Douleur aux talons : causes, traitement et quand consulter

Douleur aux talons : causes, traitement et quand consulter

Sous le talon, la cause la plus fréquente est une irritation de l’aponévrose plantaire, la bande fibreuse qui relie le calcanéum aux orteils. Derrière le talon, la gêne vient plus souvent du tendon d’Achille ou d’une bourse séreuse, presque toujours après des contraintes répétées plutôt qu’après une seule chute.

Le premier pas hors du lit donne parfois l’impression qu’un clou perce la plante, puis la douleur s’atténue après quelques minutes de marche. Ce tableau, banal en consultation, correspond à plus d’un million de visites par an aux États-Unis pour fasciite plantaire, selon une fiche JAMA de 2024.

La plupart des épisodes concernent des adultes de 40 à 60 ans. Une poche de glace 15 à 20 minutes, trois fois par jour, des étirements de la plante et du mollet, et des chaussures à bon soutien suffisent souvent ; le NHS britannique conseille de voir un médecin si rien n’a bougé après deux semaines de soins à la maison.

Où se situe la douleur et ce qu’elle indique

L’endroit du talon oriente déjà le diagnostic. Une douleur sous le talon, surtout en dedans, évoque d’abord l’aponévrose plantaire ; une douleur à l’arrière, au-dessus de l’os, oriente vers le tendon d’Achille ou une bourse voisine, comme le résume la Mayo Clinic en 2025.

Le calcanéum reçoit à chaque pas le poids du corps. L’aponévrose tend la voûte ; le tendon d’Achille, le plus puissant du corps, relie les mollets à l’arrière de l’os. Quand la charge augmente plus vite que ces tissus ne s’adaptent, des microlésions s’accumulent. La Cleveland Clinic souligne que la gêne naît souvent sans traumatisme unique, après la course, le saut ou de longues heures debout sur du béton.

Ignorer la douleur et poursuivre les mêmes efforts allonge souvent la convalescence. La plupart des talons douloureux s’améliorent sans opération, mais le temps de récupération s’allonge si l’appui continue à trop charger la zone, précise la même source.

La face interne, la face externe et le milieu du talon n’ont pas les mêmes pistes. Une brûlure ou des fourmillements vers la plante font plutôt penser à un nerf. Une douleur profonde, « comme un bleu », au centre du talon, oriente vers le coussinet graisseux. Un enfant qui boite après le football a davantage une irritation du cartilage de croissance qu’une fasciite d’adulte.

Un craquement, un talon déformé ou l’impossibilité de marcher sortent de ce cadre mécanique habituel et relèvent d’un avis urgent, pas d’un diagnostic posé seul devant un miroir.

Illustration de la douleur au talon

Fasciite plantaire, la douleur sous le talon aux premiers pas

La fasciite plantaire se reconnaît surtout à une douleur vive sous le talon, souvent en dedans, dès les premiers appuis après le sommeil ou une station assise. D’après le Merck Manual (mise à jour 2026), elle s’atténue souvent en 5 à 10 minutes de marche, puis revient plus tard dans la journée, surtout à la propulsion.

Le mot « fasciite » suggère une inflammation franche. L’histologie montre pourtant, dans beaucoup de cas chroniques, une dégénérescence du tissu fibreux, d’où le terme de fasciose que le Merck Manual juge plus exact. Les deux mécanismes peuvent se succéder, une phase irritative puis un tissu moins élastique, plus sensible à l’étirement brutal du matin.

L’American Physical Therapy Association, résumée par American Family Physician en 2025, attribue à cette affection environ 15 % des douleurs de pied. Elle touche autant les femmes que les hommes, surtout entre 40 et 60 ans, et plus encore les coureurs. Beaucoup de patients attendent plus d’un an avant de consulter, ce qui allonge le chemin.

À l’examen, la pression sur la tubérosité calcanéenne médiale, là où l’aponévrose s’accroche, réveille souvent une douleur nette. Le test de windlass, qui tend la bande en relevant les orteils, peut la reproduire. Une dorsiflexion de cheville limitée, c’est-à-dire une difficulté à ramener le pied vers le tibia, figure parmi les facteurs associés dans la fiche JAMA de 2024.

Une radiographie montre parfois une épine calcanéenne. Cette excroissance n’explique en général pas la douleur. La Mayo Clinic (2026) indique que retirer l’épine n’est habituellement pas nécessaire, car l’épine ne la provoque pas. MedlinePlus ajoute que les épines existent chez des personnes avec et sans fasciite.

