
Les rayons ultraviolets du soleil pourraient inactiver le virus varicelle-zona à la surface des vésicules, ce qui aiderait à comprendre une contagion plus faible sous les tropiques. Cette lecture reste une hypothèse. Le Pink Book des CDC indique que les raisons de l’écart d’âge entre climats tropicaux et tempérés ne sont pas établies avec certitude.
L’enjeu dépasse une curiosité de virologie. La note de l’OMS de novembre 2025, appuyée sur la charge mondiale de 2019, retient environ 84 millions de cas et 14 553 décès. Un bain de soleil n’est pas un geste de prévention.
Dans les pays tempérés, le pic tombe en hiver et au début du printemps, quand les UV sont au plus bas. Au foyer, 61 % à 100 % des contacts non immuns peuvent être infectés. Deux doses de vaccin évitent environ 90 % des varicelles selon les CDC. Une fièvre au-dessus de 38,9 °C, ou qui dure plus de quatre jours, justifie un avis médical.
Ce que l’hypothèse des UV explique, et ce qu’elle n’a pas prouvé
Les UV du soleil n’ont pas été validés comme un traitement, ni comme un moyen fiable d’arrêter une épidémie familiale. En 2011, le virologue Philip S. Rice a proposé, dans Virology Journal, que le rayonnement ultraviolet inactive le virus dans les vésicules, avant ou après leur rupture. Cette inactivation réduirait la quantité de virus disponible pour contaminer une autre personne.
Rice a relu une compilation d’enquêtes de séroprévalence. La part d’enfants porteurs d’anticorps augmentait avec la latitude, avec un coefficient de détermination d’environ 0,5. Température, pluie, densité de population et fraction d’ensoleillement n’offraient pas, dans ses graphiques, une corrélation aussi cohérente. Dans les zones tempérées, le rayonnement UV d’été peut être 10 à 25 fois plus élevé qu’en hiver. Sous les tropiques, l’écart saisonnier n’est que d’un facteur d’environ deux.
L’article de 2011 dit aussi ce qui manque. L’effet des UV sur l’infectiosité du virus varicelle-zona n’avait alors jamais été mesuré en culture. Rice proposait un test simple, par plages de lyse ou par PCR, qui n’est pas devenu une recommandation de santé publique. Les CDC, dans le chapitre varicelle du Pink Book mis à jour en 2024, écrivent que les causes de la différence d’âge entre tropiques et zones tempérées restent incertaines. L’OMS, dans sa note de 2025, évoque plutôt les fluctuations d’humidité pour les schémas tropicaux.
Un bain de soleil sur des boutons n’est donc pas la traduction clinique de cette littérature. L’hypothèse concerne des populations, des saisons et des lignées virales, pas le jardin d’un enfant malade. Le virus circule aussi par l’air, dès la veille ou l’avant-veille de l’éruption, avant même que la peau ne reçoive de lumière.
Comment le virus passe d’une personne à l’autre
Le virus se transmet d’une personne à l’autre, surtout à partir des lésions cutanées, et aussi par l’inhalation d’aérosols. Les CDC considèrent la peau comme la source principale de virus transmissible. Le contact avec le liquide des vésicules, l’inhalation de particules issues de ces lésions et, de façon possible, des sécrétions respiratoires suffisent. Une personne non immune développe une varicelle, jamais un zona, après ce type de contact.
La contagiosité commence 1 à 2 jours avant l’éruption et dure jusqu’à ce que toutes les lésions soient croûteuses. Le virus n’a pas été isolé des croûtes. Chez une personne vaccinée, les lésions peuvent rester de simples papules sans croûte. Dans ce cas, les CDC recommandent d’éviter les contacts jusqu’à 24 heures sans nouvelle lésion. Au Royaume-Uni, le NHS demande de rester à l’écart de l’école ou du travail jusqu’à ce que toutes les taches aient formé une croûte, en pratique souvent cinq jours après leur apparition.
Au sein d’un foyer, le taux d’attaque secondaire chez les personnes non immunes se situe entre 61 % et 100 %. Les CDC retiennent qu’environ 90 % des contacts étroits susceptibles développent la maladie. Un zona transmet le même virus, mais beaucoup moins. Une étude de foyer citée par les CDC évalue ce risque à environ 20 % de celui d’une varicelle, soit à peu près cinq fois moins, chiffre que l’OMS reprend aussi.
