Fromage et diabète : quels fromages et quelle portion

Fromage et diabète : quels fromages et quelle portion

Oui, une personne diabétique peut manger du fromage dans une alimentation équilibrée. L’aliment lui-même apporte très peu de glucides, donc il n’élève presque pas la glycémie ; ce qui pèse, c’est la taille de la part, les graisses saturées et le sel.

Trente grammes de cheddar fournissent déjà environ 5,7 g de graisses saturées, soit près de la moitié du plafond de 13 g par jour retenu par l’American Heart Association pour un régime de 2 000 kcal. Les Standards of Care 2026 de l’American Diabetes Association gardent le sodium sous 2 300 mg par jour, citent les produits laitiers à faible teneur en matières grasses et demandent de limiter les aliments riches en graisses saturées. Diabetes UK retient une part d’environ 30 g, de la taille d’une boîte d’allumettes. Le fromage fondu en tranches mesuré aux États-Unis en 2011 dépassait 1 200 mg de sodium aux 100 g.

Les personnes diabétiques peuvent-elles manger du fromage ?

Elles le peuvent, à condition de le traiter comme un aliment protéiné et gras, pas comme un aliment « libre » parce qu’il est pauvre en sucre. L’ADA classe le fromage parmi les aliments protéinés et conseille une version allégée ou une petite quantité de fromage classique. Le fromage cottage figure aussi dans cette liste.

Aucun modèle unique n’est imposé. Les Standards of Care 2026 insistent sur des repas individualisés, avec des légumes non féculents, des fruits entiers, des légumineuses, des protéines maigres, des céréales complètes, des noix et des laitages allégés ou des équivalents végétaux enrichis. Le fromage a une place. Il n’occupe pas le centre de l’assiette.

Au Royaume-Uni, le NICE (NG28) demande aux adultes atteints de diabète de type 2 de suivre les mêmes conseils que le reste de la population, dont des laitages allégés et une maîtrise des acides gras saturés et trans. Ce n’est pas une consigne française ; votre médecin traitant ou un diététicien appliquera le cadre local. L’idée commune reste la même. Le produit n’est pas interdit, il se dose.

Le NIDDK rappelle qu’il n’existe pas de régime unique et que les repas peuvent inclure des laitages, à condition de limiter les saturées et le sodium. Si vous aimez le comté, le camembert ou la mozzarella, la question utile n’est pas « dois-je arrêter ? », mais « quelle part, quel type, et avec quoi ? ».

Trois repères aident au supermarché et à table.

  • Une part d’environ 30 g de fromage affiné correspond au repère de Diabetes UK, proche d’une boîte d’allumettes.
  • Les versions allégées ou le fromage cottage tiennent mieux dans un modèle pauvre en saturées que le cheddar entier à chaque repas.
  • Ce produit se range dans le quart « protéines » de l’assiette ADA, à côté du poisson, des œufs ou des légumineuses, pas dans le quart féculent.

Si vous prenez de l’insuline ou un sulfamide, la régularité des glucides du repas compte davantage que le fromage lui-même. Celui-ci change peu le calcul des glucides, mais il ajoute des calories et du sel que l’étiquette montre tout de suite.

Sélection de fromages adaptés aux diabétiques

Le fromage fait-il monter la glycémie ?

Presque pas, parce que la plupart des fromages n’apportent qu’environ 1 g de glucides pour 30 g. Diabetes UK souligne un effet minime sur la glycémie, alors que le lait et les yaourts, plus riches en lactose, la font davantage bouger.

La base FoodData Central du USDA donne, aux 100 g, 3,4 g de glucides dans le cheddar, 2,4 g dans la mozzarella au lait entier, 3,2 g dans le parmesan dur et 3,9 g dans la feta. Pour 30 g, on reste autour de 1 g. Le fromage à la crème monte un peu (5,5 g de glucides aux 100 g), le cottage crémeux reste à 3,4 g. L’effet d’une portion reste faible à côté d’une tranche de pain ou d’un bol de pâtes.

L’index glycémique n’aide guère ici. La Mayo Clinic rappelle qu’il classe surtout les aliments riches en glucides, et qu’il laisse de côté ceux qui en contiennent peu ou pas. Attribuer un « IG bas » au camembert comme s’il s’agissait d’un féculent crée une fausse sécurité. Le fromage ne fait pas monter le glucose comme le miel ou les crackers, mais il peut les accompagner, et ce sont eux qui pèsent.

