Double menton : causes, traitements et quand consulter

Double menton : causes, traitements et quand consulter

Un double menton n’est pas forcément le signe d’un surpoids. Il peut venir d’une graisse localisée, d’une peau qui se relâche, d’un menton peu projeté, ou de ces éléments mélangés ; les exercices ciblés du visage ne brûlent pas cette graisse de façon sélective.

Dans l’essai CENTRAL publié en 2021, 278 adultes suivis par IRM du corps entier ont perdu 5,3 % de graisse mentonnière après six mois de régime, puis ce dépôt était largement revenu à dix-huit mois, alors que la graisse du cou restait un peu plus basse. Le corps ne « vise » pas le menton quand il maigrit.

L’autorisation américaine de 2015 pour l’acide désoxycholique injectable porte sur une rondeur sous-mentonnière modérée à marquée chez l’adulte, avec au plus six séances et cinquante injections par séance. En 2026, la FDA a ajouté une mise en garde sur des nodules parfois persistants et sur l’usage hors de cette zone. Un gonflement du bas du cou qui bouge à la déglutition relève d’un autre diagnostic, le goitre, à faire examiner.

Graisse, peau et os derrière un double menton

Trois tissus peuvent épaissir le profil sous le menton, et les confondre mène à un traitement inadapté. La graisse sous-cutanée (préplatysmale, au-dessus du muscle platysma du cou) se pince entre les doigts ; la peau relâchée forme un tablier même si le pli graisseux est mince ; un menton peu projeté ou une mâchoire courte creuse visuellement l’angle du cou.

Le muscle platysma, large et plat, recouvre la face antérieure du cou. La graisse se répartit au-dessus et, plus profondément, en dessous de ce muscle. Les injections et la cryolipolyse visent surtout le plan superficiel, plus accessible. Une hypertrophie des glandes salivaires, des ganglions ou de la thyroïde peut imiter un empâtement. La Mayo Clinic recommande de signaler un problème thyroïdien ou ganglionnaire du cou avant une injection d’acide désoxycholique.

L’âge n’agit pas seulement sur la graisse. La page Mayo Clinic sur le lifting du cou (mise à jour en 2024) distingue les poches graisseuses d’une peau encore souple, souvent accessibles à une lipoaspiration, et le relâchement cutané ou musculaire, qui demande un geste chirurgical plus large. Une perte de poids importante peut laisser un excès de peau alors que le volume graisseux a déjà diminué.

Le profil dépend aussi du squelette. Un menton fuyant allonge visuellement le cou même avec peu de graisse. Dans ce cas, retirer du tissu adipeux sans corriger le soutien osseux peut creuser davantage la zone. Le choix se discute avec un médecin qui examine de face, de profil et à la palpation, plutôt que sur une photo de trois-quarts prise le menton baissé.

Homme avec un double menton, affichant un visage préoccupé.

Poids, hérédité et âge, pourquoi le menton s’empâte

Le surpoids augmente souvent le volume sous-mentonnier, mais il n’est pas obligatoire. Vieillissement et prédisposition familiale peuvent donner un aspect lâche du cou même après un amaigrissement, et certaines personnes héritent de cette silhouette, rappelle la Cleveland Clinic. La graisse de cette région suit, comme ailleurs, un budget énergétique global, pas un « point faible » isolé que l’on pourrait vider à la demande.

Avec les années, la peau s’amincit, les tissus descendent et le même dépôt graisseux, autrefois tendu, devient visible. La Mayo Clinic décrit le lifting du cou comme un moyen de retirer l’excès cutané autour de la mâchoire, tout en soulignant que l’opération n’arrête pas le vieillissement. Fumer ralentit la cicatrisation et accentue les rides, ce qui pèse sur le résultat si une chirurgie est envisagée plus tard.

La répartition des graisses n’est pas identique d’une personne à l’autre. Deux adultes au même indice de masse corporelle peuvent avoir un ovale net ou un empâtement marqué. Dans l’essai CENTRAL, la graisse mentonnière et la graisse cervicale suivaient le poids et le tissu viscéral abdominal, ce qui relie ce dépôt visible à la santé métabolique, pas seulement au miroir.

