Préménopause et périménopause : comment les comparer

Préménopause et périménopause : comment les comparer

La périménopause est la période de transition autour de la dernière menstruation. Elle commence lorsque les cycles se dérèglent ou que des bouffées de chaleur apparaissent, et elle se termine seulement après douze mois d’affilée sans règles. La préménopause, au sens des classifications internationales, désigne encore les années reproductives relativement stables, avant ces premiers signes ; dans le langage courant en France, le même mot sert souvent à nommer la transition elle-même.

Cette distinction n’est pas un détail de vocabulaire. Dans la cohorte américaine SWAN, la durée médiane de la transition allait de 4,37 ans lorsque celle-ci commençait tard à 8,57 ans lorsqu’elle commençait tôt, d’après l’analyse de Paramsothy et coll. publiée en 2017.

Après 45 ans, le NICE britannique et la recommandation 2025 de la Société européenne d’endocrinologie déconseillent les dosages hormonaux de routine pour « confirmer » la phase. Le traitement hormonal reste, selon la position 2022 de The North American Menopause Society (NAMS), le moyen le plus efficace de soulager des bouffées gênantes chez une femme de moins de 60 ans ou dans les dix ans après le début de la ménopause. Un saignement une fois l’année sans règles écoulée, même minime, demande un avis médical.

Préménopause et périménopause : ce que recouvrent ces mots

Ces deux termes ne décrivent pas la même fenêtre biologique, même si beaucoup de textes grand public les emploient l’un pour l’autre. La préménopause, dans le système STRAW+10 de Harlow et coll. (2012), correspond aux stades reproductifs encore marqués par des cycles à peu près prévisibles. La périménopause, elle, commence avec les premiers signes que la dernière menstruation approche (irrégularité du cycle, parfois bouffées) et se prolonge jusqu’à douze mois après cette dernière menstruation.

Le préfixe « péri- » signifie « autour de ». La ménopause n’est pas un jour ressenti, c’est un constat rétrospectif. L’ACOG fixe l’âge moyen de cette dernière menstruation vers 51 ans. Tant que les règles n’ont pas disparu pendant une année complète, on reste dans la périménopause, même si les ovaires ovulent de moins en moins souvent.

En France, « préménopause » reste le mot que beaucoup de femmes tapent lorsqu’elles voient leurs cycles se raccourcir, s’allonger ou s’accompagner de seins douloureux. Le médecin parlera plus volontiers de périménopause ou de transition ménopausique. Les deux conversations visent le même vécu. Le calendrier, lui, change la décision (contraception, bilan, traitement).

La postménopause commence au moment où la ménopause est confirmée. Les bouffées peuvent encore durer, la sécheresse vaginale aussi. La Cleveland Clinic rappelle que la périménopause est déjà une période de fluctuations, pas une descente linéaire des œstrogènes. Les taux montent et redescendent. C’est cette instabilité, plus que le niveau moyen, qui explique des cycles tantôt courts, tantôt sautés, et un syndrome prémenstruel parfois plus marqué qu’à 30 ans.

Femme mature en plein air, rayonnante et sereine.

Comment la classification STRAW+10 découpe la transition

STRAW+10, actualisation en 2012 de l’atelier de 2001, reste le cadre de référence pour dater la transition, y compris dans les textes européens récents. Le repère central est la dernière menstruation (stade 0). De part et d’autre, les stades se lisent sur le calendrier des cycles, pas sur un unique dosage.

La transition précoce (stade −2) se définit par une différence persistante de 7 jours ou plus entre des cycles consécutifs, la persistance signifiant que l’écart revient dans les dix cycles suivants. La FSH du début de cycle peut déjà être un peu plus haute et variable. L’hormone antimüllérienne et le compte de follicules antraux baissent, mais STRAW+10 ne les impose pas comme critères cliniques de premier recours.

La transition tardive (stade −1) commence avec une aménorrhée d’au moins 60 jours. Elle dure en moyenne 1 à 3 ans. Les hormones oscillent alors de façon extrême. Une FSH parfois déjà dans la zone ménopausique, parfois encore « jeune », n’a rien d’incohérent. Harlow et coll. indiquent qu’un prélèvement unique supérieur à 25 UI/l peut étayer le stade tardif, selon les étalons hypophysaires internationaux, tout en demandant de tenir compte de l’essai utilisé.

