
Lors d’un infarctus du myocarde, la tension artérielle peut augmenter, chuter ou rester dans vos valeurs habituelles. Un chiffre lu sur un tensiomètre à domicile ne permet ni de confirmer ni d’écarter une crise cardiaque.
Un infarctus peut même se dérouler sans modifier la tension du tout, comme le rappelle la Cleveland Clinic en 2026. Si une douleur thoracique, un essoufflement soudain ou une sueur froide apparaissent, recommencer la mesure ne remplace pas un appel au 15 ou au 112.
Les soignants regardent surtout deux extrêmes. Une systolique sous 90 mmHg peut annoncer un choc cardiogénique, présent dans 7 à 10 % des syndromes coronariens aigus d’après le document ACC/AHA paru en 2025. Une lecture au-dessus de 180/120 mmHg avec douleur thoracique, essoufflement ou déficit neurologique relève, pour l’American Heart Association, d’une urgence hypertensive. Ce même texte américain de 2025 réserve la trinitrine aux patients dont la systolique reste au moins à 90 mmHg.
La tension peut monter, baisser ou rester stable
Il n’existe pas de profil tensionnel unique pendant un infarctus. D’après la Cleveland Clinic, la crise cardiaque elle-même ne change pas forcément la pression artérielle, qui peut être haute, basse, dans une fourchette habituelle, ou osciller d’un moment à l’autre. Le Merck Manual décrit le même constat à l’examen, où la tension est variable.
Ce qui se passe dépend de la cause de l’infarctus, de l’étendue du muscle atteint, des médicaments déjà pris et de la réaction du système nerveux. Une rupture de plaque dans une artère coronaire n’a pas le même profil qu’une poussée hypertensive brutale, qu’un spasme coronaire ou qu’un infarctus du ventricule droit. L’âge, la douleur, l’anxiété, un traitement hypotenseur en cours et un diabète ancien pèsent autant que le caillot lui-même.
Beaucoup de patients ont d’abord une certaine hypertension pendant la douleur ischémique, observe le Merck Manual (mise à jour 2026). Ce n’est pas une règle. D’autres arrivent déjà en hypotension, parfois après un malaise, une arythmie ou une grande nappe de nécrose. Entre les deux, une lecture banale n’a rien de rassurant si le thorax serre ou si le souffle manque.
Les scores de risque hospitaliers, TIMI et GRACE, cités dans le texte ACC/AHA de 2025, intègrent la systolique d’admission (moins de 100 mmHg dans TIMI) comme un marqueur de gravité parmi d’autres. Une valeur basse oriente le pronostic. Elle ne dit pas, à elle seule, si vous êtes en train de faire un infarctus chez vous. Une systolique à 105 mmHg n’a pas le même sens selon que vous vivez à 110/70 mmHg ou à 165/95 mmHg.

Pourquoi la tension peut augmenter pendant l’infarctus
La douleur, la peur et le manque d’air activent le système nerveux sympathique. Le cœur accélère, les vaisseaux se contractent, les catécholamines montent. La tension peut alors s’élever alors même qu’une artère coronaire est en train de se fermer. Ce réflexe n’est pas protecteur pour le muscle ischémique, car il augmente le travail du ventricule gauche et sa consommation d’oxygène au moment où le débit coronaire est déjà insuffisant.
Une hypertension déjà installée explique aussi une lecture haute pendant la crise. Les CDC classent l’hypertension parmi les trois grands facteurs de risque d’infarctus, avec le cholestérol et le tabac. Une tension du jour de l’infarctus est souvent le prolongement d’années de pression trop élevée, pas un événement isolé.
Moins souvent, l’infarctus s’inscrit dans une urgence hypertensive. La pression monte très haut, très vite, et un organe (cœur, cerveau, aorte, rein) se dégrade. La Cleveland Clinic distingue ce scénario de l’infarctus classique par rupture de plaque. Les deux peuvent coexister. Dans tous les cas, le tensiomètre ne tranche pas le mécanisme. L’électrocardiogramme et la troponine le font.
