Endométriose cervicale : symptômes et diagnostic

Endométriose cervicale : symptômes et diagnostic

L’endométriose cervicale est une localisation rare de l’endométriose, dans laquelle un tissu semblable à la muqueuse de l’utérus se développe dans le col. Elle reste bénigne, passe souvent inaperçue et ne se distingue d’un cancer du col que lorsque le pathologiste examine un fragment de tissu.

Du sang après un rapport sexuel, quelques taches entre deux règles, et l’inquiétude monte très vite. Dans une série hospitalière de 13 566 endométrioses opérées, Wang et ses collègues n’en ont retrouvé que 33 au col, soit 0,24 %. Cette rareté n’autorise pas à rassurer sans examen. La même série compte déjà sept erreurs d’orientation vers un polype, un myome, un mélanome ou un cancer.

L’Organisation mondiale de la santé estime que l’endométriose concerne environ 10 % des femmes en âge de procréer, soit près de 190 millions de personnes. Dans une revue de 2025, les saignements entre les règles ou après un rapport représentaient 30 % des présentations de l’atteinte du col. Le NICE, dans sa mise à jour de 2024, demande une échographie transvaginale chez toute personne suspecte d’endométriose pelvienne, même si l’examen clinique est normal.

Qu’est-ce que l’endométriose cervicale

C’est la présence de glandes et de stroma de type endométrial dans le col de l’utérus, seuls ou associés à une maladie pelvienne. La Mayo Clinic décrit l’endométriose comme un tissu proche de la muqueuse utérine qui s’implante hors de la cavité, le plus souvent sur les ovaires, les trompes et le péritoine.

Le col n’est pas un siège habituel. Le Merck Manual le range parmi les localisations rares, aux côtés de la vulve ou de certaines cicatrices chirurgicales. L’Office on Women’s Health des États-Unis mentionne pourtant le col parmi les sites possibles, avec le vagin, la vulve, l’intestin ou la vessie. On distingue une forme primitive, née dans le col, et une forme secondaire, plus souvent liée à une extension depuis le septum rectovaginal, comme le rappelle la revue de Verma, Reis et Potdar.

Deux profondeurs existent. La lésion superficielle siège dans le stroma proche de l’épithélium ; la lésion profonde gagne le tiers externe de la paroi et s’associe plus souvent à une endométriose pelvienne. Les foyers peuvent gonfler et prendre une teinte bleu-violet avant les règles, puis se rompre en laissant une ulcération irrégulière. Rien de tout cela n’est visible à l’œil nu à chaque visite, et beaucoup de diagnostics ne sont posés que sur une pièce opératoire.

Cette localisation n’est pas un cancer. Elle peut cependant coexister avec une lésion du col d’une autre nature, ou en imiter l’aspect. Le médecin ne tranche pas sur la seule couleur d’une tache. Il s’appuie sur l’histoire, l’inspection et, lorsque la lésion est accessible, sur une biopsie dirigée.

Image illustrant le système de reproduction féminin

À quel point l’endométriose du col est-elle fréquente

Elle reste peu fréquente, alors que l’endométriose pelvienne est banale. L’OMS avance le chiffre de 10 % des femmes en âge de procréer. La Cleveland Clinic parle d’environ une femme sur dix dans le monde, le plus souvent diagnostiquée entre 20 et 40 ans. L’ACOG retient le même ordre de grandeur pour l’âge de la reproduction.

Au col, les chiffres changent d’échelle. Des séries anciennes de colposcopie, reprises par Verma et ses collègues en 2025, citaient une fourchette de 0,11 % à 2,4 %. La série de Wang, Li et Lang, portant sur 13 566 endométrioses confirmées, n’a isolé que 33 atteintes cervicales (0,24 %). Seize de ces 33 femmes n’avaient aucun signe en rapport ; le diagnostic n’est apparu que sur l’histologie.

L’incidence actuelle n’est pas connue. La revue de 2025 avance une explication plausible. Les gestes sur le col pour un frottis anormal se sont multipliés, et le pathologiste décrit plus souvent un foyer endométriosique sur une pièce de conisation ou d’hystérectomie. Après conisation, certaines séries anciennes allaient jusqu’à 43 % de foyers sur la pièce d’hystérectomie, et jusqu’à 15 % après une cautérisation étendue. Ces pourcentages décrivent des populations opérées, pas la population générale.

