Maladies non transmissibles : pourquoi les décès augmentent

Maladies non transmissibles : pourquoi les décès augmentent

Les maladies non transmissibles (infarctus, accidents vasculaires cérébraux, cancers, diabète et maladies respiratoires chroniques) causent désormais la grande majorité des décès dans le monde. En 2021, elles ont tué au moins 43 millions de personnes, soit environ 75 % des morts hors pandémie, et 18 millions de ces décès sont survenus avant 70 ans.

En 2023, pour la première fois, les maladies infectieuses ont représenté moins de la moitié des décès même dans les pays à faible revenu, d’après les estimations mondiales de santé publiées par l’Organisation mondiale de la Santé en octobre 2026. La transition épidémiologique n’épargne plus les économies les plus pauvres, alors que le nombre de morts liées aux maladies chroniques continue de monter avec le vieillissement et la croissance de la population.

Quatre groupes de maladies pèsent à eux seuls 80 % des décès prématurés par MNT ; les maladies cardiovasculaires représentent au moins 19 millions de morts en 2021. Une douleur ou une oppression thoracique qui dure plus de quelques minutes, un essoufflement brutal ou un malaise justifient d’appeler le 15 ou le 112, sans attendre un rendez-vous.

Qu’est-ce qu’une maladie non transmissible

Une maladie non transmissible, souvent appelée maladie chronique, n’est pas provoquée par un microbe qui passe d’une personne à l’autre. Elle dure longtemps, progresse en général lentement et naît d’un mélange de génétique, de physiologie, d’environnement et de comportements. L’OMS range surtout sous ce terme les maladies cardiovasculaires (infarctus, accidents vasculaires cérébraux), les cancers, les maladies respiratoires chroniques (bronchopneumopathie chronique obstructive, asthme) et le diabète.

D’autres affections non infectieuses existent, de la maladie d’Alzheimer aux maladies rénales chroniques. Elles comptent dans le total des MNT. En revanche, l’indicateur mondial de « mortalité prématurée » (cible 3.4.1 des Objectifs de développement durable) ne retient que les quatre groupes ci-dessus entre 30 et 70 ans. Un virus comme le VIH peut devenir une maladie de longue durée ; il reste infectieux et n’entre pas dans cette catégorie.

Les MNT touchent tous les âges. Les enfants, les adultes et les personnes âgées sont exposés aux mêmes leviers, tabac, alimentation trop salée ou trop sucrée, manque d’activité, usage nocif d’alcool et air pollué. Une tension trop haute, un sucre sanguin élevé, un cholestérol anormal et un excès de poids apparaissent souvent avant l’infarctus ou l’AVC.

Le mot « chronique » ne veut pas dire « inévitable ». Une part importante des infarctus, des AVC et des diabètes de type 2 est liée à des facteurs que l’on peut modifier. Le dépistage, le traitement et les soins palliatifs font partie de la réponse, au même titre que les taxes sur le tabac ou la baisse du sel dans les aliments.

Combien de décès dans le monde aujourd’hui

Les MNT ont tué au moins 43 millions de personnes en 2021, soit les trois quarts des décès mondiaux hors pandémie. Environ 18 millions de ces morts sont survenues avant 70 ans, davantage que l’ensemble des traumatismes, des infections (y compris le Covid-19) et des causes maternelles et nutritionnelles réunis, d’après la fiche de l’OMS mise à jour en septembre 2025. En 2023, les MNT représentaient 74 % de tous les décès mondiaux, contre 58 % en 2000 ; huit des dix premières causes de décès étaient alors des maladies non transmissibles.

Le nombre de morts augmente, alors que le risque de mourir trop tôt a d’abord baissé. Un adulte de 30 ans avait 22,5 % de chances de mourir d’une des quatre grandes MNT avant 70 ans en 2000 ; ce risque est tombé à 18,4 % en 2015, puis à 18,0 % en 2019, soit une baisse d’environ 20 % sur deux décennies, selon les World health statistics 2026. Depuis 2015, le rythme s’est essoufflé (0,5 % par an contre 1,3 % entre 2000 et 2015), très loin des 2,7 % par an qu’il faudrait pour réduire d’un tiers la mortalité prématurée d’ici 2030.