Douleur derrière le talon, tendon d’Achille et Haglund

Une douleur à l’arrière du talon, parfois un peu plus haut sur le tendon, évoque une tendinopathie d’Achille. La Mayo Clinic (2025) décrit d’abord une simple gêne après la course ou le sport, puis une brûlure plus nette après un effort long, les escaliers ou un sprint. Avec le temps, la zone peut rester sensible même au repos.

Le tendon souffre surtout quand le volume d’entraînement grimpe trop vite, chez le coureur comme chez le sportif du dimanche d’âge moyen. Pieds plats ou très creux, mollets raides, surplus de poids, chaussures usées, collines et froid augmentent la contrainte. Les fluoroquinolones, une famille d’antibiotiques, sont associées à un taux plus élevé de tendinite d’Achille ; signalez tout traitement récent à votre médecin.

Deux localisations se distinguent. La forme moyenne touche le corps du tendon, quelques centimètres au-dessus de l’os. La forme insertionnelle siège à l’accroche sur le calcanéum et s’associe parfois à une bourse irritée ou à une bosse osseuse. La Cleveland Clinic nomme déformation de Haglund cette saillie arrière, souvent aggravée par des chaussures à talon haut qui frottent.

La bursite donne une sensation de bleu profond, avec une peau parfois rouge et chaude au contact de la tige. Elle apparaît après de longues heures debout. Une infiltration de corticoïde dans un tendon porteur n’est en général pas proposée, car elle augmente le risque de rupture ; la Cleveland Clinic réserve plutôt les injections à certaines fasciites ou bursites, pas au tendon lui-même.

Une douleur soudaine, un claquement, l’impossibilité de se mettre sur la pointe des pieds ou de pousser le pied vers le bas font craindre une rupture. Dans ce cas, le NHS conseille de ne pas « tester » le tendon et de demander une prise en charge urgente. Une tendinopathie négligée peut évoluer vers une tendinose, tissu moins solide, plus exposé à la déchirure.

Fracture de fatigue, coussinet, nerf et maladie de Sever

Toutes les douleurs sous le talon ne sont pas une fasciite. Après une hausse brutale de kilométrage ou un passage sur sol plus dur, une fracture de fatigue du calcanéum donne une douleur qui, d’abord limitée à l’effort, peut gagner le repos. La Cleveland Clinic la décrit comme une gêne qui peut courir sous le talon, sur le côté et en arrière.

Le coussinet graisseux, amortisseur naturel, s’amincit avec l’âge, le surpoids ou des infiltrations répétées de corticoïdes, note le Merck Manual. La marche pieds nus sur du carrelage réveille alors une douleur profonde, centrale, différente de la piqûre médiale de l’aponévrose. Un choc unique sur une pierre peut aussi contusionner ce coussin sans bleu visible.

Fourmillements, brûlure ou décharge vers la plante orientent vers un nerf, notamment le nerf tibial dans le tunnel tarsien, derrière la malléole interne. Le NHS demande de consulter en cas de fourmillements ou de perte de sensibilité. Une atteinte des deux pieds, surtout chez une personne diabétique, élargit la piste vers une neuropathie plutôt que vers une simple surcharge locale.

Chez l’enfant actif de 8 à 14 ans, la Cleveland Clinic place au premier plan la maladie de Sever, irritation du cartilage de croissance à l’arrière du calcanéum. La course et les sauts tirent sur cette zone encore souple. L’affection n’est pas une « vraie » maladie chronique de l’adulte ; elle s’apaise en général quand la plaque de croissance se ferme, à condition de réduire les impacts le temps de la douleur.

Arthrite rhumatoïde, rhumatisme psoriasique, spondylarthrite, goutte, infection osseuse ou, très rarement, tumeur figurent sur la liste Mayo des causes médicales. Fièvre, talon très chaud, altération de l’état général ou douleur nocturne qui empêche de dormir sortent du schéma mécanique simple et justifient un avis rapide, sans attendre les deux semaines de soins à domicile.

Qui est le plus exposé

L’âge de 40 à 60 ans concentre les cas de fasciite, d’après le NHS (2025) et la synthèse AAFP des recommandations de kinésithérapie. Les coureurs plus jeunes et les personnes sédentaires qui se remettent brusquement au sport sont aussi concernés.