Quelques points concrets aident à limiter la circulation du virus à la maison.
- Une personne contagieuse reste à l’écart des nouveau-nés, des femmes enceintes non immunes et des personnes immunodéprimées jusqu’à la formation des croûtes.
- Les lésions ouvertes se couvrent d’un pansement propre, et les mains se lavent après tout contact avec le liquide des vésicules.
- Les objets souillés par ce liquide se nettoient, même si le virus survit peu de temps hors de l’organisme.
- Un contact avec un zona peut donner la varicelle à une personne qui n’a jamais eu la maladie et n’est pas vaccinée.
L’incubation dure en moyenne 14 à 16 jours, dans une fourchette de 10 à 21 jours. Mayo Clinic décrit une éruption qui commence souvent au visage, au cuir chevelu, au thorax et au dos, puis s’étend. Chez l’enfant en bonne santé, le Pink Book retient habituellement 250 à 500 lésions, par vagues successives.
Pourquoi la varicelle arrive plus tard sous les tropiques
Dans les climats tempérés, sans programme de vaccination, la plupart des enfants sont infectés avant 10 ans. Plus de 90 % des personnes ont rencontré le virus avant l’adolescence, et moins de 5 % des adultes restent susceptibles. Sous les tropiques, l’infection survient plus tard. Une fraction plus élevée d’adultes n’a jamais eu la maladie, avec un risque de formes plus graves.
Rice citait, en 2011, 30 % à 50 % d’adultes susceptibles dans certains pays tropicaux, contre 5 % à 10 % dans les zones tempérées. L’OMS confirme en 2025 que la séroprévalence adulte est quasi uniformément plus basse sous les tropiques. Des soignants nés dans ces régions peuvent donc arriver dans un hôpital tempéré encore réceptifs, et y déclencher des foyers.
La chaleur, l’humidité, la densité des foyers, la fréquentation des crèches et l’interférence avec d’autres virus ont longtemps servi d’explications. Rice a écarté plusieurs de ces variables au profit des UV, parce que l’écart tropical-tempéré du rayonnement ultraviolet est le plus marqué. Les CDC, eux, refusent de trancher. L’OMS ajoute que les variations d’humidité dans l’espace et dans le temps peuvent aussi modeler les épidémies tropicales, par exemple en Colombie.
Le paradoxe indien et sri-lankais a une lecture climatique. Le pic y tombe pendant la saison chaude et sèche, en apparence très ensoleillée. Rice rappelle que la brume de pollution indo-asiatique, de décembre à avril, réduit les UV au sol. Quand la mousson lessive l’atmosphère, les UV remontent et les cas chutent. Des flambées africaines se sont aussi arrêtées à l’arrivée des pluies. Ces corrélations restent écologiques. Elles ne prouvent pas qu’un après-midi au soleil inactive le virus d’un enfant. Hors des cellules, l’OMS indique que le virus, thermolabile, ne survit que quelques heures, parfois un à deux jours.
Pourquoi les cas montent en hiver et au printemps
Dans les régions tempérées, la varicelle a un rythme saisonnier net, avec un maximum en hiver et au début du printemps. Ce n’est pas la saison où le soleil est le plus fort. C’est celle où le rayonnement UV est le plus faible, où l’on vit davantage à l’intérieur, et où les enfants se retrouvent en classe.
Rice voyait dans le saut de 10 à 25 fois du rayonnement UV entre hiver et été une explication possible de cette saisonnalité. Les salles de classe, les transports et les logements filtrent la lumière. Le virus, s’il est surtout porté par les lésions, y circule à l’abri. Sous les tropiques, l’amplitude annuelle des UV est trop étroite pour produire le même pic hivernal. Les CDC notent d’ailleurs une saisonnalité moins marquée dans ces régions.
Aux États-Unis, une couverture vaccinale élevée a fait disparaître ce rythme saisonnier visible. Ce détail compte. Si le soleil suffisait à éteindre la varicelle chaque été, la vaccination n’aurait pas ce pouvoir de lisser le calendrier. Le recul d’environ 97 % des cas aux États-Unis s’explique par l’immunité de la population, pas par une modification du climat. Des épidémies plus larges reviennent souvent tous les 2 à 5 ans sans vaccination large, le temps qu’une nouvelle cohorte d’enfants susceptibles s’accumule, rappelle l’OMS. Le médecin traitant saura dire si un cas scolaire justifie d’informer les familles vulnérables.
