Croup : symptômes, causes et traitement chez l’enfant

Croup : symptômes, causes et traitement chez l'enfant

Le croup, appelé laryngite sous-glottique en français médical, est une inflammation virale du larynx et de la trachée qui rétrécit les voies aériennes du jeune enfant. Il se reconnaît surtout à une toux rauque, « aboyante », souvent la nuit, parfois associée à un stridor (bruit aigu à l’inspiration) et à une voix enrouée.

Vers deux heures du matin, un enfant de deux ans se réveille avec une toux qui évoque l’aboiement d’un phoque. Ce tableau, impressionnant pour les parents, correspond pourtant dans environ 85 % des cas à une forme légère, et moins de 1 % des épisodes sont graves, d’après la Cleveland Clinic et la Société canadienne de pédiatrie. Chaque année, environ 3 % des enfants des États-Unis sont concernés, surtout entre 6 mois et 3 ans.

Une dose unique de dexaméthasone par voie orale peut atténuer les symptômes en deux à trois heures. L’adrénaline nébulisée, réservée aux formes modérées à graves, agit en une trentaine de minutes mais s’estompe vers deux heures. Un stridor au repos, un tirage marqué, une coloration bleutée des lèvres ou un bavage font consulter en urgence, au 15 ou au 112.

Qu’est-ce que le croup, ou laryngite sous-glottique ?

Le croup est une infection des voies aériennes supérieures qui gonfle la région sous-glottique, juste sous les cordes vocales. Chez le petit enfant, ce segment de trachée est déjà étroit. Un œdème de quelques millimètres suffit alors à rendre le passage de l’air turbulent, d’où la toux rauque et le stridor inspiratoire décrits par la Mayo Clinic.

Les médecins parlent aussi de laryngotrachéite ou de laryngotrachéobronchite selon l’étendue de l’inflammation. Ces termes décrivent le même tableau clinique. Les parents, en France, disent plus souvent « laryngite » ou « laryngite sous-glottique ». L’appellation anglaise « croup » reste celle des recommandations internationales citées ici.

Le risque est maximal entre 6 mois et 3 ans, rappelle la Mayo Clinic, parce que le calibre des voies aériennes augmente ensuite. Après 6 ans, l’épisode devient rare. Il n’est pas impossible plus tard, y compris chez l’adulte, mais la Cleveland Clinic souligne que c’est alors inhabituel. Les garçons sont un peu plus souvent atteints que les filles. Les virus parainfluenza circulent surtout à l’automne. D’autres virus, dont le VRS et la grippe, donnent davantage de cas en hiver et au printemps, selon le Merck Manual.

La plupart des enfants guérissent sans séjour à l’hôpital. Moins de 6 % des passages aux urgences pour croup se traduisent par une hospitalisation, et l’intubation reste rare (0,4 % à 1,4 % des enfants hospitalisés), d’après la pratique canadienne de 2026. Ces chiffres viennent d’Amérique du Nord. Ils donnent un ordre de grandeur, pas une statistique française.

L'enfant tousse dans le coude

Quels sont les symptômes du croup chez l’enfant ?

La toux « aboyante », comparée au cri d’un phoque, est le signe le plus parlant. Elle s’accompagne souvent d’une voix enrouée. Quand l’enfant inspire, on peut entendre un stridor, sifflement aigu qui traduit le rétrécissement sous-glottique. Ces signes s’aggravent typiquement la nuit et lors des pleurs, parce que l’agitation augmente le travail respiratoire.

Le début ressemble à un rhume. Pendant 12 à 72 heures, l’enfant peut avoir le nez qui coule, une fièvre modérée et une toux ordinaire, puis la voix change. MedlinePlus indique que les deux premières nuits sont souvent les plus difficiles, que l’épisode dure en général jusqu’à trois nuits et qu’il peut s’étendre jusqu’à sept nuits. La Mayo Clinic situe plutôt la durée entre trois et cinq jours. Chez 60 % des patients, la toux aboyante disparaît en 48 heures, selon le document pédiatrique canadien. Moins de 5 % gardent des symptômes plus de cinq nuits.

