
Une hyperextension du genou survient lorsque l’articulation est poussée vers l’arrière au-delà de son amplitude habituelle. La lésion va d’une distension douloureuse, souvent soulagée par un repos relatif et du froid, jusqu’à une déchirure du ligament croisé antérieur (LCA), du ligament croisé postérieur (LCP) ou d’un ménisque.
Le scénario est souvent banal. Réception d’un saut sur jambe tendue, tacle sur un genou verrouillé, chute en avant, arrêt brutal en course. Continuer à jouer malgré la douleur peut transformer une atteinte légère en rupture ligamentaire, souligne la fiche de la Cleveland Clinic mise à jour en 2022. Les pages OrthoInfo de l’American Academy of Orthopaedic Surgeons (AAOS, 2022) recensent plus de 200 000 ruptures du LCA chaque année aux États-Unis, soit plus de la moitié des blessures du genou dans ce pays.
Les premières heures se jouent souvent à la maison, avec une application de froid de 15 à 20 minutes selon les sources. Un éditorial de 2019 dans le British Journal of Sports Medicine limite la protection à un à trois jours. Sans dégât interne, la Cleveland Clinic situe la récupération entre quelques semaines et un mois. Après reconstruction du LCA, la Mayo Clinic (2026) parle souvent d’une année ou plus avant un sport à pivot.
Qu’est-ce qu’une hyperextension du genou
C’est un traumatisme dans lequel le genou part en arrière au-delà de la limite où fémur et tibia restent alignés. L’articulation, la plus volumineuse du corps, associe trois os (fémur, tibia, rotule), deux ménisques, quatre ligaments principaux et les tendons du quadriceps et de la rotule, décrit l’AAOS. Une force qui chasse le tibia trop loin vers l’arrière distend d’abord la capsule et les ligaments, puis peut les déchirer.
Il faut séparer ce choc unique d’un genou recurvatum. Le recurvatum désigne une hyperextension chronique, souvent liée à une laxité constitutionnelle, et non l’accident aigu dont il est question ici. Une personne très souple peut présenter les deux, mais le diagnostic et les délais ne se recouvrent pas.
N’importe qui peut se blesser ainsi, y compris en glissant dans un escalier. Les sports de pivot, de contact et de saut (football, basketball, ski, gymnastique) concentrent toutefois la plupart des cas. Une hyperextension n’est pas, en elle-même, une rupture du LCA ou du LCP. Ces ligaments croisés, en forme de X au centre du genou, peuvent céder pendant le même geste, ou rester intacts. La Cleveland Clinic rappelle qu’une hyperextension grave est une cause fréquente de lésion du LCA et du ligament collatéral médial, sans que chaque choc arrière n’aboutisse à une déchirure.
Le LCA est un seul ligament, avec deux faisceaux, et non « deux ligaments ». Le LCP, plus épais, se rompt moins souvent. Collatéraux et ménisques peuvent céder dans le même temps. Quand plusieurs structures lâchent ensemble, le tableau n’est plus celui d’une simple distension.

Quels symptômes apparaissent juste après le choc
La douleur est immédiate dans la plupart des cas, parfois très vive, parfois seulement gênante. Un gonflement suit, des bleus peuvent apparaître, et le genou paraît plus faible, comme s’il allait céder sous le poids. La Cleveland Clinic (2022) liste aussi une gêne pour plier ou tendre la jambe. Si vous avez entendu ou senti un claquement au moment du choc, la probabilité d’une déchirure ligamentaire augmente nettement.
Le délai du gonflement oriente déjà le médecin. Une revue de 2023 (Jadidi et coll.) relie un épanchement en quelques minutes à une rupture du LCA ou du LCP, à une fracture ou à une luxation. Un gonflement qui s’installe en plusieurs heures, parfois après plus de 24 heures, va plutôt avec une entorse plus limitée ou une lésion méniscale, précise le Merck Manual (2025). L’intensité de la douleur ne classe pas à elle seule la gravité.
D’autres signes méritent d’être notés tels quels.
- Un dérobement à l’appui, ou l’impression que le genou « part », oriente vers une atteinte ligamentaire plutôt que vers une simple contusion.
- Un blocage franc, l’impossibilité de plier ou de tendre, fait craindre un fragment de ménisque coincé dans l’articulation.
