
Une grossesse multiple est une grossesse où plus d’un fœtus se développe dans l’utérus, le plus souvent des jumeaux, plus rarement des triplés ou davantage. Le niveau de risque ne dépend pas d’abord du fait que les bébés soient « identiques » ou non, mais de la chorionicité, c’est-à-dire du nombre de placentas et de poches amniotiques.
Environ 60 grossesses gémellaires sur 100 se terminent par un accouchement avant 37 semaines, d’après le guide britannique NICE NG137. C’est de loin la complication la plus fréquente, et elle explique une grande partie des séjours en néonatologie.
La mise à jour d’avril 2024 de ce même guide propose une unique mesure de la longueur du col entre 16 et 20 semaines, puis 200 mg de progestérone par voie vaginale si le col mesure 25 mm ou moins, jusqu’à 34 semaines. Le taux américain de naissances gémellaires est tombé à 30,1 pour 1 000 naissances en 2024, d’après le National Center for Health Statistics.
Qu’est-ce qu’une grossesse multiple ?
On parle de grossesse multiple dès qu’au moins deux fœtus sont présents. Deux fœtus font une grossesse gémellaire ; trois fœtus, une grossesse triple. Le mot courant en français est donc « grossesse multiple » ou, pour deux bébés, « grossesse gémellaire ».
Deux mécanismes expliquent la plupart des cas. Soit deux ovules distincts sont fécondés par deux spermatozoïdes, ce qui donne des jumeaux dizygotes, dits aussi non identiques ou fraternels. Soit un seul ovule fécondé se divise, ce qui donne des jumeaux monozygotes, dits identiques. Les jumeaux dizygotes ont des génomes différents, comme n’importe quelle fratrie, et peuvent être de sexes différents. Les jumeaux monozygotes partagent le même matériel génétique de départ, sont du même sexe et se ressemblent souvent, sans être des copies parfaites.
Dans une grossesse de trois bébés ou plus, les combinaisons se mélangent. Un ovule peut se diviser alors qu’un autre a été fécondé à part, ce qui produit un trio mixte. La Mayo Clinic décrit aussi le syndrome du jumeau évanescent. Une image précoce de deux sacs n’en laisse parfois plus voir qu’un plus tard, souvent sans cause nette, ce qui peut être très éprouvant.
Ce qui oriente le suivi n’est pas le récit familial sur la ressemblance, mais ce que l’échographie dit du placenta. Une revue de 2026 dans Nature Reviews Disease Primers rappelle que la zygosité décrit l’origine, tandis que la chorionicité et l’amnionicité décrivent le risque.

Un ou deux placentas, pourquoi cela change le suivi
La chorionicité est le nombre de chorions, membranes externes liées au placenta. L’amnionicité est le nombre de poches de liquide. Ces deux données, fixées au premier trimestre, décident de la fréquence des échographies et des complications à surveiller.
Pour des jumeaux, trois configurations recouvrent presque tous les dossiers, d’après le collège américain des obstétriciens et le NICE.
| Type | Placenta et poches | Remarque clinique |
|---|---|---|
| Bichoriale biamniotique | Un placenta et une poche pour chaque bébé | Type le plus fréquent ; jumeaux dizygotes ou parfois monozygotes |
| Monochoriale biamniotique | Placenta unique, deux poches | Jumeaux monozygotes ; surveillance du syndrome transfuseur-transfusé |
| Monochoriale monoamniotique | Placenta unique et poche unique | Rare ; risque élevé d’enchevêtrement des cordons |
Les jumeaux dizygotes ont presque toujours deux placentas. Un tiers environ des jumeaux monozygotes ont aussi deux placentas, si la division a lieu dans les quatre premiers jours. Les deux tiers restants partagent un placenta (division entre le 4e et le 8e jour). Une division encore plus tardive, au-delà du 8e jour, donne une poche unique ; au-delà du 12e jour, des jumeaux conjoints, situation exceptionnelle. Ces délais figurent dans le document SMFM n° 72 de 2024.