Une femme peut donc vivre longtemps sans savoir qu’un foyer siège dans son col. À l’inverse, un saignement de contact n’est pas une preuve. La rareté de cette localisation rend le diagnostic plus long, surtout si le premier examen ne montre qu’une tache rouge attribuée à un ectropion.

Quels symptômes peuvent apparaître

Beaucoup de lésions du col ne donnent aucun signe et se découvrent lors d’un examen, d’un frottis ou d’une intervention prévue pour une autre raison. Quand des symptômes existent, les plus cités sont un saignement entre les règles et un saignement post-coïtal.

La série britannique de 52 cas analysée par Verma répartit les motifs. On y trouve des saignements intermenstruels ou post-coïtaux chez 30 % des femmes, des saignements utérins anormaux chez 29 %, une dysménorrhée chez 12 %, une douleur pelvienne ou abdominale chez 11 %, une dyspareunie chez 8 %. Un petit groupe consultait pour un suivi de frottis, un polype suspect ou la crainte d’un cancer. Ces pourcentages décrivent une file d’attente hospitalière, pas toutes les femmes qui ont un foyer silencieux.

Les signes généraux de l’endométriose restent utiles dès qu’une atteinte pelvienne est possible. La Mayo Clinic met en avant des règles très douloureuses, une douleur pendant ou après un rapport, une douleur pour uriner ou aller à la selle, des règles abondantes, une fatigue, des ballonnements. L’intensité de la douleur ne dit pas l’étendue des foyers. Une lésion mince peut faire très mal, une maladie étendue peut rester discrète.

Quelques cas publiés décrivent une hémorragie vaginale massive, parfois après rupture d’un kyste du col. Ces présentations sont rares, mais elles imposent un geste urgent. Entre ces deux extrêmes, le quotidien ressemble plutôt à des taches répétées sur le slip après un rapport, ou à un filet de sang qui n’attend pas la date des règles.

  • Un filet de sang après un rapport, même peu abondant, mérite un examen du col plutôt qu’une attente prolongée.
  • Des taches entre deux cycles, surtout si elles reviennent, justifient le même avis gynécologique.
  • Une douleur profonde pendant un rapport oriente aussi vers une endométriose pelvienne associée.
  • Une hémorragie qui trempe les protections en peu de temps relève d’une prise en charge immédiate.

Causes possibles et antécédents de geste sur le col

La cause exacte de l’endométriose n’est pas établie, et celle de la localisation cervicale ne l’est pas davantage. La Mayo Clinic retient plusieurs pistes pour la maladie en général, parmi lesquelles le reflux de sang menstruel vers le pelvis, la transformation de cellules péritonéales, le déplacement de cellules par les vaisseaux, l’implantation sur une cicatrice, et un défaut de reconnaissance par le système immunitaire.

Pour le col, un dénominateur revient souvent dans les séries, à savoir un traumatisme antérieur de la muqueuse. Verma et ses collègues citent la biopsie, la conisation, la résection à l’anse et les gestes de la zone de transformation. L’idée est simple. Des fragments de muqueuse utérine s’implantent sur une plaie encore ouverte. Cette hypothèse n’explique pas tous les cas. Dans la série de Wang, seules 2 patientes sur 33 avaient déjà eu une cryothérapie ou une excision électrique du col.

D’autres antécédents pèsent davantage dans cette cohorte chinoise. Un accouchement par voie basse ou un curetage figurait chez 84,8 % des femmes. L’âge moyen était de 38,2 ans, avec un éventail de 15 à 51 ans. Ces chiffres ne prouvent pas une relation de cause à effet ; ils décrivent le profil des cas histologiquement confirmés dans un hôpital de recours.

Les facteurs de risque classiques de l’endométriose pelvienne restent ceux de la Mayo Clinic et de l’Office on Women’s Health, à savoir la parenté du premier degré, des premières règles précoces, des cycles courts, des règles longues et abondantes, et la nulliparité. Ils n’identifient pas à eux seuls une lésion du col. Ils aident en revanche à ne pas interrompre le bilan lorsqu’une douleur pelvienne s’ajoute aux saignements de contact.