Stade Repère de cycle Durée habituelle Grossesse encore possible
Vie reproductive tardive (préménopause médicale) Cycles encore assez réguliers Variable Oui
Transition précoce (STRAW −2) Écart persistant ≥ 7 jours entre cycles consécutifs Non fixée Oui, moins prévisible
Transition tardive (STRAW −1) Pause menstruelle ≥ 60 jours 1 à 3 ans Oui, plus rare
Fin de périménopause (STRAW +1a) 12 mois sans règles 1 an après la dernière menstruation Non, hors assistance médicale

La périménopause recouvre donc −2, −1 et la première année après la dernière menstruation. Une femme peut encore concevoir au stade −1, puis, un an plus tard, entrer dans un cadre où tout saignement redevient un motif d’examen. Harlow et coll. appliquent ce cadre indépendamment de l’âge, de l’ethnie, de la corpulence ou du mode de vie, même si une hystérectomie rend le calendrier illisible.

À quel âge commence la périménopause et combien de temps dure-t-elle

La plupart des femmes remarquent les premiers changements dans la quarantaine, parfois dès la trentaine, parfois seulement vers 50 ans, selon la Mayo Clinic. La Cleveland Clinic situe souvent le début vers le milieu de la quarantaine et estime la durée moyenne autour de 4 ans, avec des trajectoires qui peuvent atteindre 8 ans. Ces fourchettes cliniques collent aux médianes de SWAN (4,37 à 8,57 ans selon l’âge de début).

Commencer tôt allonge la transition. Paramsothy et coll. l’ont montré sur 1 145 femmes de quatre groupes ethniques suivies par calendrier menstruel. Le tabagisme était lié à un début plus précoce et à une durée plus courte. Les femmes afro-américaines de la cohorte avaient une transition plus longue que les femmes blanches. L’indice de masse corporelle retardait le début sans modifier clairement la durée.

L’ACOG retient 51 ans comme âge moyen de la ménopause. Le NHS parle d’une fenêtre habituelle entre 45 et 55 ans. Une ménopause avant 45 ans sort de cette fenêtre et justifie un entretien spécifique. Le tabagisme, une histoire familiale de ménopause précoce, une chimiothérapie, une radiothérapie pelvienne ou une chirurgie ovarienne peuvent avancer le calendrier, indique la Mayo Clinic, d’environ 1 à 2 ans pour le tabac.

Les symptômes vasomoteurs, eux, ne s’arrêtent pas net le jour du constat de ménopause. Le NHS indique qu’ils durent souvent 7 à 9 ans, parfois plus, et qu’ils peuvent changer de nature. Des bouffées intenses laissent parfois la place à un moral bas ou à des douleurs articulaires. La sécheresse vaginale et les infections urinaires à répétition appartiennent souvent à la postménopause autant qu’à la transition.

Quels symptômes distinguent chaque phase

Avant la transition, les cycles restent assez réguliers. Les gênes, s’il y en a, ressemblent à un syndrome prémenstruel connu. La périménopause se signale d’abord par un calendrier qui n’obéit plus. Les règles arrivent plus tôt ou plus tard, le flux s’allège ou s’alourdit, un cycle saute. La Mayo Clinic retient l’écart persistant de 7 jours comme marqueur précoce et une pause de 60 jours comme marqueur tardif, en écho à STRAW+10.

Les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes peuvent commencer avant même que le calendrier ne se dérègle, ou l’inverse. La recommandation européenne 2025 de Lumsden et coll. estime qu’environ 25 % des femmes postménopausées vivent des symptômes invalidants. Avoir peu de signes n’est donc pas rare. En avoir beaucoup non plus.

Le sommeil se fragmente, avec ou sans sueurs. L’humeur bascule plus facilement, surtout en cas d’antécédent de syndrome prémenstruel marqué, de trouble dysphorique prémenstruel, de dépression du post-partum, d’anxiété ou de dépression, précise la Mayo Clinic. Le NHS ajoute les troubles de mémoire et de concentration, souvent aggravés par la fatigue. Rien de tout cela n’est inventé, et rien n’est spécifique. Une dysthyroïdie, une anémie, un médicament ou un surmenage donnent le même tableau.

