Cancer : 26 000 décès par jour dans le monde

Cancer : 26 000 décès par jour dans le monde

En 2024, le cancer a tué près de 9,8 millions de personnes, soit un peu plus de 26 700 décès chaque jour, d’après les estimations GLOBOCAN du Centre international de recherche sur le cancer. La même année, environ 20,6 millions de nouveaux cas ont été diagnostiqués, l’équivalent d’une personne sur cinq qui développe un cancer au cours de sa vie, et d’un homme sur neuf et d’une femme sur treize qui en meurent.

Près de la moitié des décès par cancer (48 %) pourraient être évités, selon les mêmes travaux publiés en 2026, par la prévention des facteurs de risque (33 %) ou par un diagnostic plus précoce et un meilleur accès aux traitements (15 %). Le pronostic n’est pas une sentence unique. Il dépend du type de tumeur, du stade et du système de soins.

Le poumon reste la première cause de mortalité cancéreuse, avec 1,9 million de décès (19,1 % du total). Douze pour cent des nouveaux cancers de 2024 sont liés à une infection. Si les taux restent stables, le nombre de cas pourrait atteindre 34,4 millions en 2050, surtout dans les pays à indice de développement humain (IDH) faible ou moyen.

Combien de personnes meurent du cancer chaque jour ?

Un peu plus de 26 700 personnes meurent d’un cancer chaque jour, si l’on divise les 9 762 507 décès estimés pour 2024 par le CIRC et l’American Cancer Society. Ces chiffres GLOBOCAN couvrent 34 types de tumeurs dans 186 pays. En excluant les cancers de la peau hors mélanome, on compte encore 9,7 millions de décès et 19,5 millions de nouveaux cas.

Le risque cumulé avant 75 ans, en l’absence d’autres causes de décès, est d’environ 21,4 % chez les hommes et 18,5 % chez les femmes pour développer un cancer, et de 11,0 % et 7,6 % respectivement pour en mourir. L’incidence standardisée sur l’âge était plus élevée chez les hommes (209,6 pour 100 000) que chez les femmes (185,8), mais l’écart de mortalité était plus marqué (106,2 contre 72,8 pour 100 000).

Ces totaux s’appuient sur les meilleurs registres disponibles, puis sur des modèles lorsque les données nationales sont incomplètes. Un pays sur trois seulement publie une incidence de haute qualité, et un pays sur quatre transmet une mortalité nationale fiable à l’Organisation mondiale de la santé, rappellent Sung et ses collègues. Les ordres de grandeur servent à comparer les régions, pas à dénombrer les décès rue par rue.

En 2021, le cancer représentait près d’un décès sur six dans le monde (17 %) et près d’un décès sur quatre parmi les maladies non transmissibles. C’est ce poids, plus que le seul chiffre quotidien, qui justifie d’agir d’abord sur le tabac, les infections et le dépistage.

Quels cancers tuent le plus dans le monde ?

Le cancer du poumon, des bronches et de la trachée est à la fois le plus souvent diagnostiqué et le plus meurtrier. En 2024, il a représenté près de 2,64 millions de nouveaux cas (12,8 %) et 1,86 million de décès (19,1 %). Viennent ensuite, pour la mortalité, le côlon-rectum, le foie, le sein chez la femme et l’estomac.

Chez l’homme, le poumon arrive en tête pour l’incidence comme pour la mortalité, suivi de la prostate et du côlon-rectum pour les diagnostics, du côlon-rectum et du foie côté décès. Chez la femme, le sein arrive premier pour les diagnostics comme pour la mortalité, devant le poumon et le côlon-rectum. Le pancréas, moins fréquent (2,6 % des cas), pèse déjà 5,0 % des décès, signe d’un pronostic encore très défavorable.

