
Une boule sous l’aisselle est le plus souvent un ganglion lymphatique gonflé par une infection du bras, de la peau ou un vaccin récent, ou une lésion cutanée bénigne. Le cancer est rare, mais une masse qui dure, durcit, grossit ou s’accompagne de fièvre, de sueurs nocturnes ou d’une anomalie du sein doit être vue par un médecin.
Beaucoup de gens palpent cette petite masse en mettant du déodorant, de la taille d’un pois ou d’un haricot. Une revue de 2025 parue dans American Family Physician estime que l’adénopathie touche environ 0,6 % des personnes chaque année et qu’une cause maligne n’est retenue, en soins primaires, que dans 1,1 % des cas environ, chiffre qui passe près de 4 % après 40 ans.
Deux semaines sans disparition, d’après la Cleveland Clinic, suffisent à prendre rendez-vous ; le NHS britannique situe plutôt le retour d’un ganglion infectieux entre une et deux semaines. Les recommandations EUSOBI de 2023 demandent de ne plus retarder une mammographie à cause d’un vaccin contre le Covid-19, et les CDC rangent l’adénopathie axillaire du côté vacciné parmi les réactions locales reconnues.
D’où vient une boule sous l’aisselle
Le creux axillaire contient des ganglions, des follicules pileux, des glandes sudoripares et parfois un peu de tissu mammaire. Une masse que vous palpez peut donc naître de l’un ou l’autre de ces tissus, et non seulement d’un « ganglion ». Selon la Cleveland Clinic (page mise à jour en 2022), ces grosseurs se voient chez les hommes comme chez les femmes, de la taille d’un pois jusqu’à celle d’une balle de golf, et la plupart disparaissent d’elles-mêmes.
Ces relais filtrent la lymphe et y font se rencontrer les cellules immunitaires. Quand une infection circule dans le bras, la main ou la paroi thoracique du même côté, les ganglions axillaires se remplissent et deviennent palpables. Leur calibre habituel tourne autour de 1 à 2 cm d’après la Cleveland Clinic. Quelques petits relais de moins de 1 cm restent palpables chez des personnes en bonne santé, précise le Merck Manual (révision 2026).
D’autres masses n’ont rien d’une adénopathie. Un kyste autour d’un follicule, un furoncle, un lipome, une cicatrice d’hidradénite ou une irritation après le rasage se palpent au même endroit. À l’examen, un ganglion réactionnel est souvent ovale, un peu sensible et mobile, alors qu’un kyste et un lipome ont une consistance et un ancrage différents.
La durée et le contexte orientent déjà. Une tuméfaction apparue avec une plaie de la main, une folliculite après l’épilation ou une grippe a de fortes chances d’être réactionnelle. Une masse isolée, sans cause visible, qui dure ou qui durcit, n’autorise pas un diagnostic à la maison. Le médecin palpe aussi le cou, le creux sus-claviculaire et, le cas échéant, les seins, parce qu’un ganglion unique n’a pas la même signification que des adénopathies dans plusieurs territoires.

Ganglion gonflé après une infection, une plaie ou un vaccin
La cause la plus fréquente d’un ganglion axillaire douloureux reste une infection, le plus souvent virale. Les pages Mayo Clinic de 2025 citent rhume, grippe, mononucléose, infection cutanée ou plaie du membre supérieur. Le ganglion du même côté travaille alors comme un filtre. Il est souvent sensible, un peu chaud, et il redescend quand l’infection s’éteint. Le NHS indique qu’un gonflement d’origine infectieuse se tasse en général en une à deux semaines.
Les situations suivantes correspondent encore à un ganglion réactionnel plutôt qu’à une tumeur.
- Une plaie, un furoncle ou une folliculite du bras peut gonfler le relais lymphatique du même côté.
- Un état grippal ou une mononucléose peut faire gonfler plusieurs aires à la fois, aisselles comprises.
- Un vaccin récent dans ce bras explique souvent une masse sensible, transitoire, du même côté.
Une griffure de chat, surtout d’un chaton, peut gonfler le ganglion de drainage une à trois semaines plus tard. Les CDC décrivent la maladie des griffes du chat (Bartonella henselae) avec des ganglions douloureux, parfois une papule au point de griffure, et une fièvre modérée. La plupart des cas guérissent sans antibiotique ; un traitement est recommandé si le système immunitaire est affaibli. La toxoplasmose, le VIH, la tuberculose et certaines infections sexuellement transmissibles figurent parmi les causes moins banales listées par la Mayo Clinic.