Le stridor n’a pas la même signification selon le moment. Entendu seulement pendant les pleurs, il oriente vers une forme légère. Entendu au calme, il signale une obstruction plus marquée. Un tirage (creusement au-dessus du sternum, des clavicules ou entre les côtes) montre que l’enfant force pour inspirer. Une agitation inconsolable, ou au contraire une somnolence inhabituelle, traduit une détresse plus avancée.

Quelques signes éloignent du croup banal et, d’après MedlinePlus et la Mayo Clinic, relèvent d’une évaluation urgente plutôt que d’une surveillance à domicile.

  • L’enfant bave, refuse d’avaler ou reste assis penché en avant, sans toux aboyante franche.
  • Une fièvre élevée s’accompagne d’un aspect très malade ou d’une absence de réponse à l’adrénaline nébulisée.
  • Les lèvres, la langue ou les ongles prennent une teinte bleutée ou grise.

Quelles infections provoquent le croup ?

Les virus parainfluenza humains (HPIV) sont les premiers responsables. Le CDC attribue surtout le croup aux types 1 et 2, à l’automne. Le texte canadien de 2026 cite plutôt les types 1 et 3. Dans le document américain, le type 3 s’associe davantage à la bronchiolite et à la pneumonie. L’incubation dure en général de 2 à 6 jours.

D’autres virus respiratoires peuvent produire le même rétrécissement. MedlinePlus cite la grippe, le VRS, la rougeole et les adénovirus. Le Merck Manual ajoute entérovirus, rhinovirus et, plus rarement, Mycoplasma pneumoniae. Pendant la pandémie de Covid-19, le variant Omicron du SARS-CoV-2 a aussi été associé à des tableaux de croup, note le texte canadien déjà cité. L’agent en cause ne change pas, à lui seul, le premier traitement. Le CDC confirme qu’il n’existe pas d’antiviral spécifique contre les HPIV, et que les antibiotiques n’agissent pas sur ces virus.

Le virus infecte d’abord le nez et la gorge, puis l’inflammation gagne le larynx et la trachée. La muqueuse gonfle, l’air passe moins bien, un stridor peut apparaître. Une hypoxie reste possible si l’enfant s’épuise, décrit le Merck Manual, mais cette évolution est peu fréquente.

Une surinfection bactérienne de la trachée, souvent à staphylocoque, peut succéder à un croup viral. Les pédiatres canadiens l’estiment à moins de 1 cas pour 1 000. L’enfant devient très fébrile, d’allure toxique, et répond mal à l’adrénaline nébulisée. Les antibiotiques, inutiles dans la forme virale, deviennent alors pertinents.

Le croup spasmodique, parfois appelé « faux croup », débute brutalement la nuit, souvent sans fièvre. MedlinePlus relie ce tableau à des allergies, à une irritation des voies aériennes ou à un reflux. Le Merck Manual souligne que les deux formes se traitent de la même façon au début.

Il n’existe pas de vaccin contre les virus parainfluenza, confirment le CDC et la Mayo Clinic. Les vaccins contre la diphtérie, Haemophilus influenzae de type b (Hib) et la rougeole réduisent le risque d’autres infections graves des voies aériennes qui peuvent mimer un croup.

Comment le médecin reconnaît-il un croup ?

Le diagnostic est clinique. La Mayo Clinic décrit un examen qui observe la respiration, ausculte le thorax et regarde la gorge, sans test systématique. Une toux aboyante d’apparition assez brutale, un stridor inspiratoire et un enrouement, souvent après un rhume, suffisent dans la grande majorité des cas. Les prélèvements viraux et les analyses de sang n’orientent presque jamais le traitement immédiat.