Une tension haute n’interdit pas un tableau grave. Si la douleur persiste, si le patient blêmit ou si le pouls devient irrégulier, la lecture élevée ne justifie pas d’attendre que le chiffre redescende tout seul.
Tension trop basse et choc cardiogénique
Une tension qui s’effondre pendant un infarctus n’est pas un détail de confort. Elle peut traduire un choc cardiogénique, c’est-à-dire que le ventricule n’éjecte plus assez de sang pour perfuser le cerveau, les reins et le reste du corps. Une revue de Samsky et coll. dans JAMA (2021) estime que ce choc survient dans 5 à 10 % des infarctus aigus, qu’il touche 40 000 à 50 000 personnes par an aux États-Unis, et qu’il reste la première cause de mort hospitalière après un infarctus. La mortalité avoisine 40 % à 30 jours et 50 % à un an.
Rao et coll., dans le texte ACC/AHA de 2025, situent le choc lié à l’infarctus dans 7 à 10 % des syndromes coronariens aigus et insistent sur un triage rapide vers un centre capable de désobstruer l’artère. L’hypotension y est souvent définie par une systolique inférieure à 90 mmHg pendant plus de 30 minutes, ou par le besoin de médicaments vasopresseurs pour tenir ce seuil, associés à des signes de mauvaise perfusion. Samsky et coll. ajoutent une autre définition utile, une pression artérielle moyenne inférieure de 30 mmHg à la valeur habituelle du patient.
Le tableau clinique va au-delà du chiffre. Peau moite et froide, confusion, extrémités marbrées, essoufflement avec râles, oligurie, autant de signes que le débit ne suffit plus. Une pression pulsée étroite (écart systolique-diastolique inférieur à 25 % de la systolique) oriente vers un bas débit. À l’inverse, un sous-groupe décrit dans la même revue a un choc dit non hypotendu. La systolique reste au-dessus de 90 mmHg, mais les organes sont déjà mal perfusés. Se fier au seul 90 mmHg ferait rater ces patients.
L’infarctus du ventricule droit, souvent associé à un infarctus inférieur, donne un profil particulier, avec tension basse, veines du cou distendues et poumons encore clairs. Le Merck Manual souligne que la trinitrine y est mal tolérée, car le ventricule droit a besoin d’une précharge élevée. Une grande nappe antérieure, une rupture mécanique (pilier mitral, communication interventriculaire, paroi libre) ou une arythmie grave peuvent faire chuter la tension tout aussi vite.
- Une systolique durablement sous 90 mmHg pendant une douleur thoracique justifie un appel immédiat au 15 ou au 112.
- Une chute nette par rapport à votre tension habituelle, avec malaise ou confusion, a la même urgence qu’un chiffre absolument bas.
- Des extrémités froides, une peau moite et une dyspnée évoquent une hypoperfusion, même à 100 mmHg.
Le traitement qui a montré un bénéfice de survie dans ce contexte n’est pas de remonter le chiffre à tout prix avec un comprimé. C’est de rouvrir l’artère responsable, comme l’ont montré l’essai SHOCK puis CULPRIT-SHOCK, repris par Samsky et par le document de 2025.
Une tension normale n’écarte pas l’infarctus
Une lecture à 125/78 mmHg n’a aucune valeur d’exclusion. La Cleveland Clinic l’écrit clairement, la tension n’a pas à être élevée pendant un infarctus. Un infarctus dit silencieux, ou un infarctus à symptômes digestifs, peut laisser le brassard indifférent.
Le réflexe de contrôler d’abord la tension retarde l’appel. Le NHLBI (page symptômes, 2022) demande d’appeler les secours dès que l’on croit à un infarctus, même en cas de doute, et de ne pas se rendre soi-même à l’hôpital. Les équipes du SAMU peuvent poser un électrocardiogramme, surveiller le rythme et commencer des traitements pendant le transport. Perdre dix minutes sur trois mesures successives n’améliore pas le diagnostic. Cela recule la reperfusion.