Un vaccin peut produire le même tableau. Les CDC notent une adénopathie axillaire ou inguinale du côté de l’injection (bras ou cuisse) après les vaccins Covid-19 Moderna, Novavax et Pfizer-BioNTech. Dans les essais, la plupart des réactions locales et générales étaient d’intensité légère à modérée, commençaient un à trois jours après l’injection et s’estompaient en un à trois jours. Cela ne dit pas que le ganglion lui-même a toujours disparu en soixante-douze heures.
Jusqu’à 44 % des personnes suivies en imagerie après vaccination présentaient une adénopathie axillaire, d’après la révision EUSOBI de 2023 (Insights into Imaging). Chez les patientes sans antécédent de cancer du sein et sans image mammaire suspecte, un ganglion unilatéral du côté vacciné dans les douze semaines est classé bénin (BI-RADS 2, c’est-à-dire probablement sans malignité) et ne justifie pas d’examens supplémentaires. La société européenne demande aussi de ne plus décaler les examens du sein à cause du vaccin, car les reports de dépistage ont un coût en morbidité.
Si le ganglion est du côté opposé au vaccin, s’il persiste au-delà de douze semaines, s’il grossit, ou s’il existe une anomalie du sein, le bilan redevient celui d’une adénopathie ordinaire, y compris une biopsie si besoin. Signalez la date et le bras de l’injection au radiologue. Un vaccin contre la grippe peut, plus rarement, donner le même type de réaction locale.
Furoncle, poil incarné et hidradénite suppurée
Tout ce qui se palpe sous le bras n’est pas un ganglion. La peau axillaire est chaude, humide, rasée ou épilée, et les follicules s’infectent facilement. Une folliculite ou un furoncle donnent une boule rouge, chaude, douloureuse, parfois avec un point blanc. Un kyste épidermique forme une masse plus souple. Ces lésions relèvent d’un soin local, parfois d’un antibiotique ou d’un drainage, et non d’une « chasse au cancer ».
L’hidradénite suppurée, aussi appelée acné inversée et, en français courant, maladie de Verneuil, est une autre cause fréquente de nodules douloureux récidivants. La Mayo Clinic (2025) la décrit comme des bosses de la taille d’un pois, qui suppurent, laissent des tunnels sous la peau et des cicatrices, surtout dans les aisselles, l’aine, les fesses et sous les seins. Elle débute souvent après la puberté, avant 40 ans. Les femmes sont environ trois fois plus touchées.
Ce n’est ni un manque d’hygiène, ni une infection sexuellement transmissible, ni une maladie contagieuse, insiste l’Académie américaine de dermatologie (page 2026). Ce n’est pas non plus un cancer ni de l’acné vulgaire. Beaucoup de personnes errent des années avec le diagnostic de « furoncles à répétition ». Sans traitement, les cicatrices peuvent limiter le mouvement du bras.
Aucun traitement ne « guérit » l’hidradénite une fois pour toutes, écrit l’Académie américaine de dermatologie, mais un plan (soins de peau, médicaments, geste au cabinet, prise en charge de la douleur) peut réduire les poussées et traiter les lésions en place. Un avis dermatologique se justifie si la douleur gêne le mouvement, si les lésions durent au-delà de quelques semaines, reviennent, siègent en plusieurs endroits ou s’enflamment souvent, d’après la Mayo Clinic. Le tabac et un surpoids marqué s’associent à des formes plus gênantes, sans que les personnes minces non fumeuses soient épargnées.
Un abcès tendu, une fièvre élevée ou une rougeur qui s’étend sortent du cadre d’une simple folliculite. Dans ces situations, le médecin traitant ou les urgences évaluent un drainage et un antibiotique. N’incisez pas vous-même, car le geste risque d’aggraver l’infection et de créer une cicatrice inutile.
Lipome, kyste et masses qui ne sont pas des ganglions
Un lipome est une masse graisseuse bénigne, molle, un peu pâteuse, qui glisse sous le doigt. La Mayo Clinic (2025) le situe le plus souvent entre la peau et le muscle, typiquement entre 3 et 5 cm, parfois douloureux s’il comprime un nerf. Il ne disparaît pas tout seul. On ne le retire que s’il gêne, s’il grossit ou si le diagnostic n’est pas sûr. Ce n’est pas un cancer.
