
Non, un adulte dont les plaques de croissance sont soudées ne peut plus allonger ses os longs. La taille du squelette est alors fixée, même si la mesure du matin n’est pas celle du soir et même si se tenir plus droit change l’apparence.
La Baltimore Longitudinal Study of Aging a suivi 2 084 hommes et femmes. La perte de taille commence vers 30 ans, puis s’accélère. Entre 30 et 70 ans, elle atteint en moyenne environ 3 cm chez les hommes et 5 cm chez les femmes ; vers 80 ans, elle grimpe à 5 cm et 8 cm. Une perte rapide n’est pas un détail d’apparence, car elle peut signaler des fractures vertébrales restées silencieuses.
Environ 80 % de la taille adulte tient aux variants d’ADN hérités, d’après MedlinePlus Genetics. Un essai randomisé a réduit l’angle de cyphose d’environ 3° par un travail ciblé du dos. Au Royaume-Uni, le NICE retient une perte de plus de 4 cm, ou une cyphose marquée, comme un motif de chercher une fracture vertébrale.
Pourquoi les os longs cessent de s’allonger
La croissance en hauteur vient surtout de l’allongement des os des jambes et, dans une moindre mesure, de la colonne. Aux extrémités de ces os se trouvent des plaques de cartilage, les plaques de croissance, où de nouvelles cellules se multiplient puis se transforment en os. Tant que ce cartilage reste ouvert, l’os peut encore gagner en longueur. Quand il s’ossifie complètement, l’allongement s’arrête.
Chez les garçons, cette soudure survient le plus souvent vers 18 ans, une fois la puberté achevée, d’après la Cleveland Clinic. Un pic de croissance tardif reste possible, mais rare, et il dépasse rarement 2,5 cm. Les filles terminent en général plus tôt, car leur puberté commence plus tôt ; la fenêtre n’est pas un âge civil, c’est l’état réel des plaques. Passé 25 ans, rien n’indique qu’un homme continue de grandir, même s’il a été un « retardataire » pubertaire.
Le moteur hormonal de cette fermeture est surtout l’œstrogène, chez les filles comme chez les garçons (ces derniers convertissent une partie de leur testostérone). L’hormone de croissance et l’IGF-1 (facteur de croissance analogue à l’insuline de type 1) accélèrent l’allongement tant que le cartilage travaille ; elles ne rouvrent pas une plaque déjà soudée. Un excès d’hormone de croissance avant la fermeture donne un gigantisme, avec une grande taille. Le même excès après la fermeture donne une acromégalie. Les mains, les pieds et le visage s’épaississent, la taille ne grimpe plus.
La colonne, elle, n’allonge plus ses vertèbres de la même façon. Les disques intervertébraux se compriment sous le poids du jour et se réhydratent la nuit. Chez huit hommes adultes, l’amplitude de cette oscillation a atteint 19,3 mm, soit environ 1,1 % de la stature, avec plus de la moitié de la perte diurne dans la première heure après le lever. Ce va-et-vient n’est pas une croissance, et il s’inverse en quelques heures.

Génétique, nutrition et maladies déjà en jeu
Environ 80 % de la taille d’un adulte s’explique par les variants d’ADN transmis par les parents, selon MedlinePlus Genetics. Le reste dépend de l’environnement, surtout pendant l’enfance, via l’alimentation, les infections, les soins et le tabagisme maternel pendant la grossesse. Chez un adulte dont les plaques sont fermées, rattraper une carence ancienne ne rallonge plus les os. Cela peut, en revanche, protéger ce qui reste de hauteur en limitant la fonte osseuse.
La taille n’est pas le produit d’un seul gène. Plus de 700 variants courants, chacun d’effet modeste, s’additionnent. Quelques variants rares pèsent beaucoup plus. Une altération de FGFR3 cause l’achondroplasie ; FBN1 entre dans le syndrome de Marfan, souvent associé à une grande taille ; GH1 peut donner un déficit isolé d’hormone de croissance. Deux frères ou sœurs du même couple peuvent donc finir à des tailles nettement différentes, simplement parce qu’ils n’ont pas reçu le même mélange.
