
L’orlistat est un médicament de perte de poids autorisé par la FDA américaine sous deux formes, Xenical 120 mg sur ordonnance depuis 1999 et Alli 60 mg sans ordonnance depuis 2007, toujours associé à un régime moins calorique et plus pauvre en graisses. Il n’agit pas sur l’appétit ; il empêche une partie des graisses du repas d’être absorbée, ce qui explique à la fois l’effet sur la balance et les selles huileuses.
Le 10 juin 2026, la FDA a modifié l’étiquette d’Alli pour y inscrire un risque rare de calculs et de lésion rénale, après 12 dossiers post-commercialisation dont huit hospitalisations et cinq dialyses. La perte de poids reste modeste alors que d’autres médicaments, désormais préférés par plusieurs sociétés savantes, dépassent souvent 10 % du poids de départ.
À 60 mg, environ un quart des graisses alimentaires n’est pas absorbé ; à 120 mg, la notice américaine indique environ 30 %. Dans les essais européens d’Alli, la perte moyenne à un an a été de 4,8 kg contre 2,3 kg sous placebo. En Union européenne, Alli vise un indice de 28 kg/m² ou plus et ne doit pas dépasser six mois.
Ce que la FDA a autorisé pour Alli et Xenical
Deux dosages d’orlistat portent une autorisation de la FDA, et ils n’ont pas le même statut. Xenical (120 mg) est resté un médicament de prescription pour la prise en charge de l’obésité, la perte de poids et la limitation de la reprise après amaigrissement. Alli (60 mg) a reçu en février 2007 une autorisation de vente libre pour aider les adultes de 18 ans et plus, déjà en surpoids, à perdre du poids avec un régime hypocalorique pauvre en graisses et une activité physique. La communication de 2026 rappelle qu’Alli demeure le seul médicament amaigrissant sans ordonnance approuvé par l’agence américaine.
Le dossier américain de Xenical, mis à jour en 2026 sur DailyMed, fixe le seuil à un IMC de 30 kg/m² ou plus, ou de 27 kg/m² s’il existe déjà une hypertension, un diabète ou une dyslipidémie. L’indication d’Alli côté FDA parle d’adultes en surpoids, et la Mayo Clinic traduit ce seuil par un indice à partir de 25. Ces chiffres ne définissent pas le surpoids pour le monde entier ; ce sont des critères d’emploi d’un médicament américain.
L’Agence européenne des médicaments a suivi un calendrier proche. Xenical a une autorisation européenne depuis le 29 juillet 1998 ; Alli depuis le 22 juillet 2007. Le pharmacien ou le médecin traitant indiquera si une spécialité est effectivement délivrée dans votre officine.
| Critère | Alli 60 mg | Xenical 120 mg |
|---|---|---|
| Statut FDA | Sans ordonnance, adultes de 18 ans ou plus | Sur ordonnance |
| Statut EMA | Sans ordonnance, indice ≥28 | Sur ordonnance, obésité ou surpoids à risque |
| Graisses non absorbées | Environ 25 % (EMA, Mayo) | Environ 30 % (notice FDA) |
| Durée typique (EMA) | Au plus 6 mois | Arrêt si moins de 5 % perdus à 12 semaines |
| Multivitamine | Oui, le soir ou à 2 h de distance | Oui, même règle |
Une personne qui achète Alli sans rendez-vous n’a pas pour autant un feu vert médical ; l’étiquette américaine demande déjà d’interroger un professionnel en cas de greffe, de calculs, de vésicule ou de pancréatite.
Comment l’orlistat agit dans l’intestin
L’orlistat inhibe de façon réversible les lipases gastriques et pancréatiques, enzymes qui découpent les triglycérides alimentaires en acides gras absorbables. Quand ces enzymes sont bloquées, une fraction du gras du repas traverse le tube digestif et sort dans les selles. Le rapport public européen d’Alli le dit clairement ; le médicament ne diminue pas la faim.
La notice de Xenical précise qu’à 120 mg trois fois par jour, l’absorption des graisses alimentaires baisse d’environ 30 %. Pour Alli 60 mg, l’EMA et la Mayo Clinic parlent d’environ un quart. La FDA a noté, dans sa revue rénale de 2026, que l’écart d’inhibition entre 60 mg et 120 mg n’est que de 5 points, ce qui compte pour le risque d’oxalate autant que pour la balance.
