
Le café noir sans sucre n’apporte pas de glucides, mais la caféine qu’il contient peut, chez certaines personnes déjà diabétiques, modifier l’action de l’insuline et faire monter la glycémie après un repas. Les études de suivi associent une consommation habituelle de café, caféiné ou décaféiné, à un risque plus faible de diabète de type 2. Les deux constats décrivent des délais différents, pas une contradiction.
Dans une synthèse d’essais randomisés, 200 à 500 mg de caféine ont augmenté de 16 à 28 % la réponse glycémique cumulée après une charge de glucides chez des personnes avec un diabète de type 2. Ce n’est pas l’effet que beaucoup de lecteurs attendent d’une boisson souvent présentée comme protectrice.
Environ 200 mg de caféine suffisent parfois à faire bouger la glycémie, selon la Mayo Clinic, alors que la FDA et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) citent 400 mg par jour comme plafond usuel pour un adulte en bonne santé. Une tasse de café filtre de 200 ml apporte environ 90 mg de caféine selon l’EFSA. Dans trois grandes cohortes américaines analysées en 2025, le sucre dans la tasse, à raison d’environ une cuillerée à café, atténue l’association inverse entre café et diabète de type 2.
Café et glycémie, deux effets à ne pas confondre
Le café n’a pas le même effet selon que l’on parle du risque de devenir diabétique ou du glucose après un repas chez une personne déjà diagnostiquée. Sur des années, les buveurs réguliers de café ont, dans les cohortes, moins de diabète de type 2. Dans les heures qui suivent une dose de caféine, la glycémie postprandiale peut au contraire s’élever chez une partie des personnes déjà malades.
La méta-analyse de Ding et collègues, publiée en 2014 dans Diabetes Care, a regroupé 28 études prospectives, 1 109 272 participants et 45 335 cas de diabète de type 2. Par rapport à une consommation nulle ou rare, le risque relatif baissait à 0,92 pour une tasse par jour, 0,85 pour deux tasses, 0,79 pour trois, 0,75 pour quatre, 0,71 pour cinq et 0,67 pour six tasses. Une tasse supplémentaire de café caféiné s’associait à un risque relatif de 0,91, une tasse de décaféiné à 0,94. Ces chiffres décrivent une association, pas une preuve que le café « soigne » ou prévient à coup sûr.
Chez les personnes déjà diabétiques, le tableau aigu est autre. Whitehead et White ont passé en revue neuf essais randomisés (134 participants). Environ 200 à 500 mg de caféine, pris avant une charge de glucose, augmentaient l’aire sous la courbe du glucose de 16 à 28 % et celle de l’insuline de 19 à 48 %, tout en rendant l’hormone 14 à 37 % moins efficace. Dans l’essai croisé de Lane et collègues (2004), la caféine n’a pas changé la glycémie à jeun, mais a fait monter de 21 % la réponse glycémique à un repas mixte et de 48 % la réponse insulinique.
Un essai de 24 semaines, mené chez 126 adultes en surpoids déjà peu sensibles à l’insuline, n’a pas montré d’amélioration de cet indice avec quatre tasses de café soluble par jour par rapport à un placebo. Alperet et collègues ont même vu une petite perte de masse grasse, sans baisse du glucose à jeun. Boire du café pendant des mois n’est donc pas un traitement du diabète. L’association observée dans les populations ne garantit pas une HbA1c plus basse une fois le diagnostic posé.

Combien de caféine contient une tasse
La dose se compte en milligrammes, pas en nombre de tasses, parce que la taille et la préparation varient trop. L’EFSA retient, pour un adulte en bonne santé hors grossesse, jusqu’à 400 mg de caféine par jour répartis dans la journée, et jusqu’à 200 mg en une prise. La FDA américaine cite le même plafond quotidien de 400 mg, soit environ deux à trois tasses de 350 ml de café infusé. Ces plafonds concernent des adultes sans maladie ; ils ne sont pas un objectif à atteindre et ne sont pas spécifiques du diabète.