Les tissus vulvovaginaux s’assèchent et perdent de l’élasticité lorsque les œstrogènes baissent. Les rapports peuvent devenir douloureux. Les cystites se répètent, l’envie d’uriner se fait plus pressante. La Mayo Clinic décrit aussi une perte osseuse plus rapide et un profil lipidique moins favorable, avec une LDL qui peut monter. Ce n’est pas un diagnostic d’ostéoporose ni de maladie coronaire. C’est une fenêtre où le capital osseux et vasculaire se discute avec le médecin traitant.

  • Un cycle qui s’écarte de 7 jours ou plus, de façon répétée, oriente vers le début de la transition.
  • Une pause de 60 jours ou plus oriente vers la phase tardive, sans fermer la porte à une grossesse.
  • Des bouffées, un sommeil cassé ou une sécheresse vaginale peuvent précéder ou suivre le dérèglement des règles.
  • Un syndrome prémenstruel plus bruyant n’est pas à lui seul une preuve de périménopause.

Peut-on encore concevoir pendant la périménopause

Oui, tant que les règles n’ont pas disparu pendant douze mois d’affilée. La Mayo Clinic et la Cleveland Clinic le disent de la même façon. L’ovulation devient irrégulière, donc la fécondité baisse, mais une ovulation tardive suffit. Les cycles imprévisibles rendent même une grossesse non désirée plus facile à « rater » dans le calendrier.

La contraception reste donc un sujet de consultation, pas un détail. Aux États-Unis, la Mayo Clinic conseille de la poursuivre jusqu’à ces douze mois sans règles. Au Royaume-Uni, le NHS distingue l’âge. Après 50 ans, une année sans règles peut suffire. Entre 40 et 49 ans, la consigne est de deux années après la dernière menstruation. Le médecin ou le gynécologue appliquera la règle française en vigueur. NICE renvoie d’ailleurs vers le guide britannique de contraception après 40 ans plutôt que de poser un seuil universel.

La pilule combinée, un dispositif intra-utérin hormonal, un implant ou une injection peuvent masquer les règles et brouiller le diagnostic de ménopause. Le NHS le souligne. La pilule combinée n’est en général plus proposée à partir de 50 ans au Royaume-Uni, le rapport bénéfice-risque devenant moins favorable. Un progestatif seul peut alors prendre le relais. Ces choix dépendent des contre-indications (migraine avec aura, antécédent thrombotique, tabac, hypertension) que seul un prescripteur peut peser.

La Cleveland Clinic indique que des comprimés contraceptifs peuvent aussi lisser les hormones et atténuer certains symptômes de la transition, tant qu’une contraception est encore nécessaire et qu’il n’existe pas de contre-indication. Le THM, lui, n’est pas une contraception. NICE le rappelle dans le cadre de l’insuffisance ovarienne prématurée, où une grossesse spontanée reste possible.

Comment se pose le diagnostic, avec ou sans dosage de FSH

Chez une femme de 45 ans ou plus, en bonne santé apparente, le diagnostic de périménopause est clinique. NICE demande de le poser sans laboratoire si des bouffées récentes s’associent à un changement de cycle, et de poser celui de ménopause après un an sans règles hors contraception hormonale. Après une hystérectomie, on s’appuie sur le type de symptômes. La Mayo Clinic et la Cleveland Clinic aboutissent au même constat. Les hormones de la transition varient trop d’un jour à l’autre pour qu’un cliché sanguin tranche.

La recommandation 2025 de la Société européenne d’endocrinologie aboutit au même critère. Après 45 ans, un bilan biochimique n’est pas nécessaire pour le diagnostic ou le suivi de la (péri)ménopause. Entre 40 et 45 ans, un dosage peut se discuter. Avant 40 ans, il devient utile si les cycles s’espacent, si la fertilité chute ou si des bouffées apparaissent, car l’insuffisance ovarienne prématurée doit alors être cherchée. Si un dosage de FSH est décidé, Lumsden et coll. suggèrent de le faire en début de cycle (jours 2 à 5) ou après plus de 40 jours sans règles.

