Insuline basale : types, doses et hypoglycémie

Insuline basale : types, doses et hypoglycémie

L’insuline basale, souvent appelée insuline lente ou insuline de fond, maintient la glycémie entre les repas et pendant la nuit. Elle ne remplace pas à elle seule l’insuline des repas chez la personne atteinte d’un diabète de type 1 (DT1) ; en cas de diabète de type 2 (DT2), elle s’ajoute lorsque les autres traitements ne suffisent plus.

Les Standards of Care 2025 de l’American Diabetes Association placent un agoniste des récepteurs du GLP-1 avant l’insuline chez beaucoup d’adultes diabétiques de type 2 sans carence insulinique. Quand une insuline de fond devient nécessaire, la dose de départ usuelle aux États-Unis est de 10 unités par jour, ou 0,1 à 0,2 unité/kg.

Les analogues plus longs (glargine U-300, dégludec) réduisent le risque d’hypoglycémie nocturne par rapport à la glargine U-100. Une hypoglycémie se traite dès 3,9 mmol/L (0,70 g/L) avec environ 15 g de glucose, et le glucagon est recommandé pour toute personne sous insuline. Le médecin ou le pharmacien applique la recommandation française, qui peut différer des textes américains ou britanniques.

Qu’est-ce que l’insuline basale ?

L’insuline basale est la part du traitement qui imite la petite sécrétion continue du pancréas, hors des repas. Elle bride surtout la production de glucose par le foie la nuit et entre deux repas, ce qui limite la montée de la glycémie à jeun.

Entre les repas, le foie libère du glycogène sous forme de glucose afin que le cerveau et les muscles restent alimentés. Chez une personne sans diabète, le pancréas ajuste alors une faible quantité d’insuline. Chez la personne DT1, cette production s’arrête ou devient quasi nulle. En cas de DT2, l’insuline restante est souvent insuffisante, et les tissus y répondent moins bien.

Sans traitement adapté, une hyperglycémie prolongée peut abîmer les yeux, les reins, les nerfs et les artères. L’insuline de fond n’est pas un comprimé, car le tube digestif la dégraderait. Elle se donne sous la peau, par stylo, seringue ou, dans un autre schéma, par pompe qui infuse une insuline rapide en continu.

Cette insuline ne « soigne » pas le diabète. Elle abaisse la glycémie tant que la dose, l’alimentation et l’activité restent cohérentes. Une dose trop basse laisse la glycémie du réveil trop haute ; une dose trop haute expose à l’hypoglycémie, surtout la nuit.

Insuline basale pour réguler la glycémie entre les repas

Types d’insuline basale, durées et pics

On range les insulines de fond selon le délai d’action, la présence d’un pic et la durée. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC, 2024) distinguent l’action intermédiaire, l’action prolongée (sans pic, jusqu’à 24 heures) et l’action ultra-prolongée (sans pic, 36 heures ou davantage).

L’insuline NPH, aussi dite isophane, est intermédiaire. Elle commence en 2 à 4 heures, culmine entre 4 et 12 heures, et couvre souvent 12 à 18 heures. Ce pic explique une part du risque d’hypoglycémie nocturne, plus élevé qu’avec les analogues plats. Elle se prescrit encore, surtout lorsque le coût compte, une ou deux fois par jour.

La glargine U-100 et la détémir sont des analogues de première génération. La notice américaine de la glargine indique une injection sous-cutanée une fois par jour, à heure fixe, à n’importe quel moment de la journée. Le NHS précise que la détémir se prend souvent deux fois par jour, alors que la glargine et la dégludec se prennent en général une fois.

La glargine U-300 et la dégludec forment la génération suivante. D’après les Standards of Care 2025, elles exposent à moins d’hypoglycémies nocturnes que la glargine U-100. Une méta-analyse de 2019 (70 études) n’a pas montré d’écart d’HbA1c entre dégludec, détémir et glargine, mais un moindre risque d’hypoglycémie nocturne avec la dégludec (rapport de taux 0,68 dans le type 1 et 0,73 dans le type 2).

Les durées ci-dessous viennent des tableaux CDC (2024) et Mayo Clinic (2023). Elles restent des moyennes ; la notice du stylo et le plan du médecin priment.

