Dysport ou Botox : quelle injection anti-rides

Dysport ou Botox : quelle injection anti-rides

Ni l’abobotulinumtoxinA (Dysport, commercialisé en Europe sous le nom esthétique Azzalure) ni l’onabotulinumtoxinA (Botox) n’est supérieur dans l’absolu pour lisser les rides d’expression. Les deux toxines de type A bloquent temporairement l’acétylcholine à la jonction neuromusculaire et l’effet visible dure le plus souvent trois à quatre mois.

La notice américaine de Botox Cosmetic fixe 20 U entre les sourcils et 24 U au coin de l’œil, tandis que le résumé des caractéristiques d’Azzalure (présentation esthétique européenne de l’abobotulinumtoxinA, mis à jour le 12 février 2026) retient 50 unités Speywood pour le lion et 30 unités par côté au canthus externe. Un essai en hémiface de 90 personnes (Nettar et al., 2011) avait conclu à un avantage de l’abobotulinumtoxinA au coin externe de l’œil à 30 jours, mais la méta-analyse en réseau de Li et al. (Aesthetic Plastic Surgery, 2023) n’a pas montré d’écart d’effets indésirables entre les préparations, et les notices interdisent toute conversion d’unités.

À 30 jours, 90 % des personnes traitées par Azzalure 50 U avaient des rides du lion absentes ou légères, contre 3 % sous placebo. La ptose palpébrale concerne environ 3 % des injections de Botox Cosmetic pour le lion. Une allergie aux protéines de lait de vache contre-indique Dysport selon la FDA (2023). Le médecin qui injecte applique la spécialité autorisée localement et calibre la dose à votre anatomie.

Comment agissent ces deux toxines

Les deux produits appartiennent à la même famille. Injectés dans un muscle, ils empêchent la vésicule d’acétylcholine de fusionner avec la membrane du nerf, ce qui réduit la contraction pendant quelques mois, comme l’explique la Mayo Clinic (page mise à jour le 19 novembre 2024). La peau située au-dessus du muscle se tend moins. Les rides liées au mouvement, dites dynamiques, s’atténuent. Les plis déjà gravés au repos, dits statiques, répondent beaucoup moins.

La faiblesse musculaire apparaît souvent en deux à quatre jours, avec un maximum vers le dixième jour, précise DermNet (janvier 2020). Les terminaisons nerveuses émettent ensuite de nouveaux bourgeons. Après environ trois mois, une connexion fonctionnelle se rétablit. Un peu d’atrophie peut s’accumuler d’une séance à l’autre, ce qui allonge parfois l’intervalle chez les personnes traitées régulièrement.

Le type A sert surtout aux rides du visage (onabotulinumtoxinA, abobotulinumtoxinA, incobotulinumtoxinA, daxibotulinumtoxinA, prabotulinumtoxinA), tandis que le type B est plus souvent réservé aux spasmes du cou, d’après la Mayo Clinic. Les marques ne couvrent pas toutes les mêmes indications, rappelle Cleveland Clinic (6 avril 2022). Le choix n’est donc pas un concours de popularité. C’est une décision de spécialité, de zone et de dose.

Ces injections ne « remplissent » pas un sillon. Elles ne remplacent pas un produit de comblement à l’acide hyaluronique, qui ajoute du volume. Cleveland Clinic oppose clairement les deux approches. Si vos rides du lion restent creusées au repos, le médecin peut proposer une stratégie combinée. L’injection de toxine seule ne promet pas un visage lisse en toutes circonstances.

Unités, doses et indications selon les pays

Une unité de Botox n’égale pas une unité de Dysport. La FDA l’écrit en toutes lettres dans les deux notices (Botox Cosmetic 2024, Dysport 2023). L’essai biologique qui définit la puissance n’est pas le même. Convertir « à la louche » expose à une sous-dose ou à une diffusion trop large. DermNet cite une fourchette empirique d’environ 1 pour 2,5 à 1 pour 5, utile seulement pour comprendre pourquoi le chiffre imprimé sur la seringue est plus élevé avec l’abobotulinumtoxinA.