Le gras non digéré apparaît dans les selles en 24 à 48 heures. Si le traitement s’arrête, le contenu en graisses des selles revient en général au niveau antérieur en 48 à 72 heures, d’après le résumé européen de Xenical. Ce délai court montre que l’effet est local et lié au repas, pas à une modification durable du métabolisme.
Les vitamines liposolubles A, D, E et K, ainsi que le bêta-carotène, empruntent les mêmes voies que les graisses. Une étude citée dans la notice de Xenical a mesuré une baisse d’environ 60 % de l’absorption d’un complément de vitamine E et d’environ 30 % pour le bêta-carotène. D’où la consigne, commune à MedlinePlus et aux notices, de prendre chaque jour une multivitamine à distance des gélules.
Quelle perte de poids peut-on attendre
La perte supplémentaire reste limitée, de l’ordre de quelques kilogrammes au-delà du régime seul. La Mayo Clinic, dans sa page d’avril 2024 sur Alli, chiffre l’écart à 2,6 kg en un an, et indique que plus de 40 % des personnes sous Alli avec régime et activité physique ont perdu au moins 5 % de leur poids. L’étiquette américaine d’Alli formule le même ordre de grandeur ; pour 5 livres perdues grâce au régime, le médicament peut en ajouter 2 à 3.
Les chiffres européens d’Alli, chez des adultes déjà au seuil de 28 kg/m², sont de 4,8 kg à un an contre 2,3 kg sous placebo. Une étude menée entre 25 et 28 n’a pas montré une perte jugée pertinente. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’indication européenne d’Alli commence à 28, et non au seul « surpoids » au sens large.
Xenical à 120 mg a des essais plus anciens et plus lourds. Le résumé EMA, en regroupant sept études d’un à deux ans, indique 6,1 kg contre 2,6 kg sous placebo à un an, et 20 % contre 8 % de personnes ayant perdu au moins 10 % de leur poids. À quatre ans, 21 % des personnes sous Xenical avaient perdu plus de 10 %, contre 10 % sous placebo.
L’essai XENDOS, publié en 2004 dans Diabetes Care par Torgerson et ses collègues, a suivi 3 305 adultes obèses pendant quatre ans. La perte moyenne a été de 5,8 kg contre 3,0 kg. L’incidence cumulée du diabète de type 2 est passée de 9,0 % à 6,2 %, soit une réduction relative de 37,3 %, portée surtout par le sous-groupe déjà intolérant au glucose. Seulement 52 % des personnes sous orlistat ont terminé l’essai, contre 34 % sous placebo.
Les Standards of Care 2025 de l’American Diabetes Association reprennent, pour l’orlistat 120 mg trois fois par jour, une perte de 9,6 % du poids à 52 semaines contre 5,6 % sous placebo. L’écart net d’environ 4 points reste très inférieur à celui des agonistes GLP-1 ou du double agoniste GIP/GLP-1.
Qui peut prendre l’orlistat selon l’IMC
Les seuils d’indice ne sont pas universels, et ils diffèrent entre la FDA et l’EMA. Côté américain, Alli s’adresse aux adultes de 18 ans et plus déjà en surpoids ; Xenical vise 30 kg/m², ou 27 kg/m² avec un facteur de risque. Côté européen, Alli est indiqué à partir de 28, sans ordonnance, et Xenical à partir de 30, ou au-delà de 28 avec des facteurs de risque, sur prescription.
L’IMC se calcule en divisant le poids en kilogrammes par le carré de la taille en mètres. Un adulte de 1,70 m et 81 kg se situe vers 28, le plancher européen d’Alli. Le chiffre ne dit rien, à lui seul, de la masse musculaire ni des maladies associées ; le médecin le relie à la tension, à la glycémie et aux lipides.
Alli n’a pas d’indication pédiatrique ; l’EMA indique que la sécurité n’a pas été établie avant 18 ans. Xenical, aux États-Unis, a des données chez des adolescents de 12 à 16 ans, avec une baisse d’IMC de 0,55 kg/m² contre une hausse de 0,31 sous placebo sur 54 semaines. L’EMA écrit qu’il n’y a pas d’indication pertinente chez l’enfant.