Les kystes (kyste épidermique, kyste trichilemmal) forment une poche sous la peau, parfois avec un petit orifice. Ils peuvent s’enflammer après un rasage. La Cleveland Clinic range aussi, parmi les causes de grosseur axillaire, les poils incarnés, les cicatrices d’irritation et, plus rarement, un traumatisme du plexus brachial ou un étirement musculaire. Ces diagnostics se posent à la palpation et, au besoin, à l’échographie.
Un tissu mammaire accessoire peut siéger dans le creux axillaire. Il se comporte comme du sein et peut gonfler avant les règles ou pendant l’allaitement. La Cleveland Clinic cite même le fibroadénome mammaire parmi les masses possibles de cette région. Cela reste moins fréquent qu’un ganglion réactionnel ou qu’un kyste, mais cela explique pourquoi, chez une femme, le médecin examine le sein du même côté et peut demander une imagerie mammaire.
Aucune de ces lésions ne se « diagnostique » au toucher avec certitude. Un lipome typique reste un lipome jusqu’à preuve du contraire ; une masse atypique, fixée ou qui grossit vite, n’est pas un lipome tant que l’imagerie ou l’histologie n’ont pas tranché. Le NHS rappelle de ne pas s’auto-diagnostiquer et de voir un médecin généraliste si la masse inquiète ou ne redescend pas.
Un ganglion axillaire peut-il être un cancer
Oui, rarement. L’Institut national américain du cancer liste une masse ferme dans le sein ou sous le bras parmi les signes possibles de cancer du sein, et des tuméfactions dans le cou, l’aisselle, le ventre ou l’aine parmi les signes généraux. Il ajoute que le cancer ne fait souvent pas mal, si bien qu’attendre la douleur retarde le diagnostic. L’American Family Physician (Falk et al., 2025) chiffre le risque de cancer à 1,1 % des adénopathies vues en soins primaires, autour de 4 % après 40 ans.
Les cancers en cause sont surtout le lymphome, la leucémie et les métastases, en particulier d’un cancer du sein, parfois d’un mélanome du bras ou du tronc. La Mayo Clinic décrit des ganglions durs, à croissance rapide, qui ne bougent pas sous le doigt. MedlinePlus oppose le ganglion douloureux d’apparition brutale, souvent infectieux, à un gonflement lent et indolore, qui peut correspondre à une tumeur. Ces indices aident à trier ; ils ne remplacent pas l’examen.
Un ganglion axillaire peut être le premier signe d’un cancer du sein, alors que la tumeur mammaire n’est pas encore palpable. Cela vaut aussi pour les hommes, même si le cancer du sein masculin est peu fréquent. Des ganglions dans plusieurs territoires, une fièvre prolongée, des sueurs nocturnes, un amaigrissement inexpliqué, une fatigue marquée ou une rate palpable élargissent le filet vers un lymphome, une leucémie ou une maladie systémique.
À l’inverse, la très grande majorité des boules d’aisselle restent bénignes. Le cancer est l’exception, répète la Cleveland Clinic. Le bon équilibre consiste à ne pas dramatiser une folliculite du lundi, et à ne pas relativiser une masse dure, fixe, indolore, qui ne redescend pas. Le médecin fait ce tri ; ce n’est pas au patient de trancher entre « simple infection » et « tumeur ».
Quand consulter pour une boule sous l’aisselle
Un rendez-vous se justifie si la masse ne part pas en deux semaines, si elle est dure et douloureuse, si elle grossit, si elle revient après ablation, si une fièvre l’accompagne ou si de nouveaux signes apparaissent, recommande la Cleveland Clinic. La Mayo Clinic ajoute l’absence de cause évidente, une durée de deux à quatre semaines, une consistance dure ou caoutchouteuse, l’immobilité sous le doigt, la fièvre, les sueurs nocturnes, un amaigrissement, une toux qui traîne, et, de façon explicite, le siège axillaire.
Pour le clinicien, tout ganglion axillaire ou sus-claviculaire palpable, non expliqué par une infection de voisinage, est un signe d’alerte quelle que soit sa taille, écrit le Merck Manual. Les ganglions cervicaux ou inguinaux deviennent surtout inquiétants au-delà de 2 cm, s’ils sont durs, fixés ou fistulisés. Ces seuils américains et britanniques ne se substituent pas à la conduite de votre médecin traitant, qui appliquera la pratique française.