Comment le diagnostic se fait

Le diagnostic de certitude de l’atteinte du col repose sur l’histologie, le plus souvent après une biopsie dirigée sous colposcopie, parfois sur une pièce de résection ou d’hystérectomie. L’inspection seule ne suffit pas, car une tache rouge ou bleu-noir peut être un ectropion, un polype, une cervicite ou une lésion précancéreuse.

Le parcours commence par l’écoute des symptômes et un examen au spéculum. Si le col paraît anormal, ou si un saignement de contact persiste malgré un frottis rassurant, une colposcopie permet de viser la zone suspecte. Dans la série de Verma, 56 % des femmes ont eu une colposcopie ; 34 % y sont allées pour des symptômes ou un aspect anormal alors que le frottis était normal. Attendre un frottis pathologique avant de regarder le col de près serait donc une erreur.

Le frottis, lui, n’est pas un test d’endométriose. La moitié des femmes de cette série qui saignaient avaient un frottis négatif. À l’inverse, 32 % avaient un résultat anormal, de la lésion de bas grade jusqu’à une néoplasie glandulaire. Le pathologiste peut aussi lire, à tort, des cellules endométriales cycliques comme des cellules glandulaires atypiques ou un adénocarcinome in situ. La biopsie tranche.

Pour l’endométriose pelvienne associée, les recommandations ont changé de méthode. La recommandation ESHRE de 2022 demande de ne pas s’appuyer sur un biomarqueur sanguin, tissulaire ou liquidien. Elle recommande une imagerie par échographie ou IRM, tout en rappelant qu’un examen négatif n’exclut pas une maladie superficielle. Le NICE, amendé en 2024, va plus loin pour le premier recours britannique et demande d’offrir une échographie transvaginale à toute personne suspecte, même si le toucher pelvien est normal, puis de mener ce bilan en parallèle du premier traitement plutôt qu’à la suite. Le dosage du CA 125 n’a pas sa place pour poser le diagnostic.

Une laparoscopie n’est pas le premier geste d’une lésion visible sur le col. Elle devient utile si une douleur pelvienne, une infertilité ou une image d’endométriome font suspecter une maladie plus étendue. L’ESHRE accepte alors une identification visuelle confirmée par l’histologie, tout en notant qu’une histologie négative n’élimine pas complètement la maladie.

Lésions qui peuvent être confondues avec un cancer

L’aspect d’un foyer du col peut imiter une tumeur, et l’inverse est vrai. Dans la série de Wang, sept cas avaient d’abord été pris pour un myome cervical, un kyste inflammatoire, un polype, un myome sous-muqueux, un mélanome ou un cancer du col. Cette liste n’est pas une curiosité de laboratoire. Elle explique pourquoi une biopsie précède tout discours rassurant.

Le frottis ajoute une autre source de confusion. Verma et ses collègues rappellent que, chez une femme déjà traitée sur le col ou qui saigne, la cytologie peut être lue comme une lésion malpighienne de haut grade, des cellules glandulaires atypiques ou un adénocarcinome in situ. Le cycle hormonal change l’aspect des cellules endométriosiques. Un résultat alarmant n’est donc pas, à lui seul, un cancer ; un résultat rassurant n’est pas, à lui seul, une garantie.

D’autres diagnostics différentiels figurent dans la revue de 2025, parmi lesquels la cervicite, la métaplasie tubaire, l’hyperplasie microglandulaire et la métaplasie tubo-endométrioïde. Le médecin les écarte par l’examen, parfois par un prélèvement infectieux, et surtout par l’histologie. Un polype simple se retire et s’analyse. Un ectropion saigne au contact mais n’a pas de glandes endométriales dans le stroma.

Rien n’interdit la coexistence. Une femme peut avoir à la fois un foyer d’endométriose et une lésion liée au papillomavirus. La série de Verma compte des frottis de CIN1, CIN2/3 et de néoplasie glandulaire. Ces chiffres ne prouvent pas que l’endométriose du col cause un cancer ; ils rappellent que le bilan du col ne s’arrête pas au mot « endométriose » une fois le foyer confirmé.