L’ESC, dans ses recommandations de 2023 sur les syndromes coronariens aigus, précise qu’un soulagement de la douleur après de la trinitrine n’est pas une manœuvre diagnostique. La douleur de l’angor d’effort cède souvent au repos ou au dérivé nitré. Celle de l’infarctus, écrit le NHLBI, ne cède pas vraiment au repos ni au médicament. Si vous ne savez pas distinguer les deux, le NHLBI demande d’appeler. En France, c’est le 15 ou le 112.
Le diagnostic repose sur l’électrocardiogramme, la troponine et le tableau clinique, pas sur le brassard. L’ESC 2023 veut un tracé dans les 10 minutes après le premier contact médical. La troponine ultrasensible, dosée à l’arrivée puis une à deux heures plus tard (texte ACC/AHA de 2025 et Merck Manual), montre la nécrose. Une différence de tension entre les deux bras ferait craindre une dissection aortique.
Hypertension au long cours et risque d’infarctus
L’hypertension chronique n’est pas l’infarctus, mais elle en prépare le terrain. La Cleveland Clinic décrit le mécanisme. La pression trop élevée abîme la paroi interne des artères, favorise l’athérosclérose, et rend plus probable la rupture d’une plaque puis la formation d’un caillot. Le ventricule gauche, contraint de pomper contre une postcharge élevée pendant des années, s’épaissit puis se fatigue. L’hypertension se dépiste par la mesure, pas par un symptôme d’alerte fiable, ce qui justifie un suivi plutôt que d’attendre un signal.
Le document AHA/ACC de 2025 sur l’hypertension, qui actualise celui de 2017, classe encore l’hypertension à partir de 130 mmHg de systolique ou 80 mmHg de diastolique, et fixe un objectif de traitement souvent inférieur à 130/80 mmHg chez l’adulte. Le médicament s’ajoute au mode de vie dès 140/90 mmHg chez tous, et dès 130/80 mmHg en cas de maladie cardiovasculaire, d’accident vasculaire cérébral, de diabète, de maladie rénale chronique ou d’un risque à 10 ans d’au moins 7,5 % calculé avec l’outil PREVENT.
Ces seuils américains ne sont pas ceux de l’Europe. Un commentaire d’Azizi et Juraschek dans Circulation (14 août 2025) compare les documents. L’ESC 2024 et l’ESH 2023 posent encore le diagnostic d’hypertension au cabinet à 140/90 mmHg. Beaucoup de personnes classées en hypertension de stade 1 aux États-Unis relèvent, en Europe, d’une tension élevée ou normale haute. Votre médecin traitant appliquera la recommandation utilisée en France. N’importez pas un seuil lu sur un site américain dans votre tensiomètre sans avis.
Le tabac, le LDL, le diabète, la sédentarité, un tour de taille élevé et des antécédents familiaux précoces s’ajoutent à la pression. Mayo Clinic liste aussi la prééclampsie, certaines maladies auto-immunes, la cocaïne et les amphétamines, capables de provoquer un spasme coronaire. Le rythme du traitement et les molécules se décident avec le médecin.
Lire les chiffres, catégories américaines et européennes
Le tensiomètre affiche deux nombres. La systolique (le plus élevé) correspond à la pression au moment où le ventricule gauche éjecte. La diastolique correspond à la pression entre deux battements. L’American Heart Association (août 2025) rappelle qu’après 50 ans, la systolique porte davantage le risque cardiovasculaire, car les gros vaisseaux rigidifient.
