
La pastèque n’est pas un verre d’eau sucrée. C’est un fruit très riche en eau, pauvre en calories, qui apporte un peu de vitamine C, du potassium et, dans la chair rouge, du lycopène et de la L-citrulline. Pour la plupart des adultes en bonne santé, une portion d’environ 150 g s’intègre sans difficulté dans une alimentation variée.
Ce que beaucoup d’essais « tension » ou « récupération » testent n’est pas cette portion. Une revue de 2025 dans Nutrients estime qu’il faudrait environ 2,5 à 5 kg de pulpe rouge fraîche par jour pour approcher les 2 à 3 g de L-citrulline souvent retenus comme dose minimale dans les travaux vasculaires. Un quartier de pique-nique n’y suffit pas.
Cent grammes de chair crue fournissent 30 kcal et 91,45 g d’eau d’après les tables USDA reprises par la Cleveland Clinic. Aux États-Unis, les Dietary Guidelines 2020–2025, rappelées par les CDC, visent 1,5 à 2 équivalents-tasses de fruits par jour ; en 2019, 12,3 % des adultes américains les atteignaient. En cas de maladie rénale, la National Kidney Foundation limite plutôt la pastèque à une tasse (environ 150 g) si le potassium doit être surveillé.
Que contient vraiment une portion de pastèque
Une tasse américaine de dés (152 g) reste un en-cas léger, avec environ 46 kcal, 11,5 g de glucides dont 9,4 g de sucres naturels, 0,6 g de fibres, 170 mg de potassium et 12,3 mg de vitamine C. Le sodium est quasi nul (1 mg pour 100 g). Ces chiffres viennent de l’entrée USDA « Watermelon, raw » (SR Legacy 167765), citée par la page nutrition de la Cleveland Clinic mise à jour en mai 2026.
La chair pèse environ 68 % du fruit, l’écorce 30 % et les graines 2 %, selon la revue narrative de Baião, da Silva et Paschoalin (14 octobre 2025). L’eau de la pulpe se situe entre 90 et 92,5 %. Les fibres sont faibles, 0,4 g pour 100 g. Compter sur la pastèque pour le transit comme on le ferait avec des pruneaux ou des haricots n’a donc pas de base solide.
Deux composés distinguent vraiment ce fruit. Le lycopène, pigment rouge, atteint 4,53 mg pour 100 g dans la table USDA (4,40 à 8,00 mg dans la revue de 2025). La L-citrulline, acide aminé non protéique, est plus concentrée dans l’écorce (60 à 500 mg/100 g) que dans la pulpe rouge (40 à 160 mg/100 g). Les graines n’en contiennent pas de façon mesurable. Les chairs jaune et orange sont plus riches en bêta-carotène et en lutéine, et presque dépourvues de lycopène.
| Élément | Pour 100 g | Pour 152 g |
|---|---|---|
| Énergie | 30 kcal | 46 kcal |
| Eau | 91,45 g | environ 139 g |
| Glucides (dont sucres) | 7,55 g (6,2 g) | 11,5 g (9,4 g) |
| Fibres | 0,4 g | 0,6 g |
| Potassium | 112 mg | 170 mg |
| Vitamine C | 8,1 mg | 12,3 mg |
| Lycopène | 4,53 mg | 6,9 mg |
La choline, parfois présentée comme un atout majeur, n’atteint que 4,1 mg pour 100 g. L’apport de référence américain pour un adulte se situe autour de 425 à 550 mg par jour. Une part généreuse ne « structure » ni le sommeil ni la mémoire. La vitamine C d’une tasse couvre une fraction des 75 à 90 mg visés chez l’adulte, loin du seuil de 2 000 mg au-delà duquel l’Office of Dietary Supplements des NIH décrit des troubles digestifs, surtout avec des comprimés.

Hydratation, calories et satiété d’une tasse
Avec plus de 91 % d’eau, la pastèque aide à boire « en mangeant », surtout par forte chaleur. La diététicienne Lara Whitson, citée par la Cleveland Clinic, rappelle qu’une perte hydrique même modeste peut se traduire par de la fatigue, des crampes ou un mal de tête. Le potassium (112 mg/100 g) accompagne cette eau, sans remplacer une boisson si la sueur est abondante.
