Zona : symptômes, contagion et vaccin Shingrix

Zona : symptômes, contagion et vaccin Shingrix

Le zona est la réactivation du virus varicelle-zona (VZV) dans un ganglion nerveux où il restait silencieux après une varicelle. Il se traduit le plus souvent par une bande de vésicules douloureuses d’un seul côté du corps, sur le territoire d’un nerf cutané.

La douleur peut précéder les boutons de quelques jours. Certaines personnes la prennent d’abord pour une douleur cardiaque, pulmonaire ou rénale, parce qu’elle reste cantonnée à une bande de peau et que l’éruption n’est pas encore là, un piège décrit par la Mayo Clinic.

Aux États-Unis, environ une personne sur trois développe un zona au cours de sa vie, d’après les CDC (données 2025). Un traitement antiviral commencé dans les 72 heures après l’apparition des lésions peut raccourcir l’épisode aigu. Le vaccin recombinant Shingrix, en deux doses, a montré une efficacité de 97 % entre 50 et 69 ans et de 91 % chez les personnes de 70 ans et plus, parmi les adultes immunocompétents. Une éruption près de l’œil n’attend pas.

Qu’est-ce que le zona

Le zona, ou herpès zoster, n’est pas une nouvelle contamination par un virus « du zona ». C’est le même VZV que la varicelle, qui se réveille plus tard dans la vie et chemine le long des fibres nerveuses jusqu’à la peau.

Après la varicelle, le virus gagne les ganglions des racines postérieures et y demeure latent. Quand l’immunité cellulaire spécifique fléchit, il peut se répliquer à nouveau, enflammer le ganglion et le dermatome correspondant, puis faire sortir des vésicules. Toute personne qui a déjà eu le VZV peut donc, en théorie, faire un zona. Les CDC estiment qu’environ 99,5 % des personnes nées aux États-Unis avant 1980 ont rencontré le virus sauvage, même si beaucoup ne s’en souviennent pas.

Le tableau reste en général limité à un ou deux dermatomes voisins, le plus souvent sur le thorax, et il ne traverse habituellement pas la ligne médiane. La cicatrisation cutanée prend en moyenne deux à quatre semaines. La plupart des gens n’ont qu’un seul épisode, mais une récidive est possible. Une série citée par le Merck Manual Professional (révision 2026) a observé un nouvel épisode dans jusqu’à 6 % des cas, une proportion qui peut être plus élevée en cas d’immunodépression.

Le VZV appartient à la famille des herpèsvirus, comme les virus des boutons de fièvre. Cela explique le nom d’herpès zoster. Il ne s’agit pourtant pas du virus de l’herpès labial ou génital, ni d’une infection sexuellement transmissible.

Éruption cutanée due au zona sur le torse

Quels sont les symptômes du zona

Le premier signe est souvent une douleur, une brûlure, des picotements ou des démangeaisons sur une zone limitée, d’un seul côté. L’éruption, quand elle vient, dessine en général une bande de vésicules sur fond rouge, qui se rompent puis se couvrent de croûtes.

La douleur arrive d’abord, parfois intense, puis une rougeur, puis des cloques remplies de liquide, une séquence fréquente selon la Mayo Clinic. Fièvre, maux de tête, fatigue et gêne à la lumière peuvent accompagner le tableau. Sur une peau foncée, la rougeur est plus difficile à voir. Une éruption parfaitement symétrique, à droite et à gauche, a peu de chances d’être un zona, rappelle le NHS (page révisée en 2023).

Les vésicules cessent souvent d’apparaître au bout de quelques jours. Elles sèchent et croûtent en une semaine à dix jours environ. Tant que des cloques restent ouvertes, le liquide est infectieux pour une personne non immunisée contre la varicelle. Une fois les croûtes formées, ce risque chute fortement.