Lignées tropicales, lignées tempérées et lumière solaire
Le virus n’est pas identique partout. Il n’existe qu’un sérotype, mais plusieurs lignées génétiques, souvent appelées clades, se répartissent selon les régions. Rice a proposé que les lignées tropicales résistent mieux aux UV, et que les lignées tempérées y soient plus sensibles. En 2021, dans une lettre au Journal of Infectious Diseases, il a défendu cette lecture contre l’idée que la chaleur seule aurait sélectionné le clade 5 africain.
L’argument s’appuie sur une grande flambée en Guinée-Bissau. Sur 400 cas génotypés, 394 appartenaient au clade 5, dominant sous les tropiques. Six cas relevaient du clade 1, plus typique d’Europe. Ils venaient de deux enfants de retour du continent européen, qui n’ont infecté que des proches à l’intérieur de leur maison, sans extension dans le quartier. Une famille du Congo avait déjà illustré le même schéma avec un clade 3 européen, là encore sans circulation communautaire.
La différence la plus nette entre l’intérieur d’un logement et la rue, écrit Rice, c’est l’exclusion des UV. Des lignées tempérées apparaissent pourtant dans certains tropiques, à Mexico, au Brésil ou en Australie, là où pollution, canopée, humidité ou ombrage scolaire réduisent le rayonnement. Ces faisceaux n’invitent pas à exposer un enfant pour « choisir » une lignée. Rice a aussi suggéré qu’une lignée tempérée, plus sensible aux UV, aurait pu gagner en échange une réactivation plus facile en zona. Cette partie reste spéculative et ne change rien au vaccin actuel, dérivé de la souche Oka isolée au Japon dans les années 1970.
Faut-il exposer un enfant au soleil pendant la varicelle ?
Non. Exposer un enfant malade au soleil n’est pas une méthode pour arrêter la contagion, et cela peut aggraver l’inconfort cutané. L’hypothèse de Rice porte sur le rayonnement ambiant à l’échelle d’un pays, pas sur une séance d’UV thérapeutique. MedlinePlus conseille d’éviter une chaleur et une humidité prolongées pendant la maladie. La chaleur augmente le prurit, donc le grattage, donc le risque de surinfection.
Les lésions de varicelle sont déjà une peau inflammatoire. Un coup de soleil ajoute une brûlure sur cette peau, retarde la cicatrisation et peut laisser des taches. Le virus, de toute façon, a commencé à se transmettre un à deux jours avant l’éruption, souvent à l’intérieur. Un après-midi en terrasse ne rattrape pas cette fenêtre. Les « parties varicelle » destinées à infecter volontairement un enfant sont d’ailleurs déconseillées par les CDC, parce que l’on ne peut pas prévoir la gravité.
Si une sortie s’impose, l’objectif est de protéger la peau, pas de l’irradier.
- On privilégie l’ombre, des vêtements amples et un chapeau, plutôt qu’un bain de soleil sur les vésicules.
- On évite plage et piscine tant que toutes les lésions ne sont pas croûteuses, pour limiter la macération et les contacts.
- On coupe les ongles et l’on empêche le grattage, car les cicatrices viennent surtout des lésions surinfectées.
- On hydrate la peau après un bain tiède, sans frotter, et l’on garde la chambre plutôt fraîche.
Le médecin pourra dire quand la vie collective reprend. Tant que des vésicules intactes persistent, le risque pour un nouveau-né, une femme enceinte non immune ou une personne sous immunosuppresseurs reste le vrai enjeu, pas le bronzage.
Zona et UV, deux effets qu’il ne faut pas confondre
Un rayonnement qui, en théorie, affaiblit le virus sur une vésicule de varicelle n’est pas un allié contre le zona. Après la primo-infection, le virus dort dans les ganglions nerveux. Il peut se réveiller des années plus tard en bande douloureuse. Aux États-Unis, les CDC estiment qu’environ une personne sur trois aura un zona au cours de sa vie, et qu’environ 10 % à 18 % des cas se compliquent d’une douleur prolongée, la névralgie post-zostérienne.
