
Le syndrome de Ramsay Hunt, aussi appelé zona otique, est une réactivation du virus varicelle-zona dans le nerf facial, près de l’oreille interne. Il associe le plus souvent une paralysie d’un seul côté du visage et une éruption de vésicules douloureuses sur l’oreille, parfois dans la bouche.
Beaucoup de personnes croient d’abord à un accident vasculaire cérébral, parce que la bouche et la paupière « tombent » d’un côté. Cette peur est légitime. Une otalgie violente avec des cloques oriente toutefois vers ce zona du nerf facial, et le délai avant les médicaments pèse ensuite sur la récupération.
Dans une série de 80 patients publiée dans Annals of Neurology, 75 % récupéraient une fonction faciale complète lorsque l’aciclovir et la prednisone commençaient dans les trois jours, contre 30 % lorsque le traitement commençait après sept jours. Environ 70 % des personnes retrouvent une fonction faciale normale ou presque, selon la Cleveland Clinic. Le vaccin recombinant contre le zona, recommandé aux États-Unis à partir de 50 ans par les CDC, réduit le risque de zona et donc de cette complication.
Qu’est-ce que le zona otique
C’est une forme particulière de zona qui touche le nerf facial (septième nerf crânien) au niveau du ganglion géniculé, tout près de l’oreille interne. Le virus responsable est le même que celui de la varicelle. Après la varicelle, il reste silencieux dans des ganglions nerveux ; des années plus tard, il peut se réveiller et cheminer le long du nerf, jusqu’à la peau de l’oreille et aux muscles du visage.
James Ramsay Hunt a décrit ce tableau en 1907. Les cliniciens parlent aussi d’herpès zoster oticus, de zona auriculaire ou de zona du ganglion géniculé. La Cleveland Clinic le range dans le type 2, pour le distinguer d’autres tableaux neurologiques qui portent le même nom de médecin et n’ont rien à voir avec le zona.
Le nerf facial ne commande pas seulement le sourire. Il participe à la fermeture de la paupière, à une partie du goût, à la production de larmes et de salive, et chemine à côté du nerf de l’audition et de l’équilibre. Quand l’inflammation gonfle ce nerf dans un canal osseux étroit, la faiblesse du visage n’est donc pas le seul enjeu. Vertige, baisse d’audition, acouphènes et œil trop sec peuvent s’ajouter, comme le décrivent la Mayo Clinic et le Merck Manual.
Cette atteinte reste peu fréquente. La Cleveland Clinic avance une incidence d’environ 5 cas pour 100 000 personnes par an aux États-Unis, et estime qu’elle représente près de 7 % des paralysies du nerf facial. La paralysie de Bell, sans vésicules de zona, reste de loin plus courante. Ces chiffres américains ne se traduisent pas automatiquement en France, mais ils donnent un ordre de grandeur. Le médecin français applique ensuite les habitudes locales de diagnostic et de prescription.
Quels symptômes touchent l’oreille, le visage et l’équilibre
Le tableau le plus reconnaissable combine une douleur d’oreille intense, des vésicules sur le pavillon, dans le conduit ou sur le tympan, et une faiblesse du visage du même côté. La Mayo Clinic insiste sur ces cloques douloureuses, d’aspect rouge, violacé ou brun selon la peau, parfois étendues à la face et à la bouche. Sans cette éruption, le diagnostic devient plus difficile, car la paralysie seule ressemble à d’autres causes.
Du côté du visage, la commissure des lèvres s’abaisse, le front se plisse mal, l’œil ne se ferme plus complètement. Manger devient maladroit, la parole un peu brouillée, la salive s’échappe. La Cleveland Clinic ajoute une sécheresse de l’œil et de la bouche, une perte de goût, un enrouement possible, et une gêne sociale liée à l’asymétrie. Ces signes restent unilatéraux.
L’oreille interne n’est pas toujours épargnée. Acouphènes, hyperacousie (les sons paraissent trop forts), baisse d’audition d’un seul côté et vertige rotatoire figurent parmi les symptômes listés par la Mayo Clinic, la Cleveland Clinic et le Merck Manual. Le vertige peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines. Des mouvements oculaires rapides et irréguliers sont parfois visibles.
Quelques personnes ont aussi des vésicules sur la langue, le palais ou la gorge du côté atteint. L’œil du même côté larmoie trop ou, au contraire, sèche. Ni la fièvre ni le mal de tête ne suffisent à poser le diagnostic.
- Une douleur d’oreille intense précède fréquemment les cloques et la faiblesse du visage.