Les catégories AHA/ACC 2025, pour une moyenne d’au moins deux mesures soigneuses à au moins deux occasions, se lisent ainsi. Normale, moins de 120/80 mmHg. Élevée, 120-129 mmHg de systolique et diastolique sous 80 mmHg. Hypertension de stade 1, 130-139 ou 80-89 mmHg. Stade 2, 140 ou 90 mmHg et plus. Au-delà de 180/120 mmHg, le document grand public de l’AHA parle d’hypertension sévère (sans nouveau symptôme d’organe) ou d’urgence hypertensive (avec symptômes).
L’ESC 2024, toujours d’après Azizi et Juraschek, simplifie autrement. Non élevée, moins de 120/70 mmHg au cabinet. Élevée, 120-139 / 70-89 mmHg. Hypertension, 140/90 mmHg ou plus. Une lecture à 135/85 mmHg n’a donc pas le même libellé de part et d’autre de l’Atlantique, même si les deux documents poussent, chez les patients à haut risque, à traiter plus tôt autour de 130/80 mmHg.
Une seule mesure ne pose pas un diagnostic. Brassard trop petit, parole pendant la mesure, café récent ou effet blouse blanche faussent le tableau. L’AHA 2025 valorise l’automesure avec un appareil validé et déconseille les montres sans brassard tant que leur précision n’est pas démontrée. Pendant une douleur thoracique, ces catégories de suivi chronique passent au second plan. On cherche l’instabilité et on appelle du secours.

Symptômes à reconnaître plutôt que le tensiomètre
Le signal d’un infarctus est clinique, pas sphygmomanométrique. Les CDC (24 octobre 2024) décrivent une gêne au centre ou à gauche de la poitrine, qui dure plus de quelques minutes ou qui revient, souvent vécue comme une pression, un serrement ou une plénitude. S’y ajoutent une faiblesse, un étourdissement, une sueur froide, une douleur de mâchoire, de cou, de dos, d’un bras ou des deux, un essoufflement qui précède parfois la douleur. Les nausées, les vomissements et une fatigue inhabituelle sont plus fréquents chez les femmes.
Le NHLBI insiste sur la variabilité. Les symptômes peuvent commencer lentement, être discrets ou brutaux, aller et venir pendant des heures. Un second infarctus n’imite pas forcément le premier. Mayo Clinic (27 mars 2026) ajoute brûlures d’estomac, indigestion, perte de connaissance, douleur vers les dents ou le haut du ventre. Le Merck Manual rappelle que la douleur ressemble à l’angor mais qu’elle est en général plus forte, plus longue, peu soulagée par le repos ou la trinitrine, et plus souvent accompagnée de dyspnée, de sueurs et de nausées.
- Une pression thoracique qui dure ou irradie vers un bras, le dos ou la mâchoire appelle le 15.
- Un essoufflement soudain, une sueur froide et un malaise ont la même valeur d’alerte.
- Une douleur d’effort qui cède vite au repos évoque un angor, mais le doute se tranche aux urgences.
Mayo Clinic et le NHLBI demandent de ne pas conduire soi-même. Si la personne perd connaissance et ne respire plus, on appelle le 15 puis on commence un massage cardiaque (100 à 120 compressions par minute, 30 compressions et 2 insufflations si l’on est formé). L’infarctus, un problème d’artère et de muscle, peut provoquer un arrêt cardiaque, c’est-à-dire l’arrêt de la pompe.
Femmes, personnes âgées et diabète
Le symptôme le plus fréquent reste, pour les femmes comme pour les hommes, une douleur ou une gêne thoracique, écrivent les CDC. Les femmes ont toutefois plus souvent, en plus ou à la place, des nausées, des vomissements, une fatigue inexpliquée, un essoufflement, une douleur de dos, de cou ou de mâchoire. Le NHLBI ajoute une fatigue inhabituelle, parfois pendant des jours, plus souvent rapportée chez les femmes, et Mayo Clinic précise que nausées ou une brève douleur de cou ou de dos peuvent sembler sans rapport avec le cœur.