Un indice de masse corporelle supérieur à 25 augmente le risque, selon la fiche JAMA de 2024, tout comme un travail qui impose de rester longtemps debout et une dorsiflexion de cheville limitée. La Cleveland Clinic ajoute les pieds plats, les pieds très creux, l’arthrose de cheville et les chaussures trop souples, sans cambrure ni amorti.

Les métiers sur béton (enseignement, usine, soins) chargent le talon des heures durant. À l’inverse, le Merck Manual rappelle que la sédentarité, les journées assises et le port chronique de talons hauts raccourcissent le couple mollet-aponévrose. Quand on repasse ensuite aux baskets plates, la bande se retrouve trop courte pour le premier pas.

Une paire de running usée perd son amorti, un point que la Mayo Clinic rappelle pour la fasciite comme pour le tendon d’Achille. Changer de surface, allonger les sorties trop vite ou enchaîner collines et fractionné sans palier a le même effet sur le tendon.

Les maladies inflammatoires (polyarthrite, psoriasis, spondylarthrite) et le diabète changent la donne. Le NHS insiste pour que toute personne diabétique avec une douleur de talon consulte, les plaies et les nerfs du pied étant plus vulnérables. Ce n’est pas de la « simple » fasciite tant que le médecin n’a pas écarté une complication du pied diabétique.

Que faire à la maison les premiers jours

Pour une douleur mécanique sans fièvre ni trauma, le premier levier est de baisser la charge, pas d’arrêter tout mouvement. Le NHS et la Mayo Clinic visent la même idée. Il s’agit de moins courir, de moins rester debout longtemps, d’éviter le sol dur, tout en gardant une activité peu impactante, natation ou vélo.

La glace se discute avec des protocoles voisins, pas identiques. La Mayo Clinic (page symptôme, 2025) propose 15 à 20 minutes, trois fois par jour, poche enveloppée ou sachet de petits pois surgelés. Sa fiche fasciite (2026) parle de 15 minutes, trois ou quatre fois par jour, ou d’une bouteille d’eau congelée à faire rouler sous le pied. Le NHS autorise jusqu’à 20 minutes toutes les 2 à 3 heures. L’essentiel est d’interposer un linge et de ne pas coller la glace à la peau.

Les chaussures font autant que le gel. Le NHS recommande une paire large, à talon bas et semelle souple, avec semelles ou talonnettes si besoin, et déconseille talons hauts, chaussures pointues, tongs et chaussons sans arrière. Évitez aussi de marcher pieds nus sur un sol dur, y compris le carrelage du matin, le temps que la poussée se calme.

Le pharmacien peut indiquer un antalgique adapté, paracétamol ou ibuprofène en gel, parfois en comprimé. La Mayo Clinic cite aussi l’aspirine et le naproxène parmi les options en vente libre aux États-Unis. En France, le choix, la durée et les contre-indications (estomac, reins, anticoagulants, grossesse) se règlent avec le pharmacien ou le médecin, sans recopier une posologie étrangère.

Quelques gestes concrets, chacun une phrase complète.

  • Surélevez le pied dès que vous êtes assis, pour limiter l’œdème de fin de journée.
  • Remplacez une sortie course par de la natation ou du vélo tant que le premier pas reste douloureux.
  • Glissez une talonnette souple dans les deux chaussures, même si un seul talon souffre, pour éviter de fausser la marche.
  • Coupez les distances à pied sur bitume et posez un tapis derrière le lit pour le lever.
  • Notez depuis quand ça dure, l’endroit exact et ce qui aggrave, pour le rendez-vous si besoin.

Si, après deux semaines de ce régime, la douleur reste aussi vive, le NHS recommande de consulter. La Mayo Clinic parle plutôt de « quelques semaines » d’essai à domicile. Ni l’un ni l’autre ne demande d’attendre des mois.

Étirements, renforcement et chaussures

Étirer l’aponévrose, les muscles jumeaux et le soléaire réduit douleur et handicap, avec un niveau de preuve faible à modéré, d’après la synthèse AAFP 2025 des recommandations de l’American Physical Therapy Association. L’étirement spécifique de la bande plantaire semble un peu plus utile que celui du mollet seul ; les combiner vaut souvent mieux qu’un anti-inflammatoire isolé.