Une part de 30 g d’emmental change peu la courbe d’un capteur de glucose. Le même plateau avec baguette, raisins secs et confiture devient un repas glucidique classique. Si vous comptez les glucides pour ajuster l’insuline, comptez le pain, les fruits et les condiments sucrés, pas le fromage, sauf mention contraire sur un produit aromatisé.

Diabetes UK retient environ 100 g (trois cuillères à soupe) comme portion de cottage, distincte des 30 g de pâte pressée. Le pot entier n’est plus une pincée, même si les glucides aux 100 g restent modestes.

Quels plafonds de graisses saturées s’appliquent au fromage ?

Ils ne sont pas les mêmes selon l’organisme, et aucun ne dit que le fromage protège le cœur à volonté. L’ADA, sur sa page consacrée aux lipides, vise moins de 10 % de l’énergie sous forme de saturées, soit 20 g ou moins pour 2 000 kcal. L’AHA vise moins de 6 % de l’énergie, soit environ 13 g, ou 120 kcal de saturées, pour le même apport.

Trente grammes de cheddar, d’après le USDA, apportent 5,7 g de saturées. Une seule part absorbe plus du quart du plafond ADA et près de la moitié du plafond AHA. Le fromage à la crème fournit 6,1 g de saturées pour 30 g. La mozzarella au lait entier descend à 4,2 g, le cottage crémeux à 0,5 g pour 30 g et 1,7 g pour 100 g.

Les deux organisations américaines rangent le fromage entier parmi les sources à limiter. L’AHA recommande des fromages allégés, cottage maigre ou fromages naturels allégés, avec au plus 3 g de matières grasses et 1 g de saturées par once (28 g). Un cheddar classique, à 9 g de matières grasses et 5 g de saturées pour 28 g, sort largement de ce cadre.

Le NICE demande aussi de contrôler les graisses saturées et trans et de choisir des laitages allégés. Diabetes UK 2024 est plus nuancé sur la matrice laitière. L’association britannique écrit que fromage et yaourt fermentés ne semblent pas augmenter le risque cardiovasculaire, contrairement au beurre, et que les versions entières et allégées peuvent entrer dans une alimentation équilibrée si la portion reste raisonnable. Ce n’est pas la ligne de l’ADA 2026 ni de l’AHA, qui continuent de préférer le laitage allégé. Les deux lectures existent ; elles ne se moyennent pas. En France, le médecin ou le diététicien tranche selon votre LDL, votre poids et vos autres sources de graisses.

Remplacer le beurre par de l’huile d’olive, puis ajouter 60 g de comté râpé sur les pâtes, ne réduit pas l’apport saturé. Une râpe fine et un fromage plus fort (parmesan, vieux cheddar) permettent d’en mettre moins pour le même goût salé.

Sel, fromage fondu et pression artérielle

Le sodium pèse souvent plus que le lactose. Les Standards of Care 2026 demandent de rester sous 2 300 mg par jour, de façon cliniquement adaptée, surtout en réduisant les aliments transformés. La Mayo Clinic retient le même plafond, parfois plus bas en cas d’hypertension.

Une enquête américaine de 2011, publiée dans le Journal of Dairy Science, a mesuré 1 665 échantillons du commerce. Les fromages fondus en tranches individuelles affichaient en moyenne 1 242 mg/100 g, la mozzarella en bâtonnet 724 mg, le cheddar 615 mg. Pour 30 g de fromage fondu, on approche 370 mg, déjà une fraction visible du budget quotidien, avant le pain, la charcuterie et les plats préparés.

Les fromages salés montent encore. Le USDA indique 1 139 mg aux 100 g de feta et 1 809 mg dans le roquefort, soit environ 340 mg et 540 mg pour 30 g. Le parmesan dur atteint 1 175 mg aux 100 g. Mozzarella au lait entier et cottage crémeux restent plus bas (486 mg et 315 mg aux 100 g).

Au Royaume-Uni, le NHS considère qu’un aliment est riche en sel au-delà de 1,5 g de sel aux 100 g. Beaucoup de fromages du rayon dépassent ce seuil. Le cheddar USDA, à 653 mg de sodium aux 100 g, correspond à plus de 1,6 g de sel. Ce n’est pas une raison pour le bannir, c’est une raison de ne pas empiler trois sources salées dans le même repas.

