
Le gel vaginal de progestérone peut réduire le risque d’un accouchement très prématuré chez une femme enceinte d’un seul enfant, sans symptômes de travail, dont le col mesure 20 mm ou moins avant 24 semaines. Il n’est pas un traitement universel de la prématurité et n’a pas montré d’intérêt si le col reste de longueur normale.
L’avis de pratique de l’American College of Obstetricians and Gynecologists d’avril 2023 a modifié une habitude encore fréquente. Après un accouchement prématuré antérieur, la progestérone vaginale ne doit plus être proposée si le col n’est pas raccourci. Le médecin en France appliquera la conduite locale, qui peut différer de ce texte américain.
Dans l’essai PREGNANT publié en 2011, le gel à 90 mg a fait passer le taux d’accouchement avant 33 semaines de 16,1 % à 8,9 %. La méta-analyse sur données individuelles de Romero et coll., portant sur 974 femmes, a trouvé un risque relatif de 0,62, soit 12 femmes à traiter pour éviter un accouchement avant 33 semaines. La Society for Maternal-Fetal Medicine réserve en 2024 une recommandation forte au seuil de 20 mm.
À quoi sert le gel vaginal de progestérone pendant la grossesse
Le gel apporte de la progestérone micronisée au niveau du col et de l’utérus, afin de diminuer le risque d’une naissance trop tôt quand le col est déjà court. Il ne déclenche pas un allongement garanti de la grossesse et ne remplace pas le suivi obstétrical.
Cette hormone, sécrétée par le corps jaune puis par le placenta, contribue à maintenir la grossesse. La notice DailyMed du gel Crinone 8 %, mise à jour en 2024, rappelle qu’elle transforme l’endomètre et qu’elle est nécessaire pour conserver une grossesse déjà implantée. Ce texte américain autorise le produit pour l’assistance médicale à la procréation et pour certaines aménorrhées, pas pour prévenir la prématurité. Les sociétés savantes s’appuient plutôt sur des essais randomisés menés ensuite.
Le raccourcissement du col au deuxième trimestre signale un risque plus élevé d’accouchement spontané avant terme. La fiche Mayo Clinic de mars 2025 décrit un col long et fermé qui se ramollit trop tôt. Le gel vise ce mécanisme local, pas un déficit hormonal mesuré dans le sang.
Environ 13,4 millions d’enfants sont nés avant 37 semaines en 2020, soit plus d’un nouveau-né sur dix, d’après la fiche de l’Organisation mondiale de la Santé du 10 mai 2023. Les complications de la prématurité ont causé environ 900 000 décès d’enfants en 2019. Le taux varie de 4 % à 16 % selon les pays.
Qui peut bénéficier d’un traitement si le col est court
Le cas le mieux étayé est celui d’une grossesse monofœtale, sans contractions ni pertes, dont la longueur du col mesurée par voie endovaginale reste inférieure ou égale à 20 mm avant 24 semaines. La Consult Series n° 70 de la SMFM, publiée en mai 2024, donne à cette indication le grade 1A.
Entre 21 et 25 mm, la même société américaine propose d’en discuter, grade 1B, plutôt que de prescrire d’emblée. Le diagnostic de col court, lui, reste fixé à 25 millimètres au plus au deuxième trimestre. La prévalence de ce raccourcissement, chez les femmes sans accouchement prématuré antérieur, oscille entre 1,7 % et 7,9 % selon les populations et le seuil retenu. La grande majorité des naissances avant 34 semaines survient justement chez des femmes qui n’ont jamais accouché trop tôt.
Le Royaume-Uni place le curseur autrement. Le NICE, dans le guide NG25 amendé en 2022, envisage la progestérone vaginale après un accouchement spontané avant 34 semaines, une perte à partir de 16 semaines, ou un col mesuré à 25 mm au plus entre 16 et 24 semaines. Quand les deux facteurs coexistent, il propose un choix entre progestérone et cerclage. Ces textes ne s’appliquent pas tels quels en France.