Une tasse de café filtre de 200 ml contient environ 90 mg de caféine dans les repères de l’EFSA, un espresso de 60 ml environ 80 mg. Les tableaux de la Mayo Clinic, en 2025, donnent 96 mg pour 237 ml de café infusé, 62 mg pour le soluble, 63 mg pour 30 ml d’espresso et 1 mg pour le décaféiné infusé de même volume. Une « tasse » de restaurant, un mug de 300 ml ou un café à emporter dépassent souvent ces portions. Deux espressos serrés plus un grand café filtre peuvent déjà approcher 250 à 300 mg, avant le thé, le chocolat ou un comprimé contre le mal de tête.
| Boisson | Portion | Caféine approximative |
|---|---|---|
| Café filtre (repère EFSA) | 200 ml | 90 mg |
| Espresso (repère EFSA) | 60 ml | 80 mg |
| Café infusé (Mayo Clinic, 2025) | 237 ml | 96 mg |
| Café soluble (Mayo Clinic, 2025) | 237 ml | 62 mg |
| Café décaféiné infusé (Mayo Clinic, 2025) | 237 ml | 1 mg |
| Thé noir (repère EFSA) | 220 ml | 50 mg |
| Boisson énergisante (repère EFSA) | 250 ml | 80 mg |
| Shot « énergie » (Mayo Clinic, 2025) | 60 ml | 200 mg |
Pour une personne diabétique, le seuil qui compte n’est pas seulement le 400 mg. La Mayo Clinic indique que, chez certaines personnes déjà diabétiques, environ 200 mg de caféine, soit une à deux tasses de café noir infusé selon les volumes américains, peuvent déjà modifier la glycémie, à la hausse ou à la baisse. D’autres n’observent rien de notable. Le pharmacien ou le médecin traitant pourra relier cette dose à vos traitements, à votre poids et à votre sommeil. La dose adaptée se discute au cabinet, plutôt que d’être calquée sur un tableau de tasses américain.
Les signes d’un apport trop élevé, listés par la FDA, comprennent un cœur plus rapide, des palpitations, une tension plus haute, l’insomnie, l’anxiété, des tremblements, des nausées ou un mal de tête. Une consommation rapide d’environ 1 200 mg peut, toujours selon la FDA, aller jusqu’à des convulsions. Ce niveau correspond à des produits concentrés, pas à une ou deux tasses de café filtre. Si vous réduisez, faites-le progressivement, car l’arrêt brutal expose à un sevrage (mal de tête, fatigue, irritabilité) pendant quelques jours.
Café caféiné ou décaféiné, que choisir
Le décaféiné n’est pas de l’eau chaude sans caféine, mais il en contient beaucoup moins. La FDA indique typiquement 2 à 15 mg pour une tasse de 240 ml, contre des dizaines ou des centaines de milligrammes dans le café ordinaire. Les tableaux Mayo 2025 mettent le décaféiné infusé à environ 1 mg pour 237 ml. Pour une personne chez qui 200 mg de caféine font monter le glucose après le petit-déjeuner, passer au décaféiné retire l’essentiel de ce stimulus tout en gardant le goût et les autres composés du grain.
Sur le risque d’apparition du diabète de type 2, caféiné et décaféiné vont dans le même sens. Ding et collègues n’ont pas trouvé de différence statistiquement convaincante entre une tasse supplémentaire de chaque type (risques relatifs 0,91 et 0,94). La Mayo Clinic note que certaines études suggèrent un risque plus bas de diabète de type 2 avec le café, caféiné ou non. Si l’effet épidémiologique tenait uniquement à la caféine, le décaféiné devrait être neutre ; il ne l’est pas.
Le choix pratique dépend donc de votre glycémie du matin, de votre sommeil et de votre cœur, pas d’un classement « meilleur café antidiabète ». Le caféiné reste raisonnable si vos mesures après la tasse sont stables, si vous dormez, et si vous restez sous le plafond de 400 mg toutes sources confondues. Le décaféiné devient plus logique si la même tasse noire, sans sucre, fait régulièrement monter le capteur de glucose, si vous êtes enceinte, si vous avez des palpitations, ou si vous buvez du café tard le soir. Un mélange moitié-moitié permet de baisser la dose sans changer brutalement l’habitude.
Ni l’un ni l’autre ne remplace l’eau. L’association britannique Diabetes UK place l’eau en première boisson, puis le thé et le café non sucrés. Les recommandations 2025 de l’American Diabetes Association (ADA) font de l’eau la boisson de référence, devant les boissons sucrées et celles aux édulcorants. Le café, même décaféiné, reste un choix de goût, pas le pilier de l’hydratation.
Sucre, lait et sirops dans le café
Ce qui fait le plus souvent monter la glycémie dans une tasse n’est pas le grain, c’est ce que l’on y verse. Le café noir nature n’apporte pas de sucre. Une cuillerée de saccharose, un sirop de vanille, un café au lait sucré ou un café en bouteille « vanille » ajoutent des glucides qui se voient sur le capteur de glucose bien plus clairement que 80 mg de caféine.