Pendant l’enfance, plusieurs maladies peuvent empêcher d’atteindre le potentiel génétique. Un déficit d’hormone de croissance, une hypothyroïdie, une maladie cœliaque non traitée, une malnutrition, un traitement prolongé par glucocorticoïdes, une puberté précoce (qui soude les plaques trop tôt) ou des affections chromosomiques comme le syndrome de Turner réduisent souvent la taille finale. À l’inverse, un excès d’hormone de croissance avant la soudure, ou certaines maladies du tissu conjonctif, l’augmentent. Une fois adulte, traiter ces maladies reste utile pour la santé, pas pour « débloquer » des centimètres perdus.
Les moyennes nationales de taille ont augmenté au XXe siècle là où l’alimentation et les infections se sont améliorées. Cet effet de cohorte ne se reproduit pas chez un individu déjà sorti de la croissance. Un adulte bien nourri ne gagne pas la taille qu’un enfant mal nourri n’a pas eue.
Peut-on encore grandir après 18 ans ?
Oui, mais seulement si les plaques ne sont pas encore soudées. L’âge sur la carte d’identité est un mauvais substitut. Un garçon dont la puberté a commencé tard peut encore gagner un peu vers 19 ou 20 ans ; la Cleveland Clinic estime que ce reliquat reste le plus souvent inférieur à un pouce, soit environ 2,5 cm, et qu’une poussée franche après 18 ans est très peu probable.
La seule façon fiable de le savoir est médicale. Un médecin peut juger où en est la puberté et si les plaques sont encore ouvertes. Sans cet avis, personne ne peut affirmer qu’il « reste de la croissance » parce qu’un parent a grandi tard, ou parce qu’un produit le promet.
Grandir encore à 19 ou 20 ans n’est pas forcément une maladie. Cela peut n’être qu’un calendrier pubertaire décalé. Il faut pourtant en parler au médecin si la croissance reprend de façon nette, si les mains, les pieds ou le visage changent de forme, si les bagues ou les chaussures deviennent trop petites en quelques mois, ou si s’y ajoutent des maux de tête et des troubles visuels. Chez l’adulte aux plaques fermées, un excès d’hormone de croissance ne grandit plus. Il oriente vers l’acromégalie, maladie rare (moins de 15 personnes sur 100 000), que la Mayo Clinic distingue clairement du gigantisme de l’enfance.
Les publicités qui promettent 5 ou 6 cm après 25 ans par des étirements, des suspensions à une barre ou un programme payant n’ont pas de mécanisme osseux pour tenir cette promesse. Une fois le cartilage devenu os, il n’y a plus de chantier d’allongement.
Hormone de croissance et compléments chez l’adulte
L’hormone de croissance injectable ne fait pas grandir un adulte aux plaques soudées. La Endocrine Society, dans sa recommandation de 2011, la réserve au déficit documenté. Le bénéfice attendu porte sur la composition corporelle, la capacité d’effort, l’intégrité du squelette et la qualité de vie, pas sur la stature. Après l’atteinte de la taille adulte, un jeune suivi pour un déficit dans l’enfance doit même être retesté avant de poursuivre le traitement, sauf lésion structurelle ou génétique claire.
Chez l’enfant et l’adolescent encore en croissance, la même hormone peut augmenter la taille finale dans des indications précises (déficit, syndrome de Turner, et d’autres situations évaluées par un endocrinologue pédiatre). Ce n’est pas un argument pour l’acheter sur internet à 25 ans. Un excès chez l’adulte n’allonge pas les os longs et expose à l’acromégalie, avec diabète, apnée du sommeil, atteinte cardiaque ou arthrose. La Mayo Clinic rappelle qu’une acromégalie non traitée peut raccourcir l’espérance de vie.
Les gélules « booster de croissance », sprays et patchs vendus aux adultes n’ont pas d’essai solide montrant un allongement osseux après soudure. Le calcium, la vitamine D et les protéines aident les os à rester solides ; ils ne rouvrent pas les plaques. Un apport trop élevé de calcium a d’ailleurs un plafond. Le guide de la Bone Health and Osteoporosis Foundation (BHOF) de 2022 vise 1 000 mg par jour chez les hommes de 50 à 70 ans, et 1 200 mg chez les femmes à partir de 51 ans et les hommes à partir de 71 ans, aliments compris, pas un « plus c’est mieux ».