L’étiquette d’Alli dit de ne pas l’utiliser si vous n’êtes pas en surpoids. Un indice dans la fourchette dite normale n’est pas une cible pour ce médicament. La grossesse et l’allaitement sont des situations d’exclusion dans les documents européens d’Alli ; la notice américaine de Xenical contre-indique aussi la grossesse, car une perte de poids n’apporte pas de bénéfice à la femme enceinte et peut exposer le fœtus. MedlinePlus demande de ne pas débuter une grossesse sous orlistat et d’appeler le médecin si elle survient.
Si, après 12 semaines d’Alli, le poids n’a pas bougé de façon utile, l’EMA demande d’en parler au médecin ou au pharmacien. Pour Xenical, l’arrêt est recommandé si moins de 5 % du poids de départ a été perdu à 12 semaines.
Doses, régime pauvre en graisses et vitamines
La dose d’Alli est une gélule de 60 mg, au plus trois fois par 24 heures, avec chaque repas principal qui contient des graisses. Xenical se prend à 120 mg selon le même rythme. La gélule se prend juste avant, pendant ou jusqu’à une heure après le repas, avec de l’eau. Un repas sauté ou sans gras entraîne l’omission de la dose ; on ne rattrape pas plus tard. Les doses au-delà de 120 mg trois fois par jour n’ont pas montré de bénéfice supplémentaire dans la notice de Xenical.
Le régime qui accompagne le médicament n’est pas accessoire. Les notices américaine et européenne demandent un apport d’environ 30 % des calories sous forme de graisses, réparti sur trois repas. L’EMA donne un exemple concret pour Alli ; sur 2 000 kcal par jour, cela correspond à moins de 67 g de lipides. La Mayo Clinic cite aussi la recommandation du fabricant d’environ 15 g de graisses par repas. Un seul plat très gras suffit à augmenter les fuites huileuses.
L’EMA demande de commencer le régime et l’activité physique avant Alli, puis de les poursuivre après l’arrêt. L’étiquette FDA va dans le même sens ; le médicament s’ajoute à un programme déjà en place.
La multivitamine quotidienne n’est pas facultative. Elle doit contenir les vitamines A, D, E, K et du bêta-carotène, prise au moins deux heures avant ou après une gélule, souvent au coucher. MedlinePlus précise de ne pas doubler une dose oubliée.
- Une gélule se prend seulement si le repas contient des graisses, jamais par habitude à jeun.
- Le total de lipides de la journée se répartit sur trois assiettes, sans festin unique très gras.
- La multivitamine du soir contient A, D, E, K et du bêta-carotène, à distance des gélules.
- Le régime et la marche ou un sport adapté continuent après l’arrêt des gélules.
- Douze semaines sans perte utile sont un motif de discussion avec le pharmacien ou le médecin.
Effets digestifs fréquents si le repas est trop gras
Les effets les plus fréquents sont digestifs et liés au gras non absorbé, pas à une intoxication générale. Plus d’une personne sur dix sous Alli, d’après l’EMA, présente des taches huileuses, des gaz avec écoulement, une envie urgente d’aller à la selle, des selles grasses, une évacuation d’huile, des flatulences ou des selles molles. Ces signes sont en général plus marqués au début et s’atténuent si le repas reste vraiment pauvre en lipides.
La notice de Xenical ajoute, parmi les effets très fréquents, le syndrome grippal, les maux de tête, les infections des voies aériennes et, chez les personnes diabétiques, des hypoglycémies. Les symptômes digestifs (selles huileuses, impériosités, incontinence) étaient au moins deux fois plus fréquents qu’avec le placebo dans les essais. Un régime à plus de 30 % de calories lipidiques, ou un seul repas très gras, augmente nettement ces événements.
Une fuite huileuse imprévisible au travail est souvent la raison concrète d’un arrêt. Réduire le fromage, les fritures et les sauces le jour même atténue souvent l’intensité, sans supprimer tout risque.
Une douleur abdominale grave et continue, une rectorragie, une douleur qui irradie dans le dos avec nausées, ou des signes de calculs biliaires, sortent du cadre des selles grasses attendues et justifient un avis médical rapide. Viser des fuites huileuses pour perdre davantage n’a pas de base dans les notices.
Foie, reins et signes d’alerte avec l’orlistat
Des atteintes hépatiques graves, parfois jusqu’à l’insuffisance et à la greffe, ont été signalées après commercialisation, même si un lien causal n’a pas été prouvé de façon ferme. La notice de Xenical et l’étiquette d’Alli demandent d’arrêter le médicament et de consulter devant un prurit, un manque d’appétit, un jaunissement de la peau ou des yeux, des selles décolorées, des urines foncées ou une douleur de l’hypochondre droit. La Mayo Clinic rappelle qu’une revue FDA de 2010 n’a pas confirmé que l’orlistat causait ces lésions, mais les mentions figurent toujours sur les étiquettes.