Si vous avez une hypertension, une maladie rénale ou un objectif plus strict fixé par votre médecin, le fromage fondu, la feta, le bleu et le parmesan en pluie généreuse deviennent des leviers évidents. Lire la ligne sel de l’étiquette, une fois, sur la marque que vous achetez vraiment, vaut mieux qu’une moyenne internationale. Les teneurs varient d’une meule à l’autre, y compris dans l’enquête de 2011.

Quels fromages privilégier quand on a un diabète ?

Ceux qui restent modestes en glucides, en sel et en saturées pour la portion que vous mangez vraiment. Aucun n’est interdit au seul motif du diabète. Les écarts de composition, eux, sont nets.

Les valeurs ci-dessous viennent de la base USDA, ramenées à 30 g, sauf le cottage crémeux aussi montré pour 100 g, portion retenue par Diabetes UK.

Fromage et portion Glucides (g) Saturées (g) Sodium (mg) Calcium (mg)
Cheddar, 30 g 1,0 5,7 196 213
Mozzarella au lait entier, 30 g 0,7 4,2 146 152
Parmesan dur, 30 g 1,0 4,5 353 355
Feta, 30 g 1,2 4,0 342 148
Fromage à la crème, 30 g 1,7 6,1 94 29
Cottage crémeux, 100 g 3,4 1,7 315 83
Roquefort, 30 g 0,6 5,8 543 199

Le parmesan concentre protéines et calcium (environ 11 g de protéines et 355 mg de calcium pour 30 g), mais aussi le sel. Une pincée râpée parfume un plat sans atteindre 30 g. Mozzarella et cheddar se tiennent pour les glucides ; le cheddar pèse plus sur les saturées. Feta et roquefort salent fort pour une petite part. Le fromage à la crème est peu salé et très gras. Le cottage, sur 100 g, reste le plus sobre en saturées.

L’AHA pousse vers les fromages à 3 g de matières grasses ou moins par once. Dans un rayon français, cela ressemble aux fromages à 20 % de matières grasses ou moins, au fromage blanc nature et à certaines mozzarellas allégées. Vérifiez l’étiquette plutôt que le marketing « spécial diabète ». Le NICE déconseille d’ailleurs les aliments vendus comme destinés aux personnes diabétiques.

La Cleveland Clinic note que cheddar, parmesan, gouda, gorgonzola et cottage peuvent apporter des ferments vivants. C’est un argument de variété, pas un traitement. Rien n’autorise à compter sur ces ferments pour soigner une mycose ou une maladie cardiovasculaire.

Le provolone USDA fournit 756 mg de calcium aux 100 g, soit environ 230 mg pour 30 g. Chez l’adulte, l’AHA rappelle un besoin de 1 000 mg jusqu’à 50 ans, puis 1 200 mg. Une part n’y suffit pas. Elle y contribue, surtout si le reste des laitages est du yaourt nature ou du lait.

Quelle portion de fromage compter dans l’assiette ?

Environ 30 g de fromage affiné, ou 100 g de cottage, sauf consigne contraire de votre équipe soignante. Diabetes UK décrit 30 g comme une portion compacte, et 100 g pour le cottage. La Cleveland Clinic, si le cœur est un sujet d’attention, parle plutôt d’une once (28 g) par jour, voire moins quelques fois par semaine ; 60 à 85 g par jour ne se discutent que si le reste de l’alimentation est déjà pauvre en sel et en saturées.

Trente grammes tiennent dans un huitième de camembert de 250 g, dans une fine tranche de comté ou dans deux cuillères à soupe de fromage râpé tassé. L’œil surestime vite. Peser une fois la part habituelle, puis s’en souvenir, suffit souvent. Râper au lieu de couper une tranche épaisse étale le même poids sur plus de surface.

L’AHA propose deux à trois portions de laitages allégés par jour chez l’adulte. Une de ces portions peut être le fromage, les autres un yaourt nature ou un verre de lait. Empiler fromage du matin, croque-monsieur à midi et plateau le soir sort de ce cadre, même si chaque prise « n’a pas de sucre ».

Les calories suivent la portion. Trente grammes de cheddar USDA font environ 121 kcal ; 100 g de cottage crémeux, 98 kcal. Pour qui cherche à perdre du poids, le NIDDK rappelle qu’une perte de 5 à 7 % du poids actuel peut aider la glycémie, le cholestérol et la pression. Ce n’est pas le fromage qui sabote cet objectif, ce sont les parts invisibles.