Cette contradiction s’explique par le vieillissement et la croissance de la population. Le volume de décès monte même si, à âge égal, le risque individuel a un peu reculé. Une analyse du réseau NCD Countdown 2030, parue dans The Lancet en septembre 2025, trouve une baisse de la mortalité par MNT entre 2010 et 2019 dans environ quatre pays sur cinq. Dans près de 60 % des pays, ce recul a toutefois été plus faible que durant la décennie précédente, ou un recul antérieur s’est inversé.

Groupe de maladies Décès mondiaux en 2021 Poids parmi les MNT
Maladies cardiovasculaires au moins 19 millions première cause
Cancers 10 millions deuxième cause
Maladies respiratoires chroniques environ 4 millions troisième cause
Diabète, y compris néphropathie liée plus de 2 millions quatrième cause
Ensemble des MNT au moins 43 millions 75 % des décès hors pandémie

Les registres américains de 2024, presque exhaustifs, placent encore le cœur et les cancers en tête, avec 683 491 et 619 876 morts, devant les accidents. Le taux de mortalité ajusté sur l’âge y a baissé, mais le volume reste élevé. Ces chiffres ne se transposent pas tels quels à la France ; ils rappellent qu’un État riche n’a pas « réglé » le problème.

Pourquoi le fardeau pèse surtout hors des pays riches

Près des trois quarts des décès par MNT, soit 32 millions, surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Parmi les 18 millions de morts avant 70 ans, 82 % ont lieu dans ces pays. Ce n’est plus une épidémie des sociétés riches. C’est, pour une grande part, une épidémie des années productives de la vie, qui frappe des familles encore éloignées d’un cardiologue, d’un traitement de l’hypertension ou d’un dépistage du cancer.

La pauvreté et les MNT s’alimentent. Un infarctus, un AVC ou un cancer pousse des ménages à payer des soins de leur poche, à vendre des biens ou à retirer un adulte du marché du travail. Les World health statistics 2026 estiment qu’environ un quart de la population mondiale subit une difficulté financière liée aux dépenses de santé, et que 1,6 milliard de personnes vivaient dans la pauvreté ou y ont été poussées par ces dépenses en 2022. L’indice de couverture des services de santé n’est passé que de 68 à 71 entre 2015 et 2023, un rythme trop lent pour garantir un accès universel aux traitements essentiels contre les MNT.

Les trajectoires nationales divergent. Le travail publié dans The Lancet en 2025 trouve une hausse de la mortalité par MNT entre 2010 et 2019 chez les femmes et les hommes en Inde et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, alors que la Chine, le Brésil, l’Égypte, le Nigeria et la Russie ont connu un recul pour les deux sexes. Les maladies circulatoires ont le plus contribué aux baisses là où elles ont eu lieu ; les affections neuropsychiatriques et certains cancers (pancréas, foie) ont au contraire poussé la mortalité à la hausse dans de nombreux pays.

L’accès aux soins explique une part de l’écart, pas seulement les comportements. Traiter une hypertension, un diabète ou un infarctus aigu demande des médicaments, un laboratoire et un personnel formé. Là où la couverture sanitaire est insuffisante, ces interventions, que l’OMS juge rentables, restent hors de portée. La pollution de l’air intérieur, cuisson au bois ou au charbon, s’ajoute au tabac et au sel.

Cœur, cancers, poumons et diabète, les quatre grandes causes

Les maladies cardiovasculaires restent la première cause de décès par MNT, avec au moins 19 millions de morts en 2021. L’athérosclérose, un dépôt de graisses et de cholestérol dans les artères, réduit le flux sanguin vers le cœur ou le cerveau. Un caillot sur une plaque rompue peut fermer une artère coronaire (infarctus) ou cérébrale (AVC ischémique). L’hypertension, le diabète, le tabac, le cholestérol élevé, l’inactivité et un excès de poids accélèrent ce processus, décrit par la Mayo Clinic comme le mécanisme le plus fréquent de la maladie coronaire.

Les cancers ont tué 10 millions de personnes en 2021. Le tabac, l’alcool, certaines infections (papillomavirus pour le col de l’utérus, hépatites pour le foie) et l’alimentation pèsent sur plusieurs localisations. Les maladies respiratoires chroniques, autour de 4 millions de décès, réunissent surtout la bronchopneumopathie chronique obstructive, liée au tabac et à la pollution, et l’asthme mal contrôlé. Le diabète, plus de 2 millions de morts si l’on inclut les insuffisances rénales qui en découlent, endommage les vaisseaux et accélère la maladie coronaire, souvent avec peu de signes d’alerte.

