
La mycose de l’aine, appelée aussi tinea cruris ou teigne inguinale, est une infection de la peau du pli inguinal, de la face interne des cuisses et parfois des fesses, due à des champignons dermatophytes. Dans la plupart des cas limités, une crème antifongique appliquée pendant deux à quatre semaines, avec un séchage soigneux du pli, fait reculer la plaque.
Après un match, un footing ou une journée lourde, le tissu du slip reste collé à une peau chaude. Beaucoup de gens y voient un « eczéma » et sortent une crème corticoïde. Les CDC indiquent que les corticoïdes aggravent la teigne, élargissent les lésions et brouillent l’aspect en anneau, ce qui retarde le bon traitement.
Jusqu’à 25 % des personnes peuvent, au cours de la vie, rencontrer une teigne quelque part sur le corps, d’après les CDC (page revue en 2026). La Mayo Clinic (2025) décrit une amélioration habituelle en une à trois semaines sous crème, et oriente vers un médecin si rien n’a bougé après sept jours de produit sans ordonnance, si la plaque est douloureuse ou s’il apparaît de la fièvre. Les hommes adolescents et jeunes adultes sont les plus concernés, environ trois fois plus que les femmes selon la Cleveland Clinic.
Qu’est-ce qu’une mycose de l’aine ?
C’est une dermatophytose du pli inguinal. Les dermatophytes (surtout Trichophyton, Epidermophyton et Microsporum) digèrent la kératine de la couche cornée. Ils aiment la chaleur, l’humidité et le frottement. Le nom anglais « jock itch » rappelle les sportifs, mais n’importe qui peut l’attraper dès que le pli reste macéré.
Le mot teigne n’a rien à voir avec un ver. La même famille de champignons donne le pied d’athlète (teigne des pieds) et certaines onychomycoses. Trichophyton rubrum reste l’espèce la plus souvent isolée dans le monde, d’après la fiche StatPearls mise à jour en 2023. D’autres espèces, dont Trichophyton mentagrophytes et Epidermophyton floccosum, sont aussi en cause.
La peau des grands plis est un terrain favorable. La sueur, un pH plus alcalin et la macération aident les spores à germer. Une auto-infection est fréquente. Le champignon voyage du pied vers l’aine par les mains, une serviette ou le bord d’un pantalon, comme le décrivent la Mayo Clinic et MedlinePlus. Traiter seulement le pli sans regarder les espaces entre les orteils laisse donc un réservoir tout près.
Les spores ne suffisent pas. Il faut aussi un microclimat chaud et humide. Les CDC situent le début des symptômes en général entre 4 et 14 jours après l’exposition. Ce délai explique qu’une plaque apparaisse en milieu de semaine alors que le match date du week-end précédent.

Comment reconnaître la plaque
Elle commence souvent dans le fond du pli, puis descend sur la face interne de la cuisse et peut gagner les fesses. Le centre tend à pâlir ou à s’éclaircir pendant que le bord reste actif, un peu en relief, squameux, parfois piqueté de petites vésicules. La Mayo Clinic insiste sur cette forme d’anneau complet ou incomplet, et sur un prurit franc.
La couleur n’est pas toujours d’un rouge de carte postale. Sur peau claire, l’érythème domine. Sur peau plus foncée, la plaque peut paraître brune, grise, violacée ou simplement plus mate que le pourtour. La desquamation, la brûlure et la sensation de cuisson au sport sont banales. MedlinePlus ajoute que des squames nettes au bord aident à la reconnaître, et que des changements de pigmentation peuvent persister un temps après la guérison mycologique.
Le scrotum et le pénis sont en général peu ou pas atteints. Merck Manual et l’American Family Physician (2025) s’en servent comme indice. Une rougeur vive du scrotum, des pustules satellites ou un suintement crémeux orientent plutôt vers une candidose des plis. Chez la femme, la Cleveland Clinic note que la vulve est rarement le siège de cette dermatophytose. La plaque peut en revanche longer le pli interfessier et, selon MedlinePlus, s’approcher de l’anus, avec un prurit gênant.