Une posture tête en avant, fréquente devant un écran, peut faire paraître le cou plus court. Cela n’équivaut pas à une preuve que « muscler le menton » fait fondre la graisse. Corriger la position des épaules et du regard change parfois l’ombre portée, sans modifier le volume adipeux mesuré.

Une perte de poids réduit-elle la graisse sous le menton ?

Oui, en partie, et de façon globale plutôt que ciblée. L’essai CENTRAL (278 participants, indice de masse corporelle moyen 30,9 kg/m², 86 % de suivi à 18 mois) a mesuré ces dépôts par IRM. Après six mois de régime pauvre en graisses ou méditerranéen pauvre en glucides, avec ou sans activité physique, la graisse cervicale avait baissé de 13,1 % et la graisse mentonnière de 5,3 %. À 18 mois, seule la graisse du cou restait inférieure au départ (−5 %), tandis que le dépôt du menton avait rebondi.

Les variations de ces deux dépôts étaient fortement liées au poids (coefficients de corrélation 0,70 et 0,66). Le menton maigrit donc quand le corps maigrit, et il reprend quand le poids revient. Après ajustement sur le tissu viscéral, la baisse de graisse mentonnière restait associée à de meilleurs marqueurs glycémiques. Ce n’est pas un argument esthétique, c’est un signal métabolique.

Le consensus 2024 de l’American College of Sports Medicine (ACSM) recommande, pour les adultes en excès de poids, de viser au moins 5 à 10 % de perte pondérale durable et d’atteindre progressivement au moins 150 minutes par semaine d’activité d’intensité modérée. Sans restriction calorique, l’activité seule donne en général une perte modeste, de l’ordre de 0,5 à 3 kg. Combinée à un régime, elle ajoute environ 20 % d’effet par rapport au régime seul. Aucun mode d’exercice n’est supérieur aux autres pour réguler le poids ; un mélange aérobie et renforcement a plus d’intérêt pour la santé globale.

En France, les seuils, les médicaments de l’obésité et les indications chirurgicales relèvent des règles locales. Le médecin traitant ou le pharmacien indiquent ce qui s’applique à votre situation. L’objectif réaliste pour le menton, si le poids y contribue, est une perte progressive que l’on peut maintenir, pas une « fonte express » de la zone.

Les exercices du visage font-ils disparaître un double menton ?

Non, pas de façon démontrée. Harvard Health Publishing (2019) résume le point essentiel. Il n’existe pas d’essais rigoureux qui confirment que les « entraînements du visage » réduisent un double menton, des bajoues ou des rides. Une dermatologue de Harvard Medical School souligne que des photos avant-après vantant une peau plus lisse évoquent plutôt un soin de surface qu’un travail musculaire.

En théorie, renforcer des muscles du visage pourrait un peu soutenir des tissus qui descendent. L’effet attendu resterait discret, bien inférieur à celui d’un traitement médical ou chirurgical. L’intérêt le plus clair des mouvements du visage, selon Harvard Health, concerne les cicatrices épaisses, que le massage et l’étirement peuvent assouplir. Ce n’est pas le même problème qu’un pli graisseux.

Les listes virales (sifflet vers le plafond, baiser au ciel, compression d’une balle, « bâillement du lion ») fatiguent le platysma et les muscles de la mâchoire. Elles ne créent pas le déficit énergétique nécessaire pour vider un dépôt adipeux. Mâcher du chewing-gum sollicite les masséters ; cela n’équivaut pas à une lipolyse sous-mentonnière.

Si ces mouvements ne déclenchent pas de douleur cervicale, de vertige ou de craquement douloureux, le risque est faible. Les présenter comme un traitement du double menton dépasse les données. Une activité corporelle globale, telle que la décrit l’ACSM, reste le levier utile, parce qu’elle aide à perdre de la masse grasse d’ensemble.