La radiographie du cou n’est pas un examen de routine. Quand elle est faite, un rétrécissement sous-glottique en « clocher d’église » (steeple sign) peut soutenir le diagnostic, indique le Merck Manual. Ce signe n’est ni constant ni spécifique. On réserve l’imagerie aux tableaux atypiques, quand on cherche un corps étranger, un abcès ou une autre obstruction. Agiter l’enfant pour mieux l’examiner peut aggraver l’œdème. Le soignant le laisse souvent sur les genoux du parent, en position assise.

Certains profils sortent du croup typique et justifient un avis plus large, y compris ORL. Les auteurs canadiens citent l’âge inférieur à 6 mois, les symptômes récurrents, prolongés ou d’une intensité inhabituelle, et la fièvre prolongée qui peut accompagner une surinfection. Un antécédent d’intubation ou de prématurité augmente aussi la chance de trouver une anomalie anatomique.

Le médecin écarte surtout les urgences qui font du stridor sans toux aboyante. L’épiglottite, devenue rare grâce au vaccin Hib, donne une fièvre élevée, un bavage, une voix étouffée et une position penchée en avant. La trachéite bactérienne fait un enfant très fébrile, d’allure toxique, peu amélioré par l’adrénaline. Un corps étranger inhalé débute souvent par un étouffement, sans rhume préalable.

Croup léger, modéré ou grave, comment s’y retrouver ?

La gravité se juge sur ce que l’on voit et entend, pas sur un test. Les cliniciens classent le tableau en léger, modéré, grave ou insuffisance respiratoire imminente. Un score de recherche, le score de Westley, additionne jusqu’à 17 points (conscience, cyanose, stridor, entrée d’air, tirage). Ce n’est pas une liste de 17 étapes. Le Merck Manual indique que la plupart des enfants vus aux urgences ont un score inférieur à 3, et que les scores de 12 à 17 correspondent à une défaillance imminente.

À la maison, la grille qualitative reprise dans ce texte canadien, fondée sur la toux, le stridor, le tirage et l’état de l’enfant, est plus parlante qu’un calcul.

Forme Ce que l’on entend et voit Conduite habituelle
Légère Toux aboyante intermittente, stridor absent ou minime au repos, pas de tirage franc Calme, hydratation, avis médical pour une éventuelle dexaméthasone
Modérée Stridor bien audible au repos, tirage visible, enfant encore consolable Évaluation médicale rapide, corticoïde, parfois adrénaline nébulisée
Grave Stridor marqué, tirage important, agitation ou fatigue nette Urgences, adrénaline et corticoïde, surveillance rapprochée
Défaillance imminente Toux parfois atténuée par l’épuisement, stridor plus faible, cyanose Appel du 15 ou du 112, oxygène et filière de réanimation

Un paradoxe inquiète souvent les parents. Quand l’enfant s’épuise, la toux et le stridor peuvent sembler diminuer alors que la situation s’aggrave. L’enfant devient pâle ou gris, moins réactif, et respire de plus en plus mal. C’est l’inverse d’une amélioration. Il faut alors appeler le 15 ou le 112 sans attendre. Environ 85 % des cas sont légers et moins de 1 % sont graves, d’après la Cleveland Clinic. Moins de 5 % des enfants ont besoin de soins à l’hôpital.

Que faire à la maison en cas de croup léger ?

Rester calme aide réellement. Les pleurs gonflent encore les voies aériennes, et la Mayo Clinic insiste sur le cercle vicieux toux-détresse-toux. Tenir l’enfant contre soi, lui parler doucement, lui proposer un doudou réduit souvent le stridor plus vite qu’un geste technique. La position assise ou semi-assise facilite le passage de l’air. On évite de l’allonger à plat s’il lutte pour inspirer.