Laissée à elle-même, cette dermatophytose ne s’éteint en général pas toute seule, d’après la Cleveland Clinic (2021). Le champignon peut gagner les pieds, les mains ou les ongles si l’on se gratte ou si l’on sèche tout le corps avec la même serviette. Une surinfection bactérienne est possible quand la barrière cutanée se fissure. Ce n’est pas une urgence systématique, mais une plaque douloureuse, chaude, qui s’étend vite, sort du tableau habituel.
Causes et transmission
Le moteur local est l’humidité captive. Vêtement serré, slip synthétique, cuissard de cyclisme, jean moulant, surcharge pondérale avec un pli profond, transpiration abondante, tout cela fabrique une chambre chaude. Le Manuel Merck (2025) rattache la fréquence plus élevée chez l’homme à l’humidité coincée entre scrotum et cuisse. Ce climat de pli explique en grande partie pourquoi les hommes consultent plus souvent.
La transmission se fait par contact peau contre peau, par des textiles partagés (serviette, short, suspensoir) et par des surfaces humides de type douche collective, d’après les CDC. Un contact sexuel avec une personne infectée peut aussi passer le champignon, note la Cleveland Clinic. Cela ne fait pas de chaque plaque inguinale une infection sexuellement transmissible classique, mais le risque existe, surtout si les lésions sont étendues ou atypiques.
Le scénario le plus banal reste le « pont » pied-aine. En relevant un pantalon, le bord interne se contamine au contact d’un pied mycosé, puis frotte le pli. Mettre les chaussettes avant le caleçon réduit ce trajet, conseil repris par la Cleveland Clinic. Sécher les pieds en dernier, avec une serviette qui ne retourne pas vers l’aine, est le geste parallèle recommandé par la Mayo Clinic.
Les animaux et le sol peuvent porter d’autres dermatophytes, davantage impliqués dans des teignes du corps ou du cuir chevelu. Pour le pli inguinal, les espèces anthropophiles dominent. Dans un foyer où plusieurs personnes se grattent l’aine ou les pieds, laver le linge à haute température et arrêter le prêt de serviettes limite les allers-retours, comme le rappelle la fiche StatPearls.
Qui est le plus exposé
Les hommes, surtout à l’adolescence et au début de l’âge adulte, forment le gros des cas. La Cleveland Clinic chiffre un risque environ triple par rapport aux femmes. Les enfants sont rarement concernés. Les femmes ne sont pas à l’abri, en particulier en cas de vêtements occlusifs, de surcharge pondérale ou de transpiration importante, mais le tableau y est moins fréquent.
Le diabète, l’obésité et un déficit immunitaire reviennent dans les listes de la Cleveland Clinic et de StatPearls. Un pli profond garde l’eau. Une glycémie mal contrôlée favorise les mycoses de surface. Un traitement immunosuppresseur, une chimiothérapie ou une maladie qui affaiblit les défenses rendent l’infection plus étendue et plus longue à contrôler. Dans ces situations, l’avis du médecin traitant n’est pas un luxe. Un comprimé antifongique peut devenir nécessaire, ce que l’American Family Physician réserve aux formes étendues, aux échecs du local, à l’immunodépression ou à l’atteinte des follicules.
La transpiration reste le levier le plus concret du quotidien. Sport en salle, travail en tenue étanche, canicule, sièges longs en transport, tout cela compte. StatPearls cite aussi l’hygiène insuffisante, les vêtements occlusifs et, dans certaines séries, le contact familial répété. Quelques gestes pèsent plus qu’un tube racheté trop tôt.
- Changer de slip après l’effort réduit la macération du pli inguinal encore chaud.
- Choisir un coton un peu lâche laisse la peau sécher entre deux séances de sport.