Le renforcement change davantage le quotidien que l’étirement tout seul. Les mêmes recommandations placent en avant les fléchisseurs des orteils, les muscles qui inversent et éversent la cheville, et le jumeau. L’idée n’est pas de forcer l’aponévrose par des étirements répétés, mais de rendre le pied capable d’encaisser la marche.

Un geste simple, le matin avant de poser le pied au sol, consiste à ramener doucement les orteils vers soi, genou tendu ou légèrement fléchi, jusqu’à sentir une bande sous la voûte, sans à-coup. Contre un mur, la jambe arrière tendue, talon collé au sol, hanches avancées, étire le mollet. Ces mouvements restent indicatifs. Un kinésithérapeute les ajuste si la douleur augmente pendant ou après.

L’attelle de nuit maintient le pied un peu relevé pendant le sommeil, alors que beaucoup de gens dorment le pied en pointe, ce qui laisse l’aponévrose se raccourcir. La Mayo Clinic et le Merck Manual en font un outil utile contre la douleur du lever. Elle est inconfortable au début ; le podologue du NHS peut proposer un modèle si les étirements du jour ne suffisent pas.

Semelles de pharmacie et semelles sur mesure soulagent de façon comparable, pour un coût moindre en magasin, selon la fiche JAMA de 2024. La Mayo Clinic (2025) écrit que les supports de voûte sans ordonnance aident souvent et que le sur-mesure n’est en général pas nécessaire pour une douleur de talon. Le Merck Manual ajoute talonnette et soutien de voûte aux étirements d’Achille. Un bandage de voûte, enseigné en kinésithérapie, peut calmer les premiers jours.

Étirement des muscles du mollet

Quand consulter pour une douleur au talon

Une douleur progressive sous le talon, sans fièvre, peut d’abord se traiter à la maison. Le NHS demande un médecin si elle est trop forte pour les activités habituelles, si elle empire ou revient, si deux semaines de soins n’ont rien changé, s’il existe des fourmillements, ou en cas de diabète.

Les signes qui ne doivent pas attendre figurent chez la Mayo Clinic et le NHS. Douleur brutale après un choc, craquement, pied de forme anormale, impossibilité de marcher, de monter sur la pointe ou de pousser le pied vers le bas, malaise, mollet gonflé et meurtri. Dans ces cas, contactez le 15 ou le 112. Fièvre associée à un engourdissement du talon, gonflement marqué, talon très chaud. L’avis est alors urgent, infection et fracture n’étant pas des fasciites.

Chez l’enfant, une boiterie, un refus d’appui, une rougeur importante ou une douleur après un traumatisme ne se gèrent pas comme une apophysite de croissance. La maladie de Sever se calme avec le repos sportif, mais elle ne « couvre » pas une fièvre ou un talon inflammatoire.

Situation Conduite
Premier pas douloureux, sans fièvre ni trauma Soins à domicile 2 semaines, puis médecin si inchangé (NHS, 2025)
Craquement, pied déformé, impossibilité de marcher Appelez le 15 ou le 112 (NHS ; Mayo Clinic, 2025)
Fièvre avec engourdissement, gonflement marqué Avis urgent le jour même (Mayo Clinic, 2025)
Fourmillements, perte de sensibilité, ou diabète Consultez sans attendre la fin des 2 semaines (NHS, 2025)
Douleur même allongé, ou qui dure au-delà de quelques semaines Prenez rendez-vous (Mayo Clinic, 2025)
Enfant de 8 à 14 ans, douleur à la course, sans fièvre Repos des impacts et avis si l’appui devient impossible (Cleveland Clinic, 2024)

Le médecin traitant, le kinésithérapeute ou le podologue se partagent ensuite le suivi. En France, la place de chacun et l’accès à l’imagerie suivent la pratique locale, que le soignant appliquera ; les délais du NHS ne sont pas ceux de l’Assurance maladie.

Comment le médecin pose le diagnostic

L’interrogatoire et l’examen suffisent le plus souvent. La Mayo Clinic (2026) rappelle que le siège de la douleur, reproduite à la pression, distingue déjà une fasciite d’une autre affection. Le Merck Manual décrit une manœuvre simple, pouce ferme sur le calcanéum, pied relevé, jusqu’à ce que la douleur de l’insertion se réveille.

Le médecin demande le type de chaussures, le métier, une hausse d’activité, un traitement par fluoroquinolone, un psoriasis, un diabète, une douleur lombaire. Il palpe l’aponévrose, le tendon, les bourses, les malléoles, et observe la marche. Une radiographie n’est pas le premier réflexe si le tableau est typique.