Appelez le 15 ou le 112 en cas de gêne respiratoire, de difficulté à avaler, de fièvre élevée avec rougeur qui s’étend, ou de pus abondant avec altération de l’état général. Ce n’est pas le scénario le plus fréquent d’une simple adénopathie, mais un abcès ou une cellulite de la paroi thoracique ne se surveillent pas à la maison.
| Observation | Conduite | Repère |
|---|---|---|
| Masse souple, un peu sensible, avec plaie, folliculite ou vaccin du même côté | Surveillance, compresses tièdes si douleur | Cleveland Clinic, 2022 |
| Gonflement qui ne redescend pas en 1 à 2 semaines | Voir le médecin traitant | NHS, 2023 |
| Masse dure, fixe, irrégulière, ou qui grossit | Consultation sans attendre | Mayo Clinic, 2025 |
| Fièvre durable, sueurs nocturnes, amaigrissement, ganglions ailleurs | Bilan clinique et examens | Mayo Clinic, 2025 ; AAFP, 2025 |
| Anomalie du sein du même côté (masse, rétraction, écoulement) | Examen sein et aisselle ensemble | NCI, 2019 |
| Gêne à respirer ou à avaler, rougeur extensive, pus et fièvre | Appeler le 15 ou le 112 | NHS, 2023 ; Mayo Clinic, 2025 |
Entre le rendez-vous et l’examen, notez la date d’apparition, le bras vacciné, une griffure de chat, un voyage, des médicaments (la phénytoïne est citée par la Mayo Clinic) et le calendrier de vos mammographies. Ces détails évitent des examens inutiles autant qu’ils en déclenchent de nécessaires.

Palpation, échographie, mammographie et biopsie
Le médecin commence par l’histoire et la palpation. Il note le siège (un côté ou les deux), la taille, la sensibilité, la mobilité, la chaleur, et cherche d’autres aires ganglionnaires, une rate, une anomalie mammaire, une porte d’entrée cutanée. Falk et coll. (2025) rappellent de séparer d’emblée une adénopathie localisée d’une adénopathie généralisée, cette dernière orientant vers une maladie systémique.
Si aucun diagnostic évident n’apparaît et qu’il n’y a pas de signe d’alerte, le Merck Manual et la revue de 2025 acceptent une surveillance allant jusqu’à quatre semaines. Au-delà, ou en présence de signes généraux, on prescrit une numération formule sanguine, souvent un dosage d’inflammation (CRP, VS), parfois un test de tuberculose, et une imagerie. Chez l’enfant de 14 ans ou moins, l’échographie est l’examen de première intention pour les ganglions périphériques. Chez l’adulte, une radiographie thoracique, un scanner ou une mammographie peuvent s’ajouter selon le contexte.
La biopsie n’est pas le premier geste. On y recourt si la masse reste inexpliquée après trois à quatre semaines, si l’imagerie est suspecte, ou si le risque de cancer est élevé. Falk et coll. considèrent la biopsie au trocart (carotte) comme une bonne technique initiale. La cytoponction à l’aiguille fine est plus rapide mais donne moins d’architecture, ce qui gêne le diagnostic de lymphome. L’exérèse chirurgicale d’un ganglion entier reste utile lorsque l’histologie doit être complète. On ne commence pas une corticothérapie « pour voir », car les corticoïdes peuvent masquer un lymphome.
Le radiologue classe parfois le ganglion selon le lexique BI-RADS. Un ganglion homolatéral à un vaccin Covid-19 récent, sans image mammaire suspecte, peut être classé bénin. Un ganglion associé à une lésion mammaire douteuse suit le circuit habituel, biopsie comprise. Votre médecin ou le radiologue choisit la modalité ; le dépistage organisé français n’est pas calqué sur le calendrier américain, et c’est le clinicien qui l’applique.
Que faire en attendant et comment soigner selon la cause
Le traitement est celui de la cause, pas celui de la « boule » en soi. Pour un ganglion viral, la Mayo Clinic indique que le volume redescend avec l’infection et que les antibiotiques n’apportent rien. Une infection bactérienne (plaie, streptocoque, staphylocoque) se traite par antibiotique prescrit, pas par un reste de boîte. Le VIH, le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde se traitent pour eux-mêmes ; le ganglion n’est alors qu’un marqueur.