La Mayo Clinic, fiche de mars 2025, résume souvent l’indication aux femmes asymptomatiques, avant 25 semaines, col ≤ 25 mm, grossesse unique, sans antécédent avant 37 semaines. La SMFM n’exclut pas une femme déjà concernée par une prématurité si le col est court. Le traitement se discute autour d’une mesure, pas d’un profil de risque vague.
| Situation | SMFM 2024 et ACOG 2023 (États-Unis) | NICE NG25 (Royaume-Uni) |
|---|---|---|
| Grossesse unique, col ≤ 20 mm avant 24 semaines, sans symptômes | Prescrire la progestérone vaginale (grade 1A) | Envisager le traitement si le col est ≤ 25 mm entre 16 et 24 semaines |
| Grossesse unique, col de 21 à 25 mm | Envisager le traitement après discussion (grade 1B) | Même cadre, seuil unique à 25 mm |
| Antécédent d’accouchement prématuré et col normal | Ne pas proposer la progestérone vaginale (ACOG 2023) | Envisager le traitement sur le seul antécédent |
| Antécédent et col ≤ 25 mm | La progestérone vaginale peut être discutée | Offrir un choix entre progestérone et cerclage |
| Grossesse gémellaire avec col court | Pas d’usage de routine hors essai | Le texte cité ici ne tranche pas ce cas |
Que montrent les essais sur le gel et la prématurité
Le gel à 90 mg a été testé dans l’essai PREGNANT de Hassan, Romero et coll., paru en juillet 2011. Chez 458 femmes enceintes d’un seul enfant, col de 10 à 20 mm entre 19 et 23 semaines et 6 jours, l’accouchement avant 33 semaines est passé de 16,1 % sous placebo à 8,9 % sous gel, risque relatif 0,55. Le syndrome de détresse respiratoire a reculé de 7,6 % à 3,0 %, le poids inférieur à 1 500 g de 13,6 % à 6,4 %. Les événements attribués au traitement n’ont pas différé.
Ces chiffres valent pour un seuil étroit et un applicateur quotidien jusqu’à 36 semaines et 6 jours, rupture des membranes ou naissance. La Food and Drug Administration n’a pas accordé d’indication « prévention de la prématurité » à ce gel, le bénéfice étant moins net dans les centres américains. La SMFM le rappelle en 2024 tout en maintenant la prescription, faute de signal de danger.
Romero, Conde-Agudelo, Da Fonseca et coll. ont repris, après l’essai OPPTIMUM, les données de cinq essais, soit 974 femmes dont le col n’atteignait pas plus de 25 mm. Cette synthèse de 2018 a trouvé 14 % d’accouchements avant 33 semaines sous progestérone vaginale contre 22 % sous placebo, risque relatif 0,62, soit 12 femmes à traiter pour éviter un cas. L’âge gestationnel moyen a gagné 0,74 semaine. Détresse respiratoire, petit poids et admissions en soins intensifs ont baissé (risques relatifs 0,47 à 0,82). Les événements maternels, les anomalies et le développement à deux ans n’ont pas différé.
Wu, Yu, Zhang et coll. ont rassemblé, le 12 octobre 2026 dans BMJ Medicine, 26 essais et 8 561 femmes. La progestérone vaginale seule a réduit les naissances avant 34 semaines, risque relatif 0,56, preuve élevée. Les associations pessaire ou cerclage plus hormone restent réservées à la recherche. Le bénéfice porte surtout sur la grande prématurité, pas sur toutes les naissances avant 37 semaines.
Fonseca et coll., résumé par la SMFM, ont utilisé 200 mg en capsule chez 413 femmes au col de 15 mm ou moins. L’accouchement avant 34 semaines est passé de 34,4 % à 19,2 %. Gel et capsules convergent donc chez la femme dont le col est déjà court.
Gel à 90 mg ou capsules à 200 mg
Les deux formes les plus étudiées sont le gel à 90 mg (8 %) et les capsules de progestérone micronisée à 200 mg. La SMFM écrit en 2024 qu’il n’existe pas assez de données pour en recommander une plutôt que l’autre, ni une dose unique.
L’essai PREGNANT a utilisé un applicateur unique qui délivre 1,125 g de gel contenant 90 mg de progestérone, chaque jour, à partir de 20 à 23 semaines et 6 jours. La notice DailyMed du même gel 8 % indique, pour le soutien de phase lutéale en assistance médicale à la procréation, 90 mg une fois par jour. Ce n’est pas une posologie « prématurité » homologuée. C’est la dose qui a servi dans l’essai princeps du gel.
Fonseca et coll. ont choisi 200 mg en capsule, de 24 à 34 semaines. Wu et coll. ont, dans une analyse séparée, distingué gel et ovule. Les classements d’efficacité pour la naissance avant 34 semaines restent proches. Autrement dit, le choix de la forme relève surtout de la tolérance, de la disponibilité à l’officine et de l’habitude du prescripteur.