Ces quatre groupes causent 80 % des décès prématurés par MNT. Ils partagent des leviers, ce qui explique que les politiques « tabac, sel, alcool, mouvement » aient un effet transversal. Un même adulte peut cumuler hypertension, diabète de type 2 et risque de cancer colorectal. Traiter un seul facteur, la tension par exemple, réduit déjà le risque d’infarctus et d’AVC.

Tabac, alimentation, alcool, sédentarité et air

Cinq leviers modifiables élèvent le risque de mourir d’une MNT, le tabagisme (y compris la fumée des autres), une alimentation trop riche en sel, en sucre et en graisses, l’usage nocif d’alcool, l’insuffisance d’activité physique et la pollution de l’air. Ils conduisent à quatre changements métaboliques, hypertension, surpoids ou obésité, hyperglycémie et dyslipidémie. L’hypertension est le premier facteur métabolique attribué aux décès par MNT (environ 25 % du total mondial).

Le tabac recule, trop lentement. La prévalence mondiale du tabagisme chez les 15 ans et plus est passée de 26,2 % en 2010 à 19,5 % en 2024, une baisse relative d’environ 27 %, encore en deçà de l’objectif de 30 % du plan d’action mondial contre les MNT. L’Europe reste la région où les femmes fument le plus (17,4 % en 2024, contre 6,6 % dans le monde). Arrêter réduit déjà le risque cardiaque en une journée ; après un an sans cigarette, ce risque redescend à peu près à la moitié de celui d’une personne qui fume encore, d’après la Mayo Clinic.

L’alcool suit une courbe similaire. La consommation mondiale d’alcool pur par habitant de 15 ans et plus est passée de 5,6 litres en 2010 à 4,9 litres en 2024. L’Europe demeure au sommet, à 8,9 litres, presque le double de la moyenne mondiale, tandis que l’Asie du Sud-Est a vu sa consommation augmenter de 13 %. Parlez-en avec un médecin ou un pharmacien plutôt que de chercher une « dose sûre » pour le cancer.

La pollution de l’air, intérieure et extérieure, a causé 6,7 millions de décès selon la fiche OMS de 2025, dont environ 5,6 millions par MNT (AVC, cardiopathie ischémique, BPCO, cancer du poumon). Les statistiques sanitaires 2026 retiennent 6,6 millions de morts en 2021 pour l’exposition combinée aux particules. Ce n’est plus un dossier à part, c’est un facteur de MNT du même ordre que le tabac. Le levier principal reste la politique énergétique et le remplacement des foyers de cuisson polluants.

Ce que recommandent l’OMS et le NICE

Publié en avril 2024, Tackling NCDs actualise la liste des « meilleurs investissements » (best buys) de l’OMS, révisée en 2017 dans l’annexe 3 du plan d’action mondial 2013-2030. Ce sont des interventions dont le rapport coût-efficacité est inférieur ou égal à 100 dollars internationaux par année de vie en bonne santé dans les économies à revenu national faible ou intermédiaire inférieur. Taxes et prix du tabac, paquets neutres et avertissements graphiques, interdiction de la publicité, lieux 100 % sans fumée, campagnes et aide à l’arrêt figurent en tête pour le tabac. Pour l’alcool, taxes, restriction de la publicité et de la disponibilité. Pour l’alimentation, reformulation (sel, sucres, acides gras trans), étiquetage en face avant, protection des enfants contre le marketing alimentaire.

Pour les soins, les mêmes best buys insistent sur le traitement de l’hypertension, le contrôle du diabète, les soins de l’infarctus et de l’AVC, les corticoïdes inhalés et bronchodilatateurs pour l’asthme et la BPCO, la vaccination contre les papillomavirus et le dépistage de certains cancers. Le Progress monitor 2025 note des avancées dans plus de 100 pays depuis 2022, surtout sur le tabac et les guides cliniques, mais aussi une hausse continue de l’obésité et du diabète, et un ralentissement de la surveillance des facteurs de risque.