Boire reste une priorité. Le lait, l’eau ou un bouillon, selon l’âge, limitent la déshydratation liée à la fièvre et à la polypnée. MedlinePlus autorise le paracétamol pour le confort et la fièvre, et l’ibuprofène à partir de 6 mois. L’aspirine n’a pas sa place chez l’enfant, rappelle le CDC. La Mayo Clinic rattache ce conseil au risque de syndrome de Reye. Les doses se lisent sur la notice ou se confirment auprès du pharmacien.

La vapeur d’eau chaude a longtemps fait partie des conseils familiaux. Les essais n’ont pas montré d’amélioration nette des scores de croup avec l’air humidifié, et le NHS demande explicitement de ne pas installer l’enfant dans une pièce saturée de vapeur. La Mayo Clinic note que beaucoup de parents y croient encore, tout en reconnaissant l’absence de preuve. Une brûlure dans une salle de bain trop chaude n’est pas un risque théorique.

L’air froid extérieur a un statut un peu différent. Un essai randomisé genevois publié en 2023 dans Pediatrics (Siebert et collaborateurs) a comparé 30 minutes d’air extérieur à moins de 10 °C et l’air intérieur, juste après une dexaméthasone. Parmi 118 enfants, 49,2 % du groupe « froid » contre 23,7 % du groupe intérieur ont baissé leur score de Westley d’au moins 2 points à 30 minutes, surtout en forme modérée. À 60 minutes, les deux groupes se valaient. C’est un appoint possible par temps froid, pas un traitement à lui seul.

Les sirops contre la toux n’aident pas le croup et peuvent nuire, écrit MedlinePlus. La Mayo Clinic déconseille aussi les préparations « rhume » en vente libre chez l’enfant. Ils n’agissent pas sur l’œdème sous-glottique. Mieux vaut surveiller la respiration la nuit, éventuellement en dormant près de l’enfant.

Virus respiratoire syncytial

Dexaméthasone et adrénaline, quels traitements prescrits ?

Le corticoïde est le traitement de fond du croup, y compris léger, dès qu’un médecin le juge indiqué. La revue Cochrane de 2023, 45 essais et 5 888 enfants, montre que les glucocorticoïdes réduisent les scores de croup dès deux heures par rapport au placebo, raccourcissent le séjour et diminuent les retours aux urgences. La dexaméthasone, souvent en une seule prise orale, est la molécule la plus étudiée. L’amélioration débute en général en deux à trois heures et se maintient 24 à 48 heures, d’après cette pratique d’urgence pédiatrique.

La dose la plus utilisée dans les essais est de 0,6 mg/kg de dexaméthasone par voie orale. La même revue Cochrane indique qu’une dose de 0,15 mg/kg pourrait suffire pour la plupart des critères (retours, durée de séjour, besoin d’adrénaline). À 24 heures, la dose de 0,6 mg/kg a toutefois mieux réduit le score dans un petit essai. La pratique canadienne de 2026 reste sur 0,6 mg/kg et juge encore incertaine l’équivalence des doses plus basses, surtout dans les formes graves. En France, le médecin ou le pharmacien applique la posologie locale.

La voie orale est préférée. Elle est aussi efficace que l’injection dans les essais, et moins éprouvante. L’intramusculaire ou l’intraveineuse se discute si l’enfant vomit. Ajouter du budésonide inhalé à la dexaméthasone orale n’a pas montré de bénéfice supplémentaire chez les enfants hospitalisés, rappellent les auteurs canadiens. La prednisolone orale peut soulager à deux et six heures de façon comparable, mais la dexaméthasone a probablement réduit d’environ moitié les retours dans la comparaison Cochrane.

L’adrénaline (épinéphrine) nébulisée est le traitement rapide des formes modérées à graves. Elle diminue l’œdème en 10 à 30 minutes. La revue Cochrane de 2013 a trouvé une baisse nette du score à 30 minutes, sans effet durable à deux et six heures. La pratique canadienne retient 5 ml d’adrénaline L 1:1000 (ou 0,5 ml d’adrénaline racémique), indépendamment du poids, en milieu médical. L’enfant reste observé 2 à 4 heures.

