La masturbation peut-elle causer la perte de cheveux ?

La masturbation peut-elle causer la perte de cheveux ?

La masturbation ne provoque pas de perte de cheveux. Aucun travail clinique n’a montré qu’elle miniaturise les follicules du cuir chevelu ou qu’elle déclenche une calvitie androgénétique.

Le doute mélange souvent testostérone, dihydrotestostérone (DHT) et « fuite de protéines » dans le sperme. La DHT agit surtout dans le follicule, chez les personnes qui y sont génétiquement sensibles. MedlinePlus Genetics estime que plus de 50 % des hommes de plus de 50 ans ont déjà une perte de ce type, un ordre de grandeur sans lien avec le nombre d’orgasmes.

Une éjaculation emporte environ 0,17 g de protéines si l’on croise la concentration moyenne revue par Owen et Katz (5,04 g pour 100 ml) et un volume moyen de 3,4 ml. Les médicaments reconnus aux États-Unis pour la calvitie masculine restent le minoxidil topique et le finastéride oral, qui ciblent le follicule, pas la vie sexuelle. Une chute soudaine, en plaques, ou nettement plus abondante au brossage justifie un rendez-vous, pas un serment d’abstinence.

La masturbation fait-elle tomber les cheveux ?

Non. Il n’existe pas d’essai, de cohorte ni de revue qui relie la masturbation, même fréquente, à une alopécie. La Mayo Clinic classe la chute parmi les conséquences de l’hérédité, des hormones, de certaines maladies, de médicaments, d’un choc physique ou psychique, ou de coiffures trop tirantes. La masturbation n’apparaît dans aucune de ces catégories.

L’idée circule parce que la calvitie masculine et l’activité sexuelle partagent un vocabulaire hormonal. La testostérone et la DHT interviennent dans les deux dossiers. En déduire que chaque éjaculation « use » les cheveux revient à confondre une hormone circulante et la sensibilité locale d’un follicule. Les hommes qui n’ont pas l’enzyme 5-alpha-réductase ne développent pas d’alopécie androgénétique masculine, même avec une testostérone sanguine normale, rappelle la revue de Cortez et coll. parue en 2025 dans les Anais Brasileiros de Dermatologia.

La fréquence de la pratique ne change pas non plus l’arithmétique quotidienne du cheveu. La Mayo Clinic indique qu’une personne perd en général 50 à 100 cheveux par jour, un renouvellement invisible tant que de nouvelles tiges poussent. Ce rythme peut augmenter après un accouchement, une fièvre, un régime très restrictif ou un deuil. Il ne s’emballe pas parce que l’on se masturbe.

Si vous cherchez une cause à une raie qui s’élargit ou à des tempes qui reculent, l’abstinence n’est pas un test diagnostique. Un médecin, souvent le médecin traitant puis un dermatologue, s’appuie sur le schéma de la chute, les antécédents familiaux, le cuir chevelu et, au besoin, des analyses. Rien dans ce bilan n’exige de compter vos orgasmes.

L'homme s'interroge sur la relation entre la masturbation et la perte de cheveux en observant ses cheveux dans le miroir de la salle de bains.

Testostérone et DHT : que change l’éjaculation ?

L’orgasme ne maintient pas une DHT élevée dans le sang, et encore moins dans le cuir chevelu. Chez dix hommes en bonne santé, Exton et coll. ont mesuré les hormones pendant une masturbation avant et après trois semaines d’abstinence sexuelle. L’orgasme élevait la tension, le rythme cardiaque, les catécholamines et la prolactine. La testostérone plasmatique, elle, ne bougeait pas avec l’orgasme. Le taux de base était plus haut après l’abstinence, dans cet échantillon minuscule de 2001.

Cette observation a été tordue en ligne. Certains en ont conclu que « se retenir » fait monter la testostérone et que, donc, se masturber la ferait chuter, ou l’inverse, que se masturber la ferait exploser et fabriquer de la DHT. Ni l’une ni l’autre lecture ne tient dans ces données. Dix volontaires, un protocole court, pas de suivi capillaire.

La DHT qui miniaturise les cheveux n’est pas un « trop-plein » d’éjaculations. Owecka et coll., dans Biomedicines en 2024, rappellent que la testostérone est convertie en DHT par la 5-alpha-réductase au niveau du follicule, et que la DHT se lie au récepteur des androgènes environ quatre à cinq fois plus fort que la testostérone. Cortez et coll. donnent le même ordre de grandeur (environ cinq fois). C’est cette biologie locale, plus les variants du gène du récepteur aux androgènes, qui oriente la calvitie, pas le calendrier des rapports.