Mélanger des hormones, des stéroïdes anabolisants ou des produits non identifiés pour « pousser » la taille expose à des effets indésirables sans gain de longueur. Le médecin traitant ou le pharmacien peut dire ce qui, en France, relève d’une prescription et ce qui n’a aucune indication. N’achetez pas d’hormone de croissance hors circuit médical.
Allongement chirurgical des membres, indications et risques
Il existe une chirurgie capable d’allonger un fémur ou un tibia chez l’adulte. Elle ne « rallume » pas la croissance. Le chirurgien coupe l’os (ostéotomie), écarte lentement les deux fragments, et l’organisme comble l’espace par de l’os nouveau (ostéogenèse en distraction). La Cleveland Clinic indique que l’on peut viser jusqu’à environ 5 cm par intervention, et que le matériel reste en place environ trois mois par pouce gagné, soit près de six mois pour 5 cm.
Les indications habituelles restent médicales, par exemple une inégalité de longueur après fracture d’une plaque dans l’enfance, une dysplasie squelettique, une infection osseuse, une tumeur bénigne sur une plaque ou certaines malformations congénitales. Même dans ces cas, il s’agit d’une chirurgie lourde, avec une rééducation longue.
Le rythme d’écartement est de l’ordre d’un millimètre par jour. Il faut ensuite une phase de consolidation où l’os durcit, ainsi que de la kinésithérapie plusieurs fois par semaine. Les risques décrits par la Cleveland Clinic comprennent un os qui ne durcit pas, une longueur finale inférieure à l’objectif, des lésions nerveuses ou musculaires, des infections (surtout aux fiches d’un fixateur externe), une raideur articulaire. Une hospitalisation d’environ trois jours n’est que le début, et l’appui sur la jambe reste interdit pendant des semaines.
Cette option n’est pas un raccourci cosmétique anodin. Elle se discute avec un chirurgien orthopédiste expérimenté, après imagerie, et seulement si la personne comprend le temps, la douleur possible et le risque de réintervention. Pour une insatisfaction de quelques centimètres sans inégalité ni maladie osseuse, le rapport bénéfice-risque est rarement favorable.
Posture et cyphose pour paraître plus grand
Se tenir plus droit ne rallonge pas les fémurs. Cela peut pourtant rendre visible une hauteur déjà là, masquée par des épaules enroulées, une tête projetée en avant ou une cyphose thoracique excessive. Chez les plus de 65 ans, une hypercyphose (souvent définie au-delà de 40°) concernerait jusqu’à 40 % des personnes. Passé 50°, le risque de chutes et de fractures augmente, d’après l’essai SHEAF.
Cet essai randomisé a inclus 99 adultes de 60 à 88 ans, avec une cyphose d’au moins 40° (angle de Cobb moyen 57,4°). Trois séances d’une heure par semaine pendant six mois, menées par un kinésithérapeute, ont réduit l’angle de Cobb de 3,0° par rapport au groupe éducation (intervalle de confiance à 95 % de −5,2 à −0,8). L’image de soi s’est améliorée. La fonction physique globale, elle, n’a pas bougé de façon nette. L’ordre de grandeur de 3° correspond à peu près à l’aggravation qu’entraîne une fracture vertébrale incidente. L’exercice ne « répare » pas une vertèbre cassée, il peut limiter l’enroulement.
Un programme de salon improvisé n’est pas l’essai SHEAF. Les participants avaient un encadrement serré, des exercices progressifs d’extension du tronc, de mobilité et d’alignement, plus des rappels plusieurs fois par jour pour placer la tête au-dessus du bassin. Si vous voulez travailler la posture, un kinésithérapeute peut adapter les mouvements à votre dos, surtout s’il existe une ostéoporose, car certaines flexions brutales du tronc sont alors à éviter.
Quelques appuis concrets, à travailler sans forcer.
- Alignez les oreilles au-dessus des épaules et le sommet du crâne vers le plafond, sans cambrer le bas du dos.
- Posez les pieds à plat, le poids réparti, les genoux souples plutôt que verrouillés en arrière.
- Décollez légèrement le sternum et laissez les omoplates glisser vers le bas, sans les coincer.
- Interrompez les longues heures assises. Un levé, quelques pas et une inspiration ample valent mieux qu’un corset improvisé.