Injections d’acide désoxycholique, ce que montrent les essais

L’acide désoxycholique injectable détruit la membrane des adipocytes au point d’injection. Aux États-Unis, la FDA l’a autorisé en 2015, sous le nom de Kybella, pour améliorer l’aspect d’une convexité modérée à marquée liée à la graisse sous-mentonnière chez l’adulte. Il n’est pas autorisé pour d’autres zones du corps. Le médecin ou le pharmacien indiquent si un équivalent est proposé en France et selon quelles règles.

La communication de sécurité du 15 septembre 2026 prévoit jusqu’à six séances, espacées d’au moins un mois, chacune comportant au plus cinquante injections sous-cutanées, exclusivement par un professionnel de santé. Le produit n’est pas indiqué chez l’enfant. Une infection au point d’injection le contre-indique. Il faut aussi signaler un trouble de la déglutition, un saignement facile, un traitement antiagrégant ou anticoagulant, une maladie du cou (thyroïde, ganglions) ou une chirurgie récente de la face, précise la Mayo Clinic.

Une méta-analyse de 2023 (Inocêncio et coll., revue Clinics) a regroupé cinq essais randomisés, soit 1 837 adultes. L’acide désoxycholique améliorait tous les critères d’efficacité par rapport au placebo. Pour la dose de 2 mg/cm², le risque relatif d’une amélioration d’au moins un grade côté clinicien était de 2,28. Tous les essais étaient financés par l’industriel, et le niveau de certitude était faible à modéré. Le bénéfice existe, il n’est pas magique, et il a été mesuré dans un contexte de conflit d’intérêts.

Les effets indésirables locaux sont fréquents. La même méta-analyse trouvait un risque nettement plus élevé de douleur, d’engourdissement (risque relatif 13,09 à 2 mg/cm²), de fibrose, d’érythème, de nodules et de paresthésies. La Mayo Clinic liste, parmi les signes à signaler sans attendre, un sourire asymétrique ou une faiblesse du visage (possible atteinte du nerf mandibulaire marginal), une gêne à avaler, et des plaies au point d’injection. En 2026, la FDA a ajouté que des nodules (≤ 3 cm) ou des masses (> 3 cm) peuvent ne pas disparaître et nécessiter un geste médical ; elle a recensé 117 cas non résolus, présents en moyenne 143 jours au moment du signalement.

Hors de la zone sous-mentonnière, 129 observations d’effets indésirables ont été identifiées depuis 2015, dont des troubles visuels après injection près des yeux et des lésions nerveuses. La FDA déconseille cet usage non autorisé. Une peau très lâche, des bandes du platysma très marquées ou un menton très fuyant sont de mauvais candidats, parce que retirer de la graisse sans retendre la peau peut aggraver l’aspect.

Cryolipolyse et techniques sans incision

La cryolipolyse refroidit de façon contrôlée un pli graisseux pinçable afin d’entraîner la mort des adipocytes, puis le corps évacue ces cellules sur plusieurs semaines. Un article de Mayo Clinic Press (12 février 2024) indique que la FDA américaine a notamment autorisé le traitement de la graisse sous le menton et sous la mâchoire. L’efficacité rapportée varie, entre 10,3 % et 25,5 % d’épaisseur graisseuse en moins. Deux à trois séances par zone, à un ou trois mois d’intervalle, sont courantes. Le résultat n’est pas immédiat.

La lipoaspiration reste plus prévisible pour enlever un volume, selon le même article de 2024. La cryolipolyse séduit parce qu’elle évite l’anesthésie générale, mais elle n’est pas une méthode d’amaigrissement. Comme la lipoaspiration, elle réduit la graisse, pas l’excès de peau. Si le relâchement cutané domine, un lifting se discute davantage.

Un effet indésirable spécifique existe, l’hyperplasie adipeuse paradoxale. Au lieu de diminuer, le volume traité augmente, souvent quelques mois plus tard, et peut nécessiter une chirurgie. D’autres effets décrits vont de rougeur, gonflement et engourdissement transitoires à des douleurs prolongées, une hyperpigmentation ou, plus rarement, une atteinte nerveuse motrice. Le centre esthétique de la Mayo Clinic de Rochester n’offre pas cette technique, précisément à cause de l’imprévisibilité de cette hyperplasie.