Un dosage de testostérone ou de DHT « pour voir si vous vous masturbez trop » n’a donc pas de sens. La plupart des androgènes circulent liés à des protéines. Owecka précise que l’action n’est pas un simple reflet du taux total. Chez une femme, un bilan hormonal se discute en cas de signes d’hyperandrogénie (acné, pilosité excessive, cycles irréguliers), pas parce qu’elle a une vie sexuelle solitaire.

Les protéines du sperme affament-elles les cheveux ?

Non. Le sperme est riche en protéines, mais chaque éjaculat n’en contient qu’une fraction négligeable. Owen et Katz, dans le Journal of Andrology, ont compilé les dosages disponibles et retenu une moyenne de 5 040 mg pour 100 ml, soit 5,04 g/100 ml, avec une grande dispersion selon la méthode de mesure. Ils ont aussi retenu un volume moyen d’environ 3,4 ml. Le produit de ces deux moyennes donne près de 0,17 g de protéines par éjaculation.

Le 5e percentile du volume, dans la 6e édition du manuel de laboratoire de l’OMS (2021), reproduite par le Merck Manual, est de 1,4 ml (intervalle 1,3 à 1,5). Avec la même concentration, l’éjaculat « bas » emporte encore moins de protéines, de l’ordre de 0,07 g. Même en multipliant les orgasmes dans une journée, on reste très loin des apports alimentaires habituels. Le cheveu n’est pas en concurrence avec le sperme pour un stock unique de protéines.

Les spermatozoïdes eux-mêmes ne font que 1 % à 5 % du volume, toujours d’après Owen et Katz. Environ 90 % du liquide vient de la prostate et des vésicules séminales. Parler de « perte de force vitale » ou de « vol de protéines destinées aux cheveux » n’a pas de correspondant en physiologie.

Une vraie carence protéique, elle, peut faire chuter les cheveux. L’American Academy of Dermatology (AAD) range le manque de protéines, de fer, de zinc ou de biotine parmi les causes réversibles. Ce déficit se voit dans des régimes très restrictifs, une maladie ou une dénutrition, pas dans une vie sexuelle ordinaire. Si votre alimentation est monotone et que la chute est diffuse, le sujet utile avec le médecin est l’assiette et un bilan, pas l’éjaculation.

Autres mythes encore collés à la masturbation

La crainte capillaire s’ajoute à une liste ancienne, sans fondement clinique. La Cleveland Clinic, dans sa page de 2022, écarte un à un les contes encore répétés.

  • La masturbation ne rend pas aveugle et ne fait pas pousser de poils dans les paumes.
  • Elle ne rétrécit pas le pénis, ne le courbe pas et ne diminue pas le nombre de spermatozoïdes.
  • Elle ne provoque pas de trouble de l’érection, n’abaisse pas le désir et ne rend pas stérile.
  • Elle n’est pas une maladie mentale, malgré la honte que certains y collent encore.

Ces fables tiennent parce que le sujet reste tabou. Moins on en parle avec un soignant, plus les forums remplissent le vide. Aux États-Unis, l’enquête nationale de 2009 analysée par Herbenick et coll. (5 865 personnes de 14 à 94 ans) a montré que la masturbation solitaire est banale à tous les âges, et souvent plus fréquente que les rapports avec un partenaire à l’adolescence et après 70 ans. Chez les 25-29 ans, 83,6 % des hommes et 71,5 % des femmes déclaraient l’avoir pratiquée dans l’année. En vie entière, les taux montaient à 94,3 % et 84,6 %. Ces chiffres américains ne se transposent pas tels quels à la France, mais ils cassent l’image d’un comportement rare ou pathologique.

Quelques désagréments existent, sans rapport avec le cheveu. Une stimulation trop rude peut irriter la peau, provoquer une rougeur ou un léger gonflement du pénis. La Cleveland Clinic indique que ces signes se calment en un ou deux jours. Une pratique très fréquente et agressive peut aussi diminuer transitoirement la sensibilité. Un lubrifiant, un rythme moins brutal et le temps suffisent en général.