Sur un plateau, servez déjà 30 g plutôt que la meule entière au milieu de la table. La contrainte devient un geste, pas un calcul au gramme près à chaque bouchée.

Bloc de fromage feta pour les diabétiques

Fromage, yaourt et risque de diabète de type 2

Les études d’observation dessinent une association modeste, pas une preuve que manger du fromage prévient le diabète. La synthèse d’Alvarez-Bueno et coll. (2019), qui relit 12 méta-analyses, trouve un lien plus net pour le yaourt et les laitages allégés. Pour le fromage, les risques relatifs dose-réponse allaient de 0,80 à 1,00, significatifs dans deux études sur trois (0,80 pour 30 g par jour dans l’une, 0,92 pour 50 g par jour dans l’autre). Les auteurs parlent d’une association modérée et notent qu’on ne distingue pas les types, très différents en sel et en matières grasses.

La cohorte européenne EPIC-InterAct (Sluijs et coll., 2012) a suivi 12 403 cas incidents de diabète de type 2 et une sous-cohorte de 16 835 personnes, dans huit pays. Les produits laitiers totaux n’étaient pas associés au diabète (rapport de risques 1,01 en comparant les quintiles extrêmes, après ajustement). Le fromage tendait vers une baisse (0,88 ; intervalle 0,76–1,02), sans franchir le seuil habituel de significativité après ajustement complet. L’ensemble des laitages fermentés (fromage, yaourt et laits fermentés épais) atteignait 0,88 (0,78–0,99). Ce n’est pas un essai clinique, ni une invitation à doubler les parts. Cinquante grammes dépassent déjà le repère de Diabetes UK, et une association statistique n’efface ni le sel ni les saturées.

Diabetes UK résume le dossier ainsi. Plusieurs travaux lient les laitages fermentés à un risque plus faible de diabète de type 2, mais l’obésité reste le facteur le plus important. Garder un poids raisonnable pèse davantage qu’un fromage présenté comme protecteur. Personne ne devrait manger du roquefort pour se prémunir contre le diabète.

Comment accompagner le fromage sans pic de glycémie

Le fromage se comporte comme un frein digestif, pas comme un bouclier. Ses protéines et ses lipides peuvent ralentir un peu l’arrivée des glucides du pain ou du fruit, mais ils n’effacent pas ces glucides. La Mayo Clinic place le comptage des glucides et le contrôle des portions au-dessus de l’index glycémique.

Une tartine de pain complet avec 30 g de fromage et des crudités ressemble au modèle d’assiette de l’ADA. La moitié du plat en légumes, un quart en protéines (ici le fromage, éventuellement avec un œuf ou des pois chiches), un quart en féculent. Un sandwich baguette-beurre-emmental inverse les proportions. Ce n’est pas le fromage qui fait le pic. C’est la baguette.

Crackers, miel, fruits secs et confitures du plateau pèsent bien plus sur la glycémie. Pour une collation, 30 g avec des bâtonnets de concombre, de poivron ou de carotte restent pauvres en glucides. Un fruit entier à côté est possible. Il faudra alors compter ce fruit, pas l’oublier parce que le fromage est là.

Le NIDDK décrit la même assiette d’environ 23 cm. Protéines (viande maigre, poisson, laitages, tofu) sur un quart, féculents riches en fibres sur un quart, légumes non féculents sur la moitié. Le fromage peut occuper une partie du quart protéines. Il ne devrait pas, en plus, napper le féculent et le légume.

Sous insuline à dose fixe, la régularité des glucides d’un repas à l’autre compte autant que le choix du fromage. Les Standards of Care 2026 le rappellent. Changer le pain tous les jours et garder le même camembert n’apporte pas la stabilité que l’on croit.

Quand adapter le fromage en cas de tension ou de cholestérol

Dès que la pression, le LDL ou les reins deviennent un sujet de consultation, le fromage n’est plus seulement une question de glycémie. Les personnes diabétiques ont, d’après les CDC, deux fois plus de risque de maladie cardiaque. La Mayo Clinic lie le diabète à une accélération de l’athérosclérose. Dans ce contexte, sel et saturées cessent d’être des détails.