- Les vésicules siègent sur le pavillon, dans le conduit, sur le tympan, parfois sur la langue ou le palais homolatéral.
- La paupière qui ne ferme plus expose la cornée ; picotement, rougeur ou sensation de grain de sable doivent alerter.
- Vertige, acouphènes et baisse d’audition d’un seul côté signent l’atteinte voisine du nerf vestibulocochléaire.
Les symptômes n’apparaissent pas toujours dans le même ordre. La Cleveland Clinic souligne que le diagnostic est alors plus lent. La paralysie peut précéder les vésicules de quelques jours. Tant que les cloques n’ont pas croûté, le liquide reste une source possible de virus varicelle-zona pour une personne non immunisée.
Comment le distinguer d’un AVC ou d’une paralysie de Bell
Une paralysie faciale brutale fait d’abord craindre un accident vasculaire cérébral. Les CDC décrivent des signes d’alerte qui ne se limitent pas au visage. Faiblesse soudaine d’un bras, parole étrange ou absente, trouble brutal de la vision, perte d’équilibre ou mal de tête violent sans cause évidente s’ajoutent souvent. Dans ce cas, on n’attend pas les cloques. On appelle le 15 ou le 112.
Le zona otique, lui, est une paralysie périphérique. Le front du côté atteint se plisse mal, l’œil ne se ferme plus, ce qui n’est pas le schéma habituel d’une atteinte centrale isolée de la partie inférieure du visage. L’otalgie et les vésicules, quand elles sont là, tranchent. Rien de tout cela n’autorise un diagnostic à la maison. Le médecin examine le visage, l’oreille et les autres signes neurologiques.
La paralysie de Bell est la principale concurrente. Elle donne aussi une faiblesse faciale unilatérale d’apparition rapide, sans cloques de zona. La Cleveland Clinic rappelle que le zona otique n’explique qu’environ 7 % des paralysies du nerf facial, et qu’environ 70 % des personnes retrouvent une fonction faciale normale ou presque. L’oreille douloureuse, le vertige et la baisse d’audition pèsent en faveur du zona.
Sans éruption, la distinction reste clinique et parfois tardive. On parle alors de zona sans vésicules (zoster sine herpete). La Mayo Clinic peut faire analyser le liquide d’une cloque lorsqu’elle est présente. Un prélèvement salivaire ou sanguin est parfois demandé, sans garantir un résultat immédiat. Tant que le doute persiste entre un AVC et une paralysie périphérique, la conduite est celle de l’urgence vasculaire.
Causes et personnes plus exposées
La cause est une réactivation du virus varicelle-zona, pas une première varicelle. Toute personne qui a eu la varicelle, même oubliée, peut un jour développer un zona. Si ce réveil se produit dans le ganglion géniculé, le tableau devient otique. Les chercheurs ne savent pas pourquoi le virus choisit parfois précisément ce nerf, écrit la Cleveland Clinic.
L’âge est le principal facteur. La Cleveland Clinic situe la plupart des cas à 60 ans et plus. La Mayo Clinic lie le risque à un système immunitaire moins efficace, que ce soit par l’âge, un traitement, une maladie ou une infection par le VIH. Le Merck Manual ajoute les cancers, la chimiothérapie, la radiothérapie et l’infection par le VIH parmi les contextes d’immunodépression qui favorisent la réactivation.
Les enfants sont rarement touchés, mais le diagnostic a déjà été porté dès l’âge de trois ans, toujours selon la Cleveland Clinic. Une immunodépression rend l’évolution souvent plus grave et la récupération moins complète.
Avoir déjà eu un zona n’interdit pas une récidive, même si elle est peu fréquente. La Cleveland Clinic note que le virus reste à vie dans les nerfs, donc qu’une nouvelle poussée, y compris au visage, reste possible. Le vaccin contre le zona vise précisément à réduire ce risque de réactivation, pas à « chasser » le virus du corps.
Comment le diagnostic est posé
Le diagnostic est d’abord clinique. Le médecin généraliste, l’urgentiste, l’ORL ou le neurologue reconnaît l’association d’une paralysie faciale périphérique et d’une éruption vésiculeuse de l’oreille ou de la bouche. La Mayo Clinic décrit aussi l’otalgie, les changements d’audition et le vertige comme éléments d’orientation. On n’attend pas un résultat de laboratoire pour commencer à protéger l’œil et à discuter d’un antiviral.
