
La glomérulonéphrite est une inflammation des glomérules, ces petits filtres du rein qui séparent les déchets et l’eau en trop du sang pour former l’urine. Quand ils enflent ou se cicatrisent, du sang et des protéines passent dans l’urine, la tension peut monter et la fonction rénale peut chuter, parfois en quelques jours, parfois sur des années.
La crainte fréquente est celle de la dialyse. Chez l’enfant, la forme qui suit une angine ou un impétigo streptococcique se termine par une récupération complète dans plus de 90 % des cas, d’après les CDC (2025). Une analyse du Global Burden of Disease 2019, parue en 2023, estime pourtant à 17,3 millions le nombre de personnes vivant avec une maladie rénale chronique attribuée à une glomérulonéphrite.
Une urine couleur cola ou mousseuse, un visage gonflé au réveil et une hypertension sont les signes les plus parlants. KDIGO 2021 place la biopsie comme examen de référence et les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) ou les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA2), à la dose maximale tolérée, comme premier levier contre la protéinurie. Pour la néphropathie à IgA, KDIGO 2025 ajoute des traitements ciblés lorsque le risque de perte de fonction est élevé.
Qu’est-ce que la glomérulonéphrite
C’est une atteinte inflammatoire des glomérules, le premier étage du filtre rénal. Chaque néphron couple un glomérule, pelote de capillaires, et un tubule qui récupère l’eau, les sels et les nutriments dont le corps a encore besoin. La Cleveland Clinic (2023) rappelle que l’organisme compte près d’un million de ces filtres. L’eau, les minéraux et les déchets de petite taille traversent la paroi ; les protéines et les globules rouges restent normalement dans le sang.
L’inflammation casse cette sélectivité. Du sang apparaît dans l’urine (hématurie), des protéines aussi (protéinurie), et les déchets s’accumulent dans la circulation. La Mayo Clinic (mise à jour en 2026) décrit deux tempos. L’épisode aigu s’installe d’un coup. La forme chronique s’étend peu à peu, parfois sans aucun signe pendant longtemps. L’atteinte peut rester confinée au rein, ou s’inscrire dans une affection qui touche d’autres organes, comme un lupus ou une infection.
Le mot recouvre un groupe d’affections, pas une seule lésion. Le traitement dépend du type vu au microscope, de la cause et de la vitesse de chute du débit de filtration glomérulaire (DFG). Une lésion diabétique au long cours peut abîmer les mêmes filtres sans le tableau inflammatoire classique. La Mayo Clinic le distingue nettement de la glomérulonéphrite. Une inflammation brève après un streptocoque chez un enfant a souvent une issue favorable. Une vascularite ou une maladie des anticorps anti-membrane basale glomérulaire (anti-MBG) peut, elle, menacer le rein en quelques semaines.

Formes aiguë, chronique et rapidement progressive
Trois allures cliniques organisent le raisonnement, même si l’une peut basculer vers une autre. L’épisode aigu débute brutalement, souvent après une infection. La forme chronique s’installe à bas bruit sur des années et peut conduire à une maladie rénale chronique si rien ne ralentit la cicatrisation. La forme rapidement progressive fait chuter la fonction en jours ou en semaines et relève d’une urgence néphrologique.
Un tableau léger, souligne le NHS (2023), ne donne souvent aucun signe perceptible. Le diagnostic tombe alors sur une bandelette faite pour une autre raison, un bilan d’hypertension ou un examen de routine. L’absence de douleur n’écarte donc pas une atteinte glomérulaire. À l’inverse, une urine soudainement sombre, un gonflement du visage et une oligurie dessinent un syndrome néphritique aigu, surtout chez l’enfant après une angine.
La forme chronique trompe parce qu’elle cohabite longtemps avec une vie normale. Une hypertension s’installe, les chevilles gonflent en fin de journée, la mousse dans la cuvette revient, la créatinine monte par paliers. Sans suivi, le capital de néphrons s’érode. KDIGO 2021 insiste sur le contrôle de la pression et de la protéinurie dans toutes les maladies glomérulaires, précisément pour retarder cette usure.
La forme rapidement progressive change d’échelle. MedlinePlus (2025) la définit par une perte de fonction en semaines ou en mois et la range aussi sous le nom de glomérulonéphrite à croissants. Une hémorragie alvéolaire peut s’y associer dans la maladie anti-MBG, alors appelée syndrome de Goodpasture. Attendre « que ça passe » n’a pas de place. Le médecin traitant oriente vers la néphrologie, souvent le jour même, et le bilan (anticorps, biopsie) se fait en parallèle du premier traitement.