NICE interdit, après 45 ans, de s’appuyer sur l’hormone antimüllérienne, les inhibines A et B, l’estradiol, le compte de follicules antraux ou le volume ovarien pour « dater » la ménopause. Un dosage de FSH n’a pas de sens non plus sous contraception œstroprogestative ou sous progestatif à forte dose. Un test urinaire vendu en pharmacie mesure une FSH élevée à un instant T. Il ne dit pas si vous êtes en transition, ménopausée, ou simplement à un pic transitoire.

Le médecin peut en revanche doser la TSH. Une dysthyroïdie mime la transition. En cas de saignements anormaux, l’enjeu n’est plus de « confirmer la périménopause », c’est d’écarter un fibrome, un polype, un trouble de coagulation, une infection ou, plus rarement, un cancer. La Cleveland Clinic insiste sur ce tri.

Une femme ressentant des symptômes de la ménopause, exprimant son inconfort.

Ménopause avant 45 ans : précocité et insuffisance ovarienne

Une ménopause entre 40 et 44 ans est dite précoce. Avant 40 ans, on parle de ménopause prématurée ou, lorsqu’il n’y a pas de cause chirurgicale ou médicamenteuse évidente, d’insuffisance ovarienne prématurée. La Mayo Clinic et NICE utilisent ce découpage. Ce n’est pas une « petite ménopause en avance ». Des années supplémentaires sans œstrogènes élèvent le risque de perte osseuse et d’événements cardiovasculaires. NICE 2024 demande aussi un soutien psychologique lorsque le diagnostic de ménopause précoce (40-44 ans) est mal vécu.

Le diagnostic d’insuffisance ovarienne prématurée ne repose pas sur une prise de sang isolée. NICE exige des symptômes (règles absentes ou très espacées) et deux FSH élevées prélevées à 4-6 semaines d’intervalle, chez une personne de moins de 40 ans qui n’est pas sous contraception hormonale. L’hormone antimüllérienne n’est pas un test de routine pour poser ce diagnostic. En cas de doute, l’orientation vers un médecin compétent en ménopause ou en médecine de la reproduction s’impose.

Le traitement hormonal, ici, n’est pas seulement un confort. NICE propose un THM ou une contraception hormonale combinée, sauf contre-indication (cancer hormonodépendant, par exemple), jusqu’à au moins l’âge habituel de la ménopause naturelle. Lumsden et coll. (2025) recommandent ce traitement même en l’absence de bouffées, parce que le bénéfice osseux et cardiovasculaire l’emporte. Le THM ne protège pas d’une grossesse. Une contraception distincte reste à discuter.

Les causes possibles comprennent une prédisposition familiale, le tabac, une chimiothérapie, une radiothérapie pelvienne, l’ablation des deux ovaires, une maladie auto-immune (dont les thyroïdites) ou une anomalie génétique. Souvent, aucune cause n’est identifiée. Le médecin français appliquera les examens locaux. L’essentiel est de ne pas classer un arrêt des règles à 38 ans dans la case « stress » sans bilan.

Traitement hormonal : pour qui, avec quels risques

Le traitement hormonal de la ménopause reste, d’après la position NAMS 2022, le moyen le plus efficace de réduire les bouffées et le syndrome génito-urinaire, et il prévient la perte osseuse. NICE propose d’offrir ce traitement aux personnes de 40 ans ou plus gênées par des symptômes vasomoteurs. Le rapport bénéfice-risque est en général favorable avant 60 ans ou dans les dix ans après le début de la ménopause, chez une femme sans contre-indication. Au-delà, le risque absolu d’infarctus, d’accident vasculaire, de thrombose veineuse et de démence pèse davantage.

La présence de l’utérus change la formule : œstrogène seul après hystérectomie, association œstrogène-progestatif si l’utérus est encore en place, pour protéger l’endomètre. NICE 2024 le rappelle, comme l’ACOG. La voie transdermique (patch, gel, spray) n’augmente pas le risque de thrombose veineuse dans les données retenues par NICE, contrairement à la voie orale. Chez une personne à risque thrombotique, y compris avec un IMC supérieur à 30 kg/m², la voie cutanée est donc à discuter en premier.