Un prélèvement du liquide d’une vésicule peut confirmer le virus. La Mayo Clinic le mentionne comme moyen de confirmation. La Cleveland Clinic évoque aussi salive et sang. Un résultat négatif n’élimine pas toujours l’hypothèse si le tableau est typique.
L’imagerie n’est pas systématique. Une IRM peut être proposée si le diagnostic reste flou, s’il existe des signes de plusieurs nerfs crâniens, ou s’il faut écarter une autre cause de paralysie faciale, tumeur comprise. Le Merck Manual réserve parfois cultures virales et IRM aux cas incertains. Un scanner n’aide en général pas à voir l’inflammation du nerf facial.
L’audiométrie et, au besoin, des tests d’équilibre précisent l’atteinte du huitième nerf. Une électroneuronographie entre en jeu surtout si la paralysie est complète et qu’une décompression chirurgicale est discutée. Le Merck Manual situe ce débat chez les patients sans aucun mouvement visible, avec une chute de plus de 90 % de la réponse électrique, et dans un délai de deux semaines. Cette chirurgie reste controversée et n’est pas un réflexe de première intention.
Antiviraux et corticoïdes, dans quel délai
Le message des encyclopédies cliniques est net. Commencer les médicaments dans les trois jours après le début des symptômes donne de meilleures chances de récupérer le visage. La Mayo Clinic le formule ainsi pour la paralysie faciale. Les CDC, pour le zona en général, rappellent que les antiviraux agissent d’autant mieux que l’éruption est récente.
Les molécules citées sont l’aciclovir, le valaciclovir et le famciclovir. L’étiquette américaine du valaciclovir (DailyMed, mise à jour en 2022) retient, pour le zona de l’adulte immunocompétent, 1 g trois fois par jour pendant 7 jours. L’effet est jugé maximal si le traitement commence dans les 48 heures après l’éruption. L’efficacité au-delà de 72 heures n’y est pas établie. Le Merck Manual décrit plutôt l’aciclovir oral cinq fois par jour ou le valaciclovir deux fois par jour pendant 10 jours, prescrits de façon systématique chez la personne immunodéprimée. Ces deux schémas ne coïncident pas. Le prescripteur français suit l’AMM locale et adapte la dose à la fonction rénale.
La prednisone accompagne souvent l’antiviral. La Mayo Clinic parle d’environ cinq jours. Le Merck Manual propose une forte dose orale pendant 4 à 7 jours, puis une diminution progressive sur deux semaines. En Europe, la recommandation S2k de 2017 (Forum européen de dermatologie et EADV) va plus loin pour le zona otique avec atteinte du nerf facial. Elle suggère une association d’aciclovir intraveineux et de corticoïdes oraux, la stratégie étant discutée avec un ORL. Le médecin français applique la pratique hospitalière ou libérale du pays, qui peut suivre l’une ou l’autre de ces approches.
La preuve reste incomplète. Une revue Cochrane de 2008 n’a trouvé qu’un essai randomisé de 15 personnes. La différence entre aciclovir intraveineux plus corticoïde et corticoïde seul n’était pas statistiquement significative. Une méta-analyse de 2024 (Fujiwara et Uraguchi, 474 personnes, 2 essais et 7 cohortes) donne un rapport de cotes de 0,68 pour l’absence de récupération sous antiviral, avec un intervalle de confiance de 0,37 à 1,27, donc non significatif. Les encyclopédies continuent malgré tout de recommander une association précoce, en s’appuyant surtout sur des séries observationnelles, dont celle de Murakami et coll. en 1997.
| Médicament | Schéma cité | Cadre de la source |
|---|---|---|
| Valaciclovir oral | 1 g trois fois par jour pendant 7 jours | Étiquette FDA DailyMed, zona de l’adulte immunocompétent (2022) |
| Aciclovir oral | Cinq prises par jour pendant 10 jours | Merck Manual, milligrammes non précisés (2026) |
| Prednisone orale | Environ cinq jours | Mayo Clinic (2025) |
| Prednisone orale | Forte dose 4 à 7 jours, puis diminution sur 2 semaines | Merck Manual (2026) |
| Aciclovir IV et corticoïde oral | Association proposée si zona otique avec paralysie faciale | Recommandation européenne S2k EADV (2017) |
Ces doses ne se copient pas sans avis médical. Grossesse, insuffisance rénale, diabète, ulcère, hypertension et interactions (dont certains antiviraux européens contre le zona) changent la décision. Le pharmacien et le médecin vérifient l’AMM française, qui peut différer de l’étiquette américaine.
