
L’ibuprofène ne raccourcit pas un rhume et n’améliore pas clairement la toux ni le nez qui coule. Il peut toutefois calmer une douleur, une fièvre ou des courbatures, sans mieux faire que le paracétamol chez la plupart des adultes vus en médecine de ville.
Beaucoup de gens ouvrent l’armoire à pharmacie en pensant qu’un anti-inflammatoire « coupe » l’infection. L’essai britannique de Little et collègues, mené auprès de 889 patients, a montré l’inverse pour le contrôle global des symptômes, et davantage de reconsultations dans le mois après un conseil d’ibuprofène (20 %) qu’après un conseil de paracétamol (12 %).
Une revue Cochrane de 2015 (neuf essais, 1 069 personnes) n’a pas trouvé de baisse nette du score global ni de la durée du rhume. Le guide NICE NG84, revu le 16 février 2023, propose le paracétamol en cas de mal de tête fébrile, ou l’ibuprofène s’il convient mieux. Quatre patients sur 207 (2 %) ont signalé une brûlure légère après inhalation de vapeur dans l’essai de Little.
L’ibuprofène soulage-t-il rhume et mal de gorge ?
Pas de façon globale, si l’on compare un conseil d’ibuprofène à un conseil de paracétamol chez des patients déjà vus pour une infection respiratoire aiguë. Dans l’essai factoriel ouvert conduit en soins primaires au Royaume-Uni, 889 personnes âgées de 3 ans et plus ont reçu, au hasard, un conseil de paracétamol, d’ibuprofène ou des deux, avec ou sans inhalation de vapeur, à la demande ou à heures fixes.
Le critère principal était l’intensité moyenne des symptômes aux jours 2 à 4, notée de 0 à 7. Par rapport au paracétamol, la différence ajustée était de 0,04 avec l’ibuprofène (intervalle de confiance à 95 % de −0,11 à 0,19) et de 0,11 avec l’association (de −0,04 à 0,26). Ces écarts restent dans le bruit statistique. La durée médiane des symptômes jugés « assez gênants ou plus » était de 4 jours dans les trois groupes d’antalgiques.
Les recruteurs (53 médecins généralistes et infirmiers, 25 cabinets, de mars 2010 à mars 2012) ont inclus des rhumes, des maux de gorge, des otites, des sinusites, des syndromes grippaux et des infections bronchiques. Le financement venait du National Institute for Health Research. L’essai mesurait un conseil pragmatique, pas une prise forcée sous surveillance hospitalière. Les patients ont assez bien suivi le médicament attribué, ce qui rend le résultat applicable à une consultation de ville.
Deux sous-groupes, définis avant l’analyse, sortaient du tableau d’ensemble. Chez les patients avec une infection des voies respiratoires basses, l’ibuprofène abaissait le score de 0,40 et l’association de 0,47. Chez les enfants de 16 ans ou moins, l’ibuprofène seul abaissait le score de 0,47. Chez les adultes de 17 ans et plus, le même conseil allait plutôt dans l’autre sens (+0,20). Ces signaux restent des analyses secondaires. Ils ne transforment pas l’ibuprofène en traitement de l’infection.

Paracétamol, ibuprofène ou les deux ensemble
Associer les deux n’a pas amélioré le contrôle des symptômes dans cet essai de ville. La différence ajustée de 0,11 par rapport au paracétamol seul n’était pas significative. La température moyenne des jours 2 à 4 restait à 36,6 °C dans les trois groupes. L’usage d’antibiotiques, déjà fréquent (environ 57 à 59 %), n’a pas changé selon l’antalgique conseillé.
Prendre le médicament « régulièrement » plutôt qu’« à la demande » n’a rien changé non plus. Les carnets montraient d’ailleurs peu d’écart de doses entre ces deux consignes. Le paracétamol était pris en moyenne 2,8 fois par jour en schéma fixe contre 2,4 à la demande ; l’ibuprofène, 2,0 contre 1,9. Une consigne de rythme n’a donc pas créé un vrai contraste d’exposition.
