
Les pâtes ne font pas maigrir par magie, et elles ne font pas non plus grossir à elles seules. Dans des schémas alimentaires à index glycémique (IG) bas, les substituer à d’autres féculents à IG plus élevé s’est accompagné d’une perte de poids moyenne de 0,63 kg sur un suivi médian de 12 semaines, d’après une méta-analyse de Chiavaroli et coll. parue dans BMJ Open.
Ce recul reste modeste. Une revue Cochrane de 2023, plus récente et centrée sur les régimes à IG bas ou à charge glycémique basse chez des personnes en surpoids, conclut qu’ils n’apportent probablement peu ou pas de perte de poids supplémentaire par rapport à d’autres régimes. Les pâtes n’étaient donc pas un aliment minceur oublié. C’est le repas entier, et surtout l’équilibre calorique, qui pèse.
Trois repères utiles. L’OMS a, en juillet 2023, demandé que les glucides viennent surtout des céréales complètes, des légumes, des fruits et des légumineuses, avec au moins 25 g de fibres par jour chez l’adulte. L’assiette de l’École de santé publique T.H. Chan de Harvard réserve un quart du plat aux céréales peu raffinées, y compris les pâtes au blé complet. Le NHS britannique conseille de voir un médecin si votre indice de masse corporelle (IMC) correspond déjà à un surpoids ou à une obésité et que vous voulez de l’aide, ou si le tour de taille dépasse la moitié de la taille.
Les pâtes font-elles maigrir ou grossir ?
Elles n’ont pas, dans les essais disponibles, un effet engraissant propre lorsqu’elles prennent la place d’autres glucides à IG plus élevé. L’équipe de Laura Chiavaroli, à Toronto, n’a trouvé aucun essai qui teste les pâtes isolément. Elle a regroupé 32 comparaisons d’essais contrôlés randomisés, soit 2 448 adultes, presque tous autour de 50 ans et déjà en surpoids (IMC médian de départ 30,4 kg/m²). Un schéma à IG bas qui mettait en avant les pâtes a réduit le poids de 0,63 kg (intervalle de confiance à 95 %, −0,84 à −0,42) et l’IMC de 0,26 kg/m² par rapport à un schéma à IG plus haut, sans pâtes.
Le suivi médian durait 12 semaines. La masse grasse et le tour de taille n’ont pas bougé de façon nette. Sur les 11 essais où la quantité était mesurable, la médiane était de 3,33 portions par semaine, avec une perte voisine (−0,70 kg). Plusieurs auteurs ont déclaré des financements ou des dons en nature de Barilla. Ils indiquent que les commanditaires n’ont pas orienté l’analyse ; le lien d’intérêt existe et il faut le lire avec le résultat.
Lisa Sanders et Joanne Slavin ont, en 2023, passé en revue 38 études. La plupart des travaux d’observation ne trouvent pas d’association, ou une association inverse, entre consommation de pâtes et IMC, tour de taille ou risque de surpoids. Cette revue a été financée par la National Pasta Association américaine ; le texte précise que le financeur n’a ni collecté ni interprété les données. Les pâtes ne sont pas un accélérateur de kilos dans un régime globalement raisonnable. Elles ne sont pas non plus une stratégie de perte de poids à elles seules. Si vous aimez les spaghetti ou les penne, les enlever n’est pas une condition pour maigrir ; les noyer sous la crème et le fromage, si.

Pourquoi l’index glycémique des pâtes est souvent bas
L’IG classe un aliment selon la montée de glucose dans le sang après une portion contenant 50 g de glucides disponibles, par rapport au glucose ou au pain blanc. La Mayo Clinic retient, sur une échelle de 0 à 100, un IG bas de 1 à 55, un IG moyen de 56 à 69 et un IG haut à partir de 70. Les pâtes de blé dur se situent souvent dans la zone basse ou à la frontière, parce que leur structure physique ralentit la digestion de l’amidon.