Les autorisations divergent aussi d’un continent à l’autre. Aux États-Unis, Botox Cosmetic est indiqué sur le lion, les rides orbitaires latérales, le front (associé au lion, 40 U au total) et, depuis l’ajout des bandes du platysma, le cou. Dysport n’a, pour l’esthétique, que le lion chez l’adulte de moins de 65 ans, à 50 U. En Europe, Azzalure couvre le lion et les pattes d’oie chez l’adulte de moins de 65 ans, lorsque ces rides ont un retentissement psychologique important. Le médecin en France utilise la spécialité autorisée localement. Ne prenez pas une posologie américaine pour une norme universelle.

Critère OnabotulinumtoxinA (Botox Cosmetic, FDA 2024) AbobotulinumtoxinA (Dysport 2023, Azzalure 2026)
Rides du lion 20 U en 5 points de 4 U 50 U Speywood en 5 points de 10 U
Pattes d’oie 24 U au total, indication FDA 30 U Speywood par côté (Azzalure) ; pas d’indication FDA
Front 20 U plus 20 U au lion, soit 40 U Hors AMM esthétique US ; pratique locale
Intervalle minimal Au moins 3 mois (Mayo Clinic) Pas plus souvent que tous les 3 mois
Âge esthétique Adultes ; réponse parfois moindre après 65 ans Adultes de moins de 65 ans (notices)

Les chiffres du tableau viennent des notices, pas d’un barème de cabinet. Le médecin peut réduire une dose s’il détecte une asymétrie, une chirurgie des paupières ou un muscle déjà faible. Azzalure exige au moins 1 cm au-dessus du rebord orbitaire pour le corrugateur, afin de limiter le risque de ptose. Botox Cosmetic porte la même consigne d’éviter d’injecter à moins de 1 cm au-dessus du sourcil central.

Délai d’action et durée de l’effet

L’effet ne tombe pas le soir même. La notice Botox Cosmetic décrit une dénervation en un à deux jours, qui s’intensifie pendant la première semaine, pour une durée d’environ trois à quatre mois sur le lion. La Mayo Clinic situe le début visible entre un et trois jours, le résultat complet parfois après une semaine ou davantage. Cleveland Clinic (2022) parle plutôt du troisième ou quatrième jour, avec un plateau entre 10 et 14 jours.

Pour l’abobotulinumtoxinA, la revue systématique de Nestor et al. (Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology, décembre 2020) a passé en revue 42 études. L’effet débutait le plus souvent en deux à trois jours, parfois dès 24 heures. La durée revenait le plus souvent à quatre mois. Quatre travaux montraient encore un bénéfice à cinq mois, trois à six mois ou au-delà. Le RCP d’Azzalure concorde. La médiane d’apparition est de deux à trois jours, le maximum vers le trentième jour, un effet optimal jusqu’à quatre mois, et quelques répondeurs à cinq mois.

Dans une comparaison datée du 25 août 2026, Cleveland Clinic estime que l’écart de délai est en pratique trop mince pour décider à lui seul, et que la durée se ressemble à dose équivalente, autour de trois à quatre mois. Une page plus ancienne du même établissement (2022) indiquait que Dysport pouvait agir plus vite et que Botox pouvait durer plus longtemps. Ces deux textes ne se contredisent pas si l’on retient l’essentiel. L’avantage de quelques heures ou de quelques semaines n’est pas garanti chez une personne donnée.

Les notices interdisent de rapprocher les séances de moins de trois mois. Injecter trop tôt, à dose trop haute, augmente le risque d’anticorps neutralisants, écrit DermNet. Si le résultat vous paraît incomplet au troisième jour, attendez la fin de la première, voire de la deuxième semaine. Un « rattrapage » immédiat empile les doses avant le pic.

Pattes d’oie et rides du lion, ce que montrent les essais

L’étude la plus citée pour comparer les deux produits autour des yeux reste celle de Nettar, Yu, Bapna, Boscardin et Maas (Archives of Facial Plastic Surgery, 2011). Quatre-vingt-dix volontaires ont reçu 10 U d’onabotulinumtoxinA d’un côté et 30 U d’abobotulinumtoxinA de l’autre. À 30 jours, l’abobotulinumtoxinA obtenait une meilleure note à la contraction maximale (p = 0,01 côté investigateur, p = 0,03 côté participant) et 67 % des personnes le préféraient. Au repos, l’écart n’était pas significatif (p = 0,42). L’essai durait un mois, utilisait un ratio 3 pour 1, et n’avait obtenu un financement que du fabricant de Dysport.