La densité calorique basse explique l’intérêt pour le poids, à condition de ne pas compenser ensuite par des biscuits. Un essai croisé de 2019, de petite taille (33 adultes en surpoids ou obésité), a comparé deux tasses de pastèque par jour à des biscuits allégés pendant quatre semaines. Les participants se disaient moins affamés avec le fruit, avec un poids, un IMC et une tension un peu plus bas. Les cookies contenaient deux fois plus de sucre. Ce n’est pas une preuve que le fruit fait maigrir à lui seul.
Chez 10–17 ans, un essai encore plus petit (2023) a comparé un verre de pastèque mixée à une boisson sucrée de même énergie. Les écarts d’IMC, de masse grasse et d’hémoglobine glyquée restaient mineurs. Ces travaux, déjà jugés trop petits par la Cleveland Clinic, ne prouvent pas un effet amaigrissant. Ils suggèrent seulement qu’un fruit très aqueux peut remplacer un aliment plus dense.
Les Dietary Guidelines for Americans 2020–2025, citées par les CDC dans le MMWR du 7 janvier 2022, demandent aux adultes 1,5 à 2 équivalents-tasses de fruits par jour, en privilégiant le fruit entier. Ce barème américain n’est pas une norme française. Votre médecin ou un diététicien transposera la portion selon l’appétit, le diabète, les reins et le reste de l’assiette. Le fruit entier rassasie davantage que le jus, parce que la structure et le peu de fibres restent dans la bouche et l’estomac.
La citrulline abaisse-t-elle la tension ?
La L-citrulline de la pastèque échappe en grande partie au foie, rejoint le rein et y sert à fabriquer de la L-arginine, substrat de l’oxyde nitrique (NO) qui détend le muscle lisse des artères. Ce mécanisme est bien décrit. L’effet d’un quartier du marché sur la tension l’est beaucoup moins.
Une méta-analyse de novembre 2025 (Luo, Li, Liu et Gao, Frontiers in Nutrition) a regroupé 8 essais randomisés chez 176 adultes d’âge moyen ou plus. La L-citrulline en complément améliorait la dilatation médiée par le flux (FMD) de 1,81 point (IC 95 % 0,76 à 2,85). La pastèque, prise isolément, n’améliorait ni la FMD ni la vitesse de l’onde de pouls. Les auteurs notent que la littérature sur le fruit seul reste mince.
Le même premier auteur a publié en octobre 2025, dans Clinical Nutrition ESPEN, un autre regroupement de 15 essais (415 personnes) mélangeant citrulline et pastèque. La pression systolique baissait en moyenne de 4,02 mmHg et la diastolique de 2,54 mmHg. L’association citrulline plus arginine donnait des baisses plus marquées (−10,44 / −4,86 mmHg). Ce n’est pas l’effet d’une salade de pastèque.
Un essai pilote de Singh, Liao, Edirisinghe et Sandhu (26 septembre 2025, Nutrients) a testé la chair, pas un extrait. Trente-neuf adultes à tension élevée recevaient 0 g, 152 g ou 304 g de pastèque par jour pendant quatre semaines. La pression ambulatoire sur 24 h ne différait pas de façon statistiquement significative (environ 130, 130 et 125 mmHg). En revanche, la L-arginine plasmatique et le rapport L-arginine/ADMA montaient dans les groupes fruit. Le signal biochimique existe ; la tension mesurée au bras, sur cette durée et à ces doses, non.
Plus tôt, Smeets, Mensink et Joris (British Journal of Nutrition, 2022, en ligne 2021) avaient trouvé, sur le plus long terme, une amélioration de la FMD de 0,9 point avec la citrulline et une baisse de la vitesse de l’onde de pouls de 0,9 m/s avec la pastèque (cinq essais). Ils n’avaient pas de données FMD pour le fruit. Les deux lectures, 2022 et 2025, ne se moyennent pas. Le complément a davantage de preuves que la chair, et les extraits des années 2010 correspondaient souvent, selon l’American Heart Association (2021), à plus de 1,3 kg de fruit par jour pendant six semaines.
Lycopène, prostate et protection de la peau
Le lycopène de la pastèque rouge est un caroténoïde liposoluble, mieux absorbé sous forme cis une fois dans le sang. L’American Heart Association notait en 2021 que sa teneur dépasse d’environ 40 % celle de la tomate crue, alors que les produits de tomate cuite restent souvent plus riches. Une revue AICR (mise à jour le 2 janvier 2020), appuyée sur le Continuous Update Project WCRF/AICR, a abandonné le jugement « probable » de 2007, car les cohortes et les essais n’associent plus de façon significative l’apport en tomate, le lycopène sanguin et le cancer de la prostate, total ou avancé.