Quels symptômes doivent alerter
Les signes tiennent à ce que le filtre laisse passer et à l’eau qu’il n’élimine plus. La Mayo Clinic liste une urine couleur cola ou thé, une urine mousseuse, une hypertension, un gonflement du visage, des mains, des pieds ou du ventre, un essoufflement si le liquide gagne les poumons, des nausées liées à l’accumulation de déchets, et une fatigue. Le NHS ajoute que le sang peut n’être visible qu’au laboratoire.
Le visage du matin parle souvent avant le laboratoire. Un œdème palpébral au réveil, des chaussettes qui marquent, une prise de poids rapide d’origine hydrique orientent vers une rétention. Les CDC (2025) décrivent, dans la forme post-streptococcique, un œdème surtout facial et péri-orbitaire au lever, une urine rouge-brun, une protéinurie, une hypertension, une fatigue et une anorexie. Une partie des cas reste infraclinique, avec seulement une hématurie microscopique et un complément bas.
D’autres signes élargissent le tableau lorsque l’atteinte n’est pas cantonnée au rein. MedlinePlus et le NHS mentionnent fièvre, douleurs articulaires, éruptions, toux, essoufflement, perte d’appétit. Ces signes extra-rénaux poussent à chercher un lupus, une vascularite ou une infection persistante.
Quelques situations concrètes aident à décider du délai.
- Une urine soudainement couleur cola après une angine justifie un avis médical le jour même, surtout chez l’enfant.
- Une mousse persistante dans la cuvette, associée à des chevilles gonflées, oriente vers une protéinurie à quantifier sans attendre.
- Un essoufflement brutal avec prise de poids hydrique fait craindre un œdème pulmonaire et relève d’une filière urgente.
- Une fatigue isolée n’est pas spécifique, mais elle pèse davantage si la créatinine monte ou si une anémie s’installe.
Le NHS recommande de consulter dès qu’il y a du sang dans l’urine. En France, le médecin traitant est le premier interlocuteur. Cela n’égale pas un diagnostic de glomérulonéphrite. Cystite, lithiase, tumeur, règles ou aliment colorant existent aussi. L’intérêt est d’obtenir une bandelette, un examen d’urine et une créatinine avant que la fonction ne glisse.
Causes infectieuses, auto-immunes et médicamenteuses
Plusieurs mécanismes aboutissent à la même lésion de filtre. La Mayo Clinic range les causes en maladies auto-immunes, infections et autres origines, y compris héréditaires. Souvent, la cause précise reste inconnue au premier abord. Le bilan sert à classer le tableau, pas à coller une étiquette à tout prix.
Les infections occupent une place particulière dans la forme aiguë. Après une angine à streptocoque du groupe A, la glomérulonéphrite post-streptococcique survient après environ 10 jours. Après un impétigo, le délai va jusqu’à trois semaines, précisent les CDC (2025). Ce n’est pas une infection du rein par la bactérie, mais une réaction immunitaire retardée. Les enfants d’âge préscolaire et de début de scolarité sont plus touchés que les adultes, et récupèrent plus souvent sans séquelle. Une endocardite, les hépatites B et C et le VIH figurent aussi parmi les infections associées, selon la Mayo Clinic et le NHS.
Le système immunitaire peut attaquer le rein sans infection récente. Le lupus enflamme plusieurs organes, dont le glomérule. La néphropathie à IgA, parfois appelée maladie de Berger, correspond à des dépôts d’immunoglobuline A dans le mésangium. Les vascularites à ANCA lésent les petites artères du rein, du poumon et de la peau. La maladie anti-MBG produit des auto-anticorps contre la membrane basale. MedlinePlus ajoute l’amylose, la hyalinose segmentaire et focale et le purpura rhumatoïde.
Certains médicaments et toxiques pèsent sur le risque. MedlinePlus relie une consommation lourde et prolongée d’antalgiques, surtout d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), au syndrome de néphropathie aux analgésiques. L’exposition à des solvants hydrocarbonés et certains cancers apparaissent aussi dans cette liste. Le NHS mentionne que des médicaments et quelques cancers peuvent déclencher une glomérulonéphrite. Le syndrome d’Alport, maladie génétique de la membrane basale, peut s’accompagner d’une atteinte auditive ou visuelle. La Cleveland Clinic note enfin que la cause reste souvent indéterminée, et qu’un terrain familial n’est pas obligatoire.
