Leucocytes dans les urines : causes et diagnostic

Leucocytes dans les urines : causes et diagnostic

Les leucocytes dans les urines, appelés leucocyturie ou pyurie, signalent une inflammation de l’appareil urinaire. La cause la plus fréquente est une infection, souvent une cystite, mais le même résultat peut venir d’une infection sexuellement transmissible, d’un calcul, d’un médicament ou d’un prélèvement mal fait.

Beaucoup de personnes découvrent le mot sur une bandelette de pharmacie ou un compte rendu d’examen cytobactériologique des urines (ECBU), avec une croix positive et, parfois, aucune bactérie. D’après un chapitre StatPearls mis à jour en 2024, cette pyurie dite stérile touche jusqu’à 13,9 % des femmes et 2,6 % des hommes dans des études en population.

Un seuil courant est de 10 leucocytes par millimètre cube. L’agence britannique UKHSA, dans son outil de 2025, juge que des leucocytes seuls, sans nitrites, rendent l’infection aussi probable qu’un autre diagnostic. Aux États-Unis, les CDC déconseillent de lancer une culture sur la seule pyurie, sans symptômes localisés.

Que signifie un taux élevé de leucocytes dans les urines ?

Un nombre élevé de globules blancs dans l’échantillon montre que la muqueuse urinaire réagit. Ces cellules, fabriquées surtout dans la moelle osseuse, se dirigent vers un foyer d’inflammation. Elles n’indiquent pas, à elles seules, quel microbe est en cause, ni même s’il y en a un.

La pyurie est définie, dans le chapitre StatPearls de 2024, par au moins 10 leucocytes par millimètre cube, par plus de 3 leucocytes par champ à fort grossissement sur urines non centrifugées, ou par une bandelette positive à l’estérase leucocytaire. La Cleveland Clinic retient le même ordre de grandeur et précise que l’urine peut alors paraître trouble ou colorée. Un résultat un peu au-dessus du seuil n’est donc pas une maladie. C’est un signe de laboratoire, à lire avec les symptômes et, si besoin, la culture.

L’absence de ces cellules a plus de poids que leur présence. Sans pyurie, une infection urinaire bactérienne devient peu probable chez une personne dont l’immunité n’est pas effondrée. À l’inverse, leur présence reste peu spécifique. Une contamination par des sécrétions vaginales, une urétrite, un calcul ou une nécrose papillaire peut donner le même tableau.

Les laboratoires français expriment souvent le résultat en leucocytes par millilitre. Dix mille par millilitre correspondent à 10 par millimètre cube. Le médecin relie le chiffre aux signes cliniques, à la qualité du recueil et aux autres paramètres de la bandelette. La pyurie nomme une inflammation documentée, pas un diagnostic.

Exemple d'infection urinaire avec des globules blancs dans l'urine

L’infection urinaire reste la cause la plus fréquente

La première piste, quand les leucocytes montent et que la miction brûle, reste une infection des voies urinaires. La Mayo Clinic rappelle que la plupart des épisodes touchent la vessie et l’urètre. Escherichia coli, bactérie du tube digestif, en est l’agent habituel. D’autres entérobactéries, Staphylococcus saprophyticus ou des entérocoques interviennent plus rarement.

Les femmes sont plus exposées. L’urètre est plus court et s’ouvre près de l’anus et du vagin, ce qui raccourcit le trajet des bactéries vers la vessie. L’activité sexuelle, certains spermicides, la périménopause et la grossesse augmentent encore le risque. Chez l’homme, une cystite isolée est moins banale. Elle peut accompagner une prostatite, un rétrécissement urétral ou un résidu post-mictionnel.

Les symptômes de cystite, décrits par la Mayo Clinic et les CDC, regroupent une brûlure en urinant, des envies fréquentes et impérieuses, une douleur sus-pubienne et, parfois, du sang dans les urines. Une infection du rein (pyélonéphrite) ajoute fièvre, frissons, douleur lombaire ou du flanc, nausées ou vomissements. Ces signes d’atteinte haute demandent un avis médical rapide, car le traitement et la surveillance ne sont pas ceux d’une cystite simple.

Les soignants américains, d’après la Cleveland Clinic, prennent en charge 8 à 10 millions d’infections urinaires chaque année. Le chiffre illustre la fréquence du problème. Il ne dit pas que tout leucocyte urinaire égale une cystite. Sans symptômes localisés, des bactéries peuvent coloniser la vessie sans maladie. C’est la bactériurie asymptomatique, définie par l’IDSA en 2019 comme au moins 10⁵ unités formant colonie par millilitre, que la pyurie soit présente ou non.