Une revue systématique Cochrane mise à jour jusqu’en avril 2015, publiée le 21 septembre 2015, éclaire l’autre comparaison, celle des AINS contre placebo. Kim et collègues ont regroupé neuf essais randomisés (1 069 participants, enfants et adultes). Les AINS n’ont pas réduit de façon significative le score total de symptômes (différence moyenne standardisée −0,40, intervalle de −1,03 à 0,24) ni la durée du rhume (−0,23 jour, intervalle de −1,75 à 1,29).
Là où les AINS aident, c’est sur le versant antalgique. Céphalée, douleur d’oreille, douleurs musculaires et articulaires baissaient. Le score d’irritation de gorge, lui, ne bougeait pas (différence standardisée −0,01, intervalle de −0,33 à 0,30). Le mal de gorge d’un rhume n’est donc pas le symptôme le mieux documenté pour un AINS. Le paracétamol reste un comparateur raisonnable quand le but est le confort, pas la « coupure » de l’infection.
L’inhalation de vapeur aide-t-elle un rhume ?
Le conseil d’inhaler de la vapeur n’a pas amélioré les symptômes dans l’essai de Little. La différence ajustée était de −0,02 (intervalle de −0,14 à 0,10). La consigne était d’inhaler au moins 15 minutes par jour (trois fois cinq minutes) ou de s’en abstenir. Les carnets ont enregistré 1,6 inhalation par jour dans le groupe vapeur contre 0,1 dans l’autre, preuve que le contraste a bien existé.
Quatre des 207 patients du groupe vapeur qui ont renvoyé un carnet complet (2 %) ont signalé une brûlure thermique légère. Aucune reconsultation pour brûlure n’a été trouvée dans les dossiers. Le bénéfice attendu ne s’est pas vu ; un petit risque de brûlure, si.
La revue Cochrane de Singh et collègues, publiée le 29 août 2017, a examiné six essais (387 personnes) qui utilisaient un appareil RhinoTherm, pas un saladier d’eau bouillante. Les auteurs ont jugé incertain l’effet sur le soulagement, avec un niveau de preuve bas et une hétérogénéité nette. L’analyse à effets fixes suggérait un effet ; l’analyse à effets aléatoires, plus prudente, ne le confirmait pas. Des gênes nasales mineures ont été rapportées.
Le National Health Service britannique distingue encore deux gestes. S’asseoir dans une salle de bain où une douche chaude tourne est présenté comme une option pour un nez bouché. Faire respirer un enfant au-dessus d’un bol d’eau très chaude est déconseillé à cause du risque de brûlure. Les CDC américains mentionnent encore la vapeur d’un bol ou d’une douche, tout en conseillant de rester avec un jeune enfant dans une salle de bain pleine de vapeur plutôt que de le laisser seul. Les trois sources ne disent donc pas la même chose. Le geste le plus risqué (bol, bouilloire) n’a pas de bénéfice démontré dans l’essai de ville le plus large.
Ce que les AINS changent vraiment dans un rhume
Un AINS peut diminuer une douleur et une fièvre. Il n’a pas d’effet démontré sur la toux ni sur l’écoulement nasal, d’après la revue Cochrane de 2015. La toux donnait une différence standardisée de −0,05 (intervalle de −0,66 à 0,56). Les éternuements, eux, s’amélioraient (−0,44). Le rhume n’est pas une seule maladie à un seul chiffre.
Plus d’un milliard de rhumes surviennent chaque année aux États-Unis, selon MedlinePlus, et la plupart des symptômes s’estompent en une semaine. La Cleveland Clinic situe le rythme habituel à deux ou trois rhumes par an chez l’adulte et à quatre ou plus chez le jeune enfant, avec une résolution souvent en 7 à 10 jours. Un médicament qui « marche » contre le rhume devrait raccourcir cette fenêtre ou alléger le bloc nez-gorge-toux. Ce n’est pas ce que montrent les AINS.