La culpabilité, elle, n’est pas un diagnostic. Si la honte vient d’une éducation religieuse ou d’un couple qui n’en parle pas, un sexologue ou un psychologue peut aider à démêler la valeur personnelle et le fait médical. Ce n’est pas une preuve que le corps « se venge » sur la chevelure.

Ce que la masturbation peut réellement modifier

La masturbation peut réduire le stress, favoriser le sommeil et aider à connaître son corps. La Cleveland Clinic décrit aussi un possible soulagement de douleurs, une meilleure humeur et, chez certaines femmes, moins de sécheresse vaginale avec l’âge et un soulagement de crampes menstruelles. L’orgasme libère notamment de la dopamine et de l’ocytocine, des médiateurs associés au plaisir, qui s’opposent en partie au cortisol, l’hormone du stress. Cela ne remplace pas un traitement de la dépression ni de l’insomnie chronique.

Le risque de grossesse est nul. Une infection sexuellement transmissible reste rare si l’on se touche seul. Elle devient possible avec un jouet partagé et mal nettoyé. La même page recommande de laver les objets après usage. Ce conseil n’a rien à voir avec les follicules, mais il évite une fausse impression de « zéro risque » dès qu’un accessoire circule.

Chez l’homme, la Cleveland Clinic mentionne une étude selon laquelle des éjaculations fréquentes ont été associées à un risque plus bas de cancer de la prostate. Il s’agit d’une association, pas d’une stratégie de prévention validée. On ne « soigne » pas une prostate en se masturbant davantage, et l’on ne prévient pas une calvitie en s’abstenant. Les deux organes n’obéissent pas au même levier.

Chez la femme, la même source indique que celles qui se masturbent sont plus susceptibles d’avoir un orgasme avec un partenaire, et qu’une enquête auprès de femmes mariées a rapporté davantage d’orgasmes, une meilleure estime de soi et une plus grande satisfaction conjugale. Ces bénéfices touchent la vie sexuelle et affective. Ils ne poussent pas les cheveux et ne les retiennent pas.

Quand la masturbation devient un problème

Elle devient un problème de santé quand elle échappe au contrôle et abîme la vie, pas quand elle est fréquente. La 11e révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11) de l’OMS a introduit le trouble du comportement sexuel compulsif. Kraus et coll. en ont exposé les critères en 2018 dans World Psychiatry. Le tableau exige, pendant au moins six mois, une incapacité persistante à maîtriser des impulsions sexuelles intenses, des comportements répétitifs, et une détresse marquée ou une altération nette (famille, travail, études, santé). La souffrance qui vient seulement d’un jugement moral sur la masturbation ne suffit pas au diagnostic.

La Cleveland Clinic décrit le même seuil en langage courant.

  • Vous manquez le travail ou des cours parce que l’activité occupe trop de place.
  • Vous annulez des rendez-vous ou négligez des proches pour y revenir sans cesse.
  • Vous sentez que vous n’arrivez plus à réduire la fréquence malgré des efforts répétés.

Dans ces situations, une psychothérapie, parfois avec un sexologue, est la voie habituelle. Il n’y a pas de nombre magique d’orgasmes par semaine qui sépare le normal du pathologique.

Un désir élevé, surtout à l’adolescence, n’est pas un trouble. Kraus et coll. soulignent qu’il ne faut pas coller l’étiquette à une activité sexuelle intense sans perte de contrôle. Le diagnostic mal posé, nourri par des forums, ajoute de la honte sans soigner les cheveux.

Si la masturbation vous fait mal, saigne, ou s’accompagne d’une angoisse qui vous empêche de dormir, parlez-en à votre médecin traitant. Ce n’est ni une confession ni un aveu de calvitie. C’est un motif de consultation comme un autre, que le soignant traitera avec les mêmes outils que pour n’importe quel comportement qui déborde.

Femme riant au lit, explorant les bienfaits de la masturbation.

Les causes réelles d’une perte de cheveux

La cause la plus fréquente, dans le monde, est l’alopécie androgénétique, héréditaire. Les pages grand public de l’AAD la placent au premier rang. Chez l’homme, le premier signe est souvent une ligne d’implantation qui recule ou une tonsure au sommet. Chez la femme, une raie qui s’élargit ou un éclaircissement du dessus du crâne. MedlinePlus Genetics chiffre environ 50 millions d’hommes et 30 millions de femmes concernés aux États-Unis, et plus de 50 % des hommes après 50 ans.