- Sécher le pli jusqu’à ce que le doigt ne colle plus coupe le climat dont le champignon a besoin.
- Traiter en même temps un pied d’athlète enlève le réservoir le plus proche de l’aine.
Un pied d’athlète non traité, une onychomycose, une teigne d’une autre zone sont des réservoirs. Merck Manual souligne que les récidives estivales sont fréquentes chez les personnes qui gardent un foyer aux pieds ou aux ongles. Chercher ces foyers fait partie du bilan dès la deuxième poussée, plutôt que de racheter indéfiniment la même crème.
Mycose, candidose ou érythrasma
Le diagnostic visuel n’est pas infaillible. L’American Family Physician (2025) rappelle que d’autres éruptions imitent la teigne, et que l’examen à la potasse, quand il est possible, évite des semaines de mauvais produit. Trois tableaux reviennent sans cesse dans le pli. Les séparer change le traitement. La nystatine, utile sur Candida, ne marche pas sur les dermatophytes, précise StatPearls.
| Élément | Dermatophytose du pli | Candidose des plis | Érythrasma |
|---|---|---|---|
| Bord de la plaque | Actif, squames, parfois vésicules | Souvent flou, peu d’anneau | Pas de bord actif |
| Centre | Souvent plus clair | Rouge plutôt uniforme | Brun homogène, squames fines |
| Scrotum ou vulve | En général épargnés ou peu atteints | Souvent inflammatoires | Variable |
| Lésions satellites | Rares | Papules ou pustules fréquentes | Absentes |
| Lampe de Wood | Pas de rouge corail | Pas de rouge corail | Fluorescence rouge corail |
| Terrain habituel | Hommes jeunes, sport, pied d’athlète | Femmes, diabète, macération forte | Plis occlus des adultes |
Le psoriasis inversé, un eczéma de contact au déodorant ou au textile, une dermite séborrhéique des grands plis et un simple intertrigo mécanique (frottement sans champignon) complètent la liste de l’American Family Physician. Une atteinte des coudes, des genoux, des ongles piqués ou du cuir chevelu pousse vers le psoriasis. Un contact répété avec un gel douche nouveau, suivi d’un prurit à limites nettes, oriente vers l’eczéma de contact. Dans le doute, mieux vaut une crème antifongique sans corticoïde pendant deux semaines, avec un rendez-vous de contrôle, que d’empiler les produits « anti-tout ».
L’érythrasma, dû à Corynebacterium minutissimum, trompe souvent. La plaque est brunâtre, peu prurigineuse, sans bourrelet périphérique. La lampe de Wood, si le médecin en a une, montre un rouge corail. Un antifongique de teigne n’est alors pas le bon outil. Inversement, coller un corticoïde sur une vraie dermatophytose la rend plus étendue et plus trompeuse (teigne incognito), phénomène bien décrit par StatPearls.
Comment le diagnostic est posé
Le médecin se fie d’abord à l’aspect et au terrain. Mayo Clinic, Cleveland Clinic et MedlinePlus s’accordent. Un examen du pli, des fesses, des pieds et des ongles suffit souvent. Demander si un produit corticoïde a déjà été appliqué évite de s’étonner d’une forme « floue ».
Quand le tableau est atypique, récidivant ou rebelle, un prélèvement de squames au bord actif part au laboratoire. L’examen direct à la potasse (KOH) cherche des filaments. Une culture identifie l’espèce, utile si l’on suspecte une résistance. MedlinePlus mentionne aussi une biopsie avec coloration PAS dans les cas difficiles. Les CDC recommandent un test avant de prescrire un antifongique lorsque c’est possible, parce que le mauvais traitement, surtout corticoïde, aggrave la lésion.