Les essais inclus par Cochrane ont aussi relevé des troubles digestifs, des éruptions et des œdèmes dans les groupes AINS. Le risque d’effet indésirable n’était pas formellement plus élevé que sous placebo (risque relatif 2,94, intervalle très large de 0,51 à 17,03), ce qui empêche de conclure à l’innocuité. La qualité globale a été jugée modérée, surtout par imprécision.
Cela permet de séparer deux questions trop souvent mêlées.
- Un AINS peut atténuer une céphalée, une otalgie ou des courbatures liées au rhume, sans promesse de disparition.
- Le même médicament n’a pas montré qu’il débouche le nez, calme la toux ou écourte l’épisode.
- L’irritation de gorge d’un rhume banal n’était pas améliorée dans le regroupement Cochrane.
- Le bénéfice ressenti sur la fièvre ne prouve pas que l’infection recule plus vite.
Le malentendu vient du mot « anti-inflammatoire ». L’inflammation locale d’un rhume n’est pas une arthrite. Bloquer une partie de cette réaction n’équivaut pas à traiter le virus.
Reconsultations plus fréquentes avec l’ibuprofène
Le signal le plus gênant de l’essai de Little n’était pas un ulcère. C’était le retour en consultation. Dans le mois, 12 % des patients conseillés pour le paracétamol sont revenus pour des symptômes nouveaux, non résolus ou une complication, contre 20 % après un conseil d’ibuprofène (risque relatif ajusté 1,67, intervalle de 1,12 à 2,38) et 17 % après l’association (1,49, intervalle de 0,98 à 2,18).
La plupart des 17 « complications » notées n’étaient pas graves. Le groupe ibuprofène concentrait toutefois trois événements plus lourds (une pneumonie, une méningite, un phlegmon péri-amygdalien) parmi d’autres otites et sinusites. L’essai n’était pas conçu pour juger ces événements rares. Les auteurs écrivent qu’on ne peut pas écarter un risque modeste.
L’idée d’une interférence avec la réponse immunitaire apparaît dans la discussion comme une hypothèse, pas comme une démonstration. Les auteurs citent une revue Cochrane sur le paracétamol et la fièvre de l’enfant, jugée insuffisante pour confirmer ou infirmer un effet délétère du contrôle de la fièvre. Ils rappellent aussi des études observationnelles qui ont lié les AINS, chez l’enfant atteint de varicelle, à des infections streptococciques graves. Ces travaux ne prouvent pas que l’ibuprofène « casse » l’immunité d’un rhume. Ils interdisent d’en faire un geste anodin dès le premier éternuement.
Dans l’essai, les effets digestifs attendus (douleur abdominale, vomissements, diarrhée) n’étaient pas plus fréquents sous ibuprofène que sous paracétamol. Le sifflement non plus. Le prix éventuel n’était donc pas celui que l’on surveille d’habitude en premier. C’était un contrôle des symptômes un peu moins bon dans les semaines suivantes, pour une minorité de patients.
Recommandations britanniques et américaines pour le rhume
Les guides officiels n’interdisent pas l’ibuprofène. Ils le placent comme antalgique ou antipyrétique, pas comme traitement du rhume. Le guide NICE NG84 sur le mal de gorge aigu, revu le 16 février 2023, demande d’envisager le paracétamol contre une douleur, une fièvre, ou l’ibuprofène s’il est préféré et adapté. Il insiste sur une hydratation suffisante. Certaines pastilles médicamenteuses (anesthésique local, AINS ou antiseptique) peuvent réduire un peu la douleur chez l’adulte.