Les études de laboratoire et chez l’animal restent intéressantes (antioxydant, pistes sur les androgènes). Elles ne justifient pas de présenter la pastèque comme un aliment anticancéreux. La Mayo Clinic (page du 6 juillet 2026 sur l’alimentation et le cancer de la prostate) range tomate et pastèque parmi les sources de lycopène, évoque des données précoces sur le PSA, et demande encore des recherches. Aucun fruit ne remplace un traitement ni un dépistage.
Pour la peau, la vitamine C entre dans la fabrication du collagène et le bêta-carotène alimente un peu la vitamine A. Un quartier moyen peut fournir, selon la Cleveland Clinic, jusqu’à 11 % de l’apport quotidien de vitamine A. Manger de la pastèque ne lisse pas les rides et ne protège pas du soleil à la place d’un écran. Le lycopène a été étudié pour un effet possible sur le collagène et les UV dans des revues générales ; l’effet spécifique du fruit n’est pas établi.
Les autres cancers parfois cités (bouche, tube digestif) tiennent, dans le rapport AICR/WCRF de 2018, à l’ensemble des légumes et fruits non amylacés, pas à un melon. Varier les couleurs reste le message utile, avec du rouge pour le lycopène, du jaune pour d’autres caroténoïdes, et beaucoup d’autres végétaux autour.
Pastèque, diabète et charge glycémique
L’index glycémique (IG) de la pastèque a longtemps été classé haut, à 76 ± 4 dans les tables internationales de 2008 d’Atkinson, Brand-Miller et coll. (Diabetes Care). Les tables de 2021 des mêmes auteurs, dans The American Journal of Clinical Nutrition, placent quatre variétés malaisiennes autour de 50 (47 à 55), donc en zone basse. Les variétés vendues en France n’ont pas toutes été retestées avec le protocole ISO. L’IG n’est donc pas un chiffre unique.
La charge glycémique, qui tient compte de la petite quantité de glucides d’une portion, reste basse pour 120 à 150 g (souvent de l’ordre de 4 à 6). Une part de 280 g, proche d’une grosse tranche, grimpe déjà. Smeets et coll. (2022) ont observé, en postprandial, une glycémie inférieure de 0,6 mmol/l après pastèque par rapport au contrôle, sans autre effet durable sur les marqueurs cardiométaboliques.
En cas de diabète, la Cleveland Clinic conseille des portions modérées et un accompagnement par des protéines, des lipides ou des fibres (fromage, yaourt nature, poignée de noix, salade) pour ralentir l’absorption. Le jus, dépourvu de structure, concentre le sucre dans un volume vite bu. Il n’y a pas de « fruit interdit » universel, mais un compte de glucides à tenir avec l’équipe soignante. Les recommandations françaises de diabétologie ne figurent pas ici, et c’est le médecin traitant ou le diététicien qui les applique.
Une tasse de dés (environ 11,5 g de glucides) entre dans beaucoup de plans. Trois tasses d’affilée, un litre de jus ou un dessert déjà sucré changent le calcul. Surveiller la glycémie capillaire après une nouvelle portion, surtout en période de chaleur où l’on grignote davantage, donne une réponse personnelle plus utile qu’un IG lu sur une étiquette.
Potassium et reins, qui doit limiter la portion
Le potassium de la pastèque (112 mg/100 g, 170 mg par tasse de 152 g) est modéré à côté d’une banane ou d’une pomme de terre. L’Office of Dietary Supplements des NIH rappelle qu’avec des reins qui fonctionnent, l’excès alimentaire part dans l’urine. L’hyperkaliémie (souvent au-dessus de 5,0 mmol/l) survient surtout si l’élimination rénale est altérée, par maladie rénale chronique, insuffisance surrénale, certains diurétiques épargneurs de potassium, inhibiteurs de l’enzyme de conversion ou sartans.