Partager un placenta, c’est presque toujours partager des vaisseaux. Des anastomoses relient les circulations dans plus de 95 % des placentas monochoriaux, et non dans les placentas séparés. De là viennent le syndrome transfuseur-transfusé, la séquence anémie-polyglobulie (TAPS) et une partie des retards de croissance dits sélectifs.
Si la chorionicité reste incertaine, le NICE demande un second avis, puis de traiter le dossier comme monochorial jusqu’à preuve du contraire. Le risque se lit sur le placenta, pas sur la ressemblance des visages.
Quels signes évoquent des jumeaux ou des triplés ?
Aucun symptôme ne prouve à lui seul une grossesse multiple. L’échographie reste le seul examen qui compte les fœtus. Certains signes rendent toutefois l’hypothèse plus plausible et accélèrent la demande d’imagerie.
Les nausées et vomissements du premier trimestre peuvent être plus intenses qu’au cours d’une grossesse unique, et les seins plus sensibles, selon la FAQ de l’ACOG. D’autres indices cliniques restent seulement des pistes.
- Une prise de poids plus rapide dès le premier trimestre peut faire évoquer plusieurs fœtus.
- Des nausées inhabituellement fortes poussent souvent à demander une échographie plus tôt.
- Seule l’image échographique compte les fœtus et confirme le diagnostic.
Quelques femmes ne remarquent rien de particulier jusqu’à la première échographie. C’est devenu le scénario habituel. L’ACOG indique que la plupart des grossesses multiples sont découvertes à cette occasion, et non par la clinique seule.
Comment le diagnostic se pose à l’échographie
Le diagnostic de certitude est échographique. Le NICE demande, pour une grossesse gémellaire ou triple, un examen du premier trimestre qui date la grossesse, détermine chorionicité et amnionicité, et nomme chaque bébé (haut/bas ou gauche/droite) afin que les comptes rendus restent cohérents.
L’âge gestationnel se calcule sur le plus grand fœtus, pour ne pas sous-dater la grossesse à partir d’un bébé déjà trop petit. La chorionicité se lit sur le nombre de masses placentaires, l’épaisseur de la membrane et le signe du lambda (saillie en V de tissu placentaire, grossesse bichoriale) ou le signe du T (membrane fine perpendiculaire au placenta, grossesse monochoriale). Ces signes sont fiables surtout avant 14 semaines. Après cette date, un sexe discordant aide, car il plaide fortement pour deux placentas.
Le NICE prévoit au moins huit rendez-vous spécialisés pour une grossesse bichoriale biamniotique simple, avec échographies vers 12 semaines puis à 20, 24, 28, 32 et 36 semaines. Une grossesse monochoriale biamniotique simple en prévoit au moins onze, avec un rythme toutes les deux semaines à partir de 16 semaines. Une poche unique relève d’un centre de médecine fœtale de recours.
L’examen morphologique dure plus longtemps (45 minutes prévues dans le parcours britannique) et les contrôles de croissance 30 minutes. On ne se fie pas à la hauteur utérine au mètre ruban pour juger la croissance de chaque fœtus.
Qui a plus de chances d’attendre plusieurs bébés ?
La plupart des jumeaux surviennent sans facteur unique identifiable. L’ACOG et la Mayo Clinic relient surtout la hausse du risque dizygote à l’âge et à l’assistance médicale à la procréation.
- Après 35 ans, l’ovaire libère plus souvent deux ovules dans le même cycle hormonal.
- Un traitement d’ovulation peut faire mûrir plusieurs follicules et donc plusieurs embryons.
- Transférer plus d’un embryon en fécondation in vitro augmente la chance d’une implantation multiple.
- Un embryon unique transféré peut encore se diviser après le transfert.