Ce guide britannique rappelle aussi que le mal de gorge aigu est souvent viral, qu’il dure environ une semaine, et que la plupart des gens guérissent sans antibiotique, quelle que soit la cause. Quand un antibiotique est prescrit, il raccourcit les symptômes d’environ 16 heures en moyenne. Les tests rapides du streptocoque A ne sont pas recommandés en routine dans ce document. Un mal de gorge qui s’aggrave vite, qui ne commence pas à s’améliorer après une semaine, ou qui s’accompagne d’un état général très altéré, justifie une nouvelle évaluation.
La page des CDC mise à jour le 11 mars 2026 écrit qu’il n’existe pas de traitement curatif du rhume et que les antibiotiques n’agissent pas sur les virus. Les antalgiques et antipyrétiques en vente libre peuvent atténuer les symptômes. Ils ne guérissent pas la maladie. La page Mayo Clinic du 24 mai 2023 dit la même chose pour les adultes. Paracétamol ou ibuprofène, au plus court, en suivant la notice.
Ces textes américains et britanniques ne sont pas des normes françaises. Le médecin traitant ou le pharmacien applique l’étiquetage et les habitudes locales. Là où les pays divergent déjà à l’écrit (vapeur d’un bol encore citée par les CDC, déconseillée pour les enfants par le NHS), il n’y a pas de règle universelle à recopier. La constante, elle, est claire. Personne ne prétend que l’ibuprofène écourte un rhume.
Doses d’ibuprofène et situations à éviter
Les doses qui suivent viennent de la notice américaine DailyMed d’un comprimé d’ibuprofène 200 mg, mise à jour le 17 novembre 2025. Elles ne remplacent pas la notice du produit vendu en France. Le pharmacien reste le bon interlocuteur pour la posologie locale, surtout chez l’enfant, la personne âgée ou en cas d’autres médicaments.
Pour un adulte ou un adolescent de 12 ans et plus, cette notice FDA indique un comprimé toutes les 4 à 6 heures tant que les symptômes persistent. Si le malaise douloureux ou fébrile persiste, deux comprimés sont possibles. Le maximum est de six comprimés en 24 heures, sauf avis médical, soit 1 200 mg d’ibuprofène en vente libre. La plus petite dose efficace doit être utilisée. Avant 12 ans, la notice renvoie au médecin.
Les alertes de cette même étiquette sont précises. L’ibuprofène peut provoquer une réaction allergique grave, surtout en cas d’allergie à l’aspirine. Il peut entraîner un saignement digestif, plus probable après 60 ans, en cas d’ulcère, sous anticoagulant ou corticoïde, avec d’autres AINS, ou avec trois boissons alcoolisées ou plus par jour. Les AINS hors aspirine augmentent le risque d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral si l’on dépasse la dose ou la durée.
Plusieurs situations imposent de demander un avis avant toute prise, d’après cette notice.
- Vous avez déjà eu un ulcère, un saignement digestif ou des brûlures d’estomac fréquentes.
- Vous prenez un anticoagulant, un corticoïde, un diurétique ou de l’aspirine « cœur ».
- Vous vivez avec une hypertension, une maladie du cœur, du foie ou des reins, ou un asthme.
- Vous êtes enceinte de 20 semaines ou plus, sauf consigne claire d’un médecin.
- La douleur dépasse 10 jours ou la fièvre 3 jours malgré le traitement.
La notice demande aussi d’arrêter et de consulter en cas de sang dans les selles ou les vomissements, de selles noires, de douleur thoracique, de gêne à parler, ou d’un gonflement d’une jambe. Prendre le comprimé avec un peu d’aliment ou de lait peut limiter une gêne d’estomac. Avaler un second AINS « pour renforcer l’effet » est une erreur classique. La notice l’interdit.
Ibuprofène chez l’enfant pendant un rhume
Chez l’enfant, l’ibuprofène n’est pas un sirop « anti-rhume ». C’est un antalgique et un antipyrétique, à n’utiliser que si l’enfant est vraiment inconfortable. La Mayo Clinic déconseille l’ibuprofène avant 6 mois, ainsi qu’en cas de vomissements fréquents. Le paracétamol n’est pas donné avant 3 mois tant qu’un professionnel de santé n’a pas vu le nourrisson. L’aspirine est écartée chez l’enfant et l’adolescent à cause du syndrome de Reye.