Henn et collègues ont suivi trois cohortes américaines d’infirmières et de professionnels de santé jusqu’en 2020, avec 13 281 cas de diabète de type 2 sur plus de 3,6 millions de personnes-années. Chaque tasse supplémentaire sans additif s’associait à un risque inférieur de 10 % (rapport de risque 0,90). Avec du sucre, en moyenne une cuillerée à café par tasse, ce rapport passait à 0,95. Les édulcorants artificiels donnaient 0,93. La crème n’atténuait pas l’association. Ces résultats concernent le risque d’apparition du diabète, pas le repas d’une personne déjà traitée, mais le café sucré n’est plus la même boisson.
Diabetes UK conseille de réduire le sucre dans le thé, le café, le chai ou le chocolat chaud, et d’utiliser un peu d’édulcorant si besoin, tout en s’habituant à moins de goût sucré. L’ADA 2025 autorise les édulcorants non nutritifs à court terme et avec modération pour remplacer un produit sucré, tout en gardant l’eau comme boisson prioritaire. Ni l’une ni l’autre de ces organisations ne présente le sirop sans sucre des chaînes de café comme un aliment santé.
Le lait compte comme glucides. Un grand café au lait ou un cappuccino de 250 à 300 ml peut apporter l’équivalent d’une petite collation lactée. Ce n’est pas interdit ; cela se calcule, comme le pain du petit-déjeuner. La crème épaisse apporte surtout des lipides. Dans l’analyse de 2025, elle ne cassait pas le signal épidémiologique, mais elle n’annule pas non plus les calories. Les succédanés non laitiers atténuaient l’association, sans que l’interaction soit statistiquement nette.
Quelques repères concrets pour la tasse du matin :
- Le café noir sans sucre reste la version la plus simple à tester sur votre glycémie capillaire.
- Une cuillerée de sucre par tasse a déjà affaibli le signal protecteur dans les cohortes de 2025.
- Le lait se compte dans les glucides du repas, surtout au-delà d’une petite éclaboussure.
- La cannelle ou la cardamome non sucrées parfument sans ajouter de glucose mesurable.
- Un café en bouteille ou un café au lait de comptoir se lit sur l’étiquette, comme une canette.
Diabète de type 1, type 2 et grossesse
Le type de diabète change la question que pose la caféine. Dans le type 2, les essais aigus montrent surtout une glycémie postprandiale plus haute et une insuline moins efficace pendant quelques heures. Dans le type 1, les données sont plus rares et pointent aussi vers les hypoglycémies, pas seulement vers l’hyperglycémie.
Whitehead et White ont relevé, dans le type 1, une meilleure reconnaissance des hypoglycémies et une durée plus courte des épisodes après 400 à 500 mg de caféine, sans modification de l’hémoglobine glyquée (HbA1c). Richardson et collègues, en 2005, ont comparé caféine et placebo chez 19 adultes avec un diabète de type 1 ancien, capteur de glucose et Holter. La durée moyenne des hypoglycémies nocturnes passait de 132 minutes sous placebo à 49 minutes sous caféine. Ce n’est pas une raison de boire un café avant de dormir, ni un traitement de l’hypoglycémie. Diabetes UK rappelle que le resucrage se fait avec une boisson sucrée ou un glucose rapide, pas avec un espresso. La caféine peut aussi masquer la fatigue et troubler le sommeil, deux leviers de la glycémie du lendemain.
Un essai isolé dans le diabète gestationnel, cité dans la même revue, a associé environ 200 mg de caféine à une baisse de 18 % de l’efficacité de l’insuline et à une hausse de 19 % de l’excursion du glucose. Pendant la grossesse, l’EFSA retient jusqu’à 200 mg de caféine par jour, toutes sources confondues, comme apport sans signal d’inquiétude pour le fœtus. Ce plafond européen est plus bas que les 400 mg de l’adulte non enceinte. Le médecin qui suit la grossesse appliquera la consigne locale.
Comment la caféine interfère avec l’insuline
La caféine stimule le système nerveux central. Les essais cliniques du diabète de type 2 montrent un décalage net. L’effet n’apparaît pas à jeun ; il apparaît quand du glucose arrive en même temps. Lane et collègues l’ont vu sur un repas mixte. Whitehead et White l’ont vu sur des charges orales de glucose. La caféine semble rendre les tissus moins sensibles à l’insuline pendant quelques heures, ce qui laisse davantage de sucre dans le sang malgré une insuline plus haute.