Traitement Rôle Délai observé dans les sources
Dexaméthasone orale Réduire l’œdème, limiter les retours et les hospitalisations 2 à 3 heures, effet 24 à 48 heures (CPS, Cochrane 2023)
Prednisolone orale Alternative si la dexaméthasone n’est pas retenue Comparable à 2 et 6 heures, plus de retours possibles
Adrénaline nébulisée Soulager vite une forme modérée ou grave 10 à 30 minutes, effet dissipé vers 2 heures
Oxygène Hypoxie ou détresse franche, pas un geste systématique Selon la saturation et le travail respiratoire
Antibiotique Uniquement si surinfection bactérienne suspectée Sans effet sur le virus parainfluenza (CDC)

L’intubation n’intervient que si l’obstruction résiste et que l’enfant s’épuise. Elle concerne 0,4 % à 1,4 % des enfants hospitalisés pour croup, pas 1 % de tous les croups. Les bronchodilatateurs de type salbutamol n’ont pas d’indication dans le croup typique, faute de spasme bronchique à dilater.

Quand emmener l’enfant chez le médecin pour un croup ?

Un croup n’est pas une affection à surveiller sans avis si la respiration change. Le NHS demande un avis médical dès que l’on pense à un croup, parce qu’une dose de corticoïde peut écourter les symptômes. La Mayo Clinic conseille de recontacter le médecin si les signes sont intenses, s’aggravent, durent plus de trois à cinq jours ou ne répondent pas aux mesures de confort. En France, le médecin traitant, le pédiatre ou le 15 selon l’urgence tranchent. Les seuils ci-dessous viennent des sources anglophones, pas d’un protocole français inventé.

Appelez le 15 ou le 112, ou faites conduire l’enfant aux urgences sans l’allonger, devant les signes suivants. Ils sont repris de la Mayo Clinic, de MedlinePlus et du NHS, et décrivent des seuils de détresse plutôt qu’une peur à cultiver.

Signe Pourquoi c’est un seuil Conduite
Stridor audible au calme, sans pleurs L’obstacle est déjà marqué au repos Avis urgent, souvent urgences
Tirage net, ventre ou cou qui se creuse L’enfant force pour faire entrer l’air 15 ou 112 si la lutte est intense
Lèvres, langue ou ongles bleutés ou gris Possible manque d’oxygène 15 ou 112
Bavage, impossibilité d’avaler, enfant qui refuse de s’allonger Orienter vers épiglottite, abcès ou obstacle 15 ou 112, ne pas forcer l’examen de gorge
Somnolence, enfant mou, trop calme ou inconsolable Fatigue ou manque d’oxygène 15 ou 112
Moins de 3 mois, ou enfant très fébrile qui se dégrade Seuil plus bas, autres diagnostics possibles Avis urgent, souvent hospitalier

Un enfant de moins de 6 mois, qui boit nettement moins, ou atteint d’une maladie cardiaque ou pulmonaire chronique, justifie aussi un seuil plus bas d’admission. Le texte canadien de 2026 le rappelle pour le Canada. Le médecin français adaptera ce raisonnement aux usages locaux. Le NHS déconseille de conduire soi-même si l’enfant lutte vraiment pour respirer. Après une nébulisation d’adrénaline, la sortie n’est envisagée que si les signes restent améliorés pendant 2 à 4 heures. Un retour des symptômes la nuit suivante n’est pas rare.

Le croup est-il contagieux et comment limiter la transmission ?

Le croup n’est pas une maladie à part. Ce sont les virus respiratoires, surtout les parainfluenza, qui circulent. Un même virus peut donner un croup chez un enfant de deux ans et un simple rhume chez un frère plus âgé ou un adulte. Le CDC indique que l’on est surtout contagieux au début de la maladie, et que le virus voyage par les gouttelettes de toux, le contact rapproché et les surfaces pendant quelques heures.