Les sirops « toux-rhume » en vente libre ne sont pas recommandés avant 6 ans d’après les CDC, en raison d’effets indésirables parfois graves. Un jeune enfant peut en revanche recevoir du paracétamol ou de l’ibuprofène pour la fièvre, à la dose indiquée par le médecin et la notice. MedlinePlus situe le seuil des médicaments « rhume » encore plus bas, en les déconseillant avant 4 ans. Ces âges américains ne se recopient pas tels quels. Ils montrent que le réflexe « un sirop pour chaque symptôme » n’est pas le standard.
Dans l’essai de Little, le sous-groupe des 16 ans et moins était le seul, avec les infections bronchiques, où l’ibuprofène seul améliorait le score des premiers jours. L’association n’apportait pas le même gain (−0,04, non significatif). Même dans ce sous-groupe, le médicament ne raccourcissait pas l’épisode (médiane à 4 jours) et le signal de reconsultation de l’ensemble de l’essai reste à tenir à l’œil.
Faire inhaler un enfant au-dessus d’un bol d’eau chaude est déconseillé par le NHS. Si l’on cherche de l’humidité, un adulte peut s’asseoir avec l’enfant dans une salle de bain où la douche chaude tourne. Le miel n’est pas donné avant 1 an, à cause du botulisme infantile, précisent à la fois le NHS, les CDC et la Mayo Clinic. Les pastilles pour la gorge sont un risque de fausse route chez le petit enfant (seuil CDC à 4 ans, seuil Mayo plutôt à 6 ans pour les sucettes dures).
Soins à la maison sans compter sur l’ibuprofène
Le rhume se gère surtout par le repos, la boisson et le temps. Les CDC et la Mayo Clinic insistent sur les liquides, un air un peu humide (humidificateur à vapeur froide propre) et un lavage de nez au sérum physiologique. Ces gestes n’éliminent pas le virus. Ils rendent la journée plus tenable pendant que l’épisode suit son cours, souvent une à deux semaines selon le NHS, 7 à 10 jours selon la Mayo Clinic.
Pour un mal de gorge, un gargarisme d’eau salée chaude est proposé par la Mayo Clinic chez ceux qui savent le faire, en général pas avant 6 ans. Une boisson chaude au citron et au miel est citée par le NHS, hors enfants de moins d’un an. Les pastilles médicamenteuses du guide NICE NG84 n’apportent, au mieux, qu’un petit soulagement chez l’adulte. Elles ne remplacent pas une évaluation si la déglutition devient très douloureuse ou si l’état général bascule.
Les antibiotiques n’ont pas leur place dans un rhume banal, répètent MedlinePlus, les CDC, le NHS et le NICE. Un écoulement nasal qui jaunit ou verdit au fil des jours est habituel et ne justifie pas, à lui seul, un antibiotique. Un spray décongestionnant peut déboucher le nez chez l’adulte, pour une durée courte (la Mayo Clinic parle de cinq jours au plus). Avant 6 ans, ces sprays ne sont pas le premier réflexe. Cumuler un comprimé « rhume » déjà chargé en paracétamol avec du paracétamol simple expose à un surdosage.
Quelques habitudes réduisent la circulation du virus sans médicament.
- Se laver les mains après s’être mouché, avant de manger, limite le passage du virus aux muqueuses.
- Un mouchoir à usage unique, jeté tout de suite, retient les gouttelettes mieux qu’une manche.
- Rester chez soi en cas de fièvre ou de toux forte évite de contaminer une classe ou un bureau.
- Le vaccin antigrippal ne prévient pas le rhume, rappelle le NHS ; il vise la grippe, plus grave.