Une compresse chaude (gant mouillé essoré) et un antalgique en vente libre (ibuprofène, naproxène sodique ou paracétamol) peuvent soulager, d’après la Mayo Clinic. Ne donnez pas d’acide acétylsalicylique (aspirine) à un enfant ou un adolescent, en raison du syndrome de Reye en cas de grippe ou de varicelle. La posologie, les contre-indications (estomac, reins, grossesse, autres médicaments) se règlent avec le pharmacien ou le médecin. Aucune crème « trouvée en ligne » n’a de place ici.
Si un abcès collecté est confirmé, le drainage se fait dans un cabinet ou aux urgences, pas avec une aiguille de couture. Un lipome ou un kyste gênant se retire au bloc ou au cabinet selon la taille. L’hidradénite relève d’un dermatologue, et le schéma (topiques, antibiotiques de fond, hormonothérapie, biothérapies, chirurgie) dépend du stade et de la pratique locale. En France, c’est votre dermatologue qui retient la molécule autorisée.
Un cancer, s’il est confirmé, se traite selon le type et le stade (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, thérapies ciblées). Aucun de ces traitements n’est celui d’une masse axillaire encore non identifiée. Tant que le diagnostic n’est pas posé, la surveillance active d’une masse probablement réactionnelle reste une option légitime, à condition d’avoir une date de réévaluation.
Quelques gestes concrets, rédigés en phrases complètes.
- Notez le jour où vous avez palpé la masse, et mesurez-la avec le même doigt chaque semaine.
- Signalez au médecin une griffure de chat, un vaccin récent et le bras concerné.
- Lavez une plaie du bras au savon et à l’eau, plutôt que de la négliger.
- Évitez d’écraser, de percer ou de « vider » une boule rouge vous-même.
- Revenez consulter si la masse grossit, durcit ou si une fièvre s’installe.
Hommes, femmes et suivi du sein
Les hommes et les femmes présentent des grosseurs axillaires pour les mêmes raisons infectieuses et cutanées. Rien, dans les sources cliniques, n’autorise un homme à « attendre plus longtemps » qu’une femme. La Mayo Clinic cite le siège axillaire parmi les motifs de consultation, sans le réserver à un sexe. Le cancer du sein existe chez l’homme, même s’il est rare ; un ganglion dur du même côté qu’une anomalie du mamelon mérite le même sérieux.
Chez la femme, le ganglion axillaire s’inscrit dans le bilan mammaire. L’USPSTF a recommandé en 2024 une mammographie de dépistage tous les deux ans entre 40 et 74 ans (recommandation de grade B), en avançant le début du dépistage systématique à 40 ans aux États-Unis. Ce calendrier n’est pas celui de la France ; votre médecin traitant ou le centre de dépistage vous indiquent les examens locaux. En 2009, la même instance américaine s’était prononcée contre l’enseignement de l’autopalpation mammaire mensuelle (grade D), faute de baisse de mortalité et en raison de biopsies inutiles.
La conduite actuelle, du côté des sources anglophones, consiste à connaître le sein habituel, à signaler tout changement (masse, rétraction, écoulement, peau d’orange) et à respecter le dépistage par imagerie, plutôt qu’à exécuter un rituel mensuel. Un ganglion d’aisselle n’est pas une raison de sauter une mammographie déjà prévue. D’après les recommandations EUSOBI de 2023, le vaccin contre le Covid-19 ne doit plus faire reporter l’examen.
Pendant la grossesse et l’allaitement, un tissu mammaire axillaire peut gonfler, et les infections du sein (mastite) drainent vers l’aisselle. Le médecin distingue ces situations d’une adénopathie isolée. Les posologies et les molécules autorisées chez la femme enceinte se décident au cas par cas ; n’improvisiez pas un anti-inflammatoire.
Questions fréquentes
Combien de temps un ganglion d’aisselle met-il à disparaître ?
Un ganglion lié à une infection se tasse souvent en une à deux semaines selon le NHS, parfois un peu plus longtemps alors que la sensibilité a déjà disparu. MedlinePlus précise que le ganglion peut ne retrouver sa taille habituelle qu’au bout de plusieurs semaines. S’il ne diminue pas, s’il grossit ou s’il n’a pas de cause visible, prenez rendez-vous.