Les appareils d’ultrasons focalisés ou de radiofréquence sont souvent présentés pour « retendre » le cou. Ils n’ont pas le même niveau d’essais randomisés que l’acide désoxycholique, ni le même effet qu’une chirurgie quand la peau est vraiment en trop. Un devis et un examen clinique valent mieux qu’une promesse d’appareil.

Femme tentant d'atteindre le ciel avec ses lèvres tout en souriant.

Lipoaspiration et lifting du cou, pour qui et avec quels risques

La lipoaspiration aspire la graisse par une canule introduite par une petite incision. Pour le cou, la Mayo Clinic la réserve surtout aux personnes jeunes, à la peau encore élastique, avec des poches localisées. Elle n’est pas une méthode d’amaigrissement. Si la peau est fine et peu élastique, elle peut rester floue après le geste. Les résultats tiennent tant que le poids reste stable ; une reprise pondérale peut faire grossir les adipocytes restants ailleurs.

Le lifting du cou (parfois associé à un lifting du visage) retire l’excès de peau et peut retendre le muscle. Trois gestes y sont décrits par la Cleveland Clinic, soit la lipoaspiration du menton, la plastie sous-mentonnière limitée au menton et au haut du cou, et le lifting cervical plus étendu. Aux États-Unis, plus de 50 000 de ces interventions sont réalisées chaque année ; les tarifs cités (environ 1 200 à 12 000 dollars) ne s’appliquent pas à la France, où le devis se discute en consultation. L’assurance maladie ne prend en général pas en charge un acte purement esthétique.

Les risques ne sont pas anecdotiques. Pour la lipoaspiration, la Mayo Clinic cite irrégularités de contour, séromes, troubles de sensibilité, infection, et, rarement, embolie graisseuse ou perforation d’organe. Pour le lifting, s’ajoutent hématome, nécrose cutanée, atteinte nerveuse, cicatrices et déception sur le résultat. Il faut souvent arrêter le tabac et certains anticoagulants avant l’opération, selon les consignes de l’équipe. Un drainage, une mentonnière de contention et une tête surélevée font partie des suites habituelles. Après un lifting, la Cleveland Clinic demande aussi d’éviter la glace près de la zone opérée et de limiter les rotations brusques du cou.

Option Ce qu’elle peut modifier Limite principale
Perte de poids globale Graisse mentonnière liée au poids (essai CENTRAL, 2021) Rebond fréquent de ce dépôt à 18 mois
Exercices du visage Tonus musculaire, de façon incertaine et discrète Pas de preuve solide de réduction de graisse
Acide désoxycholique Graisse sous-mentonnière modérée à marquée Peau très lâche ; gonflement et nodules possibles
Cryolipolyse Pli graisseux pinçable, sans incision Réduction variable ; hyperplasie paradoxale
Lipoaspiration Poches de graisse, peau encore souple N’enlève pas un vrai excès de peau
Lifting du cou Peau et muscle relâchés, graisse associée Chirurgie, cicatrices, anesthésie

Le bon candidat n’est pas « celui qui en a assez du miroir ». C’est celui dont l’examen montre que le problème principal (graisse, peau, muscle, os) correspond à l’outil proposé.

Cou gonflé, thyroïde et signes qui justifient une consultation

Tout volume sous le menton n’est pas de la graisse. Un goitre est un gonflement de la thyroïde, en général à la base du cou, parfois lisse, parfois nodulaire, parfois d’un seul côté. Le NHS (page revue le 11 mars 2026) conseille de voir un médecin généraliste si l’on pense avoir un goitre. Ce n’est souvent pas grave, mais cela se vérifie.

D’autres signes accompagnent parfois ce gonflement. Une toux qui dure, une voix rauque, une sensation de corps étranger, un sifflement respiratoire, une gêne à avaler ou à respirer ne s’expliquent pas par un simple pli graisseux. Les causes possibles vont d’un trouble de la fonction thyroïdienne à des nodules, une thyroïdite, des variations hormonales, un manque d’iode (rare dans les pays où le sel est iodé) ou, rarement, un cancer thyroïdien.