Le médecin et le pharmacien indiquent le produit délivré en France. Un gel étudié aux États-Unis sous le nom Crinone n’est pas forcément celui que vous recevrez. Ce qui compte, c’est la dose, la voie vaginale et la durée. Changer de forme sans avis n’a pas de base dans ces textes. DailyMed précise qu’augmenter le volume de gel n’augmente pas la quantité absorbée. Passer d’un gel 4 % à un gel 8 % change la dose. Empiler deux applicateurs de 4 % ne la double pas de la même façon.
Comment utiliser le gel et jusqu’à quelle semaine
Le gel se place dans le vagin, en général une fois par jour, avec l’applicateur fourni. MedlinePlus, fiche du 15 février 2026, décrit le geste. On emboîte le piston, on retire le bouchon sans pousser, on introduit l’applicateur comme un tampon, on presse, puis on jette le tout. L’applicateur n’est pas réutilisable.
Si une dose est oubliée, MedlinePlus et la notice DailyMed demandent de l’insérer dès que l’on s’en souvient, sauf s’il est presque l’heure de la suivante. On ne double pas la dose. Un petit dépôt blanc peut s’écouler, parfois plusieurs jours après. DailyMed l’attribue au gel qui reste dans le vagin. Ce n’est pas, à lui seul, un saignement. En cas de doute, le médecin tranche.
La durée n’est pas la même dans tous les documents. Hassan et coll. poursuivaient jusqu’à 36 semaines et 6 jours, rupture des membranes ou naissance. Le NICE demande de commencer entre 16 semaines et 0 jour et 24 semaines et 0 jour, et de poursuivre au moins jusqu’à 34 semaines. Wu et coll. notent que certains essais s’arrêtaient à 34 semaines, d’autres à 36 ou 37, et que l’intérêt d’aller jusqu’au terme n’est pas tranché. Votre médecin fixe la date d’arrêt. Ne l’interrompez pas seule parce que les contractions ont disparu.
DailyMed demande d’écarter d’au moins six heures tout autre traitement vaginal local. Un ovule antifongique, une crème ou un gel lubrifiant peut interférer. Signalez au pharmacien les autres produits vaginaux. Le gel ne se prend pas par la bouche. Quelques gestes concrets aident à éviter les erreurs les plus fréquentes.
- Lavez-vous les mains avant d’ouvrir l’applicateur, puis jetez-le après une seule utilisation.
- Choisissez la position la plus confortable, allongée ou assise au bord du lit.
- N’augmentez pas le nombre d’applicateurs pour « rattraper » une soirée oubliée.
- Écartez d’au moins six heures un autre médicament vaginal, sauf avis contraire.
- Conservez le produit à température ambiante, hors de portée des enfants.
Dans quels cas le traitement n’est pas indiqué
La progestérone vaginale n’a pas sa place, d’après l’ACOG 2023, en grossesse unique après un accouchement trop tôt si le col, mesuré au deuxième trimestre, dépasse 25 mm. Plusieurs synthèses et une étude de cohorte citées dans cet avis n’ont pas montré de baisse des récidives dans ce sous-groupe. Un antécédent justifie en revanche des mesures sériées du col. Le traitement se discute si le col raccourcit.
Les grossesses gémellaires sont un autre terrain où l’enthousiasme a reculé. La SMFM déconseille en 2024 l’usage de routine de la progestérone, du pessaire ou du cerclage pour un col court en grossesse gémellaire, hors essai clinique. Des méta-analyses plus anciennes avaient suggéré un signal chez les jumelles au col très court. La société américaine juge les données encore insuffisantes pour en faire une norme.
Le travail prématuré déjà commencé n’est pas l’indication du gel préventif. La Mayo Clinic, fiche de janvier 2025, décrit alors d’autres outils. Les tocolytiques peuvent ralentir les contractions pendant environ 48 heures. Les corticoïdes accélèrent la maturation pulmonaire du fœtus si la naissance menace dans les sept jours, avant 37 semaines. Le sulfate de magnésium peut être proposé entre 24 et 32 semaines pour diminuer le risque de paralysie cérébrale. Ces médicaments se donnent à l’hôpital. Ils ne se substituent pas à un gel commencé des semaines plus tôt.
Les triplets, un test de fibronectine fœtale positif isolé, une malformation utérine ou un fibrome n’ont pas, dans les textes cités ici, de preuve d’efficacité. L’alitement non plus. La Mayo Clinic écrit que rester couchée n’a pas réduit les naissances trop précoces et que cette consigne expose à des caillots et à une faiblesse musculaire.