Cette photographie à 30 jours ne dit pas « Dysport gagne toujours ». Li, Sui, Xia et Chen ont comparé, en 2023, les préparations de type A sur la glabelle dans une méta-analyse en réseau d’essais randomisés. Toutes battaient le placebo. Aucune différence significative d’effets indésirables n’apparaissait entre les marques. La daxibotulinumtoxinA se classait plus haut sur certains critères d’amélioration, ce qui déplace le débat vers une troisième molécule plutôt que vers un vainqueur unique entre Botox et Dysport.

Le dossier européen d’Azzalure donne des chiffres de phase III. Sur le lion, 90 % (273 sur 305) des personnes à 50 U avaient des rides absentes ou légères à 30 jours, contre 3 % (4 sur 153) sous placebo. Cinq mois plus tard, 17 % (32 sur 190) restaient répondeurs contre 1 % sous placebo dans l’étude concernée. Pour les pattes d’oie, 47,2 % (119 sur 252) avaient des rides absentes ou légères à 4 semaines au sourire maximal, contre 7,2 % (6 sur 83) sous placebo. Une analyse post-hoc trouvait au moins un grade d’amélioration chez 75 % des traités contre 19 % sous placebo.

Ces taux mesurent un produit contre le placebo, pas l’un contre l’autre à dose officielle. Les essais tête-à-tête plus anciens se contredisent selon le ratio choisi. Un ratio trop bas favorise l’onabotulinumtoxinA. Un ratio trop haut peut avantager l’abobotulinumtoxinA, parfois au prix d’une diffusion plus large. Le médecin ajuste plutôt la seringue à votre muscle qu’à un classement de magazine.

Diffusion et choix selon la zone du visage

On attribue souvent à l’abobotulinumtoxinA un champ d’action un peu plus large. Cleveland Clinic (2026) décrit cette diffusion comme un avantage possible sur une surface étendue, comme le front, et comme un inconvénient près d’un muscle qu’il ne faut pas affaiblir, comme le releveur de la paupière. L’onabotulinumtoxinA, plus « local » dans ce récit clinique, peut convenir à une zone étroite. Ce n’est pas une loi physique inscrite dans les notices. C’est une observation de pratique, très dépendante du volume injecté, de la dilution et du point de piqûre.

Autour de l’œil, Azzalure demande des injections superficielles, à 20 à 30 degrés, à 1 à 2 cm du rebord orbitaire, en évitant les zygomatiques pour ne pas faire tomber la commissure. Botox Cosmetic oriente le biseau loin de l’œil et reste à l’extérieur de l’orbite. Une goutte trop médiale, trop profonde ou trop proche du septum, et la paupière s’alourdit pour des semaines.

Entre les sourcils, les deux notices ciblent les corrugateurs et le procerus. Une injection trop basse ou trop latérale peut affaiblir le releveur. Le RCP d’Azzalure insiste pour palper le lion au froncement maximal et pour caler un doigt sous le rebord orbitaire. Ces gestes de sécurité pèsent davantage que la marque imprimée sur le flacon.

Le front pose un autre piège. Traiter le frontal sans le lion peut laisser les abaisseurs du sourcil gagner, d’où une ptose du sourcil. Botox Cosmetic impose d’associer les 20 U du front aux 20 U du lion. Si vous demandez « juste le front », le médecin peut refuser, non par rigidité, mais pour éviter un regard fatigué.

Quelques questions utiles en consultation permettent de trancher sans slogan.

  • Quelle spécialité autorisée avez-vous l’habitude d’utiliser pour cette zone, et à quelle dose ?
  • Mon allergie, mon traitement anticoagulant ou ma chirurgie des paupières changent-ils le plan ?
  • Si le résultat est asymétrique au quatorzième jour, quel délai respectez-vous avant une retouche ?
  • Quel intervalle minimal appliquez-vous, même si l’effet commence à s’estomper ?

Contre-indications, interactions et précautions

Plusieurs situations interdisent l’injection. La notice Dysport 2023 contre-indique le produit en cas d’hypersensibilité à une toxine botulique, aux protéines de lait de vache (traces possibles) ou à un excipient, et en cas d’infection au point prévu. Azzalure y ajoute la myasthénie, le syndrome de Lambert-Eaton et la sclérose latérale amyotrophique. Botox Cosmetic contre-indique l’hypersensibilité et l’infection du site. DermNet range aussi parmi les contre-indications les maladies qui affaiblissent déjà le muscle, et déconseille la grossesse et l’allaitement.