Giuseppe Di Pede et ses collègues de Parme ont, en 2021, rassemblé 95 produits testés selon les règles ISO, tirés de 28 articles. Les moyennes par famille figurent ci-dessous. Dans le groupe blé raffiné, environ 60 % des valeurs restaient basses, mais 11 % étaient hautes. Un même mot, « pâtes », recouvre donc des réponses glycémiques très différentes.
| Type de produit | Nombre testé | IG moyen |
|---|---|---|
| Blé raffiné (100 %) | 35 | 55 |
| Blé complet (100 %) | 6 | 52 |
| Pâtes contenant des légumineuses | 9 | 46 |
| Pâtes contenant de l’œuf | 5 | 52 |
| Pâtes sans gluten | 11 | 60 |
| Nouilles et vermicelles | 9 | 56 |
| Pâtes farcies | 1 | 58 |
La matrice compacte formée à l’extrusion et au séchage encapsule les grains d’amidon dans le réseau de gluten du blé dur. Les enzymes y accèdent moins vite qu’à l’amidon du pain ou du riz blanc. Sanders, à partir de sept essais de repas, retrouve une réponse glycémique plus basse des pâtes que du pain, du riz blanc, de la purée ou des nouilles asiatiques dans six études sur sept. Le temps de cuisson, la forme et le mélange de farines font varier le chiffre. Le recueil ISO n’autorise pas une règle du type « trois minutes de moins au minuteur, donc IG forcément bas ».
La charge glycémique, que la Mayo Clinic distingue de l’IG, tient compte de la portion réellement mangée. Un aliment à IG moyen, servi en petite quantité, peut peser moins sur la glycémie qu’un aliment à IG bas avalé en grande assiette. C’est souvent là que le repas bascule, plus que sur le paquet lui-même.
Ce que change la revue Cochrane sur les régimes à faible IG
La méta-analyse de 2018 décrit un petit avantage pondéral des schémas à IG bas qui incluent des pâtes. La revue Cochrane mise à jour le 22 juin 2023, signée Chekima et coll., pose une question plus large. Chez des personnes en surpoids ou obèses, un régime à IG bas ou à charge glycémique basse fait-il mieux maigrir qu’un régime à IG plus haut, ou qu’un autre régime quelconque ?
La revue a retenu 10 essais (1 210 participants), d’une durée de 8 semaines à 18 mois, avec une recherche jusqu’au 25 mai 2022. Par rapport aux régimes à IG plus élevé, la différence de poids était de −0,82 kg, mais l’intervalle de confiance (−1,92 à 0,28) traverse zéro. La certitude est modérée. L’IMC et la masse grasse ne bougent guère de façon cliniquement parlante. Face à n’importe quel autre régime, le constat est le même. Miser uniquement sur l’IG n’est probablement pas le levier le plus puissant pour perdre du poids.
Les deux documents ne se contredisent pas terme à terme. Chiavaroli isole les pâtes au sein de menus à IG bas, chez des adultes souvent déjà en surpoids ou diabétiques, sur un suivi médian de trois mois. Cochrane évalue la stratégie IG chez des personnes en excès de poids, avec des essais plus hétérogènes et parfois plus longs. Le texte de 2023 invite à ne pas vendre l’IG comme une méthode minceur supérieure. Celui de 2018 rassure sur un point étroit. Mettre des pâtes dans un menu à IG bas n’a pas fait prendre du poids dans ces essais.
La Mayo Clinic, dans sa page sur le régime à IG bas mise à jour en août 2025, rappelle une limite souvent oubliée. L’IG ne dit rien de la densité calorique, du sel, des graisses saturées ni des micronutriments. Le lait entier a un IG bas et beaucoup de calories. Un fruit à IG moyen peut rester un bon choix. L’outil sert de boussole parmi d’autres, pas de loi unique.
Pâtes blanches, complètes ou aux légumineuses
Les pâtes complètes ne sont pas un ticket automatique pour maigrir, mais elles collent mieux aux recommandations sur la qualité des glucides. La Mayo Clinic, s’appuyant sur les Dietary Guidelines for Americans 2020-2025, demande qu’au moins la moitié des céréales soient complètes. Le son et le germe apportent fibres, vitamines du groupe B et magnésium. Les fibres allongent la satiété et aident à se sentir rassasié avec moins de calories.
Di Pede montre pourtant que l’IG moyen du blé complet (52) n’est que de trois points sous celui du blé raffiné (55), sur un échantillon petit. L’avantage des complètes tient surtout aux fibres et aux micronutriments, pas à un gouffre d’IG. Les pâtes aux lentilles, pois chiches ou autres légumineuses avaient, dans le recueil de 2021, l’IG moyen le plus bas (46). Elles ajoutent des protéines végétales. Elles ne remplacent pas un plat de légumes. Les pâtes sans gluten, souvent à base de riz ou de maïs, avaient un IG moyen de 60. En l’absence de maladie cœliaque ou d’allergie au blé, les choisir « pour la ligne » n’a pas d’appui dans ces chiffres.