Effets indésirables, contre-indications et précautions
Dans l’essai PREGNANT, les événements attribués au gel n’ont pas été plus fréquents que sous placebo. La méta-analyse de 2018 n’a pas trouvé davantage d’effets maternels, d’anomalies congénitales ni de troubles du développement à deux ans. Wu et coll. confirment en 2026 une bonne tolérance de la monothérapie, meilleure que celle des associations mécaniques.
La notice DailyMed, rédigée pour l’assistance médicale à la procréation, liste des effets fréquents dans ce contexte. Céphalées, nausées, constipation, somnolence, douleurs abdominales, tension mammaire, pertes et mycose y figurent. MedlinePlus ajoute une sensibilité des seins. Ces listes aident à reconnaître un trouble, pas à prédire qu’il surviendra.
Certains signes imposent d’arrêter le produit et de joindre un médecin, ou le 15 ou le 112 s’ils sont brutaux. DailyMed et MedlinePlus citent une douleur du mollet ou de la poitrine, un essoufflement soudain, des crachats de sang, une céphalée très intense, des troubles de la vision ou de la parole, une faiblesse d’un bras ou d’une jambe. Ces signes peuvent traduire un caillot. Un saignement vaginal inattendu, un ictère, une dépression qui s’aggrave ou une réaction allergique (éruption, gonflement du visage, gêne respiratoire) relèvent aussi d’un avis urgent.
DailyMed contre-indique le gel en cas d’allergie à la progestérone ou à un excipient, de saignement vaginal non expliqué, de maladie du foie, de cancer du sein ou des organes génitaux connu ou suspecté, de fausse couche rétentionnelle, et de thrombose veineuse ou d’embolie en cours ou liée à une hormone dans le passé. Une épilepsie, une migraine, un asthme, un diabète, une dépression, une maladie cardiaque ou rénale demandent une surveillance, car les progestatifs peuvent retenir de l’eau. Le médecin pesera ces éléments avant de prescrire.
Des quantités détectables de progestatifs passent dans le lait, et DailyMed ne tranche pas l’effet chez le nourrisson. Rangez le produit hors de portée des enfants, à 20-25 °C, et signalez un allaitement en cours au prescripteur.
Comment le col court se mesure à l’échographie
La décision thérapeutique repose sur une longueur mesurée par voie endovaginale, selon un protocole standardisé, et non sur une impression au toucher. La SMFM donne à cette exigence le grade 1C. Une image abdominale de débrouillage peut faire suspecter un raccourcissement. Elle ne suffit pas pour prescrire.
La fenêtre habituelle est l’échographie morphologique, autour de 18 à 22 semaines. Si le col n’est pas bien vu par le ventre, ou s’il paraît court, l’examen se poursuit par voie vaginale. Une mesure abdominale inférieure à 36 mm a détecté 96 % des cols trop courts au seuil de 25 mm dans une étude citée par la SMFM, tout en évitant l’examen vaginal chez 40 % des femmes. La corrélation reste imparfaite. Aucun seuil abdominal unique n’a été retenu pour décider du traitement.
Chez les femmes déjà concernées par une prématurité, l’ACOG 2023 demande des mesures sériées par voie endovaginale. Le rythme appartient au médecin. Un col de 25 mm à 24 semaines multiplie par six le risque de naissance trop tôt, d’après les données historiques d’Iams et coll. rappelées par la SMFM. Le risque augmente encore quand le col est plus court. Dans une cohorte non sélectionnée à 22-24 semaines, seulement 1,7 % des femmes avaient un col de moins de 15 mm, mais elles concentraient 86 % des naissances avant 28 semaines et 58 % de celles avant 32 semaines.
Le raccourcissement est souvent silencieux. La Mayo Clinic décrit des contractions régulières, un mal de dos sourd et persistant, des crampes, un changement des pertes et une pesanteur pelvienne comme signes possibles de travail prématuré. Leur absence n’exclut pas un col déjà court. Inversement, des contractions de Braxton Hicks, qui cèdent au repos ou au changement de position, ne signifient pas que le col s’ouvre. Seule la mesure, associée à l’examen clinique, départage.
Cerclage, pessaire et hydroxyprogestérone caproate
Chez une femme sans accouchement prématuré antérieur, un col de 10 à 25 mm sans dilatation n’est pas, pour la SMFM 2024, une indication de cerclage (grade 1B). Le cerclage reste un geste utile dans d’autres situations, notamment un antécédent de naissance très précoce associé à un col qui s’ouvre, comme le rappelle la Mayo Clinic. Ce n’est pas le premier recours du col court isolé et asymptomatique.