- Des fourmillements, un pied froid ou une jambe qui change de couleur imposent un avis urgent, car une atteinte vasculaire ou nerveuse, rare, ne se discute pas à la maison.
- Une boiterie d’emblée, même sans craquement, suffit à arrêter le sport et à faire examiner le genou.
Les spasmes des muscles autour de l’articulation, décrits par le Merck Manual, figent parfois le genou plus encore que la lésion elle-même. Un second examen, quelques jours plus tard, reste donc souvent nécessaire.
Comment le genou se blesse en hyperextension
Tout geste qui chasse le genou vers l’arrière peut suffire. Un joueur de rugby plaqué au niveau des jambes, un basketteur qui réceptionne un saut jambe trop tendue, un skieur dont la spatule reste plantée. La Cleveland Clinic prend ces images comme exemples types. Un accident de la voie publique peut produire le même mécanisme, parfois associé à d’autres lésions.
Le LCA cède souvent sans contact direct. Pivot pied ancré au sol, décélération brutale, réception déséquilibrée. La Mayo Clinic (2026) décrit aussi le coup direct, du type tacle. L’hyperextension n’est qu’un des mécanismes. Dans la position dite « de non-retour » (hanche en adduction et rotation interne, tibia en rotation), le LCA est particulièrement exposé, rappelle la revue de Jadidi et coll. (2023).
Le LCP a d’autres histoires. Le mécanisme classique est le choc antérieur sur un tibia fléchi (tableau de bord, chute genou plié). La recommandation clinique JOSPT de 2017 attribue toutefois 11,9 % des lésions du LCP à une hyperextension brutale. Une fiche StatPearls (2023) confirme que l’hyperextension rotatoire reste une cause moins fréquente, mais réelle.
Les collatéraux se distendent plutôt sous une force latérale. Un choc sur la face externe charge le ligament collatéral médial, souvent appelé ligament latéral interne en France. Les ménisques se déchirent surtout quand le genou tourne sous charge. L’AAOS estime qu’environ la moitié des ruptures du LCA s’accompagnent d’une atteinte du ménisque, du cartilage ou d’un autre ligament.
Quelles structures peuvent se déchirer
La gravité ne se lit pas sur une photo du genou gonflé. Les ligaments distendus ou rompus se classent en trois grades, décrits par l’AAOS pour le LCA et repris pour les autres ligaments. Au grade 1, les fibres sont étirées, l’articulation reste stable. Au grade 2, le ligament est partiellement déchiré et le genou présente une laxité anormale dans certaines positions. Au grade 3, la rupture est complète, le genou n’est plus tenu. Pour le LCA, les déchirures partielles sont d’ailleurs rares. La plupart des lésions sont totales ou presque totales.
Le LCA empêche le tibia de glisser trop en avant et contrôle la rotation. Sa rupture se traduit souvent par le claquement, un gonflement rapide et un genou qui « lâche » au changement de direction. Le LCP empêche le tibia de partir en arrière. Beaucoup de ruptures isolées du LCP sont partielles et peuvent cicatriser sans opération, indique OrthoInfo. Le ligament collatéral médial est le plus souvent touché des collatéraux. Les grades 1 et 2, et une grande partie des grades 3 isolés, se traitent sans chirurgie, selon la revue de 2023.
Un ménisque déchiré peut bloquer le genou, donner un clic douloureux ou un gonflement plus tardif. Chez les moins de 40 ans, des données citées par Jadidi et coll. montrent que certaines déchirures traumatiques, dans un genou resté stable, évoluent aussi bien à un an avec la rééducation qu’avec une arthroscopie. Cela ne s’applique pas aux fragments déplacés ni aux lésions réparables qu’il faut adresser tôt au chirurgien.
Une luxation vraie du genou, os déplacés, sort du cadre d’une simple distension. Elle met en jeu l’artère poplitée. La fiche StatPearls demande alors de vérifier les pouls du pied et, en cas de doute, l’index de pression systolique cheville-bras. Un index inférieur à 0,8 fait craindre une lésion de la paroi artérielle. Ce tableau est rare, mais un pied froid ou insensible après un choc violent n’attend pas le lendemain.
Que faire les premières heures
Arrêtez l’activité en cours. La fiche de 2022 déconseille de continuer à marcher « pour voir ». Le but des premières heures n’est pas de réparer le ligament. Il s’agit d’éviter d’aggraver la lésion, de limiter l’épanchement et de décider si vous devez consulter le jour même.