Protéger l’œil et soulager la douleur
Tant que la paupière ne se ferme plus, la cornée sèche et se blesse. La Mayo Clinic recommande des gouttes hydratantes dans la journée, une pommade le soir, et de fermer la paupière avec un sparadrap ou de porter un cache-œil pendant la nuit. La Cleveland Clinic insiste sur le même risque d’ulcère cornéen, d’abrasion et, à terme, de baisse de vision. Un ophtalmologiste entre en jeu dès que l’œil est rouge, douloureux ou que la vue se trouble.
La douleur du zona peut dépasser le paracétamol. La Mayo Clinic prévoit un antalgique de prescription si besoin. Le Merck Manual mentionne des opioïdes oraux lorsque la douleur est intense, et le diazépam oral toutes les 4 à 6 heures pour le vertige. Ces molécules ont leurs propres risques (somnolence, chute, dépendance). Elles ne se prennent pas en automédication. Une compresse froide sur les vésicules, sans gratter, est le geste local retenu par la Mayo Clinic et la Cleveland Clinic.
Après la disparition des cloques, une douleur neuropathique peut durer plus de trois mois. On parle alors de névralgie post-zostérienne. Le Merck Manual cite amitriptyline, nortriptyline, gabapentine et prégabaline parmi les options. La Cleveland Clinic évoque aussi la carbamazépine. Le choix, la dose et la surveillance (reins, sodium, somnolence, interactions) appartiennent au médecin. Rien n’autorise à commencer ces traitements sans prescription.
Le vertige s’atténue souvent en quelques semaines, mais il expose aux chutes. Un environnement dégagé, un accompagnement pour se lever, et un avis ORL si l’équilibre reste instable réduisent ce risque. Une rééducation vestibulaire se discute au cas par cas avec l’ORL. La chirurgie de décompression du nerf, déjà évoquée, n’est envisagée que dans des paralysies complètes sélectionnées, dans un délai court, et son bénéfice n’est pas démontré par des essais solides.
Quand voir un médecin pour un zona de l’oreille
Dès qu’un côté du visage perd de la force, ou qu’une éruption douloureuse apparaît sur le visage ou l’oreille, un avis médical le jour même s’impose. La Mayo Clinic lie ce délai aux trois premiers jours, fenêtre où les médicaments semblent le plus utiles contre la paralysie durable. On ne « surveille » pas les cloques jusqu’au lundi suivant.
Si le visage tombe en même temps qu’un bras, que la parole se défait, que la vision se brouille d’un coup ou qu’un mal de tête violent surgit, le tableau est celui d’un possible accident vasculaire. Les CDC listent ces signes. En France, on appelle le 15 (SAMU) ou le 112, sans conduire soi-même.
Confusion, somnolence, raideur de nuque ou faiblesse d’un membre sortent du cadre d’un simple zona d’oreille. Le Merck Manual juge rares les tableaux de méningo-encéphalite, mais la Cleveland Clinic décrit la diffusion possible du virus vers d’autres nerfs, le cerveau ou la moelle. Ces situations relèvent des urgences.
| Situation | Signes d’orientation | Conduite |
|---|---|---|
| Possible accident vasculaire | Visage, bras ou parole atteints d’un coup, vision ou équilibre brutalement altérés | Appeler le 15 ou le 112 |
| Zona otique probable | Paralysie faciale et vésicules d’oreille ou de bouche, otalgie | Médecin ou urgences le jour même, dans les 72 heures |
| Œil qui ne ferme plus | Sécheresse, douleur, sensation de grain de sable, rougeur | Larmes artificielles et avis médical rapide, ophtalmologiste si l’œil souffre |
| Signes neurologiques étendus | Confusion, raideur de nuque, faiblesse des membres | Urgences, 15 ou 112 |
| Terrain fragile | Grossesse, nouveau-né dans l’entourage, immunodépression | Avis médical sans délai, y compris pour le risque de transmission |
Une immunodépression, une grossesse ou un nouveau-né dans le foyer accélèrent la consultation, à la fois pour la personne malade et pour limiter le contact avec le liquide des vésicules. Couvrir l’éruption jusqu’aux croûtes, se laver les mains 20 secondes et éviter de gratter sont les gestes de prévention que les CDC retiennent pour tout zona.
Quelles chances de récupération et quelles séquelles
La récupération n’est ni immédiate ni garantie. Si le nerf est peu endommagé, la Mayo Clinic situe une amélioration en quelques semaines. Un nerf plus atteint peut laisser une faiblesse au-delà de plusieurs mois. La Cleveland Clinic parle de quelques semaines à quelques mois, parfois jusqu’à un an pour se rapprocher de l’état antérieur, et d’environ 70 % de fonction faciale normale ou quasi normale.