Le pessaire cervical n’est pas recommandé en routine dans cette même population (grade 1B). Wu et coll. lui trouvent une place possible si un traitement quotidien est refusé, avec surveillance. La SMFM s’en tient à l’essai. Les associations mécaniques plus hormone se classent haut sur l’efficacité mais moins sur la tolérance. Elles restent de la recherche.
L’hydroxyprogestérone caproate injectable (17-OHPC), vendue aux États-Unis sous le nom de Makena, a perdu son autorisation le 6 avril 2023. L’ACOG ne la recommande plus après un accouchement prématuré spontané. La SMFM demande de ne pas la prescrire, y compris en préparation magistérale, pour un col court. Ce retrait ne fait pas du gel le substitut automatique de cette ancienne injection.
Le NICE place encore cerclage et progestérone vaginale à égalité quand un antécédent s’associe à cette longueur maximale de 25 mm. Il envisage aussi le cerclage après une rupture des membranes lors d’une grossesse précédente, ou après un traumatisme du col. Demandez quelle mesure a été retenue, quelle forme est prescrite, jusqu’à quelle semaine, et si un fil sur le col serait discuté.
Signes de travail prématuré, quand voir un médecin
Un gel quotidien ne supprime pas le risque. Toute suspicion de travail avant 37 semaines justifie un contact rapide avec le médecin, la sage-femme ou la maternité. La Mayo Clinic demande de joindre l’équipe dès les premiers signes, pas d’attendre la visite suivante.
Les contractions de vrai travail se rapprochent, deviennent plus douloureuses et ne cèdent ni au repos ni au changement de position. Un mal de dos bas, sourd, qui ne passe pas, des crampes du bas-ventre, une pesanteur dans le bassin, un changement des pertes (plus abondantes, rosées ou glaireuses) ou une fuite de liquide doivent alerter. Un saignement vaginal n’attend pas. Un doute sur la poche des eaux ou une fièvre s’ajoutent à cette liste d’appel.
Le 15 (SAMU) ou le 112 s’impose si le saignement est abondant, si le liquide s’écoule à flot, si une douleur violente s’installe, ou si apparaissent un essoufflement, une douleur de poitrine, un mollet chaud, une céphalée brutale ou un trouble de la vision sous traitement. DailyMed et MedlinePlus lient ces derniers signes à un possible caillot.
À la maternité, l’équipe peut examiner le col, le mesurer, enregistrer les contractions et vérifier le bébé. Si la naissance menace dans les jours qui viennent, corticoïdes, parfois sulfate de magnésium et tocolytique de courte durée, entrent en jeu, selon la Mayo Clinic. Le gel déjà commencé n’empêche pas ces soins et ne les remplace pas.
| Signe | Conduite |
|---|---|
| Contractions régulières qui persistent au repos | Joindre le médecin ou la maternité le jour même |
| Pertes rosées, glaireuses ou plus abondantes | Prendre un avis obstétrical sans attendre la visite suivante |
| Fuite de liquide ou saignement peu abondant | Se rendre à la maternité pour un examen |
| Hémorragie, liquide à flot, douleur violente, malaise | Appeler le 15 ou le 112 |
| Douleur de mollet ou de poitrine, essoufflement, trouble visuel sous gel | Arrêter le produit et appeler le 15 ou le 112 |
Questions fréquentes
Comment s’utilise la progestérone vaginale au quotidien ?
On l’insère dans le vagin, le plus souvent une fois par jour, avec l’applicateur du gel ou en poussant une capsule au fond du vagin, selon l’ordonnance. MedlinePlus décrit un geste comparable à celui d’un tampon, suivi de la mise au rebut de l’applicateur. La dose, le moment de la journée et la date d’arrêt appartiennent au prescripteur, pas à une notice trouvée en ligne.
Quels effets secondaires attendre du gel ?
Des pertes blanches liées au dépôt de gel, des démangeaisons, des nausées, des maux de tête ou une somnolence sont possibles, d’après DailyMed et MedlinePlus. Dans l’essai PREGNANT, ces événements n’ont pas dépassé le placebo. Une douleur de mollet, une douleur thoracique, un essoufflement soudain ou un trouble de la vision imposent un appel urgent.
Peut-on l’utiliser en cas de jumeaux ?