Quelques repères de choix, tous vérifiables sur l’étiquette.
- Un produit « complet » commence sa liste d’ingrédients par une farine ou une semoule complète, pas par un colorant.
- Les pâtes aux légumineuses restent un féculent. Elles ne dispensent pas de compter la portion si l’objectif est un déficit calorique.
- Les pâtes à l’œuf avaient un IG moyen de 52 dans Di Pede, grâce aux protéines et aux lipides de l’œuf, pas à un effet minceur.
Le médecin ou le pharmacien pourra préciser, en France, comment ces produits s’insèrent dans vos besoins (diabète, maladie cœliaque, insuffisance rénale). Les textes américains et britanniques ne remplacent pas la pratique locale.
Quelle quantité de pâtes dans l’assiette
La portion compte davantage que le type de blé. La Mayo Clinic range les féculents parmi les aliments à densité énergétique plus élevée que les légumes. Elle conseille les versions complètes et, en même temps, de surveiller la taille de l’assiette. L’assiette de Harvard, revue en janvier 2023, donne une image simple. Moitié légumes et fruits (hors pommes de terre), un quart de céréales peu raffinées, un quart de protéines (poisson, volaille, légumineuses, noix). Les pâtes au blé complet y figurent dans le quart céréales, pas dans les trois quarts restants.
L’essai italien d’Alice Rosi et de l’université de Parme, publié en 2020, a utilisé des portions de 80 g de pâtes sèches, cinq fois ou plus par semaine dans le groupe « hautes pâtes », trois fois ou moins dans le groupe « basses pâtes », au sein d’un régime méditerranéen hypocalorique. Les deux groupes ont perdu du poids. Ce n’est pas une norme française officielle. C’est un ordre de grandeur d’essai, utile pour caler une balance de cuisine plutôt qu’un bol à vue.
Les besoins en glucides varient avec l’âge, l’activité et les maladies associées. D’après la page Mayo Clinic de janvier 2025, la recherche nutritionnelle retient un plancher d’environ 130 g de glucides par jour pour les besoins de base, tandis que les Dietary Guidelines américaines situent les glucides entre 45 % et 65 % de l’énergie totale. Pour 2 000 kcal, cela fait 225 à 325 g de glucides par jour, pâtes comprises avec le pain, les fruits, les légumineuses et les laitages. Ces fourchettes restent américaines et ne s’imposent pas en France ; votre médecin les recoupera avec la pratique locale.
Une assiette réaliste, si vous cherchez à maigrir, ressemble souvent à ceci.
- Vous pesez les pâtes crues une ou deux fois, pour calibrer l’œil, plutôt que de remplir le plat jusqu’au bord.
- Vous doublez le volume de légumes (sauce tomate, courgettes, brocoli, épinards) par rapport au tas de pâtes.
- Vous ajoutez une source de protéines (thon au naturel, poulet grillé, pois chiches) pour tenir jusqu’au repas suivant.
Le piège n’est pas le brin de spaghetti. C’est l’huile, le beurre et le fromage qui l’accompagnent, et le volume servi. La Mayo Clinic le dit autrement. Les féculents rassasient, encore faut-il ne pas les servir comme plat unique.
Sauces, fromage et calories autour des pâtes
Le condiment décide souvent du bilan énergétique. Un filet d’huile d’olive, de l’ail, des tomates et des herbes restent dans la logique méditerranéenne. Une crème entière, du lard et une montagne de fromage à pâte pressée transforment le plat en aliment très dense en calories. La Mayo Clinic, dans sa page sur la densité énergétique (janvier 2024), donne un exemple concret. Une noix de beurre approche les calories de deux tasses de brocoli cru. Elle suggère aussi de napper les pâtes de légumes sautés plutôt que d’une sauce viande-fromage.
Les fibres et l’eau des légumes abaissent la densité calorique du repas sans vider l’assiette. Vous mangez un plus grand volume pour moins de kilocalories, ce qui aide la satiété. Les pâtes complètes aident un peu de ce côté. Elles ne compensent pas une sauce à plusieurs centaines de kilocalories.
Le sel et les sucres ajoutés des sauces industrielles pèsent aussi. Les Dietary Guidelines américaines, citées par Mayo, demandent de rester sous 10 % de l’énergie sous forme de sucres ajoutés. Une sauce tomate sucrée, un pesto très huileux ou un gratin nappé de chapelure au beurre font sortir le plat de la zone « féculent simple ». Lire la liste d’ingrédients évite de croire que le mot « tomate » garantit un plat léger.