Quelques personnes n’ont jamais d’éruption visible (zona sine herpete). Le diagnostic est alors plus difficile, surtout chez l’adulte jeune, et les CDC notent que le zona de l’enfant ou de l’adulte jeune passe plus facilement inaperçu. D’autres n’ont qu’une éruption peu douloureuse. À l’inverse, un contact léger sur le thorax peut devenir insupportable.

Les macules deviennent souvent des cloques vers le troisième ou quatrième jour, et la croûte vers le dixième jour, d’après la Cleveland Clinic (décembre 2024). L’ensemble de l’épisode, des premiers signes jusqu’à la disparition des croûtes, peut s’étaler sur trois à cinq semaines. La peau peut rester sensible après la cicatrisation.

Le zona est-il contagieux

On n’attrape pas le zona d’une personne qui en a un. En revanche, le VZV contenu dans les vésicules peut donner la varicelle à quelqu’un qui ne l’a jamais eue et n’a pas été vacciné contre elle.

Deux voies figurent sur la page des CDC « About Shingles » (janvier 2025). Le contact direct avec le liquide des cloques reste le mécanisme classique. Le virus peut aussi se transmettre en inhalant des particules issues des vésicules, tant qu’elles n’ont pas séché. La varicelle, elle, reste plus contagieuse que le zona.

Le risque pour l’entourage baisse si l’éruption est couverte et si les mains sont lavées souvent, au moins 20 secondes. Tant que les cloques n’ont pas croûté, mieux vaut éviter le contact rapproché avec les personnes suivantes.

  • Une femme enceinte non immunisée contre la varicelle, car une primo-infection gravidique peut être grave pour le fœtus.
  • Un nouveau-né, surtout prématuré ou de petit poids, dont l’immunité reste immature.
  • Une personne immunodéprimée, pour qui une varicelle transmise par le zona peut se disséminer.

Au Royaume-Uni, le NHS conseille de rester à l’écart du travail ou de l’école si les lésions suintent et ne peuvent pas être couvertes, et jusqu’à ce qu’elles aient séché. En France, le médecin traitant ou le médecin du travail indiquera la conduite à tenir selon le métier et l’état des lésions. Le virus ne se transmet ni avant l’apparition des cloques, ni après la formation des croûtes, d’après les CDC.

Qui risque le plus un zona

Le risque grimpe nettement après 50 ans, parce que l’immunité cellulaire dirigée contre le VZV s’affaiblit avec l’âge. Il est plus élevé encore si le système immunitaire est déjà mis à mal par une maladie ou un médicament.

Les greffes de moelle ou d’organe solide, les cancers (surtout leucémies et lymphomes), l’infection par le VIH et les traitements immunosuppresseurs, y compris une corticothérapie prolongée, figurent parmi les situations retenues par les CDC. Environ 30 % des personnes hospitalisées pour un zona ont une immunité compromise. Une étude citée dans leur panorama clinique de 2024 a estimé à 96 le nombre annuel de décès aux États-Unis dont la cause sous-jacente était le zona, presque tous chez des adultes âgés ou immunodéprimés.

Une méta-analyse résumée par le Merck Manual (2026) trouvait aussi un risque plus élevé chez les femmes, en cas de maladie auto-immune (souvent via les immunosuppresseurs), d’asthme, de diabète ou de bronchopneumopathie chronique, et après un traumatisme physique récent. Le stress est souvent invoqué. Il reste difficile à isoler d’une autre infection qui aurait déjà fait baisser l’immunité.

Un point a longtemps été mal compris. L’idée selon laquelle la vaccination infantile contre la varicelle aurait fait chuter le zona de l’adulte ne tient pas, d’après le suivi des CDC publié en 2024. Les taux de zona chez l’adulte aux États-Unis montaient déjà avant le programme de 1995 et n’ont pas accéléré ensuite. Ils ont même fini par se stabiliser ou baisser selon les classes d’âge. En revanche, les enfants vaccinés contre la varicelle ont moins de zona que ceux qui ont eu une varicelle sauvage, parce qu’ils sont moins souvent infectés par le virus sauvage et que la souche vaccinale se réactive moins.