Localisation Nouveaux cas (2024) Décès (2024) Part des décès
Poumon, bronches, trachée 2 637 005 1 861 839 19,1 %
Côlon-rectum 2 041 007 917 895 9,4 %
Foie et voies biliaires intra-hépatiques 843 045 732 489 7,5 %
Sein (femmes) 2 434 087 693 660 7,1 %
Estomac 980 286 641 554 6,6 %
Pancréas 531 318 490 786 5,0 %
Col de l’utérus 604 196 279 583 2,9 %

La carte des cancers les plus fréquents change selon le pays. Chez l’homme, la prostate est le diagnostic le plus courant dans 123 pays, le poumon dans 31. Chez la femme, le sein arrive en tête dans 164 pays, le col de l’utérus dans 19 des 22 pays restants, avec des exceptions en Chine et en Corée du Nord (poumon) et en Mongolie (foie). Pour la mortalité masculine, le poumon mène dans 89 pays, la prostate dans 68, le foie dans 15. Chez la femme, le sein mène dans 122 pays, le col et le poumon dans 26 pays chacun. Quelques localisations concentrent ainsi plus de 60 % du fardeau mondial.

Pourquoi le fardeau n’est pas le même selon les pays ?

L’incidence est plus élevée là où l’IDH est élevé. La mortalité l’est souvent de façon disproportionnée là où le diagnostic arrive tard et où les traitements manquent. L’Asie, où vit 58,8 % de la population mondiale, concentrait 50,7 % des diagnostics et 56,5 % de la mortalité en 2024. L’Europe, 9,2 % de la population, portait 21,0 % des diagnostics et 20,0 % de la mortalité.

Le risque de développer un cancer avant 75 ans passe d’environ 11 % chez les hommes des pays à faible IDH à plus de 30 % lorsque l’IDH est très élevé. Le risque d’en mourir varie beaucoup moins, environ 8 % à 12 % chez les hommes, autour de 7 à 8 % chez les femmes. On détecte davantage de cancers là où l’on vieillit plus longtemps et où l’on dépiste plus, sans toujours en mourir moins.

Le sein illustre cet écart. L’incidence standardisée est plus élevée quand l’IDH est haut ou très haut (54,1 contre 33,6 pour 100 000), alors que la mortalité est plus élevée lorsque l’IDH est plus faible (14,7 contre 11,7). Pour la prostate, l’incidence est presque triple dans les pays plus riches, la mortalité reste comparable. Dans les pays à faible IDH, le sein est la première cause de décès par cancer, et le col de l’utérus le deuxième cancer le plus souvent diagnostiqué.

Les taux d’incidence les plus élevés s’observent en Australie et en Nouvelle-Zélande (476,8 pour 100 000 chez les hommes, 396,1 chez les femmes). La mortalité masculine culmine en Europe de l’Est (157,5), la mortalité féminine en Mélanésie (108,0). Ces contrastes reflètent le tabac, les infections, le surpoids et l’alcool, mais aussi l’accès à la mammographie, à la coloscopie et aux traitements. En France, le médecin traitant applique le calendrier de dépistage organisé, qui peut différer des âges américains cités plus bas.

Le tabac reste-t-il le premier levier contre les décès ?

Oui. Le tabac reste le principal facteur de risque évitable des cancers, et d’abord du poumon. Près de 60 % des cancers du poumon chez l’homme et 32 % chez la femme en 2022 ont été attribués au tabagisme dans l’analyse GLOBOCAN 2024. Le National Cancer Institute estime, pour les États-Unis, que la cigarette cause environ 30 % de l’ensemble des décès par cancer. D’après les CDC, le tabac peut provoquer un cancer dans presque n’importe quelle partie du corps.

La géographie du poumon suit encore l’épidémie de cigarette. Dans plusieurs pays à haut revenu, les taux masculins baissent depuis les années 1980-1990, vingt à quarante ans après le pic de consommation. Dans beaucoup de pays en transition, la prévalence a culminé récemment ou continue d’augmenter. En 2022, la prévalence du tabagisme quotidien chez les hommes de plus de 15 ans atteignait 71 % en Indonésie et 45 % en Chine, deux pays très peuplés où le fardeau pulmonaire peut encore s’alourdir.