Rien n’interdit un plat plus riche de temps en temps. L’enjeu, si l’objectif est de perdre du poids, est la fréquence et la taille. Un carbonara le dimanche dans une semaine autrement centrée sur les légumes n’a pas le même effet qu’un plat crémeux cinq soirs de suite. Les essais sur les pâtes n’ont jamais testé ce scénario comme une « dose » de pâtes. Ils ont testé des menus globaux.
Régime méditerranéen et pâtes plusieurs fois par semaine
Manger des pâtes souvent n’a pas empêché de maigrir dans un régime méditerranéen à calories réduites. Quarante-neuf volontaires en situation d’obésité ont terminé l’essai quasi expérimental de Rosi et coll. (université de Parme, 2020). Le groupe « hautes pâtes » en consommait au moins cinq fois par semaine, le groupe « basses pâtes » trois fois ou moins. Les deux suivaient un menu méditerranéen hypocalorique pendant six mois. La perte de poids a été de −10 % (±
dans le premier groupe et de −7 % (± 4) dans le second. La différence entre groupes n’était pas significative. Les tours de taille, la composition corporelle, le glucose et les lipides se sont améliorés des deux côtés. À 12 mois, le poids restait voisin.
L’étude reste quasi expérimentale, sans tirage au sort, et de petite taille. L’affectation se faisait selon les habitudes de départ, 49 personnes seulement ont fini le protocole, et les auteurs ne disent pas que « plus de pâtes égale plus de perte ». Elle dit autre chose, plus utile au quotidien. Dans un déficit calorique méditerranéen, monter ou baisser la fréquence des pâtes n’a pas fait la différence statistique.
Sanders et Slavin relient ce résultat aux données d’observation. Les schémas riches en pâtes le sont souvent aussi en légumes, fruits, poisson et huile d’olive. Quand un schéma « pâtes et viande » s’accompagne de charcuterie et de graisses saturées, l’association avec l’IMC peut s’inverser. Le plat mixte (macaroni au fromage, lasagnes très grasses) n’est pas le même aliment que des spaghetti à la tomate et aux légumes. Si votre cuisine familiale est déjà méditerranéenne, garder les pâtes plusieurs fois par semaine est compatible avec une perte de poids, à condition que l’énergie totale descende et que les légumes restent majoritaires. Garder cette fréquence n’autorise pas pour autant à doubler les portions.
Glucides de qualité dans la ligne directrice OMS de 2023
L’OMS a publié le 17 juillet 2023 une mise à jour sur les glucides qui déplace le débat. Elle ne fixe plus un pourcentage unique de glucides dans l’énergie. Elle insiste sur la qualité. Pour toute personne de 2 ans et plus, les glucides devraient venir surtout des céréales complètes, des légumes, des fruits et des légumineuses. Chez l’adulte, la recommandation forte est d’au moins 400 g de légumes et fruits par jour et d’au moins 25 g de fibres naturellement présentes dans les aliments.
Ces fibres-là ne sont pas un complément en gélules. Elles arrivent avec le son, les légumes, les fruits et les légumineuses. Des pâtes blanches quotidiennement, sans légumes ni fruits, ne remplissent pas cette ligne. Des pâtes complètes, dans une assiette déjà chargée de légumes, s’en rapprochent. L’OMS rappelle aussi qu’un intervalle large d’énergie glucidique (autour de 40 à 70 %) reste compatible avec une alimentation saine, d’après une méta-analyse de 2018 sur la mortalité. Cela n’autorise ni un régime « zéro pâtes », ni un régime « 70 % de spaghetti ».
La Mayo Clinic, en janvier 2025, situe le besoin minimal vers 130 g de glucides par jour et l’intervalle américain 45-65 % de l’énergie. Les deux institutions parlent de pays et de méthodes différentes. Aucune des deux n’écrit que les pâtes de blé dur sont interdites. Toutes les deux poussent vers les céréales peu raffinées, les fibres et les végétaux. En France, votre médecin traitant ou un diététicien-nutritionniste adaptera les grammes à votre diabète, votre activité, vos traitements et vos goûts. L’idée transposable est claire. La qualité de l’amidon et le cortège de fibres comptent plus que la diabolisation d’un aliment.