Azzalure « ne doit pas être utilisé pendant la grossesse » et « ne peut être recommandé » pendant l’allaitement, faute de données humaines suffisantes. La Mayo Clinic et Cleveland Clinic tiennent le même discours de prudence. Ce n’est pas une preuve de tératogénicité à dose esthétique. C’est l’absence de bénéfice qui justifie d’attendre.

Les aminosides et les curares peuvent potentialiser la toxine, écrit le RCP d’Azzalure. DermNet mentionne aussi les cyclines. Signalez tout antibiotique en cours. Les anticoagulants et les anti-inflammatoires non stéroïdiens n’interdisent pas l’acte, mais ils augmentent le bleu. Cleveland Clinic conseille d’éviter l’alcool les 24 heures qui précèdent. La Mayo Clinic demande d’informer le médecin de toute injection de toxine dans les quatre mois précédents.

Une paupière déjà tombante, un muscle facial faible, une cicatrice de blépharoplastie ou un front très lourd changent la carte des points. Le RCP d’Azzalure demande d’examiner l’asymétrie, la ptose, l’excès de peau et les suites chirurgicales avant la première piqûre. Un cabinet qui injecte sans cet examen vend un geste, pas un traitement.

Effets indésirables et signes qui imposent d’appeler le 15

La plupart des ennuis restent locaux et passagers. Pour le lion, Azzalure classe en « très fréquent » (plus de 1 personne sur 10) les céphalées et les réactions au point d’injection (rougeur, œdème, prurit, douleur, hématome). La parésie temporaire du sourcil, la ptose, l’œil sec ou larmoyant et le clignement musculaire autour de l’œil sont « fréquents ». Côté canthus externe, céphalées, parésie locale, œdème et ptose de paupière sont fréquents. Botox Cosmetic affiche 3 % de ptose sur le lion, 1 % d’œdème palpébral dans cette zone, 9 % de céphalées et 2 % de ptose du sourcil sur le front.

Sourire de travers, bavage, œil trop sec ou trop humide et syndrome pseudo-grippal figurent aussi parmi les effets listés par la Mayo Clinic. Ces effets tiennent souvent à une diffusion vers un muscle voisin. Ils peuvent durer jusqu’à 12 semaines, note DermNet. Des collyres alpha-adrénergiques sont parfois proposés pour une ptose palpébrale, uniquement sur avis médical.

Le risque rare, commun à toutes les toxines, figure dans l’encadré FDA (Botox Cosmetic 2024, Dysport 2023) et dans les mises en garde d’Azzalure. Le produit peut agir à distance. Faiblesse généralisée, vision double, troubles de la parole, de la déglutition ou de la respiration, incontinence urinaire, peuvent survenir des heures ou des semaines après la piqûre. Des décès ont été rapportés, surtout chez des enfants traités pour spasticité ou chez des adultes déjà fragiles, parfois à des doses comparables ou inférieures à celles de la dystonie cervicale.

Après une séance esthétique du visage, appelez le 15 ou le 112 sans attendre si l’un de ces signes apparaît.

  • Vous avalez de travers, vous bavez, ou votre voix devient étouffée ou nasonnée.
  • Le souffle manque au repos ou en parlant, ou une oppression thoracique s’installe.
  • Une faiblesse gagne un bras, une jambe ou un muscle non traité.
  • La vision se dédouble, se brouille, ou une paupière tombe au point de cacher la pupille.
  • Un gonflement du visage, une éruption étendue ou un malaise évoquent une allergie.

Ces seuils viennent des notices, pas d’un récit alarmiste. Ils restent exceptionnels à dose esthétique. Ils justifient pourtant de ne jamais s’injecter soi-même ni de confier le geste à un opérateur non formé.

Déroulement de la séance et jours suivants

La séance a lieu au cabinet. Cleveland Clinic décrit une dizaine de minutes, une aiguille fine, une sensation de pincement. Un anesthésiant de surface est parfois proposé. Le médecin démaquille, désinfecte, fait froncer ou sourire pour repérer les points, puis injecte le volume prévu. Azzalure rappelle qu’un flacon reconstitué ne sert qu’à une personne, le même jour.