La culture classique peut prendre une à trois semaines et, pour Trichophyton indotineae, se tromper d’étiquette. Le MMWR des CDC (2023) montre que les laboratoires de routine ont d’abord rendu T. mentagrophytes chez les premiers patients américains. L’identification juste a exigé un séquençage de la région ITS. Ce n’est pas le parcours d’une plaque limitée du pli. Cela devient pertinent si les lésions sont vastes, si la terbinafine orale échoue, ou s’il existe un lien avec une épidémie familiale ou un séjour en zone d’endémie.
Le médecin traitant ou le dermatologue choisit les analyses disponibles localement. Les documents américains ne se recopient pas tels quels. Si le prélèvement n’est pas facile d’accès, l’American Family Physician juge raisonnable un essai de deux semaines d’antifongique topique sans corticoïde, avec un contrôle visuel. Une plaque qui empire sous corticoïde doit faire revoir le diagnostic, y compris vers une teigne.

Quelles crèmes utiliser et combien de temps
Pour une atteinte limitée de la peau glabre, le traitement de première intention est local. Les CDC (page revue en 2026) listent des produits sans ordonnance à base de clotrimazole, de miconazole, de terbinafine ou de kétoconazole, à appliquer en général deux à quatre semaines, y compris après le début de l’amélioration. La Mayo Clinic (2025) ajoute de poursuivre au moins une semaine après la disparition visible de la plaque.
| Préparation (repères US) | Schéma publié | Lecture pratique |
|---|---|---|
| Terbinafine crème 1 % | Application quotidienne pendant 7 à 14 jours (AAFP 2025) | Allylamine ; mieux que le placebo dans Cochrane 2014 |
| Clotrimazole 1 % | Deux applications quotidiennes, 7 à 28 jours | Azolé aussi listé par les CDC |
| Kétoconazole 2 % | Une application par jour durant 14 à 28 jours | Azolé topique, même revue AAFP |
| Buténafine 1 % | Une pose quotidienne sur 1 à 4 semaines | Durée parfois plus courte |
| Ciclopirox crème 0,77 % | Deux poses par jour pendant 1 à 4 semaines | Mécanisme différent des azolés |
| Conduite CDC sur la peau | Deux à quatre semaines d’application | Respecter la notice même si le prurit cède |
Ces durées et ces DCI viennent de documents américains. Le pharmacien français propose les spécialités autorisées ici, souvent un imidazolé (éconazole, kétoconazole, clotrimazole, miconazole) ou la terbinafine. Ni ce texte ni une page américaine ne remplacent la notice du tube que vous avez en main. L’American Family Physician préfère terbinafine ou buténafine quand elles sont disponibles, pour une application plus simple. Cochrane (2014), sur 129 essais et 18 086 personnes, a trouvé un bénéfice clinique de la terbinafine contre placebo (risque relatif 4,51, un succès supplémentaire pour trois personnes traitées environ), avec un niveau de preuve jugé faible. La naftifine 1 % et le clotrimazole 1 % ont aussi montré un effet. La qualité globale des essais était médiocre. Plusieurs classes restent utiles si on les applique assez longtemps.
Quelques règles d’application évitent les faux échecs.
- La crème se pose sur la plaque et déborde d’un à deux centimètres, sur une peau propre et sèche.
- Un passage trop court, seulement sur le centre pâle, laisse le champignon au bord actif.
- Se laver les mains ensuite réduit le risque de porter des spores vers les pieds ou le visage.
- La nystatine reste réservée aux candidoses et ne convient pas aux dermatophytes, d’après StatPearls.
L’onguent de Whitfield n’a pas de preuve solide dans la revue Cochrane. Les huiles essentielles, l’ail ou l’alcool modifié, parfois cités comme « remèdes », n’ont pas le statut d’un antifongique. La Cleveland Clinic note que l’alcool peut assécher et irriter. Ils ne remplacent pas une DCI antifongique.
Pour un schéma adapté, la fiche StatPearls (2023) situe des taux de succès de l’ordre de 80 à 90 % dans les formes habituelles. Ce n’est pas une garantie individuelle. Un arrêt trop tôt, un pied oublié ou un corticoïde caché dans un tube « anti-démangeaisons » expliquent beaucoup d’échecs apparents.