Le risque de cancer du sein augmente avec le traitement combiné, davantage tant qu’il est pris, et le surcroît diminue après l’arrêt tout en persistant au moins dix ans, selon les tableaux NICE 2024. Avec l’œstrogène seul, l’augmentation du risque de cancer du sein est nulle ou très faible. L’espérance de vie globale n’est, toujours selon NICE, pas modifiée de façon notable. Ces chiffres britanniques ne se recopient pas comme une norme française. Ils servent à préparer une décision partagée avec le médecin qui prescrit ici.

Les œstrogènes locaux (crème, ovule, anneau) agissent surtout sur la sécheresse, la douleur des rapports et une partie des symptômes urinaires. NICE 2024 les propose même chez une femme déjà sous traitement systémique, et indique que les effets indésirables graves sont très rares. Après un cancer du sein, les lubrifiants et hydratants non hormonaux viennent en premier. Un œstrogène local peut ensuite se discuter avec l’oncologue, hors schéma d’inhibiteur de l’aromatase où l’avis spécialisé est indispensable.

Les préparations « bio-identiques » magistrales ne sont pas mieux évaluées que les spécialités autorisées. L’ACOG préfère les hormones approuvées par la FDA aux préparations magistrales non réglementées. La Mayo Clinic souligne l’absence de contrôle de qualité comparable. En France, le pharmacien et le médecin s’appuient sur les spécialités disposant d’une autorisation. Un réexamen à trois mois, puis au moins une fois par an, permet d’ajuster dose, voie et durée. NICE 2024 demande aussi de dire d’emblée que les symptômes peuvent revenir à l’arrêt et que le traitement peut être repris si besoin.

Options sans hormones pour les bouffées et la sécheresse

Lorsque le traitement hormonal est contre-indiqué, mal toléré ou refusé, d’autres leviers existent, d’efficacité inégale. La position non hormonale NAMS de 2023 classe en niveau I (preuves solides) la thérapie cognitivo-comportementale, l’hypnose clinique, certains inhibiteurs de recapture de la sérotonine ou de la noradrénaline, la gabapentine et le fezolinetant. Elle ne recommande pas la respiration rythmée, les plantes, le soja, l’acupuncture ni l’évitement des « déclencheurs » comme traitements des bouffées. Porter des couches de vêtements reste un confort, pas une preuve d’efficacité.

NICE 2024 place la TCC spécifique de la ménopause parmi les options pour les bouffées, le sommeil fragmenté et les symptômes dépressifs liés à la transition, en appoint du THM ou à sa place. Le même guide britannique demande toutefois de ne pas proposer en première intention un ISRS, un IRSN ou la clonidine pour des bouffées isolées. Aux États-Unis, la Mayo Clinic les cite parmi les recours utiles, surtout si une dépression coexiste ou si les œstrogènes sont impossibles.

Le fezolinetant, antagoniste du récepteur de la neurokinine-3 autorisé par la FDA en 2023 (spécialité Veozah), cible le thermostat hypothalamique sans être une hormone. La notice américaine de décembre 2024 fixe la dose à 45 mg une fois par jour et exige un bilan hépatique avant le début, tous les mois pendant trois mois, puis à 6 et 9 mois, après des cas d’atteinte du foie rapportés après commercialisation. Le médicament est contre-indiqué en cas de cirrhose, d’insuffisance rénale sévère ou d’association à un inhibiteur du CYP1A2. NICE, dans une actualisation de 2026, le retient lorsque le THM ne convient pas. La Mayo Clinic mentionne aussi l’elinzanetant, autre molécule non hormonale. La disponibilité et le remboursement en France se vérifient auprès du médecin ou du pharmacien. Aucun de ces textes n’autorise à commencer un comprimé sans prescription.

La gabapentine, l’oxybutynine (médicament d’hyperactivité vésicale) et certains antidépresseurs peuvent réduire les bouffées, d’après la Mayo Clinic. Les doses, les interactions et les contre-indications relèvent de la notice et du prescripteur. Pour la sécheresse, un hydratant vaginal plusieurs fois par semaine et un lubrifiant à l’eau au moment des rapports restent le premier palier, y compris chez l’ACOG. NICE 2024 y ajoute, si besoin, le prastérone local ou l’ospémifène oral lorsque les traitements locaux sont impraticables. Le laser vaginal n’est pas proposé hors essai randomisé.