Pâtes, satiété et diabète de type 2
Les pâtes rassasient de façon comparable à d’autres féculents dans la plupart des essais de repas uniques recensés par Sanders. Les hormones de satiété (GLP-1, PYY) ne se distinguent pas nettement. Un essai a vu un taux de ghréline plus bas après des pâtes qu’après pommes de terre ou riz, mais les quantités n’étaient pas égalisées. Quand on sert le même volume, la pomme de terre, moins calorique au gramme, peut même donner un repas moins énergétique. Attendre des pâtes un effet coupe-faim supérieur au riz ou à la pomme de terre n’est donc pas étayé.
Chez les personnes qui vivent avec un diabète, Chiavaroli n’a pas vu d’effet différent sur le poids. Environ 31 % des comparaisons concernaient des adultes diabétiques, 66 % des personnes en surpoids ou obèses. L’IG bas reste un outil de choix des glucides dans plusieurs recommandations de diabétologie, parce qu’il peut aplanir les pics de glycémie. La Mayo Clinic note que les études sur l’IG montrent des résultats variables, avec des pistes sur le poids, la pression, le cholestérol et le suivi du diabète, souvent liées aussi à la richesse en fibres des menus testés.
Si vous avez un diabète de type 2, les pâtes ne sont pas interdites par ces textes. La portion, la cuisson, les légumes du plat et le traitement (insuline, sulfamides) se règlent avec l’équipe soignante. Un plat très copieux peut encore faire monter la glycémie, IG bas ou pas, parce que la quantité de glucose absorbé n’est pas nulle. Les personnes sans diabète n’ont pas à « manger comme un diabétique » pour maigrir. Cochrane 2023 le rappelle à sa façon. L’IG n’a pas fait mieux que d’autres régimes sur la balance. Les fibres, les légumes et le déficit calorique restent le trio le plus solide.
Surpoids et pâtes, quand consulter un médecin
Changer l’assiette de pâtes ne remplace pas un avis médical si le poids s’accompagne déjà de risques. Le NHS décrit, pour les adultes, un IMC de 25 à 29,9 comme un surpoids et un IMC de 30 ou plus comme une obésité (seuils plus bas pour certaines origines asiatiques, moyen-orientales ou afro-caribéennes). Il propose aussi de garder le tour de taille inférieur à la moitié de la taille. Perdre 5 à 10 % du poids peut déjà améliorer la santé. Un rythme de 0,5 à 1 kg par semaine est présenté comme un objectif raisonnable.
Le NHS recommande de consulter un médecin généraliste si votre IMC est dans la zone surpoids ou obésité et que l’une des situations suivantes est vraie.
- Vous voulez de l’aide pour perdre du poids, ou votre tour de taille dépasse la moitié de votre taille.
- Vous avez un prédiabète, un diabète, une hypertension, des douleurs articulaires, un cholestérol élevé, une apnée du sommeil ou une maladie cardiovasculaire.
- Il existe des obésités dans votre famille, ou vous pensez avoir un trouble du comportement alimentaire, notamment des crises d’hyperphagie.
Ces seuils viennent du système britannique. En France, c’est votre médecin traitant qui pose le diagnostic, prescrit éventuellement un bilan (glycémie, lipides, thyroïde) et oriente vers un diététicien, un programme d’éducation ou, si besoin, un recours spécialisé. Les médicaments et la chirurgie de l’obésité ont des critères précis ; ils ne se décident pas sur un article. En cas de malaise brutal, de douleur thoracique ou de détresse respiratoire, le 15 ou le 112 restent les numéros d’urgence.
Les pâtes n’ont pas de dose toxique dans ces pages. Le signal d’alarme, c’est le poids qui s’accompagne de maladies, la perte de contrôle sur les prises alimentaires, ou l’envie d’un régime très restrictif sans accompagnement. Un menu qui garde des pâtes, des légumes et un déficit modéré est plus tenable, et plus proche des essais, qu’une éviction totale suivie de rechutes.
Questions fréquentes
Faut-il arrêter les pâtes pour maigrir ?
Non. Aucun essai n’a montré qu’il faille les supprimer pour perdre du poids. Dans la méta-analyse de 2018, les pâtes au sein de menus à IG bas n’ont pas fait prendre de kilos. Dans l’essai méditerranéen de 2020, les participants qui en mangeaient au moins cinq fois par semaine ont perdu du poids autant que ceux qui en mangeaient moins, dès lors que les calories baissaient.
Les pâtes complètes font-elles plus maigrir que les blanches ?