Les encyclopédies cliniques (AAOS, Cleveland Clinic, Merck Manual 2025) enseignent encore le schéma RICE ou PRICE (protection, repos, glace, compression, élévation). L’éditorial PEACE et LOVE de Blaise Dubois et Jean-François Esculier, mis en ligne le 3 août 2019, a modifié la copie. La protection ne dure qu’un à trois jours. Un repos trop long affaiblit le tissu. Le froid n’a pas de preuve de haute qualité pour soigner une lésion des tissus mous. Les anti-inflammatoires ne devraient pas, dans cette lecture, faire partie du soin standard. Les deux familles de conseils coexistent. Pour le quotidien, un compromis prudent, à faire valider par votre médecin ou votre pharmacien, ressemble à ceci.
- Protégez le genou un à trois jours, avec éventuellement des béquilles si l’appui est douloureux, sans vous aliter.
- Surélevez la jambe au-dessus du niveau du cœur, oreiller sous le mollet, aussi souvent que possible.
- Comprimez avec une bande élastique, serrée mais pas tourniquet, comme le décrivent l’AAOS et le Merck Manual.
- Appliquez du froid à travers un linge. La Cleveland Clinic indique 15 minutes, quatre fois par jour. L’AAOS parle de 20 minutes, plusieurs fois par jour, jamais à même la peau. Le NHS propose jusqu’à 20 minutes toutes les 2 à 3 heures.
Pour la douleur, le NHS place le paracétamol et l’ibuprofène en gel avant les comprimés d’ibuprofène. La Cleveland Clinic demande d’en parler à un professionnel avant de prendre un anti-inflammatoire plus de 10 jours. En France, le pharmacien et le médecin traitant adaptent la molécule aux contre-indications (estomac, reins, anticoagulants, asthme, grossesse).
Dès que vous pouvez bouger sans que la douleur ne vous arrête, remuez un peu l’articulation pour qu’elle ne raidisse pas. C’est déjà le « L » de LOVE, une charge progressive guidée par la douleur, puis du vélo ou de la natation sans douleur. Un kinésithérapeute, une fois le diagnostic posé, choisit la suite.
Quand voir un médecin après une hyperextension
Consultez le jour même si le genou a craqué et cédé, si vous ne pouvez pas vous appuyer, s’il gonfle en quelques minutes, s’il se déforme ou se bloque, ou si la douleur est extrême. La Cleveland Clinic envoie aux urgences en cas de douleur extrême, de gonflement qui s’aggrave, de changement de couleur ou d’impossibilité totale de bouger. La Mayo Clinic (2026) demande un avis rapide devant tout tableau de rupture du LCA, parce que d’autres structures sont souvent lésées en même temps.
Devant une douleur de genou, les consignes du NHS recommandent un avis urgent si vous ne pouvez ni bouger ni poser le pied, si le genou est très gonflé ou déformé, s’il se bloque, se dérobe ou clique de façon douloureuse, ou s’il est rouge et chaud avec de la fièvre. En France, ces tableaux relèvent du médecin de garde, des urgences, du 15 (SAMU) ou du 112. Un pied froid, des fourmillements ou un genou visiblement tordu n’attendent pas le lendemain.
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Douleur modérée, appui possible, gonflement lent sur plusieurs heures | Repos relatif, froid protégé, jambe surélevée ; médecin si aucune amélioration en quelques jours |
| Craquement, genou qui cède, gonflement en quelques minutes, appui impossible | Consulter le jour même, urgences ou médecin, sans reprendre le sport |
| Déformation, genou bloqué, fourmillements, pied froid, douleur extrême | Appeler le 15 ou le 112 ; ne pas conduire vous-même |
| Fièvre avec genou rouge, chaud et très gonflé | Avis urgent le jour même, une infection articulaire se discute alors |
| Douleur qui stagne après quelques semaines de soins simples | Médecin traitant ou kinésithérapeute, pour revoir le diagnostic |
Une douleur qui ne cède pas en quelques jours, un genou encore instable ou un gonflement qui revient à chaque essai de course justifient un rendez-vous, même si vous avez pu rentrer à pied le soir du choc. L’AAOS rappelle que certaines lésions augmentent plus tard le risque d’arthrose.