Trois situations élèvent le risque d’infection vraie, d’après la Mayo Clinic.

  • Un obstacle (calcul, prostate augmentée de volume, rétrécissement) laisse l’urine stagner et favorise la multiplication bactérienne.
  • Une sonde urinaire, un geste urologique récent ou un stent urétéral introduisent des bactéries et irritent la muqueuse.
  • Un diabète mal contrôlé, des médicaments immunosuppresseurs ou une maladie qui affaiblit les défenses rendent l’infection plus facile.

Le NIDDK et le NHS soulignent l’intérêt d’uriner quand l’envie est là et de vider la vessie complètement. Un résidu chronique entretient le terrain, plus qu’un unique report aux toilettes.

Leucocyturie sans bactérie, ce que le médecin cherche

Des leucocytes sans bactérie à la culture standard s’appellent pyurie stérile ou leucocyturie aseptique. Le nom trompe. Le prélèvement n’est pas toujours « propre ». Il peut cacher un germe qui ne pousse pas sur les milieux habituels, un traitement antibiotique déjà commencé, ou des leucocytes venus du vagin ou de l’urètre.

Sherchan et Hamill, dans StatPearls (2024), listent des causes infectieuses hors culture classique. Chlamydia trachomatis, Neisseria gonorrhoeae et Trichomonas vaginalis figurent en tête chez l’adolescent et l’adulte sexuellement actif. La tuberculose urogénitale, plus rare en France, reste à évoquer en cas de fièvre prolongée, d’amaigrissement, de sueurs nocturnes ou d’exposition. Des virus (adénovirus, herpès), des champignons (Candida) et des parasites (Schistosoma haematobium après baignade en eau douce en Afrique) peuvent donner le même profil.

Les causes non infectieuses sont nombreuses. Calculs, sondes, stents, irradiation pelvienne, cystite interstitielle, néphrite interstitielle, rejet de greffe rénale, lupus et maladie de Kawasaki y figurent. Certains médicaments, surtout des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des pénicillines, des sulfamides ou des inhibiteurs de la pompe à protons pris longtemps, sont associés à une pyurie. Les anticoagulants, eux, expliquent surtout du sang dans les urines, pas des leucocytes.

La contamination du recueil reste la cause banale chez la femme. Un premier jet, l’absence de toilette d’avant en arrière ou des pertes vaginales mélangées à l’échantillon suffisent. Répéter un recueil de milieu de jet, à distance d’un antibiotique, évite souvent des examens inutiles. L’UKHSA rappelle aussi qu’une seule dose d’antibiotique avant le prélèvement peut « décapiter » la culture tout en laissant les leucocytes.

Devant une pyurie persistante et des symptômes, le médecin élargit donc le bilan. Un test d’amplification des acides nucléiques pour chlamydia et gonocoque, un interrogatoire d’exposition à la tuberculose, une imagerie rénale si la fièvre ou la douleur lombaire sont là, parfois une recherche de mycobactéries sur trois urines du matin. Les CDC notent également la cystite interstitielle et le carcinome in situ de la vessie parmi les pistes non bactériennes.

Calculs, obstacle et causes non infectieuses

Un calcul rénal ou urétéral irrite l’urothélium et peut bloquer l’écoulement. La pyurie s’y associe souvent à du sang microscopique, à des cristaux et à une douleur en colique. La Mayo Clinic décrit aussi le risque d’infection en amont de l’obstacle. Un calcul infecté, surtout avec fièvre, n’est plus un simple « mal de rein ». Il justifie un avis urgent, parfois une dérivation des urines.

Un obstacle au vidage de la vessie favorise le même mécanisme. Prostate augmentée de volume, diverticule vésical, vessie neurologique, constipation opiniâtre chez l’enfant. L’urine résiduelle devient un milieu de culture, et les leucocytes montent, avec ou sans germes cultivables.

Les tumeurs de la vessie, du rein ou de la prostate peuvent s’accompagner d’une pyurie stérile. Ce n’est pas le mode de révélation le plus fréquent. Un saignement visible, un tabagisme, un âge élevé ou une pyurie qui revient sans explication orientent vers une cystoscopie ou une imagerie, selon le jugement du clinicien. Le chapitre StatPearls mentionne aussi la nécrose papillaire, observée dans le diabète, la drépanocytose et la néphropathie aux antalgiques.