Les personnes âgées rapportent plus souvent l’essoufflement que la douleur typique, observe le Merck Manual. Le NHLBI signale que la dyspnée pour un petit effort, ou au repos, est plus fréquente avec l’âge. Chez une personne diabétique, la neuropathie peut émousser la douleur. L’infarctus se présente alors comme un malaise, une grande fatigue ou un essoufflement. Jusqu’à 30 % des infarctus peuvent être silencieux chez les patients diabétiques, contre environ 20 % dans la population générale, d’après le Merck Manual.
Ces tableaux atypiques nourrissent des retards, souvent pris pour un reflux ou une grippe. Le NHLBI rappelle que chaque minute compte. Un infarctus peu douloureux peut laisser la pression inchangée. Le critère d’appel reste le symptôme nouveau, pas le seuil du brassard.
Infarctus silencieux
Un infarctus silencieux a peu de symptômes, des symptômes non reconnus, ou aucun. Le Merck Manual parle d’environ 20 % des infarctus aigus dans la population générale, et jusqu’à 30 % chez les personnes diabétiques. On prend souvent ces signes vagues pour une indigestion. Les facteurs de risque restent les mêmes que pour l’infarctus bruyant (âge, diabète, surpoids, antécédents familiaux, hypertension, cholestérol, sédentarité, tabac).
Les CDC estiment qu’environ un infarctus américain sur cinq est silencieux. Le dégât est fait, la personne ne le sait pas. Le NHLBI le dit plus fréquent chez les personnes âgées et en cas d’hyperglycémie ou de diabète. Un électrocardiogramme réalisé plus tard peut révéler une nécrose ancienne. On ne prédit pas l’épisode à venir par un test unique. On traite les facteurs de risque.
Un infarctus passé inaperçu n’est pas bénin. Les CDC rappellent qu’après un infarctus le risque de récidive et d’insuffisance cardiaque augmente. La tension pendant l’épisode peut rester identique à la veille. C’est précisément pour cela qu’elle ne sert pas de filet de sécurité.
Signes d’alerte et moment de consulter
Devant une suspicion d’infarctus, on n’attend pas une deuxième lecture de tension. Le NHLBI, les CDC et Mayo Clinic demandent un appel immédiat aux secours. En France, composez le 15 (SAMU) ou le 112. Décrivez la douleur, l’heure de début, les sueurs, l’essoufflement, les malaises, vos traitements (surtout trinitrine, hypotenseurs, sildénafil ou tadalafil). N’allez pas au service d’accueil des urgences par vos propres moyens si les pompiers ou le SAMU peuvent venir.
L’American Heart Association (14 août 2025) sépare deux situations lorsque la tension dépasse 180/120 mmHg. On attend au moins une minute, on recommence la mesure. Si le second chiffre reste aussi haut et qu’aucun symptôme nouveau n’apparaît (pas de douleur thoracique, d’essoufflement, de douleur lombaire, d’engourdissement, de faiblesse, de trouble visuel ou de parole), il s’agit d’une hypertension sévère. Ce n’est en général pas une hospitalisation immédiate, mais il faut joindre rapidement un médecin, qui adaptera le traitement oral. Si les mêmes chiffres s’accompagnent de l’un de ces symptômes, c’est une urgence hypertensive. On n’attend pas que la tension redescende toute seule.
La Cleveland Clinic insiste sur le même principe avec d’autres mots. Un 190/110 mmHg sans nouveau symptôme n’envoie pas forcément aux urgences. Ce sont les symptômes nouveaux qui tranchent. Confusion, vomissements, syncope, convulsion, céphalée brutale très intense s’ajoutent à la liste d’appel.