Ce mécanisme aigu n’explique pas l’association inverse des cohortes. Si la caféine seule protégeait du diabète, le décaféiné devrait rester neutre, et quatre tasses quotidiennes pendant 24 semaines devraient améliorer la façon dont l’insuline agit. L’essai d’Alperet n’a pas montré cela. Ding et collègues évoquent d’autres constituants du grain, étudiés surtout in vitro ou chez l’animal. Ce sont des pistes, pas une posologie. L’ADA 2025 déconseille d’ailleurs les compléments de magnésium, de chrome ou de cannelle pour « améliorer » la glycémie.
La tolérance individuelle est large. La FDA souligne que le poids, les médicaments, certaines maladies et la sensibilité propre à chacun changent la dose qui devient trop élevée. Deux personnes avec le même diabète de type 2 et la même tasse peuvent avoir des courbes opposées. Un conseil unique du type « trois tasses, c’est bon » ne tient pas. Les 200 mg retenus par la Mayo Clinic comme seuil possible d’effet glycémique correspondent, selon les tables, à un peu plus de deux tasses de café filtre de 200 ml, ou à deux espressos plus un peu de thé.
Une dose unique de 100 mg, surtout le soir, peut déjà modifier le sommeil chez certains adultes, selon l’EFSA. Moins dormir rend l’insuline moins efficace le lendemain, café ou pas. Utiliser le café pour compenser une nuit courte aboutit alors à davantage de caféine, moins de sommeil et une glycémie plus difficile à tenir.

Cafés sucrés et boissons énergisantes
Le café de comptoir et la canette « énergie » ne se comparent pas à un espresso noir. Diabetes UK classe les sodas, les boissons pour sportifs et les boissons énergisantes parmi les produits riches en sucre, utiles éventuellement pour traiter une hypoglycémie, pas pour s’hydrater. L’ADA 2025 demande de remplacer autant que possible les boissons sucrées, y compris les jus de fruits, par de l’eau ou des boissons sans calorie, pour la glycémie et le risque cardiométabolique.
Un café au lait aromatisé, un café glacé en bouteille ou une boisson caramel de comptoir empilent lait, sirop et souvent chantilly. Le glucose monte parce que la charge en glucides est celle d’un dessert liquide. La caféine s’y ajoute, ce qui peut, chez les personnes sensibles décrites par la Mayo Clinic, prolonger le plateau après le pic. Lire l’étiquette d’un café prêt à boire revient à lire celle d’un soda, avec les sucres, la portion, parfois une caféine non chiffrée. La FDA n’oblige pas les restaurants américains à afficher la caféine. En France, le pharmacien et l’étiquette restent les meilleurs appuis, sans inventer un seuil national.
Les boissons énergisantes concentrent caféine et sucre, parfois d’autres stimulants. Un shot de 60 ml peut apporter 200 mg de caféine selon les tableaux Mayo 2025, soit déjà le seuil d’une prise unique retenu par l’EFSA, avant même le reste de la journée. Diabetes UK ne les réserve, dans le diabète, qu’à un resucrage ponctuel, et souligne calories, sucre et caféine. Pour l’hydratation de tous les jours, l’eau, le thé non sucré et le café noir restent la ligne des deux organisations.
L’ADA 2025 insiste sur l’hypoglycémie retardée après l’alcool, surtout sous insuline ou sulfamide, et sur la surveillance du glucose. La caféine n’annule pas cet effet ; elle peut seulement rendre plus difficile d’en sentir les premiers signes. Le 15 ou le 112 s’imposent si un malaise grave s’installe.
Café et diabète, quand consulter
Le café n’est presque jamais une urgence en soi, mais il peut révéler un équilibre glycémique fragile, un cœur trop stimulant ou une grossesse qui impose un plafond plus bas. Consultez votre médecin traitant ou l’équipe diabète si la même tasse noire, testée plusieurs matins, s’accompagne d’une hausse répétée du glucose, si l’HbA1c reste au-dessus de l’objectif sans autre explication, ou si palpitations, tremblements et insomnie apparaissent dès 200 mg.