Corticoïdes, comprimés et champignons résistants
Les crèmes mélangeant un antifongique et un corticoïde fort, type clotrimazole-bétaméthasone, sont à écarter dans la grande majorité des cas. L’American Family Physician (2025) le classe parmi les pièges, à cause de l’atrophie cutanée, d’effets systémiques possibles et d’un rôle suspecté dans l’émergence de souches résistantes. Les CDC donnent le même conseil aux patients. Un soulagement rapide du prurit n’est pas une guérison. Cochrane avait vu, dans de petits essais anciens, un aspect plus calme en fin de traitement avec les associations, sans meilleur résultat mycologique, et avec une preuve très faible. Les recommandations n’en ont pas fait un standard.
Quand le local ne suffit pas, le médecin peut prescrire un antifongique oral. Terbinafine ou itraconazole sont les molécules le plus souvent citées par Merck Manual, StatPearls et l’American Family Physician. Le kétoconazole oral n’est plus un choix pour ces teignes, en raison de l’hépatotoxicité. Les doses, les interactions (surtout l’itraconazole) et la durée se discutent avec le prescripteur. L’American Family Physician indique, à titre de repère américain, 250 mg de terbinafine orale une fois par jour dans d’autres indications, et des schémas d’itraconazole plus longs si T. indotineae est en cause. En France, le médecin applique les spécialités et les durées locales. Un bilan hépatique peut être discuté selon le terrain et la durée.
Trichophyton indotineae a rendu certaines teignes inguinales et corporelles plus longues à contrôler. Le MMWR du 12 mai 2023 décrit les premiers cas confirmés aux États-Unis. Les plaques sont vastes, très prurigineuses, sur le tronc, l’aine, le pubis, les cuisses ou le visage. La terbinafine orale échoue souvent. L’itraconazole a permis des rémissions, parfois après plusieurs semaines, avec des limites d’absorption et d’interactions. Un des deux patients n’avait pas voyagé, ce qui plaide pour une transmission locale. Une plaque qui s’étend malgré une crème bien utilisée, ou qui résiste à un comprimé de terbinafine, mérite un prélèvement et un avis spécialisé, pas un troisième tube de corticoïde. L’American Family Physician (2025) insiste sur des traitements oraux prolongés et des tests spécialisés pour ces souches émergentes.
Un autre génotype, Trichophyton mentagrophytes VII, est décrit par l’American Family Physician (2025) chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes en France depuis 2021, avec un tropisme pour la peau anogénitale et le visage. Ces lésions peuvent sortir du schéma d’anneau du pli inguinal. Un avis dermatologique s’impose si le tableau est inflammatoire, étendu, ou lié à des partenaires symptomatiques.
Comment limiter les récidives
Garder le pli sec est la mesure qui revient partout. Après la douche ou le sport, un linge propre, un séchage jusqu’à ce que le doigt ne colle plus, éventuellement une poudre absorbante ou antifongique, comme le propose la Cleveland Clinic. La Mayo Clinic recommande de sécher les pieds en dernier. Un slip en coton un peu ample, changé au moins une fois par jour, et des vêtements de sport lavés après chaque séance, réduisent la macération. Les boxers sont souvent mieux tolérés qu’un slip collé à la peau.
Le foyer des pieds se traite en même temps. Crème entre les orteils, chaussettes propres, sandales dans les douches collectives. La Mayo Clinic (2025) le pose comme condition pour limiter le retour de la plaque inguinale. Tant que l’ongle ou la plante restent mycosés, le pli peut être réensemencé. MedlinePlus suggère, chez les personnes très sujettes aux récidives, de continuer une application préventive après la toilette même en dehors des poussées. Ce geste se discute avec le pharmacien ou le médecin, pour éviter un usage interminable sans diagnostic.