Le volet rénal a été resserré en 2026. De l’approbation d’Alli jusqu’au 31 décembre 2023, la FDA a retenu 12 cas de complications rénales ; âge médian 61 ans, huit hospitalisations, cinq dialyses, durée médiane d’exposition 2,5 mois. Huit dossiers décrivaient une insuffisance rénale aiguë, les autres une néphropathie ou des calculs à l’oxalate. L’agence souligne que d’autres causes (obésité, diabète, hypertension, antécédents rénaux) étaient souvent présentes.
Le mécanisme proposé est une hausse de l’oxalate urinaire ; le gras non absorbé lie le calcium intestinal, et davantage d’oxalate libre passe dans l’urine. La notice de Xenical demande de surveiller la fonction rénale chez les personnes déjà à risque et d’arrêter le médicament si une néphropathie à l’oxalate apparaît. L’étiquette d’Alli dit de demander un avis avant usage en cas de maladie rénale ou de calculs, et d’arrêter devant une douleur lombaire, du sang dans les urines, un gonflement des jambes ou une baisse du volume d’urine.
Une douleur abdominale intense peut aussi traduire une pancréatite, une cholécystite ou un calcul de la vésicule, tous cités parmi les précautions. L’étiquette d’Alli demande un avis médical préalable si vous avez déjà eu une maladie de la vésicule ou une pancréatite. En cas de malaise brutal, de vomissements incoercibles, de fièvre élevée ou de douleur qui irradie dans le dos, appelez le 15 ou le 112.
- Un jaunissement, des urines très foncées ou un prurit intense imposent l’arrêt immédiat et une consultation le jour même.
- Une douleur du flanc ou de l’aine, avec ou sans sang dans les urines, est une alerte rénale.
- Un gonflement des jambes ou des urines beaucoup plus rares justifie le même arrêt.
- Une réaction allergique avec gêne respiratoire ou gonflement du visage relève du 15 ou du 112.
- Une douleur abdominale grave et continue n’est plus un effet huileux banal.
Ces seuils viennent des notices et de la communication FDA de 2026. Ils distinguent le mécanisme digestif attendu d’un organe en difficulté.
Interactions et situations où le médicament est déconseillé
Plusieurs médicaments voient leur effet diminuer si l’orlistat réduit leur absorption. La ciclosporine, utilisée après greffe, est le cas le plus net. Une étude citée dans la notice de Xenical a montré une baisse de 31 % de l’aire sous la courbe lorsque les deux produits étaient pris ensemble, et encore 17 % si la ciclosporine était donnée trois heures après. La FDA demande de ne jamais les administrer au même moment. L’EMA va plus loin pour Alli ; l’usage concomitant de ciclosporine est une contre-indication, tout comme celui des anticoagulants oraux du type warfarine.
L’étiquette américaine d’Alli interdit aussi le produit après une greffe, en cas d’allergie, de malabsorption, ou si vous n’êtes pas en surpoids. Elle demande un avis avant usage si vous prenez un anticoagulant, de l’amiodarone, un antidiabétique, un traitement thyroïdien, un antiépileptique ou un antirétroviral. La lévothyroxine et l’orlistat doivent être séparés d’au moins quatre heures. Sous warfarine, la FDA demande un suivi serré de l’INR, car la vitamine K peut baisser ; l’EMA, pour Alli, choisit l’interdiction.
Des convulsions ont été décrites avec le valproate ou la lamotrigine. L’amiodarone a perdu 23 à 27 % d’exposition dans une étude à dose unique. Des baisses d’effet d’antirétroviraux, d’antidépresseurs et d’antipsychotiques ont été signalées. Une diarrhée importante peut, dans de rares cas, réduire l’efficacité d’une pilule contraceptive ; le RCP d’Alli recommande alors une méthode complémentaire.
- La ciclosporine et Alli ne se prennent pas ensemble ; en Europe, Alli est contre-indiqué dans ce cas.
- Un anticoagulant oral impose, selon le document, soit l’interdiction (EMA Alli), soit un suivi serré de l’INR (FDA Xenical).