D’autres tableaux existent et se distinguent par le rythme et la forme. L’alopécie areata (pelade) survient quand le système immunitaire attaque les follicules. Des plaques rondes apparaissent, parfois la barbe, les sourcils ou les cils. L’AAD indique que les cheveux peuvent revenir, seuls ou avec un traitement. Un effluvium télogène survient souvent deux à trois mois après un accouchement, une opération, une infection, un choc émotionnel ou l’arrêt de certaines pilules. L’AAD estime que, une fois le stress passé, la densité revient en général en 6 à 9 mois.

Les coiffures qui tirent (tresses serrées, extensions, queue de cheval permanente) donnent une alopécie de traction. Au début, l’arrêt du geste peut suffire. Si la traction dure des mois ou des années, la perte peut devenir définitive. La chimiothérapie ou une radiothérapie de la tête font souvent tomber la plus grande partie des cheveux en quelques semaines. Ils repoussent le plus souvent dans les mois qui suivent la fin du traitement. Un bonnet réfrigérant, discuté avec l’oncologue, peut parfois limiter la chute.

Médicaments, thyroïde, psoriasis du cuir chevelu, teigne, syphilis non traitée, trichotillomanie (arrachage) et alopécies cicatricielles complètent la liste de l’AAD et de la Mayo Clinic. Aucune de ces causes n’implique la masturbation.

Type de chute Délai et aspect Évolution habituelle Lien avec la masturbation
Alopécie androgénétique Progressive, tempes et vertex ou raie élargie Persiste sans traitement Aucun établi
Effluvium télogène Diffuse, souvent 2 à 3 mois après un choc Densité souvent revue en 6 à 9 mois Aucun établi
Alopécie areata (pelade) Plaques rondes soudaines Variable, traitements possibles Aucun établi
Alopécie de traction Zones tirées par la coiffure Réversible tôt, parfois définitive Aucun établi
Médicaments, thyroïde, carences Diffuse, après un traitement ou un déséquilibre Souvent réversible si la cause est traitée Aucun établi

Alopécie androgénétique : gènes et DHT locale

C’est une affection polygénique, influencée par les androgènes au niveau du follicule, pas par le nombre d’éjaculations. Cortez et coll. décrivent une miniaturisation progressive. Le cheveu terminal devient plus fin, le cycle anagène (pousse) raccourcit, le télogène (repos) s’allonge. Le sommet et les tempes sont touchés. L’occiput résiste souvent, ce qui permet les greffes. La classification de Hamilton-Norwood décrit sept stades chez l’homme, du léger dégarnissement temporal à une couronne étroite.

La prévalence augmente avec l’âge. La même revue cite l’ordre de grandeur classique. Environ 30 % des hommes vers 30 ans, 50 % vers 50 ans. L’AAD, pour sa part, indique que plus de la moitié des hommes blancs ont un signe visible à 50 ans. Les chiffres varient selon l’ethnie. Cortez rappelle une fréquence plus basse chez les hommes noirs américains, un début souvent plus tardif au Japon, une incidence plus faible en Chine. MedlinePlus Genetics ajoute que, chez la femme, la perte est plus fréquente après la ménopause et mène rarement à une calvitie totale.

Le gène du récepteur aux androgènes (AR), sur le chromosome X, est le plus solidement impliqué. MedlinePlus précise que d’autres gènes et des facteurs d’environnement restent mal connus. Avoir un parent proche atteint augmente le risque. Cela ne permet pas de prédire l’âge exact du premier cheveu perdu, et encore moins de le relier à la vie sexuelle.

Chez la femme, le rôle des androgènes est plus ambigu. Owecka souligne que la DHT est centrale dans la forme masculine, alors que son poids exact dans la forme féminine reste discuté. Un syndrome des ovaires polykystiques peut s’accompagner d’une alopécie androgénétique. Un bilan (cycles, pilosité, acné, parfois testostérone totale avec SHBG) se discute alors avec le médecin. Rien n’indique d’interroger la masturbation.

Le diagnostic est surtout clinique. Cortez indique que la trichoscopie (dermoscopie du cuir chevelu) montre une variation de calibre, des unités folliculaires à un seul cheveu, parfois un halo péripilaire. Une biopsie n’est utile que si le tableau est douteux, surtout pour écarter une alopécie cicatricielle, dont la perte est définitive une fois le follicule détruit.