Si vous peinez à respirer ou si un sifflement apparaît à l’inspiration, appelez le 15 ou le 112. Ne prenez pas le volant. Le NHS britannique oriente vers les urgences dans ce cas ; en France, le SAMU joue ce rôle. Une gêne brutale à avaler, une voix qui change soudainement ou un gonflement qui grossit en quelques jours relèvent aussi d’un avis urgent.

Le bilan usuel, côté NHS, associe examen, prises de sang, échographie, parfois cytoponction. Traiter un goitre par des injections lipolytiques ou une cryolipolyse serait un contre-sens. De même, un ganglion dur, unilatéral, qui ne disparaît pas, se montre au médecin traitant plutôt qu’à un centre d’esthétique.

Masques, chewing-gum et injections non autorisées

Les masques au blanc d’œuf, au miel, au café, au thé vert ou à la glycérine n’ont pas de preuve qu’ils réduisent un dépôt graisseux. Un film collant peut tendre la peau quelques heures, puis l’effet se dissipe. L’eau n’élimine pas les graisses du menton ; l’hydratation ne remplace pas un déficit énergétique.

Mâcher du chewing-gum peut couper une envie de grignoter chez certaines personnes, et fatigue la mâchoire. Ce n’est pas un traitement du double menton. Les bandes de contention sans indication chirurgicale compriment les tissus et déplacent l’eau ; elles ne détruisent pas les adipocytes.

La mésothérapie « brûle-graisse » vendue en ligne pose un vrai problème de sécurité. En décembre 2023, la FDA a mis en garde contre des injections non autorisées (Aqualyx, Lipodissolve, Lipo Lab, Kabelline et d’autres), souvent à base de phosphatidylcholine et de désoxycholate de sodium. L’agence a reçu des signalements de cicatrices définitives, d’infections graves, de kystes et de nodules douloureux. Certaines personnes s’injectaient elles-mêmes un produit acheté sur internet. Aux États-Unis, le seul médicament injectable de ce type évalué pour le menton reste l’acide désoxycholique autorisé, administré par un soignant.

  • Un produit vendu comme « lipolyse à domicile » n’a pas le statut d’un médicament évalué pour cette zone.
  • Une séance dans un institut sans professionnel habilité augmente le risque d’infection et de mauvaise profondeur d’aiguille.
  • Signalez à votre médecin traitant toute injection déjà reçue si rougeur, plaie, fièvre ou induration apparaissent.

Le pharmacien reste le bon interlocuteur pour vérifier qu’un produit proposé en cabinet est bien un médicament autorisé, et non un cocktail importé hors circuit.

Questions fréquentes

Peut-on perdre un double menton sans perdre du poids ?

Parfois peu, parfois pas. Si la graisse sous-mentonnière suit le poids, comme dans l’essai CENTRAL, une stabilité pondérale laisse ce dépôt à peu près tel quel. Si le problème est surtout cutané ou osseux, maigrir ne redessine pas l’angle du cou et peut même trop vider la zone. Les traitements locaux visent un surplus localisé chez des personnes déjà à un poids relativement stable.

Les exercices du menton et du cou sont-ils utiles ?

Ils n’ont pas montré, dans des essais solides, qu’ils réduisent la graisse de cette région. Harvard Health (2019) juge les preuves insuffisantes pour les rides, les bajoues et le double menton. Ils peuvent être inoffensifs s’ils ne déclenchent pas de douleur cervicale, mais ils ne remplacent ni une perte de poids globale ni un geste médical.

Les injections d’acide désoxycholique sont-elles définitives ?

Les adipocytes détruits à l’aiguille ne se régénèrent pas au même endroit, ce qui peut donner un résultat durable si le poids reste stable. Il faut souvent plusieurs séances (jusqu’à six aux États-Unis, selon la FDA). Une reprise de poids, une peau qui continue de se relâcher ou des nodules persistants changent le résultat. Rien n’est « garanti ».

La cryolipolyse du menton est-elle plus sûre qu’une opération ?