Femme enceinte avec un ventre arrondi

Surveillance, hormones et chirurgie du col

Il n’existe pas de recommandation spécifique pour cette localisation, et la revue de 2025 n’a trouvé aucun essai randomisé. Le traitement suit les symptômes, le désir d’enfant et la présence éventuelle d’une maladie pelvienne. Une lésion silencieuse peut rester sous surveillance. Une lésion qui saigne, qui fait mal ou qui laisse un doute histologique se traite.

Pour la douleur d’endométriose en général, le NICE propose d’abord un essai court, par exemple de trois mois, de paracétamol ou d’un anti-inflammatoire non stéroïdien, seuls ou associés. L’ESHRE place aussi les antalgiques parmi les options, avec un niveau de preuve faible. L’ibuprofène fait partie des molécules citées par la Mayo Clinic et la Cleveland Clinic. La dose, la durée et les contre-indications (estomac, reins, grossesse) se règlent avec le médecin ou le pharmacien, selon la pratique française.

L’hormonothérapie vise à calmer les foyers sensibles aux œstrogènes. L’ESHRE recommande d’offrir une contraception hormonale combinée, un progestatif, un agoniste ou un antagoniste de la GnRH. Le NICE précise que ce traitement n’a pas d’effet négatif permanent sur la fertilité ultérieure, et qu’il ne doit pas être prescrit seul chez une femme qui cherche à concevoir. La revue de Verma mentionne le diénogest et les analogues de la GnRH dans des cas publiés. Le choix concret, en France, appartient au gynécologue, car les spécialités, les indications et le remboursement ne se recopient pas d’un pays à l’autre.

Quand un geste sur le col est retenu, les options décrites dans la revue vont de la résection à l’anse à la conisation, de l’électrocoagulation au laser CO₂, jusqu’à l’embolisation des artères utérines ou l’hystérectomie en cas d’hémorragie grave. Dans la série de 52 cas, 46 % des femmes ont eu une hystérectomie, souvent pour des saignements anormaux, des fibromes ou une adénomyose, et pas seulement pour le foyer cervical. Wang rapportait une excision chez toutes les patientes symptomatiques, sans récidive observée dans sa cohorte. L’ACOG, pour l’endométriose en général, rappelle qu’une douleur peut revenir chez jusqu’à 8 femmes sur 10 dans les deux ans qui suivent une chirurgie.

Situation Piste de prise en charge
Lésion confirmée, aucun symptôme Surveillance clinique, sans geste d’emblée
Saignements après un rapport ou entre les règles Colposcopie, biopsie, parfois résection à l’anse
Douleur cyclique ou pelvienne associée Bilan d’endométriose pelvienne et hormonothérapie selon le cas
Hémorragie vaginale abondante Geste cervical urgent, parfois embolisation ou hystérectomie
Projet de grossesse en cours Pas d’hormones seules (NICE) ; discussion d’un geste ciblé
Frottis ou aspect évocateur d’une lésion précancéreuse Colposcopie et histologie avant tout traitement destructeur

Une hystérectomie n’est pas le traitement de première intention d’un foyer isolé. Elle se discute si d’autres maladies de l’utérus s’y ajoutent, si les saignements résistent, ou si la femme ne souhaite plus de grossesse. Le NICE demande alors d’ôter aussi tous les foyers visibles. En France, l’indication, la voie d’abord et la conservation des ovaires se décident avec le chirurgien, à partir des recommandations locales.

Fertilité, grossesse et désir d’enfant

Une lésion limitée au col n’a pas, à elle seule, le même poids qu’une endométriose ovarienne ou tubaire sur les chances de concevoir. Les séries de Wang et de Verma ne démontrent pas qu’un foyer cervical isolé empêche une grossesse. Le vrai enjeu de fertilité vient surtout de la maladie pelvienne associée, des adhérences et des kystes de l’ovaire.

L’endométriose reste toutefois une cause fréquente d’infertilité. L’OMS estime que 25 à 50 % des femmes infertiles en sont atteintes. La Mayo Clinic avance que jusqu’à la moitié des personnes qui ont une endométriose ont des difficultés à concevoir. L’ACOG retient, de son côté, jusqu’à 6 femmes infertiles sur 10. Ces chiffres parlent de la maladie dans son ensemble, pas d’une tache du col découverte au spéculum.