Situation Ce que le fromage peut aggraver Conduite utile
Hypertension ou consigne peu de sel Fromage fondu, feta, roquefort, parmesan souvent très salés Lire le sodium et en parler au médecin traitant
LDL élevé ou maladie coronaire Environ 5,7 g de saturées dans 30 g de cheddar Réduire la part ou passer à une version allégée
Maladie rénale Sodium, et parfois protéines, à individualiser Ne pas improviser ; demander l’avis de l’équipe
Inhibiteurs du SGLT2 Régime cétogène déconseillé par l’ADA 2026 Garder une part, éviter un menu presque sans glucides
Douleur thoracique, essoufflement brutal, déficit neurologique Urgence, sans lien spécifique avec le fromage Appeler le 15 ou le 112

L’ADA 2026 déconseille un schéma cétogène chez les personnes sous inhibiteur du SGLT2, en raison du risque d’acidocétose. Le fromage, très bas en glucides, entre souvent dans ces menus. Une part dans un repas mixte n’équivaut pas à un régime cétogène. Remplacer presque tous les féculents par du fromage et de la charcuterie s’en rapproche.

Votre médecin peut viser une pression différente de 140/90 mmHg, chiffre encore cité par les CDC comme ordre de grandeur à discuter. N’attendez pas une urgence pour ajuster le fromage si le LDL est hors cible ou si la créatinine monte. Apportez une photo de l’étiquette du fromage que vous mangez le plus souvent. C’est plus parlant qu’une moyenne de manuel.

Douleur thoracique, essoufflement soudain, faiblesse d’un côté du corps ou trouble brutal de la parole justifient un appel au 15 ou au 112. Le terrain diabétique compte à cet instant, pas la dernière part de camembert.

Fromages au lait cru et situations particulières

Le diabète n’interdit pas à lui seul le fromage au lait cru, mais certains groupes doivent éviter les pâtes molles à croûte fleurie et les bleus non cuits, à cause de Listeria. Le NHS et Diabetes UK rangent parmi les personnes à risque les nourrissons, les femmes enceintes, les personnes de plus de 65 ans, et celles qui ont une maladie de longue durée ou une immunité fragilisée. Un diabète mal équilibré, une grossesse, un traitement immunosuppresseur ou un grand âge rendent cette prudence pertinente. Le médecin tranchera au cas par cas.

Brie, camembert, chèvre affiné de type croûte fleurie et roquefort non cuits figurent sur ces listes. La cuisson jusqu’à ce que le fromage soit bien chaud inactive la bactérie. Un camembert au four, servi brûlant, n’est pas le même geste qu’une part crue sur un plateau. Les fromages à pâte pressée cuite au lait pasteurisé, emmental ou comté selon l’étiquette, restent le choix le plus simple si vous êtes dans un groupe à risque.

L’intolérance au lactose n’est pas une allergie. Beaucoup de fromages longuement affinés, pauvres en lactose, passent mieux que le lait. La Cleveland Clinic cite le parmesan et le muenster comme souvent mieux tolérés, tout en rappelant qu’un excès peut encore gêner. L’allergie aux protéines du lait exclut tous les fromages, vache, chèvre ou brebis. Ce diagnostic appartient à un médecin.

Les alternatives végétales du commerce ne sont pas des équivalents automatiques. Elles peuvent être pauvres en protéines, riches en huiles de coco saturées, ou sucrées. Diabetes UK, pour les boissons végétales, demande déjà l’absence de sucres ajoutés et un enrichissement en calcium. Le même réflexe d’étiquette s’applique aux tranches végétales.

Questions fréquentes

Peut-on manger du fromage tous les jours ?

Oui, si la part reste proche de 30 g et si le reste de la journée n’est pas déjà saturé de sel et de saturées. La Cleveland Clinic situe plutôt une once par jour quand le cœur est un sujet d’attention. Deux plateaux copieux dans la même journée ne deviennent pas raisonnables sous prétexte d’une habitude quotidienne.

Le fromage blanc convient-il mieux que le comté ou le camembert ?

Pour les saturées, souvent oui, parce qu’un pot nature allégé ressemble davantage au cottage USDA (1,7 g de saturées pour 100 g) qu’à 30 g de cheddar (5,7 g). Pour la glycémie, l’écart est petit. Le fromage blanc garde un peu de lactose. Comptez les glucides du pot si vous êtes à l’insuline, et refusez les versions sucrées aux fruits.

Les fromages allégés en matières grasses sont-ils forcément meilleurs ?