- La lévothyroxine se décale d’au moins quatre heures pour limiter une hypothyroïdie mal contrôlée.
- Un antiépileptique, un antirétroviral ou l’amiodarone justifient un avis avant la première gélule.
- Grossesse, allaitement, malabsorption chronique et cholestase figurent parmi les exclusions des notices.
Apportez la liste complète de vos médicaments, y compris ceux sans ordonnance, au pharmacien. C’est lui, avec le médecin traitant, qui applique la règle française concrète, laquelle peut différer du libellé américain sans que l’un des deux soit faux.
Place de l’orlistat face aux médicaments plus récents
L’orlistat n’est plus le premier choix dans plusieurs recommandations récentes, parce que d’autres molécules font perdre davantage de poids et ont montré des effets sur des complications. La méta-analyse en réseau de 2025 publiée dans Nature Medicine (McGowan, Ciudin, Baker et al.) a porté sur 56 essais et 60 307 adultes. Tous les médicaments de l’obésité y ont fait perdre plus de poids que le placebo, mais seuls le sémaglutide et le tirzépatide dépassaient 10 % du poids. À 52 semaines, l’orlistat n’était plus statistiquement supérieur au placebo dans cette analyse en réseau, alors qu’il l’était sur l’ensemble des durées. Les patients sous orlistat n’étaient pas plus nombreux que sous placebo à atteindre 5 % de perte, contrairement aux autres molécules.
L’orlistat gardait en revanche l’un des meilleurs effets sur le cholestérol total, ce qui colle à son mécanisme intestinal. Un essai tête-à-tête inclus dans cette synthèse a donné un avantage de 3,80 points de pourcentage au liraglutide 3,0 mg.
La ligne de l’American Gastroenterological Association, dans sa recommandation de 2022 (Grunvald, Shah, Hernaez et al.), est explicite. Le panel suggère de ne pas utiliser l’orlistat (recommandation conditionnelle, certitude modérée). Il ajoute qu’une personne qui accorde beaucoup de valeur à un petit bénéfice pondéral et peu de poids aux effets digestifs peut raisonnablement le choisir, à condition de prendre une multivitamine à deux heures de distance. Les Standards ADA 2025, pour les personnes diabétiques en surpoids ou obèses, placent en tête le sémaglutide ou le tirzépatide, en raison de la perte de poids et des bénéfices glycémiques et cardiométaboliques.
Ces textes sont américains ou internationaux ; ils ne remplacent pas l’avis du médecin en France. Présenter Alli comme un équivalent des injections actuelles ne correspond plus aux essais. L’orlistat reste un outil oral, utile surtout si les incrétines sont mal tolérées, contre-indiquées ou indisponibles, et si le régime pauvre en graisses est tenable.
Arrêter un médicament d’obésité s’accompagne souvent d’une reprise. La méta-analyse de 2025 le documente pour le liraglutide, le sémaglutide et le tirzépatide, avec 43 à 67 % du poids perdu qui revient. Le régime et l’activité restent le traitement de fond.
Questions fréquentes
L’orlistat fait-il vraiment maigrir ?
Oui, mais de façon limitée, de l’ordre de 2 à 3 kg de plus que le régime seul sur un an pour Alli, d’après la Mayo Clinic. Les essais européens d’Alli ont montré 4,8 kg contre 2,3 kg sous placebo à un an. Une perte de 5 % du poids n’est pas garantie.
Alli est-il vendu sans ordonnance en France ?
L’EMA autorise Alli sans prescription pour les adultes dont l’indice atteint 28 kg/m², pour six mois au plus. Xenical reste sur ordonnance. Le pharmacien vous dira si la spécialité est effectivement en rayon dans votre officine et appliquera la règle locale, qui peut être plus stricte que le seul texte européen.
Faut-il une vitamine tous les soirs ?
Oui, les notices demandent une multivitamine contenant A, D, E, K et du bêta-carotène, prise au moins deux heures à l’écart des gélules, souvent au coucher. L’orlistat réduit l’absorption de ces micronutriments ; pour la vitamine E, la baisse mesurée avec Xenical atteint environ 60 %. Sans ce geste, le risque de carence augmente si le traitement dure plusieurs mois.
Peut-on le prendre enceinte ou quand on allaite ?