Comment le zona est-il diagnostiqué

Le diagnostic est le plus souvent clinique, une fois l’éruption apparue. Une bande unilatérale de vésicules groupées, dans un dermatome, avec une douleur de type nerveux, suffit en pratique courante.

Le médecin s’appuie sur l’histoire des prodromes et sur l’aspect des lésions. Un prélèvement n’est pas systématique. Les CDC indiquent que la PCR sur un écouvillon de vésicule est le test le plus utile en cas de doute, de forme atypique ou d’immunodépression. Sans éruption, le diagnostic est plus fragile. La douleur d’un zona thoracique a déjà été prise pour une colique néphrétique ou un syndrome coronarien, un piège souligné par la Mayo Clinic. Mieux vaut revoir le médecin si une bande de vésicules apparaît après une douleur inexpliquée.

Chez la personne très immunodéprimée, l’éruption peut sortir du dermatome et ressembler à une varicelle disséminée. Ce tableau n’est pas celui du zona banal du thorax. Il justifie une prise en charge hospitalière, souvent avec un antiviral par voie veineuse, selon le Merck Manual.

Quels traitements aident pendant un épisode

Aucun médicament n’élimine le VZV latent. Les antiviraux oraux, commencés tôt, peuvent accélérer la cicatrisation, limiter les nouvelles vésicules, réduire l’excrétion virale et atténuer la douleur aiguë.

L’aciclovir, le famciclovir et le valaciclovir forment cette première ligne dans le Merck Manual (2026), avec une préférence pratique pour le famciclovir et le valaciclovir, mieux absorbés par voie orale. Le traitement gagne à commencer pendant les prodromes ou, à défaut, dans les 72 heures après l’apparition des lésions. Au-delà, le bénéfice est plus incertain, surtout s’il n’y a plus de cloques nouvelles. La durée usuelle est de sept à dix jours. Chez la personne gravement immunodéprimée, l’aciclovir intraveineux est l’option retenue par ce manuel.

La notice américaine du valaciclovir, telle que publiée sur DailyMed (étiquette mise à jour le 29 octobre 2026), indique 1 g trois fois par jour pendant 7 jours chez l’adulte immunocompétent. Elle précise que le schéma est le plus efficace s’il est commencé dans les 48 heures après le début de l’éruption, et que l’efficacité n’est pas établie au-delà de 72 heures ni dans le zona disséminé. Cette posologie est celle de la FDA. En France, le médecin ou le pharmacien applique la notice et les recommandations locales, qui peuvent différer.

Au Royaume-Uni, un pharmacien peut souvent être consulté dans les trois jours après l’éruption pour un adulte de 18 ans ou plus, d’après le NHS (2023). Un avis médical plus urgent y est prévu en cas de grossesse, d’atteinte de l’œil ou du nez, de déficit immunitaire marqué, ou chez le mineur. Cette organisation n’est pas celle de la France. Le réflexe reste ici le médecin traitant, ou le 15 si l’état général s’effondre.

Sur la névralgie ultérieure, il faut rester précis. Une revue Cochrane (Chen et al., 2014, six essais, 1 211 participants) n’a pas montré que l’aciclovir oral réduisait de façon significative la névralgie post-zostérienne à quatre mois (risque relatif 0,75) ni à six mois (risque relatif 1,05). Une réduction de la douleur à quatre semaines était en revanche plus plausible. Le famciclovir, dans un essai, n’a pas non plus diminué nettement l’incidence de cette douleur tardive. Les antiviraux restent donc utiles pour l’épisode aigu. Ils ne sont pas une garantie contre la douleur des mois suivants.