Quand la douleur devient chronique, l’AAFP (2025) indique une radiographie en charge comme premier cliché, pour chercher une fracture, de l’arthrose ou un mauvais alignement. Si le cliché est normal, une échographie peut montrer une aponévrose de plus de 4 mm, hypoéchogène. L’IRM reste rare, réservée aux doutes (fracture de fatigue, rupture, tumeur) ou à l’échec des soins, comme le notent la Mayo Clinic et la Cleveland Clinic.

Un claquement aigu avec petit gonflement local peut signer une déchirure d’aponévrose, pour laquelle le Merck Manual évoque une IRM. Une douleur qui irradie depuis le bas du dos vers le talon fait chercher une racine S1 plutôt qu’un problème de semelle.

Infiltrations, ondes de choc et chirurgie

Si étirements, chaussures et repos relatif ne suffisent pas après plusieurs mois, d’autres options existent, aucune n’étant un remède garanti. La Mayo Clinic (2026) parle d’une amélioration en quelques mois pour la plupart des gens avec des moyens simples ; MedlinePlus situe plutôt le mieux-être entre 6 et 18 mois. La fiche JAMA de 2024 tempère encore. Jusqu’à 80 % des patients peuvent garder des symptômes un an après le diagnostic, et jusqu’à 44 % à 15 ans, en général moins intenses.

L’infiltration de corticoïde dans la zone interne du talon peut calmer la douleur quelques semaines. La revue Cochrane de 2017 (39 essais, 2 492 adultes) trouve une baisse légère de la douleur avant un mois (environ 6 points sur une échelle de 100, bénéfice au bord du seuil clinique), sans effet clair entre 1 et 6 mois, ni sur la fonction. Parmi 699 personnes injectées dans les essais qui rapportaient les effets indésirables, on compte deux ruptures d’aponévrose et trois infections. La Mayo Clinic déconseille les injections répétées, qui fragilisent la bande et amincissent le coussinet.

Le plasma riche en plaquettes, prélevé dans le sang du patient, est proposé dans certains centres pour un effet plus durable que le corticoïde, selon JAMA et la Mayo Clinic. Le niveau de preuve reste inégal ; ce n’est pas un soin de premier recours. La toxine botulique et la radiothérapie, parfois citées dans d’anciens textes grand public, n’ont dans Cochrane que des données de très faible qualité et ne font pas partie d’une stratégie standard.

Les ondes de choc extracorporelles envoient des impulsions acoustiques sur la zone douloureuse. Le NICE britannique (recommandation HTG200, publiée en 2009, toujours en vigueur) ne signale pas d’alerte majeure de sécurité, mais juge les preuves d’efficacité contradictoires. La procédure ne devrait être utilisée qu’avec un encadrement, un consentement éclairé et un suivi des résultats. La Mayo Clinic les réserve en pratique aux formes qui durent malgré le reste. Le NHS peut les proposer après échec des soins conservateurs. Un médecin en France indiquera ce qui est disponible localement.

La chirurgie, libération partielle de l’aponévrose ou allongement du jumeau, reste rare. La Cleveland Clinic et la Mayo Clinic la réservent aux douleurs graves après l’échec des autres traitements. Un plâtre ou une botte de marche peut précéder cette étape, indique le Merck Manual. L’opération n’efface pas le risque de douleur résiduelle ; elle n’est pas un raccourci pour éviter étirements et chaussures.

Limiter le retour de la douleur

Garder mollet, tendon d’Achille et plante souples réduit le risque de récidive, d’après MedlinePlus et la Cleveland Clinic. Un étirement bref le matin, avant le premier pas, et après une journée debout, coûte peu et entretient ce que les semaines de crise ont reconquis.

Les chaussures doivent soutenir la voûte, amortir le talon et correspondre à l’activité. La Mayo Clinic insiste pour remplacer une paire usée et pour ne pas courir en chaussures de ville plates. Sur sol dur, une semelle ou une talonnette reprend une partie du choc. Les coureurs ont intérêt à réduire le kilométrage et à choisir des surfaces plus souples le temps de la reprise, comme le suggère la Cleveland Clinic.