La revue de 2026 estime environ 12 grossesses gémellaires pour 1 000 grossesses dans le monde. Le National Center for Health Statistics américain situe le taux de naissances gémellaires à 30,1 pour 1 000 naissances en 2024, soit 11 % de moins qu’en 2014. Le recul a été plus marqué chez les mères de 30 ans et plus, ce qui cadre avec des pratiques d’assistance médicale plus prudentes sur le nombre d’embryons transférés. Ces chiffres ne se transposent pas tels quels à la France ; votre médecin commentera les données locales.
Quels risques pour la mère et pour les bébés ?
La prématurité domine le tableau. L’ACOG indique que plus de la moitié des jumeaux naissent avant 37 semaines, et que les triplés naissent presque toujours trop tôt. Le NICE et le RCOG chiffrent à 60 sur 100 les grossesses gémellaires qui accouchent avant 37 semaines, et à 75 sur 100 les grossesses triples avant 35 semaines. Un nouveau-né prématuré peut avoir besoin d’aide pour respirer, s’alimenter et réguler sa température. Avant 32 semaines, le risque de complications graves, y compris de paralysie cérébrale, s’élève, précise l’ACOG.
Pour la mère, plusieurs affections reviennent plus souvent que lors d’une grossesse unique, d’après l’ACOG, le RCOG et le NICE.
- L’anémie impose une numération vers 20 à 24 semaines, afin d’ajouter fer ou acide folique si besoin.
- La prééclampsie survient plus tôt, plus souvent, et sous une forme souvent plus marquée.
- Le diabète gestationnel expose le nouveau-né à des hypoglycémies et à des difficultés respiratoires.
- L’hémorragie de la délivrance est plus fréquente ; le NICE demande une délivrance dirigée.
- Une dépression du post-partum doit être cherchée et dite, car le risque est plus élevé.
La prééclampsie peut léser les reins, le foie, le cerveau et les yeux ; les convulsions définissent l’éclampsie. La croissance des fœtus peut diverger. Une discordance de poids estimé de 25 % ou plus, avec un fœtus sous le 10e percentile, fait adresser le dossier à un centre de médecine fœtale.
Le RCOG note que la chance de découvrir une anomalie génétique ou structurelle est un peu plus élevée qu’avec un seul bébé. Les tests sanguins de dépistage chromosomique sont moins sensibles qu’avec un seul fœtus, et un résultat dit positif peut ne correspondre à aucune anomalie. Le prélèvement de villosités choriales et l’amniocentèse sont plus délicats, car chaque fœtus doit être ciblé, avec un petit risque de perte.

Syndrome transfuseur-transfusé et placenta unique
Le syndrome transfuseur-transfusé (STT) naît d’un déséquilibre de sang et de substances vasoactives à travers les anastomoses d’un placenta unique. Le document SMFM n° 72 de 2024 l’estime présent dans 8 à 12 % des grossesses monochoriales biamniotiques. Le RCOG avance le chiffre d’environ 15 sur 100. Les deux sources décrivent la même affection ; l’intervalle 8-15 % reflète des cohortes différentes, et le document américain plus récent sert de référence chiffrée ici.
Le jumeau donneur reçoit trop peu de sang, le receveur trop. Le liquide amniotique s’assèche d’un côté et s’accumule de l’autre. Le NICE surveille ce couple de poches toutes les deux semaines à partir de 16 semaines, jusqu’à la naissance. Une poche inférieure à 2 cm associée à une poche supérieure à 8 cm avant 20 semaines (ou 10 cm après) fait adresser en centre de recours.
Le document SMFM recommande la photocoagulation laser fœtoscopique comme traitement de référence des stades II à IV de Quintero entre 16 et 26 semaines. Le stade I, souvent suivi de près, peut aussi relever du laser en cas de gêne maternelle liée au trop-plein de liquide. Une méta-analyse de 2020 (Di Mascio et coll., 2 699 grossesses) a observé la survie d’au moins un jumeau dans environ 87 % des stades I, 85 % des stades II, 82 % des stades III et 83 % des stades IV traités par laser pour les stades II à IV. Ces pourcentages décrivent des séries spécialisées, pas une garantie individuelle.