Chez les femmes, l’épidémie est souvent plus tardive. Dans une partie de l’Europe et en Amérique du Nord, les taux aux âges jeunes ou moyens se rapprochent de ceux des hommes, parfois les dépassent. Parallèlement, 15 à 20 % des décès par cancer du poumon aux États-Unis et au Royaume-Uni surviennent chez des personnes qui n’ont jamais fumé. La pollution de l’air, le radon, la fumée des combustibles solides et le tabagisme passif entrent alors dans la discussion, surtout pour l’adénocarcinome, devenu le sous-type le plus fréquent.

Arrêter de fumer réduit le risque futur, même après des années de consommation, écrivent les équipes de la Mayo Clinic et du NCI. Le médecin traitant et le pharmacien peuvent proposer un accompagnement, substituts nicotiniques, suivi, lignes d’aide, selon les produits autorisés en France. Les cigarettes électroniques et le tabac chauffé ne sont pas un risque nul. En 2024, 133 pays avaient déjà adopté des mesures de contrôle ou d’interdiction des systèmes électroniques de délivrance de nicotine, d’après le rapport OMS 2025 cité par Sung.

Infections liées au cancer, HPV, hépatites et Helicobacter

Environ 2,3 millions de nouveaux cancers de 2024, soit 12 % des cas, étaient attribuables à une infection, selon l’analyse mondiale de Rumgay et de ses collègues dans The Lancet Oncology. Le CIRC le formule ainsi, un cancer sur huit est lié à une infection. Les pays à revenu faible ou intermédiaire concentraient 77 % de ce fardeau.

Cinq agents expliquent presque tout le volume. Helicobacter pylori (760 000 cas, 4 % de tous les cancers) mène encore, surtout via l’estomac hors cardia (700 000 cas, 85 % de ces tumeurs). Le papillomavirus humain (HPV) suit de près (750 000 cas, 4 %), dont 600 000 cancers du col, considérés comme entièrement liés au HPV. Viennent ensuite le virus de l’hépatite B (360 000), le virus d’Epstein-Barr (260 000) et le virus de l’hépatite C (160 000). L’Asie de l’Est portait 990 000 cas (42 % du total mondial). En Afrique subsaharienne, 25 % des cancers étaient liés à une infection, contre 8 % dans les pays à revenu élevé.

Ces infections se préviennent ou se traitent souvent longtemps avant le cancer. La vaccination contre le HPV, idéalement avant le début de la vie sexuelle, vise le col, mais aussi une part des cancers de l’anus, du vagin, du pénis et de l’oropharynx. La vaccination contre l’hépatite B, le dépistage et le traitement des hépatites B et C, et le traitement d’H. pylori dans les contextes à fort risque d’estomac, sont les leviers cités par Rumgay. En 2024, seulement 31 % des filles dans le monde avaient reçu au moins une dose de vaccin HPV, d’après les données rappelées par Sung.

Le col de l’utérus reste la première cause de décès par cancer chez la femme dans 26 pays, surtout en Afrique subsaharienne. La stratégie OMS d’élimination vise 90 % de vaccination, 70 % de dépistage et 90 % de traitement des lésions d’ici 2030. Les calendriers vaccinaux et l’âge du dépistage du col relèvent des recommandations nationales. En France, le médecin ou le pharmacien indique le schéma en vigueur.

Le nombre de cas va-t-il encore augmenter d’ici 2050 ?

Oui, principalement à cause du vieillissement et de la croissance démographique, même si les taux d’incidence restaient constants. GLOBOCAN projette 34,4 millions de nouveaux cas en 2050, soit 67 % de plus qu’en 2024. La population mondiale passerait d’environ 8,2 à 9,7 milliards d’habitants. Il faudrait une baisse annuelle de 2 % des taux mondiaux pour que le nombre de cas de 2050 ne dépasse pas celui de 2024.

Les hausses relatives les plus fortes concernent les pays les moins armés. Les cas passeraient de 0,9 à 2,0 millions dans le groupe à faible IDH (+122 %) et de 2,6 à 4,8 millions dans le groupe IDH moyen, Inde comprise (+85 %). Les volumes absolus les plus élevés resteraient parmi les pays les plus développés, Chine comprise. Ces projections n’intègrent ni un recul massif du tabac, ni un succès mondial de la vaccination HPV. Elles décrivent ce que le seul changement d’âge de la population produirait.