Le délai de traitement pèse. La série observationnelle de Murakami et coll. (1997) reste la référence chiffrée la plus citée. Parmi 28 personnes traitées par aciclovir et prednisone dans les trois jours, 21 (75 %) récupéraient complètement. Parmi 23 personnes traitées après sept jours, 7 seulement (30 %) obtenaient le même résultat. La voie veineuse n’y était pas supérieure à la voie orale pour le visage. Ces données ont plus de vingt-cinq ans. Elles n’équivalent pas à un essai randomisé moderne, mais elles justifient de ne pas attendre.
Même un traitement précoce n’efface pas tous les risques. Paralysie faciale durable, baisse d’audition, douleur persistante après l’éruption figurent parmi les complications de la Mayo Clinic. La Cleveland Clinic ajoute la synkinésie (un sourire ferme l’œil, par exemple), des spasmes, un changement du goût, et des lésions de cornée. L’audition peut revenir en partie ou rester altérée, écrit le Merck Manual. Le vertige, lui, cède plus souvent avec le temps.
La paralysie d’emblée complète, l’immunodépression et un traitement commencé tard restent les éléments les plus cohérents avec un résultat incomplet, d’après la Cleveland Clinic et la série de 1997.
Une récidive est rare mais possible, le virus restant latent. La Cleveland Clinic le rappelle. Après l’épisode aigu, la question du vaccin contre le zona se pose pour réduire le risque d’une nouvelle poussée, une fois les lésions cicatrisées. Les CDC demandent de ne pas vacciner pendant l’épisode aigu.
Contagion et vaccin contre le zona
Le syndrome lui-même ne « s’attrape » pas. On ne transmet pas une paralysie faciale. En revanche, le virus présent dans le liquide des vésicules peut donner la varicelle à quelqu’un qui ne l’a jamais eue et n’a pas été vacciné contre elle. Les CDC le disent pour le zona en général. La Mayo Clinic et la Cleveland Clinic l’appliquent à cette forme otique. On ne contracte pas un zona au contact d’un zona. On contracte une varicelle, qui pourra plus tard se réactiver.
La période de contagiosité va de l’apparition des cloques jusqu’aux croûtes. Couvrir l’éruption, ne pas la gratter, se laver les mains au moins 20 secondes réduisent le risque, selon les CDC. Jusqu’aux croûtes, on évite le contact étroit avec les femmes enceintes non immunisées, les nouveau-nés (surtout prématurés ou de petit poids), et les personnes dont l’immunité est affaiblie.
Le meilleur levier de prévention reste le vaccin contre le zona. Aux États-Unis, les CDC recommandent deux doses de vaccin recombinant (RZV, Shingrix) chez l’adulte de 50 ans et plus, qu’il ait déjà eu un zona ou non, et chez l’adulte de 19 ans et plus immunodéprimé. L’intervalle habituel est de 2 à 6 mois. On ne vaccine pas pendant l’épisode aigu. Le Merck Manual cite un essai randomisé où ce vaccin a montré une efficacité de 97,2 % contre le zona chez des personnes de 70 ans et plus. Ce chiffre concerne le zona en général, pas uniquement la forme otique.
En France, le calendrier, le remboursement et l’âge cible relèvent des autorités sanitaires nationales. Ils peuvent différer des CDC. Le médecin traitant ou le pharmacien indiquent le produit disponible et le moment opportun, y compris après un zona otique cicatrisé. Le vaccin contre la varicelle dans l’enfance, écrit la Mayo Clinic, semble associé plus tard à moins de zonas graves. Il ne remplace pas la discussion vaccinale de l’adulte.
Questions fréquentes
Le syndrome de Ramsay Hunt est-il contagieux ?
Non. On ne transmet pas la paralysie faciale. Le liquide des vésicules peut en revanche transmettre le virus varicelle-zona et provoquer une varicelle chez une personne non immunisée, jusqu’à ce que les lésions soient croûteuses. Couvrir l’éruption et se laver les mains reste utile pendant cette période.
Peut-on l’avoir sans éruption à l’oreille ?
Oui. Les symptômes n’apparaissent pas toujours ensemble, souligne la Cleveland Clinic, et la paralysie peut précéder les vésicules. Sans cloques, le tableau ressemble à une paralysie de Bell. Le médecin s’appuie alors sur l’otalgie, l’audition, le vertige et, parfois, un prélèvement de liquide, de salive ou de sang.