La séquence anémie-polyglobulie (TAPS) est une forme plus lente, sans grand écart de liquide. Elle touche environ 2 à 5 % des monochoriales biamniotiques de façon spontanée, et davantage après un laser. Le diagnostic anténatal repose sur le Doppler de l’artère cérébrale moyenne. Un retard de croissance sélectif, un syndrome de perfusion artérielle inversée (TRAP, rare) et l’enchevêtrement des cordons en poche unique complètent le tableau. Toute douleur abdominale brutale, tout essoufflement soudain ou tout changement net des mouvements doit faire appeler l’équipe, indique le RCOG.
Suivi prénatal, alimentation et activité physique
Le calendrier est plus serré qu’avec un seul bébé, et il dépend du type de placenta. Une équipe habituée aux jumeaux (obstétricien, sage-femme, échographiste) coordonne les visites. On n’adresse pas toutes les femmes à un diététicien ou à un professionnel de santé mentale de façon automatique ; le NICE réserve ces renforts aux besoins de chacune. En France, le rythme exact suit le protocole de votre maternité, qui peut différer du parcours britannique tout en gardant la même logique : plus de contrôles si le placenta est unique.
Sur l’assiette, le NICE aligne les conseils généraux (alimentation, mode de vie, vitamines) sur ceux d’une grossesse unique, tout en surveillant de près l’anémie. L’ACOG ajoute environ 300 kcal par jour et par fœtus, soit 600 kcal de plus pour des jumeaux. La Mayo Clinic relie ce surplus à la fourchette de prise de poids pour un IMC de départ dit normal. Les comprimés prénataux ne se doublent pas de votre propre chef, car un surplus mal choisi de certains nutriments peut nuire. Le fer ou l’acide folique supplémentaires se discutent avec le médecin ou le pharmacien, à partir de la numération.
Les fourchettes de prise de poids pour des jumeaux, reprises par les CDC d’après l’Institute of Medicine, se lisent ainsi (conversion approximative en kilogrammes) :
| IMC avant la grossesse | Prise de poids visée pour des jumeaux |
|---|---|
| Moins de 18,5 | 22,7 à 28,1 kg |
| 18,5 à 24,9 | 16,8 à 24,5 kg |
| 25,0 à 29,9 | 14,1 à 22,7 kg |
| 30,0 à 39,9 | 11,4 à 19,1 kg |
Pour des triplés, il n’existe pas de fourchette unique comparable ; l’objectif se fixe avec le clinicien. Marcher, nager et pratiquer un yoga prénatal restent les activités souvent proposées. L’ACOG vise environ 30 minutes par jour, en évitant les efforts brusques. Les CDC parlent, pour la grossesse en général, de 150 minutes d’activité d’intensité modérée par semaine. Si des contractions, un col modifié ou une complication apparaissent, le médecin peut demander de réduire l’activité. Le repos strict au lit n’est plus un outil de routine pour allonger la grossesse : le NICE le déconseille en prévention, et la Mayo Clinic indique qu’il n’a pas fait la preuve d’une baisse de la morbidité ou de la mortalité néonatales.
La mise à jour NICE d’avril 2024 ajoute une mesure unique du col entre 16 et 20 semaines. Un col de 25 mm ou moins ouvre la discussion d’une capsule de 200 mg de progestérone vaginale le soir, jusqu’à 34 semaines ou jusqu’à la naissance. Ce schéma est celui du Royaume-Uni et, en 2024, il s’agissait d’un usage hors AMM britannique de ces capsules ; en France, c’est votre équipe qui appliquera la conduite locale. Le cerclage, le pessaire d’Arabin et les tocolytiques oraux ne sont pas proposés en routine. L’aspirine à faible dose à partir de 12 semaines n’est envisagée que s’il existe au moins deux facteurs de risque de prééclampsie, selon le NICE ; la dose précise relève de la prescription.