Une inflammation voisine (appendicite, diverticulite, salpingite) peut faire migrer des leucocytes vers les urines sans cystite. StatPearls cite une série où environ 15 % des patients hospitalisés pour une infection hors appareil urinaire avaient une pyurie stérile. L’exercice intense et les anticoagulants, souvent cités à tort, relèvent surtout de l’hématurie.

Bandelette et ECBU, comment lire les résultats

L’analyse d’urine se fait en trois temps, décrits par la Mayo Clinic. L’œil juge la limpidité et la couleur. La bandelette détecte, entre autres, l’estérase leucocytaire, les nitrites, le sang, les protéines et le glucose. Le microscope compte les cellules, cherche des bactéries, des cylindres et des cristaux. Aucun de ces trois regards ne pose à lui seul le diagnostic.

L’estérase leucocytaire est une enzyme libérée par les polynucléaires. Elle sert de marqueur rapide de pyurie. Les nitrites apparaissent quand certaines bactéries à Gram négatif, dont E. coli, transforment les nitrates alimentaires. Un nitrite négatif n’élimine pas l’infection. Entérocoques, Pseudomonas et un séjour trop court de l’urine dans la vessie laissent le test blanc. Un nitrite faussement positif peut se voir avec la phénazopyridine, antalgique urinaire vendu aux États-Unis.

L’outil UKHSA mis à jour en 2025, destiné aux femmes de moins de 65 ans sans sonde ni infection récidivante, s’appuie d’abord sur trois signes. Douleur en urinant, nycturie récente, urines troubles à l’œil nu. Deux signes sur trois, sans pertes vaginales ni signes d’alarme, rendent l’infection probable. Un seul de ces signes conduit à la bandelette.

La lecture britannique de la bandelette, dans ce groupe, se résume ainsi. Nitrites positifs, ou leucocytes et sang positifs ensemble, rendent l’infection probable. Leucocytes positifs sans nitrites rendent l’infection aussi vraisemblable qu’un autre diagnostic. Nitrites, leucocytes et sang tous négatifs rendent l’infection peu probable. Ce n’est pas la règle française officielle, que le médecin traitant appliquera. C’est un cadre clair pour comprendre pourquoi une croix de leucocytes n’entraîne pas automatiquement un antibiotique.

En 2024, les recommandations des CDC tiennent le même raisonnement pour les cultures. Une pyurie isolée, une urine simplement trouble ou malodorante, ne justifient pas un ECBU de routine. Cultiver sans symptômes localisés pousse à traiter des colonisations. L’exception classique reste le dépistage de la bactériurie asymptomatique en début de grossesse et avant certains gestes urologiques avec saignement de muqueuse.

Un recueil de milieu de jet, après toilette d’avant en arrière, reste la base. La Mayo Clinic demande 30 à 60 millilitres et recommande de réfrigérer l’échantillon au-delà d’une heure. Un résultat polymicrobien chez la femme oriente d’abord vers une contamination.

Grossesse, sondes et personnes âgées

La grossesse n’élève pas « normalement » les leucocytes urinaires au point d’ignorer le résultat. Ce qui est fréquent, c’est une bactériurie sans symptômes, liée à la stase et à la dilatation des voies urinaires. L’IDSA, dans sa mise à jour de 2019, recommande de dépister et de traiter cette bactériurie chez la femme enceinte (recommandation forte, preuves de qualité modérée).

Le NICE, dans la NG109 de 2018, fait de même, car le risque de pyélonéphrite et d’accouchement prématuré augmente si l’on s’abstient. Le médecin choisit un antibiotique compatible avec la grossesse. La nitrofurantoïne, utile en cours de grossesse selon le NICE, est à éviter en fin de grossesse en raison d’un risque d’hémolyse néonatale.

Une sonde à demeure irrite la muqueuse et colonise presque toujours l’urine. La pyurie y est banale. Elle ne suffit pas à parler d’infection liée à la sonde. Les CDC distinguent colonisation et infection sur les symptômes (fièvre, douleur de flanc, sepsis sans autre foyer), pas sur le trouble visuel de la poche. Traiter une colonisation sur sonde sélectionne des bactéries résistantes sans bénéficier au patient.

