereux pour un enfant ?
Utilisé selon l’étiquette, le DEET a un profil de sécurité considéré comme favorable, y compris chez l’enfant, d’après l’EPA et l’UKMEAG (2026). La Mayo Clinic déconseille toutefois toute application avant l’âge de 2 mois, et MedlinePlus limite souvent à une fois par 24 heures entre 2 mois et 2 ans. Un adulte applique le produit, jamais sur les mains de l’enfant, et le rince au retour à la maison.
Peut-on mettre un répulsif pendant la grossesse ?
Les CDC jugent les répulsifs enregistrés utilisables pendant la grossesse et l’allaitement lorsqu’on suit l’étiquette. Pour un voyage en zone de paludisme, l’UKMEAG (2026) recommande le DEET jusqu’à 50 %, y compris au premier trimestre. MedlinePlus (2025) reste plus prudent et évoque un DEET sous 30 % chez la femme enceinte. Le pharmacien indiquera le produit autorisé en France pour votre situation.
Un produit à la citronnelle suffit-il en métropole ?
Non, pas si vous cherchez une protection de plusieurs heures. Kongkaew et coll. (2011) ont mesuré une durée inférieure de plus de quatre heures à celle du DEET contre les Aedes, et l’UKMEAG ne recommande pas la citronnelle. En métropole, dengue, chikungunya et virus du Nil occidental justifient un actif évalué (DEET, icaridine, IR3535 ou citriodiol), à la concentration prévue par l’étiquette.
Faut-il un répulsif différent contre le moustique tigre ?
Les mêmes molécules évaluées agissent contre plusieurs genres, y compris Aedes. Le Yellow Book 2026 rappelle surtout que le tigre pique à l’aube et au crépuscule, donc aussi en journée. Un produit « spécial tigre » n’a d’intérêt que s’il contient l’un des actifs de la liste CDC et une durée adaptée à votre sortie. Relisez l’étiquette plutôt que le dessin de l’emballage.
Peut-on vaporiser le répulsif sur les vêtements ?
Oui, certains répulsifs cutanés peuvent aussi aller sur le tissu, selon l’étiquette, mais le DEET peut abîmer les fibres synthétiques. La perméthrine, elle, est faite pour le linge et le matériel, jamais pour la peau, à 0,5 % dans les protocoles CDC. Un vêtement traité ne dispense pas d’appliquer un répulsif sur les zones encore nues.
Que faire après un voyage en zone de dengue ?
Les CDC demandent d’éviter les piqûres pendant 3 semaines après le retour, même sans symptôme, pour ne pas transmettre le virus à des moustiques locaux. Toute fièvre, éruption ou douleur articulaire doit faire consulter en mentionnant le pays visité. Le délai de 4 à 6 semaines avant le prochain départ reste le bon moment pour une consultation de médecine des voyages.

Conclusion
Le bon antimoustique se reconnaît à trois lignes de l’étiquette. Le nom de l’actif (DEET, icaridine, IR3535 ou citriodiol), sa concentration, et la durée de protection. Tout le reste, citronnelle courte, bracelet, ultrasons, huile essentielle non formulée, n’a pas le même dossier. Le Yellow Book 2026 des CDC et les recommandations britanniques de 2026 s’accordent sur cette liste courte, tout en divergeant sur le dosage de voyage, 50 % de DEET en zone de paludisme pour l’UKMEAG, un plateau vers 50 % et seulement 1 à 2 heures sous 10 % pour les CDC.
L’Europe a changé de décor. Le bilan 2026 de l’ECDC sur le Nil occidental, record de cas autochtones, dont un pic français, rend le répulsif du soir aussi pertinent dans de nombreuses régions de France qu’en zone tropicale, avec en plus les Aedes de fin d’après-midi. Enfant, grossesse, crème solaire et perméthrine sur le linge se règlent avec l’étiquette et, en France, avec le pharmacien, parce que l’autorisation locale peut être plus étroite que la fiche EPA.
Avant d’acheter, lisez sur l’étiquette le principe actif, l’âge minimal et le nombre d’applications par jour. Si une fièvre, des céphalées intenses ou une éruption apparaissent après des piqûres ou un voyage, décrivez l’itinéraire à votre médecin. En cas de détresse respiratoire ou de gonflement du visage, appelez le 15 ou le 112.
Sources
- Preventing Mosquito Bites. Centers for Disease Control and Prevention, 28 août 2024.
- Connelly CR, Gimnig JE : Mosquitoes, Ticks, and Other Arthropods. CDC Yellow Book, 23 avril 2025.
- Preventing Mosquito Bites While Traveling. Centers for Disease Control and Prevention, 21 novembre 2024.
- Mosquito bites – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 15 novembre 2024.
- Bug repellent safety. MedlinePlus, 5 avril 2025.
- Gabaldón Figueira JC, Wagah MG, Adipo LB et al. : What are the benefits and risks of using topical insect repellents to prevent malaria?. Cochrane Database of Systematic Reviews, 21 août 2023.
- Bite prevention. GOV.UK, 31 juillet 2026.
- Kongkaew C, Sakunrag I et al. : Effectiveness of citronella preparations in preventing mosquito bites: systematic review of controlled laboratory experimental studies. Tropical Medicine & International Health, juillet 2011.
- Record-high West Nile virus infections reported amid spread to new parts of Europe. European Centre for Disease Prevention and Control, 15 octobre 2026.
- Using Insect Repellents Safely and Effectively. U.S. Environmental Protection Agency, mis à jour en 2025.