Médicament Schéma documenté Point d’attention
Valaciclovir (notice US DailyMed, 2026) 1 g trois fois par jour pendant 7 jours chez l’adulte immunocompétent Début idéalement dans les 48 h, bénéfice mal établi après 72 h
Aciclovir ou famciclovir oral Posologie selon la notice locale Cités avec le valaciclovir comme antiviraux de première ligne (Merck, 2026)
Aciclovir veineux Réservé aux formes graves ou très immunodéprimées Décision hospitalière, pas un traitement de ville
Douleur neuropathique persistante Gabapentine, prégabaline, amitriptyline, lidocaïne locale selon le médecin Merck Manual, 2026, après l’épisode cutané

La douleur aiguë se traite aussi par des antalgiques adaptés à son intensité. Pour les douleurs plus tenaces, le Merck Manual cite notamment la gabapentine, la prégabaline, un antidépresseur tricyclique, la lidocaïne ou la capsaïcine locales. Ces molécules ont des contre-indications. Elles se discutent avec le prescripteur, surtout chez la personne âgée.

Éruption cutanée due au zona

Névralgie post-zostérienne et autres complications

La complication la plus fréquente est la névralgie post-zostérienne, une douleur nerveuse qui reste dans le territoire de l’éruption après la cicatrisation. Elle touche jusqu’à une personne sur cinq ayant eu un zona, d’après la Cleveland Clinic.

Cette douleur peut brûler, élancer ou répondre à un simple frottement de vêtement. Elle dure des mois, parfois plus d’un an. Le Merck Manual la définit souvent comme une douleur localisée qui persiste plus de trois mois après les dernières croûtes. L’âge, l’intensité de la phase aiguë et une éruption étendue augmentent le risque. Le vaccin contre le zona vise aussi cette douleur, davantage que les antiviraux de la phase éruptive, si l’on s’en tient à la revue Cochrane.

D’autres complications existent, moins souvent.

  • Une surinfection bactérienne des vésicules peut nécessiter un antibiotique, si le médecin constate un pus, une lymphangite ou une fièvre nouvelle.
  • Un zona ophtalmique peut laisser une kératite, une uvéite, un glaucome, une cicatrice cornéenne, parfois une baisse durable de vision.
  • Un zona otitique (syndrome de Ramsay Hunt) associe douleur d’oreille, vésicules du conduit, paralysie faciale, parfois vertige ou baisse d’audition.
  • Une encéphalite, une pneumonie ou une atteinte médullaire restent rares, surtout hors immunodépression.
  • Une faiblesse dans le territoire atteint (neuropathie motrice) ou des troubles pigmentaires de la peau peuvent suivre l’éruption.

Le pronostic cutané de l’adulte jeune immunocompétent est en général bon. Le pronostic nerveux dépend de l’âge et de la précocité des soins. Rien ne « guérit » à coup sûr une névralgie déjà installée. Les traitements visent à la rendre supportable et à préserver le sommeil.

Quand consulter pour un zona du visage ou de l’œil

Une suspicion de zona justifie un avis médical rapide, parce que la fenêtre des antiviraux se compte en jours. Si l’éruption touche le visage, surtout le front, la paupière, le nez ou l’œil, la consultation ne se reporte pas au lundi suivant.

Le zona ophtalmique correspond à l’atteinte de la première branche du trijumeau. Le Merck Manual insiste sur le signe de Hutchinson, des vésicules au bout du nez, qui signalent l’atteinte de la branche nasociliaire et un risque plus élevé de maladie oculaire grave. L’œil peut pourtant être atteint sans ce signe. Douleur oculaire, rougeur, larmoiement, baisse de vision ou gêne à la lumière demandent un avis ophtalmologique. La Mayo Clinic (2022) classe l’éruption près d’un œil parmi les motifs de contact immédiat, en raison d’un risque de lésion visuelle permanente.