Ne pas prêter serviettes, shorts et draps, laver le linge de sport et le linge de lit, éviter de se gratter puis de toucher une autre zone, ce sont des barrières simples listées par les CDC et la Cleveland Clinic. Un linge dédié au pli pendant la phase active, lavé à haute température, limite les allers-retours. Les rapports sexuels peuvent attendre que la peau soit calmée si le partenaire est exposé au contact direct de la plaque.
Perdre du poids n’est pas un traitement de la teigne, mais MedlinePlus note que des plis moins profonds récidivent moins. Équilibrer un diabète aide la peau à se défendre. Rien de cela ne remplace la crème pendant la poussée. En revanche, compter seulement sur le tube sans changer le climat du pli prépare la plaque suivante.
Mycose de l’aine, quand voir un médecin
Une plaque typique, limitée, chez une personne en bonne santé, peut commencer par un passage en pharmacie et une crème antifongique sans corticoïde. Les CDC encouragent malgré tout à faire confirmer le diagnostic si le doute existe. Les seuils suivants, tirés de sources nommées, aident à décider.
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Aucune amélioration après 7 jours de crème sans ordonnance | Consulter (Mayo Clinic, 2025) |
| Plaque encore là après 3 semaines de traitement | Consulter (Mayo Clinic, 2025) |
| Soins à domicile insuffisants au-delà de 2 semaines | Contacter le médecin (MedlinePlus, 2025) |
| Douleur nette ou fièvre | Avis médical rapide (Mayo Clinic, 2025) |
| Plaque très étendue, échec d’un comprimé, voyage en zone d’endémie | Prélèvement, souche résistante possible (CDC, MMWR 2023) |
| Récidives, diabète, immunodépression, atteinte des ongles | Médecin traitant, traiter aussi les foyers à distance |
Une fièvre élevée, une peau très douloureuse, chaude, qui s’étend en tache, des ganglions, un malaise franc, peuvent signaler une surinfection bactérienne. Dans ce cas, appelez le 15 ou le 112. Ce n’est pas le scénario habituel d’une teigne du pli, mais ce n’est pas à surveiller « pour voir » jusqu’au lendemain.
Les personnes sous chimiothérapie, sous corticoïdes systémiques, transplantées, ou vivant avec un VIH mal contrôlé, ont intérêt à consulter d’emblée. L’American Family Physician réserve plus facilement la voie orale à ce groupe. Une femme enceinte ne s’improvise pas un comprimé antifongique. Le premier cas américain de T. indotineae du MMWR concernait d’ailleurs une femme enceinte, traitée par terbinafine seulement après l’accouchement, puis par itraconazole. Ces choix appartiennent au médecin.
Préparez la consultation. Date de début, sport, pied d’athlète, produits déjà appliqués (nom exact du tube), voyage, cas dans l’entourage, diabète. Demandez si un examen à la potasse est utile, s’il faut traiter les pieds le même jour, et combien de temps poursuivre après l’effacement visuel. Ces trois questions évitent le yo-yo des récidives.
Questions fréquentes
Une teigne inguinale est-elle contagieuse ?
Oui, le champignon passe par contact cutané, textiles partagés et sols humides de vestiaire, d’après les CDC. Il peut aussi voyager de vos pieds vers votre aine. Un traitement bien mené et des serviettes personnelles réduisent le risque pour l’entourage.
Les femmes peuvent-elles avoir cette mycose du pli ?
Oui, même si c’est moins fréquent que chez l’homme. La Cleveland Clinic estime les hommes environ trois fois plus exposés, et la vulve rarement atteinte. Vêtements serrés, transpiration et surcharge pondérale restent des facteurs partagés.
Faut-il soigner le pied d’athlète en même temps ?
Oui, dès qu’un foyer existe aux pieds. La Mayo Clinic (2025) traite les deux localisations ensemble pour limiter la rechute. Chaussettes avant le caleçon, séchage des pieds en dernier, et crème entre les orteils font partie du même plan.