Pas de façon démontrée par un écart d’IG. L’IG moyen n’était que de 52 contre 55 dans le recueil de Di Pede. Les complètes apportent davantage de fibres et de micronutriments, ce que l’OMS (2023) et la Mayo Clinic mettent en avant pour la satiété et la qualité globale du régime. C’est cet ensemble, pas un brûle-graisse, qui peut aider.
Peut-on manger des pâtes tous les jours en cherchant à maigrir ?
Oui, si le reste du menu crée un déficit et que les légumes restent visibles. L’essai de Rosi utilisait au moins cinq portions de 80 g de pâtes sèches par semaine dans un régime hypocalorique, sans handicap sur la balance. Tous les jours, à grandes assiettes nappées de fromage, n’est pas le scénario testé.
Les pâtes le soir font-elles plus grossir ?
Aucun des documents cités ici n’attribue aux pâtes du dîner un effet engraissant particulier. Le poids dépend de l’énergie sur la journée et la semaine, pas de l’heure du féculent. Si le dîner est le seul repas copieux, le problème vient du volume et de la sauce, pas de l’horloge.
Les pâtes sans gluten aident-elles à perdre du poids ?
Rien ne le montre si vous n’avez pas de maladie cœliaque. Leur IG moyen (60) était plus élevé que celui des pâtes de blé dur (55) dans Di Pede. Elles restent utiles en cas d’intolérance au gluten, pas comme stratégie minceur.
Quelle sauce choisir avec des pâtes si l’on veut maigrir ?
Une base tomate, légumes et un peu d’huile d’olive reste plus légère qu’une crème, un fromage fondu ou une viande grasse en grande quantité. La Mayo Clinic propose d’ailleurs de remplacer la sauce viande-fromage par des légumes sautés. Le fromage n’est pas interdit. C’est la dose qui change le compteur.
Conclusion
Les pâtes de blé dur, surtout cuites et servies avec des légumes, n’ont pas le profil d’un aliment qui ferait échouer une perte de poids. La méta-analyse de Chiavaroli et coll. a même mesuré un petit recul pondéral lorsqu’elles s’inscrivaient dans un menu à IG bas, pendant une médiane de 12 semaines. La revue Cochrane de 2023 empêche d’en faire une méthode. L’IG, à lui seul, n’a probablement pas d’avantage minceur face à d’autres régimes. L’OMS, la même année, a déplacé l’accent vers les fibres, les céréales complètes et les 400 g de végétaux.
Le geste le plus utile, cette semaine, n’est pas de jeter le paquet. C’est de peser une fois la portion crue, de remplir la moitié de l’assiette avec des légumes, et de noter ce que la sauce ajoute. Si votre IMC est déjà élevé, si un diabète, une hypertension ou des crises alimentaires sont là, prenez rendez-vous avec votre médecin traitant. Il pourra faire le point sur les examens utiles et, au besoin, vous orienter vers un diététicien. Les pâtes resteront alors un féculent parmi d’autres, à caler, pas à craindre.
Sources
- Chiavaroli L, Kendall CWC et al. : Effect of pasta in the context of low-glycaemic index dietary patterns on body weight and markers of adiposity: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials in adults. BMJ Open, 2 avril 2018.
- Chekima K, Yan SW et al. : Low glycaemic index or low glycaemic load diets for people with overweight or obesity. Cochrane Database of Systematic Reviews, 22 juin 2023.
- Sanders LM, Slavin J : Impact of Pasta Intake on Body Weight and Body Composition: A Technical Review. Nutrients, 9 juin 2023.
- Di Pede G, Dodi R et al. : Glycemic Index Values of Pasta Products: An Overview. Foods, 22 octobre 2021.
- Rosi A, Tesan M et al. : Body weight of individuals with obesity decreases after a 6-month high pasta or low pasta Mediterranean diet weight-loss intervention. Nutrition, Metabolism and Cardiovascular Diseases, 9 juin 2020.
- WHO updates guidelines on fats and carbohydrates. World Health Organization, 17 juillet 2023.
- Low-glycemic index diet: What’s behind the claims?. Mayo Clinic, 19 août 2025.
- Carbohydrates: How carbs fit into a healthy diet. Mayo Clinic, 24 janvier 2025.
- Whole grains: Hearty options for a healthy diet. Mayo Clinic, 19 août 2025.
- Weight loss: Feel full on fewer calories. Mayo Clinic, 12 janvier 2024.
- Overweight and obesity in adults. National Health Service, mis à jour en 2026.
- Healthy Eating Plate. Harvard T.H. Chan School of Public Health, janvier 2023.