Quels examens confirment le diagnostic
Le diagnostic commence par l’histoire du geste et par l’examen des deux genoux. Le médecin compare le côté blessé au côté sain, palpe les interlignes, teste l’amplitude, cherche un épanchement, puis, quand la douleur le permet, évalue la laxité. Le test de Lachman, le tiroir antérieur et le pivot-shift explorent le LCA. Le tiroir postérieur et le « sag » (tibia qui bascule en arrière, genou fléchi à 90°) explorent le LCP. Les manœuvres en valgus et en varus, genou tendu puis fléchi à 30°, interrogent les collatéraux. Ces tests sont souvent reportés de quelques jours, écrit le Merck Manual, parce que douleur et contracture les rendent peu lisibles le jour du choc.
La radiographie ne montre pas les ligaments. Elle cherche une fracture, un arrachement osseux et une rotule en place. La revue de 2023 rappelle les règles d’Ottawa du genou, très sensibles, pour décider d’une radio après un choc. Une radio est indiquée s’il existe au moins un de ces éléments. Âge supérieur à 55 ans, douleur isolée de la rotule, douleur de la tête du péroné, impossibilité de fléchir jusqu’à 90°, ou impossibilité de faire quatre pas sur le moment et à l’arrivée.
L’IRM est l’examen de référence des tissus mous. La Mayo Clinic (2026) l’utilise pour préciser l’étendue d’une lésion du LCA et pour voir ménisque, cartilage et autres ligaments. Le Merck Manual (2025) ne la demande pas d’emblée dans toutes les entorses. Elle devient utile si la lésion paraît grave, ou si les symptômes ne cèdent pas après plusieurs semaines de protection, repos, glace, compression et élévation. Un genou peu gonflé, stable, qui s’améliore, peut se contenter de l’examen clinique. Votre médecin, en France, choisit selon le tableau et les usages locaux.
Quels traitements selon la gravité
Le traitement suit la structure atteinte, le grade, votre âge, votre sport et la stabilité du genou, pas le mot « hyperextension » à lui seul. Pour une distension sans laxité, le schéma des premiers jours, puis une reprise progressive guidée par la douleur, suffisent souvent. La Cleveland Clinic juge la chirurgie rare dans ce cadre. Une attelle ou des béquilles restent possibles quelques jours si l’appui fait trop mal.
Les entorses isolées des collatéraux, grades 1 et 2, et la majorité des grades 3 du ligament collatéral médial, se traitent sans opération, avec une attelle articulée et de la kinésithérapie, résume Jadidi et coll. (2023). Le LCP isolé de grade 1 ou 2 suit souvent la même voie, avec un travail du quadriceps. L’opération du LCP se discute surtout en cas de laxité importante, de lésions associées ou d’échec du traitement.
Pour le LCA, la Mayo Clinic réserve souvent la reconstruction aux ruptures complètes chez une personne qui veut reprendre un sport de pivot, aux lésions touchant plusieurs ligaments ou le ménisque, et aux genoux qui se dérobent dans la vie quotidienne. Une personne moins exposée aux changements de direction, sans instabilité, peut rester sur un programme de rééducation et l’évitement des pivots. La revue de 2023 rappelle toutefois un risque à long terme de lésions secondaires du ménisque et du cartilage si le genou reste instable.
Quand une reconstruction est retenue, le chirurgien remplace le ligament rompu par une greffe. L’arthroscopie est la voie habituelle. La recommandation JOSPT de 2017 plaide pour une mobilisation précoce dans la première semaine, un appui selon la tolérance, et un travail de force à partir de 4 à 6 semaines, deux à trois fois par semaine, pendant 6 à 10 mois. Ces durées sont américaines. Votre chirurgien et votre kinésithérapeute, en France, adaptent le protocole. Un blocage franc par ménisque pousse vers une réparation plutôt que vers l’attente. Si un épanchement volumineux empêche tout mouvement, le médecin peut ponctionner le liquide, note le Merck Manual.
Combien de temps faut-il pour récupérer
Sans lésion interne et sans opération, la Cleveland Clinic (2022) situe le retour aux activités habituelles entre quelques semaines et un mois. Ce n’est pas un permis de reprendre un match à J+14. Le NHS, pour les douleurs de genou, évoque souvent une amélioration en quelques jours pour les formes bénignes, et un médecin si rien ne bouge en quelques semaines.