Beaucoup de femmes enceintes ont une endométriose et mènent la grossesse à terme. La Mayo Clinic le souligne. La grande majorité des personnes concernées conçoivent sans recours particulier. Le NICE, lorsqu’un projet d’enfant est prioritaire, déconseille l’hormonothérapie seule ou associée à la chirurgie pour améliorer les taux de grossesse spontanée. Il propose plutôt, pour une maladie qui n’atteint pas le tube digestif, la vessie ou l’uretère, une exérèse ou une ablation des foyers plus une libération des adhérences.

Avant un geste sur le col, le désir d’enfant oriente l’étendue de l’exérèse. Le NICE demande de traiter selon les symptômes et les priorités, dont la fertilité, plutôt que selon le stade. Un foyer isolé et peu étendu n’impose pas une conisation large si une biopsie dirigée ou une résection limitée suffisent.

Quand consulter pour des saignements du col

Saigner après un rapport, avoir des taches entre les règles, des règles qui empêchent de travailler ou une douleur profonde pendant un rapport justifient un rendez-vous, même si le dernier frottis était normal. La Cleveland Clinic demande de consulter en cas de douleur pelvienne ou de règles longues et abondantes. Le NICE ajoute d’orienter vers un service de gynécologie si le premier traitement échoue, si les symptômes gênent la vie quotidienne, ou s’ils persistent.

Le NICE invite à suspecter une endométriose devant une douleur pelvienne chronique, une dysménorrhée qui limite les activités, une douleur profonde pendant ou après un rapport, des signes digestifs ou urinaires cycliques, ou une infertilité associée à l’un de ces signes. Il demande aussi si une parente du premier degré est atteinte, car cela augmente la probabilité. Un journal des symptômes peut aider la consultation, sans remplacer l’examen.

Certains tableaux n’attendent pas le prochain créneau de cabinet. Une hémorragie qui trempe les protections, des malaises, une douleur pelvienne brutale avec fièvre, ou un saignement pendant la grossesse relèvent du 15 ou du 112. Les cas d’hémorragie massive liés à un kyste du col sont rares dans la littérature, mais le délai compte davantage que le nom exact de la lésion.

Après un premier avis, le suivi dépend de ce que l’examen a montré. Une lésion biopsiée bénigne et silencieuse peut être revue à un rythme convenu. Un saignement qui revient, un frottis qui change ou une douleur nouvelle rouvrent le dossier. Le médecin traitant et le gynécologue se partagent ce suivi ; le pharmacien aide pour les antalgiques et, le cas échéant, pour une contraception hormonale déjà prescrite.

Suivi après le diagnostic

Une fois le foyer confirmé, le suivi n’a pas de calendrier universel. Le NICE envisage un contrôle en consultation, avec ou sans imagerie, surtout en cas d’endométriose profonde ou d’endométriome de plus de 3 cm. L’ESHRE juge le rythme inconnu et demande de l’individualiser selon les traitements déjà reçus et l’intensité des symptômes.

Si une hormonothérapie a calmé les saignements, l’interrompre peut les faire revenir. La Cleveland Clinic le rappelle pour l’endométriose en général. Les médicaments agissent tant qu’on les prend, et les symptômes peuvent réapparaître à l’arrêt. Cela n’en fait pas un échec définitif. Cela oriente vers une autre molécule, un geste local ou, parfois, une simple pause si le projet d’enfant passe au premier plan.

Après une excision du col, une récidive reste possible, même si Wang n’en a pas observé dans sa petite série. L’ACOG, à l’échelle de la maladie, cite jusqu’à 8 femmes sur 10 qui revoient une douleur dans les deux ans. Un contrôle clinique, et parfois une nouvelle colposcopie, a plus de valeur qu’une promesse d’éradication. Les questions utiles au rendez-vous portent sur le désir d’enfant, la tolérance du traitement et le caractère cyclique ou post-coïtal des saignements.