Préparation Classe Pic d’action Durée approximative
Insuline NPH (isophane) Action intermédiaire 4 à 12 heures 12 à 18 heures
Insuline glargine U-100 Action prolongée Pic absent Jusqu’à 24 heures
Insuline détémir Action prolongée Sans pic franc Souvent 16 à 24 heures
Insuline glargine U-300 Très longue durée Aucun pic typique 36 heures ou davantage
Insuline dégludec Très longue durée Pic négligeable 36 heures ou plus

Au Royaume-Uni, le NHS indique que le Levemir (détémir) sera retiré, avec des stocks attendus jusqu’à fin 2026. En France, seule l’équipe soignante peut dire si votre spécialité reste disponible et par quoi la remplacer.

Insuline de repas et schéma basal-bolus

L’insuline de fond ne couvre pas le glucose des repas. L’insuline prandiale, ou bolus, s’injecte avant de manger afin de limiter le pic glycémique. Les CDC décrivent une action rapide (environ 15 minutes, pic vers 1 heure, durée 2 à 4 heures) et une insuline humaine régulière plus lente (départ vers 30 minutes, pic 2 à 3 heures, durée 3 à 6 heures).

Le schéma basal-bolus associe une (parfois deux) injection de fond et des bolus aux repas, plus des corrections si la glycémie est déjà haute. C’est le schéma d’injections de référence pour le diabète de type 1 dans les recommandations britanniques NICE (NG17) comme dans les Standards of Care 2025. Une pompe remplace ces injections par une insuline rapide en continu (débit de fond) et des bolus programmés.

Les mélanges prêts à l’emploi combinent une insuline intermédiaire et une insuline rapide ou régulière. Ils simplifient le nombre d’injections mais figent le rapport entre fond et repas. Les CDC indiquent un départ entre 5 et 60 minutes et une durée d’environ 10 à 16 heures, souvent avant le petit-déjeuner et le dîner. NICE (NG28, amendé en 2026) les envisage surtout si la personne veut injecter juste avant le repas, si l’hypoglycémie pose problème, ou si la glycémie monte nettement après les repas.

Dans le type 2, on n’ajoute pas toujours un bolus d’emblée. Quand la glycémie à jeun est acceptable mais que l’HbA1c reste trop haute, ou que les glycémies post-prandiales s’envolent, les Standards of Care 2025 recommandent d’abord d’envisager un agoniste du GLP-1 (ou un agoniste dual GIP/GLP-1) avant de multiplier les insulines de repas, sauf si ces médicaments ne conviennent pas.

Comment l’utiliser si vous avez un diabète de type 1

Toute personne atteinte de diabète de type 1 a besoin d’insuline, y compris une couverture de fond. NICE (NG17) demande un schéma basal-bolus dès le diagnostic et déconseille un traitement limité à l’insuline lente, au bolus seul ou à un mélange deux fois par jour chez l’adulte nouvellement diagnostiqué.

Les besoins totaux se situent souvent entre 0,4 et 1 unité/kg/jour chez l’adulte métaboliquement stable, d’après les Standards of Care 2025. Une dose de départ typique citée par l’ADA/JDRF est de 0,5 unité/kg/jour, dont environ la moitié en fond et l’autre moitié aux repas. La part basale représente en pratique 30 à 50 % de la dose quotidienne, selon l’alimentation, l’âge, une grossesse ou une maladie intercurrente.

Les analogues (ou l’insuline inhalée, peu utilisée en Europe) sont préférés aux insulines humaines injectables chez la plupart des adultes, car ils réduisent le risque d’hypoglycémie et, dans les comparaisons citées par l’ADA, aussi la prise de poids et l’HbA1c. La glargine U-300 ou la dégludec peuvent encore diminuer ce risque par rapport à la glargine U-100.

NICE avait recommandé en 2021 la détémir deux fois par jour comme insulinothérapie de fond de premier choix chez l’adulte, avec la glargine U-100 une fois par jour si la détémir n’est pas tolérée ou si la personne tient à une seule injection, et la dégludec s’il existe une crainte particulière d’hypoglycémie nocturne ou si un aidant injecte. Le même texte signale désormais l’arrêt programmé du Levemir. En France, le diabétologue choisit parmi les spécialités réellement disponibles.