Accouchement programmé, date et voie
Même sans complication, on ne laisse pas une grossesse gémellaire aller jusqu’au terme d’une grossesse unique. Au-delà d’un certain seuil, le risque de mort fœtale augmente plus vite que le bénéfice d’attendre. Le NICE propose une naissance programmée à 37 semaines pour des jumeaux bichoriaux biamniotiques simples, à 36 semaines s’ils sont monochoriaux biamniotiques, entre 32+0 et 33+6 semaines s’ils partagent la poche, et à 35 semaines pour des triplés trichoriaux ou dichoriaux triamniotiques simples. Le RCOG retient les mêmes ordres de grandeur (32 à 34 semaines pour la poche unique).
La voie n’est pas dictée par le seul mot « jumeaux ». Pour une grossesse gémellaire simple au-delà de 32 semaines, si le premier bébé se présente par la tête, s’il n’y a pas de contre-indication au travail et pas de grande discordance de poids, le NICE considère la voie basse et la césarienne comme deux options acceptables. Plus d’un tiers des femmes qui visent une voie basse aboutissent toutefois à une césarienne. Un petit nombre a une césarienne du second jumeau après la naissance vaginale du premier. Si le premier n’est pas céphalique, une césarienne est proposée. Les jumeaux monoamniotiques et les triplés naissent le plus souvent par césarienne.
La Mayo Clinic confirme qu’une voie basse reste souvent possible lorsque le premier jumeau est tête en bas, et que trois bébés ou plus naissent très souvent par césarienne. La discussion du lieu, de la date, de l’analgésie et de la délivrance doit avoir eu lieu au plus tard vers 28 semaines, selon le NICE, qui propose aussi une péridurale en cas de voie basse, notamment pour gagner du temps si une extraction rapide devient nécessaire. En France, ces choix se tranchent avec l’équipe de la maternité qui vous suit.
Signes qui justifient une consultation rapide
Certains symptômes, pendant une grossesse multiple, ne doivent pas attendre la prochaine visite. Ils n’annoncent pas tous une catastrophe, mais ils changent la conduite dans la journée.
| Signe | Conduite |
|---|---|
| Contractions régulières ou douloureuses avant 37 semaines | Contacter la maternité le jour même |
| Perte de liquide clair, même peu abondante | Se rendre à la maternité sans délai |
| Saignement vaginal abondant, malaise, douleur brutale | Appeler le 15 ou le 112 |
| Maux de tête intenses, troubles visuels, douleur haute du ventre, gonflement soudain | Faire évaluer une possible prééclampsie |
| Douleur ou gonflement abdominal soudain, essoufflement, mouvements nettement diminués | Appeler l’équipe, surtout si le placenta est unique |
Le RCOG insiste sur la triade douleur abdominale brutale, essoufflement soudain et changement des mouvements, car elle peut marquer un STT qui s’aggrave. Une prééclampsie qui s’installe peut imposer une naissance avant le terme prévu, même si les poumons des bébés ne sont pas tout à fait prêts. Dans ce cas, un cycle de corticoïdes peut être proposé pour accélérer la maturation pulmonaire ; le NICE s’oppose en revanche aux cures de corticoïdes « au calendrier », sans menace réelle de naissance proche.
Après la naissance, une tristesse intense, une anxiété envahissante ou une incapacité à assurer les gestes du quotidien doivent être dites au médecin. L’ACOG et la Mayo Clinic relient les jumeaux à un risque plus élevé de dépression du post-partum. L’allaitement de deux bébés est possible ; la production de lait s’ajuste, mais l’organisation demande souvent l’aide d’une consultante en lactation.
Questions fréquentes
Les jumeaux seront-ils forcément identiques ?
Non. Les jumeaux dizygotes, les plus fréquents, viennent de deux ovules et ne se ressemblent pas plus que des frères et sœurs nés à des années d’écart. Les jumeaux monozygotes viennent d’un seul ovule divisé ; ils sont du même sexe et partagent le même matériel génétique de départ, sans être des copies conformes.
Faut-il une césarienne pour des jumeaux ?