Le guide britannique NICE NG238 (mai 2023, revue en septembre 2025) a remplacé le guide CG181 de juillet 2014. Il demande d’estimer le risque cardiovasculaire à 10 ans avec l’outil QRISK3 chez les 25-84 ans sans maladie cardiovasculaire connue, y compris en cas de diabète de type 2. Il propose l’atorvastatine 20 mg en prévention primaire lorsque ce risque atteint 10 % ou plus, après discussion des habitudes de vie. Il déconseille d’offrir l’aspirine en routine pour empêcher un premier infarctus. Le diabète de type 1, la maladie rénale chronique et l’hypercholestérolémie familiale sont d’emblée à haut risque, sans passer par le score.

Ces seuils britanniques ne s’appliquent pas automatiquement en France. Les molécules, les scores et les indications varient d’un pays à l’autre. Le médecin traitant et le pharmacien appliquent le cadre français. L’intérêt du NICE pour le lecteur est ailleurs. Il montre que la prévention médicamenteuse se discute à partir d’un risque chiffré, et que l’aspirine quotidienne n’est plus un réflexe de « protection du cœur » chez une personne sans antécédent.

Comment réduire votre risque au quotidien

Arrêter le tabac est le geste individuel le plus net pour le cœur. La Mayo Clinic souligne que le risque de maladie cardiaque commence à baisser dès le premier jour sans tabac, et qu’il est d’environ la moitié de celui d’un fumeur après un an. Les substituts nicotiniques et les médicaments d’aide à l’arrêt se discutent avec un médecin ou un pharmacien ; l’OMS range aussi les lignes d’écoute et le conseil bref parmi les interventions rentables à l’échelle d’un pays.

Bouger compte, même sans viser une performance sportive. Les adultes visent au moins 150 minutes par semaine d’activité d’intensité modérée (marche rapide) ou 75 minutes d’activité soutenue, plus deux séances de renforcement, selon la Mayo Clinic. Une méta-analyse de 85 études prospectives, parue en 2025 dans le British Journal of Sports Medicine, associe une activité régulière ou croissante à l’âge adulte à une mortalité toutes causes inférieure d’environ 20 à 40 % et à une mortalité cardiovasculaire inférieure d’environ 30 à 40 %. Commencer à l’âge adulte reste associé à un bénéfice ; rester actif ensuite pèse davantage que d’avoir été actif puis de s’arrêter.

L’assiette utile pour le cœur ressemble aux modèles méditerranéen et DASH, légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes, poissons, huile d’olive, peu de sel, peu de boissons sucrées, peu d’aliments ultra-transformés et de viandes transformées. Une perte de poids de 3 à 5 % peut déjà faire baisser les triglycérides et la glycémie. Le tour de taille au-dessus d’environ 102 cm chez l’homme et 89 cm chez la femme est un marqueur de risque supplémentaire, distinct de l’indice de masse corporelle.

Le sommeil compte aussi. Les adultes visent 7 à 9 heures par nuit, et un dépistage de l’apnée du sommeil se discute en cas de ronflements, de pauses respiratoires ou de somnolence diurne, d’après la Mayo Clinic. Un stress durable peut élever la tension et pousser vers le tabac, l’alcool ou le grignotage.

Un bilan ne remplace pas ces habitudes, il les oriente.

  • Un adulte fait mesurer sa tension au moins tous les deux ans à partir de 18 ans, puis chaque année à partir de 40 ans, ou plus tôt s’il a déjà des facteurs de risque.
  • Un dosage du cholestérol se discute avec le médecin, souvent tous les quatre à six ans en l’absence d’anomalie, plus souvent après un premier résultat élevé ou un antécédent familial précoce.
  • Un dépistage du diabète de type 2 est proposé vers 45 ans, puis tous les trois ans s’il est normal, plus tôt en cas de surpoids ou d’antécédents familiaux.
  • Après un infarctus, un programme de réadaptation cardiaque (activité supervisée, éducation, aide au sevrage) réduit le risque de récidive lorsqu’il est prescrit.

Signes d’alerte cardiaques et quand consulter

Une douleur, une pression, un serrement ou une gêne au centre ou à gauche de la poitrine qui dure plus de quelques minutes, ou qui part et revient, est un motif d’appel immédiat au 15 (SAMU) ou au 112. Il ne faut pas prendre le volant. Les premières heures d’un infarctus concentrent le risque de mort subite, et les secours commencent le traitement en route. Douleur thoracique, essoufflement, faiblesse, sueur froide, gêne dans la mâchoire, le cou, le dos, un bras ou les deux, c’est le noyau décrit par la Mayo Clinic.