La nystatine suffit-elle dans l’aine ?
Non, pas si le champignon est un dermatophyte. StatPearls (2023) indique que la nystatine, utile sur Candida, n’est pas un traitement de la teigne inguinale. Une crème de la famille des azolés ou des allylamines est le bon outil, une fois le diagnostic orienté.
L’alcool modifié ou une huile essentielle remplacent-ils la crème ?
Non, ce ne sont pas des équivalents d’un antifongique de notice. La Cleveland Clinic mentionne un effet possible sur la croissance microbienne, insuffisant pour éradiquer l’infection, et un risque d’irritation avec l’alcool. La crème indiquée reste la base, pendant la durée prévue.
Peut-on continuer le sport pendant le traitement ?
Oui, si la douleur reste modérée, à condition de sécher le pli, de changer le short et de ne pas prêter le linge. Une plaque fissurée, douloureuse ou fébrile justifie du repos et un avis médical. Le retour trop tôt à un textile synthétique moulant entretient la macération.
Conclusion
Une plaque qui démange au bord du slip, à bordure plus active que le centre, chez un homme qui transpire ou qui a déjà un pied d’athlète, est d’abord une dermatophytose jusqu’à preuve du contraire. La crème antifongique sans corticoïde, posée assez large et assez longtemps (repère CDC de deux à quatre semaines, plus une semaine après l’effacement selon la Mayo Clinic), reste le geste qui a le plus de chances d’aider. Le corticoïde « pour calmer » fait l’inverse de ce que l’on croit.
Le changement des dernières années n’est pas un nouveau textile miracle. C’est la circulation de dermatophytes moins sensibles à la terbinafine, dont T. indotineae, documentée par les CDC en 2023, et de formes anogénitales liées à d’autres génotypes, y compris des signalements en France repris par l’American Family Physician en 2025. Une plaque très étendue, familiale, ou sourde aux traitements habituels, n’est plus un simple problème de vestiaire. Elle justifie un prélèvement.
Si vous reconnaissez le tableau, commencez par un tube dont la DCI est un vrai antifongique, séchez le pli, et inspectez vos pieds le soir même. Si rien n’a bougé au septième jour, si la peau fait mal, si la fièvre s’en mêle, ou si les poussées s’enchaînent, le médecin traitant, éventuellement le dermatologue, reprend le diagnostic. Demandez-lui s’il faut un examen mycologique et un traitement joint des pieds. C’est la question qui évite de racheter le même tube trois étés de suite.
Sources
- Jock itch – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 21 mars 2025.
- Jock itch – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 21 mars 2025.
- Jock Itch: What It Is, Symptoms & Treatment. Cleveland Clinic, 1 décembre 2021.
- Jock itch (tinea cruris or ringworm of the groin). MedlinePlus, 1 avril 2025.
- Clinical Overview of Ringworm. Centers for Disease Control and Prevention, mis à jour le 29 avril 2026.
- Treatment of Ringworm. Centers for Disease Control and Prevention, mis à jour le 9 février 2026.
- El-Gohary M, van Zuuren EJ et al. : Topical antifungal treatments for tinea cruris and tinea corporis. Cochrane Database of Systematic Reviews, 4 août 2014.
- Caplan AS, Gold JAW, Smith DJ et al. : Diagnosis and Management of Tinea Infections. American Family Physician, octobre 2025.
- Caplan AS, Chaturvedi S, Zhu Y et al. : Notes from the Field: First Reported U.S. Cases of Tinea Caused by Trichophyton indotineae — New York City, December 2021–March 2023. MMWR. Morbidity and Mortality Weekly Report, 12 mai 2023.
- Pippin MM, Madden ML, Das M : Tinea Cruris – StatPearls – NCBI Bookshelf. StatPearls, 17 août 2023.
- Jock Itch (Tinea Cruris). Merck Manual Consumer Version, octobre 2025.