Elle évite l’incision et l’anesthésie générale, ce qui réduit certains risques chirurgicaux, sans supprimer tout inconvénient. L’hyperplasie adipeuse paradoxale, décrite par la Mayo Clinic en 2024, peut augmenter le volume traité et nécessiter une chirurgie. La réduction d’épaisseur reste variable (environ 10 à 25 % dans les chiffres cités).

Un double menton peut-il cacher un problème de thyroïde ?

Oui. Un goitre se présente comme une bosse à la base du cou, parfois prise pour de la graisse. Le NHS recommande un avis médical si vous pensez en avoir un. Une gêne respiratoire ou un sifflement justifient d’appeler le 15 ou le 112.

Faut-il opérer pour enlever un double menton ?

Seulement si l’examen montre que la graisse, la peau ou le muscle relèvent d’un geste chirurgical, et après discussion des risques. Une peau encore ferme avec une poche localisée oriente plutôt vers une lipoaspiration. Un tablier cutané oriente vers un lifting. Beaucoup de personnes n’ont besoin ni de l’un ni de l’autre si le poids et le diagnostic différentiel suffisent.

Femme faisant un bâillement de lion, avec la langue tirée.

Conclusion

Le pli sous le menton se lit d’abord au toucher et au profil, pas sur une publicité d’exercices. Si vos doigts pincent un bourrelet souple et que le poids a augmenté, une perte de 5 à 10 % visée avec au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine, selon le consensus ACSM de 2024, peut réduire ce dépôt, avec le risque de rebond observé à 18 mois dans l’essai CENTRAL. Si vos doigts soulèvent surtout de la peau, ou si une bosse ferme bouge quand vous avalez, le problème n’est plus « comment muscler le menton ».

Avant tout achat de séance, posez trois questions à un médecin. S’agit-il de graisse, de peau, de muscle, d’os ou de thyroïde ? Le produit proposé est-il un médicament autorisé pour cette zone, ou un cocktail non évalué ? Quel est le plan si le volume augmente au lieu de diminuer, ou si un sourire devient asymétrique ?

Apportez une photo de profil prise la tête droite, la liste de vos anticoagulants et la date d’éventuelles injections déjà reçues. Ce dossier court évite de traiter un goitre comme de la graisse, et d’attendre d’un sifflet vers le plafond ce qu’une IRM n’a pas montré.

Sources

  1. FDA Approves Additional Information in Labeling for Kybella (Deoxycholic Acid) Injection Warning of Adverse Reactions Associated with Unapproved Use. U.S. Food and Drug Administration, 15 septembre 2026.
  2. Using Fat-Dissolving Injections That Are Not FDA Approved Can Be Harmful. U.S. Food and Drug Administration, 20 décembre 2023.
  3. Deoxycholic acid (subcutaneous route). Mayo Clinic, 1er octobre 2026.
  4. Inocêncio GS, Meneses-Santos D et al. : Efficacy, safety, and potential industry bias in using deoxycholic acid for submental fat reduction ‒ A systematic review and meta-analysis of randomized clinical trials. Clinics, 2023.
  5. Tsaban G, Bilitzky-Kopit A et al. : The Effect of Weight-Loss Interventions on Cervical and Chin Subcutaneous Fat Depots; the CENTRAL Randomized Controlled Trial. Nutrients, 26 octobre 2021.
  6. Jakicic JM, Apovian CM et al. : Physical Activity and Excess Body Weight and Adiposity for Adults. American College of Sports Medicine Consensus Statement. Translational Journal of the American College of Sports Medicine, automne 2024.
  7. Does your face need a workout?. Harvard Health Publishing, 1er janvier 2019.
  8. Liposuction – Mayo Clinic. Mayo Clinic, 19 septembre 2024.
  9. Neck lift – Mayo Clinic. Mayo Clinic, 2 octobre 2024.
  10. What is CoolSculpting and is it safe?. Mayo Clinic Press, 12 février 2024.
  11. Goitre – NHS. National Health Service, 11 mars 2026.
  12. Double Chin Surgery: Procedure, Risks. Cleveland Clinic, 29 avril 2021.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.