D’autres tableaux existent. Les femmes, les personnes âgées et les personnes diabétiques ont plus souvent une fatigue inexpliquée, des nausées, un essoufflement isolé ou peu de douleur. Un AVC se reconnaît souvent par une déformation du visage, une faiblesse d’un bras, un trouble de la parole d’apparition brutale, là encore le 15 ou le 112. Une syncope, un œdème des jambes d’apparition récente avec essoufflement en s’allongeant, ou des palpitations avec malaise, justifient aussi un avis urgent.

Situation Conduite
Oppression thoracique de plus de quelques minutes, avec ou sans essoufflement Appelez le 15 ou le 112, ne conduisez pas.
Gêne dans la mâchoire, un bras, le dos ou le haut du ventre, sueur froide, nausées Traitez ces signes comme un infarctus possible et appelez les secours.
Face asymétrique, bras faible, parole brouillée, apparition brutale Appelez le 15 ou le 112, un AVC est possible.
Tension souvent élevée, cholestérol ou glycémie jamais mesurés, tabac actuel Prenez rendez-vous avec le médecin traitant pour un bilan.
Douleur d’effort qui cède au repos, essoufflement nouveau, gonflement des chevilles Consultez rapidement, sans attendre une crise.

Entre deux urgences, le bon interlocuteur est le médecin traitant, pas un test acheté sur internet. Signalez le tabac, l’alcool, les antécédents familiaux d’infarctus avant 55 ans chez un homme ou 65 ans chez une femme de la famille proche, et les médicaments déjà pris. Le pharmacien peut relire une ordonnance d’antihypertenseur ou d’antidiabétique et signaler une interaction ; il ne remplace pas le diagnostic.

L’objectif 2030 de réduction d’un tiers

La cible 3.4 des Objectifs de développement durable demande de réduire d’un tiers, entre 2015 et 2030, la probabilité de mourir entre 30 et 70 ans des quatre grandes MNT, et de promouvoir la santé mentale. Les World health statistics 2026 sont nettes. Ni le monde ni aucune région de l’OMS n’est actuellement sur la trajectoire. Le rythme 2015-2019 (0,5 % par an) n’atteint qu’environ un cinquième de ce qu’il faudrait (2,7 % par an). La région de l’Asie du Sud-Est a même vu une légère hausse de la mortalité prématurée par MNT sur cette période.

Le Progress monitor 2025 ajoute que les décès prématurés par MNT augmentent encore à l’échelle mondiale, surtout là où le revenu national reste faible ou moyen, alors que l’obésité et le diabète continuent de progresser. Plus de 100 pays ont amélioré au moins un indicateur depuis 2022, en particulier le contrôle du tabac et l’existence de guides cliniques. La surveillance des facteurs de risque, les cibles nationales et les campagnes grand public ont en revanche ralenti. Le Covid-19 a brouillé les courbes 2020-2021 ; les séries les plus solides s’arrêtent souvent en 2019 pour le risque prématuré, et en 2021 pour le volume de décès.

Rien dans ces documents n’interdit un rattrapage. Les best buys de 2024 et le traitement de l’hypertension et du diabète sont déjà chiffrés comme rentables. Ce qui manque, dans beaucoup d’États, n’est pas une molécule inconnue, c’est l’application continue de mesures déjà décrites, taxes, sel, tabac, tension mesurée et traitée, vaccins contre les papillomavirus, accès aux soins aigus.

Questions fréquentes

Les maladies non transmissibles sont-elles contagieuses ?

Non. Une maladie non transmissible ne se transmet pas d’une personne à une autre par un virus, une bactérie ou un parasite. Elle naît d’un mélange de génétique, d’environnement et de comportements. Certaines infections (papillomavirus, hépatites) peuvent toutefois favoriser un cancer, qui est ensuite classé parmi les MNT.

Peut-on vraiment prévenir un infarctus ou un accident vasculaire cérébral ?

On peut en réduire nettement le risque, sans garantir l’absence d’événement. Arrêter le tabac, traiter une hypertension, bouger et limiter le sel et l’alcool sont associés à moins d’infarctus et d’AVC dans les données de l’OMS et de la Mayo Clinic. L’âge et les antécédents familiaux restent, eux, hors de contrôle.