Les extraits de cimicaire (actée à grappes) et les isoflavones du soja ont quelques signaux sur les bouffées, écrit NICE, mais les préparations varient et des interactions sont décrites. Le texte NAMS 2023 ne les recommande pas. Un complément « naturel » n’est pas un traitement évalué. Il faut le signaler au pharmacien, surtout en cas de cancer hormonodépendant ou d’anticoagulant.

Saignements anormaux et autres motifs de consultation

Les cycles irréguliers font partie de la transition. Certains saignements, non. La Mayo Clinic demande un avis si le flux est très abondant, s’il dépasse sept jours, s’il apparaît entre les règles ou si les cycles se rapprochent de moins de 21 jours. La Cleveland Clinic y ajoute les caillots volumineux, le changement de protection toutes les une à deux heures, un saignement après un rapport et un allongement net des règles. Le NHS demande aussi de consulter lorsque, les règles étant encore là, le flux devient plus abondant plutôt que plus rare.

Un saignement après douze mois sans règles, même une seule fois, même sous forme de simples traces roses, doit être examiné. Le NHS le classe parmi les motifs de rendez-vous, car un cancer de l’endomètre, bien que peu fréquent, se dépiste mieux tôt. La Mayo Clinic tient le même langage.

Les bouffées qui cassent le sommeil, une humeur qui bascule, une sécheresse douloureuse ou une contraception devenue floue suffisent à prendre rendez-vous, sans attendre un test de FSH. Le NHS y ajoute les palpitations. Une douleur thoracique brutale, un déficit neurologique brutal, un malaise lors d’une hémorragie ou des idées de mort ne se règlent pas au prochain créneau du médecin traitant. En France, composez le 15 (SAMU) ou le 112.

Situation Conduite
Cycles irréguliers, bouffées, sommeil cassé, sécheresse gênante Rendez-vous avec le médecin traitant ou le gynécologue
Flux très abondant, règles > 7 jours, saignement entre les cycles ou après un rapport Avis médical sans attendre le « prochain contrôle »
Tout saignement après 12 mois sans règles Examen prévu pour écarter une cause utérine
Palpitations isolées pendant une bouffée Consultation programmée, comme le recommande le NHS
Hémorragie avec malaise, douleur thoracique brutale, idées suicidaires Appel du 15 ou du 112

Apportez un calendrier de deux ou trois cycles (dates, abondance, douleurs, bouffées, sommeil). Listez les médicaments, y compris plantes et contraception. Ces éléments orientent plus qu’un dosage isolé. Le médecin français tranchera selon les recommandations locales, qui peuvent différer des textes américains ou britanniques cités ici.

Questions fréquentes

La « préménopause » dont parlent les femmes est-elle la périménopause médicale ?

Souvent oui, dans le langage courant. Au sens de STRAW+10, la préménopause est encore la vie reproductive relativement stable, et la périménopause est la transition autour de la dernière menstruation. Si vos cycles changent ou que des bouffées apparaissent, c’est de cette transition qu’il s’agit, quel que soit le mot employé.

Un test de ménopause acheté en pharmacie suffit-il ?

Non. Ces tests détectent une FSH élevée à un moment donné, alors que la FSH de la transition monte et descend. Après 45 ans, NICE et la Société européenne d’endocrinologie (2025) déconseillent d’ailleurs les dosages de routine. L’âge, le calendrier des règles et les symptômes pèsent davantage.

Combien de temps faut-il encore se protéger d’une grossesse ?

Jusqu’à ce que la ménopause soit confirmée. La Mayo Clinic retient douze mois sans règles. Le NHS britannique demande un an après 50 ans et deux ans entre 40 et 49 ans. Demandez à votre médecin quelle règle il applique, surtout si une contraception hormonale masque les cycles.

Faut-il arrêter le traitement hormonal à 60 ans ?