Chez la personne âgée, surtout en institution, bactériurie et pyurie sont très fréquentes. L’IDSA 2019 déconseille le dépistage et le traitement en l’absence de signes urinaires localisés. Un état confusionnel aigu ou une chute, sans fièvre ni instabilité, doivent faire chercher d’autres causes (médicaments, constipation, déshydratation, autre infection) plutôt que d’ouvrir d’emblée un antibiotique urinaire. Le NHS ajoute que, chez la personne fragile ou sondée, un changement de comportement, une incontinence nouvelle ou des frissons peuvent toutefois entrer dans le tableau. L’évaluation clinique, pas la bandelette seule, tranche.

Le transplanté rénal au-delà du premier mois, la personne diabétique et l’adulte en bonne santé hors grossesse ne relèvent pas d’un dépistage de bactériurie, d’après l’IDSA 2019. Ces choix américains visent à limiter les résistances. En France, le médecin applique les schémas locaux. Le principe commun est le même. Pas de symptômes urinaires, pas d’antibiotique, sauf grossesse et geste urologique à risque.

Conséquences de retenir l'urine trop longtemps

Signes d’alerte et moment de consulter

Une bandelette positive aux leucocytes, sans fièvre et avec de simples brûlures, se discute avec le médecin traitant ou le pharmacien. Ce n’est pas une urgence vitale. En revanche, des signes d’infection haute ou de sepsis changent l’échelle de temps. La Mayo Clinic demande un avis immédiat en cas de fièvre, frissons, douleur intense, sang visible ou vomissements. Le NHS britannique oriente vers une consultation urgente si la personne a plus de 65 ans, est un homme, est enceinte, est diabétique, a un déficit immunitaire, une sonde, du sang visible, une douleur lombaire, ou si les symptômes s’aggravent en moins de 48 heures.

Le tableau ci-dessous reprend des seuils concrets, tirés de ces sources. En France, le 15 (SAMU) ou le 112 restent les numéros d’urgence.

Situation Conduite proposée
Brûlures, envies fréquentes, urines troubles, sans fièvre Avis du médecin traitant ou du pharmacien dès que possible
Fièvre, frissons, douleur lombaire, nausées Consultation urgente, pyélonéphrite possible
Confusion, grande faiblesse, vomissements répétés, détresse Appeler le 15 ou le 112
Grossesse avec symptômes urinaires Ne pas attendre, consulter le jour même
Sang visible dans les urines Avis médical rapide, même sans fièvre
Aucune amélioration 48 heures après le début des antibiotiques Revoir le prescripteur, culture si elle n’a pas été faite

Une infection rénale non traitée peut laisser des cicatrices, une hypertension et, rarement, une insuffisance rénale, rappelle la Mayo Clinic. Le passage dans le sang (sepsis) est la complication redoutée. Pendant la grossesse, une pyélonéphrite s’associe à un risque accru de petit poids de naissance. Ces risques justifient d’agir tôt. Ils ne justifient pas de paniquer devant une bandelette isolée, sans symptôme.

Chez le nourrisson de moins de 3 mois, les CDC demandent un avis immédiat pour une fièvre à 38 °C ou plus. Fièvre isolée, irritabilité ou refus alimentaire suffisent. Le recueil, souvent par sondage, est organisé par le pédiatre.

Traitements selon la cause

On ne traite pas « des leucocytes ». On traite la cause, une fois qu’elle est raisonnablement identifiée. Pour une cystite bactérienne, l’antibiotique reste l’outil principal. Le NIDDK insiste pour finir la durée prescrite, même si la brûlure cède en 48 heures, afin de limiter les résistances.

Les schémas ne sont pas universels. Aux États-Unis, Gupta et coll. (IDSA, 2011) retiennent chez la femme non enceinte, sans anomalie urologique, la nitrofurantoïne 100 mg deux fois par jour pendant 5 jours, le triméthoprime-sulfaméthoxazole 3 jours si la résistance locale d’E. coli reste sous 20 %, ou la fosfomycine 3 g en une prise.

Au Royaume-Uni, la NG109 du NICE (2018) propose, pour la femme non enceinte de 16 ans et plus, la nitrofurantoïne 100 mg à libération prolongée deux fois par jour pendant 3 jours si le débit de filtration est d’au moins 45 ml/min, ou le triméthoprime 200 mg deux fois par jour pendant 3 jours si le risque de résistance est faible. Hommes et femmes enceintes y reçoivent 7 jours, avec un ECBU avant la première prise. En France, le médecin ou le pharmacien applique la recommandation locale. Ces durées servent de repères, pas d’ordonnance.