La National Kidney Foundation (page du 5 mai 2023) classe un aliment « riche » à partir de 200 mg par portion. La pastèque figure parmi les fruits plus bas en potassium, avec la mention « limiter à 1 tasse ». Doubler ou tripler la part la fait basculer. Une série de trois cas, publiée en 2024 dans les Annals of Internal Medicine Clinical Cases, décrit des hyperkaliémies graves (6,6 à 7,4 mmol/l) chez des patients déjà atteints de maladie rénale, après des quantités importantes de fruit ou de jus pendant des semaines. Deux présentations comportaient un trouble du rythme. Ce n’est pas le profil d’un adulte aux reins sains qui mange un quartier.
Les apports de référence américains de 2019 visent 3 400 mg par jour chez l’homme et 2 600 mg chez la femme. Ils ne s’appliquent pas en cas d’excrétion altérée. En France, le néphrologue ou le diététicien de dialyse fixe la cible. Ni ce texte ni une liste d’aliments américaine ne remplacent un dosage de kaliémie.
Faiblesse musculaire, fourmillements, nausées, pouls très lent ou lipothymie chez une personne qui a les reins malades et qui a beaucoup mangé de pastèque justifient un avis médical rapide. En cas de malaise brutal, de douleur thoracique ou de grande bradycardie, appelez le 15 ou le 112.

Ballonnements, FODMAP et allergie au pollen
La pastèque est un aliment riche en FODMAP, surtout en fructose. Chez une personne atteinte de syndrome de l’intestin irritable, une grande part peut gonfler, faire mal, constiper ou accélérer le transit. Ce n’est pas une intolérance au fruit « en soi », c’est la charge en sucres fermentescibles d’un volume élevé. Réduire la portion, la tester séparément, puis la réintroduire avec un diététicien formé au protocole FODMAP est plus utile que d’éliminer tous les fruits.
La Cleveland Clinic signale aussi une teneur élevée en tyramine, parfois incriminée dans des crises de migraine. Le lien n’est pas démontré pour chacun. Si les céphalées reviennent après le melon, un carnet alimentaire sur deux semaines, relu avec le médecin, vaut mieux qu’une exclusion définitive improvisée.
L’allergie vraie est rare. Une réaction croisée avec les pollens de graminées ou d’ambroisie peut donner un syndrome d’allergie orale, avec démangeaison, picotement ou léger gonflement des lèvres, de la bouche ou de la gorge. Ces signes restent souvent localisés. Un gonflement qui gagne le visage, un sifflement, une gêne à respirer ou un malaise imposent d’appeler le 15 ou le 112. Les personnes déjà équipées d’un stylo d’adrénaline suivent leur plan d’urgence.
Une urticaire, des crampes ou des vomissements dans les minutes après la dégustation, même sans pollen, relèvent d’un allergologue, pas d’un test Internet. Concombre, melon, parfois céleri ou kiwi, peuvent croiser. Tant que le diagnostic n’est pas posé, inutile d’élargir l’éviction au hasard.
Jus de pastèque et courbatures après l’effort
La citrulline entre dans le cycle de l’urée et aide à évacuer une partie de l’ammoniac musculaire. D’où l’idée d’un jus « récupération ». L’essai souvent cité de Tarazona-Díaz et coll. (2013, Journal of Agricultural and Food Chemistry) portait sur sept sportifs, 500 ml de jus (1,17 g de citrulline) comparés à un jus enrichi et à un placebo. Les courbatures à 24 heures et le pouls de récupération étaient meilleurs avec les jus de pastèque. L’échantillon est minuscule, l’essai n’est pas en double aveugle, et les performances n’étaient pas meilleures.
Une méta-analyse de 2020 (Rhim et coll.) sur la citrulline, surtout sous forme de malate à 8 g, a trouvé une baisse de la perception de l’effort et des courbatures à 24 heures, sans effet clair sur le lactate ni à 72 heures. Huit grammes de malate, ce n’est pas un verre de jus. Coller les deux littératures revient à vendre le fruit pour le complément.
Après un effort, la pastèque reste une source d’eau, de glucides et d’un peu de sel si l’on saupoudre légèrement, comme le suggère la Cleveland Clinic. Elle ne remplace ni la ration de protéines, ni une boisson de réhydratation quand la séance a beaucoup fait transpirer. Le jus pasteurisé perd une partie de la biodisponibilité de la citrulline par rapport au jus non chauffé, d’après le volet in vitro de l’étude de 2013. Pour l’hydratation quotidienne, le fruit entier reste plus raisonnable que le litre de jus.