Les signes d’un excès de caféine décrits par la FDA (cœur rapide, palpitations, tension plus haute, anxiété, nausées) méritent un avis médical lorsqu’ils se répètent, surtout si vous prenez déjà un stimulant, un traitement de l’asthme, un antibiotique ou un médicament du rythme cardiaque. Le pharmacien peut vérifier les interactions. Si les palpitations durent, un avis médical s’impose sans attendre.
| Situation | Ce que les sources décrivent | Conduite |
|---|---|---|
| Glycémie plus haute après ≈ 200 mg de caféine | Effet possible chez certaines personnes diabétiques (Mayo Clinic, 2024) | Noter les mesures, réduire, en parler à l’équipe |
| Palpitations, tremblements, insomnie, nausées | Signes d’un apport trop élevé (FDA, 2024) | Baisser la dose ; avis médical si cela se répète |
| Grossesse ou allaitement | Jusqu’à 200 mg/jour, toutes sources (EFSA, 2015) | Confirmer la dose avec le suivi de grossesse |
| Hypoglycémies nocturnes sous insuline | Durée parfois plus courte sous caféine (Richardson, 2005), données limitées | Ne pas traiter un hypo avec du café ; suivre le protocole habituel |
| Malaise grave, douleur thoracique, confusion, vomissements répétés | Urgence médicale, quelle qu’en soit la cause | Appeler le 15 ou le 112 |
Appelez le 15 ou le 112 sans attendre si une douleur thoracique, un essoufflement brutal, une confusion, des convulsions ou un malaise avec perte de connaissance surviennent. La FDA relie des convulsions à des doses toxiques autour de 1 200 mg, un niveau rare avec du café filtre, plus plausible avec un produit concentré. Une hypoglycémie grave sous insuline est une urgence au même titre, café ou pas.
Les consignes américaines, britanniques ou européennes peuvent différer de la pratique française sur les objectifs d’HbA1c, les édulcorants ou les boissons. Votre médecin ou votre pharmacien appliquera la consigne locale, y compris pendant la grossesse.
Comment tester l’effet du café sur votre glycémie
Un test à la maison vaut mieux qu’une règle générale. Choisissez deux ou trois matins comparables, avec la même heure de lever, le même traitement, le même petit-déjeuner ou un jeûne volontaire, sans activité inhabituelle. Buvez un café noir sans sucre, de volume connu, et notez la glycémie juste avant, puis 60 et 120 minutes après. Si vous portez un capteur de glucose, regardez aussi le tracé du matin, pas seulement un point isolé.
Répétez le protocole avec de l’eau chaude ou du décaféiné, puis avec votre café habituel (lait, sucre, sirop). L’essai de Lane montrait un effet sur le repas, pas à jeun. Si vous ne prenez le café qu’avec des tartines, testez aussi cette situation réelle. Une hausse qui revient trois fois n’est pas une coïncidence. Une hausse unique peut venir du sommeil, d’un horaire différent ou d’une dose d’insuline différente.
Apportez les chiffres à la consultation, pas seulement l’impression « le café me réussit ». Demandez si la caféine interagit avec vos médicaments, si le plafond de 400 mg a un sens dans votre cas, et s’il faut baisser avant un examen de sommeil ou une grossesse. Si vous réduisez, descendez d’une tasse tous les deux ou trois jours pour limiter le sevrage décrit par la FDA.
Questions fréquentes
Peut-on boire du café tous les jours avec un diabète ?
Oui, le plus souvent, si le café est non sucré et si votre glycémie après la tasse reste acceptable. Diabetes UK range le thé et le café non sucrés parmi les boissons adaptées, derrière l’eau. La limite utile n’est pas « tous les jours ou jamais », c’est la dose de caféine, les additifs et votre propre courbe.
Le café à jeun fait-il plus monter la glycémie ?
Les essais dans le diabète de type 2 montrent surtout un effet de la caféine une fois les glucides arrivés, pas une hausse à jeun. Lane et collègues n’ont pas vu de différence sur le glucose à jeun, mais une réponse plus haute au repas test. Tester à jeun et avec le petit-déjeuner reste le seul moyen de savoir ce qui se passe chez vous.
Le café décaféiné contient-il encore de la caféine ?
Oui, en petite quantité. La FDA cite 2 à 15 mg par tasse de 240 ml, la Mayo Clinic environ 1 mg pour 237 ml infusés. C’est très inférieur au café ordinaire, suffisant toutefois si vous réagissez à des traces. Pour le risque d’apparition du diabète de type 2, le décaféiné garde une association inverse dans la méta-analyse de 2014.
Faut-il remplacer le sucre par un édulcorant dans le café ?