Ces gestes visent le confort et l’apparence, pas un nouveau record à la toise. S’ils réveillent une douleur aiguë, un fourmillement dans les jambes ou une perte de force, arrêtez et parlez-en au médecin.

Combien de centimètres se perdent avec l’âge ?
La perte de taille liée à l’âge n’attend pas 40 ans. Dans la cohorte de Baltimore, elle commence vers 30 ans chez les deux sexes, plus vite chez les femmes, et elle s’accélère. De 30 à 70 ans, la perte cumulée moyenne est d’environ 3 cm chez les hommes et 5 cm chez les femmes ; à 80 ans, elle atteint 5 cm et 8 cm. Ce n’est pas « un demi-pouce par décennie » uniforme, car le rythme change avec l’âge.
Plusieurs mécanismes se superposent. Les disques s’affinent. Les muscles extenseurs du dos s’affaiblissent, la cyphose s’accentue. L’os trabéculaire des vertèbres se raréfie ; des tassements, parfois indolores, écrasent le corps vertébral. Après 30 ans environ, le capital osseux n’augmente plus. La Mayo Clinic situe le pic de masse osseuse autour de cet âge, puis la destruction l’emporte peu à peu sur la formation. Chez les femmes, la chute d’œstrogènes à la ménopause accélère cette perte.
Dans son guide de 2022, la Bone Health and Osteoporosis Foundation demande de mesurer la taille chaque année, de préférence avec une toise murale, sans chaussures. Une seule mesure « à la maison contre le mur » mal alignée ne suffit pas à conclure. La différence entre la taille maximale connue (permis de conduire, dossier militaire, ancienne visite) et la taille actuelle est la perte historique. La différence entre deux mesures faites correctement à quelques mois ou années d’intervalle est la perte prospective.
Cette perte a aussi un effet de calcul, car à poids égal un corps plus court fait monter l’indice de masse corporelle. Sorkin et ses collègues ont chiffré cet artefact à environ 0,7 kg/m² chez les hommes et 1,6 kg/m² chez les femmes à 70 ans. Pour la santé, l’enjeu n’est pas l’indice, c’est de ne pas rater une fracture vertébrale.
Perte de taille, quand consulter
Une perte lente de quelques millimètres sur vingt ans, sans douleur et sans changement de silhouette, est souvent le vieillissement des disques et de la posture. Une perte de plusieurs centimètres, une bosse qui s’installe, une douleur de dos nouvelle ou une fracture après un choc minime changent la donne. Le guide BHOF de 2022 retient une perte historique d’au moins 1,5 pouce (environ 4 cm) ou une perte prospective d’au moins 0,8 pouce (environ 2 cm) comme motif d’imagerie vertébrale chez la femme ménopausée et l’homme de 50 ans et plus.
Dans la recommandation NG259 de juillet 2026, qui remplace la CG146 de 2012, le NICE propose d’ajouter une évaluation des fractures vertébrales (VFA) à l’ostéodensitométrie notamment en cas de perte de taille de plus de 4 cm, d’épaules arrondies ou de cyphose exagérée, ou de douleur dorsale inexpliquée. Ce sont des repères britanniques. En France, le médecin traitant applique les pratiques locales et décide s’il faut une radio, une VFA ou une densitométrie.
Le groupe américain USPSTF a confirmé en janvier 2025 le dépistage de l’ostéoporose par densitométrie chez les femmes de 65 ans et plus, et chez les femmes plus jeunes ménopausées dont le risque de fracture est élevé. Pour les hommes, le groupe juge les preuves encore insuffisantes. Ce n’est pas la règle française ; c’est un cadre américain à connaître si l’on compare les textes. Toute fracture de l’âge adulte, même attribuée à un « accident », doit faire suspecter une fragilité osseuse, selon la BHOF.
| Situation | Seuil retenu dans les textes | Conduite à discuter |
|---|---|---|
| Perte depuis la taille maximale adulte | ≥ 4 cm (guide BHOF 2022) | Imagerie des vertèbres (radio ou VFA) |
| Perte entre deux mesures correctes | ≥ 2 cm (guide BHOF 2022) | Même bilan, sans attendre une année de plus |
| Silhouette voûtée, épaules enroulées | Perte > 4 cm ou cyphose (NICE NG259, 2026) | VFA lors d’une densitométrie, selon le médecin |
| Fracture après 50 ans, même « banale » | Tout os cassé à l’âge adulte (BHOF 2022) | Bilan d’ostéoporose, pas seulement le plâtre |
| Douleur dorsale brutale, déficit neurologique, chute | Signes aigus | Appeler le 15 ou le 112 |
Une douleur dorsale soudaine après une chute, une faiblesse des jambes, une perte d’urine ou des fourmillements descendants ne se gèrent pas « pour voir si ça passe ». Dans ces cas, appelez le 15 ou le 112. Pour une perte de taille progressive, prenez rendez-vous avec le médecin traitant et apportez si possible une ancienne mesure (carte, dossier).