La SMFM déconseille en 2024 un usage de routine en grossesse gémellaire, même si le col est court, hors essai clinique. La décision appartient à l’équipe qui suit la grossesse multiple.
Faut-il rester alitée avec un col court ?
La Mayo Clinic écrit que le repos au lit n’a pas montré de baisse des naissances trop tôt et qu’il peut favoriser des caillots, une fonte musculaire et une anxiété. La plupart des équipes ne le prescrivent plus comme prévention. Le médecin peut limiter certains efforts, ce qui n’équivaut pas à un alitement strict.
Le gel remplace-t-il un cerclage du col ?
Chez une femme sans antécédent de prématurité et sans dilatation, la SMFM 2024 déconseille le cerclage pour un col de 10 à 25 mm et place le gel en première ligne si le col est très court. Le NICE, au Royaume-Uni, offre encore un choix entre les deux quand un antécédent s’associe à un col court au même seuil. Les deux gestes ne sont pas interchangeables. Ils répondent à des dossiers différents.
Que faire si une dose a été oubliée ?
Insérez-la dès que vous y pensez, sauf s’il est presque l’heure de la suivante, auquel cas vous sautez la dose manquée. MedlinePlus et DailyMed interdisent de doubler. Notez l’oubli et signalez-le à la visite. Un oubli isolé n’annule pas le traitement.
Conclusion
Le gel vaginal de progestérone a un effet mesuré, pas miraculeux, et seulement dans un cadre étroit. En grossesse unique, sans symptômes, col inférieur ou égal à 20 mm avant 24 semaines, l’essai PREGNANT, la méta-analyse de Romero et coll. et la synthèse de Wu et coll. montrent moins d’accouchements très précoces et moins de détresses respiratoires. L’avis ACOG de 2023 a retiré l’indication « antécédent seul, col normal ». La SMFM de 2024 a fixé un seuil fort à 20 mm et a écarté la 17-OHPC, le pessaire de routine et le traitement automatique des jumelles.
Si votre échographie du deuxième trimestre n’a pas mentionné la longueur du col, demandez si une mesure endovaginale a été faite et quelle valeur a été retenue. Si un traitement vous est proposé, faites préciser la forme (gel ou capsule), la dose, le soir ou le matin, la date de début et la date d’arrêt, et la conduite si des contractions apparaissent. Ces quatre points évitent les schémas copiés d’un autre pays.
Gardez les numéros de la maternité à portée de main. Contractions qui ne cèdent pas, pertes inhabituelles, fuite de liquide ou saignement justifient un appel le jour même. Une hémorragie, un malaise ou un signe de caillot relèvent du 15 ou du 112. Le gel se poursuit tant que le médecin le maintient. Il ne dispense jamais de consulter.
Sources
- Society for Maternal-Fetal Medicine : SMFM Consult Series #70: Management of short cervix in individuals without a history of spontaneous preterm birth. American Journal of Obstetrics & Gynecology, 15 mai 2024.
- Updated Clinical Guidance for the Use of Progestogen Supplementation for the Prevention of Recurrent Preterm Birth. American College of Obstetricians and Gynecologists, 11 avril 2025.
- Recommendations | Preterm labour and birth | Guidance. National Institute for Health and Care Excellence, mis à jour en 2022.
- Romero R, Conde-Agudelo A, Da Fonseca E et al. : Vaginal progesterone for preventing preterm birth and adverse perinatal outcomes in singleton gestations with a short cervix: a meta-analysis of individual patient data. American Journal of Obstetrics & Gynecology, février 2018.
- Hassan SS, Romero R et al. : Vaginal progesterone reduces the rate of preterm birth in women with a sonographic short cervix: a multicenter, randomized, double-blind, placebo-controlled trial. Ultrasound in Obstetrics & Gynecology, juillet 2011.
- CRINONE- progesterone gel. DailyMed, U.S. National Library of Medicine, 21 mai 2024.
- Preterm labor – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 18 janvier 2025.
- Preterm birth. World Health Organization, 10 mai 2023.
- Wu H, Yu L, Zhang J et al. : Progestogens, cervical cerclage, and cervical pessary for preventing preterm birth in asymptomatic singleton pregnancies with a sonographic short cervix and no previous history of spontaneous preterm birth: systematic review and bayesian network meta-analysis. BMJ Medicine, 12 octobre 2026.
- Cervical length: Why does it matter during pregnancy?. Mayo Clinic, 7 mars 2025.
- Progesterone Vaginal. MedlinePlus, U.S. National Library of Medicine, 15 février 2026.