Le zinc en spray nasal a été associé, aux États-Unis, à une perte d’odorat parfois durable. La Mayo Clinic relie cet avertissement à la Food and Drug Administration. Les pastilles de zinc, la vitamine C et l’échinacée donnent des résultats mêlés. Aucune de ces pistes ne remplace la question simple. Avez-vous vraiment besoin d’un AINS, ou un paracétamol et de l’eau suffisent-ils pour passer la journée ?
Rhume et mal de gorge, quand consulter le médecin
Un rhume banal se traite d’abord à la maison. Il faut revoir un médecin si la fièvre dure plus de 4 jours, si les symptômes dépassent 10 jours sans mieux, s’ils s’améliorent puis reviennent, ou si une maladie chronique s’aggrave, d’après les CDC. Le NHS ajoute une fièvre haute plus de 3 jours, un essoufflement, une douleur thoracique, une toux de plus de 3 semaines, et tout rhume chez une personne immunodéprimée ou atteinte d’une maladie de longue durée.
Le mal de gorge aigu, dans le guide NICE NG84, justifie une nouvelle évaluation s’il s’aggrave vite, s’il ne commence pas à s’améliorer après une semaine, ou si la personne devient très malade. Une infection systémique grave ou un abcès (phlegmon péri-amygdalien, collection profonde du cou) relève de l’hôpital. En France, une détresse respiratoire, un collapsus ou une confusion font appeler le 15 ou le 112.
| Situation | Conduite proposée par les sources |
|---|---|
| Fièvre au-delà de 4 jours (CDC) ou 3 jours (NHS, notice FDA) | Prendre rendez-vous avec le médecin traitant |
| Symptômes de rhume au-delà de 10 jours sans mieux | Consulter pour chercher une sinusite ou une autre cause |
| Fièvre ou toux qui s’améliorent puis reviennent | Consulter, possible surinfection |
| Gêne à respirer, respiration rapide, douleur thoracique | Appeler le 15 ou le 112 |
| Déshydratation, enfant qui ne boit plus, vomissements répétés | Voir un médecin le jour même |
| Nourrisson de moins de 3 mois fébrile | Avis médical immédiat, sans ibuprofène à l’aveugle |
| Mal de gorge qui empêche de boire, bave, voix étouffée, cou très douloureux | Urgences, crainte d’un abcès |
Cette liste n’est pas exhaustive. Tout symptôme qui vous inquiète justifie un avis. Les âges et les seuils ci-dessus viennent de textes américains et britanniques. Le pharmacien ou le médecin traitant transposent la conduite au contexte français, y compris pour un test de gorge s’il le juge utile.
Questions fréquentes
Faut-il prendre de l’ibuprofène dès le premier éternuement ?
Non. L’essai de Little n’a pas montré de meilleur contrôle global des symptômes qu’avec le paracétamol, et les reconsultations étaient plus fréquentes (20 % contre 12 %). Un AINS se discute si une douleur ou une fièvre vraiment gênante le justifie, à la dose la plus faible et le moins longtemps possible. Le rhume lui-même n’est pas une indication à « couvrir » d’anti-inflammatoire.
Peut-on mélanger ibuprofène et paracétamol pour un rhume ?
Dans l’essai britannique, l’association n’a pas fait mieux que le paracétamol seul sur les jours 2 à 4. Le NICE avait déjà mis en garde, dans des textes antérieurs cités par Little, contre l’usage combiné en raison de complications rénales ou hépatiques observées surtout à l’hôpital. Si un médecin vous a déjà expliqué un schéma d’alternance pour un enfant, suivez cette consigne plutôt qu’un mélange improvisé.
Un AINS empêche-t-il de guérir plus vite ?
Aucun essai solide n’a montré qu’un AINS raccourcit un rhume. Cochrane 2015 situait la différence de durée à −0,23 jour, avec un intervalle qui croise zéro. L’hypothèse d’une interférence avec la fièvre et l’immunité reste ouverte. Le signal de reconsultation de Little va dans le sens d’une prudence, pas d’une certitude de « blocage » immunitaire.