Certains cancers autrefois typiques des pays riches montent déjà dans des économies en transition, poumon, côlon-rectum et sein en tête, pendant que les cancers liés aux infections restent lourds. Le côlon-rectum des moins de 50 ans augmente dans plusieurs pays à haut revenu depuis le milieu des années 1990. L’American Cancer Society a abaissé l’âge de début du dépistage colorectal de 50 à 45 ans en 2018, l’US Preventive Services Task Force a suivi en 2021. L’initiative européenne sur ce cancer suggérait encore, en 2025, de ne pas dépister avant 50 ans. Il n’existe donc pas un âge universel.

Quels facteurs de risque peut-on encore modifier ?

On ne choisit pas son âge, ni la plupart des mutations héréditaires. On peut agir sur le tabac, l’alcool, le poids, l’activité physique, l’alimentation, le soleil, certaines infections et certaines expositions professionnelles. La majorité des cancers surviennent chez des personnes sans facteur de risque évident, et seule une petite part des tumeurs est liée à une mutation transmise par les parents, selon la Mayo Clinic. L’âge reste le marqueur le plus fréquent, la plupart des diagnostics se faisant après 65 ans, sans que l’enfant soit épargné.

Alcool, HPV et obésité figurent aussi parmi les facteurs cités par les CDC. Le NCI associe le tabac à de nombreuses localisations, poumon, vessie, rein, pancréas, estomac, col, œsophage, cavité buccale, leucémie aiguë myéloblastique. L’obésité y est associée, entre autres, au sein après la ménopause, au côlon-rectum, à l’endomètre, à l’œsophage, au rein et au pancréas. L’alcool y est lié notamment aux cancers de la bouche, de l’œsophage, du sein et du côlon-rectum.

Quelques gestes, documentés par ces sources, méritent d’être discutés avec le médecin traitant.

  • Arrêter le tabac, ou ne pas commencer, reste le levier le plus net sur la mortalité par cancer.
  • Réduire l’alcool, ou l’éviter, abaisse le risque de plusieurs tumeurs digestives et du sein.
  • Maintenir un poids stable et bouger régulièrement est lié à un risque plus faible pour plusieurs localisations.
  • Se protéger des UV (ombre, vêtements, écran solaire) vise surtout les cancers de la peau.
  • Demander si une vaccination HPV ou hépatite B, ou un test d’hépatite C, vous concerne.

Aucun de ces gestes n’annule le risque. Ils le diminuent, parfois fortement, et ils valent aussi pour d’autres maladies chroniques. Les produits « détox », les régimes miracles et les compléments non évalués n’ont pas leur place dans cette liste.

Quels examens de dépistage, et à quel âge ?

Le dépistage cherche un cancer, ou une lésion précancéreuse, chez une personne sans symptôme. Il n’est utile que si l’on sait quoi faire d’un résultat anormal, et si les bénéfices l’emportent sur les faux positifs, le surdiagnostic et les complications. Le National Cancer Institute résume les examens pour lesquels des groupes d’experts jugent la balance favorable.

Les groupes d’experts américains recommandent en général une mammographie à partir de 40 ans (bénéfice de mortalité surtout entre 50 et 69 ans), un dépistage du col (test HPV, frottis, ou les deux) de 21 à 65 ans, un dépistage colorectal entre 45 et 75 ans, et un scanner thoracique à faible dose chez certains grands fumeurs ou ex-fumeurs de 50 à 80 ans. L’OMS, citée par Sung, recommande une mammographie organisée tous les deux ans entre 50 et 69 ans dans les pays qui en ont les moyens. En France, les âges, les tests et le rythme du dépistage organisé peuvent différer. C’est le calendrier local qui s’applique.

Le PSA n’est pas un dépistage de routine pour tous les hommes à risque moyen, précisent les mêmes pages du NCI, à cause du surdiagnostic et des faux positifs. Une discussion individuelle reste possible en cas d’antécédents familiaux. L’auto-palpation mammaire n’a pas montré de baisse de mortalité. Les tests sanguins dits « multi-cancers » n’ont pas d’autorisation de la FDA comme outils de dépistage chez les personnes sans symptôme. Un examen normal n’efface pas un symptôme nouveau.