La mesure continue du glucose dès le diagnostic et les systèmes de délivrance automatisée d’insuline (pompe couplée à un capteur) font partie des recommandations ADA 2025 pour les adultes. Ils n’exemptent pas d’apprendre à adapter les bolus aux glucides, à l’activité et aux jours de maladie.

Quand commencer l’insuline lente en cas de diabète de type 2

Chez l’adulte diabétique de type 2 sans signe de carence insulinique, un agoniste du GLP-1 est préféré à l’insuline (recommandation 9.24 des Standards of Care 2025). L’insuline reste utile, parfois d’emblée, en cas d’hyperglycémie marquée, de symptômes francs, d’HbA1c très élevée, ou si un DT1 reste possible.

Quand on commence une insuline de fond, c’est en général la modalité injectable la plus simple. On peut l’ajouter aux médicaments non insuliniques déjà utiles. NICE (NG28, 2026) propose une insuline basale une ou deux fois par jour comme premier schéma insulinique, tout en poursuivant la metformine si elle est déjà prise, et en rediscutant les autres antidiabétiques selon leurs bénéfices (cœur, poids, reins) plutôt que la seule glycémie.

La dose de départ n’est pas la même selon le document. Les Standards of Care 2025 retiennent 10 unités par jour ou 0,1 à 0,2 unité/kg/jour, puis un titrage sur des jours à des semaines. La notice FDA de la glargine retient 0,2 unité/kg ou jusqu’à 10 unités une fois par jour chez la personne qui n’était pas sous insuline. Ces fourchettes américaines ne se substituent pas à la prescription française.

Les personnes atteintes de diabète de type 2 sont en moyenne plus résistantes à l’insuline et peuvent, une fois le traitement intensifié, se rapprocher d’environ 1 unité/kg/jour au total, avec moins d’hypoglycémies que dans le type 1. Ce n’est pas une cible à viser seul. Une dose de fond qui grimpe alors que la glycémie du soir et celle du matin s’écartent fortement, ou que des hypoglycémies apparaissent, évoque un excès de fond plutôt qu’un simple « manque d’unités ».

NICE demande une éducation structurée dès la mise sous insuline (technique d’injection, rotation des sites, autosurveillance, titrage, alimentation, hypoglycémie, conduite). C’est l’équipe de diabétologie ou le médecin traitant qui en fixe le contenu exact.

Comment adapter la dose d’insuline basale

On juge surtout l’insuline de fond sur la glycémie à jeun et sur le profil de la nuit, pas sur un unique pic après le déjeuner. Les Standards of Care 2025 citent un algorithme fréquent dans le type 2 ; augmenter de 2 unités tous les 3 jours tant que l’objectif de glycémie à jeun n’est pas atteint et qu’il n’y a pas d’hypoglycémie. En cas d’hypoglycémie sans cause claire, baisser la dose de 10 à 20 %.

Changer de spécialité n’est pas anodin. Souvent on reprend dose pour dose, puis on réajuste. L’ADA prévoit une baisse initiale de 10 à 20 % si l’équilibre est déjà serré ou si le risque d’hypoglycémie est élevé, et typiquement lors du passage depuis la détémir ou la glargine U-300 vers une autre insuline. La notice de la glargine U-100 fixe un départ à 80 % de la dose totale de NPH lorsque celle-ci était injectée deux fois par jour, et à 80 % de la dose de glargine U-300 en cas de passage inverse.

Un écart coucher–réveil d’au moins 2,8 mmol/L (50 mg/dL), des hypoglycémies (ressenties ou non) et une glycémie très variable sont des signaux d’excès d’insuline de fond (recommandation 9.27). Dans ce cas, augmenter encore la dose de nuit ne corrige pas les pics des repas ; il faut revoir le schéma (GLP-1, bolus sur le repas principal, parfois mélange).

L’ADA propose, si un bolus devient nécessaire, de commencer par 4 unités ou 10 % de la dose de fond au repas le plus copieux, puis d’étendre si besoin. Ces chiffres viennent d’un document américain ; ils illustrent un ordre de grandeur, ils ne remplacent pas le protocole écrit que votre médecin vous remet.