Pas toujours. Si le premier bébé se présente par la tête, si la grossesse reste simple après 32 semaines et s’il n’y a pas de grande différence de poids, le NICE tient la voie basse et la césarienne pour deux choix défendables. Plus d’un tiers des tentatives de voie basse se terminent néanmoins par une césarienne.
Le repos au lit réduit-il le risque de prématurité ?
Pas en prévention systématique. Le NICE déconseille le repos au lit, le cerclage et le pessaire d’Arabin en routine pour empêcher un accouchement spontané trop tôt. La Mayo Clinic indique que ces mesures n’ont pas démontré de baisse de la maladie ou de la mort des nouveau-nés.
Peut-on allaiter deux bébés ?
Oui. L’ACOG précise que la production de lait augmente pour répondre à la demande, à condition de manger suffisamment et de boire. Une sage-femme ou une consultante en lactation aide à trouver les positions, y compris pour téter en même temps.
Les tests génétiques sur le sang sont-ils fiables avec des jumeaux ?
Ils le sont moins que pour une grossesse unique. L’ACOG souligne une sensibilité plus faible et des faux positifs possibles. Un prélèvement de villosités ou une amniocentèse reste plus complexe, car chaque fœtus doit être identifié.
À partir de quand programme-t-on la naissance ?
Le NICE propose 37 semaines pour des jumeaux bichoriaux simples, 36 semaines s’ils partagent le placenta, 32 à 33+6 semaines s’ils partagent aussi la poche, et 35 semaines pour certains triplés. Votre maternité adaptera ces repères à votre dossier.

Conclusion
Le renseignement à faire inscrire noir sur blanc dès la première échographie est le type de placenta et de poches. C’est ce détail, plus que le mot « jumeaux », qui fixe le rythme des contrôles, le dépistage du syndrome transfuseur-transfusé et la fenêtre de naissance. Chorionicité et amnionicité doivent figurer sur le compte rendu, avec le nom donné à chaque bébé.
La prématurité reste l’événement le plus probable : 60 grossesses gémellaires sur 100 n’atteignent pas 37 semaines. Le col mesuré entre 16 et 20 semaines, puis une progestérone vaginale si le col est court, est le schéma britannique de 2024 ; en France, c’est l’équipe qui vous suit qui transposera, ou non, cette conduite. Le repos au lit n’est plus l’outil qu’on présentait autrefois comme un réflexe.
Trois questions méritent d’être posées à l’équipe : le type de placenta, la fréquence des échographies, et les signes qui doivent faire appeler le 15 ou la maternité. Si des contractions régulières, une perte de liquide, un saignement, un mal de tête violent ou une chute des mouvements surviennent, le rendez-vous inscrit dans l’agenda n’est plus le bon horizon.
Sources
- Twin and triplet pregnancy. National Institute for Health and Care Excellence, 9 avril 2024.
- Twin pregnancy: Getting ready for twins or multiples. Mayo Clinic, 17 décembre 2024.
- Multiple Pregnancy. American College of Obstetricians and Gynecologists, révisé en mai 2025.
- Martin JA, Osterman MJK : A Decade of Decline in Twin Childbearing in the United States, 2014–2024. National Center for Health Statistics, juin 2026.
- Weight Gain During Pregnancy. Centers for Disease Control and Prevention, 15 mai 2024.
- Multiple pregnancy: having more than one baby. Royal College of Obstetricians and Gynaecologists, septembre 2021.
- Di Mascio D, Khalil A, D’Amico A et al. : Outcome of twin-twin transfusion syndrome according to Quintero stage of disease: systematic review and meta-analysis. Ultrasound in Obstetrics & Gynecology, décembre 2020.
- Miller RS, Miller JL et al. : Society for Maternal-Fetal Medicine Consult Series #72: Twin-twin transfusion syndrome and twin anemia-polycythemia sequence. American Journal of Obstetrics and Gynecology, 17 juillet 2024.
- Khalil A, Craig JM et al. : Twin pregnancy | Nature Reviews Disease Primers. Nature Reviews Disease Primers, 29 octobre 2026.