Signes d’alerte du cancer et moment de consulter

Des symptômes qui durent plus de deux semaines doivent être exposés au médecin, même s’ils ont le plus souvent une autre cause que le cancer. Le NCI insiste sur ce délai, et rappelle que le cancer ne fait pas toujours mal. Fatigue, grosseur sous la peau, variation de poids non voulue, plaie qui ne cicatrise pas, changement d’un grain de beauté, modification du transit ou des urines, toux persistante, difficulté à avaler, fièvre ou sueurs nocturnes inexpliquées, saignement ou bleus sans raison figurent parmi les signes généraux décrits par la Mayo Clinic.

Situation Conduite
Toux, fatigue, grosseur ou trouble digestif depuis plus de deux semaines Prendre rendez-vous avec le médecin traitant
Sang dans les selles, les urines, les crachats ou un écoulement mammaire Consulter rapidement, sans attendre le prochain bilan
Saignement abondant, détresse respiratoire, crise convulsive ou confusion brutale Appeler le 15 ou le 112
Grain de beauté qui change, plaie qui ne cicatrise pas Montrer la lésion au médecin, photographie datée utile
Antécédents familiaux de cancers précoces, sans symptôme Parler dépistage et, si besoin, génétique, avec le médecin

Une grosseur du sein, un ganglion, un testicule modifié, une voix qui reste rauque ou une jaunisse entrent dans la même logique. Le médecin décide des examens, qu’il s’agisse d’imagerie, d’une endoscopie ou d’une biopsie. Rien dans cette liste n’est spécifique du cancer. Attendre que la douleur devienne intolérable est une mauvaise stratégie, car beaucoup de tumeurs restent longtemps peu douloureuses.

En cas de doute sur la gravité immédiate, le 15 (SAMU) ou le 112 restent les numéros d’urgence en France. Un rendez-vous se justifie dès que des signes persistants vous inquiètent. Un entretien de prévention se justifie même sans symptôme si vous voulez savoir quels dépistages vous concernent.

Cancers de l’enfant et écarts de survie

Le cancer de l’enfant est rare, mais il reste une cause majeure de décès par maladie après la première année de vie aux États-Unis. Pour 2025, le NCI estime 9 550 nouveaux cas et 1 050 décès chez les enfants de 0 à 14 ans dans ce pays. Les types les plus fréquents à ces âges sont les leucémies, les tumeurs du cerveau et du système nerveux central, puis les lymphomes. La prise en charge relève d’une oncologie pédiatrique, distincte de celle de l’adulte.

La survie à cinq ans s’est nettement améliorée dans les pays à haut revenu. Elle dépassait 85 % pour la plupart des tranches d’âge aux États-Unis entre 2013 et 2019, et atteignait 92,3 % pour la leucémie aiguë lymphoblastique de l’enfant diagnostiquée en 2014-2020, contre 57 % en 1975. Environ 8 à 10 % des cancers pédiatriques sont liés à une mutation héréditaire. Les causes environnementales restent difficiles à établir.

Ces chiffres américains ne se transposent pas tels quels. GLOBOCAN 2024 montre, chez l’adulte, que des cancers pourtant accessibles au traitement (sein, col) tuent davantage là où le diagnostic est tardif. La même logique d’accès aux soins pèse sur l’enfant. En France, tout signe persistant chez un enfant, pâleur, fièvre prolongée, bosse, maux de tête inhabituels, boiterie, se discute avec le médecin traitant ou le pédiatre.

Questions fréquentes

Le cancer est-il toujours mortel ?

Non. Beaucoup de tumeurs se soignent, surtout détectées tôt, et la survie s’est améliorée pour plusieurs localisations. Le poumon, le pancréas et le foie restent parmi les plus graves à l’échelle mondiale. Le pronostic se discute au cas par cas avec l’équipe soignante, jamais à partir d’une moyenne mondiale.

Peut-on prévenir le cancer du col de l’utérus ?