Un édulcorant évite les glucides du saccharose, ce qui aide la glycémie du moment. Henn 2025 a pourtant vu les édulcorants artificiels atténuer, comme le sucre, l’association inverse café-diabète de type 2 dans les cohortes. L’ADA 2025 les accepte à court terme et avec modération, tout en préférant l’eau. Réduire le goût sucré reste la piste la plus simple.
Le café réduit-il le risque de diabète de type 2 ?
Les cohortes le suggèrent, avec un effet dose jusqu’à six tasses dans Ding 2014, caféiné ou décaféiné. Ce n’est pas un essai qui prouve qu’ajouter du café protège une personne donnée. Quatre tasses par jour pendant 24 semaines n’ont pas amélioré l’action de l’insuline dans l’essai d’Alperet. On ne prescrit pas le café comme un médicament.
Que faire si le café masque une hypoglycémie ?
Ne traitez jamais une hypoglycémie avec un café noir. Il n’apporte pas le glucose rapide prévu par Diabetes UK. Resucrez selon votre protocole, puis cherchez la cause (insuline, effort, alcool, repas sauté). La caféine peut rendre plus alerte, ce qui n’équivaut pas à un resucrage. Si les hypos se répètent, surtout la nuit, parlez-en à l’équipe avant de modifier la caféine.
Conclusion
Le café pose deux questions distinctes, et les mélanger crée de faux espoirs. D’un côté, les grandes cohortes, actualisées encore en 2025 sur le rôle du sucre dans la tasse, associent le café habituel à moins de diabète de type 2. De l’autre, 200 à 500 mg de caféine peuvent, le jour même, alourdir la glycémie après un repas chez une personne déjà diabétique, sans que 24 semaines de café soluble rendent l’insuline plus efficace.
La tasse la plus lisible reste le café noir, sans sirop, dans une portion dont vous connaissez la caféine, sous les 400 mg quotidiens des avis FDA et EFSA, et sous 200 mg par jour si une grossesse est en cours. L’eau garde la première place. Le café au lait sucré et la boisson énergisante se discutent comme des desserts ou des resucrages, pas comme des cafés.
Le prochain geste utile est un mini-protocole de trois matins, café noir dosé, mesures avant puis à une et deux heures, puis la même chose en décaféiné. Ces six à neuf chiffres, apportés au médecin traitant, valent mieux qu’un débat abstrait sur le « café qui protège ». Si palpitations, malaise ou hypoglycémie grave s’invitent, le 15 ou le 112 passent avant la tasse.
Sources
- Caffeine: Does it affect blood sugar?. Mayo Clinic, 7 mars 2024.
- Spilling the Beans: How Much Caffeine is Too Much?. U.S. Food and Drug Administration, 28 août 2024.
- EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies : Scientific Opinion on the safety of caffeine. EFSA Journal, 27 mai 2015.
- American Diabetes Association Professional Practice Committee : 5. Facilitating Positive Health Behaviors and Well-being to Improve Health Outcomes: Standards of Care in Diabetes—2025. Diabetes Care, janvier 2025.
- Ding M, Bhupathiraju SN, Chen M et al. : Caffeinated and Decaffeinated Coffee Consumption and Risk of Type 2 Diabetes: A Systematic Review and a Dose-Response Meta-analysis. Diabetes Care, février 2014.
- Henn M, Glenn AJ, Willett WC et al. : Coffee Consumption, Additive Use, and Risk of Type 2 Diabetes-Results from 3 Large Prospective United States Cohort Studies. The American Journal of Clinical Nutrition, 17 janvier 2025.
- Whitehead N, White H : Systematic review of randomised controlled trials of the effects of caffeine or caffeinated drinks on blood glucose concentrations and insulin sensitivity in people with diabetes mellitus. Journal of Human Nutrition and Dietetics, 19 janvier 2013.
- What to drink when you have diabetes. Diabetes UK, mis à jour en 2025.
- Lane JD, Barkauskas CE, Surwit RS et al. : Caffeine Impairs Glucose Metabolism in Type 2 Diabetes. Diabetes Care, août 2004.
- Caffeine content for coffee, tea, soda and more. Mayo Clinic, 6 février 2025.
- Richardson T, Thomas P, Ryder J et al. : Influence of caffeine on frequency of hypoglycemia detected by continuous interstitial glucose monitoring system in patients with long-standing type 1 diabetes. Diabetes Care, juin 2005.
- Alperet DJ, Rebello SA, Khoo EYH et al. : The effect of coffee consumption on insulin sensitivity and other biological risk factors for type 2 diabetes: a randomized placebo-controlled trial. The American Journal of Clinical Nutrition, 1er février 2020.