La Cleveland Clinic retient une contagiosité d’environ trois jours après le début des symptômes, ou jusqu’à la disparition de la fièvre, et conseille un retour en collectivité après 24 heures sans fièvre et sans antipyrétique. Ces délais viennent d’une encyclopédie clinique américaine, pas d’un arrêté français. L’école, la crèche et le médecin de l’enfant restent la référence pour la reprise.

Les gestes utiles sont ceux de toutes les infections respiratoires. Se laver les mains, tousser dans le coude, nettoyer les jouets et les poignées, et tenir l’enfant à l’écart des personnes très vulnérables réduisent la transmission, selon le CDC. Un enfant peut faire plusieurs infections à parainfluenza dans sa vie. Vers 5 ans, la plupart ont déjà des anticorps contre le type 3, et environ 75 % contre les types 1 et 2. Les réinfections donnent surtout des rhumes, ce qui explique pourquoi le croup se raréfie en grandissant.

Croup qui revient et autres causes de stridor

Deux épisodes ou plus par an, un croup avant 6 mois, des symptômes qui durent au-delà d’une semaine ou une détresse hors de proportion font chercher autre chose qu’un simple rhume viral. La Cleveland Clinic et le document canadien d’urgence pédiatrique orientent alors vers un ORL ou un pneumopédiatre. On peut découvrir une sténose sous-glottique, une laryngomalacie, un hémangiome, une séquelle d’intubation, un reflux gênant ou un terrain d’atopie. Ces causes n’excluent pas un virus déclencheur. Elles rendent chaque rhume plus bruyant.

L’épiglottite reste le diagnostic à ne pas rater, même devenue rare. Fièvre élevée, bavage, voix étouffée, enfant qui refuse de s’allonger, presque pas de toux aboyante. On n’allonge pas l’enfant, on n’ouvre pas la bouche de force, on appelle le 15. Un abcès profond du cou donne aussi fièvre et douleur à la déglutition, plus que la toux de phoque. Un corps étranger laryngé commence souvent en pleine santé, pendant un repas ou un jeu.

La trachéite bactérienne se greffe parfois sur un croup viral. Après quelques jours de toux rauque, l’enfant bascule. Fièvre haute, aspect toxique, réponse médiocre à l’adrénaline. C’est une urgence hospitalière, avec antibiotiques adaptés, souvent vis-à-vis de Staphylococcus aureus. L’anaphylaxie et l’œdème de Quincke peuvent siffler en quelques minutes, souvent avec urticaire, sans rhume. Le traitement n’est alors pas celui du croup.

Un croup qui n’en finit pas au-delà d’une semaine, ou qui revient chaque mois, n’est plus un simple aléa de l’automne. Noter les dates, la fièvre, le stridor au repos et la réponse à la dexaméthasone aide le médecin à décider d’un avis spécialisé.

Questions fréquentes

Un adulte peut-il avoir un croup ?

Oui, mais c’est rare, parce que la trachée de l’adulte est plus large et tolère mieux un œdème. La Cleveland Clinic précise que, lorsqu’un adulte est atteint, les symptômes peuvent être plus marqués et nécessiter davantage de soins. Un adulte fébrile, qui bave ou qui lutte pour respirer, n’a de toute façon pas un petit croup à surveiller comme celui d’un tout-petit.

Faut-il un antibiotique pour soigner un croup ?

Non, pas dans la forme virale, de très loin la plus fréquente. Le CDC rappelle que les antibiotiques n’agissent pas sur les virus parainfluenza. Ils deviennent utiles seulement si le médecin suspecte une surinfection, en particulier une trachéite bactérienne, situation rare (moins de 1 pour 1 000 d’après la pratique canadienne).

La vapeur de la salle de bain calme-t-elle la toux aboyante ?

Les essais n’ont pas montré que l’air humidifié améliore les scores de croup, et le NHS déconseille d’installer l’enfant dans une pièce pleine de vapeur. Un air extérieur froid, par temps inférieur à 10 °C, a amélioré le score à 30 minutes dans un essai de 2023, en appoint d’une dexaméthasone déjà donnée. Cela ne remplace pas un avis médical.