La nitrofurantoïne et la fosfomycine conviennent à la vessie. Elles pénètrent mal le parenchyme rénal. L’IDSA et le NICE les écartent dès qu’une pyélonéphrite est suspectée (fièvre, douleur de flanc). Dans ce cas, la culture avant la première dose, un antibiotique adapté au rein, parfois une perfusion à l’hôpital, deviennent la règle. Le NIDDK rappelle que les formes graves peuvent nécessiter des antibiotiques par voie veineuse.

Une IST se traite par un schéma spécifique, distinct de celui de la cystite. Une pyurie stérile chez une personne sexuellement active doit faire poser la question, plutôt que d’enchaîner un deuxième antibiotique urinaire. Un calcul obstructif infecté se draine. Un médicament responsable se discute avec le prescripteur, sans l’arrêter seul si c’est un traitement vital.

Le NICE autorise, chez la femme non enceinte à symptômes modérés, une ordonnance différée à utiliser si rien ne s’améliore en 48 heures. Le NHS pratique aussi cette attente surveillée. Ce n’est pas un abandon. C’est un compromis pour éviter un antibiotique inutile. Chez l’homme, la femme enceinte et l’enfant, le NICE recommande au contraire un antibiotique d’emblée.

Pour la douleur, le NICE conseille le paracétamol, ou l’ibuprofène s’il convient. Le NHS britannique indique le paracétamol jusqu’à 4 prises par jour. En France, le pharmacien confirmera la posologie et les contre-indications. L’ibuprofène peut aggraver une colique néphrétique, une déshydratation ou une maladie rénale. Demandez avant d’en prendre plusieurs jours.

Gestes utiles en attendant le rendez-vous

Boire suffisamment pour uriner un liquide pâle, plusieurs fois dans la journée, est le conseil le plus constant. Le NIDDK estime que les liquides aident à chasser les bactéries. L’eau convient mieux que les sodas. Le NHS déconseille, le temps des symptômes, les jus acides, le café et l’alcool, qui irritent la vessie. Les personnes insuffisantes cardiaques ou rénales doivent faire valider le volume avec leur médecin.

Une bouillotte sur le bas-ventre peut calmer la pesanteur, selon le NIDDK. Les rapports sexuels attendent d’avoir une cause claire, surtout si une IST est possible.

Pour limiter les récidives, plusieurs habitudes reviennent chez le NHS, le NIDDK et les CDC.

  • Vous vous essuyez d’avant en arrière après la selle, pour éloigner les bactéries digestives de l’urètre.
  • Uriner après un rapport sexuel, puis boire un verre d’eau, aide à rincer l’urètre.
  • Les spermicides, douches vaginales et sprays parfumés perturbent la flore locale.
  • Les sous-vêtements en coton conviennent mieux que les tissus qui retiennent l’humidité.
  • Il vaut mieux ne pas se retenir par habitude et prendre le temps de vider la vessie.

Les produits à base de canneberge peuvent aider certaines femmes à prévenir les récidives, d’après le NHS. Ils n’ont pas d’effet démontré pour traiter une cystite déjà là, et le NICE n’a pas trouvé de preuve pour les utiliser en traitement. Ils sont déconseillés sous warfarine. Le D-mannose est mentionné par le NHS avec la même prudence. Ni l’un ni l’autre ne remplace un antibiotique quand celui-ci est indiqué.

Après la ménopause, un œstrogène vaginal à faible dose, prescrit par le médecin, peut réduire les récidives en restaurant la flore locale. Le NIDDK et le NHS le citent parmi les options, pas comme un geste d’automédication.

Questions fréquentes

Une bandelette positive aux leucocytes suffit-elle pour prendre un antibiotique ?

Non. L’UKHSA 2025 considère que des leucocytes sans nitrites rendent l’infection aussi probable qu’un autre diagnostic, chez la femme de moins de 65 ans. Les symptômes, le contexte et parfois l’ECBU décident. Un antibiotique « au cas où » favorise les résistances sans garantir un soulagement.

Un ECBU stérile malgré des leucocytes, est-ce rassurant ?

Pas toujours. Cela écarte une bactérie cultivable en grand nombre, pas une chlamydia, une tuberculose, un calcul ou une contamination. Le médecin reprend l’histoire sexuelle, les antibiotiques récents et la qualité du recueil. Un deuxième prélèvement bien fait suffit souvent à y voir plus clair.