| Situation | Chiffres ou signes | Conduite |
|---|---|---|
| Suspicion d’infarctus | Douleur thoracique, essoufflement, sueur froide, même tension rassurante | Appeler le 15 ou le 112 sans attendre une autre mesure |
| Hypertension sévère sans signe d’organe | Plus de 180/120 mmHg, deuxième mesure, aucun symptôme nouveau | Contacter rapidement le médecin traitant ou le cardiologue |
| Urgence hypertensive | Plus de 180/120 mmHg avec douleur thoracique, dyspnée ou déficit neurologique | Appeler le 15 ou le 112 |
| Possible choc cardiogénique | Systolique sous 90 mmHg, ou chute nette, avec pâleur, confusion, extrémités froides | Appeler le 15 ou le 112 |
| Hypertension chronique isolée | Chiffres hauts habituels, sans symptôme nouveau | Prendre rendez-vous, ne pas improviser une baisse brutale |
Le texte ACC/AHA de 2025 autorise, pour un syndrome coronarien aigu, une dose de charge d’acide acétylsalicylique de 162 à 325 mg à mâcher, puis 75 à 100 mg par jour, en l’absence de contre-indication. Mayo Clinic demande toutefois de ne pas retarder l’appel pour avaler un comprimé, et de ne prendre de l’aspirine que si le médecin ou les secours le disent. La posologie et l’indication se décident avec eux, pas d’après une boîte de pharmacie familiale.
La trinitrine déjà prescrite (0,3 ou 0,4 mg sublingual, jusqu’à trois prises à cinq minutes d’intervalle dans le document américain de 2025) n’est destinée qu’aux patients hémodynamiquement stables, avec une systolique d’au moins 90 mmHg. On l’évite si la systolique est sous 90 mmHg, si elle a chuté de plus de 30 mmHg par rapport à la valeur habituelle, en cas d’infarctus du ventricule droit suspecté, ou après un inhibiteur de la phosphodiestérase 5 (12 heures pour l’avanafil, 24 heures pour le sildénafil ou le vardénafil, 48 heures pour le tadalafil). L’ESC 2023 ajoute bradycardie ou tachycardie marquée et sténose aortique serrée. Ces règles de documents américains et européens seront appliquées par le médecin ou le pharmacien selon la pratique française. Elles ne sont pas une invitation à s’automédiquer.
Questions fréquentes
Peut-on faire un infarctus avec une tension normale ?
Oui. La Cleveland Clinic indique que la tension peut rester dans une fourchette habituelle pendant un infarctus. Le diagnostic repose sur les symptômes, l’électrocardiogramme et la troponine, pas sur le brassard.
Faut-il mesurer sa tension avant d’appeler le 15 ?
Non. Le NHLBI demande d’appeler dès que l’on soupçonne un infarctus, même en cas de doute, et de ne pas conduire soi-même. Une mesure peut se faire si elle ne retarde pas l’appel, mais elle ne décide pas de l’urgence.
La trinitrine est-elle risquée quand la tension est basse ?
Oui, elle peut l’être. Le document ACC/AHA de 2025 la réserve à une systolique d’au moins 90 mmHg et la contre-indique si la pression a chuté de plus de 30 mmHg, en cas d’infarctus droit suspecté ou après certains médicaments de l’érection. Sans prescription et sans consigne des secours, n’en prenez pas de vous-même.
Une tension à 18/12 sans aucun symptôme est-elle une urgence vitale ?
Pas nécessairement. L’American Heart Association (2025) parle alors d’hypertension sévère. On recommence la mesure après une minute, puis on contacte un médecin sans attendre le lendemain si le chiffre reste aussi haut. L’urgence s’impose dès qu’une douleur thoracique, un essoufflement ou un signe neurologique s’y ajoute.
Les femmes ont-elles une tension particulière pendant l’infarctus ?
Il n’existe pas de profil tensionnel spécifiquement féminin pendant la crise. Les CDC et le NHLBI décrivent plutôt des symptômes plus souvent digestifs, une fatigue marquée, un essoufflement ou une douleur de dos et de mâchoire, parfois sans serrement thoracique. Ces signes suffisent à appeler le 15.
Un infarctus passé inaperçu laisse-t-il des traces ?