L’activité physique, un repas sauté, une maladie, un jeûne religieux ou une insuffisance rénale modifient les besoins. Toute personne sous insuline devrait avoir un plan pour les jours de maladie, sans arrêter brutalement l’insuline en cas de DT1, car la carence expose à l’acidocétose.

Injection d'insuline à action prolongée dans la cuisse

Hypoglycémie, prise de poids et autres effets

L’hypoglycémie est l’effet indésirable qui limite le plus le traitement par insuline. Les Standards of Care 2025 définissent le niveau 1 comme une glycémie inférieure à 3,9 mmol/L (0,70 g/L) et au moins égale à 3,0 mmol/L ; le niveau 2 comme une glycémie inférieure à 3,0 mmol/L ; le niveau 3 comme un trouble mental ou physique qui exige l’aide d’une autre personne, quel que soit le chiffre.

Les symptômes fréquents comprennent tremblements, irritabilité, confusion, palpitations, sueurs et faim. Certaines personnes, surtout après des hypoglycémies répétées, ne sentent plus la baisse. Cette insensibilité augmente fortement le risque d’épisode grave. Un capteur avec alarme est alors particulièrement utile.

Chez une personne consciente, le glucose est le traitement de premier choix. Pour la plupart des adultes, environ 15 g de glucides rapides suffisent, puis un contrôle 15 minutes plus tard, à renouveler si la glycémie reste basse (Standards of Care 2025, section hypoglycémie). Les aliments très gras ou très protéinés ralentissent la remontée et ne conviennent pas au premier geste.

Les analogues de fond réduisent les hypoglycémies de niveau 2 et les hypoglycémies nocturnes par rapport à la NPH. La dégludec a montré moins d’hypoglycémies nocturnes que la glargine dans la méta-analyse de Holmes, Crabtree et McDonagh (2019). La détémir s’accompagnait d’environ 1 kg de prise de poids en moins que la glargine (type 2) ou la dégludec (type 1), au prix de plus d’arrêts pour effets indésirables dans le type 2.

L’insuline peut favoriser une prise de poids, surtout si l’on corrige trop d’hypoglycémies par des collations. Les sulfamides hypoglycémiants associés augmentent encore le risque de baisse. Lipohypertrophie (bourrelets aux points d’injection) et, plus rarement, amylose cutanée locale perturbent l’absorption. Une rotation des sites et l’éviction des zones durcies réduisent ce problème, d’après la notice de la glargine.

Stylo, sites d’injection et précautions

L’insuline de fond s’injecte dans le tissu sous-cutané de l’abdomen, de la cuisse ou de la région deltoïdienne, en changeant de point à chaque fois dans la même zone. Le NIDDK indique que l’absorption est en général plus rapide à l’abdomen. Il ne faut pas piquer une zone de lipodystrophie.

La notice FDA de la glargine interdit de la diluer ou de la mélanger à une autre insuline ou solution. Un mélange rend la solution trouble et rend imprévisibles le délai et la durée d’action. La glargine ne se donne ni en intraveineuse ni dans une pompe. Vérifiez toujours l’étiquette avant d’injecter ; des confusions entre stylos existent, surtout avec les concentrations U-100, U-200 et U-300.

La solution de glargine doit être limpide et incolore, sans particules. Une insuline NPH est trouble ; on ne lui applique pas le même contrôle visuel. Les stylos concentrés (glargine U-300, dégludec U-200) réduisent le volume injecté mais exigent de lire la fenêtre de dose en unités, sans convertir « à l’œil ». Les Standards of Care 2025 rappellent que ces présentations existent surtout en stylo prérempli pour limiter les erreurs de seringue.

  • Un stylo se range selon la notice, à l’abri du gel, et se jette à la date après ouverture.
  • Les aiguilles ne se partagent jamais, même au sein d’un foyer, afin d’éviter les infections transmissibles par le sang.
  • Après un changement de marque, de concentration ou de schéma, multipliez les contrôles glycémiques pendant plusieurs jours.
  • Si vous passez d’un flacon à un stylo, ou l’inverse, faites vérifier la technique par un professionnel formé à l’insuline.