Médicaments reconnus contre la calvitie androgénétique

Aux États-Unis, la FDA a autorisé le minoxidil topique pour les deux sexes et le finastéride oral pour les hommes. Owecka le résume ainsi. En France, le médecin et le pharmacien appliquent l’autorisation locale. Ne prenez pas un comprimé d’un proche « pour essayer ».

Le minoxidil s’applique sur le cuir chevelu, pas sur la longueur. L’AAD indique deux fois par jour pour les hommes, tous les jours. Les essais montrent moins de chute, parfois une repousse, rarement une chevelure complète. Il faut souvent 6 à 12 mois pour juger. L’arrêt fait perdre le bénéfice. Irritation, démangeaisons, parfois maux de tête. La mousse irrite souvent moins que la solution. Cortez rappelle qu’une poussée d’effluvium en début de traitement, par libération des cheveux en télogène, peut durer deux à huit semaines puis s’arrêter.

Le finastéride, inhibiteur de la 5-alpha-réductase de type 2, se prend chaque jour. L’AAD estime qu’il ralentit la poursuite de la chute chez environ 80 % à 90 % des hommes qui le prennent, avec une possible repousse surtout si l’on commence tôt. Owecka indique 1 mg par jour et une baisse d’environ 60 % de la DHT du cuir chevelu et du sérum. Les effets indésirables possibles, d’après l’AAD, comprennent une baisse du désir, des troubles de l’érection, une sensibilité des seins et une dépression. Des effets sexuels persistants après l’arrêt ont été rapportés. Le dermatologue doit donc connaître vos antécédents avant de prescrire. Les femmes enceintes ou susceptibles de l’être ne doivent pas manipuler des comprimés écrasés.

Le dutastéride (0,5 mg) inhibe les deux types de 5-alpha-réductase. Owecka cite une méta-analyse qui le trouve plus efficace que 1 mg de finastéride, l’écart s’estompant à 5 mg de finastéride. Le médicament n’a pas l’indication FDA de la calvitie masculine. En France, la décision appartient au prescripteur. Cortez mentionne aussi le minoxidil oral à faible dose, hors AMM américaine historique du comprimé antihypertenseur, avec hypertrichose chez environ 15 % des patients et des effets dose-dépendants (œdème, accélération du cœur). On n’improvise pas ce comprimé.

Des appareils laser « FDA cleared » existent pour un usage à domicile. L’AAD insiste sur la différence. « Cleared » est une barre de sécurité plus basse que « approved ». Quelques petites études suggèrent un gain de densité. L’appareil ne remplace pas un diagnostic. Une greffe déplace des follicules de la zone encore fournie vers la zone clairsemée. Elle ne stoppe pas l’évolution du reste de la chevelure si la maladie n’est pas traitée.

Perte de cheveux : quand voir un médecin

Prenez rendez-vous si la chute est soudaine, en plaques, ou nettement plus abondante quand vous vous peignez ou vous lavez la tête. La Mayo Clinic le formule ainsi, y compris pour un enfant. Une chute brutale peut signaler une maladie, une teigne, une pelade ou un effluvium. Attendre que « ça passe » parce que l’on s’est masturbé la veille fait perdre du temps.

Consultez aussi si la perte vous détresse et que vous voulez un traitement, ou si vous êtes une femme avec une ligne d’implantation qui recule (alopécie frontale fibrosante). Dans ce dernier cas, la Mayo Clinic souligne qu’un traitement précoce peut limiter une calvitie définitive. Un cuir chevelu rouge, squameux, douloureux ou suintant n’est pas une calvitie androgénétique banale.

Le médecin demandera souvent les médicaments, les régimes, un accouchement récent, une thyroïde connue, les coiffures, le stress et les cas familiaux. Un test de traction (tirer doucement une mèche) aide à juger si la chute est active. Une prise de sang (fer, thyroïde) n’est pas automatique. Elle se discute quand le tableau n’est pas une calvitie typique. Cortez rappelle que l’alopécie androgénétique masculine typique n’exige pas de bilan hormonal de routine.

Préparez trois questions concrètes.

  • Quel schéma voyez-vous (androgénétique, effluvium, pelade, traction) et faut-il un examen du cuir chevelu ?
  • Un médicament, une carence ou la thyroïde peuvent-ils expliquer cette accélération récente ?
  • Si un traitement est proposé, dans quel délai juger, et que se passe-t-il à l’arrêt ?