L’endométriose peut peser sur l’humeur, le sommeil et la vie sexuelle. L’OMS le note parmi les conséquences de la maladie. Rien n’oblige à affronter cela sans aide. Le médecin traitant peut orienter vers un suivi de la douleur, un avis de fertilité ou un soutien psychologique. Aucune de ces aides ne « guérit » les foyers ; chacune peut rendre les mois suivants plus tenables.

Questions fréquentes

L’endométriose du col est-elle un cancer ?

Non. C’est une affection bénigne, faite de glandes et de stroma de type endométrial. Elle peut pourtant ressembler à une tumeur ou coexister avec une lésion précancéreuse, ce qui impose une biopsie avant de conclure.

Un frottis normal écarte-t-il le diagnostic ?

Non. Dans la série de Verma, la moitié des femmes qui saignaient avaient un frottis négatif. Un saignement de contact persistant justifie une colposcopie même lorsque le dernier prélèvement était rassurant.

Peut-on voir ces lésions à l’échographie ?

L’échographie voit rarement les lésions superficielles de l’endométriose, rappelle la Mayo Clinic. Un kyste plus volumineux du col peut toutefois apparaître. L’échographie transvaginale reste utile pour chercher une maladie ovarienne ou profonde associée, comme le demande le NICE depuis 2024.

Faut-il toujours enlever la lésion ?

Non. Une lésion silencieuse et confirmée peut rester sous surveillance. L’excision, la résection à l’anse ou un traitement hormonal se discutent lorsque les saignements, la douleur ou un doute histologique l’emportent.

Les lésions peuvent-elles revenir après une excision ?

Oui. Wang n’a pas vu de récidive dans sa série, mais d’autres observations et l’expérience de l’endométriose pelvienne montrent que des foyers peuvent réapparaître. Un suivi clinique reste donc utile après le geste.

Cette localisation empêche-t-elle une grossesse ?

Un foyer isolé du col n’a pas démontré, à lui seul, un effet comparable à celui des lésions ovariennes ou tubaires. Si une endométriose pelvienne s’y ajoute, les chances de concevoir peuvent diminuer, et le projet d’enfant guide alors le traitement.

Femme discutant avec un gynécologue

Conclusion

L’atteinte du col par l’endométriose est rare, souvent muette, et se révèle surtout par des saignements de contact ou intermenstruels. Les chiffres de Wang (0,24 % des endométrioses opérées) et la revue de Verma de 2025 corrigent l’idée d’une maladie fréquente qu’il suffirait de cautériser. Ils montrent aussi l’absence d’essai solide et la nécessité d’une histologie avant d’écarter un cancer.

Si vous saignez après un rapport ou entre les règles, un examen du col et, au besoin, une colposcopie avec biopsie restent le premier pas concret. Le gynécologue pourra alors choisir entre surveillance, hormonothérapie ou geste local, et chercher une maladie pelvienne associée selon les lignes de l’ESHRE (2022) et du NICE (NG73, 2024). En cas d’hémorragie abondante, le 15 ou le 112 prime sur le nom de la lésion.

Apportez à la consultation la date des saignements, le dernier frottis ou test HPV, la liste des gestes déjà faits sur le col et votre projet de grossesse. Ces quatre éléments orientent mieux le prochain examen qu’un récit vague de « règles difficiles ».

Sources

  1. Endometriosis. World Health Organization, 24 mars 2023.
  2. Becker CM, Bokor A et al. : ESHRE guideline: endometriosis. Human Reproduction Open, 26 février 2022.
  3. Endometriosis: diagnosis and management. National Institute for Health and Care Excellence, mis à jour en 2024.
  4. Endometriosis – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 30 août 2024.
  5. Endometriosis: Causes, Symptoms, Diagnosis & Treatment. Cleveland Clinic, 16 septembre 2024.
  6. Verma S, Reis I et al. : Demystifying cervical endometriosis: A case series and systematic review. International Journal of Gynecology & Obstetrics, juillet 2025.
  7. Wang S, Li XC et al. : Cervical endometriosis: clinical character and management experience in a 27-year span. American Journal of Obstetrics and Gynecology, novembre 2011.
  8. Endometriosis. American College of Obstetricians and Gynecologists, mis à jour en août 2026.
  9. Endometriosis. Office on Women’s Health, 24 octobre 2025.
  10. Endometriosis. Merck Manual, août 2026.
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