Le pharmacien reste l’interlocuteur le plus proche pour le stylo, les aiguilles, le glucagon et les interactions avec les autres traitements. Les spécialités et les dispositifs remboursés en France ne sont pas ceux des tableaux de prix américains.

Insuline basale, hypoglycémie grave et quand consulter

Une glycémie basse n’est pas un « détail » du traitement. Un épisode de niveau 2 ou 3 doit faire revoir le plan, y compris une baisse de dose ou un changement de molécule, selon la recommandation 6.18 des Standards of Care 2025. Le glucagon, de préférence déjà prêt à l’emploi (stylo, seringue préremplie ou poudre nasale), doit être prescrit à toute personne sous insuline, et l’entourage doit savoir où il se trouve.

Appelez le 15 ou le 112 si la personne est inconsciente, a une convulsion, ne peut plus avaler, ou si le glucagon ne redresse pas la situation. En attendant les secours, on n’injecte pas d’insuline et on ne fait pas boire une personne inconsciente.

Situation Conduite, d’après les sources citées
Glycémie < 3,9 mmol/L, personne consciente Environ 15 g de glucose, contrôle à 15 min, renouveler si besoin
Confusion, incapacité d’avaler, perte de connaissance Glucagon puis appel du 15 ou du 112
Écart coucher–réveil ≥ 2,8 mmol/L malgré une dose de fond haute Revoir le schéma avec le médecin (excès de fond possible)
Hypoglycémies répétées, surtout la nuit, ou insensibilité aux baisses Consultation rapide, discussion d’un capteur et d’un analogue à profil plus plat
Soif intense, vomissements, suspicion de cétones dans le type 1 Avis médical urgent ; ne pas interrompre l’insuline sans consigne

Consultez aussi le médecin traitant ou le diabétologue si la glycémie du réveil reste haute après plusieurs paliers de titrage, si vous devez sans cesse grignoter pour éviter les malaises, ou si des bourrelets apparaissent aux points d’injection. Un contrôle d’HbA1c isolé ne dit pas si la nuit est trop « couverte » par la dose de fond.

Pompe, capteur et insuline de fond continue

Une pompe n’utilise en général pas de glargine ni de dégludec. Elle infuse une insuline rapide 24 heures sur 24 ; ce débit joue le rôle de l’insuline lente, et les bolus couvrent les repas. Mayo Clinic décrit ce double rôle. Les systèmes automatisés ajustent le débit grâce à un capteur. Les Standards of Care 2025 demandent de les proposer à tous les adultes atteints de diabète de type 1.

La mesure continue du glucose améliore le temps passé dans la cible et réduit les hypoglycémies chez beaucoup de personnes sous insuline intensive. L’ADA vise, pour de nombreux adultes non enceintes, plus de 70 % du temps entre 3,9 et 10,0 mmol/L, moins de 4 % du temps sous 3,9 mmol/L, et moins de 1 % sous 3,0 mmol/L. Ces seuils américains servent de repère ; vos cibles individuelles peuvent être plus souples, surtout après 75 ans ou en cas de risque élevé de malaise.

Dans le type 2, une pompe n’est pas le premier recours. Une insuline de fond en stylo, parfois associée à un agoniste du GLP-1, suffit souvent. Un capteur reste utile dès que le risque d’hypoglycémie est élevé, y compris sous insuline basale seule.

Le « pancréas artificiel » du NIDDK désigne un capteur, un algorithme et une pompe qui travaillent ensemble. Il ne supprime ni l’éducation ni les bolus de repas dans la plupart des systèmes actuels. Un oubli de canule, un sport intense ou une maladie peuvent encore faire sortir la glycémie de la cible.

Questions fréquentes

Peut-on mélanger l’insuline glargine avec une insuline rapide ?

Non. La notice FDA de la glargine interdit de la diluer ou de la mélanger à une autre insuline. Le mélange rend l’action imprévisible et peut troubler la solution. Les deux insulines s’injectent séparément, de préférence à des endroits différents.

L’insuline lente suffit-elle à elle seule en cas de DT1 ?

Non, pas comme seul traitement chez l’adulte nouvellement diagnostiqué. NICE (NG17) impose un schéma basal-bolus et écarte d’emblée un traitement limité à l’insuline de fond. Une pompe remplace ce schéma par une insuline rapide en continu, ce qui reste une couverture de fond plus des bolus.