Les fourchettes par ligament, tirées de la revue de Jadidi et coll. (2023), donnent un ordre de grandeur, pas un rendez-vous. Un collatéral de grade 1 guérit souvent entre la deuxième et la quatrième semaine, le grade 2 plutôt vers un mois et demi, le grade 3 vers deux mois. Le LCP isolé demande en général un peu plus longtemps, jusqu’à trois mois au grade 3. Un LCA traité sans chirurgie s’étale sur plusieurs mois, parfois une année. Après reconstruction, 9 à 12 mois restent la fourchette la plus citée. La Mayo Clinic (2026) insiste. Il n’existe pas de date magique. Les tests de force, de stabilité, de contrôle du mouvement et la confiance dans le genou pèsent plus que le calendrier. Pour les sportifs, le retour se fait souvent à un an ou davantage.
Jusqu’à un tiers des athlètes se blessent de nouveau au même genou ou à l’autre dans les deux ans, surtout dans les sports à haut risque comme le football, indique la Mayo Clinic. Allonger la rééducation vise à réduire ce risque. Des déficits de force du quadriceps peuvent persister des années, relèvent les synthèses citées par le CPG JOSPT de 2017. Le travail sédentaire peut souvent reprendre plus tôt si vous restez assis, indique la Cleveland Clinic. La reprise du sport, elle, demande un genou sec, une amplitude complète, une force comparable à l’autre jambe, et des appuis contrôlés.
Comment limiter une nouvelle blessure
On ne vaccine pas un genou. On réduit les facteurs sur lesquels on peut agir. La Mayo Clinic (2026) décrit des programmes qui travaillent le tronc, renforcent les ischio-jambiers et enseignent la réception d’un saut. Ces programmes visent aussi à réduire le surrisque de rupture du LCA chez les sportives. Porter une attelle n’a pas, dans cette page, démontré qu’elle prévient une première lésion du LCA.
La fiche OrthoInfo sur les tissus mous insiste sur l’échauffement avant les étirements, des étirements tenus 10 à 20 secondes sans à-coups, et le refus de reprendre un sport à fond après des mois d’arrêt. Trente minutes d’activité modérée par jour préparent mieux le tissu qu’une explosion isolée. Des chaussures usées, des fixations de ski mal réglées ou une fatigue de fin de match font partie des circonstances listées par la Mayo Clinic comme associées aux ruptures du LCA.
Trois habitudes concrètes valent mieux qu’une liste de gadgets.
- Arrêtez-vous dès que le genou fait mal pendant l’effort. Jouer malgré la douleur est le conseil le plus clairement rejeté par la Cleveland Clinic.
- Répartissez force, souplesse et travail d’équilibre, au lieu d’empiler seulement du cardio.
- Après une première lésion, demandez un programme de prévention à un kinésithérapeute plutôt que de recopier des exercices vus en ligne.
Le surrisque féminin concerne surtout le LCA, pas l’hyperextension en tant que telle. L’AAOS (2022) situe le taux de ruptures du LCA chez les sportives entre 2 et 8 fois celui des hommes. Le CPG JOSPT de 2017 cite, chez les lycéennes américaines, un ratio de 3,4 par rapport aux garçons dans les sports comparables. Pour une sportive de pivot, le message utile est d’intégrer un travail de réception, de tronc et d’ischio-jambiers, et de faire examiner tout craquement sans délai.
Questions fréquentes
Un genou hyperétendu est-il toujours grave ?
Non. Beaucoup de chocs se limitent à une distension douloureuse qui s’améliore en quelques semaines avec du repos relatif et du froid. La gravité dépend de ce qui a cédé à l’intérieur, pas du seul fait que le genou est parti en arrière. Un craquement, un gonflement minute ou un genou qui lâche justifient un examen le jour même.
Peut-on marcher après une hyperextension du genou ?
Oui, si l’appui est possible sans dérobement et si la douleur reste supportable, une marche prudente, parfois avec une canne, est souvent autorisée. L’impossibilité de poser le pied ou un genou qui cède relèvent d’un avis médical rapide, comme le décrivent la Mayo Clinic et le NHS.
Faut-il mettre de la glace ou de la chaleur ?
Le froid, à travers un linge, reste le réflexe des encyclopédies cliniques les premiers jours, 15 à 20 minutes selon les sources, jamais à même la peau. L’éditorial PEACE et LOVE de 2019 juge les preuves d’efficacité du froid faibles. Après la phase aiguë, c’est votre kinésithérapeute qui dit si un autre moyen a un sens.