Comment se fait le diagnostic
Le diagnostic part presque toujours de l’urine et du sang, puis se précise par la biopsie. La Mayo Clinic (2026) décrit une bandelette et un examen du sédiment qui montrent des hématies, des protéines, parfois des leucocytes témoins d’inflammation. Un dosage sanguin cherche des déchets accumulés (urée, créatinine), des anticorps, des traces d’infection ou un diabète. L’imagerie (échographie, radiographie, scanner) donne la taille et la forme des reins. La biopsie, petit cylindre de tissu prélevé à l’aiguille sous guidage, confirme le type de lésion et son étendue.
KDIGO 2021 maintient la biopsie comme examen de référence des maladies glomérulaires. Le prélèvement n’est pas systématique. Chez l’enfant, un syndrome néphrotique est en général traité d’abord comme une néphropathie à lésions minimes corticosensible, sans biopsie d’emblée. Une seconde biopsie se discute si le résultat changerait le traitement ou le pronostic. Les CDC, pour la forme post-streptococcique, s’appuient sur l’histoire clinique et la preuve d’une infection récente à streptocoque du groupe A (prélèvement de gorge ou de peau, anticorps streptococciques), sans faire de la biopsie le premier geste.
La protéinurie se mesure, elle ne se devine pas. KDIGO 2021 recommande un recueil des 24 heures lorsque l’on s’apprête à commencer ou à intensifier une immunosuppression, ou lorsque le tableau clinique change. Chez l’enfant, le rapport protéine/créatinine sur les premières urines du matin est plus réaliste qu’un recueil complet. Un échantillon pris au hasard dans la journée varie trop. Le DFG de l’adulte se calcule de préférence avec l’équation CKD-EPI sur la créatinine. Le sédiment (hématies déformées, cylindres hématiques) appartient au bilan de toute glomérulonéphrite.
Des sérologies utiles selon le contexte figurent aussi dans MedlinePlus (anti-MBG, ANCA, anticorps antinucléaires, complément, albumine). Un C3 bas oriente, avec l’histoire, vers une forme post-infectieuse ou certaines maladies à complexes immuns. L’imagerie sert surtout à écarter un obstacle, à mesurer la taille des reins et à guider la biopsie.
Quels traitements protègent les reins
Le traitement vise d’abord à empêcher le filtre de se détruire davantage. La Mayo Clinic rappelle que la stratégie dépend du caractère aigu ou chronique, de la cause et de l’intensité des signes. Des antibiotiques traitent une infection bactérienne encore active. Des corticoïdes et d’autres immunosuppresseurs calment une attaque auto-immune. Des diurétiques réduisent l’eau en trop. Les IEC et les ARA2 baissent la pression et la protéinurie. La plasmaphérèse retire des anticorps pathogènes dans des maladies précises. La dialyse et la greffe prennent le relais si le rein n’assure plus l’épuration.
KDIGO 2021 place les IEC ou les ARA2, à la dose maximale tolérée, en première ligne dès qu’il y a hypertension et protéinurie, et aussi en cas de protéinurie isolée. La cible de pression systolique chez la plupart des adultes est inférieure à 120 mmHg, en mesure standardisée au cabinet. Le sodium alimentaire passe sous 2,0 g par jour. En cas de gastro-entérite, IEC, ARA2 et diurétiques se suspendent temporairement, sur consigne médicale, pour éviter une chute brutale du DFG. Le médecin en France appliquera la cible de pression retenue localement.
La forme post-streptococcique se soigne surtout par le contrôle de l’eau, du sel et de la tension. Les CDC (2025) recommandent aussi une pénicilline, de préférence la benzathine benzylpénicilline, pour éradiquer un streptocoque encore présent et limiter la circulation du germe dans le foyer. Il n’existe pas assez de preuves pour affirmer que l’antibiotique prévient l’inflammation glomérulaire elle-même. Plus de 90 % des enfants récupèrent complètement. Les adultes gardent plus souvent une atteinte résiduelle. La molécule et la durée prescrites en France suivent les recommandations locales ; ce texte ne les remplace pas.