Laver, couper et conserver le fruit sans intoxication
L’écorce verte n’est généralement pas mangée crue, mais le couteau la traverse. La FDA demande de laver tous les fruits à l’eau courante avant de les préparer, y compris ceux dont on jette la peau, et de brosser les végétaux fermes (melons, concombres) avec une brosse propre. Savon, détergent et « bains » du commerce ne sont pas recommandés, car la chair poreuse peut retenir ces produits. Se laver les mains 20 secondes avant et après, et garder une planche distincte de celle de la viande crue, limite les transferts.
Achetez un fruit ferme, lourd, sans plaie. Un demi-melon ou un mélange déjà coupé doit être au froid ou sur glace, pas à température ambiante du rayon. Les CDC ont enquêté en 2018 et 2019 sur des épidémies de salmonellose liées à du melon pré-coupé aux États-Unis, avec 77 malades et 36 hospitalisations dans le bilan de 2018, sans décès. Le risque n’est pas théorique.
Les melons, peu acides, se conservent longtemps au réfrigérateur. Ces deux conditions favorisent Listeria monocytogenes, soulignent les CDC (page du 11 août 2024). La bactérie peut encore se multiplier au froid. Une fois le fruit tranché, rangez-le dans un récipient propre à 4 °C environ et consommez-le dans les deux heures s’il est resté dehors (une heure au-dessus de 32 °C, seuil américain de la FDA). Enfants, femmes enceintes, personnes âgées et immunodéprimés sont plus vulnérables. Vomissements, diarrhée, fièvre après un melon coupé justifient un avis médical ; une grossesse ou un terrain fragile, davantage encore.
Choisir un fruit mûr se fait surtout au poids et à la tache crème-jaune du « ventre » qui a reposé au sol. L’AHA relatait en 2021 le consensus des spécialistes, selon lequel tapoter n’apprend pas grand-chose. Une tache trop blanche plaide pour un fruit encore vert.
Quand la pastèque devient un problème de santé
Pour un adulte aux reins sains, sans allergie et sans intestin irritable sévère, le fruit reste un aliment ordinaire. Les situations qui changent la donne tiennent au volume, au terrain et à l’hygiène, pas à un « poison d’été ».
Voici des seuils concrets, tirés des sources déjà citées, pour décider si vous pouvez continuer à la maison ou si vous devez voir un professionnel.
- Si vous avez une maladie rénale, un sartan ou un IEC et beaucoup de pastèque chaque jour, parlez-en et faites doser le potassium.
- Si la glycémie capillaire dépasse nettement votre cible après une grande part, réduisez la portion et voyez l’équipe du diabète.
- Si le syndrome de l’intestin irritable se réveille dès 150 à 200 g, testez une part plus petite plutôt qu’une éviction totale.
- Une démangeaison de bouche isolée au pollen se discute avec un allergologue, mais un gonflement qui gêne la respiration impose le 15 ou le 112.
- Fièvre, vomissements ou diarrhée après du melon déjà tranché, chez un enfant, une femme enceinte ou une personne âgée, demandent un avis médical dès le jour même.
L’excès de vitamine C ou de lycopène par le fruit seul n’est pas un scénario réaliste. Il faudrait des kilogrammes répétés pour approcher les seuils de suppléments, et un dessert d’été n’y suffit pas.
Questions fréquentes
Peut-on manger de la pastèque tous les jours ?
Oui, si le reste de l’alimentation reste varié et si vos reins, votre glycémie et votre intestin le permettent. Une portion d’environ 150 g, dans le cadre des fruits de la journée, est le calibre le plus souvent étudié. En remplacer tous les autres fruits par ce seul melon appauvrit l’apport en fibres et en micronutriments différents.
La pastèque est-elle trop sucrée ?
Elle contient 6,2 g de sucres naturels pour 100 g, ce qui est modéré pour un fruit. L’effet sur la glycémie dépend surtout de la taille de la part, pas du goût sucré. Une tasse reste une charge basse ; un saladier ou un litre de jus ne l’est plus.
Que faire des pépins et de l’écorce ?
L’écorce concentre davantage de citrulline et un peu plus de fibres, avec moins de sucre. On peut la cuisiner en condiment aigre-doux, comme le mentionne la Cleveland Clinic, à condition de la laver avec le fruit. Les graines séchées apportent surtout des lipides et du magnésium ; elles ne reproduisent pas le profil de la chair.