N’arrêtez pas un traitement en cours sans en parler. L’AAD le rappelle pour les médicaments susceptibles de faire tomber les cheveux. Un arrêt brutal de certains d’entre eux crée d’autres risques. Le 15 ou le 112 n’ont rien à voir avec une calvitie. Ils concernent une détresse vitale (malaise grave, sepsis, détresse respiratoire), pas une poignée de cheveux dans la douche.

Questions fréquentes

Arrêter de se masturber fait-il repousser les cheveux ?

Non. L’abstinence ne relance pas un follicule miniaturisé par une alopécie androgénétique. Exton et coll. ont même observé, sur un petit groupe, une testostérone de base un peu plus haute après trois semaines sans rapport, sans aucun suivi capillaire. Si vos cheveux s’éclaircissent selon un schéma familial, le levier utile est un avis dermatologique, pas un défi d’abstinence.

La calvitie féminine vient-elle de la masturbation ?

Non plus. Chez la femme, l’alopécie androgénétique élargit surtout la raie et clairsème le dessus du crâne, plus souvent après la ménopause, d’après MedlinePlus. Un syndrome des ovaires polykystiques ou un autre excès d’androgènes peut s’y ajouter. Ces pistes se discutent avec un médecin. La masturbation n’en fait pas partie.

Faut-il doser la DHT juste après un orgasme ?

Non. Un prélèvement post-orgasme n’éclaire pas une calvitie. La DHT utile au raisonnement est celle du follicule, chez une personne génétiquement sensible. Un bilan androgénique se discute devant d’autres signes (cycles, pilosité, acné), pas après une éjaculation.

Combien de cheveux perd-on chaque jour sans maladie ?

Environ 50 à 100, selon la Mayo Clinic. Ce renouvellement passe inaperçu tant que la repousse suit. Des poignées dans la douche, deux ou trois mois après un choc, orientent plutôt vers un effluvium. Une raie qui s’élargit sur des années oriente vers une alopécie androgénétique.

Le finastéride sert-il si l’on continue de se masturber ?

Oui, le traitement ne demande pas d’arrêter la masturbation. Le finastéride bloque une enzyme du follicule. L’AAD le présente comme un comprimé quotidien, avec un jugement vers six mois. La vie sexuelle n’est pas un critère d’efficacité. Les effets indésirables sexuels possibles se discutent avant la prescription, précisément parce que le médicament touche la DHT, pas parce que vous vous masturbez.

Un effluvium après un choc émotionnel est-il définitif ?

Le plus souvent non. L’AAD indique que, le facteur de stress levé, la densité revient en général en 6 à 9 mois. Une calvitie androgénétique sous-jacente peut toutefois se démasquer à cette occasion. Si la chute dure au-delà, ou si le schéma devient celui d’une raie qui s’ouvre, un dermatologue départage les deux.

Gros plan d'un patient et d'un médecin discutant des causes de la perte de cheveux.

Conclusion

La masturbation n’est pas une cause de calvitie. La DHT qui miniaturise les cheveux se fabrique dans le follicule de personnes génétiquement prédisposées. L’orgasme, dans la petite étude d’Exton, ne faisait même pas bouger la testostérone plasmatique. Les protéines d’un éjaculat se comptent en dixièmes de gramme. Les vrais tableaux, eux, ont des visages distincts. Raie qui s’élargit sur des années, plaques rondes, poignées deux mois après un accouchement ou une grippe, tempes tirées par une queue de cheval.

Si vos cheveux changent, décrivez le schéma, le calendrier et vos antécédents familiaux à votre médecin traitant, plutôt que d’entrer dans un défi d’abstinence trouvé en ligne. Demandez si le tableau ressemble à une alopécie androgénétique, à un effluvium ou à autre chose, et si un traitement local (minoxidil) ou, chez l’homme, un inhibiteur de la 5-alpha-réductase a un sens dans votre cas. Le pharmacien pourra préciser ce qui est disponible en France. La honte n’est pas un argument médical. Une chute qui s’accélère, elle, en est un.

Sources

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  11. Kraus SW, Krueger RB et al. : Compulsive sexual behaviour disorder in the ICD-11. World Psychiatry, février 2018.
  12. Herbenick D, Reece M et al. : Sexual behavior in the United States: results from a national probability sample of men and women ages 14-94. The Journal of Sexual Medicine, octobre 2010.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.