Le zona de l’oreille, ou herpès zoster oticus, relève d’un autre nerf. Douleur intense dans l’oreille, vésicules du conduit, paralysie d’un hémiface, vertiges ou perte de goût orientent vers un syndrome de Ramsay Hunt. Le Merck Manual y associe souvent corticoïdes et antiviraux, tout en reconnaissant que les preuves de haut niveau restent minces. L’œil qui ne ferme plus doit être protégé de la sécheresse.

D’autres tableaux relèvent de l’urgence vitale plutôt que du seul rendez-vous de ville. La Cleveland Clinic cite, parmi les motifs de passage aux urgences, une céphalée très intense, une raideur de nuque, une confusion, une faiblesse ou une paralysie, une douleur oculaire avec changement de vision. En France, le 15 (SAMU) ou le 112 convient si ces signes s’installent, si la personne ne peut plus s’hydrater, ou si l’éruption s’étend chez un patient immunodéprimé.

Situation Conduite
Douleur ou vésicules près d’un œil, du front ou du nez Médecin le jour même, avis ophtalmologique (Mayo, 2022 ; Merck, 2026)
Oreille, paralysie faciale, vertiges Avis urgent, possible zona otitique (Merck, 2026)
Confusion, raideur de nuque, faiblesse brutale Appeler le 15 ou le 112 (Cleveland Clinic, 2024)
Grossesse, immunodépression, éruption très étendue Consultation rapide (NHS, 2023 ; Mayo, 2022)
Douleur non contrôlée ou fièvre élevée Médecin traitant le jour même

Avoir 50 ans ou plus, même avec un zona du tronc d’allure banale, est aussi un motif de ne pas attendre, parce que le risque de complications monte avec l’âge.

Vaccin contre le zona, pour qui et quelle efficacité

Le vaccin recombinant adjuvanté Shingrix (RZV) est, dans les recommandations américaines actuelles, l’outil qui réduit le plus clairement le risque de zona et de névralgie post-zostérienne. Le vaccin vivant Zostavax n’est plus disponible aux États-Unis depuis le 18 novembre 2020.

Deux doses de Shingrix sont recommandées par les CDC chez l’adulte immunocompétent de 50 ans et plus, espacées de deux à six mois, qu’il y ait eu ou non un zona antérieur, une dose de Zostavax, ou un vaccin varicelle. Il n’y a pas d’âge maximal. Si la deuxième dose a dépassé six mois, on la fait dès que possible, sans recommencer la série. Chez l’adulte de 19 ans et plus immunodéprimé ou sur le point de l’être, l’ACIP a étendu la recommandation le 20 octobre 2021 (MMWR du 21 janvier 2022), avec un intervalle parfois raccourci à un ou deux mois. L’AMM européenne, décrite par l’EMA, autorise Shingrix dès 50 ans, et dès 18 ans en cas de risque accru de zona. Le calendrier français n’est pas celui des CDC. Le médecin ou le pharmacien indiquera l’âge et le remboursement qui s’appliquent ici.

L’efficacité publiée par les CDC (page vaccination, août 2025) est de 97 % contre le zona entre 50 et 69 ans et de 91 % chez les 70 ans et plus, pour des adultes à l’immunité conservée. Contre la névralgie post-zostérienne, les chiffres cités sont de 91 % dès 50 ans et de 89 % chez les 70 ans et plus. Chez l’immunodéprimé, l’efficacité contre le zona s’est située entre 68 % et 91 % selon la maladie, dont 68,2 % après autogreffe de cellules souches dans les essais repris par l’ACIP. Chez les 70 ans et plus immunocompétents, la protection restait élevée au moins sept ans.

On ne vaccine pas pendant un zona en cours, ni pendant une grossesse. Une allergie grave à un composant ou à une dose précédente est une contre-indication. Un rhume simple n’empêche pas l’injection. Une maladie aiguë plus marquée fait reporter. Les réactions locales (bras douloureux, rougeur) et générales (fatigue, fièvre, maux de tête, frissons) durent souvent deux ou trois jours. Un signal rare de syndrome de Guillain-Barré a été rapporté après Shingrix. Les CDC notent aussi un petit surcroît de ce syndrome après un zona lui-même. Le vaccin ne traite pas un épisode déjà déclaré.