Montez les charges par paliers. La Mayo Clinic le décrit pour le tendon d’Achille, et la même logique vaut pour l’aponévrose. Une reprise brutale après des mois sans sport recrée le schéma qui a déclenché la douleur. Alternez impacts et activités sans frappe du talon. Un poids trop élevé augmente la pression à chaque pas. Le NHS et MedlinePlus en font un levier, sans en faire une leçon.

Reprendre le sport « pour voir » dès que la douleur baisse un peu est le piège le plus fréquent. La Cleveland Clinic rappelle que plus la gêne s’installe, plus elle devient difficile à calmer.

Questions fréquentes

Pourquoi le talon fait-il plus mal le matin ?

Parce que l’aponévrose et le mollet restent en position courte pendant la nuit, puis subissent un étirement brusque au premier appui. Le Merck Manual décrit une douleur qui cède souvent en 5 à 10 minutes de marche, avant de revenir plus tard. Un étirement doux des orteils avant de descendre du lit peut atténuer ce pic, s’il ne réveille pas une douleur plus vive.

L’épine calcanéenne est-elle la cause de ma douleur ?

En général non. La Mayo Clinic (2026) et MedlinePlus indiquent que l’épine visible à la radio n’est habituellement pas responsable et qu’on la trouve aussi chez des personnes sans douleur. Le traitement vise l’aponévrose, les chaussures et la charge, pas le pic osseux.

Combien de temps une fasciite plantaire peut-elle durer ?

Les sources ne disent pas la même chose, et il faut les citer ensemble. La Mayo Clinic observe une amélioration en quelques mois chez beaucoup de patients avec des soins simples ; MedlinePlus parle de 6 à 18 mois ; JAMA (2024) rapporte jusqu’à 80 % de symptômes persistants à un an, souvent moins intenses à 15 ans. Une durée longue n’est donc pas rare, même si l’intensité baisse.

Une semelle sur mesure est-elle indispensable ?

Non, pas d’emblée. JAMA (2024) conclut que les semelles du commerce soulagent de façon comparable, pour moins cher. La Mayo Clinic estime le sur-mesure rarement nécessaire pour une douleur de talon. Un podologue peut malgré tout en proposer si le pied a une forme particulière que la semelle standard ne corrige pas.

Puis-je continuer à courir ?

Si chaque sortie réveille ou empire la douleur, le NHS et la Mayo Clinic demandent de réduire l’impact. La natation et le vélo permettent de bouger sans frapper le talon. Reprendre la course se fait par petites distances, sur sol moins dur, avec une paire encore amortissante, une fois les premiers pas du matin redevenus tolérables.

Les infiltrations de cortisone guérissent-elles le talon ?

Elles peuvent diminuer la douleur à court terme, pas de façon durable dans les essais. Cochrane (2017) ne montre un petit bénéfice que jusqu’à un mois, pas entre 1 et 6 mois, avec un risque rare mais réel de rupture d’aponévrose ou d’infection. La Mayo Clinic déconseille de les répéter. Ce n’est pas un traitement de fond.

Conclusion

Localiser la douleur reste le premier geste utile. Sous le talon au premier pas, on pense aponévrose ; derrière, tendon ou bourse ; chez l’enfant qui court, cartilage de croissance. Notez depuis quand ça dure, ce qui l’aggrave et si des fourmillements, une fièvre ou un diabète s’y associent. Ces précisions accélèrent la consultation plus qu’une liste de produits achetés au hasard.

Deux semaines de charge réduite, glace, chaussures soutenantes et étirements de la plante et du mollet forment le socle que le NHS met en avant. Si rien n’a bougé, le médecin traitant, le kinésithérapeute ou le podologue pourra ajouter un renforcement ciblé, plus efficace que l’étirement seul d’après les recommandations de 2025, et écarter fracture, nerf ou rhumatisme. Demandez-lui si votre tableau justifie une simple surveillance ou une imagerie, plutôt qu’une infiltration d’emblée.

Les ondes de choc, le plasma et la chirurgie existent pour les formes qui s’éternisent, avec des preuves inégales et, pour le NICE, une efficacité encore incertaine côté ondes de choc. Le but n’est pas une disparition immédiate de toute sensation, c’est de marcher sans compenser, puis de reprendre l’activité par paliers. Un talon qui craque, qui refuse l’appui ou qui s’accompagne de fièvre sort de ce calendrier. Appelez le 15 ou le 112, sans tester le tendon sur un carrelage.

Sources

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