L’âge et la baisse de l’immunité cellulaire restent les moteurs principaux. Une cohorte publiée en 2020 dans Mayo Clinic Proceedings a pourtant observé un lien inverse de celui qu’on attendrait si les UV « aidaient » toujours. Chez les hommes, le cinquième d’exposition ambiante le plus élevé s’associait à un risque de zona accru de 14 % par rapport au plus bas. Chez les femmes, l’UV ambiant n’était pas associé au risque. En revanche, un passé d’au moins dix coups de soleil graves s’associait à une hausse modeste du risque dans les trois cohortes. Les auteurs évoquent une immunosuppression induite par un excès de soleil.
Ces chiffres ne font pas du parasol un vaccin contre le zona. Ils interdisent le raccourci « UV = moins de virus varicelle-zona ». Le même rayonnement peut, selon le moment de la vie du virus, inactiver des particules à la surface de la peau ou affaiblir localement les défenses qui le maintiennent endormi. Pour le zona, le geste utile reste d’en parler au médecin, surtout après 50 ans ou en cas d’immunodépression, afin de voir si une vaccination contre le zona est indiquée dans votre situation.
Une personne atteinte de zona peut transmettre le virus à quelqu’un qui n’est pas immunisé. Cette personne fera une varicelle, pas un zona. Couvrir les lésions et se laver les mains réduit ce risque, déjà plus faible que celui d’une varicelle floride.
Le vaccin reste le moyen de prévention mesuré
Là où un effet solaire reste une hypothèse, l’effet du vaccin est mesuré. Les CDC recommandent deux doses pour les enfants, les adolescents et les adultes sans preuve d’immunité, la première entre 12 et 15 mois, la seconde entre 4 et 6 ans. Deux doses évitent environ 90 % des varicelles. Depuis le programme américain, les cas ont reculé d’environ 97 %. Chez les moins de 50 ans, les hospitalisations ont baissé de 94 % et les décès de 97 %, d’après le bilan des 25 premières années publié par les CDC.
L’OMS a remplacé en novembre 2025 sa note de juin 2014. Elle recommande d’utiliser les vaccins contre la varicelle chez l’enfant dans les populations où la maladie est un problème de santé publique, avec un schéma à deux doses pour une prévention efficace. La première dose peut être donnée dès 9 mois. Un schéma à une dose peut réduire les formes graves, mais il laisse davantage circuler le virus. Les pays qui introduisent le vaccin doivent viser une couverture élevée, parce qu’une couverture seulement moyenne pourrait, en théorie, décaler l’infection vers l’adolescence et l’âge adulte.
Le Royaume-Uni a fait un choix récent. Le NHS indique que les enfants se voient proposer le vaccin combiné rougeole-oreillons-rubéole-varicelle (RORV), en deux doses à 12 et 18 mois. Ce calendrier britannique n’est pas, par lui-même, le calendrier français. En France, c’est le médecin traitant ou le pharmacien qui indiquera si le vaccin est proposé, à qui, et selon quelles règles locales.
Après un contact à risque, les CDC conseillent, pour une personne éligible et non immune, de vacciner de préférence dans les 3 à 5 jours. Cela peut éviter la maladie ou l’atténuer. Au-delà de cinq jours, la dose reste utile pour l’avenir. Des antiviraux existent pour les personnes à risque de forme grave. Ils agissent surtout s’ils sont commencés dans les 24 heures après l’éruption, d’après les CDC. Ni ces médicaments ni le soleil ne remplacent un schéma vaccinal discuté avec un professionnel.
Signes qui justifient un avis médical
Chez l’enfant en bonne santé, la varicelle est souvent bénigne et passe en une à deux semaines. Certains profils et certains signes changent la donne. Les CDC demandent d’appeler un médecin en cas d’exposition ou de symptômes chez un nourrisson de moins d’un an, une personne de plus de 12 ans, une femme enceinte ou une personne immunodéprimée. Les complications les plus fréquentes sont les surinfections cutanées bactériennes chez l’enfant et la pneumonie chez l’adulte.