Au Royaume-Uni, le vaccin est réservé à d’autres tranches d’âge (65 ans selon les cohortes ouvertes depuis septembre 2023, 70-79 ans, et 18 ans et plus en cas d’immunodépression grave), d’après le NHS. Cet écart illustre la règle. On ne transpose pas un calendrier américain ou britannique tel quel. On demande le schéma en vigueur en France.

Que faire à la maison pendant un zona

Le soin local vise le confort et la propreté, pas la stérilisation du virus. Couvrir les lésions suintantes, se laver les mains, et ne pas gratter, reste la base pour limiter la transmission du VZV.

Des compresses humides, la lotion calamine et des bains d’avoine tièdes peuvent calmer le prurit, d’après les CDC. Le NHS ajoute le paracétamol, des vêtements amples, un linge frais plusieurs fois par jour, et déconseille les pansements qui collent à l’éruption ainsi que les tissus rudes. Un sachet de légumes surgelés enveloppé dans un linge peut servir de compresses froides, par courtes séances.

Quelques gestes concrets aident sans remplacer l’avis médical.

  • Gardez l’éruption propre et sèche, puis couvrez-la d’un pansement non adhérent si elle suinte encore.
  • Lavez-vous les mains après chaque contact avec les lésions, pendant au moins vingt secondes.
  • Évitez de partager serviettes et gants de toilette tant que des vésicules restent ouvertes.
  • Notez l’heure d’apparition des premières cloques, utile pour juger si un antiviral a encore une place.
  • Reprenez contact si de nouvelles vésicules apparaissent après une semaine de traitement antiviral.
  • Signalez aussi une douleur qui empêche de dormir, ou un œil devenu rouge.

Le sommeil, l’hydratation et le traitement prescrit pèsent davantage que des produits vendus pour « stimuler » l’immunité. Une fois l’éruption cicatrisée, le vaccin se discute pour réduire le risque d’un prochain zona. Les CDC ne fixent pas de délai obligatoire après un épisode, hors la disparition de l’éruption aiguë.

Questions fréquentes

Peut-on avoir un zona sans avoir eu la varicelle ?

Non, pas au sens habituel du terme, parce que le zona est une réactivation du VZV après une primo-infection. Une varicelle ancienne oubliée est fréquente, surtout chez les personnes nées avant la vaccination infantile. Rarement, une personne vaccinée contre la varicelle peut faire un zona lié à la souche vaccinale, avec un risque plus bas qu’après une varicelle sauvage, d’après les CDC.

Peut-on faire plusieurs zonas ?

Oui. La plupart des gens n’en font qu’un, mais une récidive n’est pas exceptionnelle, surtout en cas d’immunodépression. Le Merck Manual cite une série où jusqu’à 6 % des patients ont eu un nouvel épisode. Un zona passé n’interdit pas le vaccin recombinant une fois l’éruption guérie.

Le vaccin contre la varicelle protège-t-il du zona ?

Il réduit le risque de zona chez l’enfant vacciné par rapport à l’enfant qui a eu une varicelle sauvage. Il n’est pas le vaccin du zona de l’adulte. Pour l’adulte à risque, le produit étudié et recommandé aux États-Unis est le RZV (Shingrix), en deux doses.

Combien de temps dure un épisode de zona ?

L’éruption cicatrise en général en deux à quatre semaines. Les CDC retiennent cette fourchette. La Cleveland Clinic élargit parfois le calendrier à trois à cinq semaines si l’on compte les prodromes. Une douleur qui dépasse nettement la cicatrisation n’est plus le zona aigu, c’est le début d’une névralgie possible.

Peut-on se faire vacciner juste après un zona ?