Quand le système immunitaire est en cause, le néphrologue peut proposer une corticothérapie (la Mayo Clinic cite la prednisone), d’autres immunosuppresseurs, parfois une plasmaphérèse. Cette dernière retire le plasma porteur d’anticorps et le remplace par un substitut ou un plasma de donneur. Elle se discute surtout dans la maladie anti-MBG et le syndrome de Goodpasture. Une dialyse temporaire peut s’imposer pendant un pic d’insuffisance rénale aiguë. Une greffe entre en discussion si le rein n’assure plus l’épuration et si l’état général le permet. Les doses et la surveillance appartiennent au prescripteur.

Néphropathie à IgA et traitements ciblés
La néphropathie à IgA est l’une des glomérulonéphrites primitives les plus souvent biopsées chez l’adulte. Des IgA se déposent dans le mésangium, le filtre s’enflamme, une hématurie (parfois synchrone d’une infection ORL) et une protéinurie s’installent. KDIGO 2021 recommandait déjà un blocage du système rénine-angiotensine dès que la protéinurie dépasse 0,5 g par jour, même sans hypertension, et une prise en charge conservatrice « optimisée » pendant au moins 90 jours avant d’envisager une corticothérapie systémique.
Le document KDIGO 2025 actualise ce chapitre. Il suggère une cure de neuf mois de budésonide à libération iléale ciblée (Nefecon) chez les patients à risque de perte progressive de fonction. Là où ce médicament n’est pas disponible, une corticothérapie systémique à dose réduite, avec une prophylaxie anti-infectieuse, est l’alternative suggérée. Le même texte suggère le sparsentan, antagoniste dual de l’endothéline et de l’angiotensine, et un inhibiteur du SGLT2. L’objectif de protéinurie se situe au minimum sous 0,5 g par jour. Le sparsentan ne se combine pas à un IEC ou un ARA2. Le statut d’autorisation varie selon les pays. C’est le néphrologue, avec le pharmacien, qui dit ce qui est accessible en France.
Ces molécules ne remplacent pas les mesures de fond. Une pression contrôlée, un sodium bas et l’arrêt du tabac restent la base. KDIGO 2025 précise que les inhibiteurs du SGLT2 ont surtout été étudiés chez des adultes plus âgés, avec un DFG déjà abaissé ; leur intérêt chez un adulte jeune au DFG encore supérieur à 60 ml/min/1,73 m² reste plus incertain. La tonsillectomie n’est pas un traitement de la néphropathie à IgA hors des recommandations japonaises. Avant une grossesse, IEC, inhibiteurs du SGLT2, sparsentan, Nefecon et corticoïdes systémiques font l’objet d’un conseil préconceptionnel dans le même document.
Complications et moment de consulter
Sans traitement adapté, le filtre peut céder trop vite ou trop longtemps. La Mayo Clinic cite l’insuffisance rénale aiguë, la maladie rénale chronique jusqu’à la défaillance d’organe, l’hypertension entretenue par la cicatrice glomérulaire, et le syndrome néphrotique (beaucoup de protéines dans l’urine, peu dans le sang, œdèmes, cholestérol élevé). Le NHS ajoute les caillots, dont la thrombose veineuse profonde et l’embolie pulmonaire, un cholestérol élevé et des lésions d’autres organes. Le syndrome néphrotique n’est pas un détail cosmétique. Il expose aux infections et aux phlébites.
Hu, Ke et coll. (2023), à partir des données GBD 2019, chiffrent 606 300 nouveaux cas de maladie rénale chronique due à une glomérulonéphrite dans le monde, 17,3 millions de personnes vivant avec cette affection et 183 700 décès. Le fardeau a augmenté depuis 1990, surtout dans les pays au bas de l’indice sociodémographique. Le taux d’incidence le plus élevé concerne les enfants de 1 à 4 ans. Ces chiffres mondiaux ne se lisent pas comme une statistique française. Ils rappellent que l’enjeu n’est pas anecdotique.
Le délai de consultation dépend de la vitesse des signes. Le NHS demande un avis de médecine générale s’il y a du sang dans l’urine, des douleurs articulaires, une fatigue marquée ou un essoufflement. La Mayo Clinic conseille de prendre rendez-vous sans attendre dès que les signes de glomérulonéphrite sont là. Un lupus, une vascularite ou une infection streptococcique récente justifient aussi un contrôle d’urine et de créatinine. Les numéros 15 (SAMU) et 112 servent quand la fonction bascule en quelques heures.