Le Pink Book chiffre, à l’ère prévaccinale, une encéphalite pour 50 000 varicelles chez l’enfant non vacciné, et une ataxie cérébelleuse pour 4 000. La varicelle de la mère entre cinq jours avant et deux jours après l’accouchement peut entraîner une infection néonatale fulminante, avec une létalité allant jusqu’à 30 % en l’absence d’antiviraux. Un syndrome de varicelle congénitale (cicatrices, anomalies des membres, du cerveau ou des yeux, petit poids) survient chez moins de 2 % des fœtus exposés au premier semestre selon les CDC, et chez 0,4 % à 2 % des infections maternelles des 20 premières semaines selon l’OMS.
| Signe | Conduite | D’après |
|---|---|---|
| Fièvre au-dessus de 38,9 °C ou qui dure plus de 4 jours | Appeler le médecin traitant le jour même | CDC, 2024 |
| Peau très rouge, chaude, douloureuse ou qui laisse échapper du pus | Consulter sans délai, possible surinfection bactérienne | CDC, 2024 |
| Gêne à respirer, toux intense, confusion, raideur de nuque, vomissements répétés | Appeler le 15 ou le 112 | CDC, 2024 |
| Éruption dans un œil, ou taches qui saignent | Contacter le médecin, parfois les urgences | CDC et Mayo Clinic |
| Nourrisson, grossesse, adulte, immunodépression, ou contact à risque dans ces groupes | Demander un avis dès l’exposition ou dès les premiers boutons | CDC, 2024 |
Avant de vous déplacer, prévenez le secrétariat que vous suspectez une varicelle, pour éviter la salle d’attente. Le diagnostic est souvent clinique. Un test PCR sur le liquide d’une vésicule peut confirmer les cas atypiques. N’attendez pas qu’un « soleil du week-end » décide à votre place si un nourrisson ou une femme enceinte du foyer doit être protégé.
Soulager les boutons sans médicament à risque
Le traitement d’une varicelle simple vise le confort et la peau, pas la stérilisation du virus par la lumière. Les CDC proposent un bain frais avec du bicarbonate ou de l’avoine colloïdale, et de la lotion à la calamine sur les boutons. MedlinePlus ajoute un bain à l’amidon ou à l’avoine, puis un hydratant après rinçage. Le NHS conseille de couper les ongles et de glisser des chaussettes sur les mains de l’enfant la nuit. Le paracétamol peut soulager une fièvre modérée.
Deux médicaments sont à écarter sauf avis contraire du médecin. L’aspirine, chez l’enfant et l’adolescent, est liée au syndrome de Reye, atteinte grave du foie et du cerveau. L’ibuprofène est associé, dans plusieurs observations, à des surinfections cutanées bactériennes potentiellement graves. L’American Academy of Pediatrics, citée par les CDC, recommande de l’éviter autant que possible. Le NHS britannique dit la même chose, et réserve l’ibuprofène à un avis médical. En France, demandez au pharmacien ou au médecin ce qui convient à l’âge et au poids de l’enfant.
D’autres précautions réduisent les cicatrices et la fatigue.
- On évite de gratter, car la plupart des marques durables viennent d’une lésion ouverte et surinfectée plutôt que de la vésicule elle-même.
- On choisit des vêtements amples, on prend un bain tiède, et l’on tamponne la peau au lieu de la frotter.
- On boit suffisamment, car la fièvre et le malaise exposent à la déshydratation, surtout chez le jeune enfant.
- On reste à l’écart de la collectivité tant que les lésions n’ont pas croûté, selon la règle des CDC, ou tant que toutes les taches n’ont pas de croûte, selon le NHS.
Un antihistaminique oral peut calmer le prurit, mais seulement si le médecin l’estime adapté à l’âge. Les antiviraux ne sont pas le traitement de tout enfant en bonne santé. Ils concernent surtout les plus de 12 ans, les maladies de peau ou de poumon chroniques, la grossesse, l’immunodépression et certains traitements au long cours, d’après les CDC. Le soleil n’entre dans aucune de ces listes.
Questions fréquentes
Les rayons UV du soleil peuvent-ils arrêter la varicelle ?
Ils pourraient réduire la quantité de virus à la surface des vésicules, selon l’hypothèse de Rice en 2011, ce qui collerait avec une contagion plus faible sous les tropiques. Cette idée n’a pas été démontrée en laboratoire sur le virus varicelle-zona. Les CDC considèrent encore l’écart géographique comme non expliqué de façon certaine.
Peut-on aller à la piscine ou à la plage pendant la varicelle ?
Pas tant que toutes les lésions n’ont pas de croûte. L’eau, le sel et le sable irritent une peau déjà ouverte et favorisent les contacts. MedlinePlus déconseille aussi une chaleur et une humidité prolongées. Une sortie à l’ombre, vêtements amples et chapeau, reste possible si l’état général le permet.