Vous pouvez en général reprendre vos activités tout de suite. La Mayo Clinic demande de ne pas masser ni frotter la zone pendant 24 heures et de ne pas s’allonger pendant 2 à 4 heures, pour limiter une migration inutile. Cleveland Clinic (2022) retient 12 heures sans pression, 3 à 4 heures debout, et 24 heures sans effort physique intense. Suivez la consigne écrite que l’on vous remet. Elle prime sur les conseils de salon.

Un bleu, une rougeur ou une bossette au point de piqûre sont banals le premier jour. Un mal de tête léger, deux à quatre heures après une injection du front, cède souvent au paracétamol, indique DermNet. N’appliquez pas de chaleur, de ventouse ni de « gymnastique faciale » agressive le soir même. Ces modes n’accélèrent pas l’effet et peuvent déplacer le produit.

Le résultat se juge à deux semaines, pas au miroir du lendemain. Si une asymétrie persiste après le pic, le médecin décide d’une retouche. Si rien n’a bougé, il revoit la carte musculaire, la dose et, rarement, l’hypothèse d’anticorps. Azzalure propose alors d’analyser la technique avant de conclure à un échec de molécule.

Quand l’injection ne suffit pas

La toxine ne rajeunit pas la peau. Elle réduit un mouvement. Un sillon profond au repos, un excès de peau, des taches ou une perte de volume des tempes demandent un autre outil. Cleveland Clinic le dit simplement. Les produits de comblement, un laser, une crème rétinoïde ou, parfois, une chirurgie des paupières répondent à d’autres mécanismes. Empiler les unités pour « combler » un pli statique n’améliore pas le dessin et augmente le risque de visage figé.

Les rides du bas du visage, le sourire gingival, le menton en peau d’orange ou les cordes du cou relèvent souvent d’usages hors autorisation. Botox Cosmetic a obtenu en 2024 une indication pour les bandes du platysma, à 26, 31 ou 36 U selon le nombre de cordes. Dysport n’a pas cette mention esthétique aux États-Unis. En Europe, le médecin s’en tient à l’AMM locale d’Azzalure (lion et pattes d’oie) ou à un autre produit dûment autorisé. Demandez clairement si le geste proposé est dans l’autorisation ou en dehors.

L’âge compte. Les notices esthétiques d’Azzalure et de Dysport ciblent l’adulte de moins de 65 ans. Les essais de Botox Cosmetic visant les rides orbitaires latérales et le front montraient davantage de répondeurs avant 65 ans. Après cet âge, un muscle plus faible et une peau plus lâche diminuent souvent le gain. Ce n’est pas une interdiction. C’est une raison de discuter d’une association plutôt que d’une dose « de rattrapage ».

Un autre écueil est le rythme. Revenir toutes les six semaines « pour que ça tienne » va contre les notices et contre le risque d’anticorps. Si l’effet fond trop tôt, le médecin cherche d’abord une sous-dose, un muscle compensateur ou une attente irréaliste, avant de changer de marque. Passer de Botox à Dysport, ou l’inverse, est courant, écrit Cleveland Clinic (2026). Ce n’est utile que si la première stratégie a été correctement dosée.

Questions fréquentes

Dysport ou Botox, lequel choisir pour le lion ?

Aucun des deux n’est « le meilleur » pour tout le monde. Les notices retiennent 20 U d’onabotulinumtoxinA ou 50 U d’abobotulinumtoxinA (unités Speywood) pour cette zone, et la méta-analyse de Li et al. (2023) n’a pas montré d’écart de tolérance entre les préparations de type A. Le médecin choisit selon la spécialité dont il a l’habitude, votre anatomie et votre réponse antérieure.

Les unités de Dysport et de Botox sont-elles équivalentes ?

Non. La FDA et le RCP d’Azzalure écrivent que les unités ne sont pas interchangeables. Une seringue « de 20 U » n’a pas le même contenu selon le flacon. DermNet cite une conversion empirique d’environ 1 pour 2,5 à 1 pour 5, qui n’autorise pas un calcul personnel.

Au bout de combien de temps voit-on l’effet, et combien de temps dure-t-il ?

Un début est fréquent en deux à trois jours pour l’abobotulinumtoxinA (Nestor et al., 2020 ; Azzalure) et en un à trois jours pour l’onabotulinumtoxinA (Mayo Clinic, 2024). Le plateau arrive souvent en une à deux semaines. La durée usuelle est de trois à quatre mois, parfois cinq pour Azzalure chez une minorité de répondeurs.