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Urine couleur cola, mousse persistante ou paupières gonflées au réveil | Médecin traitant le jour même, bandelette et créatinine |
| Sang détecté sur une bandelette, sans autre signe | Rendez-vous en médecine générale pour un bilan urinaire et sanguin |
| Quasi-absence d’urine, essoufflement brutal ou crachats de sang | Appeler le 15 ou le 112 |
| Gonflement et urine foncée 10 jours après une angine, ou jusqu’à 3 semaines après un impétigo | Consultation rapide, parfois aux urgences, surtout chez l’enfant |
| Lupus, vascularite ou infection streptococcique récente avec urine anormale | Contrôle d’urine et de créatinine sans délai, avis de néphrologie si le bilan dévie |
Un crachat de sang avec une créatinine qui s’envole oriente vers une maladie anti-MBG ou une vascularite, tableaux où la Mayo Clinic décrit une atteinte pulmonaire possible. Ce n’est pas le moment d’attendre le rendez-vous de la semaine suivante.
Sel, protéines et suivi au quotidien
Les mesures de vie ne guérissent pas une lésion immunitaire, mais elles réduisent la charge de travail du néphron restant. KDIGO 2021 demande moins de 2,0 g de sodium par jour et une activité physique régulière. Une restriction protéique peut se discuter chez l’adulte selon le niveau de protéinurie et de fonction, en remplaçant les pertes du syndrome néphrotique. La Mayo Clinic ajoute un poids stable, le contrôle du sucre en cas de diabète, le contrôle de la tension et l’arrêt du tabac.
Un traitement peut être « aussi simple » qu’une baisse de sel dans l’assiette, écrit le NHS. Le diététicien du service de néphrologie ajuste ensuite le régime. Un patient œdémateux n’a pas la même consigne de boisson qu’un patient déjà déshydraté par un diurétique, et un potassium élevé sous IEC change le choix des aliments. Recopier un régime trouvé en ligne n’a pas de base dans ces sources.
La prévention des formes évitables tient à des gestes ordinaires. La Mayo Clinic conseille de faire soigner vite une angine ou une infection de peau, d’appliquer les règles de sexualité à moindre risque, d’éviter les injections de drogues, de traiter l’hypertension et de surveiller urine et sang en cas de lupus. MedlinePlus propose de limiter l’exposition aux solvants organiques, au mercure et aux AINS au long cours. La Cleveland Clinic rappelle de prendre les antalgiques en vente libre comme indiqué sur la notice. Ces mesures n’empêchent pas toutes les glomérulonéphrites. Elles réduisent quelques portes d’entrée identifiées.
Le suivi se partage entre médecin traitant et néphrologue. Il est utile d’arriver avec la liste des médicaments, y compris vitamines et plantes, et de demander comment évolue le DFG, quand refaire les laboratoires et à partir de quel signe aller aux urgences, comme le suggère la Mayo Clinic. En France, le médecin traitant reste le premier interlocuteur. Le pharmacien vérifie les interactions, notamment avec les AINS, avant qu’un nouveau comprimé ne s’ajoute à l’ordonnance.
Questions fréquentes
La glomérulonéphrite est-elle contagieuse ?
Non. On ne « l’attrape » pas au contact d’une personne malade. Les CDC précisent que la forme post-streptococcique n’est pas une infection du rein. En revanche, si un streptocoque du groupe A est encore présent dans la gorge ou sur la peau, cette bactérie-là peut circuler dans le foyer. D’où l’intérêt d’un antibiotique pour l’éradiquer, même si cet antibiotique ne prévient pas à coup sûr l’inflammation glomérulaire.
Peut-on en guérir ?
Certaines formes aiguës, surtout post-streptococciques chez l’enfant, se terminent par une récupération complète dans plus de 90 % des cas selon les CDC (2025). D’autres tableaux visent à ralentir la perte de fonction et à contrôler la protéinurie, parfois à induire une rémission immunologique. Personne ne peut promettre une disparition définitive de toutes les lésions. Le type vu sur la biopsie pèse plus qu’un discours général.
Faut-il toujours une biopsie rénale ?
Souvent oui chez l’adulte, parce que KDIGO 2021 en fait l’examen de référence pour typer la lésion et guider le traitement. Pas toujours. Chez l’enfant, un syndrome néphrotique est en général traité d’abord sans prélèvement. Pour la forme post-streptococcique, les CDC s’appuient sur l’histoire et la preuve d’un streptocoque récent. Une sérologie très parlante (anti-MBG, ANCA) peut aussi faire démarrer un traitement si la biopsie est trop risquée. La décision appartient au néphrologue, après avoir pesé le risque de saignement.
Les anti-inflammatoires du quotidien sont-ils dangereux ?