Un ganglion indolore est-il plus inquiétant ?
Un ganglion douloureux d’apparition brutale oriente souvent vers une infection ou une inflammation. Un gonflement lent, dur et indolore peut correspondre à une tumeur, écrit MedlinePlus, et le NCI rappelle que le cancer ne fait souvent pas mal. L’absence de douleur n’est donc pas une assurance, et la douleur n’exclut pas un diagnostic plus sérieux.
Faut-il décaler une mammographie après un vaccin contre le Covid-19 ?
Non. Les recommandations EUSOBI de 2023 demandent de ne plus retarder les examens du sein à cause de la vaccination. Un ganglion du même côté, dans les douze semaines, sans image mammaire suspecte, peut être classé bénin. Signalez simplement la date et le bras de l’injection.
Peut-on soigner une boule d’aisselle à la maison ?
Une compresse tiède et un antalgique en vente libre peuvent calmer un ganglion sensible, selon la Mayo Clinic, sans accélérer vraiment la disparition du gonflement. Cela ne remplace pas l’avis médical si la masse dure, grossit ou s’accompagne de fièvre. N’incisez rien vous-même.
L’hidradénite suppurée est-elle contagieuse ?
Non. L’Académie américaine de dermatologie et la Mayo Clinic affirment qu’elle ne se transmet pas, n’est pas liée à un défaut de propreté et n’est pas une infection sexuellement transmissible. Un dermatologue pose le diagnostic et propose un traitement pour réduire les poussées, même s’il n’existe pas de guérison définitive.
Les hommes doivent-ils aussi consulter pour une masse sous le bras ?
Oui. Les seuils de deux semaines, de dureté, de croissance et de signes généraux valent pour les deux sexes. Un cancer du sein masculin est rare, mais un ganglion axillaire inexpliqué n’est pas un motif de report.

Conclusion
La plupart des grosseurs du creux axillaire sont des ganglions réactionnels ou des lésions de peau. Elles reculent avec l’infection, le vaccin ou le soin d’une folliculite. Les chiffres de 2025 (environ 0,6 % d’adénopathies par an, 1,1 % de causes malignes en soins primaires) aident à garder les proportions, sans autoriser à ignorer une masse qui dure.
Deux semaines sans diminution, une consistance dure ou fixe, des signes généraux ou une anomalie du sein sont les seuils concrets pour voir le médecin traitant. En cas de gêne respiratoire, de rougeur extensive ou de fièvre avec collection, le 15 ou le 112 restent le bon numéro. Pour un vaccin récent, emportez la date et le bras à la mammographie plutôt que d’annuler l’examen.
Vous pouvez partir de trois questions, à savoir s’il s’agit d’un ganglion, d’un kyste ou d’une hidradénite, quels examens sont justifiés maintenant plutôt que dans un mois, et à quelle date revoir la taille si l’on surveille. La réponse oriente le prochain geste, beaucoup plus sûrement qu’une crème ou qu’un diagnostic improvisé au miroir.
Sources
- Armpit Lump: Causes, Diagnosis & Treatment. Cleveland Clinic, 18 avril 2022.
- Swollen lymph nodes – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 25 avril 2025.
- Swollen lymph nodes – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 25 avril 2025.
- Swollen glands. National Health Service, 29 septembre 2023.
- Falk N, Joseph R, Dieujuste M. : Lymphadenopathy: Evaluation and Differential Diagnosis. American Family Physician, septembre 2025.
- Douketis JD. : Lymphadenopathy. Merck Manual Professional Edition, octobre 2026.
- Schiaffino S, Pinker K et al. : European Society of Breast Imaging (EUSOBI) guidelines on the management of axillary lymphadenopathy after COVID-19 vaccination: 2023 revision. Insights into Imaging, 19 juillet 2023.
- Safety Considerations for COVID-19 Vaccines. Centers for Disease Control and Prevention, 23 septembre 2026.
- Breast Cancer: Screening. U.S. Preventive Services Task Force, 30 avril 2024.
- About Cat Scratch Disease. Centers for Disease Control and Prevention, 11 septembre 2026.
- Hidradenitis suppurativa – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 21 mars 2025.
- Hidradenitis suppurativa: Overview. American Academy of Dermatology, 20 octobre 2026.