Souvent oui. Un électrocardiogramme peut révéler une nécrose ancienne. Les CDC estiment qu’environ un infarctus américain sur cinq est silencieux. Après un infarctus, y compris peu bruyant, le risque de récidive et d’insuffisance cardiaque augmente, ce qui justifie un bilan si des signes rétroactifs vous inquiètent.

Conclusion
Le tensiomètre raconte une force dans les artères, pas l’état d’une coronaire. Pendant un infarctus, cette force peut monter sous l’effet de la douleur, s’effondrer si la pompe lâche, ou ne pas bouger. Les documents de 2025 sur les syndromes coronariens aigus et sur l’hypertension, ainsi que l’ESC 2023, s’accordent sur l’essentiel pour le public. Les symptômes et la vitesse d’accès à un électrocardiogramme pèsent plus que le chiffre du brassard.
Deux seuils restent utiles à connaître, sans en faire un diagnostic. Sous 90 mmHg de systolique, surtout avec une peau moite, une confusion ou un essoufflement, le choc cardiogénique devient possible. Samsky et coll. rappellent une mortalité proche de 40 % à un mois. Au-dessus de 180/120 mmHg, c’est la présence de signes d’organe, pas le chiffre seul, qui transforme une hypertension sévère en urgence. Ni l’un ni l’autre n’autorise à attendre.
Si une douleur thoracique, un essoufflement brutal ou une sueur froide apparaissent, appelez le 15 ou le 112 maintenant. Si, hors crise, vos moyennes de maison restent hautes, apportez le carnet de mesures au médecin traitant et demandez quelle cible s’applique à votre situation en France, plutôt que d’emprunter un seuil américain lu en ligne. Connaître votre tension habituelle aide surtout le jour où elle chute. Encore faut-il, ce jour-là, composer le numéro d’urgence avant de recommencer une mesure.
Sources
- Rao SV, O’Donoghue ML, Ruel M et al. : 2025 ACC/AHA/ACEP/NAEMSP/SCAI Guideline for the Management of Patients With Acute Coronary Syndromes: A Report of the American College of Cardiology/American Heart Association Joint Committee on Clinical Practice Guidelines. Circulation, 27 février 2025.
- Jones DW, Ferdinand KC, Taler SJ et al. : 2025 AHA/ACC/AANP/AAPA/ABC/ACCP/ACPM/AGS/AMA/ASPC/NMA/PCNA/SGIM Guideline for the Prevention, Detection, Evaluation, and Management of High Blood Pressure in Adults: A Report of the American College of Cardiology/American Heart Association Joint Committee on Clinical Practice Guidelines. Hypertension, 14 août 2025.
- Byrne RA, Rossello X, Coughlan JJ et al. : 2023 ESC Guidelines for the management of acute coronary syndromes. European Heart Journal, 25 août 2023.
- About Heart Attack Symptoms, Risk, and Recovery. Centers for Disease Control and Prevention, 24 octobre 2024.
- Heart Disease Facts. Centers for Disease Control and Prevention, 24 octobre 2024.
- Heart Attack – Symptoms. National Heart, Lung, and Blood Institute, 24 mars 2022.
- Heart attack – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 27 mars 2026.
- Can High Blood Pressure Cause a Heart Attack? Here’s What You Need To Know. Cleveland Clinic, 12 janvier 2026.
- When To Call 911 About High Blood Pressure. American Heart Association, 14 août 2025.
- Samsky MD, Morrow DA, Proudfoot AG et al. : Cardiogenic Shock After Acute Myocardial Infarction: A Review. JAMA, 9 novembre 2021.
- Sweis RN, Jivan A : Acute Myocardial Infarction (MI). Merck Manual Professional Edition, mis à jour en août 2026.
- Azizi M, Juraschek SP : A Trans-Atlantic Perspective on the 2025 AHA/ACC Guidelines for the Prevention, Detection, Evaluation, and Management of High Blood Pressure in Adults. Circulation, 14 août 2025.