Combien de temps dure un épisode de croup ?

Le plus souvent trois à cinq jours, avec un pic les premières nuits, d’après la Mayo Clinic. MedlinePlus parle de jusqu’à trois nuits, parfois sept. Chez 60 % des enfants, la toux aboyante s’estompe en 48 heures selon les données canadiennes déjà citées. Une durée supérieure à une semaine justifie un nouveau contact avec le médecin.

Existe-t-il un vaccin contre le croup ?

Il n’existe pas de vaccin contre les virus parainfluenza, principaux responsables du croup, confirment le CDC et la Mayo Clinic. Les vaccins contre la diphtérie, le Hib et la rougeole protègent contre d’autres infections des voies aériennes parfois confondues avec un croup. Ils ne dispensent pas des gestes barrières pendant la saison des rhumes.

Peut-on donner du paracétamol en cas de croup ?

Oui, pour la fièvre et le confort, selon MedlinePlus et la Mayo Clinic, aux doses adaptées au poids indiquées par le pharmacien ou le médecin. L’ibuprofène est envisageable à partir de 6 mois. L’aspirine est à éviter chez l’enfant. Ces médicaments ne traitent pas l’œdème du larynx et n’autorisent pas à retarder un appel si la respiration se dégrade.

Mère confortant son bébé

Conclusion

La toux aboyante du croup fait peur parce qu’elle éclate souvent la nuit, dans une petite trachée déjà étroite. Dans l’immense majorité des cas, l’épisode reste léger, dure quelques jours et cède, parfois aidé par une unique dose de dexaméthasone. Les virus parainfluenza n’ont pas de traitement antiviral spécifique, et ni la vapeur chaude ni un sirop antitussif n’ont fait la preuve d’un bénéfice sur l’obstruction.

Ce qui oriente la décision, c’est la lecture de la respiration. Stridor au repos, tirage, enfant inconsolable ou au contraire trop calme, lèvres grises, bavage. Ces seuils, décrits par la Mayo Clinic, MedlinePlus et le NHS, valent un appel au 15 ou au 112. Un corticoïde n’empêche pas de reconsulter si la nuit suivante est plus bruyante que la précédente.

Si votre enfant tousse comme un phoque ce soir, tenez-le assis, proposez-lui de boire, notez s’il a un stridor au calme, et demandez au médecin si une dexaméthasone orale est indiquée dans son cas. Gardez le 15 à portée de main tant que les nuits restent agitées. Le pharmacien confirmera les doses de paracétamol au poids.

Sources

  1. Croup – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 3 décembre 2022.
  2. Croup – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 3 décembre 2022.
  3. Croup: MedlinePlus Medical Encyclopedia. MedlinePlus, 1er janvier 2026.
  4. About Human Parainfluenza Viruses. Centers for Disease Control and Prevention, 27 janvier 2026.
  5. Clinical Overview of Human Parainfluenza Viruses. Centers for Disease Control and Prevention, 27 janvier 2026.
  6. Aregbesola A, Tam CM et al. : Glucocorticoids for croup in children. Cochrane Database of Systematic Reviews, 10 janvier 2023.
  7. Bjornson C, Russell K et al. : Nebulized epinephrine for croup in children. Cochrane Database of Systematic Reviews, 10 octobre 2013.
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  9. Croup (Laryngotracheobronchitis). Merck Manual Professional Edition, septembre 2026.
  10. Croup. National Health Service, 23 septembre 2025.
  11. Croup: Causes, Symptoms & Treatment. Cleveland Clinic, 3 mai 2023.
  12. Siebert JN, Salomon C et al. : Outdoor Cold Air Versus Room Temperature Exposure for Croup Symptoms: A Randomized Controlled Trial. Pediatrics, 1er août 2023.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.