Pas de façon automatique. La position NAMS 2022 n’impose pas un arrêt systématique après 60 ou 65 ans si des bouffées gênantes persistent, sous réserve d’une réévaluation régulière. NICE demande de rediscuter bénéfices et risques à chaque suivi. La décision est individuelle.

Les antidépresseurs remplacent-ils les hormones pour les bouffées ?

Ils peuvent réduire les bouffées chez certaines femmes, surtout si un trouble de l’humeur coexiste, d’après la Mayo Clinic et la position NAMS 2023. NICE ne les place pas en première ligne lorsque les bouffées sont isolées. Ils ne traitent pas la sécheresse vaginale ni la perte osseuse.

Le fezolinetant remplace-t-il le traitement hormonal ?

Non. C’est un comprimé non hormonal autorisé aux États-Unis en 2023 pour des bouffées modérées à intenses, à 45 mg par jour, avec surveillance du foie. Au Royaume-Uni, NICE 2026 le retient lorsque le THM ne convient pas. Demandez à votre médecin s’il est prescrit et disponible là où vous vous soignez.

Femme ressentant des sueurs nocturnes et des troubles du sommeil.

Conclusion

Préménopause et périménopause ne sont pas deux maladies à « vaincre ». Ce sont deux façons de nommer des fenêtres différentes d’une même trajectoire ovarienne. La fenêtre qui compte pour les décisions, c’est celle où les cycles se dérèglent, où les bouffées apparaissent, et qui ne se clôt qu’une fois l’année sans menstruations révolue. STRAW+10 donne des repères (7 jours d’écart, 60 jours de pause). SWAN montre que cette parenthèse peut durer de l’ordre de 4 à 8 ans selon l’âge de début.

Le réflexe utile n’est pas d’acheter un test de FSH. Après 45 ans, les guides britannique et européen de 2024-2025 demandent de s’en passer en routine. Tenez un calendrier, parlez contraception tant que la ménopause n’est pas confirmée, et posez la question du THM si les bouffées, le sommeil ou la sécheresse gênent, en particulier avant 60 ans ou dans les dix ans après le début de la ménopause. Les options sans hormones (TCC, fezolinetant, certains psychotropes) existent. Elles ne s’improvisent pas.

Si le flux devient hémorragique, si un saignement revient après une année blanche, ou si les règles s’arrêtent avant 45 ans, le rendez-vous n’est plus optionnel. Un malaise pendant une hémorragie, une douleur thoracique brutale ou des idées de mort relèvent du 15 ou du 112. Pour le reste, un médecin traitant ou un gynécologue, avec la liste de vos traitements, suffit à démêler ce qui appartient à la transition de ce qui demande un autre bilan.

Sources

  1. Perimenopause – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 22 août 2026.
  2. Perimenopause – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 22 août 2026.
  3. Perimenopause: Age, Stages, Signs, Symptoms & Treatment. Cleveland Clinic, 29 juillet 2024.
  4. The Menopause Years. American College of Obstetricians and Gynecologists, décembre 2018, relu en décembre 2025.
  5. Menopause: identification and management. National Institute for Health and Care Excellence, 12 novembre 2015, mis à jour le 15 avril 2026.
  6. Harlow SD, Gass M, Hall JE et al. : Executive summary of the Stages of Reproductive Aging Workshop + 10: addressing the unfinished agenda of staging reproductive aging. The Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, 16 février 2012.
  7. Paramsothy P, Harlow SD, Nan B et al. : Duration of the menopausal transition is longer in women with young age at onset: the multiethnic Study of Women’s Health Across the Nation. Menopause, février 2017.
  8. The 2022 hormone therapy position statement of The North American Menopause Society. Menopause, 1er juillet 2022.
  9. Lumsden MA, Dekkers OM, Faubion SS et al. : European society of endocrinology clinical practice guideline for evaluation and management of menopause and the perimenopause. European Journal of Endocrinology, 30 septembre 2025.
  10. VEOZAH (fezolinetant) tablets, for oral use. U.S. Food and Drug Administration, décembre 2024.
  11. Symptoms of menopause and perimenopause. National Health Service, 19 mai 2026.
  12. The 2023 nonhormone therapy position statement of The North American Menopause Society. Menopause, 1er juin 2023.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.