Le trouble bipolaire accélère le vieillissement biologique

Une étude récemment publiée démontre un lien entre la longueur des télomères, qui est une marque du vieillissement biologique, et le risque bipolaire. La recherche aide à expliquer pourquoi le trouble bipolaire vient souvent de pair avec d’autres maladies liées à l’âge.

Déprimé adulte plus âgé

Les personnes atteintes de trouble bipolaire, que l’on appelle parfois maniaco-dépression, éprouvent des changements d’humeur allant du sentiment d’être extrêmement excité et exalté à désespéré et déprimé. Il affecte environ 2,6 pour cent des adultes aux États-Unis chaque année.

Mis à part la perturbation psychologique, le trouble bipolaire est lié à une série d’autres maladies normalement associées à un âge avancé, telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 et l’obésité.

Récemment, des chercheurs du King’s College de Londres au Royaume-Uni et de l’école de médecine Icahn de Mount Sinai à New York, New York, ont entrepris d’approfondir cette relation. L’équipe s’est particulièrement intéressée aux télomères, caractéristiques des chromosomes qui reflètent l’âge d’un organisme.

Leurs résultats sont publiés dans la revue.

Télomères et vieillissement biologique

Les télomères agissent comme des bouchons de protection aux extrémités des brins d’ADN. Chaque fois qu’une cellule se divise, le télomère devient plus court, jusqu’à ce qu’il soit si court que la cellule ne puisse plus se répliquer.

De cette façon, la longueur des télomères peut être utilisée comme une mesure du vieillissement biologique et de la susceptibilité à la maladie. Chez les personnes âgées, les télomères sont généralement plus courts. Cependant, le vieillissement biologique est différent du vieillissement chronologique.

Divers facteurs génétiques et environnementaux peuvent influencer le taux de vieillissement biologique, ce qui signifie que deux personnes du même âge chronologique pourraient avoir des âges différents sur le plan biologique.

La longueur des télomères est actuellement étudiée en tant que biomarqueur pour les états neuropsychiatriques. Par exemple, des télomères raccourcis ont été trouvés chez des individus souffrant de troubles dépressifs majeurs, de schizophrénie et de démence.

Une association a également été trouvée entre la longueur des télomères et la structure de l’hippocampe, qui est une zone du cerveau impliquée dans la régulation de la mémoire et de l’humeur. De même, les télomères plus courts sont associés à une fonction de mémoire réduite.

Le lithium réduit le vieillissement bipolaire

Pour la nouvelle étude, les scientifiques ont prélevé des échantillons d’ADN chez 63 patients atteints de trouble bipolaire, 74 proches au premier degré et 80 individus sains non apparentés. Les parents des personnes atteintes de trouble bipolaire ont été inclus parce que la longueur des télomères est connue pour être héritable.

Ils ont trouvé que, chez les parents au premier degré, la longueur des télomères était significativement plus courte que chez les témoins sains. Dans le groupe bipolaire, la longueur des télomères dépendait d’un autre facteur: le lithium.

Le lithium est un médicament couramment utilisé pour traiter le trouble bipolaire. Les personnes atteintes de la maladie qui avaient pris ce médicament n’avaient pas de télomères significativement plus courts, mais ceux qui n’avaient pas pris le médicament présentaient la même longueur réduite que leurs parents.

Cela suggère que le lithium prévient ou minimise le vieillissement prématuré associé au trouble bipolaire, soutenant les résultats antérieurs.

Longueur des télomères et l’hippocampe

Pour étudier la relation entre la longueur des télomères et la structure du cerveau, les chercheurs ont mené des examens IRM sur les participants. Comme prévu, l’équipe a découvert que des télomères plus courts étaient associés à un volume réduit de l’hippocampe.

« Notre étude fournit la première preuve que le risque familial de trouble bipolaire est associé à des télomères plus courts, ce qui peut expliquer pourquoi les patients atteints de trouble bipolaire sont également plus à risque de maladies liées au vieillissement. »

Premier auteur Dr. Timothy Powell, King’s College Londres

Ces résultats sont intéressants en eux-mêmes, mais ils ouvrent toute une gamme de nouvelles questions auxquelles il faut répondre. Le Dr Powell donne l’exemple suivant: «Par exemple, les personnes à risque de trouble bipolaire possèdent-elles des gènes qui les prédisposent à un vieillissement biologique plus rapide ou sont-elles plus susceptibles de participer à des facteurs environnementaux favorisant le vieillissement? Identifier les facteurs de risque modifiables pour prévenir le vieillissement avancé serait une étape importante. « 

Ces résultats peuvent ouvrir de nouvelles voies de recherche sur de nouvelles interventions. En fait, l’auteure co-senior, Dr. Sophia Frangou, dit que les résultats suggèrent « que les protéines qui protègent contre le raccourcissement des télomères peuvent fournir de nouvelles cibles de traitement pour les personnes atteintes de trouble bipolaire et celles qui y sont prédisposées ».

Il y a beaucoup de travail à faire, mais les liens entre les télomères, le vieillissement prématuré et les conditions neuropsychiatriques sont sûrs de donner des résultats fascinants et utiles.

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