Faut-il préférer le fruit au jus ?
Oui, pour la satiété et le contrôle des glucides. Le jus fait disparaître la structure, accélère la prise et, en grand volume, rapproche la dose de potassium et de sucre d’une restriction rénale ou d’un compte de diabète. Le fruit entier correspond mieux aux guides américains qui privilégient le fruit plutôt que le jus.
Une pastèque entière est-elle dangereuse pour les reins ?
Chez une personne aux reins sains, non. Chez une personne en maladie rénale chronique, sous IEC, sartan ou en dialyse, des quantités journalières élevées ont déjà provoqué des hyperkaliémies graves. La consigne NKF d’une tasse, à adapter avec le néphrologue, est le point de départ.
Les enfants peuvent-ils en manger autant qu’ils veulent ?
Une part raisonnable, lavée et coupée au moment du repas, convient à la plupart des enfants. Le volume « à volonté » d’un goûter d’été peut trop sucrer la journée et, si le melon a attendu au soleil, exposer à une toxi-infection. Pour un nourrisson, suivez les conseils de diversification du médecin, pas une recette d’adulte.
Conclusion
La pastèque tient ses deux promesses modestes, hydrater et sucrer peu, pour peu de calories, avec un pigment rouge et un acide aminé dont les doses utiles dépassent largement le quartier habituel. Les extraits et les compléments de citrulline ont davantage de données sur l’endothélium que le fruit du marché, et le lien lycopène-prostate a été rétrogradé par l’AICR/WCRF. Garder le melon dans une alimentation variée reste raisonnable ; lui prêter un pouvoir thérapeutique, non.
Si vous avez une maladie rénale, un diabète traité ou un intestin irritable, notez la quantité réelle (pesée une fois, puis estimée) et demandez à votre médecin ou à votre diététicien comment l’inscrire dans votre plan, y compris la kaliémie si un IEC ou un sartan est en cours. Pour tout le monde, le geste le plus concret de la saison consiste à brosser l’écorce, à couper proprement et à mettre le fruit au froid.
Un fruit bien choisi, une tasse plutôt qu’un saladier, et le 15 ou le 112 dès qu’une réaction allergique gagne la respiration ou qu’un malaise survient chez une personne aux reins fragiles. C’est le cadre utile, sans miracle et sans panique.
Sources
- Why Watermelon Should Be Part of Your Diet. Cleveland Clinic, 4 mai 2026.
- Dos Santos Baião D, da Silva DVT, Paschoalin VMF : Watermelon Nutritional Composition with a Focus on L-Citrulline and Its Cardioprotective Health Effects—A Narrative Review. Nutrients, 14 octobre 2025.
- Luo P, Li Z, Liu K et al. : Effects of L-citrulline supplementation and watermelon intake on arterial stiffness and endothelial function in middle-aged and older adults: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Frontiers in Nutrition, 13 novembre 2025.
- Singh K, Liao H, Edirisinghe I et al. : Dose–Response Effect of Watermelon Consumption on Ambulatory Blood Pressure in Adults with Elevated Blood Pressure: A Randomized Controlled Pilot Trial. Nutrients, 26 septembre 2025.
- Smeets ETHC, Mensink RP, Joris PJ : Effects of l-citrulline supplementation and watermelon consumption on longer-term and postprandial vascular function and cardiometabolic risk markers: a meta-analysis of randomised controlled trials in adults. British Journal of Nutrition, 14 novembre 2022.
- Lee SH, Moore LV, Park S et al. : Adults Meeting Fruit and Vegetable Intake Recommendations — United States, 2019. Morbidity and Mortality Weekly Report, 7 janvier 2022.
- Tomatoes and Cancer, The Role of Lycopene. American Institute for Cancer Research, 2 janvier 2020.
- Potassium – Health Professional Fact Sheet. National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements, 2 juin 2022.
- Potassium in Your CKD Diet. National Kidney Foundation, 5 mai 2023.
- Selecting and Serving Produce Safely. U.S. Food and Drug Administration, mis à jour en 2026.
- How Listeria Spread: Sprouts and Melons. Centers for Disease Control and Prevention, 11 août 2024.
- Merschel M : Watermelon is a summertime staple. But what’s hidden behind the sweetness?. American Heart Association, 1er juillet 2021.