Ils aident à respecter les plafonds de l’ADA et de l’AHA, et les modèles DASH ou pauvres en graisses de l’ADA. Ils restent parfois aussi salés. Diabetes UK 2024 estime que l’entier et l’allégé peuvent convenir en portion contrôlée. Si votre LDL est élevé, l’allégé reste le choix le plus cohérent avec l’ADA 2026.

La raclette et la fondue restent-elles possibles ?

Oui, en repas occasionnel, pas en habitude hebdomadaire. La raclette empile fromage, pommes de terre et souvent charcuterie. On n’est plus sur une part de 30 g. Réduire la charcuterie, remplir l’assiette de légumes, et s’arrêter après quelques tranches change plus la donne qu’un fromage « spécial raclette allégé » mangé sans compter.

Le fromage peut-il remplacer la viande au repas ?

Oui, comme source de protéines, dans le quart prévu par l’assiette ADA. Trente grammes de cheddar apportent environ 7 g de protéines, 30 g de parmesan environ 11 g. C’est moins qu’une portion de poisson ou de poulet. Associer fromage et légumineuses ou œufs complète mieux le repas qu’une double part.

Faut-il peser le fromage ou se fier à l’étiquette seulement ?

Pesez au moins une fois la part que vous coupez d’habitude, puis lisez sodium et saturées sur l’emballage de cette marque. L’étiquette sans la pesée sous-estime les parts. La pesée sans l’étiquette ignore un fromage fondu à 1 200 mg/100 g.

Conclusion

Trente grammes suffisent déjà à prendre une large part du budget de saturées et une part visible du sodium, alors que la glycémie, elle, bouge à peine. Les recommandations américaines de 2026 gardent les laitages allégés et le plafond de 2 300 mg de sodium ; l’AHA reste plus stricte sur les saturées que l’ADA. Les données d’observation sur le fromage et le diabète de type 2 sont modestes, plus nettes pour le yaourt, et ne justifient pas de se soigner au fromage.

Choisissez un fromage dont vous aimez vraiment le goût, pesez 30 g une fois, et regardez les lignes sel et saturées. Si votre dernière prise de sang montre un LDL hors cible, si la tension reste haute ou si les reins sont déjà suivis, emportez cette étiquette à la consultation. La question utile n’est pas « le fromage est-il dangereux », c’est « cette part-là, dans mon assiette à moi, passe-t-elle encore ».

Pour un prochain repas, gardez le fromage, enlevez le pain blanc et la charcuterie du même plat, et remplissez l’autre moitié de légumes. Vous verrez plus vite l’effet sur la glycémie et sur la satiété que n’importe quel classement d’index glycémique appliqué à un aliment qui n’en a presque pas.

Sources

  1. American Diabetes Association Professional Practice Committee : 5. Facilitating Positive Health Behaviors and Well-being to Improve Health Outcomes: Standards of Care in Diabetes—2026. Diabetes Care, janvier 2026.
  2. What is Fat. American Diabetes Association, mis à jour en 2024.
  3. Saturated Fats. American Heart Association, 23 août 2024.
  4. Dairy Products: Milk, Yogurt and Cheese. American Heart Association, 14 mai 2026.
  5. Diabetes diet: Create your healthy-eating plan. Mayo Clinic, 20 avril 2026.
  6. Is Cheese Good for You?. Cleveland Clinic, 4 janvier 2023.
  7. Dietary advice and interventions | Type 2 diabetes in adults: management. National Institute for Health and Care Excellence, mis à jour en 2026.
  8. Dairy and diabetes. Diabetes UK, 22 février 2024.
  9. Alvarez-Bueno C, Cavero-Redondo I et al. : Effects of Milk and Dairy Product Consumption on Type 2 Diabetes: Overview of Systematic Reviews and Meta-Analyses. Advances in Nutrition, 1er mai 2019.
  10. Sluijs I, Forouhi NG et al. : The amount and type of dairy product intake and incident type 2 diabetes: results from the EPIC-InterAct Study. The American Journal of Clinical Nutrition, août 2012.
  11. Agarwal S, McCoy D et al. : Sodium content in retail Cheddar, Mozzarella, and process cheeses varies considerably in the United States. Journal of Dairy Science, mars 2011.
  12. FoodData Central food search: Cheese, cheddar. U.S. Department of Agriculture, mis à jour en 2019.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.