Une prise ponctuelle d’ibuprofène n’équivaut pas à une glomérulonéphrite. MedlinePlus relie en revanche une consommation lourde et prolongée d’antalgiques, surtout d’AINS, à une néphropathie aux analgésiques. Chez une personne qui a déjà une protéinurie, une créatinine élevée ou un IEC, un AINS peut encore faire chuter le DFG. Le pharmacien et le médecin traitant indiquent ce qui reste acceptable pour une douleur ponctuelle. L’automédication au long cours n’a pas sa place.
La dialyse est-elle inévitable ?
Non. Beaucoup de formes n’atteignent jamais le stade où le rein ne suffit plus. La Mayo Clinic et le NHS réservent dialyse et greffe à la défaillance rénale, transitoire ou durable. Une insuffisance aiguë peut nécessiter quelques séances le temps que l’inflammation cède. Une maladie chronique mal contrôlée peut, à l’inverse, y conduire. Le DFG et la protéinurie, suivis dans le temps, donnent une idée plus honnête du trajet qu’un pourcentage unique lu sur internet.
Comment vit-on avec une forme chronique ?
Avec un suivi régulier, un sel réduit, des médicaments qui protègent le filtre, et le traitement de la cause quand elle est identifiée. La Cleveland Clinic insiste sur le fait que beaucoup de patients n’ont aucun signe et ne découvrent la maladie que sur une prise de sang. Le quotidien se joue alors sur l’observance, les laboratoires, et la vigilance vis-à-vis d’un AINS, d’une gastro-entérite ou d’une grossesse.

Conclusion
La glomérulonéphrite n’est pas un diagnostic unique. C’est un mode d’attaque du filtre rénal, tantôt bref et réversible, tantôt lent, tantôt fulminant. Les chiffres mondiaux de 2019 (17,3 millions de personnes avec une maladie rénale chronique liée à cette inflammation) montrent l’ampleur du problème. Ils n’annoncent pas le destin d’un patient particulier. Le destin se lit plutôt dans le type de lésion, la protéinurie, le DFG et la réponse au premier traitement.
Si l’urine a changé de couleur, si le visage gonfle au réveil ou si une bandelette montre du sang ou des protéines, le geste utile est une consultation de médecine générale pour une bandelette, un examen d’urine et une créatinine, puis un avis de néphrologie si l’anomalie se confirme. Deux questions aident la consultation, celle du DFG estimé et celle de la protéinurie chiffrée. De la réponse dépend souvent la décision de biopsier, de pousser un IEC ou un ARA2, ou de discuter un immunosuppresseur.
Une chute brutale du volume d’urine, un essoufflement intense ou un crachat de sang relèvent du 15 ou du 112. Pour le reste, le calendrier se décide avec le médecin traitant et le néphrologue, selon KDIGO 2021 et KDIGO 2025 et selon ce qui est autorisé en France. Aucun régime, plante ou complément n’a démontré, dans les sources de cette page, qu’il remplaçait ce suivi.
Sources
- Glomerulonephritis – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 29 juillet 2026.
- Glomerulonephritis – Diagnosis and treatment. Mayo Clinic, 29 juillet 2026.
- Glomerulonephritis: MedlinePlus Medical Encyclopedia. MedlinePlus, 2 septembre 2025.
- Clinical Guidelines for Post-Streptococcal Glomerulonephritis. Centers for Disease Control and Prevention, 5 août 2025.
- About Post-Streptococcal Glomerulonephritis. Centers for Disease Control and Prevention, 7 août 2025.
- Overview – Glomerulonephritis. National Health Service, 13 avril 2023.
- Glomerulonephritis: Causes, Symptoms, Diagnosis & Treatment. Cleveland Clinic, 16 juin 2023.
- Hu J, Ke R et al. : Global, Regional, and National Burden of CKD due to Glomerulonephritis from 1990 to 2019: A Systematic Analysis from the Global Burden of Disease Study 2019. Clinical Journal of the American Society of Nephrology, 1er janvier 2023.
- Rovin BH, Adler SG et al. : Executive summary of the KDIGO 2021 Guideline for the Management of Glomerular Diseases. Kidney International, octobre 2021.
- Rovin BH, Barratt J et al. : KDIGO 2025 Clinical Practice Guideline for the Management of Immunoglobulin A Nephropathy (IgAN) and Immunoglobulin A Vasculitis (IgAV). Kidney International, septembre 2025.