On attend que l’épisode aigu soit passé. Les CDC ne fixent pas de nombre de semaines obligatoire ensuite. On ne vaccine pas sur une éruption encore active, ni pendant une grossesse. Le médecin choisit le moment, surtout si un traitement immunosuppresseur est prévu.

Le zona de l’œil laisse-t-il une baisse de vision définitive ?

Pas nécessairement, mais le risque existe si l’œil est atteint et mal soigné. Le zona ophtalmique peut provoquer kératite, uvéite et cicatrices. Un avis ophtalmologique rapide, avec un antiviral systémique, vise à limiter ces séquelles. Toute rougeur douloureuse du même côté qu’une éruption du front ou du nez doit faire consulter sans attendre.

Virus responsable du zona

Conclusion

Le zona n’est pas « une varicelle de l’adulte ». C’est le même virus, réveillé dans un nerf, qui dessine une bande douloureuse et peut laisser derrière lui une névralgie longue. La fenêtre utile des antiviraux se mesure en dizaines d’heures. Noter le jour des premières vésicules et appeler le médecin traitant dès qu’une bande unilatérale de brûlure ou de cloques apparaît reste le geste le plus concret.

Si l’éruption approche un œil, le nez, une oreille ou un hémiface, il faut être vu le jour même. Confusion, raideur de nuque ou paralysie relèvent du 15 ou du 112. Pour la suite, la question à poser n’est pas seulement « comment calmer cette poussée », mais aussi « à partir de quel âge et dans quelle situation le vaccin recombinant est-il indiqué pour moi », en s’appuyant sur le calendrier français et non sur un schéma américain recopié.

Un épisode cicatrisé n’interdit ni la récidive ni la vaccination ultérieure. La notice, le pharmacien et le médecin restent la source de la posologie, parce que les schémas publiés aux États-Unis (valaciclovir 1 g trois fois par jour pendant 7 jours sur DailyMed) ne se substituent pas à l’AMM française.

Sources

  1. About Shingles (Herpes Zoster). Centers for Disease Control and Prevention, 17 janvier 2025.
  2. Clinical Overview of Shingles (Herpes Zoster). Centers for Disease Control and Prevention, 27 juin 2024.
  3. Shingles Vaccination. Centers for Disease Control and Prevention, 19 août 2025.
  4. Anderson TC, Masters NB et al. : Use of Recombinant Zoster Vaccine in Immunocompromised Adults Aged ≥19 Years: Recommendations of the Advisory Committee on Immunization Practices — United States, 2022. Morbidity and Mortality Weekly Report, 21 janvier 2022.
  5. Shingles – Symptoms and causes. Mayo Clinic, 20 août 2022.
  6. Chen N, Li Q et al. : Antiviral treatment for preventing nerve pain after shingles (postherpetic neuralgia). Cochrane Database of Systematic Reviews, 6 février 2014.
  7. Shingrix (herpes zoster vaccine, recombinant, adjuvanted). European Medicines Agency, autorisation du 21 mars 2018, information produit mise à jour le 20 octobre 2026.
  8. Kaye KM : Herpes Zoster (Shingles; Acute Posterior Ganglionitis). Merck Manual Professional Edition, mai 2026.
  9. Shingles. National Health Service, 23 novembre 2023.
  10. VALACYCLOVIR tablet, film coated. DailyMed, U.S. National Library of Medicine, 29 octobre 2026.
  11. Shingles (Herpes Zoster): Causes, Symptoms & Treatment. Cleveland Clinic, 11 décembre 2024.

À propos de l’auteur

Pauline Cécile TessierRédactrice médicale

J’ai fait mes études d’infirmière à l’IFSI La Capelette. Après mon congé maternité, je me suis tournée vers la rédaction et la relecture de textes médicaux. Pour chaque article, je lis les recommandations officielles, les études et les guides cliniques, et j’utilise aussi des outils d’IA dans mon travail. Chaque affirmation peut être vérifiée dans les sources citées de l’article.