Faut-il un ECBU à chaque cystite simple ?

Pas forcément. Les CDC notent qu’une cystite non compliquée de la femme peut se traiter sans culture, sauf échec. Le NICE demande en revanche un ECBU avant antibiotique chez l’homme et la femme enceinte. En France, le prescripteur suit le schéma local et vos antécédents de résistance.

Les leucocytes dans les urines sont-ils graves pendant la grossesse ?

Ils méritent un avis rapide, même sans brûlure. L’IDSA 2019 et le NICE recommandent de traiter la bactériurie de la femme enceinte pour réduire le risque de pyélonéphrite et d’accouchement prématuré. N’interrompez pas un traitement prescrit, et signalez toute fièvre ou douleur lombaire le jour même.

L’urine trouble ou malodorante signe-t-elle toujours une infection ?

Non. Le NHS rappelle qu’une urine foncée ou odorante, isolée, peut venir d’un manque de boisson. Les CDC déconseillent de cultiver une urine seulement trouble ou malodorante. Associée à une brûlure, une nycturie nouvelle ou une fièvre, elle redevient un signe utile.

Combien de temps dure un traitement pour une cystite ?

Au Royaume-Uni, le NICE 2018 prévoit 3 jours chez la femme non enceinte et 7 jours chez l’homme ou la femme enceinte. Aux États-Unis, l’IDSA 2011 retient 5 jours de nitrofurantoïne pour une cystite simple de la femme. Votre prescripteur choisira la durée adaptée. Terminez la boîte prescrite, même si la douleur cède plus tôt.

Analyse d'un échantillon d'urine au laboratoire

Conclusion

Un taux élevé de leucocytes dans les urines dit qu’il y a une inflammation. Il ne dit pas automatiquement qu’il faut un antibiotique. La cystite reste la cause la plus fréquente quand la miction brûle. La pyurie sans germe, les IST, les calculs et les prélèvements contaminés expliquent une part importante des résultats « positifs » qui inquiètent à tort.

Les documents récents ont durci ce message. L’IDSA 2019 refuse de traiter une bactériurie asymptomatique, pyurie ou non, hors grossesse et geste urologique à risque. L’UKHSA 2025 refuse de coller une cystite sur des leucocytes isolés. Les CDC 2024 refusent la culture automatique. Ces positions, américaines et britanniques, visent à protéger les antibiotiques. En France, demandez à votre médecin ou à votre pharmacien le schéma en vigueur.

Si vous tenez un compte rendu d’ECBU, notez le chiffre de leucocytes, la présence ou non de nitrites, le germe et l’antibiogramme, et les symptômes du jour du prélèvement. Apportez cette feuille à la consultation. En cas de fièvre, de douleur lombaire, de vomissements, de confusion ou de grossesse, n’attendez pas le prochain créneau. Appelez le 15 ou le 112 si l’état général s’effondre.

Sources

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  2. Urinalysis – Mayo Clinic. Mayo Clinic, 24 octobre 2023.
  3. Urinary tract infection (UTI) – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 26 septembre 2025.
  4. Urine Culture Stewardship in Patients without Indwelling Urinary Catheters. Centers for Disease Control and Prevention, 13 mars 2024.
  5. Urinary Tract Infection Basics. Centers for Disease Control and Prevention, 22 septembre 2026.
  6. Diagnosis of urinary tract infections: quick reference tools for primary care. UK Health Security Agency, 7 juillet 2025.
  7. Urinary tract infection (lower): antimicrobial prescribing. National Institute for Health and Care Excellence, 31 octobre 2018.
  8. IDSA 2019 Clinical Practice Guideline Update for the Management of Asymptomatic Bacteriuria. Infectious Diseases Society of America, 21 mars 2019.
  9. Gupta K, Hooton TM et al. : International clinical practice guidelines for the treatment of acute uncomplicated cystitis and pyelonephritis in women: A 2010 update by the Infectious Diseases Society of America and the European Society for Microbiology and Infectious Diseases. Clinical Infectious Diseases, 1er mars 2011.
  10. Sherchan R, Hamill R : Sterile Pyuria – StatPearls. StatPearls, 12 août 2024.
  11. Treatment for Bladder Infection in Adults. National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases, mis à jour en avril 2024.
  12. Urinary tract infections (UTIs). National Health Service, 11 juillet 2025.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.