L’hyperextension du genou nécessite-t-elle une opération ?
Le plus souvent, non. La Cleveland Clinic réserve la chirurgie aux ruptures associées, surtout du LCA ou du LCP. Une reconstruction du LCA se discute si vous visez un sport de pivot, si plusieurs structures sont lésées, ou si le genou se dérobe au quotidien, selon la Mayo Clinic (2026). Sauf luxation, fracture, ischémie ou ménisque bloqué, la décision se prend après l’examen, souvent l’IRM.
Quelle est la différence avec un genou recurvatum ?
Le recurvatum est une hyperextension chronique, visible en station debout, souvent liée à une souplesse excessive. L’hyperextension traumatique est un accident, un geste qui a forcé l’articulation trop loin en arrière. Le traitement d’un genou souple au long cours n’est pas celui d’une rupture ligamentaire aiguë.
Les sportives sont-elles plus exposées ?
Elles le sont pour les ruptures du LCA, avec un taux 2 à 8 fois plus élevé selon l’AAOS (2022), pas spécifiquement pour l’hyperextension en tant que diagnostic. Un programme de prévention (réception, tronc, ischio-jambiers) vise à réduire ce risque. Tout craquement chez une sportive de pivot mérite un examen, même si la douleur a vite diminué.
Quand peut-on reprendre le sport ?
Quand le genou est sec, mobile, stable, aussi fort que l’autre, et capable de pivoter sans compensation, après l’accord du médecin et du kinésithérapeute. Pour une distension simple, cela peut prendre quelques semaines à un mois (Cleveland Clinic, 2022). Après reconstruction du LCA, la Mayo Clinic (2026) parle souvent d’une année ou plus.

Conclusion
Un genou poussé trop loin en arrière n’est pas un diagnostic unique. C’est un mécanisme. Il peut n’avoir laissé qu’une capsule douloureuse, ou avoir rompu le LCA, le LCP, un collatéral ou un ménisque. Les premières heures consistent à arrêter l’effort, protéger sans s’immobiliser des semaines, et décider, à partir de l’appui, d’un craquement, d’un gonflement-minute ou de fourmillements, si le 15, les urgences ou le médecin traitant s’imposent.
Les protocoles ont bougé. Le RICE des fiches grand public cohabite depuis 2019 avec PEACE et LOVE, qui raccourcissent le repos et refusent de faire des anti-inflammatoires le soin par défaut. Quelques semaines suffisent souvent pour une distension simple. Après une reconstruction du LCA, 9 à 12 mois sont courants, parfois davantage avant un sport à pivot. Jusqu’à un tiers des sportifs se reblessent dans les deux ans s’ils rentrent trop tôt.
Le geste utile est d’obtenir un examen comparatif des deux genoux, et une radio ou une IRM si l’appui manque ou si le genou se dérobe. Demandez au médecin si le LCA et le LCP sont intacts, combien de temps l’appui doit rester protégé, et à quel test concret vous pourrez juger qu’une reprise du sport n’est plus un pari.
Sources
- Hyperextended Knee: Symptoms, Causes & Treatment. Cleveland Clinic, 16 février 2022.
- Common Knee Injuries. OrthoInfo, American Academy of Orthopaedic Surgeons, février 2022.
- Anterior Cruciate Ligament (ACL) Injuries. OrthoInfo, American Academy of Orthopaedic Surgeons, octobre 2022.
- ACL injury – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 14 août 2026.
- ACL injury – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 14 août 2026.
- Dubois B, Esculier J-F : Soft-tissue injuries simply need PEACE and LOVE. British Journal of Sports Medicine, 3 août 2019.
- Logerstedt DS, Scalzitti D, Risberg MA et al. : Knee Stability and Movement Coordination Impairments: Knee Ligament Sprain Revision 2017. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 31 octobre 2017.
- McCue JY : Knee Sprains and Related Injuries. Merck Manual Consumer Version, novembre 2025.
- Knee pain – NHS. National Health Service, mis à jour en 2023.
- Jadidi S, Lee AD, Pierko EJ et al. : Non-operative Management of Acute Knee Injuries. Current Reviews in Musculoskeletal Medicine, 14 décembre 2023.
- Raj MA, Mabrouk A, Varacallo MA : Posterior Cruciate Ligament Knee Injuries. StatPearls (NCBI Bookshelf), 8 août 2023.