Les pastilles pour la gorge remplacent-elles un comprimé ?
Non. Le guide NICE NG84 estime que certaines pastilles médicamenteuses peuvent réduire un peu la douleur chez l’adulte. L’effet est décrit comme faible. Elles n’agissent pas sur la durée de l’épisode et ne conviennent pas aux jeunes enfants, à cause du risque de fausse route.
Un rhume qui dure dix jours est-il encore banal ?
Souvent oui, surtout si la toux s’attarde alors que le nez s’améliore, précisent la Mayo Clinic et le NHS. Au-delà de 10 jours sans mieux, ou si la fièvre et la toux reviennent après une accalmie, les CDC demandent un avis médical. Une toux de plus de 3 semaines relève aussi d’une consultation selon le NHS.
L’ibuprofène est-il interdit en cas d’angine ?
Le NICE britannique l’accepte encore, s’il convient, contre une gorge douloureuse ou une fièvre d’angine. Cela n’en fait pas un traitement de l’angine. Un AINS peut masquer une fièvre et une douleur pendant qu’une infection bactérienne évolue. En cas de doute, le paracétamol et un avis médical (ou pharmaceutique) sont plus sûrs que d’ajouter un AINS « pour l’inflammation ».
Conclusion
L’ibuprofène a une place étroite dans un rhume ou un mal de gorge. Il peut diminuer une douleur ou une fièvre mal supportée. Il n’a pas montré, dans l’essai de 889 patients ni dans la revue Cochrane de 2015, qu’il écourtait l’épisode ou soulageait vraiment la toux et le nez. Le conseil de vapeur n’a rien ajouté, sinon quelques brûlures légères.
Si vous ouvrez la trousse ce soir, commencez par le paracétamol si rien ne le contre-indique, à la dose de la notice française, et par boire. Gardez l’ibuprofène pour une douleur ou une fièvre qui gêne vraiment, après avoir vérifié ulcère, asthme, grossesse, anticoagulants et autres AINS cachés dans un sirop « rhume ». Chez l’enfant, la dose et l’âge se décident avec le pharmacien, pas à l’œil.
Le geste utile demain n’est pas d’acheter un deuxième anti-inflammatoire. C’est de noter le premier jour de fièvre et le jour où les symptômes ont commencé. Si la fièvre dépasse 3 ou 4 jours, si rien ne s’améliore passé 10 jours, si la respiration devient difficile, le médecin traitant, le 15 ou le 112 prennent le relais. L’ibuprofène n’est alors plus le sujet.
Sources
- Little P, Moore M, Kelly J et al. : Ibuprofen, paracetamol, and steam for patients with respiratory tract infections in primary care: pragmatic randomised factorial trial. British Medical Journal, 25 octobre 2013.
- Kim SY, Chang YJ, Cho HM et al. : Non-steroidal anti-inflammatory drugs for the common cold. Cochrane Database of Systematic Reviews, 21 septembre 2015.
- Singh M, Singh M, Jaiswal N et al. : Heated, humidified air for the common cold. Cochrane Database of Systematic Reviews, 29 août 2017.
- NICE : Sore throat (acute): antimicrobial prescribing. National Institute for Health and Care Excellence, mis à jour le 16 février 2023.
- CDC : Manage Common Cold. Centers for Disease Control and Prevention, 11 mars 2026.
- Common cold – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 24 mai 2023.
- IBUPROFEN 200 MG- ibuprofen tablet, coated. DailyMed, U.S. National Library of Medicine, 17 novembre 2025.
- Common cold: MedlinePlus Medical Encyclopedia. MedlinePlus, mis à jour en 2025.
- NHS : Common cold – NHS. National Health Service, mis à jour en 2026.
- Common Cold (Rhinovirus): Symptoms & Causes. Cleveland Clinic, 7 février 2023.