Préserver sa taille par les os, les muscles et les habitudes
On ne récupère pas les centimètres d’un tassement vertébral comme on récupère 1,9 cm de disques le matin. On peut ralentir la suite, avec moins de nouvelle cyphose, moins de fractures, et des muscles capables de tenir le tronc. Le guide BHOF de 2022 associe calcium alimentaire, vitamine D, arrêt du tabac, alcool limité, exercices en charge et contre résistance, et prévention des chutes.
Les cibles américaines de calcium citées plus haut (1 000 à 1 200 mg par jour selon l’âge et le sexe) se prennent d’abord dans l’assiette, via les laitages, les poissons en conserve avec arêtes et les choux. Au-delà de 50 ans, le même guide propose souvent 800 à 1 000 unités internationales de vitamine D par jour si le taux sanguin est insuffisant, avec un objectif de 25-hydroxyvitamine D souvent placé au moins à 30 ng/mL en cas de maladie osseuse. Ce sont des chiffres américains. En France, le médecin ou le pharmacien indiquent la dose adaptée ; n’empilez pas les comprimés sans dosage.
L’exercice qui aide l’os chez l’adulte n’est pas la suspension à une barre dans l’espoir de « décoincer » les genoux. Marche, montée d’escaliers, travail de force des jambes et du dos, exercices d’équilibre réduisent les chutes, qui sont le vrai moteur des fractures. Chez la personne déjà ostéoporotique, un kinésithérapeute évite les flexions chargées du tronc et les torsions brusques. L’essai SHEAF montre qu’un dos travaillé peut redresser un peu la cyphose ; il ne promet pas une nouvelle taille de jeunesse.
Le tabac et l’alcool excessif fragilisent l’os. Les corticoïdes au long cours, certains traitements du cancer du sein ou de la prostate, l’hyperthyroïdie, la maladie cœliaque, l’insuffisance rénale accélèrent la perte. Signalez ces traitements au médecin si votre taille baisse. Une densitométrie, quand elle est indiquée, sert à décider d’un médicament anti-fracture, pas à « grandir ».
Quelques habitudes qui protègent la hauteur restante.
- Faites mesurer votre taille une fois par an, sans chaussures, idéalement à la même toise.
- Tenez un apport calcique alimentaire régulier plutôt qu’un complément unique le soir « pour grandir ».
- Demandez un programme de renforcement du dos et d’équilibre si vous avez déjà une cyphose ou une densitométrie basse.
- Arrêtez le tabac et limitez l’alcool ; les deux sont liés à un os plus fragile et à plus de fractures.
- Signalez au médecin toute perte de plusieurs centimètres, une bosse nouvelle ou une fracture après un choc minime.
Questions fréquentes
Les étirements ou le yoga font-ils grandir un adulte ?
Non. Ils n’allongent pas les os une fois les plaques soudées. Ils peuvent assouplir le dos et, dans certains programmes encadrés, réduire un peu une cyphose, ce qui change l’apparence sans créer de nouvelle longueur osseuse. L’essai SHEAF portait sur un travail spécifique du tronc pendant six mois, pas sur une séance de yoga hebdomadaire improvisée.
Comment savoir si les plaques de croissance sont encore ouvertes ?
Seul un médecin peut le dire, en jugeant la puberté et l’état des plaques. L’âge civil, la taille des parents ou le fait d’« avoir encore grandi l’an dernier » ne suffisent pas. Après 18 ans, des plaques encore ouvertes deviennent rares ; après 25 ans, la Cleveland Clinic ne retient pas de poursuite de croissance.
La taille du matin est-elle la vraie taille ?