L’audition revient-elle toujours ?
Non. Le Merck Manual indique que la perte auditive peut être permanente, ou ne revenir qu’en partie. La Mayo Clinic range les changements d’audition parmi les séquelles possibles. Un audiogramme sert de point de départ. Appareillage et suivi ORL se discutent si le déficit reste gênant.
Le vaccin contre le zona empêche-t-il cette atteinte ?
Il réduit le risque de zona et donc de ses complications, dont la forme otique. Les CDC recommandent deux doses de vaccin recombinant à partir de 50 ans aux États-Unis, et dès 19 ans en cas d’immunodépression. En France, l’indication se vérifie avec le médecin ou le pharmacien. On ne vaccine pas pendant l’épisode aigu.
Combien de temps faut-il pour récupérer le visage ?
Quelques semaines suffisent parfois si le nerf est peu atteint. Plusieurs mois, parfois jusqu’à un an, sont décrits par la Cleveland Clinic. Environ 70 % des personnes retrouvent une fonction normale ou presque. Un traitement commencé dans les trois jours améliore ces chances, sans les garantir.
Les enfants peuvent-ils être touchés ?
Rarement. La Cleveland Clinic situe la plupart des cas après 60 ans, tout en rapportant des diagnostics dès l’âge de trois ans. Chez l’enfant, l’avis pédiatrique oriente le bilan et les médicaments, dont les doses ne sont pas celles de l’adulte immunocompétent.
Conclusion
Une paralysie d’un côté du visage avec une oreille brûlante et des cloques n’est pas un détail dermatologique. C’est un zona du nerf facial, à traiter comme une urgence de quelques jours et non de quelques semaines. Le doute avec un accident vasculaire se lève aux urgences, pas devant un miroir.
Le geste utile, le jour même, est double. Faire voir le visage et l’oreille par un médecin pour discuter d’un antiviral et d’un corticoïde adaptés à votre situation, et protéger la cornée tant que la paupière ne ferme plus. Les chiffres de récupération (75 % contre 30 % selon le délai dans la série de 1997, environ 70 % de bon résultat facial dans les données de la Cleveland Clinic) expliquent cette course contre la montre, malgré des essais randomisés encore trop pauvres.
Une fois les croûtes formées, deux questions restent. Comment suivre le visage et l’œil s’il reste une faiblesse, et si un vaccin contre le zona a un sens pour vous, selon l’âge, l’immunité et le calendrier français. Ces deux points se règlent avec le médecin traitant, l’ORL ou le pharmacien, pas avec un schéma recopié d’une étiquette américaine.
Sources
- Ramsay Hunt syndrome – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 22 décembre 2025.
- Ramsay Hunt syndrome – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 22 décembre 2025.
- Ramsay Hunt Syndrome (Herpes Zoster Oticus): Causes & Treatment. Cleveland Clinic, 14 juin 2022.
- About Shingles (Herpes Zoster). Centers for Disease Control and Prevention, 17 janvier 2025.
- Shingles Vaccine Recommendations. Centers for Disease Control and Prevention, 22 octobre 2024.
- Signs and Symptoms of Stroke. Centers for Disease Control and Prevention, 19 mai 2026.
- Hamiter M : Herpes Zoster Oticus. Merck Manual Professional Edition, mis à jour en septembre 2026.
- Uscategui T, Dorée C, Chamberlain IJ et al. : Antiviral therapy for Ramsay Hunt syndrome (herpes zoster oticus with facial palsy) in adults. Cochrane Database of Systematic Reviews, 8 octobre 2008.
- Fujiwara T, Uraguchi K : Antiviral treatment for Ramsay Hunt syndrome: A systematic review and meta-analysis. Auris Nasus Larynx, juin 2024.
- Murakami S, Hato N, Horiuchi J et al. : Treatment of Ramsay Hunt syndrome with acyclovir-prednisone: significance of early diagnosis and treatment. Annals of Neurology, mars 1997.
- Werner RN, Nikkels AF, Marinović B et al. : European consensus-based (S2k) Guideline on the Management of Herpes Zoster – guided by the European Dermatology Forum (EDF) in cooperation with the European Academy of Dermatology and Venereology (EADV), Part 2: Treatment. Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology, janvier 2017.
- VALTREX- valacyclovir hydrochloride tablet, film coated. DailyMed, U.S. National Library of Medicine, 19 janvier 2022.