Peut-on traiter les pattes d’oie avec les deux produits ?

Aux États-Unis, Botox Cosmetic a une indication à 24 U. Dysport n’en a pas. En Europe, Azzalure a une indication à 30 unités Speywood par côté. L’essai de Nettar et al. (2011) favorisait l’abobotulinumtoxinA à 30 jours à un ratio 3 pour 1, sans différence au repos. Le cadre légal local et la technique pèsent plus qu’un classement unique.

L’injection est-elle possible pendant la grossesse ou l’allaitement ?

Azzalure ne doit pas être utilisé pendant la grossesse et n’est pas recommandé pendant l’allaitement. La Mayo Clinic et Cleveland Clinic déconseillent aussi ces injections dans ces périodes. Attendez la fin de la grossesse et de l’allaitement, sauf avis contraire d’un médecin qui connaît votre dossier.

Quels signes imposent d’appeler le 15 après une injection ?

Une difficulté à avaler, à parler ou à respirer, une faiblesse hors de la zone traitée, une vision double ou une allergie généralisée justifient le 15 ou le 112. Ces symptômes figurent dans l’encadré FDA et dans les mises en garde d’Azzalure. Ils peuvent survenir des heures ou des semaines après le geste.

Une allergie au lait contre-indique-t-elle Dysport ?

La notice FDA de Dysport (2023) contre-indique le produit en cas d’allergie aux protéines de lait de vache, car des traces sont possibles. Azzalure contient du lactose monohydrate. Signalez toute allergie alimentaire ou médicamenteuse avant la séance.

Conclusion

Le match « Dysport contre Botox » n’a pas de vainqueur unique. Les deux toxines de type A lissent les rides d’expression pendant environ trois à quatre mois, à des doses qui ne se convertissent pas, dans un cadre d’autorisation qui n’est pas le même aux États-Unis et en Europe. L’essai de 2011 consacré aux rides du coin de l’œil reste une photographie utile à 30 jours. Il ne remplace ni les notices de 2023-2026 ni la méta-analyse de 2023, qui placent les préparations au même niveau de tolérance face au placebo.

Avant de prendre rendez-vous, notez vos traitements, vos allergies (lait, albumine, toxine déjà reçue), vos chirurgies des paupières et la date de la dernière injection. Demandez au médecin le nom exact de la spécialité, la dose prévue pour chaque zone et la conduite à tenir si une paupière s’alourdit. Si une gêne à avaler, à parler ou à respirer apparaît après la séance, composez le 15 ou le 112.

Un visage moins mobile n’est pas un visage « réussi ». Le bon résultat est celui qui laisse encore un froncement discret, sans ptose et sans promesse d’effacer vingt ans. Cette cible se discute mieux avec un médecin formé à l’anatomie du visage qu’avec un classement de marques.

Sources

  1. BOTOX Cosmetic (onabotulinumtoxinA) Highlights of Prescribing Information. U.S. Food and Drug Administration, mis à jour en 2024.
  2. DYSPORT (abobotulinumtoxinA) Highlights of Prescribing Information. U.S. Food and Drug Administration, septembre 2023.
  3. Galderma (U.K.) Limited : Azzalure, 125 Speywood units, powder for solution for injection – Summary of Product Characteristics (SmPC). Electronic Medicines Compendium, 12 février 2026.
  4. Botox injections. Mayo Clinic, 19 novembre 2024.
  5. Botox (Botulinum Toxin): What It Is, Results & Side Effects. Cleveland Clinic, 6 avril 2022.
  6. Botox vs. Dysport: What’s the Difference?. Cleveland Clinic, 25 août 2026.
  7. Nettar KD, Yu KCY et al. : An internally controlled, double-blind comparison of the efficacy of onabotulinumtoxinA and abobotulinumtoxinA. Archives of Facial Plastic Surgery, novembre 2011.
  8. Li X, Sui C et al. : Efficacy and Safety of Botulinum Toxin Type A for Treatment of Glabellar Lines: A Network Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Aesthetic Plastic Surgery, février 2023.
  9. Nestor M, Cohen JL et al. : Onset and Duration of AbobotulinumtoxinA for Aesthetic Use in the Upper face: A Systematic Literature Review. Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology, 1 décembre 2020.
  10. Botulinum toxin, BOTOX®, Dysport®. DermNet, janvier 2020.
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