C’est souvent la plus haute de la journée, parce que les disques se sont réhydratés la nuit. Reilly et ses collègues ont mesuré une amplitude d’environ 19 mm entre le pic au réveil et le creux en fin de journée. Pour comparer deux années, mesurez-vous dans les mêmes conditions, plutôt toujours le matin.
Un déficit d’hormone de croissance chez l’adulte fait-il rapetisser ?
Le déficit adulte n’allonge plus les os et n’est pas traité pour cela. Le traitement, quand le déficit est confirmé, vise la masse musculaire, la graisse, l’os et la fatigue, selon l’Endocrine Society. Une perte de taille chez un adulte oriente d’abord vers la colonne et l’ostéoporose, pas vers une injection d’hormone « pour grandir ».
Les semelles et les chaussures à talon changent-elles la taille réelle ?
Non. Elles ajoutent des centimètres d’apparence, le temps que vous les portez. Elles ne modifient ni les fémurs ni les vertèbres. Pour une inégalité de longueur gênante, un médecin peut prescrire une compensation ; ce n’est pas la même chose qu’un talon cosmétique.
Faut-il une ostéodensitométrie après une perte de quelques centimètres ?
Une perte historique d’environ 4 cm, ou une perte de 2 cm entre deux mesures, justifie d’en discuter, d’après le guide BHOF de 2022. Le NICE ajoute la cyphose et la douleur dorsale inexpliquée comme indices de fracture vertébrale. En France, le médecin traitant décide du calendrier ; l’USPSTF, de son côté, cible surtout les femmes de 65 ans et plus, dans un cadre américain.

Conclusion
La taille adulte se joue avant la soudure des plaques. Après, les os longs n’ont plus de chantier d’allongement. Ni l’alimentation, ni l’hormone de croissance, ni un programme d’étirements n’y changent rien. Ce qui bouge encore, c’est la colonne (disques, cyphose, tassements) et, à la marge, la façon de se tenir.
Les chiffres utiles tiennent en peu de repères. Une oscillation quotidienne d’environ 1,9 cm n’est pas une croissance. Une perte de 3 à 8 cm entre 30 et 80 ans est banale en population, mais 4 cm depuis le maximum, ou 2 cm depuis la dernière toise, doivent faire chercher une fracture vertébrale. Trois degrés de cyphose gagnés par un travail encadré du dos ne réinventent pas la stature ; ils peuvent limiter l’enroulement.
Avant d’acheter un complément ou de rêver à une distraction osseuse, faites mesurer votre taille sans chaussures et comparez-la à la plus ancienne mesure fiable que vous ayez. Apportez ce chiffre au médecin traitant, surtout s’il manque 4 cm, si le dos s’est voûté ou si une douleur nouvelle est apparue. C’est cette question, et non une promesse de centimètres, qui protège vraiment la hauteur qu’il vous reste.
Sources
- Is height determined by genetics?. MedlinePlus Genetics, mis à jour en 2025.
- When Do Men Stop Growing?. Cleveland Clinic, 6 novembre 2024.
- Limb Lengthening Surgery: Procedure, Process & Recovery. Cleveland Clinic, 14 octobre 2022.
- Acromegaly – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 22 octobre 2025.
- Osteoporosis – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 17 décembre 2025.
- Osteoporosis to Prevent Fractures: Screening. U.S. Preventive Services Task Force, 14 janvier 2025.
- Identifying vertebral fragility fractures. National Institute for Health and Care Excellence, 29 juillet 2026.
- LeBoff MS, Greenspan SL et al. : The clinician’s guide to prevention and treatment of osteoporosis. Osteoporosis International, octobre 2022.
- Katzman WB, Vittinghoff E et al. : Targeted spine strengthening exercise and posture training program to reduce hyperkyphosis in older adults: results from the study of hyperkyphosis, exercise, and function (SHEAF) randomized controlled trial. Osteoporosis International, octobre 2017.
- Sorkin JD, Muller DC, Andres R : Longitudinal change in height of men and women: implications for interpretation of the body mass index: the Baltimore Longitudinal Study of Aging. American Journal of Epidemiology, 1er novembre 1999.
- Reilly T, Tyrrell A, Troup JD : Circadian variation in human stature. Chronobiology International, 1984.
- Evaluation and Treatment of Adult Growth Hormone Deficiency. Endocrine Society, 1er juin 2011.