Faut-il arrêter la metformine quand on commence l’insuline ?

NICE (NG28) demande de poursuivre la metformine si elle est déjà prise, sauf contre-indication. Les autres antidiabétiques se rediscutent un par un, surtout s’ils protègent le cœur ou le rein. Ne les interrompez pas de vous-même.

Comment distinguer Lantus, Toujeo et Tresiba ?

Ce sont des marques d’insulines de fond différentes. Lantus est une glargine U-100 (environ 24 heures) ; Toujeo une glargine U-300 plus concentrée et plus longue ; Tresiba une dégludec ultra-prolongée. Le NHS les classe ainsi ; le médecin français choisit selon le risque d’hypoglycémie nocturne, le nombre d’injections et les spécialités disponibles.

Comment savoir si la dose de fond est trop élevée ?

Un écart d’au moins 2,8 mmol/L entre le coucher et le réveil, des hypoglycémies (même non ressenties) et une glycémie très chaotique sont les signaux retenus par l’ADA en 2025. Dans ce cas, monter encore l’insuline lente ne corrige pas les pics des repas. Apportez vos carnets ou les graphiques du capteur à la consultation.

Que faire si l’on oublie une injection d’insuline lente ?

Ne doublez pas la dose au jugé. Le geste exact dépend de la spécialité (certaines durent plus de 24 heures) et figure sur la notice. Contactez le pharmacien ou le médecin, surveillez la glycémie de près, et gardez de quoi traiter une hypoglycémie.

Contrôle de la glycémie avant un repas

Conclusion

L’insuline basale est l’outil qui stabilise la nuit et les jeûnes, pas un traitement unique du diabète. Dans le type 1, elle s’inscrit dans un schéma basal-bolus ou une pompe ; dans le type 2, elle vient souvent après, ou à côté, d’un agoniste du GLP-1, à une dose de départ modeste que l’on titre sur la glycémie à jeun.

Les analogues plats, surtout la glargine U-300 et la dégludec, ont réduit les hypoglycémies nocturnes par rapport à la NPH et à la glargine U-100, sans miracle sur l’HbA1c entre analogues. La contrepartie reste l’hypoglycémie, la prise de poids possible et les erreurs de stylo. Un glucagon prêt à l’emploi et 15 g de glucose à portée de main font partie du traitement autant que le stylo lui-même.

Avant la prochaine consultation, notez trois glycémies du coucher et du réveil, les malaises nocturnes, et la dose actuelle en unités. Demandez si cette dose de fond n’est pas déjà trop haute, si un capteur est indiqué, et si un glucagon à usage immédiat figure bien sur l’ordonnance. Le 15 ou le 112 reste le numéro à composer si un malaise grave empêche d’avaler ou de parler.

Sources

  1. American Diabetes Association Professional Practice Committee : 9. Pharmacologic Approaches to Glycemic Treatment: Standards of Care in Diabetes—2025. Diabetes Care, 2025.
  2. American Diabetes Association Professional Practice Committee : 6. Glycemic Goals and Hypoglycemia: Standards of Care in Diabetes—2025. Diabetes Care, 2025.
  3. Types of Insulin. Centers for Disease Control and Prevention, 15 mai 2024.
  4. Diabetes treatment: Using insulin to manage blood sugar. Mayo Clinic, 4 août 2023.
  5. Insulin-based treatments | Type 2 diabetes in adults: management. National Institute for Health and Care Excellence, mis à jour en 2026.
  6. Type 1 diabetes in adults: diagnosis and management. National Institute for Health and Care Excellence, mis à jour en 2026.
  7. Insulin, Medicines, & Other Diabetes Treatments. National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases, mars 2022.
  8. About long-acting insulin. National Health Service, 7 juillet 2023.
  9. Holmes RS, Crabtree E, McDonagh MS : Comparative effectiveness and harms of long-acting insulins for type 1 and type 2 diabetes: A systematic review and meta-analysis. Diabetes, Obesity and Metabolism, 22 janvier 2019.
  10. INSULIN GLARGINE injection, solution. DailyMed, juin 2023.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.