Combien de jours la varicelle reste-t-elle contagieuse ?
D’après les CDC, la contagiosité va de 1 à 2 jours avant l’éruption jusqu’à ce que toutes les lésions soient croûteuses. Le NHS retient souvent cinq jours après l’apparition des taches, le temps que toutes aient une croûte. Une personne vaccinée sans croûtes reste contagieuse tant que de nouvelles lésions apparaissent.
Peut-on attraper la varicelle au contact d’un zona ?
Oui, si vous n’avez jamais eu la varicelle et n’êtes pas vacciné. Le contact se fait par le liquide des cloques ou par des particules issues des lésions. Vous développeriez une varicelle, pas un zona. Le risque est nettement plus faible que face à une varicelle, de l’ordre d’un cinquième.
Le vaccin contre la varicelle est-il recommandé partout ?
Les CDC recommandent deux doses chez toute personne non immune. L’OMS, depuis novembre 2025, recommande deux doses là où la varicelle est un problème de santé publique, avec une couverture élevée. Le NHS britannique propose désormais le RORV à 12 et 18 mois. En France, le médecin ou le pharmacien indiquera la pratique locale.
La varicelle laisse-t-elle plus de traces si l’on va au soleil ?
Le soleil n’est pas nécessaire à la cicatrisation, et une peau déjà inflammatoire tolère mal un coup de soleil. Les cicatrices viennent surtout du grattage et des surinfections. Protéger les lésions, couper les ongles et attendre les croûtes réduit ce risque davantage qu’une exposition.
Conclusion
Le soleil n’est pas un interrupteur de varicelle. L’hypothèse de 2011 sur les UV éclaire des écarts de latitude, de saison et de lignées virales, mais les CDC n’en font pas une cause établie, et l’OMS insiste plutôt sur la vaccination à deux doses et, pour les tropiques, sur le rôle possible de l’humidité. Mettre un enfant fiévreux au soleil n’invalide pas un virus déjà en circulation depuis la veille, et cela irrite une peau déjà à vif.
Le geste utile, à la maison, est plus prosaïque. Isoler les lésions jusqu’aux croûtes, protéger les personnes non immunes du foyer, écarter aspirine et ibuprofène chez l’enfant, surveiller une fièvre au-dessus de 38,9 °C. Si un contact à risque vient d’avoir lieu, demandez au médecin si une vaccination dans les 3 à 5 jours est possible pour les personnes éligibles.
Pour le zona de l’adulte, le même soleil n’est pas une protection. L’âge, l’immunité et, chez l’homme, une exposition UV ambiante plus forte dans une grande cohorte de 2020, pèsent dans l’autre sens. La question utile pour le médecin traitant n’est donc pas « faut-il plus de soleil », mais « qui, dans la famille, n’est pas immunisé et devrait l’être ».
Sources
- Rice PS : Ultra-violet radiation is responsible for the differences in global epidemiology of chickenpox and the evolution of varicella-zoster virus as man migrated out of Africa. Virology Journal, 23 avril 2011.
- Chapter 22: Varicella. Centers for Disease Control and Prevention, 9 mai 2024.
- WHO position paper on varicella vaccines – November 2025. World Health Organization, 21 novembre 2025.
- Clinical Overview of Chickenpox (Varicella). Centers for Disease Control and Prevention, 15 juillet 2024.
- How to Treat Chickenpox. Centers for Disease Control and Prevention, 24 avril 2024.
- Varicella Vaccine Recommendations. Centers for Disease Control and Prevention, 15 juillet 2024.
- Shingles Facts and Stats. Centers for Disease Control and Prevention, 12 avril 2024.
- Rice P : Ultraviolet Radiation, Not Temperature, Has Driven the Evolution of Varicella Zoster Virus. The Journal of Infectious Diseases, 8 mai 2021.
- Kawai K, VoPham T, Drucker A et al. : Ultraviolet Radiation Exposure and the Risk of Herpes Zoster in Three Prospective Cohort Studies. Mayo Clinic Proceedings, 26 décembre 2019.
- Chickenpox – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 4 août 2026.
- Chickenpox: MedlinePlus Medical Encyclopedia. MedlinePlus, mis à jour en 2025.
- Chickenpox – NHS. National Health Service, 31 janvier 2025.