Oui, en grande partie. Le HPV cause la quasi-totalité des cancers du col, et la vaccination plus le dépistage des lésions précancéreuses réduisent fortement le risque. En 2024, 604 000 cas et 280 000 décès étaient encore estimés dans le monde. Le schéma vaccinal et l’âge du dépistage se demandent au médecin ou au pharmacien, selon le calendrier français.

Faut-il un dosage PSA à tous les hommes ?

Non, pas en routine chez les hommes à risque moyen, selon les groupes d’experts cités par le NCI, en raison du surdiagnostic. Une discussion individuelle a du sens en cas d’antécédents familiaux ou de symptômes urinaires. En France, c’est le médecin traitant, parfois l’urologue, qui pose l’indication.

Un mode de vie sain suffit-il à éviter un cancer ?

Non. Tabac, alcool, poids, soleil et certaines infections modifient le risque, mais l’âge, le hasard biologique et une petite part d’hérédité restent. Environ 48 % des décès par cancer seraient potentiellement évitables au niveau mondial. Les gestes de prévention restent utiles, y compris pour d’autres maladies.

Les tests sanguins « multi-cancers » remplacent-ils le dépistage habituel ?

Non. Le NCI indique qu’aucun de ces tests n’est autorisé par la FDA pour le dépistage des personnes sans symptôme, et que des essais randomisés manquent. Mammographie, test HPV ou frottis, recherche de sang dans les selles ou coloscopie restent les outils dont le bénéfice de mortalité est établi pour certaines localisations.

Le cancer du poumon touche-t-il les personnes qui n’ont jamais fumé ?

Oui. La majorité des cas reste liée au tabac, mais 15 à 20 % des décès par cancer du poumon aux États-Unis et au Royaume-Uni concernent des non-fumeurs, d’après GLOBOCAN 2024. Une toux qui dure, un essoufflement nouveau ou un crachat sanglant justifient un avis médical, que l’on fume ou non.

Conclusion

GLOBOCAN 2024 décrit près de 9,8 millions de décès par cancer, 20,6 millions de nouveaux cas, un poumon encore dominant, et une projection à 34,4 millions de cas en 2050 si les taux ne baissent pas. Une part importante de ces décès tient à des leviers déjà connus, tabac, HPV, hépatites, H. pylori, alcool et excès de poids, et à des retards de diagnostic.

Si vous fumez ou avez fumé, la question utile au médecin traitant porte sur l’aide à l’arrêt et, selon l’âge et le calendrier français, sur le dépistage du côlon et, éventuellement, du poumon. Pour un adolescent, la vaccination HPV et le schéma hépatite B se vérifient sur le carnet de santé. Une mammographie ou un test de selles se décident d’après le programme organisé et votre histoire personnelle, pas d’après un âge copié d’un autre pays.

Deux semaines de toux, de sang dans les selles, de grosseur ou de perte de poids sans explication suffisent à prendre rendez-vous. Un saignement abondant, une détresse respiratoire ou une convulsion relèvent du 15 ou du 112. Le premier geste concret est souvent de caler ce rendez-vous, plutôt que d’attendre une douleur intolérable.

Sources

  1. Sung H, Filho AM et al. : Global cancer statistics 2024: GLOBOCAN estimates of incidence and mortality worldwide for 34 cancers in 186 countries. CA: A Cancer Journal for Clinicians, juillet-août 2026.
  2. Rumgay H, Georges D, Huang Y et al. : Global burden of cancer attributable to infections in 2024: a worldwide incidence analysis. The Lancet Oncology, octobre 2026.
  3. Global burden of cancer attributable to infections in 2024: One in eight cancers worldwide linked to infections. International Agency for Research on Cancer, 29 septembre 2026.
  4. Cancer – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 19 novembre 2024.
  5. What Cancer Screening Tests Check for Cancer?. National Cancer Institute, 27 septembre 2024.
  6. Cancer Risk Factors. Centers for Disease Control and Prevention, 19 novembre 2024.
  7. Cancer Prevention Overview. National Cancer Institute, 2 mai 2025.
  8. Childhood Cancers. National Cancer Institute, 24 avril 2025.
  9. Cancer in Children and Adolescents. National Cancer Institute, 27 août 2024.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.