Faut-il un bilan sanguin même sans symptôme ?

Oui, un bilan ciblé a un sens, car l’hypertension, le cholestérol élevé et le diabète de type 2 restent longtemps silencieux. La Mayo Clinic situe un premier dépistage du diabète vers 45 ans en l’absence de facteur de risque, et des contrôles de tension dès l’âge adulte. Le rythme exact se décide avec le médecin traitant.

L’aspirine au long cours protège-t-elle le cœur de tout le monde ?

Non, pas en prévention primaire de routine. Le guide britannique NICE NG238 de 2023 déconseille d’offrir l’aspirine systématiquement pour empêcher un premier accident cardiaque, en raison du risque hémorragique. Après un infarctus ou un stent, la situation est différente et suit l’ordonnance du cardiologue.

Le diabète de type 2 est-il surtout une maladie des pays riches ?

Non. Le Progress monitor 2025 de l’OMS souligne que l’obésité et le diabète continuent d’augmenter, y compris hors des économies riches, là où surviennent 82 % des décès prématurés par MNT. Le diabète y est souvent diagnostiqué plus tard, au stade des complications rénales ou cardiaques.

Que demander au médecin traitant lors d’une visite de prévention ?

Demandez vos chiffres de tension, de cholestérol (dont le HDL et les triglycérides) et de glycémie ou d’HbA1c, et s’il existe un score de risque adapté à votre âge. Signalez le tabac, l’alcool, le tour de taille et les infarctus précoces dans la famille. Le médecin indiquera si un traitement, une aide au sevrage ou un examen complémentaire est utile.

Conclusion

Le nombre de décès par maladies non transmissibles a dépassé les 43 millions par an. Les trois quarts de ces morts, et 82 % de celles qui surviennent avant 70 ans, concernent des États classés à revenu faible ou intermédiaire. Le risque individuel de mourir trop tôt a un peu reculé depuis 2000, puis le rythme s’est cassé ; aucune région de l’OMS n’est sur la trajectoire d’une baisse d’un tiers d’ici 2030. L’obésité et le diabète continuent de monter, alors que le tabac et l’alcool reculent trop lentement.

Quatre maladies, cœur, cancers, poumons, diabète, et cinq leviers, tabac, alimentation, alcool, sédentarité, air, structurent presque tout le fardeau. Les best buys de 2024 et le guide NICE NG238 de 2023 ne promettent pas une disparition des infarctus ; ils décrivent des mesures déjà évaluées, taxes, sel, sevrage, traitement de la tension, statine discutée selon le risque, et ils écartent l’aspirine quotidienne comme réflexe universel.

Faites mesurer votre tension, votre cholestérol et votre glycémie, même si vous vous sentez bien, et parlez du tabac sans attendre une crise. Une douleur thoracique, un essoufflement brutal, un malaise ou un déficit neurologique d’un coup, appelez le 15 ou le 112. C’est le seuil où la statistique mondiale redevient une décision individuelle, dans l’heure.

Sources

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  2. New WHO estimates show changing global health landscape. World Health Organization, 2 octobre 2026.
  3. World health statistics 2026: monitoring health for the SDGs, sustainable development goals. World Health Organization, 13 mai 2026.
  4. Noncommunicable diseases progress monitor 2025. World Health Organization, 5 juin 2025.
  5. Tackling NCDs: best buys and other recommended interventions for the prevention and control of noncommunicable diseases, 2nd ed. World Health Organization, 30 avril 2024.
  6. NCD Countdown 2030 Collaborators : Benchmarking progress in non-communicable diseases: a global analysis of cause-specific mortality from 2001 to 2019. The Lancet, 20 septembre 2025.
  7. Xu J, Murphy SL, Kochanek KD et al. : Mortality in the United States, 2024. Centers for Disease Control and Prevention, janvier 2026.
  8. Heart disease – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 13 août 2024.
  9. Strategies to prevent heart disease. Mayo Clinic, 21 janvier 2026.
  10. Cardiovascular disease: risk assessment and reduction, including lipid modification. National Institute for Health and Care Excellence, mis à jour le 2 septembre 2025.
  11. Yu R, Duncombe SL et al. : Physical activity trajectories and accumulation over adulthood and their associations with all-cause and cause-specific mortality: a systematic review and meta-analysis. British Journal of Sports Medicine, 10 juillet 2025.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.