Non. L’EMA exclut Alli pendant la grossesse et l’allaitement, et la notice américaine de Xenical contre-indique la grossesse. Une perte de poids n’est pas un objectif chez la femme enceinte. MedlinePlus demande d’appeler le médecin si une grossesse débute sous traitement. Une méthode contraceptive complémentaire est conseillée en cas de diarrhée importante sous Alli.
Que faire si les selles deviennent huileuses ?
C’est l’effet le plus fréquent, surtout si le repas dépasse environ 30 % de calories lipidiques. Réduire les fritures, les sauces et les portions de fromage le jour même atténue souvent les fuites. Si s’y ajoutent une douleur grave, du sang, un jaunissement ou une douleur lombaire, arrêtez le médicament et consultez ; ce n’est plus un simple effet de lipase.
L’orlistat remplace-t-il le régime et le sport ?
Non. Toutes les autorisations, FDA comme EMA, le placent en appoint d’un régime hypocalorique pauvre en graisses et, pour Alli aux États-Unis, d’un programme d’exercice. Sans ce cadre, le gras non absorbé augmente les effets digestifs et la perte de poids s’effondre. Après l’arrêt des gélules, le régime et l’activité restent le seul traitement que vous emportez avec vous.
Conclusion
L’autorisation américaine d’Alli en 2007 a ouvert la première pilule amaigrissante sans ordonnance aux États-Unis, sur un principe déjà connu depuis Xenical. Vingt ans plus tard, le produit est toujours là, avec des notices plus précises sur le foie et, depuis juin 2026, sur les reins et l’oxalate. L’effet sur la balance n’a pas grandi ; il reste de quelques kilogrammes, à condition de tenir un régime à environ 30 % de lipides.
Avant d’acheter une boîte, calculez votre IMC et comparez-le aux seuils qui s’appliquent vraiment à vous (28 en Europe pour Alli, 30 ou 27 avec comorbidité pour Xenical aux États-Unis). Apportez au pharmacien la liste de vos traitements, surtout ciclosporine, anticoagulant, hormones thyroïdiennes, antiépileptiques et antirétroviraux. Demandez-lui si une autre option, y compris un médicament plus récent, a davantage de chances de servir votre objectif.
Gardez en tête les signes qui imposent l’arrêt ; jaunisse, urines foncées, douleur de l’hypochondre droit, douleur lombaire, sang dans les urines, gonflement des jambes, douleur abdominale grave. Dans ces situations, contactez votre médecin le jour même ; si le malaise est brutal ou respiratoire, appelez le 15 ou le 112. L’orlistat peut aider un adulte déjà en surpoids qui accepte le régime pauvre en graisses. Il ne corrige pas à lui seul une obésité et ne dispense pas d’un suivi.
Sources
- FDA : XENICAL- orlistat capsule. DailyMed, mis à jour le 9 janvier 2026.
- FDA : ALLI- orlistat capsule. DailyMed, mis à jour le 18 mars 2026.
- FDA : FDA Approves Labeling Changes for Over-the-Counter (OTC) Weight Loss Drug alli (Orlistat) to Warn of Risk of Kidney Stones and Kidney Injury. U.S. Food and Drug Administration, 10 juin 2026.
- Orlistat: MedlinePlus Drug Information. MedlinePlus, 15 octobre 2026.
- Alli weight-loss pill: Does it work?. Mayo Clinic, 9 avril 2024.
- EMA : Alli (previously Orlistat GSK). European Medicines Agency, mis à jour le 5 décembre 2024.
- EMA : Xenical | European Medicines Agency (EMA). European Medicines Agency, 29 juillet 1998.
- McGowan B, Ciudin A, Baker JL et al. : A systematic review and meta-analysis of the efficacy and safety of pharmacological treatments for obesity in adults. Nature Medicine, 2 octobre 2025.
- Torgerson JS, Hauptman J, Boldrin MN et al. : XENical in the prevention of diabetes in obese subjects (XENDOS) study: a randomized study of orlistat as an adjunct to lifestyle changes for the prevention of type 2 diabetes in obese patients. Diabetes Care, janvier 2004.
- American Diabetes Association Professional Practice Committee : 8. Obesity and Weight Management for the Prevention and Treatment of Type 2 Diabetes: Standards of Care in Diabetes–2025. Diabetes Care, 9 décembre 2024.
- Grunvald E, Shah R, Hernaez R et al. : AGA Clinical Practice Guideline on Pharmacological Interventions for Adults With Obesity. Gastroenterology, novembre 2022.
